Lavrov : Moscou examinera les propositions américaines, mais ne fera aucune concession politique
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Bruxelles chercherait à empêcher d’autres pays de profiter des perspectives de développement offertes par l’Arctique, estime l’ambassade de Russie à Londres. Dans une déclaration publiée le 20 octobre, en réaction à un entretien de Kaja Kallas au Times, la représentation diplomatique russe écrit : « Plutôt que de promouvoir la coopération dans l’Arctique, Bruxelles, animée par une rage impuissante, cherche à endiguer les autres nations et à les priver d’opportunités de développement. »
Dans son entretien publié le 19 octobre, la chef de la diplomatie européenne demande à l'UE de travailler avec les États-Unis et le Canada pour empêcher la Russie et la Chine de dominer les routes de l'Arctique. Kallas dit vouloir « […] veiller à ce que cette route [maritime du Nord] reste ouverte à tous ».
La route maritime du Nord longe les côtes russes et relie l'Europe à l'Asie. La Russie y développe des ports, des infrastructures de transport et une flotte de brise-glaces. Bruxelles dit s'inquiéter de la coopération entre Moscou et Pékin, alors que la Chine investit dans des projets de transport et d'exploitation des ressources de la région.
Le 20 octobre, la Commission européenne a présenté une stratégie qui donne davantage de place aux questions de sécurité qu'en 2021. Elle prévoit de renforcer la surveillance par satellite, de protéger les câbles sous-marins et de créer un dispositif de suivi du trafic maritime.
L'UE veut aussi accroître ses capacités en brise-glaces et faciliter les déplacements de troupes et de matériel par les ports, les aéroports et les voies de transport de l'Arctique. Kallas a annoncé des investissements de 260 millions d’euros dans des technologies adaptées aux conditions polaires. Lors de la présentation de cette stratégie, elle a déclaré : « L’Europe ne restera pas spectatrice dans l’Arctique. »
Interrogé le 20 octobre sur les projets de Bruxelles, Dmitri Peskov, porte-parole du président russe Vladimir Poutine, a rappelé la position de Moscou : « Nous sommes convaincus que l’Arctique ne doit pas être une zone d’affrontement ou de confrontation. L’Arctique doit être un territoire de coopération mutuellement avantageuse. »
Peskov a également rappelé l’opposition répétée de Kaja Kallas au dialogue avec Moscou, s’interrogeant sur la manière dont les diplomates européens comptaient organiser des échanges avec la Russie tout en refusant de lui parler.

Des frappes aériennes menées du 10 au 18 octobre dans le nord-est du Nigeria ont neutralisé 103 terroristes, ciblant leurs positions et leurs installations logistiques. Ce bilan a été communiqué le 19 octobre par le capitaine Mohammed Goni, officier chargé par intérim de l’information militaire au quartier général de l’opération Hadin Kai.
Au total, sept frappes ont visé plusieurs localités des États de Borno et d’Adamawa. Une opération majeure a notamment ciblé, le 18 octobre, une résidence secondaire d’Abu Saleem, présenté par l’armée nigériane comme le wali, ou gouverneur, de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) dans le sud du bassin du lac Tchad.
Selon le communiqué, cette frappe a détruit le bâtiment visé, neuf moteurs de bateau ainsi que plusieurs motos. L’armée fait également état de la mort de Jindullah, identifié comme le chef de la sécurité d’Abu Saleem, et d’Abul Kissa, membre du Conseil de la Choura du groupe, ainsi que de plusieurs autres combattants.
Lors d’une opération menée le 13 octobre, un appareil de surveillance militaire a suivi un groupe de 16 terroristes depuis la région de Mairari jusqu’à un rassemblement de plus de 100 combattants, à environ 23 kilomètres à l’est de Badu et 19 kilomètres à l’ouest de Monguno, précise le communiqué. Une frappe aérienne menée par la suite a tué une trentaine de combattants, selon l’armée, qui indique toutefois ne pas avoir pu confirmer l’étendue des dégâts causés aux motos présentes sur les lieux.
Toujours selon l’armée nigériane, ces frappes de précision ont détruit plusieurs plateformes logistiques et installations de stockage, perturbant ainsi les circuits d’approvisionnement et les capacités opérationnelles de l’ISWAP. Pour l’armée, ces résultats « soulignent l’efficacité des opérations aériennes coordonnées et guidées par le renseignement pour affaiblir les capacités terroristes, désorganiser les structures de commandement et démanteler les réseaux logistiques essentiels ».
Les groupes terroristes de l’ISWAP et de Boko Haram menacent depuis plusieurs années la sécurité du nord-est du Nigeria, multipliant les attaques contre les populations civiles et les forces de sécurité. L’opération Hadin Kai est déployée dans cette région pour lutter contre ces groupes armés.

En déplacement à Bombay le 20 octobre, Marco Rubio a répondu aux questions des journalistes sur les relations entre Washington et Kiev. Le secrétaire d’État américain venait de s’entretenir pendant 45 minutes avec Volodymyr Zelensky : « Aucun doute, il y a des tensions. C’est précisément pour cela que nous avons eu cet échange téléphonique. Le président est contrarié par les insinuations selon lesquelles il agirait délibérément pour nuire à l’Ukraine. Ce n’est ni juste ni vrai. »
La veille, devant la Maison Blanche, Donald Trump a été interrogé sur les propos du chef du régime de Kiev. Dans un entretien accordé le 14 octobre à Piers Morgan, Zelensky avait critiqué l'accord conclu entre Moscou et Washington sur le diesel russe, accusant Trump de choisir le mauvais camp.
Le président américain a répliqué : « Zelensky ne sait pas de quoi il parle. Il aurait dû gérer cette guerre depuis longtemps. » Trump a également mis en cause la conduite des négociations par Kiev : « Il est peut-être temps que Zelensky charge quelqu’un d’autre de négocier. »
Selon le New York Times, l'administration américaine entend accentuer la pression sur Kiev pour lui faire accepter des concessions territoriales. Le quotidien rapporte que Trump juge inutile de s'obstiner sur les zones encore contrôlées par Kiev dans l'est. Le journal ajoute : « Il y a aussi de l’argent à gagner pour l’Ukraine, si seulement elle acceptait de lever ses objections à un accord. »
Le 20 octobre, Steve Witkoff, envoyé spécial de Donald Trump, participe à Oslo aux discussions avec Zelensky et des responsables européens. Les propositions élaborées doivent ensuite être présentées à Vladimir Poutine.
Avant cet entretien téléphonique, Zelensky avait accusé Washington d'avoir suspendu la transmission de certains renseignements et limité l'accès au réseau satellite Starshield.
Le 20 octobre, à l’issue de son échange avec Rubio, il a de nouveau réclamé des missiles intercepteurs pour les systèmes Patriot, des alertes sur les tirs de missiles et le rétablissement des services satellitaires. Il a précisé : « Troisièmement, [nous avons abordé] la situation autour de Starlink/Starshield, dont le fonctionnement doit être rétabli. »
Rubio avait déjà réfuté ces accusations le 19 octobre, lors d'un échange avec la presse à Samarcande, en Ouzbékistan. Il a assuré que le partage de renseignements n'avait pas été interrompu, puis déclaré : « Je ne vais pas continuer à commenter ou à réagir à absolument tout ce qu’il dit dans la presse. »

Les députés de l’Assemblée législative du peuple (ALP) burkinabè ont adopté à l’unanimité, lors d’une séance plénière, le 19 octobre, un projet de loi portant définition et détermination des entités économiques, commerciales et industrielles dites « à caractère stratégique ». Le texte interdit toute privatisation totale ou partielle des entreprises stratégiques appartenant à l’État, dont les prérogatives sont par ailleurs renforcées en matière de contrôle et de participation au capital des entités jugées stratégiques.
D’après la presse burkinabè, une loi de décembre 1993 définissait déjà les entreprises à caractère stratégique. Elle visait à protéger ces entités économiques dont la privatisation pourrait peser sur l’équilibre social, mais n’a pas empêché que plusieurs entreprises publiques soient privatisées entre 1993 et 1994. Avec la réforme qui vient d’être adoptée, les autorités entendent se conformer aux orientations souverainistes en matière d’industrie et d’économie prônées par la Révolution populaire progressiste.
Le ministre de l’Industrie Serge Poda a défendu le nouveau cadre légal devant l’ALP, indiquant qu’elle fixe les critères permettant de qualifier de stratégique une entreprise ou un secteur d’activité. À ce propos, il a précisé que « ce sont des secteurs qui ont un lien avec la souveraineté nationale, qui ont un lien avec la sûreté nationale contre toutes les velléités, que ça soit des velléités intérieures comme des velléités extérieures. Ça a un lien aussi avec l’impact important de ses entités sur l’équilibre social et l’équipe économique de notre pays ».
S’agissant du renforcement des prérogatives et de la participation de l’État en la matière, Serge Poda a expliqué que, par ce texte, l’État cherchait à préserver l’intérêt général, l’intérêt national et celui de toute la population du Burkina Faso. Selon le ministre, la nouvelle loi doit marquer le renouveau de la création et de la protection d’outils stratégiques de transformation et de production, qu’ils soient commerciaux, industriels ou économiques, au service de la souveraineté du pays.
Parmi elles figurent l’affirmation du droit de l’État burkinabè à entrer dans le capital des entreprises à caractère stratégique et l’encadrement du pouvoir de décision des entités économiques, commerciales et industrielles de même catégorie. L’État pourra ainsi soumettre certaines opérations à l’autorisation préalable du Conseil des ministres. Le texte prévoit aussi une clause d’insaisissabilité des biens et des comptes des entités concernées. Elle affirme clairement la possibilité pour l’État de réserver l’exercice de certaines activités économiques stratégiques, définies par voie réglementaire, exclusivement à des nationaux.

Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, s’est exprimé, dans un communiqué publié ce 20 octobre, sur les développements politiques et sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC). Il a salué les efforts du président congolais Félix Tshisekedi en faveur d’un dialogue politique national inclusif, associant l’ensemble des acteurs politiques et sociaux concernés, dans le respect des institutions de la République.
Mahmoud Ali Youssouf a appelé l’ensemble des acteurs politiques et des parties concernées « à privilégier exclusivement les moyens pacifiques, à faire preuve de retenue et à s’abstenir de toute initiative susceptible d’alimenter les tensions ou de compromettre les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale ».
Rappelant l’attachement de l’organisation panafricaine aux principes consacrés par son Acte constitutif, la Déclaration de Lomé de 2000 et la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, le président de la Commission a souligné que ces textes condamnaient « les changements anticonstitutionnels de gouvernement, notamment la prise du pouvoir par la force et le renversement des institutions démocratiquement établies ».
Dans ce contexte, il a exhorté les acteurs politiques et les parties concernées, sans les désigner nommément, à faire preuve de retenue et à privilégier les voies pacifiques afin de préserver les perspectives de dialogue et de réconciliation nationale.
Réaffirmant son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la RDC, le président de la Commission de l’UA a également appelé à préserver les acquis des processus de Doha et de Washington, à mettre en œuvre les engagements souscrits, à respecter le cessez-le-feu et à garantir la protection des populations civiles. L’organisation panafricaine réaffirme ainsi son soutien à la voie diplomatique pour favoriser la désescalade, dont les perspectives demeurent toutefois tributaires de la volonté des parties de traduire leurs engagements en actes sur le terrain.
L’UA a renouvelé son plein soutien aux efforts de médiation conduits par Faure Essozimna Gnassingbé, président du Conseil de la République togolaise et médiateur de l’Union africaine, avec l’appui du Panel des facilitateurs de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).
La Commission de l’UA a, pour sa part, réaffirmé sa disponibilité à accompagner ces efforts, « en coordination avec les initiatives régionales et internationales », en vue de l’instauration d’une paix durable en RDC et dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
Sur le terrain, la situation sécuritaire dans l’est de la RDC demeure particulièrement tendue, dans un contexte d’affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés, sur fond de crise humanitaire marquée par des déplacements massifs de populations fuyant les combats.

Le 19 octobre sur LCI, David Lisnard voulait dénoncer les drapeaux algériens aperçus lors des manifestations du 17 octobre. Mauvaise pioche : Lola-Fleur Whittaker, étudiante proche de La France insoumise, lui a demandé ce qui s'était passé à Paris, précisément le 17 octobre 1961. Le maire de Cannes, également candidat à la présidentielle de 2027, n'a guère apprécié la leçon d'histoire.
« Non mais je m'en fous madame, j'en ai rien à f*****, j'en ai rien à cirer, j'étais pas né », a lâché Lisnard. Voilà qui réglerait bien des débats historiques : il suffirait de présenter son acte de naissance.
Le président de l’Association des maires de France a ensuite sorti un autre argument : « J’ai des potes algériens, heureusement mes potes d’origine algérienne ils ont bien compris qu’on était passé à autre chose. » On connaissait la formule « je ne suis pas raciste, j’ai un ami noir ». Voici sa variante cannoise, où quelques connaissances font office de réponse à un massacre.
🇫🇷🇩🇿 Une étudiante à David Lisnard : "Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 ?", en référence aux Algériens noyés dans la Seine à Paris. - David Lisnard : "Je m’en fous (...) J’en ai rien à cirer". https://t.co/Ysh6Qy9dtv
— AlertesInfos (@AlertesInfos) October 19, 2026
Le 17 octobre 1961, quelque 22 000 Algériens manifestaient pacifiquement contre un couvre-feu discriminatoire imposé à Paris. Sous les ordres du préfet Maurice Papon, la police a réprimé le cortège : plus de 11 000 arrestations, des manifestants battus, d'autres jetés dans la Seine. Un rapport administratif de 1998 dénombrait 32 morts ; l'historien Jean-Luc Einaudi estimait le bilan à environ 200. Le chiffre exact reste discuté.
En mars 2024, l'Assemblée nationale a adopté une résolution condamnant ce massacre. Les drapeaux algériens présents 65 ans plus tard n'étaient donc pas tombés du ciel. Lisnard a ensuite admis la gravité des faits, avant de rappeler qu'ils remontaient à 1961. Voilà la commémoration expédiée.
Dans Public, le journaliste Romain Fiaschetti note que le maire « convoque ensuite ses amis » pour se défendre. L'essayiste Amine El-Khatmi, lui, a jugé sa réponse « parfaite ». Preuve que la sortie ne fait pas rire tout le monde, ni pour les mêmes raisons.
Sur les réseaux sociaux, un internaute s'est amusé du slogan utilisé par les soutiens du candidat, « il se passe quelque chose » : en 1961, justement, il s'est passé quelque chose. Le 17 octobre, Le Monde s'interrogeait déjà sur cette soudaine popularité en ligne : selon Visibrain, certains comptes relayant le slogan dépassaient 500 publications quotidiennes.
Lisnard cherchait à faire connaître son nom avant 2027. Le voilà au centre des conversations, mais pas forcément pour les raisons espérées.

Face à la grogne sociale et aux revendications syndicales, le gouvernement sénégalais a choisi de faire le point sur son action lors d’une conférence de presse tenue le 19 octobre. Coordonnée par le ministre de la Fonction publique et du Travail, cette rencontre a réuni plusieurs départements ministériels, notamment ceux de l’Éducation nationale, de la Justice, de la Santé, de l’Enseignement supérieur, de la Formation professionnelle, des Transports et du Budget.
L’initiative, impulsée par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, vise à informer l’opinion publique et à « apporter aux Sénégalais et aux Sénégalaises des informations claires sur les efforts engagés par le gouvernement en réponse aux revendications des travailleurs », a indiqué le porte-parole du gouvernement, Bakary Sarr.
Selon la presse sénégalaise, cette démarche fait suite à une réunion du comité de pilotage du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et le développement, tenue le 15 octobre sous la présidence du chef du gouvernement.
Le porte-parole a souligné que cet exercice répondait à une exigence de transparence et de redevabilité, permettant de dresser un état précis de l’avancement des mesures engagées, ministère par ministère. Il a également renouvelé l’appel aux centrales syndicales à poursuivre la concertation dans un climat social apaisé.
« Le gouvernement demeure ouvert au dialogue et à l’apaisement. Notre priorité est de poursuivre les échanges dans un esprit de responsabilité, de recherche de solutions dans l’intérêt des travailleurs comme de l’ensemble de la population », a-t-il affirmé.
Le Front syndical pour la défense des travailleurs (FSDT), collectif regroupant treize syndicats de différents secteurs, a appelé à une marche le 20 octobre, suivie d’une grève générale de trois jours à partir du 21 octobre.
La mobilisation concerne notamment les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’enseignement supérieur et de l’électricité. Les syndicats réclament l’application des accords conclus pour améliorer les conditions de travail et répondre aux revendications salariales.
La revalorisation des pensions de retraite, le relèvement de l’âge obligatoire de départ à la retraite de 60 à 65 ans, le versement de primes ainsi que la généralisation de l’indemnité de logement à 100 000 francs CFA figurent également parmi les revendications.
Cet appel à la grève intervient à quelques jours de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar 2026, prévus du 31 octobre au 13 novembre. Une édition historique pour le Sénégal et le continent africain, qui accueillera pour la première fois une manifestation olympique.
De son côté, Mamadou Lamine Dianté, ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, a solennellement appelé le FSDT à suspendre son mouvement au profit de la concertation. Affirmant que le pays était « encore loin du point de rupture », il a réitéré la disposition du gouvernement à rechercher des solutions.
Cet appel fait suite à une demande formulée la semaine précédente par le Premier ministre, qui avait invité les syndicats à observer un moratoire de trois mois sur les grèves, dans un contexte de difficultés financières persistantes.

L’audience s’est ouverte dans un climat électrique au tribunal correctionnel de Paris. Rima Hassan, poursuivie pour un tweet publié en mars et citant l’un des auteurs de l’attentat de 1972 à l’aéroport de Tel Aviv, a choisi de garder le silence après une brève déclaration, tandis que les incidents se multipliaient dans la salle.
Vêtue d’un pull rouge et d’un keffieh, l’eurodéputée a déclaré à la barre : « Je suis ciblée par une tentative d’intimidation et de mise sous silence d’une élue de l’opposition. » Elle s’est présentée comme « l’élue la plus poursuivie de l’histoire de la Ve République en raison de ses opinions politiques », avant d’exercer son droit au silence.
Le message incriminé, supprimé depuis, reprenait les propos de Kozo Okamoto : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » En marge du procès, un individu a proféré des menaces à l’encontre de l’élue insoumise.
🚨 ALERTE INFO - Un homme menace de FRAPPER la députée Rima Hassan devant des agents de police au tribunal. « J’ai envie de la défoncer ! » https://t.co/wtA53tb9dk
— Focus (@FocusMedia_Fr) October 19, 2026
Les tensions sont rapidement montées. L’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, a quitté la salle après que Me Galina Elbaz, avocate de la Licra, a évoqué des « tropes antisémites » dans sa plaidoirie. Plus tôt, un autre avocat d’une partie civile lui avait reproché d’avoir suggéré une « double allégeance ».
« On m’insulte ! On me menace ! », s’était insurgé Me Brengarth, affirmant avoir été traité de « salopard ». Plusieurs suspensions d’audience ont été nécessaires.
Être avocat, défendre @RimaHas, exercer librement sa mission : voilà ce qui m’a valu des injures, jusque dans l’enceinte judiciaire, de la part du président de l’Observatoire juif de France. C’est parfaitement inacceptable. La défense ne se laissera pas intimider.
— Vincent Brengarth (@v_brengarth) October 19, 2026
La défense a dénoncé le caractère politique de la procédure, engagée après un signalement du ministre de l’Intérieur, et soulevé des exceptions de nullité concernant la garde à vue et le « déferlement » de parties civiles.
Des témoins, dont l’ancien journaliste Alain Gresh, ont contesté la qualification de « terrorisme » pour l’attentat de 1972. Du côté des parties civiles, Yves Klejman, fils d’une victime blessée, a joué sur la corde de l’émotion : le tweet l’aurait « blessé ». Il a exprimé sa volonté de « rendre justice à Maman ».
🔴Procès de Rima Hassan pour apologie du terrorisme « Comment une députée qui représente la France, qui me représente, peut-elle dire que ce n’est pas du terrorisme, que maman n'a pas été victime d'un acte terroriste ? » Yves Klejmann https://t.co/4JiS8hExWn
— Radio RCJ (@RCJRADIO) October 20, 2026
Les plaidoiries sont prévues le 20 octobre. Rima Hassan encourt jusqu’à sept ans de prison et 100 000 euros d’amende.

Pour le Service de renseignement extérieur de la Fédération de Russie (SVR), « une nouvelle source de panique a émergé à Kiev ». Dans son communiqué du 20 octobre, le renseignement russe indique que la présidence ukrainienne a appris que les forces de l’ordre américaines avaient recueilli, au cours de leurs enquêtes sur les cartels mexicains, des informations concernant une collaboration entre ces organisations criminelles et des représentants du régime de Kiev.
Le renseignement extérieur russe décrit une pratique installée depuis longtemps : des cartels mexicains envoient leurs hommes en Ukraine pour apprendre à assembler des drones et à les utiliser en situation de combat. Cette préparation se déroule, selon le communiqué, au sein des forces armées ukrainiennes.
« Au moins 80 individus ont été identifiés comme ayant reçu une formation adéquate au sein des Forces armées ukrainiennes. » Et cet apprentissage a un prix. Le renseignement extérieur russe affirme que l’argent est versé à des responsables proches de Volodymyr Zelensky. Les fonds proviennent des ventes de stupéfiants réalisées par les cartels aux États-Unis.
L’arrivée d’opérateurs de drones FPV dans les rangs des cartels concerne directement la sécurité américaine. D’après le renseignement extérieur russe, le régime de Kiev est conscient des dangers que ces hommes formés en Ukraine font courir aux agents américains engagés dans la lutte contre le narcotrafic à la frontière avec le Mexique.
Pour Moscou, cette coopération avec les trafiquants représente également une menace pour la carrière de Zelensky. Le communiqué la décrit comme un « clou supplémentaire dans le cercueil » de son avenir politique. Les compétences acquises au sein des forces ukrainiennes se retrouvent ainsi entre les mains de groupes criminels combattus par les États-Unis.
Le renseignement extérieur russe associe ce dossier à une série de griefs contre Zelensky : la corruption, son attitude envers Washington, son refus d’organiser des élections et les frappes ukrainiennes contre les raffineries russes, maintenues malgré les avertissements américains.
Le communiqué affirme que l’entourage de Zelensky redoute de voir la Maison Blanche « abandonner définitivement son soutien au clown sanglant de Kiev ». Pour les proches du dirigeant ukrainien, les liens avec les cartels viennent donc s’ajouter à des tensions déjà nombreuses avec Washington.

Un Boeing 737 exploité par Royal Jet, compagnie de charter détenue par le gouvernement des Émirats arabes unis, a atterri à Téhéran le 19 octobre, selon des données de suivi aérien. L’appareil, immatriculé A6-AIN, aurait effectué le même trajet deux jours plus tôt. Aucun responsable émirati ou iranien n’a précisé qui se trouvait à bord ni l’objet exact de ces déplacements.
Le calendrier attire l’attention. Ces vols surviennent alors que les tensions s’intensifient autour du détroit d’Ormuz, sur fond d’attaques iraniennes contre la navigation commerciale et de menaces américaines de nouvelles frappes. Téhéran réclame notamment la levée du blocus américain, celle des sanctions pétrolières et la fin des hostilités régionales avant de rouvrir le détroit.
Les déplacements sont d’autant plus notables que les relations entre Abou Dhabi et Téhéran restent profondément ambivalentes. Les Émirats ont suspendu en août leurs échanges commerciaux et financiers avec l’Iran, puis de nouveau condamné une attaque iranienne à la fin du mois. Mais ils continuent, parallèlement, de défendre le dialogue et la désescalade.
Ces mouvements répétés d’un appareil lié au gouvernement suggèrent donc l’existence d’un canal discret entre les deux capitales, sans qu’il soit possible d’en connaître le contenu. Abou Dhabi pourrait chercher à réduire le risque d’une nouvelle confrontation directe avec l’Iran, à protéger ses infrastructures et à peser sur les discussions sur Ormuz. En juin, Reuters avait déjà affirmé que les Émirats avaient accepté de débloquer plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens dans le cadre d’un effort de désescalade, ce qu’Abou Dhabi a démenti.
Dans le contexte actuel, ces vols ne prouvent pas l’existence d’une médiation formelle. Ils laissent en revanche penser que, malgré les tensions, Abou Dhabi veut préserver une ligne de communication directe avec Téhéran.

Après les scènes de chaos qui ont marqué la fin de semaine, Gérard Larcher monte au créneau. Dans un entretien au Figaro, le président LR de la Haute Assemblée, deuxième personnage de l’État, dresse un bilan sans concession de la gestion des émeutes et pointe les renoncements accumulés depuis des années.
Le 18 octobre, Gérard Larcher avait déjà réagi sur X : « Le chaos. Nous avons vécu le chaos. Des scènes d’une rare violence. […] Les constats et les incantations ne suffisent plus. Les Français demandent des réponses sur les défaillances qui ont conduit à ce désastre et des actes enfin pour y remédier ! »
Le chaos. Nous avons vécu le chaos. Des scènes d’une rare violence . Je veux dire, au nom du @senat, la reconnaissance de la Nation pour nos forces de l’ordre et les pompiers mobilisés hier, mais aussi pour les agents des municipalités qui ont nettoyé toute la nuit, des heures durant. Je pense aux commerçants, qui ont vu, impuissants, le fruit de leur travail piétiné, pillé, saccagé, incendié, tous ceux qui ce matin doivent tout recommencer. Voilà le fruit des discours de haine, voilà le résultat d’une instrumentalisation de la part des pyromanes de l’extrême gauche voilà ce qui se passe quand on juge que la violence peut être légitime. Les constats et les incantations ne suffisent plus. Les Français demandent des réponses sur les défaillances qui ont conduit à ce désastre et des actes enfin pour y remédier !
— Gérard Larcher (@gerard_larcher) October 18, 2026
Dans son entretien au Figaro, le président du Sénat enfonce le clou : « La France a été prise en flagrant délit de faiblesse. » Il évoque la « sidération », la « colère » et la « honte » face aux attaques contre les mairies, les préfectures, les commerces, les forces de l’ordre et les pompiers.
Pour le sénateur des Yvelines, « notre politique sécuritaire a été mise en échec » et les forces de l’ordre, auxquelles il rend hommage, ont été « dépassées ». Le 19 octobre, il s’est rendu à Sailly, dans les Yvelines, avec la porte-parole du gouvernement, « en soutien aux élus locaux ». Il a affirmé à cette occasion que « c’est la République tout entière qui est attaquée ».
🇫🇷 Mairies attaquées, offices du tourisme saccagés, Marianne renversée, j’étais ce matin avec @sophieprimas, aux côtés du maire à Sailly en soutien aux élus locaux. C’est la République tout entière qui est attaquée. https://t.co/yG6MvPedhE
— Gérard Larcher (@gerard_larcher) October 19, 2026
Il refuse de demander la démission de Laurent Nuñez, mais exige du ministre de la Justice « la vérité » sur le nombre exact de condamnations et de placements en détention.
« Le sentiment d’impunité est trop grand », souligne-t-il. Gérard Larcher élargit son diagnostic aux « renoncements » du quinquennat Macron : échec de l’intégration, politique migratoire, faillite de l’autorité et de l’école. Il dénonce la « collusion de l’ultragauche et des pillards » et accuse LFI d’alimenter un « discours de haine ».
Quant aux réponses immédiates, le président du Sénat se dit favorable à la privation d’aides sociales pour les casseurs, soutient la loi « casseurs-payeurs » et estime que « la question de l’état d’urgence mérite d’être posée ». Il appelle également à réfléchir au maintien de la journée de mobilisation du 5 novembre.
Enfin, il regrette le départ d’Emmanuel Macron pour le Golfe : « Le chef de l’État doit être présent lorsque les difficultés du pays sont au niveau que nous connaissons. »

Face aux scènes de pillages et d’affrontements qui ont secoué plusieurs villes, le gouvernement multiplie les annonces pour reprendre le contrôle. Le ministre de la Justice ouvre la voie à des gardes à vue plus longues, celui de la Ville et du Logement cible le portefeuille des délinquants et celui de l’Intérieur resserre le dispositif sur le terrain, notamment à Marseille.
Invité du 20 heures de TF1, le 19 octobre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé avoir adressé « une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée ». La requalification permet de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures, d’autoriser les géolocalisations et les écoutes téléphoniques, et de recourir à la reconnaissance faciale en croisant les images des réseaux sociaux avec le fichier de traitement d’antécédents judiciaires.
J’ai envoyé ce matin une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de retenir les qualifications de criminalité organisée face à ces actes extrêmement graves. Sous ce régime, les gardes à vue pourront être prolongées jusqu’à 72 heures, des géolocalisations et des écoutes téléphoniques seront possibles et, pour la première fois dans ce contexte, nous aurons recours à la reconnaissance faciale pour identifier ceux qui revendiquent des violences et des pillages, notamment sur les réseaux sociaux.
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) October 19, 2026
Au total, 2 513 gardes à vue ont été recensées depuis samedi, selon lui, et près des deux tiers se poursuivaient lundi soir. Le même soir, 67 personnes étaient déjà incarcérées, un chiffre porté ensuite à 123.
Parallèlement, le ministre de la Ville et du Logement Vincent Jeanbrun a annoncé une circulaire commune avec Gérald Darmanin visant à réduire les aides sociales des pilleurs. « Casseurs, pilleurs, voleurs : les prestations sociales, c’est terminé ! Nous prenons une circulaire avec [Gérald Darmanin] pour que les délinquants se voient retirer de leurs prestations sociales l’équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recel », a-t-il écrit sur X.
Casseurs, pilleurs, voleurs : les prestations sociales, c’est terminé ! Nous prenons une circulaire avec @GDarmanin pour que les délinquants se voient retirer de leurs prestations sociales l’équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recel. 👇 https://t.co/49FNCt1tpU
— Vincent Jeanbrun (@VincentJeanbrun) October 19, 2026
Les revenus tirés de la revente de biens volés seront intégrés au calcul du revenu de solidarité active, des allocations chômage, des aides au logement et des allocations familiales. La mesure, qui s’étend à d’autres formes d’économie souterraine, complète le futur projet de loi « casseur-payeur ».
Laurent Nuñez a promis un dispositif policier « très important » pour la mobilisation de samedi et justifié les couvre-feux. Un couvre-feu pour les mineurs, de 22 heures à 5 heures, s’applique de mardi à vendredi dans certaines zones de la ville et de communes des Bouches-du-Rhône. Ces mesures ciblées, déjà en vigueur dans d’autres agglomérations, doivent permettre de contenir de nouveaux débordements tout en affichant la fermeté de l’exécutif.
