❌

Reading view

France : 174 réalisateurs dénoncent le projet de budget 2027 et ses conséquences sur l'industrie du cinéma

Dans une tribune publiée le 14 octobre par Le Monde, 174 cinéastes français et francophones ont appelé les députés à s’opposer à plusieurs mesures du projet de budget 2027. Parmi les signataires figurent Jacques Audiard, Justine Triet, Claire Denis, Costa-Gavras et les frères Dardenne. Selon eux, les dispositions envisagées pourraient empêcher la réalisation de 80 films chaque année.

Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement français cherche à réduire les dépenses publiques. Les professionnels redoutent notamment une remise en cause du système de financement du cinéma, qui repose sur les contributions des salles, des chaînes de télévision et des plateformes, notamment par l’intermédiaire du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC).

Leurs inquiétudes portent sur trois mesures : une nouvelle baisse de 47 millions d’euros du budget de France Télévisions, le doublement de la TVA sur les offres de télévision payante, qui passerait de 10 % à 20 %, et un éventuel prélèvement de l’État sur les ressources du CNC. Cette dernière mesure pourrait être proposée par le rapporteur du budget sous forme d’amendement.

Des conséquences économiques redoutées

La hausse de TVA toucherait particulièrement Canal+, l’un des principaux financeurs du cinéma français. Son dirigeant, Maxime Saada, estime qu’elle entraînerait un manque à gagner annuel de 200 millions d’euros.

Elle remettrait également en cause l’accord signé le 28 juillet, par lequel Canal+ s’est engagé à investir près d’un milliard d’euros sur cinq ans dans le cinéma français et européen. Selon les signataires, la remise en cause de cet accord entraînerait une perte de 750 millions d’euros pour la création cinématographique entre 2028 et 2032. Au total, 400 films pourraient ne jamais voir le jour sur cette période.

Ces risques concernent une industrie qui représente, selon la tribune, 260 000 emplois directs et indirects. Les cinéastes craignent que les restrictions budgétaires n’affectent durablement la production nationale et les entreprises qui en dépendent.

Leurs inquiétudes s’inscrivent dans un contexte de réduction des dépenses publiques. Le gouvernement français vise 54 milliards d’euros d’économies afin de ramener le déficit à 5 % du PIB.

Les cinéastes interpellent le Parlement

Face à ces menaces, les signataires appellent les députés à protéger les ressources du CNC, à préserver le financement de l’audiovisuel public et à maintenir une TVA réduite. Ils réclament également une loi consacrée au cinéma pour encadrer l’usage de l’intelligence artificielle et pérenniser la chronologie des médias, qui fixe les délais de diffusion des films après leur sortie en salle.

Le sort de la hausse de TVA reste toutefois incertain. Le 9 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté des amendements visant à la supprimer. Ce vote ne constitue cependant pas une décision définitive, le projet de budget restant soumis à l’examen parlementaire.

Dans leur tribune, les cinéastes mettent ainsi en garde contre des choix budgétaires susceptibles d’affaiblir durablement la production française, alors que les autorités du pays mettent en avant la défense de la souveraineté culturelle.

  •  

Cisjordanie occupée : des colons israéliens agressent un maire français et attaquent une délégation diplomatique européenne

Preview En Cisjordanie occupée, des colons israéliens masqués ont attaqué ce 17 octobre une délégation européenne à Taybeh et roué de coups Bernard Baudoux, un maire français de 78 ans. La Belgique dénonce cette agression visant aussi des Palestiniens et des diplomates. Cette attaque illustre la violence quotidienne des colons dans ce territoire occupé.
  •  

Un simple bol de bortsch met le feu aux réseaux sociaux à Paris

Le propriétaire d’un restaurant de pelmenis à Paris, Olivier Bardou, a dénoncé ce 17 octobre une série d’avis négatifs publiés sur internet par des clients ukrainiens. Selon lui, ces commentaires sont notamment motivés par la présence de bortsch, une soupe traditionnelle à base de betterave, parmi les spécialités russes et postsoviétiques proposées dans son établissement.

Ouvert en juin 2025, le restaurant met à l’honneur plusieurs plats populaires en Russie et dans les pays de l’ex-URSS. Son menu comprend notamment des pelmenis et des varenikis, deux types de raviolis farcis, ainsi que la salade Olivier et le vinegret, une salade de légumes à base de betterave. Une inscription en russe figure sur la porte d’entrée, tandis que les gobelets sont décorés d’un ours.

Le restaurateur déplore particulièrement le fait que certains internautes s’en prennent à son établissement sans même avoir goûté sa cuisine.

« Certaines personnes qui ne sont même jamais venues dans mon restaurant se permettent de dénigrer mon travail dans les avis publiés en ligne. Il n’est pas difficile de deviner leur origine », a-t-il déclaré.

Le restaurateur refuse de mêler cuisine et politique

Face à ces critiques, Olivier Bardou défend son initiative et assure ne nourrir aucune rancœur envers leurs auteurs. Son objectif, souligne-t-il, est de faire découvrir au public parisien les traditions gastronomiques d’Europe de l’Est, notamment les spécialités largement appréciées en Russie, sans leur attribuer de signification politique.

« Je ne leur en veux absolument pas. Mais s’ils prenaient seulement la peine de venir me parler, ils comprendraient que mon activité n’est absolument pas politisée », a-t-il expliqué.

Plutôt que de poursuivre la controverse en ligne, le restaurateur invite les internautes mécontents à venir découvrir ses plats et à discuter directement avec lui. Il maintient ainsi sa volonté de promouvoir cette gastronomie, indépendamment des tensions politiques.

Le bortsch, un plat profondément ancré dans la tradition russe

L’affaire remet en lumière la place du bortsch dans les traditions culinaires russes. Consommée depuis des générations en Russie et dans plusieurs pays de l’espace postsoviétique, cette soupe à base de betterave fait partie des plats emblématiques de la région, dont les origines continuent de susciter des débats.

En 2022, l’UNESCO a inscrit la culture de préparation du bortsch ukrainien sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Les experts de l’organisation avaient néanmoins rappelé que le bortsch était également répandu dans d’autres pays de la région. Cette reconnaissance ne confère donc pas à l’Ukraine de droits exclusifs sur ce plat, qui occupe également une place importante dans la gastronomie russe.

Cette décision avait notamment fait réagir Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Pour défendre les racines historiques russes du bortsch, elle s’était référée aux récits du marchand Martin Gruneweg, datant de plusieurs siècles. Selon ces écrits, le bortsch était consommé par les habitants russes de Kiev. La diplomate russe avait ainsi rappelé l’ancienneté de cette tradition culinaire, dont l’histoire dépasse les frontières nationales actuelles.

  •  

Nigeria : les familles des victimes du crash militaire réclament des réponses, les enquêtes se multiplient

Les proches des victimes du crash d’un avion de l’armée de l’air nigériane (NAF) dénoncent le manque d’informations sur les circonstances de l’accident et la récupération des dépouilles. Le 5 octobre, un ATR-42 militaire reliant Benin City à Lagos s’était écrasé dans une zone marécageuse d’Igbokoda, dans l’État d’Ondo, faisant 25 morts, dont 19 militaires et six civils.

Plusieurs familles endeuillées affirment n’avoir reçu que peu d’informations des autorités. Le frère d’une militaire décédée dans le crash raconte que sa sœur avait envisagé de poursuivre son trajet en bus après un arrêt de l’appareil à Benin City, qu’elle attribuait à un problème technique. Une autre famille affirme n’avoir été contactée par aucun représentant de l’armée. De son côté, la NAF assure poursuivre les recherches et s’engage à soutenir les proches des victimes.

Des enquêtes sur les causes du crash et l’entretien des avions

Le président Bola Tinubu a ordonné une enquête sur l’accident. L’armée de l’air a mis en place une commission de douze membres chargée d’examiner les circonstances du crash, notamment les facteurs techniques, humains et organisationnels. Elle souligne qu’aucune conclusion ne peut être tirée avant la fin des investigations.

Le Sénat et la Chambre des représentants ont également décidé d’enquêter sur l’entretien de la flotte militaire. Les parlementaires demandent un audit des appareils, un examen des budgets de maintenance et davantage de moyens pour remplacer les avions vieillissants. Le Sénat réclame aussi la publication des conclusions de l’enquête.

Ces investigations interviennent après une série d’accidents impliquant l’aviation militaire nigériane. Au moins neuf accidents d’appareils de la NAF avaient fait plus de 30 morts au cours des cinq années précédant cette catastrophe.

Des inquiétudes sanitaires à Igbokoda

Sur les lieux du crash, les habitants redoutent les conséquences environnementales de l’accident. Le chef d’Igbokoda, Afolabi Odidiomo, signale des odeurs nauséabondes, des restes humains flottant dans l’eau et des traces de carburant près de l’épave.

Il demande aux autorités d’accélérer la récupération des dépouilles, de nettoyer la zone et de fournir de l’eau potable à la population. Le commissaire à l’Environnement de l’État d’Ondo, Tob Loko, reconnaît l’existence d’une pollution et indique qu’une évaluation des risques sanitaires est en cours. Il précise toutefois que les habitants disposent de forages et conteste les affirmations selon lesquelles ils seraient privés d’eau potable.

  •  

ONU : Macky Sall retire sa candidature au poste de secrétaire général

Preview Macky Sall a retiré le 17 octobre sa candidature au poste de secrétaire général de l’ONU, espérant favoriser l’émergence d’une candidature consensuelle. Cette décision intervient après un vote indicatif au Conseil de sécurité, au cours duquel les sept candidats en lice ont essuyé au moins un avis défavorable d’un membre permanent.
  •  

Égypte : al-Sissi affirme qu’il quittera le pouvoir en 2030

Preview Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a affirmé le 17 octobre que son mandat prendrait fin en 2030 et exclut toute modification de la Constitution. Réélu en décembre 2023 pour six ans, il peut rester au pouvoir jusqu’en 2030 grâce aux amendements constitutionnels adoptés en 2019.
  •  

Tunisie : inauguration d’un patrouilleur militaire entièrement construit localement

Preview La Tunisie a inauguré à Bizerte un nouveau patrouilleur militaire, Le Kairouan, long de 52 mètres, conçu et construit par des compétences tunisiennes. Présidant la cérémonie à l’occasion du 63e anniversaire de la fête de l’Évacuation, Kaïs Saïed a annoncé vouloir lancer d’autres projets navals et accélérer leur réalisation.
  •  

Maroc : Amnesty International dénonce un système de surveillance visant les défenseurs des droits humains

Amnesty International dénonce l’existence d’un vaste système de surveillance au Maroc, destiné, selon l’organisation, à harceler, discréditer et réduire au silence les défenseurs des droits humains et les journalistes critiques du pouvoir. Dans un rapport intitulé « On commence par le verdict », l’ONG décrit les méthodes attribuées à la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), les services de renseignement intérieur marocains, et le rôle d’entreprises privées dans la fourniture des technologies utilisées.

Le document s’appuie notamment sur des témoignages d’anciens membres des services de renseignement, des documents internes divulgués et des enquêtes journalistiques. Selon Amnesty International, les opérations décrites associent des logiciels espions comme Pegasus, des interceptions de communications, le suivi des déplacements, des enregistrements clandestins et le recours à des informateurs.

L’organisation affirme que ces pratiques ne se limitent pas à la collecte de données, mais servent également à alimenter des campagnes de dénigrement dans des médias proches du pouvoir et sur les réseaux sociaux. Des informations privées, parfois intimes, seraient utilisées pour porter atteinte à la réputation des personnes ciblées et dissuader d’autres voix critiques de s’exprimer.

Pegasus et plusieurs entreprises de surveillance cités

Le rapport revient notamment sur le cas de Maâti Monjib, historien et défenseur des droits humains, présenté comme l’une des premières cibles de Pegasus au Maroc en 2017. Amnesty affirme que les autorités marocaines ont utilisé ce logiciel espion entre 2017 et 2021, voire au-delà, malgré leurs démentis.

L’ONG cite également plusieurs entreprises fournissant des technologies de surveillance, notamment la firme israélienne NSO Group, qui développe Pegasus, l’italienne Hacking Team, l’entreprise française Amesys et une société israélienne, Cellebrite. Le rapport évoque aussi des outils permettant l’interception de communications à grande échelle et le suivi des téléphones mobiles.

Amnesty estime qu'est ainsi instaurée une combinaison faite de surveillance, harcèlement judiciaire et campagnes de dénigrement portant atteinte à la vie privée, à la liberté d’expression et à la liberté d’association. L’organisation souligne également les conséquences de cses pratiques sur les familles et les réseaux professionnels des personnes visées.

Appels à des enquêtes indépendantes

L’ONG demande aux autorités marocaines de mettre fin à la surveillance des journalistes et des défenseurs des droits humains, de mener des enquêtes indépendantes sur les abus présumés et de garantir des recours aux victimes.

Elle appelle également à réformer le cadre juridique encadrant la surveillance et recommande aux États ainsi qu’aux entreprises concernées de suspendre certaines ventes et transferts de technologies tant que des garanties suffisantes contre les violations des droits humains ne sont pas établies.

Selon ce rapport, Amnesty International avait transmis ses conclusions aux autorités marocaines avant sa publication et les avait invitées à répondre. L’organisation indique n’avoir reçu aucune réponse.

  •  

États-Unis : la nouvelle porte-parole de Trump quitte déjà la Maison Blanche cinq jours après sa nomination

Cinq jours seulement après sa prise de fonctions, la porte-parole de la Maison Blanche, Katie Zacharia, a quitté son poste le 16 octobre. L'administration de Donald Trump a confirmé son départ, annonçant qu'elle devrait occuper un autre poste, encore non précisé. Aucun successeur n'a été désigné.

Choisie pour remplacer Karoline Leavitt, partie en août, Katie Zacharia était connue comme commentatrice conservatrice sur Fox News et Newsmax. Elle avait aussi travaillé comme conseillère en communication chez Trump Media & Technology Group, propriétaire du réseau Truth Social.

Dès le 13 octobre, son premier briefing a toutefois suscité des critiques. En 14 minutes, dont environ cinq consacrées aux questions, elle n'a donné la parole qu'à trois journalistes, de Breitbart, de Fox News et du Daily Mail. Elle a notamment annoncé que Donald Trump avait demandé la démission de Kimberly Guilfoyle, ambassadrice américaine en Grèce.

Cette intervention restera la seule de son mandat. Face aux critiques, Katie Zacharia a expliqué avoir reçu ses derniers documents moins de deux heures avant le briefing, après une nomination organisée dans l'urgence.

Des qualifications juridiques au cœur de la polémique

À cette prestation contestée s'est ajoutée une polémique sur ses qualifications juridiques, Katie Zacharia ayant échoué à l'examen du barreau de Californie, alors qu'elle se présentait publiquement comme avocate.

Diplômée de l'université Pepperdine en 2011, elle a reconnu cet échec, expliquant que le résultat lui importait peu puisqu'elle s'apprêtait à rejoindre son mari en Chine. Elle ne disposait d'aucune licence l'autorisant à exercer le droit aux États-Unis.

Si une telle licence n'est pas nécessaire pour être porte-parole, l'utilisation du titre d'avocate a soulevé des questions. L'organisation Campaign for Accountability a ainsi déposé une plainte auprès du barreau californien pour demander un examen de sa situation.

Les critiques sont venues jusque des médias proches de Donald Trump. Le présentateur de Fox News et allié du président, Sean Hannity, a interrogé Katie Zacharia avec insistance sur son briefing et ses qualifications. Même sur une chaîne habituellement favorable à la Maison Blanche, les explications de la nouvelle porte-parole n'ont donc pas échappé aux questions embarrassantes.

Du soutien enthousiaste au départ express

Le directeur de la communication de la Maison Blanche, Steven Cheung, promettait pourtant à Katie Zacharia une place parmi les grandes figures de la communication de l'administration Trump. Deux jours plus tard, son passage à ce poste prenait déjà fin.

Donald Trump a lui-même laissé entendre le 16 octobre que cette fonction ne convenait peut-être pas à sa porte-parole. Il lui avait conseillé de « reconsidérer » sa décision, tout en dénonçant le traitement particulièrement sévère que les médias lui avaient, selon lui, réservé.

Après la confirmation de son départ, Katie Zacharia a néanmoins rendu un hommage appuyé au président américain sur X, le décrivant comme un homme « gentil, merveilleux, généreux, attentionné, enthousiaste et travailleur ».

Avec cinq jours en poste, elle établit le record du mandat le plus court pour une porte-parole de la Maison Blanche. Même Anthony Scaramucci, ancien directeur de la communication de Donald Trump, avait tenu plus longtemps, avec 11 jours en fonction en 2017. « Les records sont faits pour être battus. Mais je ne prends aucun plaisir à la souffrance des autres », a-t-il ironisé sur X.

Ce départ intervient à moins de trois semaines des élections de mi-mandat, alors que Donald Trump a lui-même déploré les difficultés de communication de son administration. Malgré cette nouvelle vacance à un poste clé, le président américain ne serait toujours pas pressé de désigner une remplaçante.

  •  

Trump affirme se maquiller lui-même pour ne pas «ressembler à un mort»

Preview Le président américain a confié lors d’un rassemblement qu’il appliquait lui-même du maquillage pour ne pas «ressembler à un mort». Cette déclaration est intervenue alors qu’il ironisait sur les dépenses du sénateur démocrate Jon Ossoff en services de maquillage. Il a assuré n’utiliser, pour sa part, qu’une petite quantité de produits cosmétiques.
  •  

Trump suspend l’application de la loi du Congrès américain prévoyant de nouvelles sanctions contre la Russie

Le président américain Donald Trump a signé, le 16 octobre, un décret suspendant l’application de nouvelles sanctions contre la Russie, dont l’entrée en vigueur était prévue le 18 octobre. Ces mesures figuraient dans une loi adoptée en septembre, destinée à renforcer la pression économique sur Moscou et ses partenaires commerciaux.

Surnommée « loi Graham », cette législation prévoyait notamment des droits de douane pouvant atteindre 500 % sur les produits russes importés aux États-Unis. Elle autorisait également des taxes supplémentaires allant jusqu’à 100 % sur les marchandises provenant des cinq principaux pays acheteurs de pétrole et de gaz russes, en cas de nouveaux achats d’énergie russe visés par la loi.

Le décret suspend aussi des sanctions visant des responsables russes, des banques, des entreprises publiques et d’autres organisations. La loi prévoyait par ailleurs des restrictions sur les nouveaux investissements américains en Russie ainsi que des mesures concernant les importations d’uranium russe.

Les intérêts américains au cœur de la décision

Donald Trump a justifié cette suspension par les intérêts nationaux des États-Unis. En s’appuyant sur une disposition de la loi autorisant des dérogations, il a informé le Congrès que la non-application de ces mesures répondait, dans les circonstances actuelles, aux intérêts américains.

Washington écarte ainsi, pour le moment, un nouveau durcissement des restrictions contre la Russie et ses partenaires commerciaux. Les sanctions américaines déjà en vigueur restent toutefois applicables. Aucune date d’expiration n’a été fixée pour cette suspension, qui pourra être réexaminée par le président américain ou le secrétaire d’État Marco Rubio, après consultation des responsables compétents.

Moscou souligne les risques évités pour l’économie mondiale

La décision de Washington a été saluée par Kirill Dmitriev, représentant spécial du président russe pour la coopération économique internationale et directeur du Fonds russe d’investissement direct. Il l’a qualifiée de « moment important et véritablement historique ».

Selon lui, les sanctions envisagées auraient pu pratiquement mettre fin à la coopération économique entre la Russie et les États-Unis, tout en causant de graves dommages, avant tout, à l’économie américaine ainsi qu'aux marchés mondiaux.

Kirill Dmitriev a souligné que la coopération entre Moscou et Washington répond aux intérêts des deux pays. Il estime que son développement peut contribuer à la stabilité de l’économie mondiale, renforcer la confiance mutuelle et favoriser l’établissement d’une paix durable.

« Au lieu des sanctions et de la confrontation, le dialogue, une coopération mutuellement avantageuse et une responsabilité commune pour la stabilité mondiale », a-t-il déclaré.

  •  

Sénégal : à Dakar, une marche contre les féminicides après la mort d’une femme attaquée à l’acide

Plus de 200 personnes ont marché le 16 octobre dans le quartier de Grand Dakar, dans la capitale sénégalaise, pour dénoncer les féminicides et réclamer justice pour Astou Pierre, une femme de 40 ans décédée des suites d’une attaque à l’acide attribuée à son ex-compagnon.

Rassemblés à l’initiative du collectif « Justice pour Astou Pierre », les manifestants ont rejoint la préfecture de Grand Dakar pour demander aux autorités de retrouver le suspect, toujours en fuite, et de faire avancer l’enquête.

L’agression remonte à la fin du mois de juin. Aspergée d’acide par son ancien compagnon, Astou Pierre a passé plusieurs semaines à l’hôpital, dont 21 jours en réanimation et 47 jours en soins intensifs, avant de succomber à ses blessures le 1er octobre. Elle laisse derrière elle une fille.

« Nous exigeons que toute la lumière soit faite et que justice soit rendue », a déclaré le frère de la victime lors de la mobilisation. La famille a porté plainte, mais aucune arrestation n’avait été annoncée près de quatre mois après les faits.

La peur face aux violences faites aux femmes

La marche a également permis à des proches, des voisins et des habitantes du quartier d’exprimer leur inquiétude face aux violences faites aux femmes et au sentiment d’impunité qu’ils dénoncent.

« Ce qui se passe au Sénégal nous fait peur, nous les femmes », a déclaré Aïcha Goudiaby, vêtue d’un tee-shirt portant le portrait de la victime et la mention « Une vie brisée par la violence ». Elle a déploré l’absence d’arrestation malgré les annonces répétées d’une enquête en cours.

Diodio Fall, 19 ans, a pour sa part évoqué le sentiment d’insécurité ressenti par certaines femmes et dénoncé le manque de considération dont leurs plaintes feraient l’objet.

Pour Ababacar Saddikh, à l’origine du collectif « Justice pour Astou Pierre », la mobilisation doit aussi contribuer à briser le silence entourant les violences conjugales. Il a notamment dénoncé le poids du « soutoureu », une norme sociale qui encourage à préserver les affaires familiales de l’exposition publique.

Un appel à inscrire le féminicide dans le Code pénal

Devant la préfecture de Grand Dakar, les manifestants ont demandé aux forces de l’ordre d’intensifier les recherches pour retrouver le suspect et appelé la justice à faire avancer le dossier.

Le collectif réclame également l’inscription du féminicide dans le Code pénal sénégalais, afin de renforcer la reconnaissance de ces crimes et la lutte contre les violences faites aux femmes. Le mouvement exige cette des suites judiciaires mais veut également contribuer à une prise de conscience plus large sur la protection des femmes au Sénégal.

  •  

Israël : des réseaux publicitaires détournés pour espionner des centaines de millions d’internautes

Une entreprise israélienne spécialisée dans la publicité numérique aurait utilisé un vaste réseau de publicités en ligne pour surveiller des internautes et faciliter le piratage de leurs appareils, selon deux enquêtes publiées le 15 octobre par le Citizen Lab, un groupe de recherche canadien spécialisé dans la cybersécurité, et Confiant, une société américaine spécialisée dans la sécurité publicitaire.

Baptisée Discover-Tech, la société aurait exploité les infrastructures publicitaires de plusieurs grandes plateformes, dont Google, Comcast et le russe Yandex, pour diffuser des annonces permettant de repérer et de suivre l'activité des utilisateurs. Selon le Citizen Lab, ces publicités ont été diffusées sur plus de 120 000 sites web et 75 000 applications.

Le dispositif reposait notamment sur des annonces en apparence ordinaires, faisant la promotion de produits tels que des téléphones ou des écouteurs. Leur simple chargement sur une page web ou dans une application pouvait déclencher des mécanismes de collecte de données, sans nécessiter de clic de la part de l'utilisateur. Certaines publicités auraient également permis de récupérer des numéros de téléphone ou de faciliter l'installation de logiciels espions.

Des appareils d'Al Jazeera ciblés

Les chercheurs ont établi un lien entre Discover-Tech et Candiru, une entreprise israélienne spécialisée dans les logiciels espions, inscrite sur la liste noire du département américain du Commerce en 2021 pour des activités liées au ciblage malveillant de responsables publics, de journalistes, de militants et d'universitaires.

Selon le Citizen Lab, des logiciels espions de Candiru ont compromis 45 appareils Windows utilisés au sein de la chaîne qatarie Al Jazeera entre 2024 et 2025. Les chercheurs indiquent avoir pu confirmer ces intrusions grâce aux historiques informatiques transmis par le média.

Dans un communiqué, Al Jazeera a condamné les attaques visant plusieurs de ses employés et affirmé prendre des mesures pour protéger son personnel et ses systèmes informatiques.

Les annonces associées à Discover-Tech auraient également été diffusées sur des réseaux sensibles. Selon Confiant et le Citizen Lab, ceux-ci comprenaient notamment des environnements liés au Pentagone, à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à la Cour pénale internationale, aux Nations unies et à l'Otan. Les chercheurs signalent aussi une présence importante de ces publicités dans les territoires palestiniens.

Google coupe les accès de Discover-Tech

Les révélations ont entraîné des mesures de plusieurs acteurs du secteur. Google a annoncé avoir exclu Discover-Tech de ses plateformes publicitaires pour violation systématique de ses règles d'utilisation. IAB Europe, une organisation professionnelle du secteur de la publicité numérique, a suspendu son statut de fournisseur agréé après un audit ayant relevé des manquements à ses politiques.

Beeswax, une filiale technologique publicitaire de Comcast, a également retiré l'entreprise de sa plateforme. D'autres acteurs ont suspendu ou bloqué ses accès dans le cadre de leurs propres contrôles.

Confiant estime que Discover-Tech diffusait au moins dix millions de publicités par jour dans le monde et que ses activités avaient probablement touché des centaines de millions de personnes. Ce chiffre constitue une estimation de l'entreprise de cybersécurité et non un décompte confirmé de victimes.

  •  

Mobilisations du 17 octobre en France : chaos à Marseille et tensions à Paris

Des centaines d’actions « envisagées » à travers le pays, selon le Place Beauvau

Alors que des centaines de rassemblements sont attendus ce 17 octobre à travers la France à l’occasion de cette mobilisation protéiforme contre la « vie chère », des heurts ont été rapportés entre manifestants et forces de l’ordre à Marseille où des poubelles ont été incendiées.

Mobilisations du 17 octobre: premières tensions entre les manifestants et les forces de l'ordre à Marseille https://t.co/nj0fUWiGNL

— BFM (@BFMTV) October 17, 2026

Plus tôt dans la matinée, le média de gauche radicale Contre Attaque rapportait des dégradations contre  des stations-services ainsi que les locaux de CNews. Selon une source policière, évoquant « une centaine » d'individus, citée par Le Parisien, ce groupe ciblant le siège de la chaîne d'information « a jeté des projectiles sur les vitres, causant des destructions ».

Le média nantais a également rapporté le « blocage » à Marseille de l’entreprise d’armement « complice d’Israël » Eurolinks, déjà la cible d’un rassemblement plus tôt dans la semaine et auquel avait participé la militante suédoise Greta Thunberg.

Selon l’entourage du ministre de l'Intérieur français Laurent Nuñez, cité par plusieurs médias à la veille de cette journée de mobilisation à six mois de la présidentielle, 500 actions seraient « envisagées » dans tout le pays et 90 manifestations « en cours de structuration». Anticipant des « débordements », la Place Beauvau a averti que « les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées ».

  •  

Guerre en Ukraine : Zelensky annonce avoir obtenu «toutes les licences de production d’armement promises» par Paris

Les plans des bombes AASM, des missiles Storm Shadow et Aster 30 sont-ils plus ou moins dans la nature ? C’est – en substance – la question que peut soulever un article du Parisien publié ce 17 octobre, le quotidien français ayant repéré un message de Volodymyr Zelensky publié à l’issue de sa rencontre le 15 octobre avec un président français dont la popularité est au plus bas.

« Je suis reconnaissant envers Emmanuel : toutes les licences de production d’armements promises par la France à l’Ukraine ont d’ores et déjà été obtenues », peut-on lire dans ce message posté sur Instagram. Pour sa part, le président français avait affirmé sur X qu’il fallait donner à Kiev « tous les moyens nécessaires pour se défendre ».

Des armes et des milliards

Soulignant que les armes concernées n’étaient pas précisées, Le Parisien a rappelé qu’une déclaration conjointe franco-ukrainienne publiée à l’occasion de la fête nationale française à laquelle Volodymyr Zelensky avait été convié « prévoyait la production sous licence en Ukraine de bombes AASM et de missiles », et ce, « dès que possible et avant la fin de l’année 2026 ». À ces bombes guidées laser et missiles de croisière s’ajouteraient les missiles antiaériens franco-italiens Aster 30.

Alors que, dans une Allemagne et une France surendettées, les partis appelant à freiner l’aide à Kiev ont le vent en poupe, que l’administration Trump s’agace de l’attitude de Zelensky, Paris et Bruxelles ont entrepris d’accentuer leur soutien. Le 16 octobre, sans surprise, Volodymyr Zelensky a réclamé à ses soutiens européens de lui prodiguer 70 milliards d’euros supplémentaires pour l’année 2027, estimant qu’il s’agissait là d’un « montant réaliste ».

  •  

Maroc : un gouvernement de 32 membres formé par Fatima Ezzahra El Mansouri

Le Maroc a officiellement un nouveau gouvernement depuis le 16 octobre. Le roi Mohammed VI a présidé, au palais royal de Rabat, la cérémonie de nomination des membres de l’équipe dirigée par Fatima Ezzahra El Mansouri, chargée de former le gouvernement après les élections législatives du 23 septembre.

La nouvelle équipe compte 32 membres, dont la Première ministre, 11 ministres délégués et un secrétaire général du gouvernement. Elle comprend en tout sept femmes. Les membres du gouvernement ont prêté serment devant le souverain à l’issue de la cérémonie.

Nommée à la tête du gouvernement le 29 septembre, Fatima Ezzahra El Mansouri a mené plusieurs consultations avec les partis politiques afin de constituer une majorité parlementaire et de finaliser la composition de son équipe.

Des ministères régaliens reconduits

La nouvelle équipe présente des éléments de continuité avec le précédent gouvernement. Abdelouafi Laftit conserve le portefeuille de l’Intérieur, Nasser Bourita celui des Affaires étrangères, Ahmed Toufiq celui des Affaires islamiques et Abdellatif Ouahbi celui de la Justice.

D’autres responsables restent au gouvernement, parfois avec des attributions différentes. C’est notamment le cas de Fouzi Lekjaa, ancien ministre délégué chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, qui prend la tête du ministère de l’Économie, des Finances et de la Performance publique.

Le nouvel exécutif accueille également de nouvelles personnalités à des postes ministériels. Ahmed Rahhou est notamment nommé à la tête du ministère de l’Intelligence artificielle, de la Transformation numérique et de la Réforme de l’administration.

Une coalition dominée par le PAM

Le Parti authenticité et modernité (PAM), arrivé en tête des élections législatives du 23 septembre avec 97 sièges, domine la coalition gouvernementale. Il s’est allié au parti de l’Istiqlal, à l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et au Parti du progrès et du socialisme (PPS).

La répartition annoncée attribue dix postes ministériels au PAM, six à l’Istiqlal, cinq à l’USFP et trois au PPS. Les autres membres du gouvernement ne sont pas affiliés à ces formations.

Les quatre partis totalisent 207 sièges à la Chambre des représentants, soit une majorité absolue. Le nouvel exécutif devra présenter son programme au Parlement avant de solliciter la confiance des députés.

Il devra également respecter un calendrier budgétaire serré : le projet de loi de finances pour 2027 doit être déposé au bureau de la Chambre des représentants au plus tard le 20 octobre.

  •  

Gaz : la Russie prête à contribuer au «développement global des secteurs énergétiques des pays africains»

Preview «Nous proposons non seulement la fourniture de ressources et d'équipements, mais aussi le développement global des secteurs énergétiques des pays africains», a déclaré le ministre russe de l'Énergie, Sergueï Tsivilev, en marge de la Semaine russe de l'énergie, assurant que des acteurs russes de l’amont gazier étaient «prêts» à opérer en Afrique.
  •  

«C’est un montant réaliste» : Zelensky réclame 70 milliards d’euros supplémentaires aux Européens

Preview «La guerre coûtera 155 milliards d’euros l’année prochaine. Et nous avons besoin d’au moins 70 milliards d’euros de plus de votre part», a déclaré Volodymyr Zelensky lors d'un discours à un sommet européen, dont il a posté l'extrait sur X. «Je vous demande de trouver ce soutien», a-t-il insisté, estimant qu'il s'agit d'«un montant réaliste».
  •  
❌