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Frédéric DELORCA
Avec son climat subtropical qui permet d’avoir plusieurs récoltes de fruits par an et ses plages de sable fin sur les bords de la Mer Noire, et ses chemins de randonnée à travers les forêts profondes et les sommets enneigés du Caucase, l’Abkhazie, ancien lieu de villégiature de la nomenklatura soviétique, pourrait être un paradis touristique inscrit au catalogue de toutes les agences de voyage comme la Thaïlande et Acapulco.
Elle l’est chaque année pour plus d’un million de touristes russes (surtout depuis que la guerre d’Ukraine complique leurs voyages à travers le monde). Mais pour les médias mainstreams d’Europe occidentale, ce petit pays de 250 000 habitants, qui a fait sécession de la Géorgie en 1993 au terme d’une guerre de libération de David contre Goliath, n’est qu’une enclave qui serait purement et simplement annexée par les Russes et vouée à l’isolement et à l’embargo, jusqu’à ce qu’il ait retrouvé le giron de ses anciens maîtres à Tbilissi.
Pourtant l’hypothèse d’une réunification relève de la pure politique fiction. Ni les 50 % d’abkhazes ethniques qui ont payé le prix du sang pour s’opposer à la politique assimilationniste des Géorgiens, ni les autres communautés (Arméniens, Russes, Grecs, Mingréliens) n’aspirent au retour de la Géorgie. Plus de trente ans de séparation entre les deux pays, l’Abkhazie s’est habituée à vivre loin de Tbilissi. Et les fièvres anti-russes attisées par l’Union Européenne et l’Amérique qui périodiquement enflamment Tbilissi (comme lorsqu’en 2008 le nationaliste Saakachvili, l’ex-patron de Raphaël Glucksman, avec le soutien de Washington, avait lancé ses troupes contre l’Ossétie du Sud, une autre entité qui s’était séparée de son pays) ne sont pas de nature à combler le fossé.
La question aujourd’hui pour le peuple abkhaze est de savoir comment construire un avenir pour soi-même quand on n’est reconnu que par quatre Etats : la Russie, le Nicaragua, le Vénézuéla et la Syrie… Si Taiwan n’est pas membre de l’ONU, cela n’empêche pas les Taiwanais de voyager à travers le monde, de même les Kosovars dont le pays n’est pas reconnu par l’Espagne ou par la Roumanie peuvent quand même se rendre dans l’Union européenne. Les Abkhazes ne bénéficient pas de ce genre de facilité. Car à l’absence de reconnaissance de leur Etat au niveau international s’ajoute une double peine liée au fait qu’ils sont assimilés par la propagande occidentale à une sorte d’axe du mal pro-russe. Du coup, non seulement leurs passeports ne sont pas reconnus (à tel point qu’ils ne peuvent même pas se rendre dans la Turquie voisine), mais ils subissent de plein fouet les sanctions économiques ciblées vers leur grand frère du Nord.
L’équation sommaire « Abkhazes = alliés des Russes », est pourtant plus complexe qu’il n’y paraît. En 1996 Eltsine avait placé l’Abkhazie sous embargo, et si Poutine se pose plutôt en protecteur, les Abkhazes veillent à ce que cela ne se fasse pas au détriment de leur souveraineté. En novembre 2024 par exemple, les manifestants à Soukhoumi étaient parvenus, en mode « gilets jaunes » à renverser le gouvernement jugé trop pro-Russe en envahissant le siège de ses institutions. Dans ce pays où tout le monde est prêt à défendre sa liberté avec les armes, l’achat des terres reste interdit aux étrangers, ce qui le préserve aussi de la spéculation et des excès du capitalisme cynique qu’il soit russe ou globalisé.
Avant de définir quel degré de proximité les Abkhazes doivent entretenir avec leur protecteur russe et avec les autres pays de la région, l’urgence première pour ce peuple est de desserrer sur un plan strictement humanitaire l’étau qui les étrangle, et qui fait que, par exemple, même le fait d’aller se faire soigner à l’étranger pour des soins médicaux (quand le système sanitaire local est largement défaillant) peut relever du casse-tête (car même la détention d’un passeport russe ne vous garantit pas un droit d’être soigné gratuitement à Sotchi).
D’une façon très significative, l’initiative pour desserrer cet étau a été prise par un collectif citoyen ancré dans la diaspora abkhaze en Turquie, une communauté issue de l’exil d’Abkhazes qui ont fui au XIXe siècle les massacres tsaristes. Cette communauté, qui compte environ 500 000 membres a progressivement repris conscience de ses racines caucasiennes dans les années 1990. En son sein l’avocat communiste Anit Baba a lancé en juin dernier une pétition pour convaincre le gouvernement turc d’autoriser les ressortissants d’Abkhazie à venir dans ce pays, et en vue du rétablissement de la liaison maritime entre Soukhoumi et les ports turcs.
Cette campagne a connu un succès immédiat dans les partis de gauche turcs, et même au sein de mouvements de droite, ainsi que dans les diverses communautés ethniques minoritaires comme les Kurdes et les Arméniens. Même la parti kémaliste qui dirigeait le pays dans les années 1990 a signé son soutien, sans oublier des organisations professionnelles comme l’union des barreaux de Turquie (les avocats), divers intellectuels et artistes etc.
Le succès de cette campagne est tel que le collectif « Fin de l’Isolement de l’Abkhazie » souhaite aujourd’hui étendre sa dynamique au monde entier en lançant un appel international contre l’enclavement de l’Abkhazie. Des comités en ce sens se constituent en Europe, en Asie, en Afrique, aux Etats-Unis. Le soutien à la pétition Ouvrez les portes verrouillées de la Mer Noire – mettez fin à l’isolement ! doit être l’occasion à la fois de tendre la main à ce courageux petit peuple qui depuis des siècles a résisté à toutes les tentatives d’asservissement et d’assimilation, et un moyen de dénoncer la politique occidentale qui applique un deux poids deux mesures entre les peuples « alliés » et les peuples « ennemis », en condamnant sans état d’âme ces derniers à l’oubli et à l’étranglement. Plutôt que de servir de supplétif à l’impérialisme de l’Union européenne en Géorgie, la France et les autres pays francophones s’honoreraient de plutôt choisir dans le Caucase le non-alignement et aider les Abkhazes à sortir du blocus économique et administratif. C’est ce que les citoyens doivent demander en signant cette pétition.
Lien pour la pétition (en français) : https://atlasalternatif.over-blog.com/2026/10/petition-pour-la-fin-de-l-isolement-de-l-abkhazie.html
Publié à l’origine par Le Grand Soir
Backlash against content creators includes restricted hours for filming and even outright bans
Stand in any vaguely photogenic spot these days on holiday and the chances are you will come across people posing with raised phones and even ring lights. Some may be influencers with huge audiences on social media, others just overkeen Instagram users. With hotels and beauty spots now so overrun, however, bans on photography are coming into place.
The five-star Hotel du Cap-Eden-Roc in Antibes, known for its glamorous clientele, views of the Côte d’Azur and a stunning infinity pool, has brought in rules against photoshoots: no longer allowed without prior permission.
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© Photograph: imageBROKER.com/PR

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In this essay at Panorama: The Journal of Travel, Place, and Nature, writer and professor Samuel Autman reflects on tourism and privilege, especially in a time of xenophobia; traveling as a Black queer American; and the idea of not fully belonging wherever he goes. The sections in Autman’s piece are organized as terms and conditions in a legal agreement, reminding us that when we cross borders, we navigate different cultural and social scenarios, written and unwritten rules, and people who view us as foreign—no matter how at home we might feel.
I found myself asking harder questions about the young men around him, about the relationships, the patronage and the blurred line between generosity and dependency. Mark had paid for many of them to study law, medicine or business. He had even helped one man living in the United States without legal status by paying for him to attend a Spanish-language school.
None of it suggested scandal or anything obviously illegal. But parts of it no longer sat comfortably with me.