Le conseil d’administration de la GSMA a détaillé les priorités du secteur en matière de connectivité, appelant à agir en faveur de l’accessibilité financière des smartphones, contre les arnaques en ligne et pour l’investissement dans les réseaux, tout en soutenant un renforcement de la coopération internationale sur les futures normes 6G.
À l’issue d’une réunion du conseil à New Delhi, la GSMA a rappelé que, si 97 % de la population mondiale vit dans une zone couverte par le haut débit mobile, 3,4 milliards de personnes restent privées d’internet mobile. Le coût des appareils reste un frein important : un terminal d’entrée de gamme connecté à internet équivaut à 44 % du revenu mensuel moyen des 20 % les plus pauvres dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
La GSMA met en avant des mesures possibles pour améliorer l’accessibilité financière, comme des dispositifs de financement, des baisses d’impôts ciblées et une coopération renforcée entre fabricants d’appareils et fournisseurs de mémoire.
L’association s’inquiète par ailleurs du danger croissant lié aux fraudes et aux escroqueries, avertissant que, si le secteur mobile continue de renforcer ses outils de détection réseau et de cyberdéfense, « aucun secteur ne peut combattre seul cette menace ». La GSMA relève que les contenus générés par l’IA et les deepfakes aggravent encore les risques pour les consommateurs, la confiance du public et les objectifs des gouvernements, et appelle le secteur à « unir ses forces pour contrer les arnaques par des solutions concrètes ».
Investissement soutenu
La GSMA souligne également la nécessité d’investir dans les réseaux et de mener des politiques favorables pour accélérer la croissance de la connectivité. Elle estime que les technologies et services mobiles ont généré 6 000 milliards de dollars (5 376 milliards d’euros) de valeur économique en 2025, soit 6,4 % du PIB mondial, un chiffre qui devrait atteindre 11 300 milliards de dollars (10 125 milliards d’euros) d’ici 2030.
Par ailleurs, les opérateurs devraient investir 1 200 milliards de dollars (1 075 milliards d’euros) en capex entre 2025 et 2030 pour étendre et moderniser leurs réseaux, et 57 % des connexions mobiles devraient utiliser la 5G d’ici la fin de la décennie.
Pour Vivek Badrinath, directeur général de la GSMA, la prochaine priorité du secteur doit être de transformer l’expansion de la 5G en « valeur significative », afin qu’un plus grand nombre de personnes puissent participer à l’économie numérique. « Cela exigera des investissements soutenus, des politiques favorables et une collaboration à travers l’ensemble de l’écosystème », a-t-il insisté.
L’association sectorielle a réaffirmé en outre son soutien à des normes mondiales et à un spectre harmonisé à mesure que le développement de la 6G se poursuit. Elle a souligné que des pays représentant plus de 80 % de la population mondiale soutiennent l’usage mobile de la bande 6 GHz supérieure, qui pourrait offrir les largeurs de canal de 200 à 400 MHz jugées nécessaires pour la 6G.
Le président de la GSMA, Gopal Vittal, estime quant à lui qu’« en travaillant à travers des normes mondiales et en collaborant d’un marché à l’autre, nous pouvons accélérer l’innovation, renforcer la confiance et la résilience » à mesure que le secteur développe la prochaine génération de connectivité.
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