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La réouverture de la route 463 aux colons menace d’isoler Ramallah

L’armée israélienne s’apprête à rouvrir aux colons la route 463, un axe de dix kilomètres traversant le nord de Ramallah et d’el-Bireh. Cette mesure, selon plusieurs sources, menacerait d’isoler huit villages palestiniens et deux grands quartiers résidentiels, tout en séparant le nord et le sud du gouvernorat. 

Une route au cœur de la fragmentation

Construite au milieu des années 1990 pour relier les colonies de Beit El et de Dolev, la route 463 avait été fermée après le déclenchement de la seconde Intifada. Sa réouverture s’inscrit dans un budget d’infrastructures de 1,075 milliard de shekels (environ 355 millions de dollars) destiné aux colonies, illégales au regard du droit international.

Le gouvernement israélien souhaite accélérer le processus avant les élections du 27 octobre.

La Commission de résistance à la colonisation et au mur, affiliée à l’OLP, dénonce une « politique systématique visant à démanteler la contiguïté géographique et démographique palestinienne ». Des dizaines de milliers d’habitants seraient contraints d’emprunter une route alternative déjà saturée près du camp de Jalazone. Les villages de Surda, at-Tira, Ein Qiniya, Ras Karkar, Deir Ibzi ou Ein Arik seraient particulièrement touchés.

Jamal Juma, coordinateur de la Campagne populaire de résistance au mur et aux colonies, estime que la réouverture « encerclerait complètement la partie ouest de Ramallah ». Sur X, l’Association France Palestine Solidarité avait déjà alerté le 1er octobre en soulignant que « l’armée et les colons israéliens collaborent pour rouvrir la route 463 réservée aux colons et rompre la continuité territoriale ».

L'armée et les colons israéliens collaborent pour rouvrir la route 463 réservée aux colons et rompre la continuité territoriale. Selon Jamal Jumaa de @stopthewall, elle divisera Ramallah en coupant les universités dont Birzeit du reste de la ville. https://t.co/Icp4rZ426c

— Association France Palestine Solidarité (@AFPSOfficiel) October 1, 2026

Munif Treish, maire d’El-Bireh, rappelle que 95 % du tracé se situe en zone B, placée sous administration civile palestinienne selon les accords d’Oslo II. Il y voit une « violation flagrante » des engagements pris avec l’OLP et une « menace existentielle » pour 250 000 Palestiniens. La municipalité promet de mobiliser tous les moyens légaux pour s’y opposer tandis que la mobilisation internationale, notamment au sein de l’UE, ne semble pour l’heure pas produire d’effets.

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Thélyson Orélien reconnaît des plagiats, mais nie avoir utilisé l’IA pour son roman

Preview Accusé d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire son roman «C’était ça ou mourir», l’écrivain canado-haïtien Thélyson Orélien affirme qu’«aucune phrase» n’a été créée par une machine. Dans un texte transmis à l’AFP le 13 octobre, il reconnaît toutefois des plagiats antérieurs et présente ses excuses.
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La Russie, les pays du Sahel, le Togo et la République centrafricaine créent un conseil d’affaires pour la coopération

Preview Un conseil d’affaires pour la coopération avec les pays du Sahel, le Togo et la République centrafricaine a été créé à l’initiative du ministère de l’Énergie et de la Chambre de commerce et d’industrie russes. Il vise à renforcer les liens commerciaux, économiques, scientifiques, techniques et d’investissement.
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Le gouvernement français réduit le budget du Louvre, qui envisage de nouveaux tarifs

Le Louvre pourrait de nouveau faire payer plus cher ses visiteurs. Dans un entretien au Figaro publié le 14 octobre, son président-directeur, Christophe Leribault, a évoqué une hausse des tarifs et une réduction du programme d’expositions face aux coupes prévues dans le budget français pour 2027. Le gouvernement envisage ainsi de réduire les moyens d’un musée déjà confronté à de graves problèmes d’entretien.

Le patrimoine français soumis aux restrictions

Le projet de budget prévoit une diminution de trois millions d’euros de la subvention de fonctionnement du Louvre. Le ministère de la Culture est lui aussi mis à contribution : ses crédits reculeraient de 0,6 %, selon les chiffres rapportés par Le Monde.

Pour justifier ces choix, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, affirme que la culture « doit participer comme les autres à l’effort global ». L’État entend donc économiser sur une institution qui abrite une part majeure du patrimoine français. Dix millions d’euros resteraient affectés aux travaux du musée, sans compenser la baisse de ses moyens de fonctionnement.

Les visiteurs appelés à payer davantage

Le prix des billets a déjà augmenté. Passé de 17 à 22 euros en 2024, le tarif d’entrée atteint, depuis janvier 2026, 32 euros pour les visiteurs qui ne bénéficient pas du tarif réservé aux ressortissants et résidents de l’Espace économique européen.

Selon Le Monde, le ministère mise désormais sur ces recettes supplémentaires pour atténuer la baisse de sa subvention. Or, les revenus issus de cette tarification différenciée devaient initialement servir à financer des travaux. Le Louvre pourrait donc devoir puiser dans l’argent destiné à sa rénovation pour maintenir son fonctionnement, tout en réduisant ses expositions. Pour le public, la perspective est celle de billets plus chers et d’une offre culturelle moins riche.

Un musée déjà en quête de moyens

Les restrictions surviennent dans un contexte préoccupant. Le vol des bijoux de la Couronne en octobre 2025 a mis en lumière les défaillances de la sécurité du Louvre, tandis que ses infrastructures nécessitent de lourds investissements.

Devant le Sénat, le 17 juin, Christophe Leribault avait déjà prévenu : « Accumuler des œuvres dans un musée que l’on ne pourrait plus ouvrir au public serait un non-sens absolu. » Il insistait sur l’urgence des rénovations. Alors que le Louvre a besoin de fonds pour préserver ses collections et accueillir le public, l’exécutif français choisit de réduire son soutien au fonctionnement du musée. Une politique d’économies qui risque de se faire sentir aussi bien sur sa programmation que sur le portefeuille des visiteurs.

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Turquie : découverte de la plus ancienne épave au monde au large de Kekova

Une découverte archéologique majeure a été faite au large de l’île de Kekova, dans la province d’Antalya, en Turquie. Une équipe de chercheurs a révélé l’existence d'une épave considérée comme la plus ancienne connue au monde, avec un âge estimé entre 4 400 et 4 700 ans, ce qui la rend contemporaine de la construction de la grande pyramide de Gizeh, en Égypte.

Située à environ 30 mètres de profondeur, sur une pente sous-marine proche du littoral, l’épave aurait appartenu à un navire marchand d’une dizaine de mètres de long. Si sa structure en bois n’a pas été conservée, sa cargaison repose encore sur le fond marin. Les archéologues ont notamment identifié trois grandes ancres en pierre et plus de 30 récipients de stockage en céramique, appelés amphores.

L’expédition, dirigée par Hakan Öniz, professeur à l’université Akdeniz et responsable de l’Association d’archéologie méditerranéenne, a estimé l’âge de l’épave grâce à l’analyse de la forme des récipients. En l’absence de bois, une datation au radiocarbone n’était pas possible. Les amphores présentent toutefois des caractéristiques – deux anses, une partie centrale saillante et un fond plat – comparables à celles d’objets d’âge connu retrouvés en Égypte et au Moyen-Orient.

Des résidus encore présents dans les amphores

Autre élément notable : certains récipients ont conservé des traces de leur contenu après des millénaires sous l’eau. Karin Sowada, archéologue à l’université Macquarie, en Australie, a examiné les amphores remontées à la surface et constaté la présence de résidus épais et brillants.

Les chercheurs tentent désormais d’en déterminer la nature. Il pourrait s’agir d’huile d’olive, de vin ou de résines végétales. Une autre hypothèse est que les récipients aient été réutilisés à plusieurs reprises, ce qui compliquerait l’identification de leur contenu initial.

Ces vestiges pourraient contribuer à une meilleure compréhension des marchandises transportées à travers la Méditerranée durant l’âge du bronze ancien, ainsi que des pratiques commerciales de cette période.

Un témoignage sur les échanges en Méditerranée

Selon les archéologues, le navire a probablement entamé son voyage quelque part sur la côte orientale de la Méditerranée. Sa destination était peut-être la région de Troie, dans le nord-ouest de l’actuelle Turquie, ou la Crète, où s’est développée la civilisation minoenne. Ces itinéraires restent des hypothèses.

La zone de Kekova est connue pour ses nombreux naufrages, favorisés par les courants et les vents. Les chercheurs y étudient depuis des années les vestiges de navires ayant sombré au fil des siècles.

L’épave est placée sous la responsabilité du ministère turc de la Culture. Les objets récupérés doivent être présentés au futur musée d’archéologie sous-marine de la Méditerranée, à Antalya, dont l’ouverture est annoncée dans les prochains mois.

Cette épave est antérieure à celle de l’île grecque de Dokos, jusqu’ici tenue pour la plus ancienne connue, datée d’environ 4 200 ans. Elle se distingue toutefois des épaves plus récentes dont la structure en bois a été préservée, comme celle découverte en mer Noire au large de la Bulgarie, qui remonte à quelque 2 400 ans.

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Libye : deux morts après des pluies torrentielles à Tripoli

Preview De violentes pluies ont provoqué des inondations à Tripoli le 13 octobre, faisant deux morts, selon les autorités et des médias locaux. Les victimes sont un employé de banque mort électrocuté et un homme retrouvé dans sa voiture submergée. Les intempéries ont également recouvert des routes et englouti de nombreux véhicules.
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Alexandre Novak : en attaquant deux raffineries russes, Kiev ne montre aucune volonté de trêve

Le vice-Premier ministre russe Alexandre Novak a accusé Kiev de ne montrer aucun signe d’ouverture à une trêve énergétique, malgré les appels de Volodymyr Zelensky à mettre le conflit en pause. Lors de la Semaine russe de l’énergie, le 14 octobre, il a dénoncé de nouvelles attaques ukrainiennes contre deux raffineries, tandis que le ministère russe de la Défense a annoncé avoir abattu 91 drones au-dessus de deux régions.

« Selon les informations du ministère de l’Énergie et des entreprises concernées, le régime de Kiev a attaqué aujourd’hui deux raffineries de pétrole, situées dans les régions de Saratov et de Riazan. Nous constatons que la partie ukrainienne ne montre aucune volonté dans la direction d’une trêve énergétique », a-t-il déclaré.

Quatre-vingt-onze drones abattus au-dessus de deux régions russes

De son côté, le ministère de la Défense a annoncé avoir abattu, au cours des 24 dernières heures, 23 drones au-dessus de la région de Riazan et 68 au-dessus de celle de Saratov. Les autorités militaires russes indiquent qu’il s’agit de la deuxième attaque la plus importante de ces derniers temps.

Une trêve énergétique évoquée par Washington

Donald Trump avait annoncé une trêve énergétique après un entretien téléphonique avec Vladimir Poutine le 10 octobre. Moscou n’a pas confirmé cette information.

Les deux présidents avaient également convenu d’un accord sur les livraisons de diesel russe, rendu possible par un assouplissement temporaire des sanctions américaines. L’objectif affiché est de faire baisser le prix mondiaux du carburant.

Trump a reproché à Zelensky de poursuivre ces frappes contre les raffineries russes malgré les demandes répétées de Washington. Il a estimé que ces frappes menaçaient l’approvisionnement mondial en diesel et pénalisaient notamment les agriculteurs américains. Trump a même demandé à l’Ukraine d’élire un nouveau président.

Néanmoins, les modalités de la trêve énergétique restent floues. Selon Axios, qui cite un responsable de la Maison Blanche, Washington envisagerait d’abord un arrêt réciproque des frappes sur les raffineries. Si cette étape aboutissait, des discussions pourraient ensuite porter sur les centrales électriques et les réseaux énergétiques ukrainiens.

Ce scénario rappelle le moratoire de 30 jours annoncé en mars 2025, à l'issue de négociations russo-américaines. Selon le ministère russe de la Défense, la Russie avait respecté ses engagements, tandis que l'Ukraine avait continué de frapper ses infrastructures énergétiques.

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RDC : la peur d’Ebola éloigne les femmes enceintes et les enfants des soins essentiels

La peur d’être contaminées par Ebola pousse des femmes enceintes à renoncer aux consultations prénatales et à accoucher à domicile dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette situation fragilise davantage un système de santé déjà confronté à des pénuries de médicaments et à une diminution des financements humanitaires, rapporte Reuters le 14 octobre.

Dans la province de l’Ituri, les décès maternels ont augmenté de près de 70 % entre mai et juillet par rapport à la même période de l’année précédente, selon des données des Nations unies citées par l’agence. Le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) fait également état d’une baisse de plus de 30 % des accouchements en milieu hospitalier et d’un recul de 50 % des prises en charge des complications obstétricales durant les trois premiers mois de l’épidémie.

À Butembo, dans l’est du pays, le personnel du centre de santé de Masiki constate une forte diminution des accouchements dans sa maternité depuis la déclaration de l’épidémie en mai. Certaines patientes craignent que les médicaments administrés dans les établissements de santé contiennent le virus Ebola. Ces craintes, alimentées par la désinformation, conduisent parfois à des retards de prise en charge aux conséquences graves, notamment en cas de paludisme ou de complications liées à la grossesse.

Les vaccinations infantiles également en recul

Les conséquences indirectes de l’épidémie touchent également les enfants. Selon l’Unicef, les vaccinations de routine ont diminué de plus de moitié dans les zones touchées par Ebola en Ituri entre avril et juin. À Mongbwalu, le nombre de premières doses de vaccin contre la rougeole a chuté de 69 %.

À l’échelle de la province, les établissements de santé ont administré 23 000 doses de vaccins de routine de moins en mai et juin qu’en avril, selon l’organisation onusienne. Les consultations pédiatriques sont également en baisse, alors que le pays fait face à des flambées récurrentes de rougeole. Le ministère congolais de la Santé a recensé 126 000 cas de rougeole depuis le début de l’année 2026.

Pour Raoul Kamadjeu, spécialiste des urgences de santé publique à l’Unicef, les conséquences d’une épidémie prolongée dépassent la seule maladie : elles concernent également la santé, la nutrition, la protection de l’enfance et la sécurité.

Certains parents redoutent qu’une consultation médicale entraîne un transfert vers un centre de traitement d’Ebola, qu’ils associent à un risque de décès. D’autres privilégient d’abord l’automédication ou les guérisseurs traditionnels, avant de se rendre à l’hôpital lorsque l’état de leur enfant s’est fortement dégradé, selon le pédiatre Mupenzi Mumbere, cité par Reuters.

Un système de santé fragilisé

L’épidémie s’ajoute aux difficultés structurelles du système sanitaire congolais, notamment dans les régions touchées par l’insécurité et la faiblesse des infrastructures. La réduction de l’aide internationale a également entraîné des pénuries de certains médicaments essentiels, compliquant la prise en charge des patients.

Selon les chiffres rapportés par Reuters, l’épidémie s’est propagée dans sept provinces, avec plus de 8 000 personnes infectées et plus de 4 000 décès. Si le rythme des contaminations a ralenti dans certaines zones, les autorités estiment que l’épidémie est encore loin d’être maîtrisée.

Au-delà de la lutte contre le virus, les organisations humanitaires doivent donc relever un autre défi : rétablir la confiance des populations envers les structures de santé afin de limiter les conséquences indirectes de l’épidémie. La poursuite des renoncements aux soins pourrait durablement affecter la santé maternelle et infantile, ainsi que la couverture vaccinale dans les régions concernées.

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Le représentant spécial de Poutine accuse les opposants à l’accord sur le diesel russe de vouloir le faire échouer

Preview Le représentant spécial du président russe Kirill Dmitriev a dénoncé les tentatives, notamment en Europe, de faire échouer l’accord prévoyant une levée temporaire des sanctions américaines sur le diesel russe. Il a indiqué que Moscou discutait aussi avec Washington d’un allègement des sanctions visant certaines entreprises russes.
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Sénégal : le FMI optimiste sur la restructuration de la dette

Le Sénégal pourrait devenir un cas de référence pour l’amélioration des mécanismes internationaux de restructuration de la dette souveraine. En marge des assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le 14 octobre à Bangkok, la directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a exprimé sa confiance dans la capacité du pays à parvenir à un accord avec ses créanciers.

La dirigeante a précisé que le FMI soutiendrait le Sénégal dans le cadre d’un accord technique portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars. Les modalités du traitement de la dette restent toutefois à négocier directement entre les autorités sénégalaises et leurs créanciers.

Selon elle, les échanges avec plusieurs créanciers importants montrent que ceux-ci reconnaissent l’importance de ce dossier pour le cadre commun du G20. L’objectif est de démontrer que les améliorations apportées à ce dispositif permettent de parvenir à des résultats plus rapides et plus efficaces.

Le cadre commun du G20, qui associe notamment des créanciers publics aux efforts de traitement de la dette des pays éligibles, a été critiqué par le passé pour la lenteur de ses procédures. Le cas sénégalais doit contribuer à mesurer l’effet des ajustements engagés au sein de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine.

Une crise de la dette aux conséquences politiques

Les négociations se déroulent dans un contexte particulièrement difficile pour les finances publiques sénégalaises. En 2024, après l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, un audit des comptes de l’État a révélé que la dette et les déficits des années antérieures avaient été largement sous-estimés par l’administration précédente. La dette publique a ensuite été réévaluée à un niveau supérieur à 100 % du produit intérieur brut, les estimations plus récentes la situant autour de 130 %.

Cette découverte a fragilisé la relation entre Dakar et le FMI, qui a suspendu les décaissements de son programme de financement de 1,8 milliard de dollars, conclu en 2023. Le gouvernement issu du parti Pastef (Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité), élu sur un discours de rupture avec l’ancien système politique, doit depuis concilier le rétablissement de la crédibilité budgétaire, le financement des dépenses publiques et ses engagements de transformation économique.

La question de la dette est ainsi devenue un enjeu central pour les nouvelles autorités, qui cherchent à assainir les comptes publics sans compromettre les perspectives de développement du pays. Un accord avec le FMI permettrait de rétablir un soutien financier multilatéral, même si les conditions précises d’un éventuel programme restent à finaliser.

Des négociations encore incertaines

L’optimisme affiché par la directrice générale du FMI ne signifie pas qu’un accord a été conclu. Le traitement de la dette dépend encore des discussions avec les créanciers, tandis que Dakar doit trouver un compromis sur les termes de la restructuration.

Le résultat sera également observé par d’autres pays confrontés à des difficultés de remboursement. Si le Sénégal parvient à conclure rapidement un accord, son expérience pourrait renforcer la crédibilité du cadre commun du G20. À l’inverse, des négociations prolongées souligneraient les limites persistantes de ces mécanismes.

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Maroc : El Mansouri obtient sa majorité, le parti d’Akhannouch écarté du gouvernement

Le 12 octobre, à Rabat, Fatima Ezzahra El Mansouri a mis fin à deux semaines de tractations : le Parti authenticité et modernité (PAM), dont elle est issue, gouvernera avec l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). L’accord, annoncé dans un communiqué commun, lui assure 207 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants. Il en fallait 198 pour disposer de la majorité absolue.

Le choix des partenaires n’allait pourtant pas de soi. Deux des trois formations qui rejoignent le PAM, l’USFP et le PPS, siégeaient jusqu’ici dans l’opposition. Avec l’Istiqlal, elles renouent avec une vieille histoire commune : celle de la Koutla, alliance qui a longtemps compté dans la vie politique marocaine. Le communiqué revendique une « proximité intellectuelle et politique » entre les quatre partis.

Akhannouch quitte la majorité

Le grand absent de cet accord est le Rassemblement national des indépendants (RNI). Son chef, Aziz Akhannouch, dirigeait le gouvernement depuis 2021, avec le PAM et l’Istiqlal comme partenaires. Arrivé deuxième aux législatives du 23 septembre avec 66 députés, le RNI ne fera donc pas partie de la nouvelle équipe.

Le PAM, vainqueur du scrutin avec 97 sièges, a préféré s’entendre avec les trois anciens partenaires de la Koutla. Selon le communiqué, les discussions ont porté autant sur le bilan de la précédente législature que sur les orientations du futur gouvernement. Les quatre partis promettent notamment de travailler sur la justice sociale, les libertés publiques et les écarts de développement entre les régions.

Une équipe à composer, un budget à présenter

Nommée le 29 septembre par le roi Mohammed VI, El Mansouri est la première femme appelée à diriger le gouvernement marocain. Ancienne ministre de l’Habitat et première femme maire de Marrakech, elle doit maintenant transformer cet accord politique en une équipe ministérielle.

Le 3 octobre, devant le Conseil national du PAM, elle avait précisé ses attentes : « Nous voulons des responsables politiques, des compétences, des personnes intègres, éthiques, porteuses de valeurs et prêtes à se sacrifier pour cette nation », avait-elle déclaré. Chaque formation proposera ses candidats, tandis que les discussions se poursuivent sur le programme commun.

La nouvelle équipe héritera de dossiers sensibles. Le chômage des jeunes, le coût de la vie et les difficultés d'accès aux soins et à l'éducation ont alimenté la contestation sociale au Maroc. L'année dernière, des manifestations de jeunes avaient notamment mis en cause les priorités budgétaires des autorités.

L’échéance du projet de loi de finances pour 2027 approche : il doit être déposé au Parlement au plus tard le 20 octobre. La nouvelle cheffe du gouvernement aura également à suivre les préparatifs de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.

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Maintenance nucléaire en France : le PNF perquisitionne des entreprises soupçonnées d’entente et de corruption

Le Parquet national financier (PNF) a confirmé, le 13 octobre, avoir mené une vaste opération dans le secteur de la maintenance des centrales nucléaires. « Plusieurs entreprises » ont été perquisitionnées dans le cadre d’investigations portant sur des soupçons de corruption en bande organisée et d’entente anticoncurrentielle « au détriment d’EDF ». Des domiciles de salariés et d’agents du groupe ont également été perquisitionnés.

Une armada policière hors norme a été déployée ce 13 octobre avec la mobilisation simultanée de la section de recherches de Grenoble, de la DGCCRF, de l’unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie ainsi que de sept sections de recherches et de cinq groupements départementaux. Cette force de frappe judiciaire d’une ampleur rare pour des délits financiers a visé plusieurs entreprises de maintenance nucléaire et des domiciles de salariés d’EDF dans le cadre d’une enquête du parquet national financier ouverte pour corruption active et passive de personne chargée d’une mission de service public en bande organisée, participation personnelle et déterminante à une pratique anticoncurrentielle, escroquerie en bande organisée et blanchiment. L’investigation porte sur les conditions d’accès à des marchés dont le coût annuel dépasse six milliards d’euros pour l’entretien des 57 réacteurs du parc français... Toucher à la fois aux sous-traitants et aux domiciles d’agents d’EDF indique que la justice soupçonne des ramifications internes au sein de l’opérateur public dans un secteur évidemment stratégique & ultra-sécurisé où une opération de cette envergure reste exceptionnelle. EDF a indiqué coopérer pleinement à l’enquête et condamner fermement tout comportement susceptible de constituer une violation de la législation.

— Jessica (@jess_he) October 13, 2026

Des marchés stratégiques sous surveillance

Les enquêteurs s’intéressent aux conditions d’accès aux marchés de maintenance des 57 réacteurs d’EDF. Selon le PNF, les investigations portent également sur une éventuelle coordination entre plusieurs acteurs du secteur. Les qualifications retenues incluent la corruption active et passive d’une personne chargée d’une mission de service public, en bande organisée, la participation à une pratique anticoncurrentielle, l’escroquerie en bande organisée et le blanchiment.

L’opération a mobilisé d’importants moyens : la section de recherches de Grenoble, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), l’unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie, sept sections de recherches et cinq groupements départementaux. EDF a indiqué coopérer pleinement à l’enquête et « condamner fermement tout comportement ou agissement susceptible de constituer une violation de la législation ».

La maintenance représente un enjeu majeur : la Cour des comptes estimait à 6,4 milliards d’euros les dépenses d’EDF en 2025 pour l’entretien de son parc, notamment dans le cadre du prolongement de la durée de vie des centrales. En 2023, l’Autorité de la concurrence avait déjà sanctionné six entreprises pour des pratiques d’entente sur des sites nucléaires, dans un dossier distinct.

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Niger : la France expulse un officier paraplégique qui a combattu à ses côtés, Niamey dénonce «l’ingratitude»

Le ministre nigérien de la Justice et des Droits de l’homme Alio Daouda a vivement dénoncé, le 13 octobre, l’expulsion de deux agents de l’ambassade du Niger à Paris. Dans une déclaration diffusée par la télévision publique nigérienne, il a qualifié la décision française d’« acte d’ingratitude grave et inacceptable ».

Blessé aux côtés des Français, expulsé avec sa famille

L’un des agents nigériens expulsés par la France avait participé à des combats au Niger dans le cadre d’une opération menée par Paris. Le ministre a particulièrement insisté sur le cas de cet homme, Abdoul-Razak Ibrahim Moussa Toro.

Le 30 juillet 2014, il participait à une mission dans la région de Diffa, au sud-est du Niger. Grièvement atteint à la colonne vertébrale, il est devenu paraplégique. Il avait alors été évacué en France pour être soigné. Douze ans plus tard, Paris exigeait son départ.

« Peut-on chasser un homme blessé, mutilé et rendu inapte au service d’une coopération que l’on a soi-même voulue, ordonnée et payée ? », s’est indigné le ministre.

Aujourd’hui, l’expulsion d’un ancien partenaire militaire, blessé lors d’une mission commune, est devenue pour Niamey le symbole du traitement réservé par Paris à ceux qui l’ont servie. Le ministre l’a résumé sans détour : « Voilà comment la France remercie ceux qui ont servi à ses côtés. Elle sollicite les hommes, elle les engage et les finance. Puis lorsqu’ils tombent, elle les met à la porte avec leur famille quitte à devancer ses propres tribunaux. »

Les deux agents avaient été déclarés persona non grata le 16 septembre. Trois jours plus tard, ils quittaient la France. Pour l’un d’eux, ce départ forcé s’est fait en famille, enfants compris, malgré une procédure engagée devant la justice.

Le 25 septembre, soit six jours après leur départ, le tribunal administratif de Versailles a annulé l’obligation de quitter le territoire français qui lui avait été délivrée, a précisé le ministre. « Peut-on invoquer partout les droits de l’homme et l’État de droit, puis expulser un homme pour échapper au jugement de ses propres juges ? », a-t-il demandé. Le Quai d’Orsay n’a pas commenté l’affaire.

La rupture entre Paris et Niamey se creuse

Les relations entre les deux pays se sont profondément dégradées depuis 2023. Niamey a dénoncé les accords militaires conclus avec l’ancienne puissance coloniale et obtenu le départ des soldats français. En décembre de la même année, Paris fermait son ambassade au Niger, tandis que celle du Niger restait ouverte en France.

Les griefs se sont accumulés depuis. Dans la nuit du 28 au 29 août, une mutinerie a éclaté autour de la base 101 et de plusieurs sites stratégiques de Niamey, avant d’être progressivement contenue par les forces nigériennes et leurs alliés. Le pouvoir d’Emmanuel Macron a été accusé de l’avoir soutenue.

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Marine Le Pen veut réduire de 11 milliards d’euros la contribution française à l’UE

Preview Face à une dette publique qu’elle qualifie de «gigantesque», Marine Le Pen veut réduire de 11 milliards d’euros la contribution de la France au budget de l’Union européenne. Dans un entretien accordé au Financial Times le 14 octobre, elle se dit prête à engager un bras de fer avec Bruxelles pour obtenir cette baisse de près d’un tiers.
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Attaque contre un site d’Aramco à Dhahran, en Arabie saoudite

Preview Un site administratif de Saudi Aramco à Dhahran, dans l’est de l’Arabie saoudite, a été touché dans la soirée du 13 octobre par une attaque attribuée aux Houthis, provoquant un incendie limité sans faire de victime, a indiqué le ministère de l’Énergie. Les circonstances exactes de l’attaque n’ont pas été précisées.
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Couvre-feu partiel à Maurice après des violences

Preview Un couvre-feu de 20h30 à 6h a été décrété le 13 octobre dans dix régions de Maurice, après des actes de vandalisme liés à une bavure policière présumée. Les autorités évoquent des actions coordonnées et de possibles liens avec le trafic de drogue.
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Égypte : une ligne ferroviaire à grande vitesse pour contourner les blocages du canal de Suez

Le canal de Suez, par lequel transite environ 12 % du commerce maritime mondial, constitue depuis plus d’un siècle un axe stratégique pour l’économie égyptienne. Mais les perturbations sécuritaires en mer Rouge ont mis en évidence la vulnérabilité de cette voie commerciale, contraignant certains navires à contourner l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance et affectant les recettes de transit du pays.

Pour réduire sa dépendance à cette route maritime, Le Caire mise sur le développement de son réseau ferroviaire. Au cœur de cette stratégie figure un réseau électrifié à grande vitesse de 2 000 kilomètres, dont le contrat avec Siemens atteint 8,7 milliards de dollars. Présenté comme un « canal de Suez sur rails », le projet doit relier les ports de la mer Rouge aux terminaux d’exportation de la Méditerranée.

Une fois pleinement opérationnelle, l’infrastructure devrait transporter jusqu’à 13 millions de tonnes de marchandises par an. Elle permettra d’acheminer des cargaisons à travers le territoire égyptien et d’offrir un relais au transport maritime, notamment en cas d’interruption des routes commerciales.

Le ministre égyptien de la Planification et du Développement économique Ahmed Rostom a souligné les investissements réalisés dans les routes, les ports et les chemins de fer pour offrir davantage d’options aux partenaires commerciaux du pays. Les marchandises pourront ainsi transiter par le canal ou emprunter le réseau terrestre pour rejoindre la Méditerranée et accéder aux marchés européens, a-t-il expliqué.

La zone économique du canal au centre du dispositif

Le projet s’inscrit dans une stratégie logistique plus large, articulée autour de la zone économique du canal de Suez, qui aurait attiré près de 16 milliards de dollars d’investissements. Les autorités égyptiennes entendent également développer des plateformes logistiques en partenariat avec le secteur privé afin de faciliter le stockage, le transfert et la distribution des marchandises.

Au-delà de la sécurisation des échanges, Le Caire présente ces infrastructures comme un levier potentiel d’intégration commerciale sur le continent. Dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), les liaisons terrestres pourraient contribuer à connecter les ports nord-africains à des corridors commerciaux desservant l’Afrique de l’Est et l’Afrique subsaharienne.

L’objectif affiché est de renforcer la capacité de l’Égypte à relier les marchés africains, méditerranéens et européens. Le réseau ferroviaire ne remplace toutefois pas le canal de Suez : il constitue une voie terrestre complémentaire destinée à diversifier les itinéraires de transport et à limiter les conséquences d’éventuelles perturbations maritimes.

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Coup de tonnerre à Kiev : SpaceX bride Starlink, Zelensky critique encore le manque de soutien occidental

Le 14 octobre, Sergueï Beskrestnov, conseiller de Volodymyr Zelensky pour les technologies militaires, a confirmé que SpaceX avait limité le fonctionnement des terminaux Starlink utilisés par les forces ukrainiennes. Entrée en vigueur dans la nuit du 13 au 14 octobre, la restriction concerne le service militaire Starshield, dont la connexion est désormais coupée lorsque les équipements se déplacent à plus de 160 km/h.

« Nos forces de défense n’ont pas été averties de cette limitation, ce qui a entraîné l’échec de plusieurs missions », affirme-t-il. Il estime également que la décision de l’entreprise d’Elon Musk n’a rien d’une coïncidence et la rattache à la situation politique actuelle, sans apporter de précisions sur ses motivations.

Zelensky se plaint à nouveau du manque d’informations de ses alliés

Les restrictions de Starlink ne sont pas la seule mauvaise surprise pour Kiev. Le 13 octobre, Zelensky a déploré de ne pas avoir été averti par ses partenaires occidentaux de nouveaux tirs de missiles balistiques russes. C’est la deuxième fois en deux jours qu’il dénonce une absence de renseignements préalables.

La question du partage des informations militaires est devenue un sujet de tension entre Washington et Kiev. Zelensky affirme que des généraux ukrainiens ont été menacés d’une interruption de cette coopération. Ancien humoriste, il n’est pas surprenant qu’il y ait des incohérences dans son récit. Il déplore le manque d’informations de ses partenaires occidentaux, même si « les États-Unis continuent pour l’instant de transmettre leurs renseignements ».

L’armée russe frappe huit installations énergétiques et de communication

Dans la nuit du 13 au 14 octobre, les forces russes ont frappé huit installations en Ukraine, dont plusieurs centrales électriques alimentant des infrastructures militaires. À Kiev, les frappes ont notamment touché le centre de données ATM Ukrsibbank, utilisé pour la collecte de renseignements sur les forces russes, ainsi que les centrales TEC-4 et TEC-5, qui fournissaient de l’électricité aux entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien.

Dans la région de Kiev, l’armée russe a également atteint la centrale TEC-6, liée à l’approvisionnement d’installations logistiques militaires, la centrale thermique de Trypillia et la sous-station électrique Kievskaia. Cette dernière assurait notamment le transfert d’électricité depuis l’ouest du pays vers des installations des forces ukrainiennes. Deux autres centrales ont été frappées dans la région de Kharkov.

La Russie a parallèlement fait face à une nouvelle attaque massive de drones ukrainiens. Entre 20h le 13 octobre et 8h le lendemain, les défenses antiaériennes russes ont détruit 902 appareils, a annoncé le ministère russe de la Défense. Les interceptions ont concerné une vingtaine de régions, dont celle de Moscou.

La veille, 604 drones ukrainiens avaient déjà été abattus, dont 417 dirigés vers la région de Moscou. En deux nuits, la défense antiaérienne russe a ainsi neutralisé plus de 1 500 appareils ukrainiens.

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Algérie : la peine de mort rétablie pour certains crimes

Preview La loi algérienne rétablissant la peine de mort pour certains crimes est entrée en vigueur le 13 octobre, après sa publication au Journal officiel. Cette peine est prévue pour l’enlèvement d’enfants accompagné de torture ou d’agression sexuelle, ainsi que pour certains incendies volontaires et leur financement ou leur organisation.
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Le poids écrasant des retraites des fonctionnaires dans le budget de l’État enfin dévoilé

La publication inédite de la part des pensions des fonctionnaires retraités, annoncée dès le mois de mai par le ministre des Comptes publics David Amiel, figure dans une annexe au projet de loi de finances pour 2027. Elle vise à distinguer clairement les dépenses de fonctionnement du service public actuel de celles liées aux pensions des anciens agents, qui n’apparaissent pas dans les comptes de la Sécurité sociale.

Un tiers du budget de l’Éducation nationale absorbé par les pensions

Les données sont sans appel. Sur les 89,1 milliards d’euros de crédits prévus en 2027 pour l’Éducation nationale, 28,5 milliards, soit 32 %, seront versés au compte d’affectation spéciale Pensions.

Au ministère de l’Intérieur, la proportion atteint 30 %. En moyenne, les retraites représentent 13 % des budgets ministériels.

Ces montants, qui totalisent environ 60 milliards d’euros, placent le financement des pensions des agents publics parmi les plus lourdes charges de l’État. L’économiste Maxime Sbaihi a réagi, évoquant une publication historique et précisant : « Attention, ça pique : 32 % du budget de l’Éducation nationale et 30 % du budget de l’Intérieur part en réalité dans… les retraites. »

C'est HISTORIQUE: Bercy publie pour la 1ère fois le poids réel des pensions dans le budget de chaque ministère. Attention, ça pique: 32% du budget de l’Éducation nationale et 30% du budget de l'Intérieur part en réalité dans... les retraites Tous les ministères sont concernés⤵️ https://t.co/INovEVpjx5

— Maxime Sbaihi (@MxSba) October 13, 2026

Il souligne par ailleurs que cela représente plus de 11 % du budget de l’État central. La Cour des comptes évoquait pour sa part des pensions des agents de l'État qui pèsent 65 milliards d'euros par an.

Ce poids s’explique par un déséquilibre démographique marqué : moins d’un cotisant par retraité dans la fonction publique d’État, contre 1,5 dans le privé. L’État cotise à hauteur de 82,28 % du salaire des fonctionnaires civils et de 126,07 % pour les militaires, loin des 17 % du secteur privé.

La Cour a toutefois rappelé qu'à rémunération égale, le régime n’est pas plus avantageux. Le document budgétaire insiste : considérer le contraire constituerait « une lecture erronée à éviter ». Les critiques fusent pour autant et l’essayiste Joan Larroumec fustige une manipulation : « pour ne pas faire apparaître l’immense déficit des retraites, on impute des cotisations sociales allant jusqu’à 80 % du salaire des fonctionnaires. Ce qui gonfle tous les budgets. Ainsi non seulement on empêche de prendre conscience d’à quel point le système est déficitaire, que la retraite des fonctionnaires est sur le point de devenir le premier budget de dépense de l’état, mais aussi on fausse toutes les comparaisons internationales ».

Petite bombe de l’IGF qui révèle une mascarade inconnue du grand public et qui explique pourquoi on a l’impression que l’état est à poil sur toutes ses dépenses régaliennes et éducatives, alors qu’elle n’apparaît pas si mauvaise en comparisons internationales et que les milliards semblent bien là. Le secret : pour ne pas faire apparaître l’immense déficit des retraites, on impute des cotisations sociales allant jusqu’à 80% du salaire des fonctionnaires. Ce qui gonfle tous les budgets. Ainsi non seulement on empêche de prendre conscience d’à quel point le système est déficitaire, que la retraite des fonctionnaires est sur le point de devenir le premier budget de dépense de l’état, mais aussi on fausse toutes les comparaisons internationales. En réalité sur le régalien la France est proche du bas de classement, parce qu’elle crame tout son argent en retraites. J’ai fait quelques graphes pour expliciter.

— Joan Larroumec (@larroumecj) October 13, 2026

Cette clarification survient alors que le gouvernement cherche 5,5 milliards d’euros d’économies sur les retraités dans le budget 2027, via une sous-indexation partielle des pensions et un abaissement du plafond de l’abattement fiscal.

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