À la veille d’une nouvelle journée de mobilisation à hauts risques en France, le président Macron a de nouveau pointé du doigt « l’ultragauche qui veut faire tomber la République ». « On assiste à une confrontation entre le pouvoir politique et des groupes minoritaires qui ont une volonté insurrectionnelle » et qui « ne participent pas au jeu institutionnel », explique l’historien Sylvain Boulouque, spécialiste des radicalités politiques et des mouvements sociaux. L’ultragauche, nébuleuse de petits partis sans chef, des black blocs aux anarchistes en passant par les révolutionnaires et les antifas, ne veut pas « faire tomber la République », estime Sylvain Boulouque, « elle en veut une autre » et compte l’obtenir en recourant à la violence.
Après le chaos et les émeutes du 17 octobre, Gabriel Attal, le patron de Renaissance, candidat à la présidentielle, prône une ligne d’extrême fermeté par rapport aux casseurs et a proposé que l’arrestation des jeunes pilleurs, traqués et retrouvés à leur domicile, soit filmée « pour servir d’exemple ». Une fermeté « à la hauteur des scènes violentes auxquelles nous avons assisté » le week-end dernier, explique Céline Géraud, la porte-parole de campagne de Gabriel Attal, qui souhaite en finir « avec l’impunité de la jeunesse qui casse » et appelle à de plus fortes sanctions contre les « pillards » .
Quelques jours seulement après les émeutes et les violences des manifestations du 17 octobre, le projet de loi « casseurs-payeurs » a démarré, mercredi 21 octobre, son parcours législatif au Sénat. Un projet « indispensable » juge, à l'instar du Premier ministre, Philippe Ballard, député et porte-parole du Rassemblement national, qui soutient le durcissement de la loi avec la « responsabilité collective ». En clair, il prône la pénalisation des casseurs mais également de tous ceux « qui les ont accompagnés » dans ces rassemblements violents. « Ils sont en quelque sorte complices, même s'ils n'ont pas lancé de pavé », estime Philippe Ballard.
Après les émeutes du week-end du 17-18 octobre, l'’ensemble de la classe politique pointe du doigt la responsabilité du parti de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise (LFI), accusée « d'attiser le désordre ». Après plusieurs ténors de droite et du centre, le patron du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), estime à son tour que la question de « l'interdiction de LFI est posée ». « Une instrumentalisation politique complètement malhonnête », dénonce la députée écologiste Sabrina Sebaihi. Selon la secrétaire de l'Assemblée nationale, on cherche juste à « éliminer un concurrent politique », Jean-Luc Mélenchon, qui pourrait être « au second tour de la présidentielle » selon les derniers sondages. « Les partis politiques cherchent ainsi à le discréditer », assure Sabrina Sebaihi.
Au lendemain d'un week-end de chaos, d'émeutes et de pillages face à une police débordée, l'eurodéputé Parti socialiste-Place publique François Kalfon soutient les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu de mettre en œuvre, dès ce lundi 19 octobre au soir, des couvre-feux localisés, « une nécessité face aux exactions qui mettent en danger la paix civile », selon lui. Soutien de Raphaël Glucksman dans la campagne présidentielle, François Kalfon dénonce la « complicité de La France insoumise » dans le chaos actuel, et il met en garde contre un désordre « et un soutien au désordre », qui conduirait à la victoire électorale de l'extrême droite.