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Israeli media: After settlers beat him mercilessly, they stuffed dirt into his mouth

Violent settlers raided land owned by a Palestinian family on Rosh Hashanah and attacked the father with spiked clubs. When his sons rushed to his aid, one of them suffered a shattered leg, cracked ribs and damage to his lungs

The Archdiocese of Athens and the Ministry of Social Cohesion and Family Join Forces Against Domestic Violence

5 October 2026 at 14:13
On September 30, the Archdiocese of Athens and the Greek Ministry of Social Cohesion and Family signed a memorandum of cooperation aimed at preventing domestic violence. The document was signed by Bishop Varnavas of Christoupolis—Protosyncellus of the Archdiocese of Athens and representative of Archbishop Ieronymos—and Deputy Minister Elena Rapti. This new agreement expands the existing […]

Israeli Soldiers Abduct At Least 22 Across Occupied West Bank

Israeli soldiers invaded communities across the West Bank on Wednesday, abducting at least 22 Palestinians, including 3 children and 2 employees of the Islamic Association for Orphan Care. Soldiers also broke into homes, assaulted residents, & fired gas bombs

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Israeli former leaders and security chiefs threaten legal action over ‘Jewish terrorism’

A leaked letter signed by 2 former prime ministers, former heads of all Israeli security services, former judges, & Nobel laureate demanded Israel stop extreme violence and ideology of ethnic cleansing

Pretoria saisi par l'« afrophobie »

Les images ont fait le tour du monde : pillages, commerces incendiés, migrants fuyant en masse, assassinats. Si l'Afrique du Sud a déjà connu des flambées xénophobes, le mouvement du printemps 2026 frappe par son ampleur et sa résonance internationale. Alors qu'elle s'enfonce dans une profonde crise sociale, la « nation arc-en-ciel » subit des attaques inédites, notamment des États-Unis.

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Fahamu Pecou. – « End of Safety : Illusion » (La fin de la sécurité : une illusion), 2023
© Fahamu Pecou - Courtesy Galerie Backslash

En décembre 2025, des collectifs antimigrants ont sommé tous les étrangers en situation irrégulière de quitter l'Afrique du Sud avant la « date butoir » du 30 juin 2026. Cet ultimatum, sans le moindre caractère officiel, faisait suite à plusieurs mois de manifestations violentes qui avaient causé de lourds dégâts matériels, contraint des centaines de milliers de personnes à l'exode et fait au moins quatre morts. La journée du 30 juin s'est finalement déroulée sans débordement majeur, en partie grâce aux 600 millions de rands — environ 32 millions d'euros — débloqués par le ministère de la police pour financer des opérations de contrôle dans les neuf provinces du pays. Chef de file de la mobilisation, le mouvement March and March a repoussé l'échéance au 30 septembre, intimant aux entreprises de cesser d'employer des personnes sans papiers d'ici là.

Selon les autorités sud-africaines, plus de 80 000 étrangers ont fait l'objet de procédures de rapatriement ou d'expulsion entre le 14 juin et le 20 août 2026. D'autres ont pris le chemin du retour par leurs propres moyens. Près de 115 000 Zimbabwéens, 56 000 Malawiens et des milliers de Nigérians, de Ghanéens, de Lésothans, de Mozambicains auraient ainsi regagné leur pays d'origine.

Affirmant ne s'opposer qu'aux flux migratoires « illégaux », la mouvance nativiste (1) nie toute xénophobie et réclame une politique donnant la priorité aux Sud-Africains. Pourtant, d'innombrables témoignages font état de milices allant de porte en porte agresser des étrangers, piller leurs biens ou s'en prendre à des commerces tenus par des immigrés (2). Certains groupes ciblent même des concitoyens jugés « trop noirs » ou des Sud-Africaines portant le hidjab. Ces intimidations et exactions relèvent de l'« afrophobie », puisqu'elles visent essentiellement des étrangers africains et, marginalement, des ressortissants de pays d'Asie du Sud, en particulier les vendeurs ambulants et les petits commerçants des zones déshéritées. Les centaines de milliers d'immigrés européens, qui résident pour la plupart dans des quartiers aisés, sont, eux, épargnés.

Les organisateurs du mouvement accusent le gouvernement de laisser affluer sans contrôle des migrants originaires de pays voisins, auxquels ils reprochent de venir « voler » les emplois des Sud-Africains, d'alimenter la flambée de la criminalité, de ne pas payer d'impôts et de saturer les hôpitaux et le système éducatif. Pourtant, on est loin de toute submersion migratoire : lors du dernier recensement, en 2022, le pays comptait 2,4 millions d'immigrés, tous statuts confondus, soit 3,9 % de la population totale. Leur nombre a culminé à 3,2 millions en 2015, mais n'a — selon le département des affaires économiques et sociales de l'ONU — cessé de diminuer depuis. D'après ces mêmes données, près de 90 % des migrants vivant en Afrique du Sud seraient originaires de quatre pays voisins : le Zimbabwe (48,5 %), le Mozambique (20 %), le Lesotho (10,9 %) et le Malawi (9,5 %). En outre, de nombreuses études montrent que l'immigration profite à l'économie sud-africaine : elle génère 9 % du produit intérieur brut (PIB), et chaque travailleur immigré suscite en moyenne deux emplois (3). Les personnes sans papiers ne représentent par ailleurs que 2,3 % de la population carcérale. Enfin, selon le ministère de l'éducation de base, les élèves étrangers ne constituent que 1,8 % des effectifs de l'enseignement public.

Une diversion opportune

Souvent tenues par des étrangers, les spaza shops des townships occupent une place essentielle dans l'économie. Ces petites épiceries informelles, qui fleurissent à chaque coin de rue dans des quartiers longtemps délaissés par les grandes enseignes, font vivre les communautés locales, procurent près de trois millions d'emplois et pèsent plus de 5 % du PIB (4). Les collectifs antimigrants arguent que ces chiffres ne prennent en compte que l'immigration régulière et ignorent la réalité quotidienne de la majorité des Sud-Africains, qui devrait, selon eux, peser autant que les statistiques.

Rien n'indique que les Sud-Africains se reconnaissent dans un mouvement aux méthodes par ailleurs violentes. Pour autant, depuis quelques années, le regard porté sur l'immigration s'est profondément dégradé. Les enquêtes annuelles du Human Sciences Research Council (HSRC) signalent une hostilité croissante envers les personnes immigrées (5). En 2025, seule 15 % de la population adulte était favorable à l'accueil de tous les étrangers, tandis que 42 % y était fermement opposée. Par ailleurs, 85 % des personnes interrogées souhaitaient restreindre l'accueil des réfugiés sur le territoire, voire y mettre fin. Ce durcissement est particulièrement marqué parmi les classes populaires et les catégories les plus précaires, davantage exposées au chômage, aux inégalités sociales et aux carences des services publics, mais aussi plus susceptibles de côtoyer des migrants africains au quotidien.

Le taux de chômage officiel s'élève à 33,6 % et grimpe à 47,4 % chez les jeunes. Le PIB par habitant stagne depuis quinze ans (6). À ces difficultés économiques s'ajoutent de profondes fractures sociales : l'Afrique du Sud est l'un des pays les plus inégalitaires qui soient, et affiche un indice de criminalité parmi les plus élevés du monde (7). La corruption est par ailleurs endémique à tous les échelons du pouvoir. Selon un rapport récent du Bureau de l'auditeur général d'Afrique du Sud (AGSA), les dépenses irrégulières cumulées sur cinq ans par l'État, les provinces et les municipalités atteignent 1 400 milliards de rands, soit environ 75 milliards d'euros (8). L'administration a été épinglée pour avoir transformé le système migratoire en un véritable « marché » et entravé délibérément l'accès à l'asile.

De nombreux responsables politiques sont parvenus à détourner l'attention de leurs propres échecs en faisant des migrants les boucs émissaires des difficultés économiques et sociales du pays. Ce phénomène n'est pas nouveau (9). En 2008, soixante-deux personnes avaient été tuées lors d'émeutes antimigrants essentiellement dirigées contre les propriétaires des spaza shops, jalousés pour leur réussite supposée. D'autres violences ont éclaté en 2015, 2016, 2019 et 2021, le plus souvent avec l'assentiment tacite des partis au pouvoir, qui ont refusé de reconnaître le caractère xénophobe ou afrophobe de ces agissements, trouvant là une diversion opportune qui reléguait leurs propres manquements au second plan.

Cette nouvelle flambée est toutefois d'une nature un peu différente. Alors que les épisodes précédents avaient des origines locales bien identifiées, l'ampleur et le degré d'organisation de la mobilisation actuelle soulèvent de nombreuses questions sur son financement et ses soutiens. Selon les observateurs, la mouvance antimigrants a recueilli 3,6 millions de mentions sur les réseaux sociaux entre janvier et juin 2026, pour une portée potentielle de plusieurs milliards. Des influenceurs ont amplifié les contenus liés aux manifestations, aux rapatriements et aux violences des milices, tandis que des mots-clics tels que #Mabahambe (« Laissez Les Partir » en isiZulu), #June30 (#30Juin), #PutSouthAfricansFirst (#lesSudAfricainsDabord) et #ImmigrationFraud (#FraudeMigratoire) ont largement circulé à l'approche du 30 juin afin de faire monter la pression (10). Parallèlement, des comptes rémunérés ont systématiquement relayé les publications des organisateurs de March and March dans le cadre d'une action concertée. Autre particularité de cette nouvelle vague : son retentissement international.

L'Afrique du Sud est dirigée par un gouvernement d'union nationale constitué au lendemain des élections de 2024, lorsque le Congrès national africain (ANC) a perdu la majorité absolue à l'Assemblée nationale pour la première fois depuis la fin de l'apartheid. Contraint de former une coalition, l'ANC s'est allié à son principal adversaire politique, l'Alliance démocratique (DA), ainsi qu'aux nationalistes zoulous du Parti Inkatha de la liberté (IFP). L'ANC et la DA ont dénoncé les manifestations, appelé au calme et mis en garde contre les agissements des milices. L'IFP, en revanche, a pris part aux rassemblements.

Le collectif March and March affirme n'être affilié à aucun parti politique. Son trésorier a toutefois été candidat sous l'étiquette Umkhonto we Sizwe (MK), formation issue d'une scission de l'ANC reprise en main par l'ancien président Jacob Zuma, poursuivi notamment pour corruption, fraude, racket et blanchiment d'argent. Pour sa part, Operation Dudula, autrefois fer de lance de la nébuleuse antimigrants, avait d'abord été un collectif de citoyens avant de se constituer en parti en 2023 et de se présenter aux élections provinciales et nationales de 2024. D'autres responsables de petites formations d'opposition ont par ailleurs contribué à légitimer les discours anti-immigration et tenté d'en tirer profit en se rapprochant de la mouvance. C'est le cas des dirigeants de MK, de l'Alliance patriotique (PA) et d'ActionSA. En août, March and March a annoncé la création d'un groupe de travail conjoint avec AfriForum, une organisation qui affirme défendre les droits civiques, mais est largement perçue comme un mouvement identitaire afrikaner promouvant la thèse du « génocide blanc ».

Si les liens entre certains partis sud-africains et la rhétorique antimigratoire sont faciles à établir, l'ampleur de la campagne actuelle dépasse largement leurs capacités et leurs moyens financiers. Les spéculations vont bon train quant à d'éventuelles influences étrangères qui chercheraient à ternir l'image de l'Afrique du Sud sur la scène internationale. La Russie et M. Elon Musk sont régulièrement évoqués, tout comme Israël, en raison de la plainte pour génocide déposée devant la Cour internationale de justice (CIJ). L'Afrique du Sud se trouve aussi dans le collimateur du président Donald Trump, qui a repris à son compte l'accusation de « génocide blanc » dont seraient victimes les fermiers afrikaners, auxquels il réserve dix mille places de « réfugiés ». Les tensions avec Israël se sont traduites par l'expulsion mutuelle de diplomates de haut rang.

Pour l'Afrique du Sud, en tout état de cause, la facture est lourde. L'État a dépensé 341,2 millions de rands (18 millions d'euros) afin d'organiser le rapatriement « volontaire » des migrants par cars vers leur pays d'origine, construire des centres d'évacuation et rémunérer les heures supplémentaires des agents publics chargés des formalités. Les autorités ont également affrété des avions à destination de la République démocratique du Congo (RDC), de l'Éthiopie et du Nigeria. Ce montant n'inclut ni les 600 millions de rands (32 millions d'euros) alloués au dispositif policier du 30 juin, ni les coûts juridiques ou économiques.

L'Union africaine et plusieurs pays du continent ont condamné les manifestations, déconseillé les déplacements non essentiels en Afrique du Sud et organisé des opérations de rapatriement. Pretoria aurait exigé du Malawi, de l'Éthiopie et du Nigeria le remboursement des sommes engagées pour l'hébergement et le transport de leurs ressortissants, attisant les tensions diplomatiques. Abuja envisagerait de réclamer des dédommagements et a suspendu les visites officielles. Le Ghana a quant à lui saisi l'organisation panafricaine, plaidant pour un débat consacré aux violences visant les ressortissants africains en Afrique du Sud. Des organisations de la société civile ont par ailleurs appelé les autorités ghanéennes à révoquer les licences des entreprises sud-africaines.

En 2024, l'Afrique du Sud a exporté pour 568 milliards de rands (30 milliards d'euros) de marchandises vers d'autres pays africains, soit près de 30 % de ses exportations totales, une proportion qui atteindrait 35 % si l'on prenait en compte le commerce informel. Les entreprises sud-africaines sont fortement implantées sur l'ensemble du continent, notamment dans les secteurs des mines, du commerce de détail et des télécommunications. Les investisseurs étrangers en Afrique du Sud, parmi lesquels de nombreux Africains, s'inquiètent eux aussi de l'incertitude engendrée par les troubles.

Les commerçants transfrontaliers du secteur informel originaires des six pays limitrophes de l'Afrique du Sud dépensent près de 600 millions de dollars (523 millions d'euros) par an pour s'y approvisionner en marchandises, qu'ils revendent ensuite chez eux. Beaucoup n'osent désormais plus franchir la frontière, et leur activité s'est effondrée.

Vers une recrudescence des violences

Le 7 juin dernier, le président Cyril Ramaphosa s'est adressé aux Sud-Africains. Tout en se disant conscient des préoccupations liées à l'immigration irrégulière, il a rappelé que les personnes sans papiers ne pouvaient être tenues responsables de toutes les difficultés sociales et économiques du pays. Il a présenté un plan d'action articulé autour de cinq priorités : renforcer la lutte contre les infractions aux lois sur l'immigration et le travail ; prévenir les entrées irrégulières par un contrôle accru aux frontières ; éradiquer la corruption dans le système migratoire ; consolider le cadre législatif et les politiques migratoires ; et améliorer la coordination avec les autres pays africains en matière d'immigration. Devant l'assemblée de l'Union africaine, le 28 juillet 2026, M. Ramaphosa en a également appelé à une coordination continentale face au « défi de l'immigration ».

Ces promesses n'ont pas réussi à désamorcer la mobilisation contre les migrants. Dans un pays où les discours xénophobes occupent une place centrale dans les campagnes électorales depuis près de vingt ans, la perspective des élections municipales du 4 novembre fait craindre une recrudescence des violences et des intimidations. Ces promesses n'ont pas davantage permis de recentrer le débat national sur les véritables problèmes de la société sud-africaine. Engloutir des sommes considérables d'argent public dans la sécurisation des frontières ou accentuer la pression policière sur les plus vulnérables, plutôt que de consacrer ces moyens à la lutte contre la criminalité, n'améliorera pas les conditions de vie des Sud-Africains.

(Traduit de l'anglais par Virginie Ebongué.)

Voir en ligne : /2026/10/MBIYOZO/70058

(1) Lire Achille Mbembe, « Le “lumpen-radicalisme” du président Jacob Zuma », Le Monde diplomatique, juin 2009.

(2) Kimberly Mutandiro, « Immigrant families live in fear in this Joburg community », Ground Up, 31 août 2026.

(3) « Migration profile report for South Africa. A country profile 2023 », (PDF), 2024, Statistics South Africa.

(4) Cf. « The rise and rise of township economy », Business Tech, 2023.

(5) « South African social attitudes survey (Sasas) 2003 », Human Sciences Research Council.

(8) « Consolidated general report on national and provincial audit outcomes 2024-2025, » (PDF), Pretoria, Auditor-General South Africa.

(9) Lire Paul Boyer et Rémi Carton, « Lusaka, plaque tournante des migrations africaines », Le Monde diplomatique, janvier 2024.

(10) Karen Allen, « Lucrative online influence detected during South Africa's 30 June protests », Institute for Security Studies, 2 juillet 2026.

Israeli “settlers” Invade Al-Aqsa; Pour Boiling Water on 75-Year-Old

29 September 2026 at 19:40
Israeli Ministers led 1,271 colonizers under heavy Israeli police guard in an invasion of the Al-Aqsa Mosque compound in Jerusalem. Elsewhere in the occupied West Bank, colonizers attacked Palestinians, destroyed and stole crops

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The Palestinian-American Residents of This West Bank Town Are Wondering: Where Is Trump?

22 September 2026 at 18:38
If a Palestinian child throws a stone at a tank, Israel will turn the village upside-down till they get him. But when settlers burn down houses, destroy thousands of olive trees, and take over village land, nothing happens.

Au Kosovo, la « sale guerre » de l'UCK

Douze ans après le conflit qui devait conduire la province serbe à majorité albanaise sur la voie de l'indépendance, enquêtes et témoignages révèlent l'ampleur des exactions commises par des membres de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). Les victimes se comptent aussi bien parmi les civils serbes que dans les rangs des rivaux politiques de l'UCK.

Le 27 octobre 1999, plusieurs mois après l'entrée des troupes de la Force de maintien de la paix au Kosovo (KFOR), la mission de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) dans ce territoire placé depuis juin sous administration provisoire des Nations unies, M. Budimir Baljosevic, un enseignant de 50 ans, a tenté, en compagnie de quatre amis, de s'enfuir du « ghetto » où étaient parqués les Serbes d'Orahovac/Rahovec (1). Un Rom de la ville, M. Agron N., s'était proposé de les conduire à Rozaje, au Monténégro, contre 1 200 marks allemands (600 euros) par personne. N. avait de bons arguments pour justifier une somme aussi élevée : il travaillait auprès du Corps de protection du Kosovo (TMK), la structure supervisée par l'OTAN pour assurer la « réinsertion sociale » des anciens guérilleros de l'Armée de libération du Kosovo (UCK). N. avait déjà réussi quatre exfiltrations de Serbes d'Orahovac. Ce maçon construisait la nouvelle base du TMK dans la ville voisine de Djakovica/Gjakovë, et c'est justement là que se perd la trace des cinq Serbes.

« Je me suis arrêté pour chercher mon beau-frère, qui devait partir en convoi avec nous. J'avais laissé les Serbes dans la voiture. Quand je suis sorti de la maison de mon beau-frère, on m'a crié de me cacher, et des inconnus ont enlevé les Serbes, dont on n'a plus jamais eu de nouvelles », explique N., qui a lui-même préféré s'exiler durant plusieurs mois à Novi Pazar, en Serbie, « par sécurité ». Le frère de M. Baljosevic a tenté à maintes reprises d'obtenir des renseignements sur les disparus, sans succès. « Des militaires italiens de la KFOR sont venus me voir, ainsi que des policiers des Nations unies, mais je n'ai jamais eu de nouvelles. »

Le sort de ces disparus est tragiquement banal. M. Negovan Mavric tient un petit café à Velika Hoca, une enclave serbe située à quelques kilomètres d'Orahovac/Rahovec, et dirige la branche locale de l'Association des familles de personnes disparues. Il présente la liste des morts et disparus de la commune : les restes des dix-neuf Serbes enlevés en 1998 et 1999 ont été retrouvés, mais soixante-quatre autres personnes sont toujours manquantes, cinquante-cinq Serbes et neuf Roms. Le premier meurtre d'un civil serbe remonte au 12 mai 1998, quand ont commencé les affrontements entre la police serbe et la guérilla de l'UCK pour le contrôle de la petite région d'Orahovac, où vivaient alors de nombreux Serbes. Le dernier enlèvement a eu lieu le 28 juillet 2000, plus d'un an après l'établissement du protectorat international (lire « Des conclusions explosives »).

Les coteaux qui entourent Velika Hoca sont recouverts de vignes. Le paysage est clos par des sommets impressionnants qui marquent les frontières du Kosovo et de l'Albanie : le massif du Shar, celui de Pashtrik, les montagnes du Has et, plus au nord, vers le Monténégro, la Prokletijë, les « Cimes maudites ». Autrefois, Albanais et Serbes cohabitaient sans heurts dans la commune d'Orahovac/Rahovec, dont dépend le village. Depuis juin 1999, la présence serbe dans la région se réduit aux sept cents habitants de Velika Hoca et à trois cents autres terrés dans le ghetto de la ville haute d'Orahovac. Ils étaient près de dix mille jusqu'en 1999. Les Serbes ont été chassés des villages mixtes de Zociste, Opterusa ou Retimlije.

La majorité des « disparus » d'Orahovac ont été enlevés dès juillet 1998, quand l'UCK a brièvement investi la ville. Un groupe important de civils serbes du village de Retimlje a été conduit dans une base de cette organisation située dans le village voisin de Semetiste. Les femmes ont été libérées quatre jours plus tard par l'intermédiaire du Comité international de la Croix-Rouge, tandis que les hommes, dont un adolescent de 16 ans, n'ont jamais été revus vivants. Certains corps ont été identifiés parmi les restes, découverts en avril 2005, de vingt et une personnes jetées dans une fosse commune située dans le village de Volujak/Valljakë, près de Klina, à plusieurs dizaines de kilomètres de là.

Mme Olgica Bozanic, originaire d'Orahovac, réfugiée à Belgrade, milite au sein de l'Association des familles de personnes disparues. Elle a perdu ses deux frères, des oncles et des cousins, en tout près de dix parents. Elle affirme avoir eu des nouvelles de l'un d'eux par l'intermédiaire d'anciens voisins albanais, eux-mêmes détenus durant plusieurs mois par la guérilla pour collaboration supposée avec le régime serbe. Selon le témoignage de ces derniers, des Serbes de la région d'Orahovac auraient d'abord été détenus près de la principale base de l'UCK dans la région, dans le village de Drenovac/ Drenovcë. Après la fin de la guerre, ils auraient été transférés à Deva, un village des montagnes du Has jouxtant la frontière albanaise. Il semble que l'UCK y ait investi et transformé en centre de détention un ancien poste militaire après le retrait de l'armée yougoslave, en juin 1999. Les survivants d'Orahovac auraient ensuite été conduits à Kukës, en Albanie, puis à Durrës, sur la côte, où ces témoins albanais les auraient vus vivants, dans une prison de l'UCK, en 2001.

Toutefois, on peut supposer que la grande majorité des Serbes enlevés avant la fin de la guerre ont été assassinés à l'intérieur des frontières du Kosovo. En revanche, la piste de ceux qui ont été enlevés après le déploiement des troupes de l'OTAN se perd, même si l'hypothèse de déportations vers l'Albanie est avancée depuis longtemps. A l'automne 1999, M. Sefko Alomerovic, président du Comité Helsinki du Sandjak de Novi Pazar — une structure régionale indépendante du Comité Helsinki de Serbie —, avait longuement enquêté à ce sujet. Son rapport est aujourd'hui introuvable, et M. Alomerovic est décédé en 2003. Dans les entretiens qu'il avait accordés en 2000, il affirmait avoir pu visiter cinq centres de détention situés à l'intérieur du Kosovo. Il s'agissait de petites structures, souvent des garages ou des bâtiments industriels à la périphérie des villes, abritant de dix à cinquante détenus. L'ensemble de ce réseau de camps aurait été dirigé par un certain commandant Mala, de son vrai nom Alush Agushi, un proche de M. Ramush Haradinaj (2). Des familles de disparus auraient essayé de « racheter » leurs parents ; cependant, malgré des sommes d'argent importantes effectivement versées à des intermédiaires, aucune libération n'est jamais intervenue. De même, certains Serbes auraient été retenus en vue d'un échange contre des prisonniers albanais détenus en Serbie — dont le nombre était encore évalué à huit cents à la fin de l'année 2000.

Là encore, il est impossible de confirmer le moindre échange. Selon certaines sources, beaucoup de détenus serbes auraient été exécutés en 2001, quand Belgrade a adopté une loi d'amnistie et libéré les Albanais suspectés d'avoir appartenu à l'UCK. Certains centres de détention situés au Kosovo auraient servi de « camps d'étape » avant un transfert des prisonniers vers l'Albanie. M. Alomerovic avait, le premier, évoqué un trafic d'organes, en supposant l'implication de réseaux criminels internationaux qui auraient acheté les organes fournis par les séides de l'UCK.

Le long isolement des premiers investigateurs

Aucune enquête n'a fait suite aux révélations de M. Alomerovic, qui ont été rejetées par les organisations internationales présentes au Kosovo, notamment par la Mission des Nations unies (Minuk), alors dirigée par M. Bernard Kouchner. M. Alomerovic, militant connu de la défense des droits humains et opposant de longue date au régime de Milosevic, parlait d'un véritable « mur du silence » (3), la KFOR ayant, contre l'évidence, démenti l'existence du moindre centre de détention au Kosovo… Dans ses Mémoires, Mme Carla Del Ponte, ancienne procureure générale du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie (TPIY), évoque elle aussi ce mur du silence auquel elle s'est heurtée quand elle a voulu enquêter sur les disparitions de civils serbes et sur l'hypothèse d'un trafic d'organes (4).

Comme le souligne M. Dick Marty dans les nombreuses interviews qu'il a données depuis la publication du rapport dont il a été chargé par le Conseil de l'Europe (lire« Des conclusions explosives »), « tout le monde au Kosovo » était pourtant au courant des disparitions de civils serbes, mais aussi de la détention, durant la guerre, de nombreux « collaborateurs » albanais supposés du régime serbe. Un quotidien de Pristina, Bota Sot, n'a cessé, depuis 1999, de dénoncer les éliminations physiques de sympathisants de la Ligue démocratique du Kosovo (LDK), la formation de feu Ibrahim Rugova, durant et après la guerre. Bajrush Morina, son rédacteur en chef, résume la situation : « Depuis 1999, trois mille personnes ont été abattues au Kosovo, et seuls six cents de ces meurtres ont été élucidés. On a beaucoup parlé de vengeances familiales, mais, dans la grande majorité des cas, il s'agissait de meurtres politiques. » Le journal a lui-même payé son tribut de sang : deux de ses journalistes ont été abattus, et M. Morina a longtemps dû se déplacer sous la protection de gardes armés fournis par une compagnie privée de sécurité. Les informations publiées par le journal ont pourtant toujours été frappées de suspicion, en raison des liens que Bota Sot entretient avec la LDK.

Ce journal a aussi régulièrement évoqué l'existence de centres de détention au Kosovo et en Albanie, où étaient emprisonnés des Albanais accusés de « collaboration ». Le 28 février 2011 s'est ouvert devant le tribunal de Mitrovica le procès de deux anciens commandants de l'UCK, MM. Sabit Geci et Riza Alijaj, accusés d'avoir commis des crimes graves dans le camp de Cahan, situé dans les montagnes du nord de l'Albanie, à quelques kilomètres des frontières du Kosovo.

Petit village de montagne, Cahan a servi durant la guerre de centre logistique à l'UCK et de base arrière pour les volontaires qui partaient se battre au Kosovo. M. Bedri Cahani, l'homme fort du lieu, reconnaît volontiers que les habitants de Cahan se livraient à la contrebande de cigarettes avec le Kosovo et qu'il a été recruté dès l'automne 1997 par la guérilla, notamment pour faire passer, de nuit, les combattants par la montagne. L'UCK utilisait comme base une ancienne caserne de l'armée albanaise, abandonnée en 1992, dont les bâtiments se dressent toujours à l'entrée du village. Pour rejoindre Cahan depuis la bourgade de Kruma, il faut suivre sur près de dix kilomètres une mauvaise piste de montagne. L'endroit est discret, et l'ancienne caserne a aussi abrité un centre de détention, évoqué par M. Marty.

M. Z. Z. a séjourné deux mois et demi dans « l'enfer » de Cahan, et il sera l'un des principaux témoins protégés du procès de MM. Geci et Alijaj. Il évoque des mauvais traitements systématiques et des actes graves de torture. Certains détenus étaient forcés à avoir entre eux des relations sexuelles, d'autres ont subi des simulacres d'exécution. « Je suis probablement le prisonnier resté le plus longtemps à Cahan, et je n'ai rencontré que des détenus albanais », assure-t-il cependant. M. Z. Z. précise y avoir vu passer les chefs les plus importants de l'UCK, notamment M. Hashim Thaçi, l'actuel premier ministre du Kosovo.

Toutes les personnes détenues à Cahan durant les mois de guerre du printemps 1999 auraient été, comme M. Z. Z., des cadres de la LDK, généralement arrêtés dans les villes de Kukës et de Kruma, où se pressaient les réfugiés chassés du Kosovo par les forces serbes. Certains étaient engagés dans les Forces armées de la République de Kosovo (FARK), le mouvement de guérilla concurrent de l'UCK créé, sans grand succès sur le terrain, par les partisans d'Ibrahim Rugova.

Dans son rapport, M. Marty pointe la responsabilité particulière d'une faction interne au sein de l'UCK, qu'il nomme « groupe de la Drenica », citant les noms de MM. Hashim Thaçi, Azem Syla, Xhevat Haliti, Kadri Veseli, Fatmir Limaj, Sabit Geci ou Riza Alijaj. Ces anciens commandants de la guérilla sont effectivement originaires de la Drenica, mais ils ont un autre point commun : ils appartenaient tous au Mouvement populaire du Kosovo (LPK), un groupe clandestin d'inspiration marxiste-léniniste « envériste », c'est-à-dire favorable au régime stalinien albanais d'Enver Hodja.

Ce mouvement, né dans la diaspora albanaise de Suisse, disposait d'un assez large réseau de militants clandestins au Kosovo. C'est également le LPK qui prit l'initiative, en 1996, de créer l'UCK, fédérant les quelques groupes de francs-tireurs qui opéraient déjà dans le pays, principalement dans la région de la Drenica. Le plus célèbre de ces francs-tireurs, le « commandant légendaire » Adem Jashari, objet d'une véritable dévotion au Kosovo, a été tué par la police serbe le 6 mars 1999. Son cousin, M. Gani Geci, autre franc-tireur de la première heure, est resté en vie, échappant de peu à un attentat en 2001. Il n'a jamais rejoint le Parti démocratique du Kosovo (PDK), héritier direct du LPK. Issu de la famille des bajraktar — les « chevaliers de village » de l'Empire ottoman — du village de Llausha, au cœur de la Drenica, il a toujours milité dans les rangs de la LDK, puis d'une petite scission de ce parti, dont il fut député au Parlement du Kosovo lors de la précédente mandature.

« Nous étions fidèles à Ibrahim Rugova, nous n'avions jamais entendu parler du LPK, ni d'ailleurs des FARK : pour nous, le sigle UCK fédérait tous les combattants. Quand les gens du LPK sont venus de Suisse, nous les avons accueillis. Ils avaient de l'argent, promettaient des armes, mais nous avons vite compris que seul le pouvoir les intéressait. » M. Geci réfléchit un instant, dans le somptueux oda, la pièce de réception traditionnelle de son immense demeure reconstruite après la guerre, avant de lancer : « De toute façon, ils n'ont jamais combattu les Serbes. Pour cela, ils comptaient sur l'OTAN. Ils se sont uniquement battus contre d'autres Albanais pour établir leur pouvoir absolu et, depuis la fin de la guerre, ils ont mis le Kosovo en coupe réglée. »

Ces assertions sont largement confirmées par un rapport de l'OTAN datant de 2003 et récemment déclassifié, qui désigne M. Haliti comme le « parrain » du Kosovo, contrôlant l'essentiel des activités illégales, de la contrebande au trafic de drogue et à la prostitution. Cadre majeur du LPK, il était aussi notoirement connu comme un agent de la Sigurimi, les services secrets de l'Albanie stalinienne. Il est l'un des principaux chefs du « groupe de la Drenica » qui, en réalité, est identifiable aux structures dirigeantes du LPK et de l'actuel PDK.

Pour parvenir à ses fins, le PDK pouvait compter sur un puissant instrument : le Shërbimi informativ i Kosovës (SHIK), un service de renseignement dirigé par MM. Veseli et Syla. A la fin de 2009, le Kosovo a été secoué par les révélations d'un ancien agent du SHIK, M. Nazim Bllaca, qui a publiquement reconnu le meurtre d'un collaborateur albanais de la police serbe. Placé en résidence surveillée dans l'attente de son procès, M. Bllaca peut à nouveau s'exprimer dans la presse. Dans une interview accordée en janvier 2011 au quotidien Koha Ditore, il affirme que le SHIK a abattu « six cents personnes dans les mois qui ont suivi l'instauration du protectorat international, un millier en une année ».

Les langues commencent à se délier au Kosovo, du moins sur les violences commises par l'UCK contre des Albanais accusés de collaboration ou défendant une autre option politique que celle de la guérilla. En revanche, nul ne veut encore parler du sort des Serbes disparus. M. Z. Z. explique ainsi qu'à la fin de la guerre, il a été transféré du camp de Cahan vers la ville de Prizren, au Kosovo. « Je suis resté détenu plusieurs jours dans la cave d'une maison, en compagnie de sept Serbes âgés et d'un Rom. Nous étions deux prisonniers albanais du camp de Cahan, et nos geôliers nous forçaient à frapper les vieux Serbes. J'ai finalement été libéré par les soldats allemands de la KFOR, mais les Serbes avaient précédemment été emmenés vers une destination que j'ignore. »

Nous n'avons pu trouver confirmation du fait que le camp de Cahan a aussi accueilli, après la fin de la guerre, des prisonniers serbes qui auraient été destinés à alimenter un trafic d'organes. En revanche, quand Cahan abritait un centre de torture destiné aux « dissidents » de l'UCK, au printemps 1999, cette base de la guérilla était régulièrement fréquentée par les hommes des unités spéciales de l'armée américaine (5).

Voir en ligne : /2011/03/DERENS/20228

(1) La première forme est celle du nom serbe de la ville, la seconde, celle de son nom albanais.

(2) M. Haradinaj, ancien commandant de l'UCK dans l'ouest du Kosovo, a été premier ministre du Kosovo de décembre 2004 à mars 2005. Dirigeant toujours sa formation, l'Alliance pour l'avenir du Kosovo (AAK), il est actuellement détenu à la prison internationale de Scheveningen (Pays-Bas), en attente de son procès en appel devant le TPIY. En première instance, il avait été acquitté, plusieurs témoins à charge ayant été assassinés ou s'étant rétractés à l'audience.

(3) Cf. Vanja Mekterovic et Vladimir Radomirovic, « Kosovo : l'archipel des camps de l'UCK », 17 avril 2000.

(4) Carla Del Ponte, La Traque, les criminels de guerre et moi, Héloïse d'Ormesson, Paris, 2009.

(5) Ce que confirme notamment le témoignage d'un médecin australien : Craig Jurisevic, Blood on my Hands : A Surgeon at War, Wild Dingo Press, Melbourne, 2010.

How Rogue Officers Turned a Nationwide Camera Network into a Tool for Stalking

3 August 2026 at 20:53

Across the United States, dozens of law enforcement officers face accusations of misusing Flock, a surveillance network of 120,000 cameras that track license plates. Flock’s proponents claim that the technology does far more good than harm; one investor tells the Washington Post that abuse is “truly a nonissue.” But fear isn’t a statistic. Drew Harwell, Douglas MacMillan, and Aaron Schaffer structure their investigation of Flock’s misuse by law enforcement around the story of a woman in suburban Atlanta who had her whereabouts tracked hundreds of times by her ex, the local chief of police. Their report telescopes between the tradeoffs of a “transformational” technology and a few nightmarish cases of misuse.

Bakely said the cameras had left her feeling powerless to stop her ex-boyfriend from tracking her life. She didn’t feel safe asking the police agency he led, she said, and she couldn’t get access to records that would have shown the surveillance was happening in real time. After Steffman told her about his Flock searches, she filed for a restraining order, but a judge denied it on the basis that she couldn’t prove ongoing abuse, court records show.

He “watched every single move I made,” she said. But “who do you turn the chief of police in to?”

Her Rape Kit Had a DNA Match. In San Francisco, That’s Not Enough.

27 July 2026 at 18:19

The San Francisco Police Department cleared 14 percent of rape cases last year—half the national rate. An investigation finds that rape kits get tested fast, only for cases to be quietly shelved. Often, the only thing standing “between a report and the shelf” is what’s known as a “pretext call,” a recorded phone conversation in which a survivor tries to extract an admission of guilt from their attacker (aka relives their trauma to do the police’s work for them):

She sat in a room at the SVU headquarters with [Sergeant Johnathan] Ng and a recorder. She dialed the man she alleged raped her. He didn’t pick up. She tried again. No answer.

“If we don’t get an admission, it’s a he-said, she-said thing,” she remembered Ng telling her.

Then, she said, he offered some unsolicited advice.

“He told me that I probably shouldn’t be hanging out with 55-year-old men,” she said.

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