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Received — 2 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Contestation étudiante : la dangereuse stratégie de la répression

2 October 2026 at 15:24

Par Eric V.
600 interpellations avant midi, 564 établissements perturbés, 40 proviseurs blessés. Un proviseur aspergé d'essence à La Ciotat, un commandant de police hospitalisé à Belfort. Et un gouvernement qui, en 24 heures, a donné deux explications incompatibles du même mouvement. Devaquet, le CIP, le CPE : 3 gouvernements ont déjà dangereusement joué cette partie, et l'ont perdue.

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600 interpellations avant midi. 564 établissements perturbés depuis ce matin. 40 proviseurs blessés, 65 personnels de l'Éducation nationale au total, chiffres du ministre ce matin. Hier, 1 207 établissements perturbés ou bloqués et 1 949 interpellations. Environ 400 lycées sur 3 700 sont fermés aujourd'hui.

Disons-le avant le reste, parce que cela ne se négocie pas. À La Ciotat, le proviseur du lycée de la Méditerranée a été aspergé d'essence et roué de coups. À Belfort, un commandant de police a été frappé au sol puis hospitalisé, et un suspect interpellé portait de l'acide chlorhydrique. Ceux-là ne portent aucune revendication. Un État qui ne protégerait ni les bâtiments ni les personnels manquerait à la seule mission que personne ne lui dispute.

Dans l'autre sens, 3 enquêtes de l'IGPN sont ouvertes depuis jeudi et un lycéen a été hospitalisé à Tours, la tête ouverte. La symétrie n'est pas morale, elle est factuelle : il y a de la violence des deux côtés du cordon, et c'est la marque des situations qu'on laisse durer.

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Deux explications pour un seul mouvement

Jeudi, l'entourage du Premier ministre fait savoir que les services de renseignement voient dans la mobilisation une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche. Vendredi matin, le ministre de l'Éducation explique que le mouvement a « changé de nature » et qu'il est « pris en otage par des groupes violents ».

Ces deux phrases ne disent pas la même chose. La première dit : ce mouvement n'existe pas, il est fabriqué. La seconde dit : ce mouvement existe, et on le lui vole. Un gouvernement peut se tromper ; il ne peut pas tenir les deux récits en 24 heures et prétendre savoir à quoi il a affaire.

Ce sont les chefs d'établissement qui tranchent : les auteurs des violences ne sont pas leurs élèves. C'est exactement la distinction que Matignon refusait la veille, en mettant dans le même sac celui qui réclame un professeur de français et celui qui asperge un proviseur d'essence.

L'article 54, retiré en 24 heures

Le 1er octobre, l'article 54 du projet de loi de finances instaure des droits d'inscription pour les étudiants non boursiers : 178 euros en BTS, 270 euros en classe préparatoire. Le même jour, des lycées brûlent. Le soir, le ministre de l'Éducation annonce que le gouvernement renonce.

24 heures entre le dépôt et le retrait. On peut y voir de l'écoute. J'y vois une mesure qui n'avait jamais été arbitrée : elle vient d'un autre bout de Paris, elle tombe sur un ministère qui ne l'a pas demandée, elle met une allumette dans une salle déjà chaude. Pas de l'écoute : un rattrapage.

Et pendant que la rue de Grenelle ramasse, Matignon durcit : consigne de fermeté pénale transmise aux procureurs généraux, rassemblements interdits aux abords des lycées fermés, conférence de presse tenue place Beauvau. Un gouvernement qui traite une crise scolaire depuis l'Intérieur et le bureau du directeur de Cabinet à Matignon a déjà dit ce qu'il pensait du dossier.

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1986, 1994, 2006

Novembre 1986. Le projet Devaquet soulève 500 000 personnes le 27 novembre. Le gouvernement tient. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, Malik Oussekine meurt sous les coups de voltigeurs. Le ministre démissionne le 6, Jacques Chirac retire le texte le 8. Chirac est Premier ministre et candidat. Il perd en 1988.

Mars 1994. Le contrat d'insertion professionnelle — le SMIC jeunes — met la jeunesse dans la rue 5 semaines durant. Édouard Balladur retire le dispositif le 30 mars. Il est Premier ministre et favori des sondages. Il perd en 1995.

Mars 2006. Le contrat première embauche est promulgué le 31 mars et remplacé le 10 avril. Dominique de Villepin est Premier ministre, et le recours annoncé de son camp. Il ne sera jamais candidat.

Dans les 3 cas, le pouvoir a cédé sur la mesure. Dans les 3 cas, il est tombé quand même. Ce qui l'a emporté n'était pas le texte : c'était le temps passé entre le premier cortège et le retrait, et ce qu'il avait fait de ce temps. Tenir. Accuser. Charger. Ce n'est jamais la mesure qui emporte un gouvernement, c'est le délai qu'il met à la retirer.

Les 3 ont un autre point commun, et nous y sommes. Le SNES-FSU appelle à la grève le mardi 6 octobre, aux côtés des lycéens. C'est l'instant où des adultes rejoignent, et où un mouvement scolaire devient un mouvement social.

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Ce qui reste quand la caisse est vide

Pourquoi recommencer une partie perdue 3 fois ? Pas par bêtise — la bêtise explique mal ce qui se répète. Par contrainte.

Pendant 40 ans, l'État français a éteint ses incendies sociaux en payant : une dotation à la filière mécontente, une dérogation à la profession bloquée, un dispositif à la génération en colère. Le 1er octobre, ce même État a déposé un budget qui demande 5,5 milliards aux retraités pour ramener le déficit de la sécurité sociale à 12,7 milliards, et il n'est pas certain de le faire voter. Il n'a plus de quoi acheter la paix. Quand un pouvoir ne peut plus payer, il n'a plus que des uniformes à offrir.

Ce n'est donc pas un gouvernement autoritaire par tempérament : c'est un gouvernement démuni qui découvre que le maintien de l'ordre est la dernière chose qu'il sache encore produire en quantité. Il en produit beaucoup. Et dire d'un mouvement qu'il est manipulé dispense d'écouter ce qu'il demande : des professeurs remplacés, des classes moins chargées, des bâtiments qui tiennent debout. On peut trouver ces revendications naïves. On ne peut pas les trouver séditieuses.

Nous avons notre part. Nous avons été nombreux, cette semaine, à regarder les vidéos en cherchant d'abord si le coup partait d'un casque ou d'une capuche, avant de chercher ce qui était réclamé. C'est confortable, et c'est exactement ce que le raidissement attend de nous : un uniforme plutôt qu'un argument.

Je ne sais pas si le mouvement tiendra après le 6 octobre. Je sais ce que 3 précédents disent de la méthode.

La fermeté, oui. Il n'a plus que ça.

Dès octobre, l’indépendant ne touche plus ses propres recettes: la plateforme prélève l'Urssaf à la source

Depuis le 1er octobre 2026, neuf plateformes prélèvent elles-mêmes les cotisations sociales de leurs indépendants et les versent à l'Urssaf. Obligatoire pour toutes dès le 1er janvier 2027, ce dispositif laisse au travailleur tous les risques de son statut, mais plus la maîtrise de sa trésorerie.

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Jusqu’ici, le micro-entrepreneur encaissait son chiffre d’affaires, le déclarait à l’Urssaf, puis réglait lui-même ses cotisations. Ce circuit disparaît progressivement pour les revenus réalisés par l’intermédiaire des plateformes.

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La plateforme encaisse, calcule et reverse

L'article L613-6-1 du code de la sécurité socialet le décret n° 2026-488 du 10 juin 2026 organisent ce nouveau mécanisme. À chaque versement, la plateforme applique le taux correspondant à l’activité, prélève les sommes dues, puis les reverse mensuellement à l’Urssaf.

Auto-entrepreneur en plateforme : vos cotisations prélevées à la source dès octobre 2026, ce qui change et ce qu’il faut encore vérifier - Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris
Dès octobre 2026, sept plateformes dont Uber Eats prélèvent vos cotisations à la source. Taux, calendrier, déclarations restantes et contrôles : ce qui change vraiment.

Pour les prestations de services relevant des BIC, le taux reste de 21,2 % du chiffre d’affaires. Il atteint 25,6 % pour les activités libérales non réglementées, tandis que la vente de marchandises reste à 12,3 %. Rien ne change donc juridiquement dans le montant des cotisations : c’est leur circuit de collecte qui est bouleversé. Le gouvernement présente cette évolution comme une simplification. Mais pour l’indépendant, la différence financière est immédiate : sur 2 000 euros de recettes soumises au taux de 21,2 %, 424 euros sont prélevés avant même d'arriver sur son compte.

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L'indépendant garde les risques, mais perd la main sur sa trésorerie

Le dispositif transfère ainsi une fonction traditionnellement assumée par le cotisant vers une entreprise privée. La plateforme devient l'intermédiaire entre le travailleur et l'Urssaf, avec obligation de calculer, déclarer et reverser les sommes. Les coûts de cette opération restent à sa charge.

URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €
n auto-entrepreneur de l’Yonne fournit à l’URSSAF l’intégralité de ses factures, corrige ses déclarations et demande le recalcul de ses cotisations sur son chiffre d’affaires réel. Malgré cela, l’organisme lui réclame 17 837 € sur la base de montants qu’il sait inexacts. Le tribunal

Reste surtout la question du contrôle. En cas d'erreur de chiffre d'affaires ou de taux, l'indépendant devra vérifier les montants transmis, réclamer une correction à la plateforme puis, si nécessaire, saisir l'Urssaf. Le décret prévoit d'ailleurs des mécanismes de rectification.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d’entreprise acheté en janvier 2024 ?
L’once à 3 689,71 € contre 1 864,33 € en janvier 2024. Quand vendre l’or de sa trésorerie d’entreprise : trois déclencheurs, et aucun n’est le cours.

Le paradoxe n'est pas qu'on prélève. Le salarié connaît ce mécanisme depuis longtemps. Mais le salarié bénéficie d'un employeur responsable de sa paie. L'indépendant, lui, conserve la totalité des risques : absence de chômage, revenus irréguliers, charge de la preuve. Il perd en revanche le geste élémentaire de déclarer et de payer lui-même.

La simplification vantée à l'indépendant sert d'abord la fluidité des recettes publiques. Et rien n'indique, dans les textes, que les plateformes devront assumer financièrement leurs propres erreurs de calcul.Il fallait d'abord attirer les travailleurs vers le statut. On les y retient désormais en tenant leur caisse.

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« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement

2 October 2026 at 13:45

La chambre régionale des comptes d’Occitanie a épinglé la gestion 2021-2025 de Villefranche-de-Rouergue. Les charges courantes ont grimpé de 25,5 % pendant que les recettes n’avançaient que de 11,7 %. Résultat : une capacité d’autofinancement nette négative de 646 357 euros en 2025 et une dette au-delà du seuil d’alerte. Le maire répond que « tout ce que nous faisons est légal ».

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Entre 2021 et 2025, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 3,2 millions d’euros tandis que les recettes progressaient de 1,7 million seulement. L’épargne brute est tombée de 2,20 millions à 774 246 euros. Après remboursement du capital de la dette (1,42 million), la commune se retrouve en déficit d’autofinancement net. La dette atteint 12,46 millions d’euros fin 2025 ; la capacité de désendettement passe à 15,5 années, bien au-dessus du seuil d’alerte de 12 ans. Soixante pour cent des dépenses sont qualifiées de charges rigides.

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Des dépenses qui courent plus vite que les recettes

La chambre régionale des comptes Occitanie a rendu public, mardi 30 septembre, son rapport d’observations définitives sur la gestion de Villefranche-de-Rouergue depuis 2021. Ce rapport présenté au conseil municipal le 28 septembre, porte sur la gestion de la commune depuis 2021. Le constat financier est net : les dépenses courantes sont passées de 12,19 à 15,30 millions d’euros, tandis que les recettes n’ont progressé que de 11,7 %.

Villefranche-de-Rouergue : épargne dans le rouge, dette au-delà du seuil d’alerte… ce que dit vraiment le rapport de la chambre régionale des comptes
La chambre régionale des comptes Occitanie a rendu public, le 30 septembre, son rapport sur la gestion de Villefranche-de-Rouergue depuis 2021. Charges en hausse de 25,5 % quand les recettes ne progressent que de 11,7 %, épargne nette négative de 646 357 euros, dette qui dépasse le seuil d’alerte : la juridiction appelle la commune à poursuivre son redressement. Décryptage de ce que ces chiffres signifient pour les Villefranchois, de leurs impôts au prix de l’eau.

La masse salariale constitue le premier poste. Elle atteint 8,59 millions d’euros en 2025, contre 6,68 millions quatre ans plus tôt, soit +28,6 %. Près de 33 équivalents temps plein supplémentaires ont été recensés, dont quinze recrutements liés à la reprise en régie du périscolaire. La CRC relève toutefois que la dépense de personnel par habitant demeure environ 15 % inférieure à celle des communes comparables.

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18,46 millions investis, 12,46 millions de dette

La municipalité défend une politique d’investissement ambitieuse : 18,46 millions d’euros de dépenses d’équipement entre 2021 et 2025, notamment pour la médiathèque La Manufacture et la revitalisation du centre-ville. Le financement a reposé notamment sur 6,79 millions d’emprunts nouveaux, 2,30 millions prélevés sur les réserves et 4,8 millions de subventions.

Le budget 2027 veut faire payer les retraités, mais personne n’y croit
Pensions gelées au-dessus de 2 034 €, abattement raboté : le budget 2027 demande 5,5 milliards aux retraités. Et personne, pas même la Cour des comptes, n’y croit.

Cependant, l’épargne brute est tombée de 2,20 millions en 2021 à 774 246 euros en 2025, alors que 1,42 million d’euros de capital devait être remboursé. L’épargne nette devient donc négative de 646 357 euros. La capacité de désendettement atteint 15,5 années, contre 5,4 en 2021, au-dessus du seuil d’alerte de 12 ans.

Le maire Jean-Sébastien Orcibal assume néanmoins les investissements réalisés, en invoquant la nécessité de revitaliser le centre ancien. La commune a déjà relevé ses taux d’imposition en avril 2026 et renoncé à tout nouvel emprunt cette année. La CRC demande désormais une maîtrise des charges et une réflexion sur les compétences et équipements pouvant être mutualisés. Elle pointe aussi des fragilités dans les procédures d’achat, l’information des élus et certaines pratiques de gestion.

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La chambre régionale des comptes constate, elle ne sanctionne pas. Aucune responsabilité personnelle n'est engagée sur le patrimoine de ceux qui décident. Tant que l'élu dépense l'argent des autres sans en assumer le risque, la légalité servira de bouclier, et la dette, de legs.

L'humeur de Veerle Daens : Bardella et la barrière que le RN a passé 13 ans à baisser

By: CDS
2 October 2026 at 10:31

La question circule, et elle mérite mieux qu'une moue : et si l'électeur historique du RN se remettait à aimer Jordan Bardella, précisément à cause de ce qu'on lui reproche ? Elle est sérieuse. Elle est aussi réfutable, et c'est le RN lui-même qui l'a réfutée — en 2013, par la bouche de l'un de ses cadres.

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D'abord, remettons le dossier d'aplomb. Personne n'a compris quoi que ce soit : Mediapart a publié des pièces et revendique une authentification, l'intéressé parle de montages et a déposé deux plaintes, aucun juge n'a rien dit. Ce qu'on peut analyser aujourd'hui n'est pas l'effet d'un fait établi. C'est l'effet d'un soupçon. La nuance n'est pas de confort : elle est la différence entre une analyse et une assignation.

Ensuite, l'arithmétique. Retrouver confiance suppose en avoir perdu. Or la dernière mesure disponible chez les sympathisants du parti donnait à M. Bardella 97 % d'opinions favorables. Mes chers libertariens de l'Absurdistan, on ne regagne rien à 97 %. Le plafond est le plafond. Ce qui peut encore monter, ce n'est pas l'adhésion, c'est la ferveur — et la ferveur ne fabrique pas une voix de plus, elle réchauffe celles qui sont déjà là.

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Vient la pièce que personne ne cite, et qui tranche. En décembre 2013, Louis Aliot explique que l'antisémitisme est la seule barrière qui empêche les Français de voter pour son parti, et que la lever libérerait tout le reste — c'est la formule rapportée par l'historien Marc Knobel. Amai. Treize ans de stratégie tiennent dans cette phrase. Toute la dédiabolisation en découle : l'exclusion du père en 2015, la police du vocabulaire, les costumes, les voyages en Israël. Le parti n'a pas baissé cette barrière par conviction tardive. Il l'a baissée parce qu'il avait calculé qu'elle lui coûtait une élection.

Et il avait raison. Regardez de quoi son électorat est fait aujourd'hui. Une étude Fondation Jean-Jaurès–Ipsos–Cevipof–Le Monde publiée le 15 mai dernier le découpe en quatre familles : les libéraux identitaires, 34 %, noyau idéologique ancien, âgé, stable ; la France oubliée, 21 %, bloc populaire historique ; la France glissante, 23 %, peu politisée, hésitante ; la droite radicale opportuniste, 22 %, ralliement récent et stratégique.

Faites l'addition, amis libertariens. Quarante-cinq pour cent de cet électorat — les glissants et les opportunistes — est arrivé après que la barrière a été abaissée, et parce qu'elle l'avait été. C'est exactement la fraction qui transforme un premier tour à 35 % en second tour à 53 % — les ordres de grandeur mesurés en novembre dernier. Ce sont des gens qui n'ont pas voté pour une famille de pensée : ils ont voté parce que le prix social du bulletin avait baissé.

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Reste le fond de vérité que la question flaire, et il faut le dire sans ironie. Il existe dans cet électorat un résidu mesuré : une enquête AJC-Ifop de 2022 relevait que 39 % des électeurs de Marine Le Pen jugeaient que les Juifs ont trop de pouvoir économique et financier, contre 26 % de l'ensemble des Français. Ce résidu est réel. Mais « pas disqualifiant » ne veut pas dire « attirant » — et ce résidu se situe à l'intérieur des 34 % qui votent déjà, pas au-dehors.

Alors l'hypothèse ? Elle décrit une sensation exacte et en tire une conclusion fausse. La sensation, on l'a vue à La Seyne-sur-Mer dès mardi : les fidèles se resserrent, ravis qu'on s'acharne sur leur homme, et ce resserrement ne coûte rien. La conclusion, elle, confond un plaisir et un bénéfice. Un parti qui gagne en intensité ce qu'il perd en extension n'a pas progressé : il a échangé une majorité contre une ferveur.

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Mes chers lecteurs sans tableur, voilà le vrai enjeu de cette affaire, et il n'est pas moral, il est comptable. Le RN n'a pas peur que sa base le lâche — elle ne le lâchera pas. Il a peur que les quarante-cinq pour cent se souviennent pourquoi, pendant trente ans, ils ne votaient pas pour lui

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?

2 October 2026 at 10:18

Par Vincent Clairmont

L'once valait 1 864,33 € en moyenne en janvier 2024. Elle vaut 3 689,71 € ce 1er octobre 2026 à 17 h 17, soit +97,9 % en euros. Une trésorerie qui y a placé 200 000 € détient aujourd'hui 395 800 €. La question n'est pas de savoir si le cours va continuer : c'est de savoir à quoi sert cet argent.

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Reprenons les chiffres avant tout raisonnement.

En janvier 2024, l'once d'or s'échangeait en moyenne à 1 864,33 €, dans une fourchette de 1 845,44 € le 17 à 1 888,38 € le 31. Ce 1er octobre 2026 à 17 h 17, le cours de l'or fin ressort à 3 689,71 € l'once, soit 118,63 € le gramme et 118 627 € le kilo, pour un euro à 1,1355 dollar — environ 4 190 $ l'once. La performance en euros est de +97,9 % sur deux ans et neuf mois.

Une entreprise qui a converti 200 000 € de trésorerie en janvier 2024 a acheté environ 3 337 grammes, soit 107,3 onces. Cette ligne vaut aujourd'hui 395 800 €, pour une plus-value latente de 195 800 €.

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Première chose : cette ligne n'appartient pas au Barbell

Il faut lever une confusion que je rencontre souvent, et qui conduit à des décisions fausses.

L'allocation Barbell que je préconise — 80 % de branche sûre dont 30 % d'or physique, 20 % de branche risquée — est calibrée sur un patrimoine personnel, cas type 500 000 €. Sa logique est la structure du risque sur un horizon long, sans échéance imposée.

Une trésorerie d'entreprise n'a pas cette propriété. Elle a une fonction : financer le cycle d'exploitation, le besoin en fonds de roulement, l'investissement et, le cas échéant, le remboursement d'une dette. Son horizon n'est pas choisi par le dirigeant, il est imposé par l'activité. Pour cette raison, la poche or d'une trésorerie d'entreprise est hors Barbell, au même titre que l'épargne de précaution d'un particulier ou qu'un dispositif d'épargne salariale : elle obéit à ses propres règles, et la cible de 30 % ne s'y applique pas.

Deux précautions qui en découlent. D'abord, rien n'interdit à une personne morale de détenir de l'or physique, mais la proportion compte : une société dont le bilan afficherait un stock d'or hors de proportion avec son activité s'expose à une requalification en négociant en métaux précieux, et au débat sur l'acte anormal de gestion. Les praticiens avancent un ordre de grandeur de 5 à 10 % de la trésorerie. Ensuite, le traitement comptable n'est pas unifié : selon la durée de détention envisagée, l'or est inscrit soit en instrument de trésorerie, soit en autres immobilisations financières — non amortissable, mais susceptible de dépréciation. Ce point se tranche avec votre expert-comptable, pas dans un article. On va voir qu'il commande aussi la fiscalité.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?
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La réponse : trois déclencheurs, et aucun n'est le cours

Je préconise de ne pas regarder le cours pour décider. Trois faits seulement déclenchent une vente, et ils sont tous internes à l'entreprise.

La dette publique inventée par les banquiers… Les patriotes s'enterrent-ils avec ce mythe ?

2 October 2026 at 09:54

Par Eric V.


La phrase que les patriotes reprochent à la loi de 1973 figurait déjà dans les statuts de 1936, voulus par le Front populaire. Et la même loi autorisait l'État à emprunter à sa banque centrale. La vraie facture a une cause que le mythe nous dispense de regarder : notre avachissement !

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Commençons par lire la phrase. Elle tient en une ligne, dans l'article 25 de la loi du 3 janvier 1973 : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France. » En français courant : l'État ne peut pas aller présenter ses propres reconnaissances de dette au guichet de sa banque centrale pour qu'elle les lui paie en monnaie fraîche.

C'est cette ligne qui porte, depuis quinze ans, tout l'édifice de la « loi Rothschild ». Elle aurait livré la France aux banques. Elle expliquerait la dette.

Elle n'est pas de 1973. Les statuts de la Banque de France modifiés en 1936, à l'initiative du gouvernement du Front populaire, interdisaient déjà l'escompte direct des effets à court terme du Trésor. Les parlementaires de 1973 n'ont pas inventé une servitude : ils ont recopié une règle de Léon Blum.

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Ce que la loi de 1973 a réellement fait

Premier point, et il suffit presque à clore le dossier : la même loi autorise l'État à emprunter à sa banque centrale. C'est l'article 19, qui prévoit que les conditions dans lesquelles l'État obtient de la Banque des avances et des prêts sont fixées par conventions entre le ministre des Finances et le gouverneur — conventions approuvées par le Parlement. L'économiste Bertrand Blancheton a consacré à ce point un document de travail dont le titre dit tout : The Act of 1973 on Banque de France's independence: the myth of the end of advances. Les avances n'ont pas été supprimées en 1973. Elles ont été maintenues, et placées sous contrôle parlementaire.

The Act of 1973 on Banque de France’s independence: the myth
A stubborn myth presents this Act as a conspiracy, allegedly giving the Banque de France solid independence and stymieing any subsequent allegiance to the Government. The State would have been forced

Mieux : la convention du 17 septembre 1973 fixe le plafond de ces avances à 20,5 milliards de francs, en agrégeant les limites de l'ancien système tout en simplifiant les mécanismes — soit davantage que ce que l'État avait emprunté les années précédentes. On a élargi le robinet, pas fermé.

Deuxième point : l'amendement ne vient pas du pouvoir. L'article 25 a été introduit par un sénateur, Yvon Coudé de Foresto, et le secrétaire d'État au Budget Jean Taittinger s'est montré réticent sans pour autant s'y opposer. Il faut le dire nettement : le texte que l'on présente comme un coup d'État de l'exécutif au profit des banques est un amendement parlementaire que l'exécutif n'a pas voulu.

Troisième point : le robinet est resté ouvert pendant onze ans. L'historien Vincent Duchaussoy, qui a reconstitué l'autonomie de la Banque de France de la Grande Guerre à 1993, montre que le cadre est resté stable de 1973 à 1993 et que le basculement se produit autour de 1984 : cette année-là, le financement du déficit par les marchés double par rapport à l'année précédente, pendant que le financement monétaire est divisé par deux. Ce n'est pas une clause de 1973. C'est une décision politique du milieu des années quatre-vingt, prise par un gouvernement de gauche, et elle n'avait besoin d'aucune loi nouvelle.

L'interdiction véritable, elle, est datée et elle est ailleurs : 1993. Elle vient de l'article 104 du traité de Maastricht — aujourd'hui l'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne — transposé par la loi du 4 août 1993 sur l'indépendance de la Banque de France. Vingt ans après la loi qu'on accuse. Et ratifiée par référendum, le 20 septembre 1992, à 51,04 % des suffrages exprimés. Si l'on cherche le moment où la France a cédé sa souveraineté monétaire, il est là, et il a été voté.

Reste le nom. Georges Pompidou a été directeur général de la banque Rothschild de 1954 à 1958. Il en est sorti pour devenir directeur de cabinet du général de Gaulle, quinze ans avant la loi. Aucune pièce ne le relie à la banque en 1973.

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Reste le mobile, et c'est là que le mythe casse pour de bon

Si la dette publique était une rente organisée par les banques, le premier banquier de France aurait dû la défendre. Il a fait l'inverse. En 2005, le ministre des Finances Thierry Breton confie une commission sur les finances publiques à Michel Pébereau, alors président du conseil d'administration de BNP Paribas. Le rapport qu'il remet en décembre s'intitule Rompre avec la facilité de la dette publique : la dette a été multipliée par cinq en euros constants entre 1980 et 2004, les intérêts coûtent déjà 40 milliards par an — plus que le budget de la Défense — et il faut revenir à l'équilibre en cinq ans au maximum. Vingt recommandations, toutes dans le même sens : empruntez moins.

Le créancier supposé insatiable est donc monté à la tribune pour demander à son débiteur d'arrêter de lui emprunter de l'argent. On peut penser du rapport Pébereau ce qu'on veut, et beaucoup d'économistes en pensent du mal. On ne peut pas en faire la pièce d'un complot bancaire. Dominique de Villepin a répondu par un plan quinquennal visant 60 % du PIB en 2010 ; en 2010, la dette notifiée atteignait 81,7 %. Le banquier avait demandé qu'on s'arrête ; c'est l'État qui a continué.

Je m'arrête une seconde sur l'étiquette, parce qu'elle est le vrai sujet. Appeler ce texte « loi Rothschild » ne désigne pas un mécanisme : cela désigne un nom. Et quand on remplace une cause par un nom, on a cessé d'expliquer. On a commencé à accuser. Les travaux universitaires rangent d'ailleurs cette thèse là où elle appartient, dans un chapitre intitulé sans détour « Les conspirationnistes et la dette publique ». Ce journal a posé, dès sa fondation, que l'adversaire est intérieur — que ce n'est ni le banquier, ni le Juif, ni le franc-maçon, ni le mondialiste. Ce refus n'est pas une précaution de langage. C'est une méthode, et on va voir qu'elle est aussi plus efficace.

Ce que les patriotes voient juste

Maintenant, l'autre moitié du dossier, et elle ne leur donne pas tort sur tout.

L'intuition que la dette a coûté très cher en intérêts est exacte, et elle est documentée par un institut libéral, pas par un forum. Selon l'iFRAP, les intérêts payés par la France entre 1974 et 2023 représentent 1 640,6 milliards d'euros, sur une dette de 3 101,4 milliards à cette date. Soit 52,9 % — plus de la moitié de la dette accumulée en cinquante ans est faite d'intérêts, puis d'intérêts sur ces intérêts. C'est ce que les économistes appellent l'effet boule de neige, et c'est bien réel.

Deuxième point, plus gênant encore pour les gardiens de l'orthodoxie : on nous répète que le financement par la banque centrale est interdit, et c'est faux en pratique. L'article 123 interdit à la Banque centrale européenne d'acheter la dette au moment de son émission. Il ne lui interdit pas de l'acheter ensuite, sur le marché. Elle l'a fait massivement, et la Banque de France le publie elle-même : au 30 juin 2026, elle détenait 488 milliards d'euros de dette publique française en coût amorti, contre 546 milliards fin 2025, acquis depuis 2014 et 2020 par ses programmes d'achats — et aucun de ces titres n'a été revendu sur les marchés. Nous avons donc fait tourner la planche à billets, et à très grande échelle.

Un contradicteur de bonne foi s'arrête ici et dit : voilà la preuve, c'était possible, donc le renoncement était un choix. Il a raison sur le fait, et c'est pour cela qu'il faut regarder la suite. L'addition de ces achats est arrivée, avec retard, sous une forme que tout le monde a reconnue sans la nommer : les prix. L'inflation française a atteint 5,2 % en moyenne en 2022, puis 4,9 % en 2023. Sur deux ans, un dixième du pouvoir d'achat de toute épargne liquide, effacé. Personne n'a voté cela. Aucun débat parlementaire ne l'a autorisé. C'est le prélèvement le plus silencieux qui existe, et il frappe d'abord ceux qui n'ont que leur salaire et leur livret.

Quant à l'idée que la monnaie banque centrale serait gratuite, la France l'a essayée, et nous avons les chiffres. En 1974, les avances de la Banque de France au Trésor sont encore disponibles — elles ont dix ans à vivre. Cette année-là, l'inflation française atteint 13,7 %. En 1980, 13,6 %. En 1981, 13,4 %. De l'après-guerre au milieu des années quatre-vingt, la hausse des prix tourne à 10,1 % par an en moyenne. Un ouvrier de 1974 était volé de son salaire chaque année, proprement, sans qu'aucun banquier n'ait eu à signer quoi que ce soit.

La première neige

Il manque encore une pièce, et c'est la plus simple. Une boule de neige a besoin d'une première neige.

Les 1 640 milliards d'intérêts ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le loyer d'un capital que nous avons choisi d'emprunter, année après année. Le dernier budget français en excédent date de 1974 : un solde positif de 8,5 milliards de francs. Depuis, cinquante exercices, cinquante déficits. L'iFRAP les additionne : 2 925,3 milliards d'euros de déficit cumulé, soit 57,4 milliards par an en moyenne.

Voilà le mécanisme, et il n'a pas besoin de coupable. Nous avons dépensé plus que nous n'avons prélevé pendant cinquante ans. Il a fallu emprunter la différence. Un emprunt se paie. Les intérêts se sont ajoutés à la dépense, qu'il a fallu emprunter aussi. C'est tout.

Changez le prêteur et vous ne changez rien à cette équation : vous changez seulement la forme du paiement. Au banquier, on paie des intérêts, visibles, votés en loi de finances, et chacun peut lire le chiffre — 62,6 milliards cette année. À la banque centrale, on paie en hausse des prix, invisible, non votée, et personne ne peut lire son relevé. Le second procédé n'est pas plus souverain que le premier. Il est seulement moins avouable.

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Ce que le mythe coûte à ceux qui l'adoptent

Ce mythe n'est même pas une propriété patriote. Il a été lancé en 1996 par une association de militants, Chômage et Monnaie, repris par Marine Le Pen en 2010, puis par Emmanuel Todd en 2011 et par Michel Rocard en 2012. On peut difficilement faire plus transpartisan. Le mythe ne vient pas d'un camp : il vient d'un besoin.

Arracher une haie sur son terrain : treize autorisations fusionnées en un guichet, et deux mois d'attente

Depuis le 1er octobre 2026, l'arrachage une haie exige une « déclaration préalable unique » déposée sur un guichet en ligne. Le propriétaire doit justifier son projet, prouver qu'il n'a pas d'alternative et attendre jusqu'à deux mois.

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La loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 et le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 ont fusionné treize réglementations en un régime unique. Une instruction aux préfets de juillet 2026 en a fixé le déploiement. Le site haie.beta.gouv.fr centralise désormais les dépôts. Désormais, le propriétaire ou l’exploitant doit monter un dossier motivé : identité, description précise de la haie, démonstration qu’aucune solution alternative n’existe, planning des travaux et engagement de compensation.

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De treize réglementations à un seul dossier

Le nouveau régime découle de la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 et du décret n° 2026-829 du 28 août 2026. Il remplace les différents dispositifs applicables aux haies par une procédure unique, entrée en vigueur le 1er octobre en métropole. Le gouvernement avait présenté cette réforme comme le passage de treize réglementations à une seule.

Destruction des haies : une instruction adressée aux préfets pour un déploiement du régime unique en octobre
Le gouvernement table désormais sur une entrée en vigueur au 1er octobre 2026 (en métropole) du régime unifié applicable aux travaux sur les haies. Une instruction technique, préparée conjointement par les ministères chargés de l’environnement et de l’agriculture, et rendue publique ce…

Mais « une seule » ne signifie pas « simple ». Le demandeur doit décrire précisément la haie, expliquer pourquoi sa destruction est nécessaire et pourquoi aucune solution alternative n’est possible. Il doit indiquer les dates prévues, détailler les mesures de compensation et fournir une attestation sur l’honneur établissant qu’il est propriétaire du terrain ou dispose des droits nécessaires. Le tout passe par le "Guichet unique de la haie", portail numérique de l’administration qui centralise désormais les démarches relatives aux destructions de haies et d’alignements d’arbres.

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Deux mois pour une haie, et une nouvelle haie à planter

Après dépôt, l’administration dispose de deux mois pour examiner le dossier. Elle peut réclamer des pièces complémentaires, s’opposer à la destruction ou déterminer que le projet nécessite une autorisation. Pour une procédure déclarative, l’absence de réponse vaut non-opposition au terme du délai ; pour les projets soumis à autorisation, le silence vaut rejet.

L’humeur de Veerle Daens : couper sa haie, ce crime à 150.000€
Mes amis du Pays-des-Cartésiens, il existe en France des crimes qu’on ne se sait pas commettre, parce qu’on les commet un sécateur à la main, le dimanche, en sifflotant. Tailler sa haie en est un. Du 16 mars au 15 août, la chose est proscrite — pour

La destruction entraîne en outre une obligation de compensation. Une nouvelle haie doit être plantée avec des fonctionnalités au moins équivalentes. Le coefficient est fixé par arrêté préfectoral selon les territoires ; à défaut, il est de 1 pour 1. La plantation compensatoire doit intervenir dans les 18 mois suivant la décision d’autorisation ou de non-opposition. Cette réforme arrive après la loi d'orientation agricole, censée libérer les agriculteurs de leurs contraintes.

L’humeur de Veerle Daens : le bailleur, le PLU et les 9.316 communes
Nouveau bail type au 1er octobre 2026 : une mention oubliée peut annuler le contrat. 9 316 communes peuvent être concernées, aucune liste n’est publiée.

L’ironie administrative est ici flagrante : pour supprimer treize couches réglementaires, l’État crée un guichet chargé de les coordonner. La réforme peut faciliter la lecture des règles pour certains agriculteurs, mais elle ne supprime ni l’instruction préfectorale, ni les justificatifs, ni la compensation. Elle transfère surtout la complexité vers un dossier unique. La « simplification » devient ainsi une nouvelle étape de la puissance administrative dans la gestion d’un terrain privé.

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