Quelques jours seulement après les émeutes et les violences des manifestations du 17 octobre, le projet de loi « casseurs-payeurs » a démarré, mercredi 21 octobre, son parcours législatif au Sénat. Un projet « indispensable » juge, à l'instar du Premier ministre, Philippe Ballard, député et porte-parole du Rassemblement national, qui soutient le durcissement de la loi avec la « responsabilité collective ». En clair, il prône la pénalisation des casseurs mais également de tous ceux « qui les ont accompagnés » dans ces rassemblements violents. « Ils sont en quelque sorte complices, même s'ils n'ont pas lancé de pavé », estime Philippe Ballard.
Après les émeutes du week-end du 17-18 octobre, l'’ensemble de la classe politique pointe du doigt la responsabilité du parti de Jean-Luc Mélenchon, La France insoumise (LFI), accusée « d'attiser le désordre ». Après plusieurs ténors de droite et du centre, le patron du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), estime à son tour que la question de « l'interdiction de LFI est posée ». « Une instrumentalisation politique complètement malhonnête », dénonce la députée écologiste Sabrina Sebaihi. Selon la secrétaire de l'Assemblée nationale, on cherche juste à « éliminer un concurrent politique », Jean-Luc Mélenchon, qui pourrait être « au second tour de la présidentielle » selon les derniers sondages. « Les partis politiques cherchent ainsi à le discréditer », assure Sabrina Sebaihi.
Au lendemain d'un week-end de chaos, d'émeutes et de pillages face à une police débordée, l'eurodéputé Parti socialiste-Place publique François Kalfon soutient les annonces du Premier ministre Sébastien Lecornu de mettre en œuvre, dès ce lundi 19 octobre au soir, des couvre-feux localisés, « une nécessité face aux exactions qui mettent en danger la paix civile », selon lui. Soutien de Raphaël Glucksman dans la campagne présidentielle, François Kalfon dénonce la « complicité de La France insoumise » dans le chaos actuel, et il met en garde contre un désordre « et un soutien au désordre », qui conduirait à la victoire électorale de l'extrême droite.