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Normal view

Macron, worst ever president?

1 September 2026 at 08:03

Emmanuel Macron leaves the Élysée in eight months. And, in keeping with the political journalism tradition whereby last-minute criticism apparently makes up for a decade of deference, the brickbats are coming thick and fast. The Economist, having once regarded him as the ‘saviour of Europe', now mocks a ‘lame duck' president. Two Parisian courtiers have devoted a book to ‘the story of an exceptional man … who screwed things up in an exceptional way'. Alain Minc, mouthpiece of the liberal (…)

- 2026/09 / editorial

Fut-il le pire ?

Dans huit mois, M. Emmanuel Macron quittera l'Élysée. Et, suivant la tradition du journalisme politique, comme si une heure de dissidence rachetait une décennie de révérences, les critiques fusent. L'hebdomadaire The Economist moque un « canard boiteux » après avoir cru au « sauveur de l'Europe ». Deux courtisans parisiens racontent dans un livre « l'histoire d'un homme exceptionnel… qui s'est exceptionnellement planté ». Porte-voix des élites libérales, M. Alain Minc voit en lui le « pire président de la Ve République (1) ».

Ingratis servire nefas — « on ne gagne rien à servir les ingrats ». Car, depuis 2017, M. Macron a, largement, suivi les orientations du rapport Minc (1994) ou de la commission dirigée par M. Jacques Attali (2008), dont il était alors l'adjoint. De même celles de l'Union européenne ou de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) sur les dépenses de défense. Davantage qu'aucun de ses prédécesseurs, ce président a débarrassé la diplomatie du Quai d'Orsay des traces d'indépendance qui la distinguait encore. Paris a désormais la politique russe de Kiev, la politique vénézuélienne de Washington, la politique iranienne d'Abou Dhabi, la politique commerciale de Berlin, et plus de politique africaine du tout depuis que les États du Sahel ont congédié son armée.

M. Macron a aussi achevé de transformer l'État en Comité de salut privé, assurant des dividendes record aux actionnaires (2). La France est devenue un paradis pour les fonds spéculatifs, qui ont désormais la main sur des milliers d'entreprises, dont plusieurs fleurons. La Sécurité sociale, elle, n'a plus vocation à allouer à chacun selon ses besoins, tandis que le service public, asphyxié, vire au cauchemar pour les agents et les usagers.

Le président a joué la partition de l'extrême centre libéral atlantiste en virtuose. Mais à contretemps. Héros de la mondialisation et du dépassement de la politique, il n'a vu venir ni l'éclipse de l'une ni le retour de l'autre. Démonétisée par la résurgence internationale de la souveraineté ou de la planification, sa stratégie de l'offre a échoué. Le chômage repart à la hausse, la croissance stagne. Le déficit commercial reste élevé, au point que la moitié de l'empreinte carbone nationale tient aux émissions importées ; celui des finances publiques justifierait le manque de pompiers comme de Canadair.

C'est donc un pays livré aux flammes que M. Macron nargue sur son Jet-Ski en trombe. L'allégorie d'un mandat qui s'achève dans une double fuite en avant. La cause ukrainienne doit, d'une part, ressouder son camp après la dissolution ratée de l'Assemblée nationale et relancer l'industrie de défense européenne. Au nom de l'autonomie stratégique. Au risque, surtout, d'un grand réarmement allemand (lire notre dossier), voire d'une confrontation avec la Russie. D'autre part, le choix récent d'un défenseur des droits réactionnaire ou le soutien du gouvernement à une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre confirment le verrouillage opéré depuis quelques années.

« Voilà un homme qui a réprimé les libertés (…) avec une violence sans précédent (…). Et qui vient dire ensuite que Marine Le Pen est un danger pour les libertés individuelles et la démocratie, constatait déjà la favorite de la prochaine présidentielle dans Le Figaro il y a cinq ans. C'est une plaisanterie. » Au soir du 7 mai 2017, M. Macron avait, lui, eu ce mot à propos des électeurs de Mme Le Pen : « Je ferai tout pour qu'ils n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » Deux quinquennats plus tard, on mesure le résultat.

Voir en ligne : /2026/09/RZEPSKI/69891

(1) The Economist, Londres, 8 janvier 2026 ; Nicolas Domenach et Maurice Szafran, Néron à l'Élysée. Comment il a tout gâché, Albin Michel, Paris, 2026 ; Alain Minc dans L'Express, Paris, 7 octobre 2025.

(2) Lire Pierre Rimbert et Grégory Rzepski, « Le Comité de salut privé », Le Monde diplomatique, septembre 2022.

Governar ou representar?

27 March 2026 at 09:00

Hoje assinala-se o Dia Mundial do Teatro. Em teoria, é um dia para celebrar a arte, os
atores, os textos que nos fazem pensar e sentir. O teatro, quando é sério, não é só
entretenimento, é um espelho desconfortável daquilo que somos. Expõe, provoca,
obriga a encarar verdades que muitas vezes preferíamos evitar.
Talvez por isso seja impossível não fazer um paralelismo com aquilo em que se
transformou a nossa vida política.
Há qualquer coisa de profundamente teatral — no pior sentido da palavra — na forma
como hoje se faz política. Não no sentido nobre da representação, mas na encenação
vazia. Nos discursos cuidadosamente ensaiados. Nas indignações seletivas. Nas
conferências de imprensa onde já se sabe, à partida, o que vai ser dito e como vai ser
dito.
Tudo parece coreografado. Nada parece espontâneo.
Os políticos falam, mas raramente dizem. Prometem, mas quase nunca se
comprometem. E, acima de tudo, representam proximidade, representam convicção,
representam firmeza. É uma sucessão de papéis, ajustados ao momento, ao público e
às sondagens.
O problema é que isto já não engana muita gente.
Ao contrário do teatro a sério, onde há talento, trabalho e respeito por quem está a
ver, esta versão política da representação vive de clichés e de frases feitas. É uma peça
repetida vezes sem conta, com pequenas variações, mas sempre com o mesmo fundo:
pouco conteúdo e muita aparência.
E depois há o público — nós. Durante muito tempo, aceitámos este papel de
espectadores. Uns aplaudem, outros assobiam, mas no fundo continuamos sentados, à
espera que a peça melhore.
O mais grave é que, enquanto se representa, o essencial vai ficando por fazer. Os
problemas acumulam-se, as decisões adiam-se, e a realidade — essa, que não se deixa
encenar — acaba sempre por impor-se.
Talvez este Dia Mundial do Teatro sirva, pelo menos, para isto: para nos lembrar que
há uma diferença enorme entre representar bem e fingir mal.
A política não precisa de mais atores. Precisa de menos teatro.

(Aqui tem uma gravação com o texto lido pela autora)

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