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L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir
Par Thibault de Varenne
Le 30 septembre, le dernier soldat américain a quitté l'Irak. Bagdad s'est donné quatre jours fériés pour le fêter. Quatre jours plus tôt, le même gouvernement écrivait à Washington pour obtenir le droit de recevoir des avions iraniens. Ce que l'Irak a gagné cette semaine, ce qu'il n'a pas gagné, et ce que cela dit de nous.
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JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLundi 28 septembre, à l'aéroport de Bagdad, le général Saad Maan a pris possession de l'ancien quartier général américain et a dit à la presse locale que cela ne mettait pas fin à la coopération avec les « partenaires internationaux », mais ouvrait une relation « fondée sur le respect mutuel et l'indépendance de la décision irakienne ». Le mercredi 30, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, annonçait que les derniers soldats de la coalition avaient quitté la base d'Erbil « en bon ordre », avec leur matériel. Le gouvernement irakien a décrété quatre « journées de la souveraineté », du 30 septembre au 3 octobre. Donald Trump, sur son réseau, a parlé d'« une excursion en enfer très coûteuse », d'« une victoire pour les États-Unis, une victoire pour l'Irak », et il a tranché en une ligne la querelle historique de sa génération : « une très mauvaise décision nous a mis dans ce bourbier ».
Quatre jours avant la fête, le samedi 26 septembre, le bureau du Premier ministre Ali al-Zaidi avait publié un autre communiqué, moins repris. Il y annonçait des discussions directes avec Washington pour obtenir que certains aéroports irakiens soient exemptés des sanctions américaines contre les compagnies aériennes iraniennes, « pour des raisons humanitaires liées aux soins, aux études, aux visites religieuses et aux intérêts des civils ». Depuis la veille, les quatre grands aéroports du pays, Bagdad, Nadjaf, Erbil et Souleimaniye, n'acceptaient plus un seul vol vers l'Iran. Non par décision irakienne : parce que les sociétés étrangères d'assistance au sol refusaient de toucher un appareil iranien de peur du Trésor américain.
Les deux communiqués viennent du même gouvernement, à quatre jours d'écart. Le premier dit que l'Irak est souverain. Le second demande une permission. Je voudrais prendre les deux au sérieux, parce que c'est entre les deux que se loge ce qui s'est réellement passé à Bagdad cette semaine, et ce que le mot souveraineté veut dire quand on le prononce dans un pays où l'on n'a jamais eu les moyens de le vérifier.
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Avant d'aller plus loin, nommons les acteurs, parce que les dépêches les supposent connus et qu'ils ne le sont pas.
Le gouvernement, d'abord. Ali al-Zaidi est Premier ministre depuis le mois de mai. C'est un homme d'affaires, nouveau en politique, que le Cadre de coordination, le bloc des partis chiites qui domine le Parlement, a sorti de son chapeau pour mettre fin à des mois de blocage après les élections de novembre 2025. Son cabinet n'est que partiel : le Parlement l'a approuvé en mai sans pourvoir plusieurs postes de sécurité, dont le ministère de la Défense. Le pays a donc fêté sa souveraineté militaire sans ministre de la Défense.
Les forces régulières ensuite : l'armée, la police fédérale, le Service de contre-terrorisme formé par les Américains, une aviation qui aligne des F-16 achetés à Washington. Le commandant de l'armée de l'air, le général Khalid al-Tamimi, a assuré lundi qu'aucune force de la coalition n'avait plus rien fait sur le sol irakien depuis le début de 2026 et que ses pilotes venaient de tenir dix jours de missions sans aide extérieure. Dix jours, a-t-il précisé.
Puis il y a le Hachd al-Chaabi, les Forces de mobilisation populaire, né en juin 2014 quand l'État islamique prenait Mossoul et que l'armée s'effondrait. Des dizaines de milices se sont levées à l'appel du clergé de Nadjaf ; une loi de 2016 les a rattachées à l'État et mises sur sa paie. Sur le papier, elles obéissent au Premier ministre, commandant en chef. Dans les faits, plusieurs ont gardé leur chaîne de commandement, leurs dépôts, leurs revenus et leurs attaches à Téhéran. Ce sont elles qui sont en cause dans l'affaire du désarmement, et trois familles s'y distinguent. Les groupes qui ont accepté de rendre les armes ou de se régulariser : Saraya al-Salam, la milice de Moqtada al-Sadr, intégrée en cérémonie à Samarra au mois de juin ; Asaib Ahl al-Haq ; les Kataib al-Imam Ali. Les groupes qui refusent : les Kataib Hezbollah et le Harakat al-Nujaba, les plus liés aux Gardiens de la révolution iraniens, qui parlent d'« armes de la résistance » et ont tiré, depuis février, sur des cibles américaines et sur des pays du Golfe. Entre les deux, l'Organisation Badr, la plus ancienne et la plus nombreuse, dont le chef Hadi al-Amiri a déclaré en août que le monopole des armes était « une décision irakienne », et qu'il n'y aurait pas d'affrontement entre l'État et « la résistance ». La formule ménage tout le monde. Ces factions se sont donné en octobre 2023 une enseigne commune, la « Résistance islamique en Irak », qui a déclaré mercredi n'être tenue « par aucun calendrier ni aucun accord ».
Au nord, la Région autonome du Kurdistan, avec son gouvernement à Erbil, ses Barzani, Nechirvan à la présidence, Masrour au gouvernement, et ses peshmergas, les combattants kurdes qui ont tenu le front contre l'État islamique en 2014. Le 21 septembre, neuf jours avant le départ américain, Erbil a annoncé la fusion en une seule force des peshmergas des deux partis rivaux, le PDK et l'UPK. C'est le Kurdistan qui perd le plus au retrait : les batteries Patriot et les systèmes anti-roquettes américains qui le couvraient sont repartis avec les soldats, selon les informations disponibles à Erbil.
Au nord encore, la Turquie, qui tient depuis décembre 2015 la base de Bachiqa, au nord-est de Mossoul, avec jusqu'à six cents soldats, et qui a accepté le 23 septembre, à New York, d'en commencer le transfert « graduel » à Bagdad, en échange d'un engagement irakien à rétablir l'autorité de l'État dans le Sinjar, où le PKK kurde s'est replié. Graduel : la souveraineté irakienne sur Bachiqa est une promesse datée, pas un état de fait.
L'Iran, enfin, et les États-Unis. L'un a ses relais armés et politiques dans le pays, et la force Qods des Gardiens de la révolution pour les tenir. L'autre conserve à Bagdad la plus grande ambassade du monde, un accord-cadre stratégique signé le 17 novembre 2008, les contrats d'armement, l'entretien des F-16, et un compte en banque dont il sera question plus bas. Reste l'État islamique, réduit selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies à « quelques centaines » de combattants : assez pour tuer, plus assez pour tenir une ville.
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REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreCe qui est parti
Le départ est réel, et il se mesure. On comptait 169 000 soldats américains en Irak au plus fort de l'occupation, en août 2007 ; 2 500 après la fin des opérations de combat, en décembre 2021 ; 1 500 soldats de la coalition regroupés à Erbil à la fin de 2025 ; zéro le 30 septembre. Le commandement central américain a déménagé en Jordanie l'état-major de la lutte contre l'État islamique. Les bases fédérales, Aïn al-Assad, le commandement conjoint de Bagdad, avaient été rendues le 18 janvier. Le calendrier avait été arrêté le 27 septembre 2024 entre l'administration Biden et le Premier ministre d'alors, Mohammed Chia al-Soudani ; Bagdad a refusé toute prolongation, et Marco Rubio a confirmé le 23 septembre qu'il n'y en avait eu « aucune discussion ». La date a été tenue au jour près.
Ce que les Américains laissent derrière eux se mesure aussi. Selon les registres du Pentagone, 4 418 soldats américains sont morts entre 2003 et 2011, 31 994 ont été blessés, et 123 sont morts depuis 2014 ; le bureau du budget du Congrès avait arrêté en avril 2011 la dépense militaire à 752 milliards de dollars, avant la seconde campagne. Côté irakien, les décomptes qui circulent, plus de 200 000 civils tués selon les uns, plus de 300 000 morts toutes catégories selon les autres, viennent d'organisations occidentales ; je les cite pour l'ordre de grandeur, pas pour l'unité. Vingt-trois ans après le 14 février 2003, le président des États-Unis dit à sa manière, en une ligne, ce que la France disait ce jour-là au Conseil de sécurité. J'y reviendrai.
Et ce qui est parti, c'est d'abord ce qui protégeait. Le ministère des Peshmergas compte plus de mille attaques de drones et de missiles sur la Région du Kurdistan depuis le 28 février, jour où les États-Unis et Israël ont ouvert la guerre contre l'Iran. Les Patriot d'Erbil en ont intercepté une partie. Ils sont dans les soutes. Masrour Barzani a dit dimanche que laisser le Kurdistan « sans aucun système de défense » était « un sujet d'inquiétude » ; le porte-parole militaire irakien, Sabah al-Numan, répond que Bagdad est « proche » d'acheter des défenses antiaériennes à la Corée du Sud, à la Turquie et aux États-Unis. Proche. Dans l'intervalle, le ciel irakien est ouvert, et les seuls à y disposer de missiles sont ceux que l'on prie de désarmer.
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Les partisans de la lecture souverainiste ont un argument que je veux donner dans toute sa force, parce qu'il est bon. L'Irak, disent-ils, a fixé la date du départ et l'a obtenue. Il a repris ses bases en janvier, sans incident. Son Parlement avait voté l'expulsion des forces étrangères le 5 janvier 2020, deux jours après que les Américains eurent tué le général Soleimani et le chef de milice Abou Mahdi al-Mouhandis à l'aéroport de Bagdad, et ce vote, non contraignant, a fini par s'exécuter six ans plus tard. Aucun État de la région n'a fait cela. La France de 1966 n'a pas fait autre chose quand le général de Gaulle a demandé le départ des troupes américaines : il a fixé une date, le 1er avril 1967, et elle a été tenue. Qui fixe la date du départ de l'Amérique et l'obtient a exercé la souveraineté dans ce qu'elle a de plus concret. Je l'accorde entièrement.
Mais la France de 1966 avait la bombe, le commandement de ses armées, sa monnaie et ses aéroports. Renvoyer une armée est un acte de souverain. Refuser, le lendemain, ce que l'ancien protecteur demande encore en est un autre, et c'est celui-là qui compte. Or le lendemain, pour l'Irak, est documenté jour après jour.
Le 8 septembre, le Trésor américain sanctionne vingt-sept compagnies aériennes iraniennes et prévient que tout aéroport, tout avitailleur, toute société d'assistance
Bagdad suffoque
Asphyxiée par une pollution-record et paralysée par un gouvernement inactif, la capitale irakienne suffoque. Entre un air irrespirable, des infrastructures obsolètes et l'absence d'investissements, les 10 millions d'habitants de la mégapole luttent chaque jour pour respirer.
Il est 21 h 30 à l'hôpital public de Zafaraniyah, dans le sud-est de la capitale irakienne. On est loin des complexes modernes, des grandes enseignes et de la luminosité du centre-ville, situé à seulement une vingtaine de minutes en voiture. Pour ce quartier de plusieurs centaines de milliers de personnes, trois jeunes médecins, deux infirmières et trois pharmaciens sont chargés de tenir l'hôpital durant la nuit. Ils peuvent traiter jusqu'à cinq cents patients par jour. Au sein des urgences masculines, une salle exiguë, huit lits alignés, serrés les uns contre les autres. En face, M. Ali Z., 62 ans est placé sous assistance respiratoire. « Il a de plus en plus de mal à respirer, chuchote son fils. Il vient presque tous les mois, surtout l'été. Ici nous pouvons avoir de la Ventoline, et de l'oxygène, ça le calme. Mais, pour que sa situation s'améliore, il faut acheter des médicaments à la pharmacie, et cela coûte cher ».
Dans la rue ou à travers la vitre, il suffit de lever les yeux pour voir l'épais voile jaunâtre qui obscurcit l'horizon. Tôt le matin, une concentration de particules noires se dresse. On sent le soufre. M. Othman Kareem, 26 ans, fait partie de cette génération qui souhaite prendre la question environnementale à bras-le-corps. Il a cofondé le think tank Iraq Climate Change Center, participe à conseiller le gouvernement ainsi que le programme des Nations unies pour le développement (PNUD). « Il y a quelques semaines, un nuage noir est resté au-dessus de la ville durant quatre jours entiers. J'ai eu la chance de pouvoir partir à Erbil à ce moment, par crainte pour ma santé, mais ce n'est pas possible pour tout le monde », avoue l'ingénieur et expert en politique environnementale.
« Ce nuage était une concentration de ce que l'on respire quotidiennement à Bagdad. Un mélange de dioxyde de carbone et de soufre. Un cocktail qui provient de deux sources principales : le trafic routier et l'entreprise de raffinage située au sud de la ville », poursuit-il. Zafaraniyah se trouve à 6 kilomètres à l'est de Daoura, l'un des plus anciens complexes de raffinage du pays. La raffinerie date des années 1950 et produit 50 000 barils par jour. Elle est ancrée dans une zone qui n'a fait qu'accueillir toujours plus d'habitants en raison de l'exode rural des dernières années, provoqué par la sécheresse, la pollution des sols et les guerres.
« Les enfants sont souvent atteints d'asthme. Le taux de cancer des personnes de plus de 50 ans que l'on rencontre est impressionnant. Cela est dû à la pollution atmosphérique, mais également aux armes chimiques utilisées durant les différentes guerres qu'a connues le pays », précise M. Mountadhar Saad, médecin généraliste passé par l'hôpital public de Zafaraniyah. M. Z. est donc un cas symptomatique de sa génération, lui qui travaille dans le centre-ville de la capitale. Il est exposé aux pires substances toxiques, a connu la guerre contre l'Iran de 1980 à 1988, l'invasion puis l'occupation du Koweït d'août 1990 à février 1991, l'invasion anglo-américaine de mars 2003 qui fit tomber le régime de Saddam Hussein, et la lutte contre l'Organisation de l'État islamique (OEI). Autant d'événements qui ont déstabilisé le pays, et retardé le développement structurel d'une ville qui n'a cessé de s'étendre du fait de l'exode rural. Comme tant d'autres Irakiens, M. Z. est la victime d'une histoire tourmentée, qui, entre autres conséquences, a paralysé la réflexion sur la question environnementale.
Les facteurs de détérioration de la qualité de l'air en Irak sont nombreux — en premier lieu, la sécheresse. La pluie se raréfie et, à chaque début d'été, les tempêtes de sable en provenance de l'ouest frappent de plein fouet la capitale. La ville est ainsi enveloppée par un nuage de sable, qui s'introduit dans les maisons, altère les voies respiratoires et provoque l'engorgement des hôpitaux. « Lors des tempêtes de sable, tous les indicateurs de qualité de l'air explosent les seuils recommandés par l'Organisation mondiale pour la santé », explique M. Saad. Durant le mois de décembre, censé être plus clément, la société suisse IQAir indique un taux de PM2.5 (des microparticules capables de pénétrer profondément dans les poumons et le système sanguin), 17 fois supérieur au seuil annuel recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). À Paris, l'indicateur est 1,5 fois au-dessus. Lors des tempêtes de sable, on dépasse de 200 % les recommandations internationales.
Dans le même temps, l'Irak fait désormais partie des cinq pays les plus vulnérables face au changement climatique. En 2023, le ministère de l'environnement a reconnu que les ressources en eau avaient diminué de moitié, par rapport à 2020, une situation qui n'est pas sans rappeler celle de l'Iran voisin (1). Les raisons en sont principalement la baisse des précipitation, une gestion des ressources hydriques inefficaces et des barrages présents en amont du Tigre et de l'Euphrate, en Turquie, en Syrie et en Iran. Selon la conjoncture géopolitique et les tensions régionales, ces trois pays peuvent agir sur le débit de ces fleuves et ainsi exercer des pressions sur l'Irak.
Le gouvernement irakien est aussi responsable de cette situation. La dépendance structurelle aux ressources fossiles empêche une réflexion stratégique sur la question environnementale. « Le pétrole et le gaz coûtent moins cher à l'exploitation que d'investir massivement dans un projet à long terme », fait remarquer, exaspéré, M. Kareem. Mais cette prépondérance des hydrocarbures n'empêche pas les pénuries d'énergie, et, chaque nuit, Bagdad, cherche le sommeil dans le ronflement continu des générateurs.
Durant la journée, la ville est soumise à des coupures d'électricité récurrentes obligeant les commerces à utiliser des générateurs géants. Malgré la pollution atmosphérique, auditive, olfactive de ces installations qui encombrent l'espace urbain, le gouvernement ne bouge pas. Une négligence politique patente. « Nous avons présenté des chiffres qui auraient donné le tournis à tous les gouvernements du monde. La situation est alarmante, mais tout ce qui intéresse les dirigeants actuels, ce sont les élections », déplore Adel Bakawan, président du Centre français de recherche sur l'Irak (CFRI).
À l'image du Caire, Damas ou Mumbai (Bombay), la circulation routière est l'une des plaies environnementales majeures de la capitale. « C'est la ville qui ne dort jamais », dit Laith B., chauffeur de taxi. À toute heure du jour et de la nuit, les rues sont engorgées. Le vendredi, jour de repos, la ville reprend son souffle ; le reste de la semaine, ce sont des embouteillages à perte de vue. Ici, pas de bus, de tramway ou de métro. Comme à Santiago (Chili), des minibus, souvent brinquebalants, constituent l'unique mode de transport en commun, dont le secret des itinéraires est réservé aux initiés (2). « Il n'y a pas d'arrêts “officiels”, le passage des bus est irrégulier, et ils ne desservent pas tous les quartiers. Il faut être né ici pour en connaître le fonctionnement, décrit un usager. Ma femme part à son travail deux à trois heures à l'avance, et elle n'est pas la seule. » Même marcher s'avère très difficile, car la plupart des trottoirs ne sont pas aménagés. Ceux qui le sont, dans le centre-ville, sont pris d'assaut par les générateurs ou les véhicules en stationnement.
Selon la Direction générale de la circulation en Irak, 4 millions d'automobiles étaient officiellement recensées dans la capitale en 2023, alors que, toujours selon elle, « la capacité des rues de la ville ne peut accueillir qu'un maximum de 400 000 voitures ».
Un plan de métro a été imaginé en 1983, sous la présidence de Saddam Hussein. Mais les guerres, les changements de régime et l'instabilité politique ont mis un arrêt au projet. « Comme souvent, les projets et les services les plus bénéfiques sur le plan social ont été lancés sous Saddam Hussein, reconnaît M. Saad. Nombre d'Irakiens sont nostalgiques de la situation économique de cette époque et de la qualité du système socio-éducatif. On ne peut que le constater, même en étant chiite [une communauté marginalisée par Saddam Hussein] ou en ayant conscience des horreurs commises par l'ancien régime », poursuit M. Saad.
Les défis environnementaux ne se limitent pas à l'eau ou à la qualité de l'air. Ici, pas de tri de déchets, de traitement des eaux usées, pas non plus de projets de réduction de l'usage du plastique, de transports en commun ou de rénovation d'usines. « Les autorités ne savent pas par où commencer ni comment mettre tout cela en place », reconnaît M. Kareem. En attendant, la population revendique un mieux-être et des mesures d'urgence pour pouvoir respirer.
(1) Lire Akram Belkaïd, « Un défi existentiel », Manière de voir, n° 209, « Iran. Guerres, révoltes, espérances », octobre-novembre 2026.
(2) Lire Guillaume Beaulande, « À Santiago du Chili, avec les galériens des transports », Le Monde diplomatique, mars 2023.
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