❌

Normal view

Leap Life

30 September 2026 at 08:49
JPEG - 39.6 kio

À la croisée de la poésie, de l'improvisation et du rap, le slam eut son succès à la fin des années 1990. Saul Williams y contribua, au titre de coscénariste et acteur principal du film Slam (1998), récompensé par les festivals de Cannes et Sundance. Après quoi il prit la tangente. Auteur d'une abondante discographie, dont Amethyst Rock Star (2001) fut un moment particulièrement ardent, il a surtout fréquenté les marges où le confine son intransigeance. Sept ans après son dernier album, il sort Leap Life sur le label de ses débuts et renoue avec ce qu'il a fait de meilleur. Les quinze titres sont articulés comme une cérémonie destinée à entrer en communication avec les morts des conflits en Palestine, au Soudan, à Haïti, au Congo, au Yémen… Il y pose son spoken word (« discours parlé ») sur des instrumentaux astringents, alternant spiritual jazz, hip-hop, ambient, dub et abstractions électroniques, avec des contributeurs comme le saxophoniste Kamasi Washington, Robert Del Naja (de Massive Attack), Moor Mother, Georgia Anne Muldrow… Mais aussi le mystérieux Gonjasufi, un rappeur mystique dont l'influence chapeaute cet album aussi copieux qu'intense, Williams ne parlant jamais pour ne rien dire.

Voir en ligne : /2026/10/DELHAYE/70082

Big Dada, 2026, CD 16 euros, vinyle 36 euros, digital 6 euros.

❌