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Les thuriféraires de la monarchie

15 September 2026 at 18:03

Depuis le mouvement « Femme, vie, liberté » de 2022, le fils de l'ancien chah s'appuie sur de nombreux relais médiatiques pour s'imposer comme la figure la plus crédible de l'opposition à la République islamique.

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Le message est largement relayé par des médias persanophones comme Iran International ou Manoto : M. Reza Pahlavi, fils de l'ancien monarque déchu, serait la meilleure solution pour tourner la page de la République islamique. Bénéficiant du soutien de plusieurs cercles politiques aux États-Unis, sa progression médiatique s'appuie aussi sur les réseaux sociaux. Une enquête de l'université de Toronto (1) a mis en évidence une opération d'influence numérique, probablement orchestrée par Israël, reposant sur de faux profils, des contenus générés par l'IA et des comptes automatisés.

En France, l'héritier bénéficie de l'entregent de son conseiller diplomatique, M. Alexandre Fatemi, grâce auquel il a multiplié les apparitions médiatiques (2). Interviewé sur TF1 (16 février 2026), il faisait la « une » de l'hebdomadaire Le Point dix jours plus tard. M. Jean-Baptiste Doat, ancien membre de l'équipe de M. Bruno Retailleau au ministère de l'intérieur, facilite aussi l'accès de M. Pahlavi aux médias. Le fils du chah dispose d'un réseau de partisans très actifs qui affichent aussi des positions favorables à Israël, hostiles à la gauche française, et revendiquent, à travers leurs prises de parole, une forme de représentation de l'ensemble de la diaspora iranienne. Emmanuel Razavi, journaliste franco-iranien spécialiste de la géopolitique du Proche-Orient, en est l'illustration : « La réalité, c'est qu'on [les Iraniens] est contre l'islamisme et contre le communautarisme, explique-t-il. On considère que l'Iran, débarrassé des mollahs, devrait être à nouveau allié à Israël. Donc on ne correspond pas du tout à l'image que l'extrême gauche véhicule sur les gens d'origine orientale, pour ne pas dire sur les musulmans » (Valeurs actuelles, 25 janvier 2026).

La sociologue franco-iranienne Mahnaz Shirali tient elle aussi un discours particulièrement critique envers la gauche française : « La situation iranienne sort des cases préétablies de la gauche française qui domine les médias. [Comme] les Iraniens sont antimusulmans, anti-islam et qu'ils brûlent les mosquées, ça ne plaît pas à la gauche mélenchoniste et à la gauche française, parce qu'ils sont devenus des pro-islamistes » (Sud Radio, 12 février 2026).

De son côté, Abnousse Shalmani, écrivaine et chroniqueuse au Point, aimerait « dire merci à Israël et aux États-Unis » pour avoir attaqué l'Iran (« 24 h de Pujadas », LCI, 2 mars 2026). Elle a surtout raconté son émotion à l'idée de rencontrer le fils du chah : « Lorsque j'ai su que j'allais rencontrer Reza Pahlavi, une émotion, à mes yeux irrationnelle, incontrôlable, a jailli » (Le Point, 25 février 2026).

Voir en ligne : /mav/209/LEVY/69943

(2) . Daniel Bernard et Pierre Gastineau, « Du Quai d'Orsay au' “20 heures'', la longue marche de Reza Pahlavi pour s'imposer à Paris », Intelligence Online, 16 février 2026.

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