Cyrus le Grand. Roi du monde
Même si sa mère, dit-on, l'avait vu en rêve, il n'était écrit nulle part que Cyrus deuxième du nom allait se tailler un empire de la mer Égée à la vallée de l'Indus. Lorsqu'il monte sur le trône d'Anshan en 559 avant notre ère, son pouvoir ne s'exerce que sur la modeste province du Fars, dans l'actuel Iran. À la faveur d'un grand chamboulement régional, il voit l'opportunité d'une campagne à l'ouest, soumet un à un les pouvoirs mède, lydien et babylonien, et se proclame « roi du monde ». Matt Waters concentre ici une vie de recherches sur le monde perse. Parmi ses apports, le croisement des récits grecs et bibliques avec des sources tirées de l'épigraphie et de l'archéologie assyrienne, babylonienne et perse. Elles font de Cyrus un pont entre la lointaine Babylone et la familière Grèce d'Hérodote. Sa finesse en matières religieuse et politique est mise en valeur ; souplesse du conquérant soucieux de s'attirer les sympathies du conquis certes, mais aussi projection dans l'avenir d'un bâtisseur de temples et de palais, qui avait à l'esprit d'établir un empire voué à l'éternité. Il fonda l'Empire achéménide, qui dura deux siècles — jusqu'aux victoires d'Alexandre.
Passés/Composés, Paris, 2025, 288 pages, 23 euros.