Fin d'une monarchie
1977
Janvier. Troubles à l'université de Téhéran.
7-9 octobre. Manifestations pour exiger le retour de l'ayatollah Rouhollah Khomeiny, exilé en Irak. 15-16 novembre. La contestation estudiantine est brutalement réprimée dans la capitale.
1978
Janvier. La séquence manifestations-répression devient presque quotidienne. 8 septembre. Le chah instaure la loi martiale. L'armée tue des milliers de manifestants. C'est le « vendredi noir ».
6 octobre. L'imam Khomeiny est expulsé d'Irak et s'installe à Neauphle-le-Château, en France. 10 et 11 décembre. Des millions de manifestants défilent contre le chah à Téhéran.
1979
16 janvier. Face à la pression de la rue, le chah quitte le pays pour l'Égypte.
19 janvier. Quatre millions de personnes défilent dans la capitale pour réclamer le renversement du régime et le retour de Khomeiny. Après quinze ans d'exil, ce dernier revient au pays le 1er février.
Mars. Des Iraniennes non vêtues du hijab se voient refuser l'accès à leur lieu de travail.
Avril. La République islamique d'Iran est approuvée par 98 % des voix lors d'un référendum. Elle est proclamée par Khomeiny le lendemain. Répression contre les mouvements de gauche.
Juin. Présentation de la nouvelle Constitution, qui entérine le contrôle du clergé sur les institutions politiques.
Août-septembre. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (pasdarans) écrase violemment l'insurrection kurde dans le nord-ouest du pays.
4 novembre. Les « étudiants de la voie de l'imam » prennent en otage une cinquantaine d'agents diplomatiques à l'ambassade américaine de Téhéran, réclamant l'extradition du chah hospitalisé à New York. Les employés consulaires américains resteront détenus pendant 444 jours.
Purges et conflit avec l'Irak
1980
Janvier. Abolhassan Bani Sadr est élu président de la République islamique avec 76 % des voix.
Avril. Les États-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec l'Iran. L'opération américaine « Eagle Claw », qui tente de sauver les otages à l'ambassade de Téhéran, tourne au désastre (huit soldats américains perdent la vie dans une collision entre un hélicoptère et un avion de transport).
Juillet. Les autorités annoncent avoir déjoué un coup d'État militaire. 22 septembre. Début de l'invasion irakienne.
Novembre. Khomeiny confie la conduite de la guerre aux pasdarans.
1981
20 janvier.
Après une médiation de l'Algérie, les diplomates américains sont relâchés.
17 février. Les bassidji, organe milicien de mobilisation de la jeunesse populaire, sont intégrés à l'armée des pasdarans.
7 juin. Avec pragmatisme, Khomeiny partage avec Israël des renseignements dans le cadre de l'opération de bombardement « Opéra », qui cible la centrale nucléaire irakienne d'Osirak.
21 juin. Exclue du partage du pouvoir, une partie de la gauche passe dans l'opposition armée.
28 juin. Nouvelle répression contre les forces de gauche. 27 septembre. Sous le titre de l'offensive du « huitième imam », de nombreux territoires sont repris en Irak.
2 octobre. Ali Khamenei est élu président de la République et nomme M. Mir Hossein Moussavi premier ministre.
1982
Mars. Téhéran annonce la création d'un centre de technologie nucléaire à Ispahan en vue de produire de l'uranium enrichi. L'Iran refuse les propositions de cessez-le-feu avancées par Bagdad.
Juillet. Le président américain Ronald Reagan signe un décret autorisant les États-Unis à faire « le nécessaire » pour empêcher l'Iran de vaincre l'Irak.
Exporter la révolution
1983
Mars. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) préconise un accord de coopération et d'assistance technique avec l'Iran, projet abandonné sous la pression de Washington.
Octobre. Téhéran commandite des attentats-suicides du Hezbollah libanais contre des marines américains et des soldats français, tuant 241 Américains et 58 Français. Les États-Unis et la France imposent des sanctions contre l'Iran.
1984
Février. Des dizaines de milliers de soldats iraniens meurent durant l'opération « Kheybar ». L'ayatollah Hossein Ali Montazeri, longtemps numéro deux derrière Khomeiny, met en garde l'imam contre l'emprise croissante des pasdarans.
Mars. Téhéran accuse Bagdad de faire usage d'armes chimiques (gaz moutarde et innervant). Ces faits sont confirmés par les Nations unies.
Mai. Malgré plusieurs revers, Khomeiny refuse toujours le cessez-le-feu. Automne. Purge au sein des pasdarans pour éliminer les partisans d'une guerre extrême contre l'Irak.
1986
Février. Les troupes iraniennes prennent le port irakien de Fao. Khomeiny refuse toujours la paix.
16 août. Khamenei est réélu à la présidence.
1987
Janvier-février. L'Iran échoue à prendre Bassora. Au sein du régime, le débat fait rage entre partisans de l'ouverture libérale et de l'étatisation.
1988
18 janvier. Le premier ministre Moussavi admet que les inégalités ont augmenté depuis 1980.
18 avril. L'armée de Saddam Hussein regagne du terrain. 3 juillet. Le croiseur américain USS Vincennes abat le vol civil Iran Air 655, faisant 290 morts.
12-18 juillet. L'armée irakienne investit Dehloran, ville iranienne qui héberge un quartier général des pasdarans. Khomeiny accepte la paix avec l'Irak.
17 août. Les troupes irakiennes se retirent des territoires iraniens. Août-décembre. 4 000 prisonniers politiques sont exécutés.
1989
Février. Khomeiny prononce une fatwa contre l'écrivain Salman Rushdie pour son roman Les Versets sataniques. Il écarte de sa succession l'ayatollah Montazeri.
4 juin. Khamenei succède à Khomeiny après sa mort. Juillet. La réforme constitutionnelle. Hachémi Rafsandjani, qui a joué un rôle-clé dans la désignation de Khamenei comme Guide suprême, est élu président avec 94,95 % des voix.
Stabilisation
1991
Janvier. L'Iran demeure neutre face à l'intervention américaine en Irak.
1992
Avril. Le président Rafsandjani est réélu avec 63 % des suffrages.
17 septembre. Les services de renseignement assassinent quatre leaders du Parti démocratique du Kurdistan iranien dans un restaurant à Berlin.
1995
Mars. Signature d'un contrat d'une valeur de 1 milliard de dollars avec l'entreprise américaine Conoco pour une concession de pétrole. Le président William Clinton bloque le projet par décret, sous pression du Congrès.
1996
Août. Le Congrès américain adopte la loi Amato-Kennedy, qui interdit à toute entreprise américaine ou étrangère d'investir plus de 20 millions de dollars par an dans les hydrocarbures iraniens.
Réformes et dossier nucléaire
1997
Mai. Téhéran signe un accord de coopération technique avec l'AIEA. Le modéré Mohammad Khatami est élu président de la République. Un vent réformiste souffle sur le pays.
1998
Janvier. Dans une interview accordée à CNN, M. Khatami évoque un rapprochement avec les États-Unis. Mai. Attaques de la presse conservatrice contre le président. M. Gholamhossein Karbaschi, maire de Téhéran et soutien de M. Khatami, est arrêté. Septembre. En visite à New York, M. Khatami déclare que l'État iranien ne mettra pas en œuvre la fatwa contre Rushdie. Automne. Assassinats en série d'opposants politiques et d'écrivains dissidents.
1999
Février. Pour la première fois de l'histoire de la République islamique, des élections municipales sont organisées dans plus de 1 000 communes (elles seront remportées par les candidats du camp réformateur).
Juillet. Les étudiants de l'université de Téhéran protestent contre la fermeture du journal Salaam par le pouvoir judiciaire. La répression est violente (17 morts). Les pasdarans s'en prennent directement au président Khatami. C'est la fin du « printemps des médias », entamé après l'élection de M. Khatami.
2001
Automne. Téhéran fournit des renseignements à l'alliance militaire occidentale engagée dans la guerre contre le régime des talibans en Afghanistan.
2002
29 janvier. Lors de son discours sur l'état de l'Union, le président américain George W. Bush désigne l'Iran comme l'un des pays de l'« axe du Mal » aux côtés de l'Irak et de la Corée du Nord. Avril. M. Khatami cherche à normaliser les relations diplomatiques avec les pays du Golfe.
2003
3 mai. Le renversement du régime de Saddam Hussein par les forces anglo-américaines accroît l'influence de l'Iran en Irak.
Août. M. Mohamed El-Baradei, directeur général de l'AIEA, inspecte le site nucléaire de Natanz et découvre des taux d'uranium enrichi supérieurs aux normes civiles.
8-12 septembre. L'AIEA intime à l'Iran de prouver avant le 31 octobre qu'il ne développe pas l'arme nucléaire.
10 octobre. Chirine Ebadi reçoit le prix Nobel de la paix pour sa lutte en faveur des droits des femmes, des enfants et des réfugiés.
21-23 octobre. L'imam Khamenei publie une fatwa interdisant à l'Iran de développer une bombe nucléaire.
10-11 novembre. L'Iran accepte de suspendre ses activités en échange de négociations avec les Européens sur un partenariat nucléaire civil.
18 décembre. Téhéran signe le protocole additionnel au traité de non-prolifération (TNP).
2004
30 octobre. Le géant chinois du gaz Sinopec signe un contrat d'une valeur de 70 milliards de dollars pour importer du gaz naturel liquéfié depuis l'Iran pour une période de vingt-cinq ans.
14 novembre. Sous la pression du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne, le responsable iranien des négociations sur le nucléaire et futur président Hassan Rohani affirme que l'Iran va geler son programme d'enrichissement d'uranium. Washington rejette le compromis.
La revanche des conservateurs
2005
5-8 août. M. Mahmoud Ahmadinejad, conservateur populiste qui promet de combattre les inégalités sociales et la corruption, est élu président. Il rompt avec l'ouverture de M. Khatami et reprend la doctrine de la « défense sacrée » et le programme d'enrichissement de l'uranium à Ispahan.
2006
4 février. L'AIEA décide de transférer le dossier du nucléaire iranien aux Nations unies. Téhéran suspend les inspections-surprises prévues par le TNP. 11 avril. M. Ahmadinejad annonce le succès de l'enrichissement de l'uranium à 3,5 %, soit assez pour être utilisé dans un réacteur nucléaire civil.
12 juin. Des manifestations à Téhéran pour l'égalité des sexes sont réprimées.
31 juillet. Résolution de l'ONU donnant un mois à l'Iran pour suspendre ses activités nucléaires, sous peine de sanctions.
30 septembre. Le Congrès américain vote l'« Iran Freedom Support Act », qui alloue 20 millions de dollars par an au financement de groupes iraniens « prodémocratie » et anti-République islamique.
23 décembre. Le Conseil de sécurité vote la résolution 1737, qui impose des sanctions au programme nucléaire iranien.
2007
22 février. L'AIEA constate que l'Iran n'a pas respecté l'ultimatum de l'ONU. Mars. La répression contre les femmes qui revendiquent l'égalité des droits se poursuit.
24 mars. L'ONU adopte la résolution 1747, qui durcit les sanctions économiques et commerciales contre l'Iran.
2009
Juin. « Mouvement vert ». Des centaines de milliers de Téhéranais descendent dans les rues pour manifester contre la fraude électorale à la suite de l'élection de M. Ahmadinejad face à M. Moussavi.
Septembre. L'État vend 51 % de la compagnie des télécommunications de l'Iran pour 7,8 milliards de dollars à Mobin Trust Consortium, entreprise sous le contrôle des pasdarans. C'est l'une des multiples ventes sous la présidence de M. Ahmadinejad qui renforcent la domination des pasdarans sur l'économie iranienne.
2010
12 janvier. Le meurtre de Masoud Ali-Mohammadi, professeur de physique à l'université de Téhéran, marque le début d'une série d'assassinats de scientifiques nucléaires civils iraniens par le Mossad, qui se poursuivra tout au long de la décennie.
Avril. M. Esmail Kahron, professeur d'écologie à l'université de Téhéran, classe l'Iran en avant-dernière place mondialement en matière d'érosion des sols, causée par les centaines de digues et barrages érigés par les pasdarans.
17 mai. Téhéran et Ankara signent un accord d'échange d'uranium enrichi et de barres de combustible pour apaiser les tensions sur le nucléaire.
Juin. Le Conseil de sécurité des Nations unies impose une quatrième vague de sanctions contre l'Iran. Septembre. Sous l'appellation « Opérations Jeux olympiques », le virus américano-israélien Stuxnet infecte 30 000 systèmes informatiques iraniens liés aux installations nucléaires.
Vers l'accord avec les États-Unis
2011
Février. M. Moussavi est placé en résidence surveillée, où il demeure sans avoir été jugé depuis cette date.
Printemps. Khamenei soutient à la fois les révolutions tunisienne, égyptienne, libyenne, yéménite et bahreïnie du « printemps arabe », signe d'après lui d'un « réveil islamique ». À l'inverse, le régime choisit de soutenir M. Bachar Al-Assad en Syrie.
Septembre. La centrale nucléaire de Bouchehr est connectée au réseau national. Novembre. Le rapport de l'AIEA infirme la thèse selon laquelle l'Iran fabriquerait une bombe atomique.
2012
Septembre. Des étudiants lancent la campagne « Dévoiler le droit des femmes à se dévoiler » sur les réseaux sociaux.
Décembre. Les États-Unis et Israël utilisent à nouveau le ver informatique Stuxnet pour saboter les installations pétrolières et les centrifuges nucléaires iraniennes.
2013
Mars. Début, à Oman, des négociations secrètes avec les États-Unis sur le nucléaire. Juin. M. Rohani, protégé de Rafsandjani, remporte l'élection présidentielle en se distinguant lors de sa campagne par une critique du bilan diplomatique de M. Ahmadinejad, alors que le pays se retrouve de plus en plus isolé dans la région.
2014
Juin. Les forces Al-Qods (branche des pasdarans habilitée à se déployer à l'étranger) s'engagent aux côtés de leurs homologues irakiennes contre l'Organisation de l'État islamique (OEI).
2015
2 avril. M. Rohani annonce que l'Iran n'enrichira pas son uranium à plus de 3,7 % pendant quinze ans, ne construira pas de nouveau site nucléaire, réduira de 19 000 à 6 104 le nombre de centrifuges, et diluera de 95 % son stock d'uranium enrichi.
14 juillet. L'accord Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) sur le nucléaire iranien, jugé historique, est signé avec les cinq membres du Conseil de sécurité des Nations unies, et l'Allemagne. Téhéran accepte de suspendre le programme de recherche nucléaire pendant dix ans.
20 juillet. La résolution 2231 du Conseil de sécurité de l'ONU avalise le JCPOA.
Octobre. L'intervention militaire de la Russie pour sauver le régime syrien est saluée par Téhéran.
2016
2 janvier. L'Arabie saoudite exécute l'imam chiite saoudien Nimr Baqr Al-Nimr. Des Iraniens s'attaquent à l'ambassade saoudienne à Téhéran et à son consulat à Machhad. Riyad rompt ses relations diplomatiques, et Doha rappelle son ambassadeur.
16 janvier. Les sanctions onusiennes sont levées. Mai. Le tribunal révolutionnaire de Téhéran condamne l'activiste féminine Narges Mohammadi à seize ans de prison pour « avoir établi et dirigé le groupe clandestin illégal Legam », qui lutte contre la peine de mort en Iran.
15-16 juillet. Téhéran apporte son soutien au régime turc victime d'une tentative de coup d'État.
21 décembre. Ankara, Téhéran et Moscou s'accordent sur le principe d'un cessez-le-feu élargi en Syrie.
2017
Juillet-août. Dans une sorte de scène de ménage régionale, l'Arabie saoudite, l'Égypte, Bahreïn et les Émirats arabes unis rompent leurs relations avec le Qatar et imposent un blocus à sa seule frontière terrestre. Les quatre alliés exigent, entre autres, le gel des projets pétro-gaziers avec l'Iran. Téhéran soutient Doha en envoyant de l'aide humanitaire. Le Qatar annonce le retour de son ambassadeur à Téhéran.
21 novembre. M. Rohani proclame la fin de l'OEI. 27 décembre. Mme Vida Mohaved ôte son foulard et le tient au bout d'un bâton pendant plus d'une heure sur l'avenue Enghelab, où se sont déroulées les manifestations de 1979 et de 2009, avant d'être arrêtée. Des manifestations se déroulent dans plusieurs villes, les autorités procèdent à 4 000 arrestations, 1 500 manifestants sont tués. 29-30 décembre. Manifestations massives contre la hausse des prix et la corruption. Les protestataires décrient la hausse de 50 % des prix de l'essence.
Isolement et répression
2018
Janvier. Alors qu'ils enquêtent sur l'utilisation des ressources aquifères, qui connaissent une situation critique, huit membres du Persian Wildlife Heritage Fund sont arrêtés pour « espionnage » et « crime contre la sécurité nationale » (lire « Un défi existentiel »).
8 mars. Manifestations féministes contre le hijab lors de la Journée internationale des droits des femmes, des dizaines de manifestantes sont arrêtées.
Avril. Les habitants d'Ispahan manifestent leur colère après que les ressources hydriques de la province ont été détournées vers Yazd, causant une pénurie d'eau et une sécheresse sévère.
8 mai. Retrait des États-Unis de l'accord sur le nucléaire (JCPOA) et lancement de la politique de « pression maximale », avec le rétablissement de lourdes sanctions économiques (qui passent de 370 à 1 500), y compris sur les entreprises américaines ou étrangères qui viendraient à commercer avec l'Iran.
16-17 mai. Les États européens déclarent leur volonté unanime de rester dans l'accord JCPOA, sans pour autant trouver une riposte commune à l'application extraterritoriale des lois américaines qui pénaliseraient les entreprises européennes opérant en Iran.
Juillet. Un rapport spécial du Parlement, intitulé « Éléments efficaces de la mise en œuvre des politiques sur le voile et solutions disponibles », reconnaît que seules 35 % des femmes acceptent le tchador, et que 70 % d'entre elles font partie des bad hijab ou ne sont pas favorables à l'obligation de son port.
2019
Avril. M. Donald Trump impose de nouvelles sanctions à l'Iran. En réponse, Téhéran déclare reprendre l'enrichissement de l'uranium.
Mai. Les pasdarans attaquent quatre pétroliers provenant du port émirati de Foujeyrah dans le golfe d'Oman. Un drone de surveillance de l'armée américaine est aussi abattu.
9 septembre. La militante féministe Sahar Khodayari s'immole après avoir reçu une peine de six mois de prison pour avoir tenté d'assister à un match de football au stade.
14 septembre. Frappes contre les infrastructures pétrolières saoudiennes de Bouqaiq et de Khourays, échappant au système de défense antiaérien fourni par l'Amérique. L'ONU juge peu crédible la revendication des houthistes.
16-17 novembre. Le gouvernement suspend les subventions sur le prix de l'essence, des manifestations éclatent dans des centaines de villes, dont les métropoles majeures, ce qui n'était pas le cas en décembre 2017. Comme à chaque soulèvement, la répression est brutale. Le régime accuse les États-Unis d'être à l'origine des troubles et arrête huit personnes pour complot.
2020
3 janvier. Le général Ghassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods, est tué par un drone américain.
16 avril. M. Rohani annonce que l'Iran reprend l'enrichissement de son uranium.
Décembre. Le Parlement adopte une loi qui mandate le gouvernement pour répondre aux actes non conformes des autres pays signataires du JCPOA par des actes eux-mêmes non conformes.
2021
Février. Accélération du programme d'enrichissement d'uranium et suspension des inspections de l'AIEA.
Mars. Ouverture de négociations avec la Chine pour un investissement à long terme de 450 milliards de dollars dans l'économie iranienne, dans le cadre des nouvelles routes de la soie (BRI). Les discussions ne déboucheront pas.
Juin. Ebrahim Raïssi succède à M. Rohani à la présidence.
Juillet. Des manifestants défilent dans le Sud-Ouest, dans les villes du Khouzistan, contre le manque d'eau, la pauvreté et la discrimination. Plusieurs sont tués par les tirs de la police. Une semaine plus tard, d'autres régions se soulèvent, y compris Ispahan.
Septembre. Entrée de l'Iran dans l'Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), composée de la Chine, de la Russie, de l'Inde, des pays d'Asie centrale et du Pakistan.
2022
8 mars. Mmes Yasmin Ariani, Munirah Arabshai et Mozghan Keshavarz sont condamnées à cinquante-cinq ans de prison pour avoir publié une vidéo d'elles distribuant, sans hijab, des fleurs aux passants lors de la Journée internationale des droits des femmes.
Août. Téhéran renonce à signer un nouvel accord nucléaire avec Washington.
14 septembre. Mahsa Amini tombe dans le coma après son arrestation par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés » et est déclarée morte deux jours plus tard. Cette tragédie provoque le début du mouvement « Femme, vie, liberté ». Le régime coupe l'accès à Internet et ouvre le feu sur les manifestants. L'association Iran Human Rights comptabilise au moins 92 manifestants tués entre le 16 septembre et le 2 octobre. Des centaines d'autres le seront au cours des mois suivants.
Septembre. « Vendredi noir » à Zahedan, dans le Baloutchistan (sud-est du pays) : 96 manifestants sont tués par les autorités alors qu'ils protestent contre le viol d'une fille baloutche de 15 ans par le chef de la police de Chahabar.
26 octobre. Les manifestations et grèves s'intensifient lors du 40e jour de deuil depuis le meurtre de Mahsa Amini.
19 novembre. Sévère mise en garde du Guide suprême Khamenei contre les manifestants. 21 novembre. La sélection iranienne de football refuse d'entonner l'hymne national à la Coupe du monde au Qatar.
15 décembre. L'Iran est exclu de la Commission de la condition de la femme des Nations unies.
Vers la guerre
2023
10 mars. Téhéran et Riyad annoncent la reprise de leurs relations diplomatiques, un accord parrainé par Pékin. Avril. Selon Iran Human Rights, le bilan des manifestants tués depuis la mort de Mahsa Amini dépasserait 537 personnes, tandis que plusieurs centaines d'autres ont été exécutés.
11 septembre. Un an après les manifestations « Femme, vie, liberté », l'imam Khamenei publie un tweet accusant les États-Unis d'avoir formé un « groupe de crise » visant à déstabiliser la région.
Octobre. Israël cible des généraux des pasdarans, ainsi que les installations nucléaires iraniennes. La militante Narges Mohammadi obtient le prix Nobel de la paix.
2024
1er janvier. L'Iran rejoint les Brics. Avril. Israël bombarde le consulat iranien à Damas, tuant plusieurs hauts fonctionnaires. Téhéran riposte en envoyant 300 drones vers Israël, la plupart interceptés.
18 mai. Le président Raïssi perd la vie dans un accident d'hélicoptère. Juillet. Le réformiste Massoud Pezechkian remporte l'élection présidentielle. Alors qu'Ismaïl Haniyeh, chef du Hamas, se rend à Téhéran pour célébrer son investiture, il est tué par une frappe de drone israélienne.
Octobre. Après l'assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, par Israël, Téhéran lance l'opération « Promesse honnête II » et cible des installations militaires en Israël avec plus de 200 missiles.
Décembre. À Damas, la chute du régime de M. Al-Assad est un revers pour la stratégie de « défense avancée » iranienne.
2025
Février.
Téhéran enclenche l'expulsion de 1,6 million de réfugiés afghans.
13 juin. Israël lance « Lion debout », une campagne de bombardements contre l'Iran ; seize scientifiques nucléaires iraniens sont assassinés.
22 juin. Les États-Unis interviennent directement avec l'opération « Marteau de minuit », bombardant les sites nucléaires de Fordo, Natanz et Ispahan, un coup de massue pour le programme nucléaire iranien. La « guerre de douze jours » met fin aux négociations sur ce programme. L'Iran riposte notamment contre la base américaine d'Al-Oudeid au Qatar.
Septembre. Le Conseil de sécurité des Nations unies autorise le rétablissement des sanctions contre l'Iran.
2026
6-8 janvier. Alors que l'inflation est de 60 %, le gouvernement annonce une augmentation des salaires de 20 % seulement. Le bazar proteste contre la vie chère et de la dépréciation de la monnaie nationale face au dollar. Les manifestations gagnent tout le pays et subissent la répression des forces de sécurité. Plusieurs milliers de morts sont recensés. Les États-Unis incitent les Iraniens à se révolter, mais n'apportent finalement aucune aide.
28 février. Washington et Tel-Aviv lancent l'opération « Fureur épique » visant des centaines de cibles militaires, nucléaires et de commandement. L'imam Khamenei est tué. L'Iran répond par des frappes de missiles et de drones contre Israël et des bases américaines au Proche-Orient.
8 mars. L'ayatollah Mojtaba Khamenei, fils d'Ali Khamenei, lui succède.
8 avril. Un premier cessez-le-feu entre en vigueur.
17 juin. MM. Trump et Pezechkian signent un mémorandum d'entente en 14 points, ouvrant soixante jours de négociations. L'accord prévoit le maintien du cessez-le-feu, la réouverture du détroit d'Ormuz, des discussions sur le nucléaire iranien, un allègement progressif des sanctions, des mécanismes de vérification internationaux et une clause concernant le Liban, par laquelle l'Iran s'engage à limiter son soutien militaire au Hezbollah et à empêcher toute attaque contre Israël depuis le territoire libanais.
8 juillet. Après des accusations réciproques de violations du cessez-le-feu, l'Amérique mène plus de 80 bombardements contre des installations iraniennes.
24 août. Après avoir alterné le chaud (négociations) et le froid (menaces de bombardement), Washington annonce un nouveau train de sanctions contre l'Iran. L'administration Trump somme les pays commerçant avec Téhéran de rompre tous leurs liens sous peine de sanctions secondaires. La Chine répond qu'elle « défendra ses droits et intérêts légitimes ».