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Colonisés, déplacés, exploités. Les travailleurs indochinois en Dordogne (1940-1948)

30 September 2026 at 08:49
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Hiver 1940. Exilés de force, plusieurs centaines d'« Annamites » débarquent en Dordogne. Ils seront quatre mille au total, sur les vingt mille « travailleurs indochinois » envoyés pendant la seconde guerre mondiale en France, à trimer dans la poudrerie de Bergerac puis à endurer les baraquements du camp d'internement de Creysse. Intrigué, à la suite de la découverte d'un fonds photographique hors norme, le journaliste et historien Pierre Daum mène l'enquête. Dans ce beau livre illustré, il révèle comment ces « ouvriers utilisables à l'arrière du front », enrôlés comme « main-d'œuvre indigène », accomplissent toutes sortes de tâches : mélange des poudres, vendanges… et, ce qui mobilise plus d'un millier d'hommes sur trois ans, l'assainissement de la vallée des Beunes. La Libération marque le début de la contestation, accentuée par la guerre d'Indochine qui commence fin 1946. Dans les camps, des slogans fleurissent : « Vive l'indépendance du Vietnam ! » Il faudra néanmoins attendre 1948 pour les premiers rapatriements. L'ouvrage, saisissant, fait partie d'un vaste projet comprenant une exposition, un film et un mémorial.

Voir en ligne : /2026/10/JOUSNI/70090

Elytis, Bordeaux, 2026, 288 pages, 35 euros.

Kongo et Angola. 1650-1750. Une rencontre en images

30 September 2026 at 08:49
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Les centaines de textes, dessins et gravures qui illustrent cet ouvrage lèvent le voile sur un pan méconnu de l'histoire de l'Afrique précoloniale. En 1645, des capucins franciscains abordent l'embouchure du fleuve Congo, afin d'évangéliser les populations du royaume du Kongo et de l'Angola. Ils multiplient les écrits, riches de très nombreuses images destinées à la hiérarchie papale et à l'instruction des futurs frères. Cécile Fromont, professeure d'histoire de l'art et d'architecture à Harvard, interroge ce « corpus visuel capucin » en le reliant aux contextes culturel, social et politique des peuples concernés. Elle note que l'enjeu central des capucins consistait à « extirper de cette région ce qu'ils jugeaient être de l'idolâtrie ». Certaines aquarelles montrent des scènes pacifiques et d'autres d'une extrême violence. L'historienne insiste sur le « processus de création transculturelle » qui fut mis en œuvre, les missionnaires ayant développé des échanges avec les érudits africains.

Voir en ligne : /2026/10/PIOT/70073

CNRS Éditions, Paris, 2026, 254 pages, 39 euros.

La Palestine au cœur du capitalisme mondial

30 September 2026 at 08:49
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Alors que certains analystes insistent sur l'extrémisme du gouvernement israélien actuel ou l'activité du lobby pro-Israël en Occident, les auteurs de cet ouvrage proposent d'examiner les convergences et conflits d'intérêts économiques et politiques dans la région. Ils retracent l'histoire d'une zone riche en combustibles fossiles, où l'Occident avait besoin d'un point d'appui, d'où l'importance pour les États-Unis de légitimer Israël, et pour Israël, de prendre le contrôle de l'économie palestinienne. Leur propos entend mettre au jour une continuité depuis les accords d'Oslo jusqu'à aujourd'hui : le génocide serait un moyen, extrême, mais s'inscrivant dans le sillon d'autres mécanismes visant le même résultat, comme le contrôle économique et la restriction de circulation. L'histoire d'Israël serait avant tout celle d'un colonialisme de peuplement impliquant, comme toujours, un racisme à caractère exterminateur. Dès lors, la question palestinienne apparaît moins comme une exception, et la solidarité devient « un combat commun contre les structures responsables de la dépossession, de la répression et de l'exploitation, dans la région et au-delà ».

Voir en ligne : /2026/10/LEVERBE/70071

Éditions Amsterdam, Paris, 2026, 160 pages, 13 euros.

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