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More than half of Portuguese say purchasing power has fallen

15 October 2026 at 12:25
More than half of Portuguese say purchasing power has fallen

More than half of Portuguese consumers say their purchasing power has fallen over the past year, as the rising cost of living continues to squeeze household budgets. A survey carried

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97% of Portuguese want right to pay in cash

15 October 2026 at 09:24
97% of Portuguese want right to pay in cash

Almost every Portuguese person wants to retain the option of paying in cash, according to a new European survey which suggests last year’s widespread blackout significantly changed attitudes towards physical

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Fifa, l’inchiesta sul “secondo stipendio” di Infantino: 1,5 milioni non dichiarati

13 October 2026 at 15:36

Nuove ombre sul calcio mondiale. Un’inchiesta lanciata dal The Times sostiene che la Fifa non avrebbe reso pubblici tutti i compensi percepiti dal suo presidente, Gianni Infantino. Una somma stimata intorno a 1,5 milioni di euro, incassata nel 2024 e mai inserita nel bilancio annuale.

Non si placa la tempesta, dunque, con una condotta che, se confermata, rappresenterebbe una violazione gravissima dello statuto della Fifa. È infatti imposta la piena trasparenza sulla retribuzione del numero uno. Al momento, però, si tratta di accuse giornalistiche ancora da verificare.

Il secondo stipendio di Infantino

Ufficialmente, stando al rapporto annuale del 2024, Gianni Infantino percepisce come presidente un compenso di 4,274 milioni di franchi svizzeri, pari a circa 4,6 milioni di euro tra stipendio e bonus. L’inchiesta del The Times sostiene però che il dirigente italo-svizzero avrebbe ricevuto nello stesso anno dalla FWC2026 US Inc ulteriori 1,76 milioni di dollari, circa 1,5 milioni di euro.

Questa è la società creata per organizzare i Mondiali del 2026. Di tale soma, 626.229 dollari sarebbero classificati come “altri compensi soggetti a dichiarazione”. Somme che, stando alla fonte, sarebbero state analoghe anche nel 2025 e 2026, assenti però nei bilanci ufficiali della federazione.

Lo statuto della Fifa

Tutto ruota intorno all’articolo 43 dello statuto, che stabilisce come “i compensi individuali del presidente” e degli altri vertici “devono essere resi pubblici”. L’inchiesta si basa sulla dichiarazione finanziaria presentata all’Internal Revenue Service, il fisco statunitense, dalla società organizzatrice del torneo.

Secondo Miguel Maduro, ex presidente della commissione per la governance della Fifa, “si tratta di una chiara violazione delle regole” se il presidente riceve altre somme da società collegate senza renderle note. Non si è fatta però attendere la replica della Fifa.

È stato ribadito come il compenso venga stabilito da un’apposita sottocommissione e che i benefici “vengono comunicati alle autorità statunitensi in conformità con gli obblighi di dichiarazione”. Di fatto, però, senza fornire una spiegazione puntuale sulla mancata pubblicazione.

Una vita nel lusso

Sullo sfondo c’è lo stile di vita del presidente Infantino. Residente a Zugo, in Svizzera, in una casa pagata dalla Fifa, ha deciso dal 2023 di trasferirsi a Miami con la propria famiglia. Qui, stando al Times, avrebbe vissuto in ville di lusso sul lungomare, tra cui una nell’esclusiva zona delle Sunset Islands.

Nell’autunno 2025 si sarebbe spostato in un’altra area riservata della città. Nello stesso periodo la società Shadi LLC, costituita da uno studio legale che vantava anche la Fifa tra i propri clienti, avrebbe acquistato un appartamento da 5 camere per circa 7,6 milioni di euro. Dettagli che dipingono una cornice ma non offrono un quadro chiaro. Si gettano però dubbi sulle spese del dirigente.

Le elezioni e il fronte anti-Infantino

Non è affatto un caso che tutto ciò scoppi in un momento tanto delicato. Numerose le critiche mosse contro Infantino, soprattutto dopo l’ultimo Mondiale. Le elezioni sono fissate al 18 marzo 2027, con il termine per le candidature previste per il 18 novembre.

Intorno a Infantino si è creato un fronte critico molto acceso, alimentato dal progetto di una nuova società, la Fifa Forward Enterprise, pensata per gestire i tornei e vendere quote dei Mondiali a investitori privati. Da Uefa, Concacaf e confederazioni asiatiche sono arrivate richieste di dimissioni, mentre la Uefa ha chiesto un’indagine penale sulla gestione dei fondi. Trattandosi di accuse ancora da dimostrare, resta valida per il presidente la piena presunzione di innocenza fino a un eventuale accertamento delle responsabilità. I prossimi mesi, però, saranno di certo i meno sereni della sua gestione.

New amendments to the Foreigners Law in Portugal

12 October 2026 at 10:20
Lisbon (Denis Ismailaj-unsplash)

The legislative landscape of immigration in Portugal has undergone one of its deepest mutations with the publication of Law No. 62/2026 of September 10. This new statute radically alters the

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Des vies sous « hypothèque » à Madrid

La « fièvre de la brique » espagnole s'est apaisée. Elle laisse derrière elle des villes fantômes, des forêts de grues immobilisées et des centaines de milliers de chômeurs. Cette enquête dans la communauté autonome de Madrid souligne l'engrenage de l'endettement dans lequel les familles se sont laissé entraîner.

La crise ne se promène pas dans les rues de Madrid, même si l'Espagne est sans doute l'un des pays les plus touchés par la récession de l'économie mondiale. La vie suit son cours. Certes, les travailleurs licenciés ou, plus encore, ceux dont le contrat temporaire n'a pas été renouvelé expriment de temps à autre leur colère. Certes, on se serre un peu la ceinture : « Dans les supermarchés, toutes les ventes ont chuté. Les seules à augmenter sont celles des produits de bas de gamme », soutient l'employé d'un centre commercial. Il y a aussi moins de monde dans les bars à l'heure de l'apéritif, les terrasses paraissent moins bruyantes le soir, et la nuit madrilène est moins bigarrée.

Les annonces « à vendre », plus nombreuses aux balcons des immeubles, témoignent des changements. Et il suffit de jeter un œil sur la vitrine de n'importe quelle agence immobilière pour vérifier l'effondrement des prix. Ainsi à Aluche, une banlieue populaire, un appartement de 65 mètres carrés, situé au troisième étage avec ascenseur, était vendu 240 000 euros en 2006. Trois ans plus tard, des logements de ce type se vendent 160 000 ou 170 000 euros. Les sociétés immobilières ont fermé plus de 40 % de leurs agences depuis 2007. Néanmoins, quand on pousse la porte de l'une d'elles, les visages sont aimables et souriants : les affaires continuent. 86 % des Espagnols sont propriétaires — un modèle pour ceux, tel M. Nicolas Sarkozy, qui veulent encourager l'accès à la propriété en guise de politique du logement (1).

Dans les faits, cet accès ouvre surtout sur… un endettement de longue durée. Entre 2004 et 2007, cinq millions de crédits avec garantie hypothécaire ont été octroyés pour l'achat de logements. Une situation si fréquente que l'expression « avoir une hypothèque » est passée dans le langage courant. Parallèlement ont proliféré les prêts à la consommation — le plus souvent garantis sur le bien immobilier —, les cartes de crédit, les crédits rapides accordés par des sociétés financières — dont les taux d'intérêt atteignent parfois 25 % — tout comme les entreprises privées de rachat de crédits. Au point que certains prêts ne sont plus associés à l'achat d'un bien concret, mais deviennent un produit de consommation à part entière. Il est ainsi habituel de recevoir des publicités ou des appels téléphoniques informant que des sommes de plusieurs milliers d'euros sont « mises à votre disposition » pour être dépensées « comme vous voulez ». Cette prolifération incontrôlée du crédit et de l'endettement pèse fortement sur les ménages. Au dernier trimestre 2008, le rapport entre la dette et les revenus de base disponibles (le ratio d'endettement) atteignait 125 %, contre 88,9 % en France. En 2008, les impayés des crédits hypothécaires se sont accrus de 310 %, et 2,7 millions de personnes ont fini l'année sans pouvoir acquitter leurs dettes. Pour 2009, on prévoit cinq cent mille mises en demeure pour des crédits personnels impayés, ainsi que plus de quatre-vingt-six mille saisies hypothécaires, soit trois fois plus qu'en 2007 (2).

La hausse des prix
fut un encouragement psychologique

Comment en est-on arrivé là ? Pour le comprendre, il faut revenir sur le rôle des agences immobilières (3). Après avoir affirmé que c'est le « meilleur moment pour acheter », l'agence offre une « étude financière », gratuite et sans engagement, destinée à évaluer ce que le futur acheteur sera en mesure de payer et le bien auquel il peut prétendre. Elle propose même de démarcher ultérieurement un crédit auprès de la banque. Dans le calcul sont pris en compte le salaire, les revenus non déclarés — ou revenus « B », comme on les appelle par euphémisme —, l'épargne et les garanties familiales. L'agence dévoile également les secrets de l'« évaluation », c'est-à-dire l'estimation du prix du logement réalisée par des entreprises certifiées qui détermineront la valeur du futur prêt. Le montant de l'évaluation, sur lequel l'agence peut influer, sert ensuite de référence à la banque pour accorder le crédit. Ce dernier doit également permettre de couvrir les frais additionnels : impôts, actes notariés et, bien sûr, commissions des intermédiaires (de l'agence en question, de la société financière et de la banque). Le paiement s'échelonne sur trente, trente-cinq ou quarante ans, en prenant soin que les mensualités ne dépassent pas 40 % de vos revenus. On vous laisse toutefois entrevoir la possibilité de les augmenter un peu, surtout si vous gagnez aussi de l'argent « B »…

Lors du boom immobilier, les évaluations gonflées, la prolifération des intermédiaires, les crédits octroyés aux limites des possibilités de paiement étaient des pratiques courantes. Et il n'est guère surprenant que, désormais, nombre de personnes ayant commencé à payer des « hypothèques » se retrouvent dans l'incapacité de les honorer.

Ester et Angel ont décidé d'acheter un logement en 2004 (4). « Je ne me suis même pas posé la question de la location, reconnaît Ester. Je n'y ai pas pensé. » Il est vrai que l'Espagne connaît une pénurie de logements à louer, les autorités ayant toujours encouragé l'accès à la propriété par des dispositions fiscales et des facilités de crédit. Les parents d'Ester, quoique travaillant à Madrid, ont successivement vécu dans les cités-dortoirs du sud de la ville, où le prix de vente des apartements était accessible : Leganés (à 11 kilomètres), Fuenlabrada (à 22 kilomètres), Valdemoro (à 27 kilomètres) et, finalement, Seseña (à 36 kilomètres). Aussi exceptionnel soit-il, ce périple résidentiel rend compte de la manière dont la revalorisation immobilière et la plus-value qu'elle autorise ont permis d'acquérir un meilleur logement — une maison avec jardin, en dernier lieu — mais à condition de s'éloigner toujours plus de la capitale. Dès la fin des années 1980, les prix de l'immobilier ont connu une augmentation régulière. Il n'était même pas nécessaire d'avoir fini de payer son logement pour le vendre, rembourser l'ancienne « hypothèque », financer une partie du nouveau et faire une autre « hypothèque » pour en payer le reste.

Bien qu'Ester et Angel n'aient pas réfléchi à cette valorisation continue au moment de l'achat, la hausse des prix — 18 % en 2004 — fut un encouragement psychologique important. L'idée que « payer un loyer, c'est jeter de l'argent par la fenêtre » relevait pratiquement de l'évidence. « L'idée fixe, c'était d'avoir quelque chose à soi, explique Ester. Mais personne ne s'en rendait compte, tout le monde s'embarquait, tous tes amis achetaient une maison. Je me souviens avoir dit à mon mari : “Soit on s'embarque maintenant [dans l'achat d'un logement], soit on laisse passer, parce que ça va devenir de plus en plus cher.” »

Tous deux travaillent à Madrid, mais ils se décident pour un F4 de 64 mètres carrés que leur montre l'agence à Valdemoro et qui coûte 165 000 euros. Ils demandent un crédit personnel destiné à l'acompte, soit 9 000 euros, qu'ils pensent rembourser rapidement grâce à la différence entre l'évaluation et le prix réel du logement. La signature devant notaire se fait ensuite rapidement, sans accès préalable aux documents, ce qui est pourtant un droit. Plusieurs changements de dernière minute modifient les conditions du prêt, ce dont Ester se souviendra plus tard avec amertume : « Tout était déjà en marche. Mes parents, qui étaient les garants, et les propriétaires de l'appartement étaient là. Ils ne voulaient pas perdre l'appartement ni l'argent de l'acompte. Mais maintenant, il m'arrive de me demander : et si j'avais dit devant tous ces gens si bien fringués — dans le bureau, outre le notaire, étaient présents le directeur et le sous-directeur de la banque, la jeune femme de l'agence et deux représentants de la banque —, si j'avais dit, quitte à ce qu'on me prenne pour une folle : “Ben moi, désolée, je ne signe pas” ? C'est ce que j'aurais dû faire. Mais avec quelle force ou avec quelle clairvoyance aurais-je pu faire une chose pareille ? A ce moment-là, mon idée était de m'acheter un appartement. J'étais complètement aveuglée par le fait qu'il était déjà à nous, qu'il n'y avait plus qu'à signer. En plus, la date limite pour la vente, c'était ce jour-là. »

Ils acceptent ainsi une « hypothèque » de quarante ans, mais en s'engageant auprès d'une banque qu'ils n'avaient pas choisie, avec un intérêt légèrement supérieur à celui précédemment annoncé et pour un montant de 189 000 euros… Ce à quoi s'ajoutent les actes et les taxes, qui représentent généralement 10 % du prix de l'appartement, mais qui, dans le cas d'Ester et Angel, montent à 14,5 %. Plus question de rembourser le crédit de 9 000 euros : l'agence immobilière en a déjà pris 6 000. Ils découvrent que le droit de désistement n'est pas reconnu par la législation espagnole dès lors que les parties sont physiquement présentes lors de la signature du contrat. Comme la plupart des ménages, c'est dans l'opacité la plus totale qu'ils ont signé un contrat financier qui engage une part considérable de leurs revenus pour le restant de leur vie. Mais ils se rassurent en pensant que, en dernier recours, il leur sera toujours possible de revendre leur logement rapidement et de faire des bénéfices…

Comme prévu, Ester et Angel commencent à payer des mensualités de 770 euros, ce qui représente 38 % de leurs revenus. Un an après l'achat, Ester est congédiée de l'entreprise où elle travaillait comme auxiliaire administrative. Elle est alors enceinte et soupçonne que c'est la raison de son renvoi. Mais, en Espagne, le licenciement sans cause avérée n'entraîne pas de grosses difficultés pour les employeurs : il suffit de verser dans les quarante-huit heures l'indemnisation fixée par la loi, correspondant à quarante-cinq jours par année travaillée. A partir de ce moment et jusqu'en 2008, Ester parvient seulement à enchaîner des emplois temporaires, comme presque 30 % des travailleurs espagnols. Ensuite, elle ne retrouve plus de travail.

Aucune loi
sur le surendettement des ménages

Durant l'année 2008, le relèvement des taux d'intérêt fait passer la mensualité à… 1 130 euros. A peu près au même moment, Angel est licencié à son tour. Pour la première fois, le couple ne peut payer les traites. Il décide de ne pas faire appel à la famille. « On pensait régulariser le mois suivant et, au pire, on pouvait retirer de l'argent avec la carte de crédit pour le reverser sur le compte. Mais on n'a pas pu payer et ça a fait boule de neige. » Angel retrouve finalement du travail. Le couple entame des négociations pour régler les retards, mais reçoit une mise en demeure menaçant d'une saisie de l'appartement. La solution proposée par la banque ? Contracter un nouveau crédit pour couvrir la dette en instance. Ester et Angel doivent donc ajouter un plan d'épargne aux conditions déjà exigées lors de la signature de l'« hypothèque » (ouverture d'un compte, souscription d'une assurance-vie et d'une assurance-habitation auprès de l'entité) et accepter une augmentation du « différentiel », le pourcentage qu'ajoute la banque au taux d'intérêt de base. L'une des clauses du nouveau contrat stipule un seuil plancher des intérêts de 3,6 %. Nous sommes précisément à la fin de l'année 2008, c'est-à-dire au moment où les taux officiels commencent à passer en dessous de ce seuil…

Scandalisés par ce qu'ils considèrent comme un nouvel abus, Ester et Angel rejettent l'offre et continuent à payer comme ils le peuvent, sans s'être acquittés des retards, en attendant de trouver un moyen pour mettre un terme à la menace d'exécution hypothécaire. En effet, en Espagne, il n'existe aucune loi sur le surendettement des ménages qui permette aux particuliers de faire face à ce type de situation. En dernier recours, les parents d'Ester sont prêts à demander un crédit pour les aider. C'est aussi une manière d'éviter que ne soit saisie la caution qu'ils ont engagée.

Bien que cela lui pèse, Ester considère désormais que « plus tu te comportes comme un pirate, mieux tu réussis dans la vie. Je pars maintenant du principe que tous ceux qui m'entourent vont me tromper ». Cela vaut d'abord pour les banques. Elle calcule ce qu'elle finira par payer : 369 600 euros avec les intérêts, pour un appartement vendu 165 000. « Je souhaitais faire d'autres choses, regrette-t-elle, je voulais étudier, passer mon baccalauréat. Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui je me retrouve avec un appartement et rien d'autre. »

A la recherche de petits travaux
pour remonter la pente

Les problèmes de Victor, divorcé avec deux enfants, proviennent au moins autant de l'augmentation des taux d'intérêt que des difficultés de son entreprise. Employé dans le service design d'une fabrique de meubles, il touche 1 000 euros mensuels de salaire fixe mais, en période d'activité normale, s'y ajoute une partie « B » de 600 à 800 euros. Il vit et travaille à Fuensalida, une ville de la province de Tolède, à 70 kilomètres de Madrid. Si lui habite à cinq minutes de son travail, nombreux sont les habitants qui travaillent dans la capitale. En 2005, il a acheté un appartement de 115 mètres carrés pour 159 000 euros. Il n'est pas passé par une agence immobilière et a demandé directement un crédit à sa banque. Il a couvert les frais de transaction avec son épargne et a pu obtenir le crédit pour le total de l'« évaluation » grâce à sa mère, qui s'est portée caution. A cette époque, les loyers dans cette zone s'élevaient à 400-500 euros, ce qui équivaut pratiquement au montant de la mensualité qu'on lui propose — 521 euros — pour une « hypothèque » de quarante ans. « Au lieu de payer pour quelque chose qui ne sera pas à toi, raconte-t-il, j'ai préféré m'engager dans l'achat d'un appartement. »

Le taux d'intérêt annuel est de 2,5 % pendant la première année. A partir de l'année suivante, on lui applique le taux d'intérêt variable qui régit le reste de son crédit, soit le taux de base interbancaire européen — l'Euribor, acronyme de European Interbank Offered Rate (5) — plus un « différentiel » de 1,25 %. En 2006, lors de la renégociation annuelle, ses mensualités passent ainsi à 648 euros, puis à 758 euros en 2007 et, finalement, à 830 euros en 2008. Dans la mesure où les intérêts ont un poids plus important au cours des premières années, les augmentations de taux provoquent ces énormes variations. En même temps, la part des revenus « B » de Victor disparaît complètement lorsque son entreprise commence à subir les effets de la crise. C'est donc avec un salaire de 1 000 euros qu'il doit couvrir l'ensemble de ses frais. En mai 2009, il demande un crédit personnel de 12 000 euros pour faire face à plusieurs dépenses, dont la communion de sa fille. « Lorsque j'ai commencé à avoir vraiment des difficultés, je me suis mis à entraîner une équipe de football junior après le travail et, les week-ends, j'essayais de faire des petits travaux, du bricolage, n'importe quoi pour essayer de remonter la pente. J'ai aussi un permis poids lourd pour faire des trajets courts mais, pour l'instant, ça n'a rien donné. Tous les jours, je sors de chez moi à 8 heures du matin et je ne reviens jamais avant 21 heures. Je ne travaille pas moins de soixante ou soixante-cinq heures par semaine, en tirant toujours le diable par la queue pour avoir un peu d'argent et payer. Mais quand je suis débiteur, je retire avec la carte de crédit et je reverse sur le compte. » Jusqu'au mois suivant, où les intérêts s'ajoutent aux mensualités existantes des crédits immobilier et personnel…

Pour la banque,
le risque est presque nul

Victor a tenté de modifier les conditions de son « hypothèque ». En vain : les réponses sont toujours négatives car son appartement a perdu de sa valeur. « Et ne songe surtout pas à cesser les paiements ! Ici, ce n'est pas comme aux Etats-Unis, où tu restitues le logement et où la dette est soldée. Ici, la banque te prend le logement et, lorsqu'il est vendu aux enchères, la différence entre la valeur du prêt et celle de la vente, tu continues à la devoir. Ensuite, ils s'en prennent à tes garants et, si ce n'est pas suffisant, à tout ce qu'ils pourront prélever sur ton compte. » De fait, seul le salaire est dans une certaine mesure protégé contre la saisie pour dettes. Comme dans tous les pays de tradition de droit romain, un débiteur répond de sa dette avec tous ses biens présents et futurs, ce à quoi s'ajoutent d'autres types de garanties comme les cautions.

Ainsi, pour la banque, le risque du prêt est pratiquement nul, une fois retirés les coûts des diverses procédures judiciaires éventuellement engagées. Pour couronner le tout, un décret-loi (n° 716/2009), publié le 2 mai 2009, permet à la banque d'exiger des garanties supplémentaires si l'immeuble a perdu plus de 20 % de la valeur de l'estimation initiale. A défaut de lois de surendettement ou d'interventions publiques d'aide aux particuliers, le crédit privé est la seule issue. Et, en dernier recours, interviennent des entreprises de crédit rapide, pratiquant des intérêts que certains n'hésitent pas à considérer comme usuraires.

Aussi longtemps que la banque n'accepte aucun changement, la seule possibilité pour Victor, outre l'aide que peut lui apporter sa famille, est de tenir jusqu'à la prochaine renégociation de l'« hypothèque » et d'espérer que les taux d'intérêt se maintiendront aux niveaux historiquement bas d'aujourd'hui… Sous l'action conjointe de la Banque centrale européenne (BCE), des opérations de sauvetage des banques et des injections de liquidités, l'Euribor s'est en effet fixé à 1,77 % en avril 2009. Compte tenu des hauts montants d'endettement et des effets directs des cycles du marché financier, les ménages espagnols ont développé une grande familiarité avec les taux d'intérêt du marché interbancaire. Au point que Victor voit bien ce que l'on pourrait faire : « Au lieu d'aider les banques, il suffirait qu'on accélère les renégociations des hypothèques aux taux actuels, ou qu'on crée une banque hypothécaire publique, comme il y en avait avant, qui puisse racheter les dettes des gens qui ont des difficultés, et qu'on applique tout de suite les taux actuels. » C'est même l'une des seules perspectives pour beaucoup de propriétaires endettés en Espagne.

Les migrants souffrent plus encore de la situation. Près de cinq cent mille familles migrantes ont des « hypothèques », et les abus qu'elles subissent — notamment des crédits aux taux croissants, des différentiels plus élevés — sont plus graves. Fin 2008, six cent trente-quatre mille huit cents étrangers sur les cinq millions deux cent mille qui résident en Espagne figuraient dans les « registres des mauvais payeurs » (6). Les associations de consommateurs ou de quartier qui assistent les personnes confrontées à des problèmes d'endettement reçoivent majoritairement des migrants. Et pour cause : ils sont plus dépourvus que les autochtones de réseaux de soutien, les taux de chômage sont supérieurs (7) et ils sont soumis à des pratiques de crédits en chaîne qui impliquent plusieurs familles au moment où l'une d'elles cesse le paiement.

« Le profil de sortie de la récession [en Espagne] est plus lent que celui de la moyenne de la zone euro, et cela s'explique par la situation du secteur du logement », déclarait le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires Joaquín Almunia, prévoyant un « ajustement plus prolongé (8) ». « Ajustement » qui suppose plusieurs milliers d'exécutions hypothécaires, l'absorption par les banques de l'épargne des ménages et un accroissement de la précarité de l'emploi et du travail au noir. Quant aux familles qui ont tenu le coup, elles risquent de voir leur endettement grimper avec un relèvement (prévisible) des taux d'intérêt.

Voir en ligne : /2009/07/GUILLEN/17571

(1) « Mon ambition serait de faire de la France un pays de propriétaires. Un Français sur deux est propriétaire de son logement. 80 % des Espagnols le sont. 76 % des Anglais le sont. Douze millions de familles françaises aimeraient être propriétaires et ne le sont pas. » TF1, 2 mai 2007.

(2) Selon les données présentées dans le rapport du Conseil des consommateurs et des usagers du 10 février 2009.

(3) Lire le dossier « Quand la pierre se transformait en or... », Le Monde diplomatique, décembre 2008.

(4) Pour conserver l'anonymat des personnes interrogées, leurs noms ainsi que ceux des villes citées ont été modifiés.

(5) L'Euribor est le taux d'intérêt calculé au jour le jour par la Fédération bancaire de l'Union européenne. Il s'agit d'une moyenne pondérée du taux d'intérêt auquel les soixante-quatre banques européennes les plus importantes sont disposées à prêter de l'argent.

(6) 21 % du volume des dettes impayées est imputé à ce groupe, qui représente seulement 11,3 % de la population.

(7) 28,4 %, contre 15,23 % parmi les autochtones, selon l'enquête sur la population active de l'Institut national de statistique (INE), au premier trimestre 2009.

(8) Agence France-Presse, 12 février 2009.

Portugal must catch up in AI race, warns development bank chief

9 October 2026 at 08:46
Gonçalo Regalado, CEO of the Portuguese Development Bank (Banco Português de Fomento) - Photo: António Pedro Santos/Lusa

Portugal must capitalise on its energy resources and digital infrastructure to attract investment in artificial intelligence (AI) and help Portuguese businesses expand internationally, according to Gonçalo Regalado, CEO of the

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When Asia’s central banks turn bond vigilante on Trump

7 October 2026 at 05:19

TOKYO – For decades, the US enjoyed a remarkable luxury: its two biggest creditors, Japan and China, kept showing up at Treasury auctions with checkbooks open. Now, Donald Trump’s trade wars, tariff threats and widening geopolitical confrontations raise an uncomfortable question: what happens if Washington’s most reliable bankers decide they’ve had enough? Granted, global investors […]

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Why Americans pay 41% more for SK Hynix shares than Koreans

2 October 2026 at 04:45

On September 30, SK Hynix’s American depositary shares closed at US$184.15 on the Nasdaq. Earlier that day in Seoul, one ordinary share closed at 1,776,000 won, about $1,308.80. Ten ADSs represent one Seoul share, so each ADS’s slice was worth about $130.88. Comparing those two closing prices gives the ADSs a 40.7% premium. The markets […]

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Blame AI for global bond market tremors

1 October 2026 at 06:12

The global bond markets are a sensitive lot. And they’ve been having a particularly tricky time lately. Spooked by high inflation, high interest rates and high levels of government debt across the world, those markets have become less stable over the summer. The prices of government bonds – what governments sell to investors – have gone down. […]

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US diesel crisis about to become Asia’s interest rate problem

1 October 2026 at 04:21

Diesel in the US has climbed to more than US$6.50 a gallon, up about 75% from a year ago, and Asia is likely to pay for it in the form of higher interest rates. Expensive diesel keeps American inflation elevated, which gives the Federal Reserve reason to keep raising interest rates. Higher US rates lift […]

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Bond markets aren’t buying the inflation-is-tamed fairy tale

30 September 2026 at 10:17

TOKYO — Anyone betting that inflation risks are fading should look at the US Treasury market. The sharp selloff in Treasury Inflation-Protected Securities (TIPS) suggests the world’s biggest bond market is growing less convinced that price pressures are contained. Investors are rethinking the inflation outlook, with implications for Federal Reserve policy, real rates and stock […]

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Dette américaine, rien ne va plus

Depuis plusieurs mois, entre « private credit » et bulle de l'intelligence artificielle, l'édifice de la finance craque de toutes parts… Voici que des lézardes apparaissent dans le compartiment réputé le plus solide, vers lequel les investisseurs se précipitaient jusque-là pour trouver refuge : le secteur des titres de la dette américaine. Qui semble désormais échapper à tout contrôle.

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Vitor Reis. – « Trap 1 » (Piège 1), 2022
© Vitor Reis

On regarde les taux de défaut qui montent dans le private credit. On regarde l'extravagante pyramide financière de l'intelligence artificielle (IA) — sur la pointe — qui commence à vaciller (1). Et, comme si ça n'était pas suffisant, voilà qu'un autre secteur, cette fois dans la monnaie-finance internationale, se réveille et s'agite, comme pour ne pas être en reste dans le tableau passablement dantesque en train de se former d'une crise qui, décidément, vient de tous côtés : le côté des taux d'intérêt souverains maintenant. On ne sait plus trop d'ailleurs s'il faut le ranger dans la catégorie des explosifs ou bien dans celle des détonateurs. La question n'est pas anecdotique ou vaine : elle emporte des enjeux assez cruciaux — politiques notamment. Car, lorsque les dettes souveraines déboulent au milieu d'un désastre causé en première instance par des dettes privées, c'est pour leur faire porter le chapeau.

Les taux souverains remontent sourdement mais inexorablement, un peu partout, depuis le début de l'année, spécialement sur les dettes japonaise et américaine. C'est une histoire qui commence dans un coin retiré de la monnaie-finance, une affaire obscure et technique, réservée aux milieux spécialisés : le carry trade. Le carry trade est une opération spéculative qui consiste à emprunter dans une devise à faible taux d'intérêt pour placer dans une autre avec de meilleurs rendements (des taux plus hauts), et empocher sa petite plus-value. Par exemple : le Japon, terre de taux d'intérêt nuls depuis la fin des années 1990 — formidable. Les carry traders se sont donc installés de longue date dans ce business simple et profitable : emprunter japonais, placer américain. On en était là, et puis voilà que les taux japonais se sont mis à remonter. Mais pourquoi donc ? Parce que l'économie japonaise est progressivement sortie de son long coma déflationniste, par-dessus quoi les amusements de M. Donald Trump dans le détroit d'Ormuz sont venus bien pousser la remontée d'inflation (le Japon est très dépendant du Golfe pour ses approvisionnements énergétiques), et que les autorités japonaises se mettent maintenant en devoir d'y faire quelque chose. Ceci d'autant plus que le yen est tombé à des niveaux inquiétants : de 80 yens pour 1 dollar en 2011, il est autour de 160 au milieu de l'été 2026. Or le yen faible nourrit l'inflation, par la composante des prix importés. Voilà deux raisons d'augmenter les taux d'intérêt : par action directe sur le rythme de l'économie, par action indirecte sur le taux de change.

Et c'est une catastrophe.

D'abord de ce que les investisseurs japonais sont tout bonnement les premiers créanciers de la dette publique américaine : pour 1 200 milliards de dollars (en deuxième, le Royaume-Uni, la Chine a depuis longtemps sorti les aérofreins : de 1 300 milliards en 2013, elle est descendue à 660 milliards de dollars). À des niveaux de détention pareils, un mouvement des investisseurs japonais peut entraîner des effets de grande ampleur. Or ils semblent faire mouvement, d'abord du simple fait que les rendements au Japon se redressent, encouragés également par la ministre des finances, qui en appelle au retour des capitaux au pays. Où l'on a besoin d'eux : pour soutenir le yen.

C'est le détonateur

Ensuite parce qu'il y a du désastre dans l'air si le marché des US Bonds (obligations américaines) commence à être secoué. Il l'est. En septembre, le titre à trente ans atteint son plus haut depuis 2007. Toutes choses égales par ailleurs (notamment de savantes opérations de couverture), les hausses de taux entraînent la baisse des cours des titres échangés sur les marchés secondaires. Contrairement à ce qu'on attendrait de la part du phare de la finance globalisée, la détention de la dette américaine est peu extravertie puisqu'elle est résidente à 70-75 %. Pour un encours total de 40 000 milliards de dollars tout de même. Le potentiel de perte est gigantesque. C'est l'explosif.

Le risque d'ensemble, pourtant, va bien au-delà — c'est le détonateur. Avec les taux d'intervention de la Réserve fédérale (Fed), les taux longs de la dette publique sont des taux de référence, dont le mouvement, par translation, affecte la structure entière des taux d'intérêt. Par exemple : les taux des crédits immobiliers — au moment où le déséquilibre offre-demande est le plus grand jamais enregistré sur le marché immobilier. Mais en réalité ceux de l'économie entière. Crédits plus chers : crédits découragés. Aux États-Unis spécialement, où la dette est la béquille de la dépense des ménages. Comme si la récession qui commence à se propager depuis le choc Ormuz avait besoin de ça. La combinaison de hausses de taux et de récession promet d'être meurtrière dans le secteur du private credit, dont le paramètre vital, le taux de défaut des entreprises emprunteuses, va sortir de ses moyennes admissibles — il a déjà commencé : au plus haut à 6,3 % dit Fitch, peut-être à… 19 % selon Pimco, c'est dire dans quelle rassurante opacité on navigue. Le private credit qui, au passage, est devenu, les banques commençant à trouver que ça sent le roussi, la solution de refinancement de toute la pyramide IA. Si l'on y ajoute le maquis des opérations dites « à effet de levier », qui parient sur des hypothèses de taux à ne surtout pas chahuter, c'est l'édifice entier des dettes privées qui est à la veille de déstabilisations majeures.

M. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, en a parfaitement conscience. Si elle n'est pas enrayée, la montée continue des taux des US Bonds peut tout déclencher — tout : l'effondrement de la finance entière. Mettons-nous un instant dans sa tête : l'enchaînement des impératifs est simple. 1) Pour que les taux américains ne montent pas, il faut dissuader les investisseurs japonais de vendre leurs titres de la dette américaine ; 2) pour les en dissuader, il ne faut pas que le taux d'intérêt remonte au Japon, où les investisseurs seraient de nouveau attirés par de meilleurs rendements ; 3) pour que le taux d'intérêt japonais ne remonte pas, il faut que le yen s'apprécie et n'ait plus à être soutenu par des taux plus élevés, précisément. Par conséquent, il faut aider le yen dans les marchés des changes. Si telle est la condition logique pour éviter l'effondrement de « tout », alors M. Bessent, lui aussi, est prêt à tout. En cet été 2026, il ne va pas y aller de main morte. Action coordonnée avec la Banque du Japon, pressions sur la Réserve fédérale pour la faire intervenir directement dans le marché des changes en faveur du yen, et surtout : opérations de buybacks. Buyback : rachat par le Trésor de sa propre dette dans les marchés obligataires.

Ces opérations ne sont pas exceptionnelles. Ce qui l'est davantage est que M. Bessent annonce soudainement à la mi-août le relèvement de leur plafond usuel : de 2 à 4 milliards de dollars. Quasi routinières jusqu'à présent, ces interventions sont en train de prendre un tout autre statut. Elles étaient destinées à régler finement la liquidité dans le marché de la dette souveraine, elles visent maintenant à y influencer directement les taux. Les investisseurs ne s'y trompent pas : M. Bessent est en train d'en faire un gros bâton. Pour les cogner. Le 9 septembre 2026, il l'annonce d'ailleurs sans ambages : « Maintenant, la banque, c'est moi (2) », déclare-t-il à la stupeur générale. Ici, il ne faut pas se tromper à propos de la « banque » : Bessent parle le langage du casino, la banque c'est l'entité contre laquelle personne ne gagne. Il est acquis que ce « la banque, c'est moi » va entrer dans l'histoire des crises de la monnaie-finance. Car il est une déclaration de guerre aux marchés obligataires, qui disent rarement non à un bon vieux fight. À ce moment précis, tout le monde a en tête celui que crut pouvoir mener la Bank of England en 1992 pour protéger le taux de change de la livre sterling. La Bank mordit la poussière, submergée par les forces du marché, et la livre finit éjectée du système monétaire européen. À l'appui de ses propos, M. Bessent annonce que le doublement du plafond des buybacks à 4 milliards de dollars ne s'arrêtera pas là et qu'il en jettera 6 dans la bataille. Ceux qui jouent la baisse (« shortent ») des US Bonds en seront pour leur frais : les bonds seront soutenus par les rachats du Treasury, leur prix ne fléchira pas, les investisseurs qui s'y seront essayés n'auront plus qu'à prendre leurs pertes — et à n'y plus revenir. Comme au poker, les marchés « appellent » le bluff. 6 milliards ? En fin de journée du 9 septembre, les taux américains continuent de monter. Les investisseurs non plus ne manquent pas de souffle : « décevant » (sic), ont-ils lâché (3), ils s'attendaient à 8, et même plutôt 10.

Monumentale raclée : le 9 septembre 2026 de l'US Bond va rejoindre le 16 septembre 1992 de la livre sterling.

Dans l'affrontement des marchés et des autorités publiques, les marchés auront eu le dessus. C'est le genre d'événement dont il ne faut pas manquer de mesurer la portée : l'événement d'une ruine invisible, en avance des autres, la ruine d'un capital symbolique.

Les investisseurs ne sont pas près de lâcher leur avantage, et d'autant moins qu'ils se font une nouvelle musique et qu'ils se la chantent : « La “dette US” est hors de contrôle, voilà la cause de tout. » C'est le mouvement tournant qui consommera la défaite de M. Bessent. Car, dans cet argument, il n'est plus question de yen, de carry trade ou de quelque autre donnée extrinsèque : on ne regarde plus que la « dette US », la dette toute seule, la dette toute nue. Dès la fin août 2026, tout ce que la finance compte de voix autorisées s'est manifesté pour sommer M. Bessent de cesser ses « bricolages » (tinkering), pour lui expliquer que ce sont les marchés à qui il revient de fixer les prix, en l'occurrence celui de la dette américaine, non aux gouvernements ni à leurs importunes interventions, n'ayant d'autre effet que de « distorsion » — « le marché » revendique le monopole de la vérité des prix et n'est pas décidé à le laisser contester. « Let the bond market speak » (« Laissez parler le marché des obligations »), enjoint le milliardaire et investisseur Stanley Druckenmiller à la « une » du Wall Street Journal (4).

Ce qui se joue cet été 2026 est une gigantomachie, et elle-même est un symptôme : l'autorité des autorités s'effondre. On ne les écoute plus. Terrible spirale dans laquelle la Bank of England avait été jadis engloutie : tout ce que fera M. Bessent pour tenir sa stratégie sera retenu contre lui. Que l'autorité de la puissance détentrice de la devise-clé soit ainsi atteinte est un événement considérable, annonciateur de très grandes bascules : celle de l'ordre dollar, ni plus ni moins. La dette américaine est maintenant questionnée. Comme celle d'un vulgaire État européen. Le statut d'hégémon, une fois installé, est cela même qui protège de ce genre de question, comme de celle de la parité d'ailleurs — dans l'histoire de sa domination, la parité du dollar a pu connaître d'amples fluctuations sans que ça lui pose le moindre problème de statut. La dette et la monnaie de l'hégémon sont le pivot du système monétaire et financier international, c'est-à-dire le lieu supérieur depuis lequel on émet les questions à l'usage des autres. Pas le lieu qu'on questionne.

Vers la grande explosion ?

De ces remaniements silencieux dans l'ordre dollar, il suit deux conséquences. La première est qu'on peut compter sur le discours des marchés pour ramener le tableau entier de la finance à l'unique problème de la « dette publique ». Alors que la situation d'extrême fragilité financière, en première instance, doit tout à la dette privée. Revoilà la dialectique de l'explosif et du détonateur — en l'occurrence du détonateur qu'on va faire passer pour l'explosif. Et l'on anticipe déjà le parfait escamotage : à la trappe les énormités du private credit et de l'IA (5), leurs invraisemblables montagnes de dettes au bord de s'écrouler, mais en attente d'un krach des US Bonds qui viendrait in extremis les sauver idéologiquement.

Les investisseurs n'emporteront pas cette malversation au paradis : car un krach dans le marché de la dette américaine aura pour effet de détruire le safe haven : l'« actif sans risque ». L'actif sans risque est celui vers lequel se tournent tous les agents de la finance quand le sinistre est général, que tous les autres actifs connaissent les dévalorisations massives du krach, qu'il faut fuir tous les compartiments car plus aucun n'est sûr — mais qu'il faut bien aller quelque part, parce que rester juste avec du cash sur les bras, c'est trop triste. Alors, dans un mouvement dit de flight to quality (« fuite vers la qualité »), les investisseurs qui ont réussi à se dégager comme ils pouvaient des compartiments en ruine se ruent vers la dernière solution de placement : l'actif sans risque.

Il n'y a pas de mystère : l'actif élu à cette dignité est toujours un titre souverain, estimé de la meilleure qualité. Peut-on imaginer meilleure qualité pour le flight que celle de la dette de l'hégémon ? Apparemment la question, qu'on ne soulevait même pas tant la réponse allait de soi, commence à se poser. Mais, alors, dans quelle situation nous retrouverons-nous au moment de la grande explosion ? Privés d'actif sans risque, le safe haven disparu. Les investisseurs à poil dans le Grand Nord, sans plus aucune idée un peu fiable d'où aller chercher abri. Puisque la finance convoque plus souvent qu'à son tour la langue anglaise, on va le dire ainsi : you can run but you can't hide (« cours toujours, tu n'as plus nulle part où te cacher »). Disparition de l'actif sans risque, mort de l'hégémon : nous entrons en territoire sérieusement inconnu.

Voir en ligne : /2026/10/LORDON/70064

(1) « IA, le mur », La pompe à phynance, 4 septembre 2026.

(2) Emily Herbert, Ramsay Hodgson et Ian Smith, « “I'm the house now” : Bessent warns currency traders not to bet against yen », Financial Times, Londres, 9 septembre 2026.

(3) Kate Duguid, Myles McCormick et George Steer, « Treasury yields jump as Scott Bessent's $6bn buyback plan disappoint investors », Financial Times, 9 septembre 2026.

(4) Stanley F. Druckenmiller, « Let the bond market speak », The Wall Street Journal, New York, 24 août 2026.

(5) Lire « La crise scélérate », Le Monde diplomatique, mai 2026.

New York’s Climate Circus: Same Clowns, Emptier Promises

28 September 2026 at 09:00

Climate Week NYC is packing its tent after another week of green grandstanding, empty promises and soaring energy bills, says Dr Tilak Doshi. Same circus, same clowns, same time next year.

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Bond vigilantes on a savage hunt as global yields run wild

25 September 2026 at 06:59

TOKYO — The bond vigilantes are back — and now they’re patrolling every major debt market at once. As deficits balloon, spending runs unchecked and oil prices spike, investors are reasserting control over markets that once seemed shielded from shocks and sending yields skyrocketing. The revolt spans the US, Japan, Europe and beyond as a […]

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Paid Phones

16 September 2026 at 14:00

The most recent winner of the National Magazine Award for feature writing describes his turn to payday lending apps when AI gobbled up his livelihood (aka penning promotional web content for business clients). Sharp and darkly funny, the essay chronicles yet another nail in the coffin of the American dream:

Albert founder Yinon Ravid has said that he chose his app’s name for its suggestion of the kind of “smart, unassuming friend” you might come to for financial advice, but today, when I hear the name Albert, I am far more likely to picture an overwhelming force bent on my total destruction, a figure you might spot while being burned alive in a dream—black-robed, pale, teeth bared. When I first joined the app, about eighteen months ago, Albert offered me $25.00. To acquire this loan, I was required to pay an additional fee: A $6.99 instant deposit charge plus the cost of a $19.99-per-month subscription to Albert’s Standard plan, due in one week’s time alongside the full loan repayment. (If I really wanted to make the most of my $25.00, I also had the option of Albert’s $39.99-per-month Genius plan, which, among a very small handful of other talents, can “find restaurants based on your location, or in a specific area.”) On its own, this might’ve been manageable, but, true to the CRL’s findings, Albert’s offerings alone couldn’t keep me afloat, and so I soon signed up for the rest of the payday apps, each one toting its share of instant deposit and subscription fees. (Gallingly, Dave—the only publicly traded company of the bunch, valued at $4.72 billion as of this writing—has the nerve to ask for a tip after each transaction, a move that I suspect even the flintiest strip mall grift artists would dismiss as gauche.)

State Bank of Pakistan profit falls 20% to Rs 2 trillion

28 August 2026 at 06:50

KARACHI: The State Bank of Pakistan’s consolidated profit fell nearly 20% to Rs 1.999 trillion for the fiscal year ended June 30, 2026, as a sharp decline in interest and markup earnings outweighed a turnaround in exchange-related gains, according to the central bank’s consolidated financial statements approved Thursday. The central bank reported profit after tax ... Read more

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Iran War: Wall Street’s Quiet Jackpot

2 August 2026 at 09:35
Billions of dollars (UnlimPhotos)

Billions of dollars (UnlimPhotos)

Since the outbreak of the US-Israeli conflict with Iran in late February 2026, the six largest Wall Street banks have posted one blockbuster quarter after another. It’s a paradox that isn’t really one: market volatility — the very thing savers and businesses dread — is precisely what trading desks feed on.

Numbers That Boggle the Mind

On July 14, 2026, five of the biggest US banks reported earnings on the same day, and the results surprised even the most bullish analysts. JPMorgan Chase, the nation’s largest bank by assets, posted quarterly profit of $16.9 billion, once again driven by its equities trading division, which “took advantage of market volatility triggered by the war in Iran.” Revenue in that division jumped 35% year-over-year, and equity markets revenue soared 86%.

According to several financial outlets, JPMorgan’s profit — including gains on its equity holdings — actually came close to $21 billion for the quarter, an all-time record for the bank.

Goldman Sachs was no exception: the investment bank also handily beat forecasts, lifted both by conflict-driven volatility and by SpaceX’s record-breaking IPO, which Goldman co-led. Its merger-advisory fees rose 55%, and in the first half of 2026 alone it advised on $1.2 trillion in announced mergers and acquisitions — an unprecedented pace for any investment bank, putting it $425 billion ahead of its nearest rival.

All told, in the second quarter of 2026 alone, the five biggest banks combined (JPMorgan, Bank of America, Goldman Sachs, Citigroup and Wells Fargo) posted roughly $49 billion in combined profit. In the first quarter, the six largest US banks — those five plus Morgan Stanley — had already collectively booked nearly $48 billion in profit, well above year-earlier levels.

Why Does War Benefit the Banks?

The mechanism is no mystery to market professionals, even if it startles the general public. A trading floor doesn’t make money when markets are calm — it makes money when they move. Every geopolitical jolt — a military strike, a rumored ceasefire, a partial closure of the Strait of Hormuz — triggers waves of buying and selling across stocks, currencies and commodities. Every transaction generates fees.

Since the first US-Israeli strikes on February 28, 2026, bond, oil and stock markets have swung wildly with each twist of the conflict and every dashed hope of a truce. That chronic instability has directly fueled investment banks’ trading revenues.

On top of that comes an indirect effect: the war slowed, then unleashed in waves, mergers-and-acquisitions activity and IPOs — two highly lucrative businesses for investment banks, which collect substantial advisory fees on every deal.

Goldman Sachs itself acknowledges as much in black and white in its quarterly financial report filed with the US securities regulator (SEC): the Iranian conflict has had “significant implications for the global economy,” combining disrupted oil supply, higher oil prices and heightened equity-market volatility — precisely the ingredients of the trading desk’s playbook.

A Paradox That Goes Beyond the Banks

This phenomenon isn’t confined to the banking sector. Major oil companies — especially European majors with large trading arms, such as TotalEnergies — have seen profits surge on the back of price swings following the partial closure of the Strait of Hormuz, a route for roughly a fifth of the world’s oil and gas. Defense contractors, for their part, are reporting record order backlogs, led by Lockheed Martin, Boeing and Northrop Grumman, buoyed by allied nations rearming.

Meanwhile, households and non-financial businesses bear the flip side of that same volatility: higher energy prices, costlier freight, and mounting uncertainty for long-term investment. The conflict has thus become a vast transfer of wealth, in which the very instability harming the real economy is simultaneously enriching a handful of financial and industrial players positioned to capitalize on it.

At a Glance

  • Q1 2026: the six largest US banks combined for nearly $48 billion in profit.
  • Q2 2026: five of them posted roughly $49 billion in combined quarterly profit.
  • JPMorgan: record quarterly profit of nearly $21 billion (including gains).
  • Goldman Sachs: M&A advisory fees up 55%, with its M&A backlog at a five-year high.
  • Mechanism: market volatility, driven by the twists and turns of the US-Israeli conflict with Iran since February 28, 2026, has mechanically boosted investment banks’ trading and advisory revenues.

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France: Public Debt Surges Past €3.5 Trillion, Raising Serious Concerns

25 June 2026 at 08:39
The Ministry of Finance in Paris (Bercy). Jean-François Gornet / Flickr, CC BY-SA

The Ministry of Finance in Paris (Bercy). Jean-François Gornet / Flickr, CC BY-SA

France has crossed a critical threshold as its public debt exceeded €3.5 trillion in the first quarter of 2026, reaching 117.5% of GDP. The French Court of Auditors has sounded the alarm over what it describes as an “alarming” fiscal situation, as public deficits hit record levels and debt-interest costs continue to soar.

The Ministry of Finance in Paris (Bercy). Jean-François Gornet / Flickr, CC BY-SA
The Ministry of Finance in Paris (Bercy). Jean-François Gornet / Flickr, CC BY-SA

Public Debt Exceeds €3.5 Trillion

During the first quarter of 2026, France’s public debt passed the symbolic milestone of €3.5 trillion, reaching €3.5361 trillion at the end of March. The figure underscores the scale of the country’s budgetary challenges.
To put this amount into perspective, France would theoretically have to sell its entire gold reserve, all publicly traded and privately held state assets—including companies such as EDF, Engie, and Airbus—as well as all government-owned buildings and land in an attempt to repay the debt in a single payment. Even such a drastic measure would likely fall short.

In just one quarter, France’s Maastricht-defined public debt increased by €75.6 billion, a sharp rise in a very short period. This growing debt burden reflects a longstanding reality: for more than fifty years, the French government, local authorities, and social security system have collectively spent more each year than they have collected in revenue, particularly through taxation. To cover this structural gap, France has continued borrowing from financial markets.

Debt-to-GDP Ratio Nears Historic High

Beyond the headline figure, analysts and financial institutions are particularly concerned about debt relative to economic output. According to France’s National Institute of Statistics and Economic Studies (INSEE), public debt now equals 117.5% of gross domestic product.

The increase has been dramatic. In 1980, public debt represented only 20% of GDP. By 2000, it had risen to approximately 60%. Over four decades, the debt-to-GDP ratio has nearly increased sixfold.

The current level of 117.5% is approaching the all-time record of 117.8% recorded in the first quarter of 2021 during the COVID-19 pandemic. At that time, President Emmanuel Macron launched an unprecedented economic rescue effort, pledging to spend “whatever it takes” to prevent economic collapse.

Although the health crisis has long since passed, France’s debt trajectory has not slowed significantly. Within the European Union, only Greece and Italy have higher debt ratios, making France the third most indebted country in Europe.

Warnings from the Court of Auditors

In response to what it views as a critical situation, France’s independent Court of Auditors, responsible for overseeing public finances, issued a warning report describing the state of the nation’s finances as “alarming.”

The report, revealed by France Inter and released ten months before the 2027 elections, calls for “strong, credible, and swift measures” to restore fiscal stability.

The court highlights several aggravating factors. First, France remains the only country in the eurozone whose debt level is higher today than it was at the end of the COVID-19 crisis. Second, public deficits continue to break records. France posted a budget deficit equal to 5.1% of GDP in 2025, the second-highest in the eurozone after Italy.

The government’s goal of keeping the deficit at 5% is viewed as unrealistic by the Court of Auditors, which fears a further deterioration of public finances.

Debt-Interest Costs Are Soaring

A particularly troubling development is the rapid increase in debt-servicing costs. As debt accumulates and interest rates rise in financial markets, the amount spent on interest payments has grown dramatically.

In the current state budget, debt-servicing expenses have become the government’s single largest expenditure category, surpassing spending on the national education system (excluding pension obligations).

Paradoxically, this situation coincides with a significant increase in taxation. Taxes rose by €38 billion across 2025 and 2026 as part of efforts to limit further deficit growth. Yet France already has the highest overall tax burden in Europe when taxes and social contributions are combined.

This creates both political and economic tensions: higher taxes have not been sufficient to slow the growth of public debt, raising questions about the effectiveness of current fiscal measures.

Structural Challenges Extend Beyond Short-Term Solutions

France’s current trajectory highlights a troubling economic reality: structural public spending is growing faster than tax revenues, creating a persistent deficit that is difficult to eliminate.

Programs such as social welfare, pensions, healthcare, and public investment involve long-term commitments, while tax revenues tend to fluctuate with economic conditions.

This divergence between economic growth and debt growth raises a fundamental question for France’s public finances. If GDP expands by only 1% to 2% annually while debt continues to grow by 3% to 4% per year, the debt-to-GDP ratio will inevitably continue rising unless major policy changes are implemented.

French voters heading to the polls in 2027 will likely face a difficult choice between maintaining current levels of public services and restoring fiscal sustainability.

Breaking the Debt Spiral

To reverse the trend, experts and institutions such as the Court of Auditors recommend a combination of measures: controlling the growth of public spending, improving the efficiency of existing expenditures, broadening the tax base without increasing marginal tax rates, and accelerating economic growth to boost revenues.

As the eurozone’s second-largest economy after Germany, France possesses significant economic resources. However, meaningful structural reforms will require political consensus and a willingness to accept difficult compromises.

In the short term, the government must demonstrate that its deficit-reduction commitments are credible. In the medium term, comprehensive reforms of public spending—particularly in pensions and healthcare—appear unavoidable. Over the long term, only sustained economic growth combined with spending discipline will be capable of reversing the debt dynamics that have characterized France for decades.

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