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L’URSSAF a changé trois fois de motif pour réclamer la même somme. Huit ans plus tard, le redressement tombe

Une entreprise bretonne aura dû se défendre pendant huit ans contre un redressement dont le fondement juridique a changé au fil du contentieux. D’abord justifiée par les droits à la retraite d’un salarié, puis par le caractère non indemnitaire d’une transaction, la réclamation a finalement porté sur le forfait social et la CSG-CRDS. Le 7 octobre 2026, la cour d’appel de Rennes a annulé ce chef de redressement de 14 175 euros : l’URSSAF ne pouvait plus en modifier le fondement après la mise en demeure.

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La lettre d’observations du 26 mars 2018 retient quatre chefs de redressement. Celui qui sera contesté porte sur le départ d’un cadre de 57 ans : une rupture conventionnelle de 24 440 euros le 22 novembre 2016, puis une transaction de 50 625 euros nets le 7 décembre. Redressement initial : 26 097 euros, pour 94 013 euros bruts réintégrés. La mise en demeure du 17 juillet 2018 chiffre l’ensemble à 37 874 euros, tous chefs confondus.

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Huit ans pour une rupture conventionnelle et une transaction de départ

Tout commence par un contrôle de l’URSSAF Bretagne portant sur les années 2015 à 2017. Dans sa lettre d’observations du 26 mars 2018, l’organisme retient quatre chefs de redressement. L’un concerne le départ d’un cadre de 57 ans : une rupture conventionnelle de 24 440 euros, conclue le 22 novembre 2016, suivie d’une transaction de 50 625 euros nets, signée le 7 décembre. Au titre de ce dossier, 94 013 euros bruts sont réintégrés dans l’assiette des cotisations, pour un redressement initial de 26 097 euros. La mise en demeure du 17 juillet 2018 réclame 37 874 euros pour l’ensemble des chefs contestés.

La lettre d’observations invoque les droits à la retraite du salarié. Le 28 février 2019, la commission de recours amiable annule la partie relative à la rupture conventionnelle, mais maintient un redressement en considérant que la transaction présente un caractère non indemnitaire. Devant le tribunal judiciaire de Rennes, l’URSSAF défend finalement une autre approche : elle réclame le forfait social et la CSG-CRDS. Le montant de ce chef est alors ramené à 14 175 euros.

Le pôle social du tribunal judiciaire de Rennes donne raison à l’organisme le 10 juin 2022. Pour l’entreprise, le contentieux ne s’arrête donc pas après plusieurs années de contestation : il faut poursuivre devant la cour d’appel. Derrière les montants se trouvent aussi des frais de défense, du temps mobilisé et une incertitude juridique prolongée. Le dossier ne précise pas le coût total supporté par l'employeur, mais huit années de procédure suffisent à mesurer la durée de cette épreuve.

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La loi impose une limite, même à l’organisme qui recouvre les cotisations

Dans son arrêt du 7 octobre 2026 (RG 22/04520), la cour d’appel de Rennes rappelle une règle essentielle : après la mise en demeure, l’URSSAF ne peut plus modifier le fondement juridique du redressement. Elle s’appuie notamment sur l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale et sur un arrêt de la Cour de cassation du 4 septembre 2025. Le tribunal avait validé les 14 175 euros réclamés ; la cour infirme ce jugement sur le chef concernant l’indemnité transactionnelle. L’URSSAF Bretagne est condamnée à verser 1 500 euros à l’entreprise au titre des frais de procédure, ainsi qu’aux dépens.A savoir que, l’arrêt ne tranche pas le fond de la question, à savoir si la transaction était réellement indemnitaire, et il reste susceptible d’un pourvoi en cassation.

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Cette décision met en lumière une exigence élémentaire de l’État de droit : l’administration ne peut pas déplacer les règles du jeu au gré des arguments qui échouent. Un organisme public dispose de services juridiques, de délais, de la puissance de recouvrement. Un employeur, lui, paie son avocat et attend. L’affaire est bretonne, mais elle vaut pour toutes les PME françaises : la créance change de motif jusqu’à ce qu’une juridiction veuille bien y regarder. La condamnation à 1 500 euros au titre de l’article 700 ne couvre pas huit ans de procédure. Elle dit seulement que l’URSSAF a perdu. Et que le cotisant, lui, a payé.

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La CAF de la Drôme réclame 19 476 euros sans dire pourquoi : le tribunal annule

La caisse d’allocations familiales de la Drôme a exigé 19 476,39 euros d’un allocataire sans préciser quelles prestations, quelles périodes ni quel texte justifiaient la somme. Le tribunal administratif de Grenoble a annulé la décision le 5 août 2026, près de deux ans et huit mois de procédure. L’intéressé n’en sort pas blanchi: les juges retiennent des omissions déclaratives délibérées, maintiennent une amende de 3 246 euros et la récupération de 228,67 euros.

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Le dossier n’est pas celui d’un usager innocent face à une erreur de calcul. C’est celui d’une administration qui exige une somme considérable sans mettre l’intéressé en état de la vérifier. Il faut un juge, et deux ans et demi, pour obtenir ce que toute décision administrative devrait fournir d’emblée : un motif.

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Réclamer près de 20 000 euros sans détailler la dette : une méthode intenable

Tout commence par un contrôle de sa situation. Les enquêteurs découvrent plusieurs anomalies : des séjours répétés hors de France non déclarés, le départ de son fils à l’étranger en juillet 2021 et des sommes reçues de son frère absentes de ses déclarations trimestrielles.

L’homme, qui dispose d’une adresse au Maroc, explique que certains déplacements étaient liés à des impératifs familiaux, notamment au décès de son père. Il affirme n’avoir jamais voulu abandonner sa résidence en France. La décision du 15 décembre 2023 tient pourtant en une ligne de comptabilité : 19 476,39 euros, regroupés sous l’appellation « prestations familiales ». Pas de fondement juridique. Aucun détail suffisant ne permettait d'identifier les prestations visées, leurs montants respectifs, les périodes de récupération ou les fondements juridiques de la créance.

Or, une administration ne peut pas se contenter d'annoncer un montant et d'exiger son paiement. L’obligation de motiver les décisions défavorables n’a rien d’une subtilité de procédure. Elle figure dans le code des relations entre le public et l’administration depuis la loi de 1979. Elle sert à une chose très concrète : permettre à l’administré de vérifier le calcul, de repérer une erreur, de contester à bon escient. Une créance dont on ne connaît ni l’origine ni la période est invérifiable, donc incontestable, sauf à plaider pendant des années. C’est exactement ce qui s’est produit. Dans son jugement du 5 août 2026, le tribunal administratif de Grenoble a annulé la décision pour insuffisance de motivation.

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L'annulation ne blanchit pas l'allocataire, mais elle rappelle que la CAF doit respecter le droit

L’histoire ne s’arrête pas à cette annulation. Les juges retiennent des omissions déclaratives délibérées : séjours à l’étranger non signalés, changement de résidence du fils. Ils maintiennent l’amende administrative de 3 246 euros prononcée par le département de la Drôme et confirment la récupération de 228,67 euros correspondant à la prime exceptionnelle de fin d'année 2022. La CAF peut reprendre la procédure, cette fois correctement motivée, sous réserve des délais de prescription. Autrement dit : la forme a été sanctionnée, pas la dette. L’allocataire n’est pas blanchi ; il a seulement obtenu le droit de savoir ce qu’on lui réclame.

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La somme en jeu, près de 20 000 euros, n'a rien d'anodin pour un ménage. Pourtant, il aura fallu une procédure devant la juridiction administrative pour rappeler à la caisse qu'une créance ne se justifie pas par la seule autorité de celui qui l'émet. La décision judiciaire ne tranche pas définitivement le fond de l'ensemble de la dette : elle impose à la CAF de faire correctement son travail si elle entend poursuivre le recouvrement. Le tribunal de Grenoble rappelle une règle élémentaire : une créance opposée sans motif vérifiable n’est pas une décision administrative, c’est une somme réclamée. Cette leçon vaut pour toutes les caisses, dans tous les départements.

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300 accouchements par an, un seul médecin, et plus de maternité : à Longwy, on naîtra au Luxembourg

Le 14 octobre, le groupe SOS Santé a annoncé la fin des accouchements à la maternité de Mont-Saint-Martin, faute d’un obstétricien titulaire. Trois cents naissances par an basculent vers le Luxembourg ou la Belgique, à trente minutes de route, quand la maternité de repli française en exige quarante-cinq. Une vingtaine d’emplois disparaissent. Aucun Parlement n’a jamais entériné ce retrait.

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Mercredi, la direction de SOS Santé a réuni le personnel et les élus pour leur annoncer que la maternité de l’hôpital de Mont-Saint-Martin cesserait de faire naître des enfants avant le 31 décembre. Elle deviendra un « centre périnatal de proximité ». Le motif est sobre : impossible de constituer une équipe médicale stable. Le seul médecin titulaire s’en va et ne sera pas remplacé. L’Agence régionale de santé confirme les difficultés persistantes de recrutement, le départ annoncé du seul gynécologue-obstétricien titulaire et les échanges avec l’établissement et les élus pour organiser la continuité des soins.

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À Longwy, la pénurie médicale suffit à faire disparaître une maternité

Le motif avancé par la direction tient en une phrase : impossible de constituer une équipe médicale. Le seul médecin titulaire doit partir et aucun remplaçant n’a été trouvé. Sans personnel médical suffisant pour garantir la sécurité des accouchements, la poursuite de l’activité n’est plus envisageable dans les conditions actuelles.

Les chiffres racontent aussi le déclassement progressif de cette maternité. Elle réalisait plus de 600 accouchements en 2019, contre environ 300 aujourd’hui. La baisse de fréquentation fragilise son activité, mais le départ du dernier médecin titulaire transforme cette fragilité en fermeture annoncée. Une vingtaine de postes sur 34 sont désormais menacés, parmi les sages-femmes, les auxiliaires de puériculture et les aides-soignantes. Par ailleurs, les IVG (interruptions volontaires de grossesse) médicamenteuses resteront possibles, rapporte la direction.

Comment un établissement peut-il perdre progressivement sa capacité d’accueillir les naissances sans qu’une solution pérenne soit trouvée pour maintenir une offre de proximité ? La fermeture apparaît comme l’aboutissement d’une pénurie, alors que ses conséquences humaines, professionnelles et territoriales sont, elles, parfaitement prévisibles.

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Le pays de naissance se décide désormais au kilomètre

Pour les habitantes du nord de la Meurthe-et-Moselle, la carte se réduit à trois maternités dans le secteur : Thionville à 45 minutes en voiture, Esch-sur-Alzette, au Luxembourg, et Arlon, en Belgique, toutes deux à 30 minutes. Autrement dit, la maternité étrangère est plus proche que celle de son propre pays. Un État qui ne peut plus garantir qu’un enfant naisse sur son sol à moins de trois quarts d’heure de route de ses parents devrait s’interroger sur ce qu’il appelle encore sa souveraineté. Le Luxembourg et la Belgique, eux, recueilleront ces naissances sans que Paris ait eu à y consentir, ni même à en discuter.

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Cette fermeture pose enfin une question de responsabilité publique. Le groupe gestionnaire doit assurer la sécurité des soins ; les autorités sanitaires ont un rôle dans l’organisation territoriale de l’offre ; les pouvoirs publics doivent, eux, répondre des conséquences de leurs choix et de leurs arbitrages. Pourtant, pour les habitants, le résultat risque d’être le même que celui d’une décision politique explicite : un service disparaît, des emplois sont menacés et les familles doivent s’adapter.

Ce que révèle ce dossier, c’est la manière dont se replie aujourd’hui le service public : par attrition, par non-renouvellement, par constat de pénurie, jamais par une décision dont quelqu’un devrait rendre compte devant les électeurs. Quand plus personne ne décide, plus personne n’a rien à justifier. Et ce sont les mères du bassin de Longwy qui paient la facture.

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72 000 enfants en 2021, 28 810 en 2026 : il a suffi de remplacer une déclaration par une autorisation

Déposé le 7 octobre, le rapport n° 3276 de l’Assemblée nationale mesure l’effet de la loi « séparatisme » de 2021 sur l’instruction en famille. Le nombre d’enfants concernés a chuté de plus de 60 %. Les députés Josiane Corneloup (LR) et Vincent Trébuchet (UDR) réclament le retour au régime déclaratif.

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La loi « séparatisme » de 2021 n’a pas interdit l’école à la maison. La réforme de l’instruction en famille (IEF) a-t-elle sacrifié une liberté séculaire sans atteindre ses objectifs ? C’est la conclusion du rapport publié le 7 octobre par les députés Josiane Corneloup (LR) et Vincent Trébuchet (UDR). Ils demandent l’abandon du régime instauré par la loi du 24 août 2021, dite « loi séparatisme »

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Une liberté transformée en privilège administratif

Le rapport d’information n° 3276 de l’Assemblée nationale, présenté par Josiane Corneloup, députée de la Droite républicaine, et Vincent Trébuchet, député UDR, met en évidence une chute spectaculaire. En 2021-2022, dernière année sous le régime déclaratif, 72 369 enfants étaient concernés. Ils n’étaient plus que 33 665 en 2024-2025, puis 28 810 autorisations ont été recensées pour 2025-2026. La baisse dépasse donc 60 %. Ces chiffres ne démontrent pas que toutes les familles ayant renoncé l’ont fait sous la contrainte administrative. Ils montrent néanmoins l’ampleur du recul intervenu depuis le changement de régime.

La loi du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République a substitué une autorisation préalable à la simple déclaration. Les familles doivent désormais entrer dans les catégories prévues par la loi et justifier leur demande. L’administration ne se contente plus de vérifier que l’instruction est assurée : elle intervient en amont pour décider si les parents peuvent exercer ce choix. Une liberté qui s’exerçait sous réserve des contrôles prévus par la loi devient conditionnée à l’accord préalable du pouvoir administratif.

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Des refus qui varient selon les départements

Le rapport relève qu’en 2024-2025, le taux de refus après recours administratif atteignait 24 %. Les décisions ne sont pas uniformes sur le territoire. Plus troublant encore, 37 % des refus sont motivés par la « situation propre à l’enfant », une catégorie qui laisse une place importante à l’appréciation des dossiers.

Entre l’été 2022 et la fin de l’année scolaire 2022-2023, 283 ordonnances de référé ont été rendues dans des contentieux liés à ces décisions. Dans 75 % des cas, les juges ont donné raison à l’administration. Ce résultat ne signifie pas que chaque refus était justifié sur le fond, mais il illustre les difficultés rencontrées par les familles qui cherchent à contester rapidement une décision.

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Les deux députés formulent 21 préconisations, dont le retour à un régime déclaratif. Leur démarche pose une question essentielle : jusqu’où l’État peut-il soumettre une liberté fondamentale à des critères administratifs dont l’application varie selon les territoires ? C’est la leçon de cette affaire : une liberté peut disparaître sans être abolie, par la seule création d’une procédure qui peut dire non. Reste à savoir si le Parlement acceptera de corriger ce recul des libertés ou s’il préférera maintenir une autorisation préalable dont les effets sont désormais chiffrés.

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À Roanne, la mairie veut ficher l’ADN des chiens pour verbaliser leurs maîtres

À Roanne, dans la Loire, la lutte contre les crottes de chien prend désormais la forme d’une enquête génétique. Le maire Les Républicains de Roanne, assume son ambition : « on peut manger par terre et c'est ce que j'aimerais pour la ville. » Une promesse de propreté qui pourrait déboucher sur une nouvelle mécanique administrative.

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Faute de pouvoir compter sur la seule présence humaine pour faire respecter la propreté, la municipalité de Roanne envisage de recourir à la génétique pour identifier les propriétaires de chiens laissant leurs déjections sur la voie publique. Le dispositif, inspiré de Béziers, arrive quand les services publics de proximité se raréfient.

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Des déjections transformées en preuves génétiques

Prélever l’ADN des chiens, constituer une base de référence, puis analyser les déjections abandonnées sur la voie publique pour tenter d’identifier l’animal et, par conséquent, son propriétaire. Une fois la correspondance établie, une sanction pourrait être prononcée.

L’idée n’est pas nouvelle, la municipalité s’inspire de l’expérience menée à Béziers, tandis que d’autres collectivités cherchent également à sanctionner les propriétaires négligents. À Flesselles, dans la Somme, un arrêté prévoit une amende de 135 euros pour les déjections canines non ramassées. Ce montant concerne Flesselles, et non Roanne, où ni le coût du dispositif ni celui de la sanction envisagée n’ont été publiquement chiffrés dans les informations disponibles.

Reste une série de questions pratiques : combien coûteront les prélèvements, les analyses en laboratoire, la constitution du fichier et son actualisation ? Comment seront établies les correspondances génétiques et contestés les résultats litigieux ? L’efficacité du dispositif dépendra autant de sa fiabilité que de son coût pour les contribuables.

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La propreté municipale à l’heure du laboratoire

La propreté des rues relève d’abord de règles élémentaires, de contrôles de proximité et d’une présence humaine capable de prévenir les incivilités. Avec le traçage génétique, la commune envisage une chaîne technique plus complexe, mobilisant données biologiques, prestataires spécialisés et procédures de verbalisation.

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Le risque est celui d’une fuite en avant bureaucratique : à chaque incivilité, son fichier, son analyse et son dispositif de sanction. Avant de transformer les chiens en suspects génétiques, la mairie devra démontrer que cette technologie est juridiquement encadrée, proportionnée et économiquement justifiée.

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Cette gestion à distance séduit les édiles parce qu’elle est visible, sanctionnable et rentable en communication. Elle laisse surtout entière la question que personne ne pose à Roanne : combien cela coûtera-t-il, et à qui profitera le marché ?

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Douze salariés de l’ASE sans salaire depuis février : ils s'occupaient des enfants placés du Département

Depuis février 2026, douze salariés de Tandem 79, qui prenait en charge pour le Département des enfants de l’aide sociale à l’enfance en grande vulnérabilité, ne touchent plus rien. Employeur et collectivité se disputent la reprise de leurs contrats. Le conseil de prud’hommes de Niort a dû ordonner, le 16 octobre, une provision de 6 000 euros par salarié, sans trancher définitivement la question de la responsabilité de l’employeur.

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D’un côté, douze professionnels qui accompagnaient des enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, dans des situations de vulnérabilité extrême. De l’autre, deux personnes morales :le conseil départemental des Deux-Sèvres et la société Tandem Educadis, maison mère de Tandem 79 qui, à chaque audience de conciliation, ont opposé la même fin de non-recevoir : « Pas moi. » La conciliation du 12 octobre 2026 a échoué ; le juge des référés a rendu son ordonnance quatre jours plus tard, le 16 octobre. Huit mois sans fiche de paie, c’est long pour n’importe quel foyer. Cela l’est plus encore pour des professionnels qui, nuit et jour, s’occupaient d’enfants que la puissance publique avait jugé nécessaire de retirer à leur famille.

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Quand deux acteurs se disputent les contrats, douze salariés attendent leur salaire.

Depuis février 2026, les douze salariés de Tandem 79 ne perçoivent plus leur rémunération, tandis que le Département et la société s’opposent sur la question de savoir qui doit reprendre leurs contrats de travail. Ces professionnels intervenaient auprès d’enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance, dans des situations de grande vulnérabilité.

La tentative de conciliation organisée devant le conseil de prud’hommes de Niort a échoué le 12 octobre. Quatre jours plus tard, le 16 octobre, la juridiction a ordonné le versement d’une provision de 6 000 euros à chacun des douze salariés, soit 72 000 euros au total. Cette somme constitue une avance, et non le règlement définitif du litige. La décision ne désigne pas davantage, à ce stade, l’employeur qui devra finalement assumer les obligations contestées.

Cette distinction juridique est essentielle : la provision apporte un premier secours financier aux salariés, mais elle ne met pas fin au conflit. Elle ne répond pas non plus à la question la plus urgente pour les intéressés : quand retrouveront-ils une rémunération régulière ?

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Le Département a repris l’activité, mais le sort des salariés reste en suspens.

Pour comprendre ce conflit, il faut revenir à la dégradation de la situation de Tandem 79. Dans un communiqué du 15 janvier 2026, le Département des Deux-Sèvres expliquait avoir constaté, lors de contrôles menés entre septembre 2024 et août 2025, des manquements nécessitant une intervention. Une administration provisoire avait été prononcée par arrêté du 12 septembre 2025 pour six mois. La collectivité évoquait notamment des difficultés de trésorerie, une perspective d’un plan de licenciement au sein de Tandem Educadis et l’absence de réponses satisfaisantes du siège sur la continuité des fonctions administratives, comptables et des procédures de ressources humaines.

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Le Département a alors décidé de créer sa propre maison d’enfants à caractère social (MECS) de transition, d’une capacité de 26 places, dont deux destinées à l’accueil d’urgence. Cette nouvelle structure devait permettre de poursuivre la prise en charge des enfants après la fin de la collaboration avec Tandem 79. La collectivité avait donc identifié les risques pesant sur la continuité du service et engagé une réorganisation. Mais le sort des salariés chargés de cette mission n’a pas été réglé au même rythme que celui des enfants accueillis. La collectivité entend assurer la continuité de la protection de l’enfance, tandis que le différend sur la reprise des contrats laisse douze travailleurs sans salaire.  Pour le Département, la question de la responsabilité contractuelle reste à clarifier, en mars 2027, le conseil des prud’hommes de Niort devra trancher sur le fond de l’affaire et dire qui est responsable d’eux.

En somme, la décision du 16 octobre n’est pas une victoire, c’est un constat de carence institutionnelle. Une collectivité qui confie des enfants à un prestataire privé pendant trois ans, qui découvre que des condamnés pour proxénétisme et violences sur enfant y travaillent encore, qui reprend l’activité en urgence, puis qui laisse les éducateurs de ce prestataire sans salaire pendant que les avocats s’échangent des conclusions sur la validité d’un contrat : cette séquence dit quelque chose de la manière dont la puissance publique traite ceux qu’elle emploie indirectement à protéger les plus fragiles. Le juge des référés a juste accordé une avance, il n’a pas restauré la responsabilité.

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1 800 agents de plus, dont 765 pour remplacer les absents : la chambre des comptes chiffre la mairie de Marseille

Le rapport d’observations définitives de la chambre régionale des comptes (CRC) Provence-Alpes-Côte d’Azur, débattu au conseil municipal des 15 et 16 octobre , révèle qu'entre 2018 et 2024, les effectifs municipaux ont gonflé de 1 800 agents, dont 765 équivalents temps plein (ETPT) recrutés pour compenser l’absentéisme. Dans le même temps, les recettes de la ville ont progressé de plus de 286 millions d’euros, essentiellement par l’impôt local. La mairie n’a pourtant toujours pas mis en place le dispositif de prévention de la corruption que la loi lui impose depuis 2017. Le maire, Benoît Payan, conteste le rapport « qui ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 ».

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Le contribuable marseillais a donc payé. Et cette hausse quasi intégrale a été absorbée par des charges de gestion en forte augmentation, dont la progression des effectifs est « la cause principale » selon les magistrats financiers.

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Les recrutements compensent les absences plutôt qu’ils ne les résolvent

Entre 2018 et 2024, les effectifs municipaux sont passés de 14 426 à 16 188 agents. La hausse représente 1 762 personnes, soit environ 1 800, et 968 équivalents temps plein. Mais la répartition de ces renforts retient particulièrement l’attention . Dans son rapport, selon la chambre, 765 équivalents temps plein servent à compenser l’absentéisme, contre 142 consacrés au renforcement de certains services. L’absentéisme municipal dépasse de 43 % le taux national. Certes, il a reculé de deux points en 2023 et 2024, mais les magistrats financiers estiment qu’il n’est toujours « pas pleinement diagnostiqué ». Aucun plan d’action global n’a été élaboré pour en réduire les causes. La municipalité recrute donc pour maintenir ses services en fonctionnement, sans avoir suffisamment établi pourquoi tant d’agents sont absents. Ce mécanisme entretient une spirale coûteuse : les absences appellent des remplacements, lesquels alourdissent les dépenses de personnel sans faire disparaître les causes initiales.

Depuis 2018, les produits de gestion de la commune ont progressé de plus de 286 millions d’euros, principalement grâce à la fiscalité locale. Or, cette hausse a été presque intégralement absorbée par les charges. Pour les contribuables, la question est simple : quels bénéfices tangibles les dépenses supplémentaires ont-elles permis d’obtenir ? La réponse ne peut se limiter au nombre d’agents recrutés ou aux crédits mobilisés. La chambre relève également une stratégie financière peu lisible, une programmation pluriannuelle insuffisamment claire et une fiabilité des comptes jugée nettement insuffisante. Elle pointe enfin le manque de coordination entre les huit mairies de secteur et les services centraux, qui complique le pilotage de l’administration municipale. Le rapport couvre plusieurs mandatures : les responsabilités ne sauraient donc être imputées indistinctement à la seule équipe actuelle.

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La prévention de la corruption reste un chantier inachevé

La chambre formule sept recommandations. La première est sans ambiguïté : « réaliser une cartographie des risques à laquelle adosser un plan d’action de prévention de la corruption comportant un volet dédié à la formation des agents ». Dans sa synthèse, les magistrats constatent que « la commune n’est pas pourvue d’un dispositif anticorruption complet, et contrevient par conséquent, encore, aux exigences de la loi Sapin II, pourtant entrée en vigueur le 1er juin 2017 ». La ville a bien mis en place un « dispositif d’alerte éthique » en 2021, mais celui-ci ne couvre pas l’ensemble des obligations légales, notamment la cartographie des risques et le plan d’action structuré. Des travaux ont été « engagés » par l’Inspection générale des services, mais « interrompus au motif d’un sous-effectif de ce service ». L’ironie administrative est là: le service chargé de contrôler l’usage des deniers publics est lui-même victime de la pénurie qu’il est censé surveiller.

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Benoît Payan (DVG), élu en 2020 puis reconduit en 2026 à la tête de la deuxième ville de France (873.000 habitants), conteste la lecture des magistrats financiers. Lors du conseil municipal des 15 et 16 octobre, le maire a regretté que le rapport « ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 ». Il invoque notamment les investissements dans la rénovation des écoles et la remise à niveau des moyens de sécurité, ainsi que les sommes que la ville estime ne pas recevoir de la métropole et du département. Ces arguments méritent examen, mais ils ne dispensent pas la municipalité de justifier ses choix de gestion.

La CRC note d’ailleurs que « la politique de renforcement des effectifs est menée sans lignes directrices de gestion en matière de stratégie de recrutement et sans anticipation des conséquences structurelles de l’évolution du nombre d’agents sur les charges générales ». En clair : on embauche, on paie, on remplace, mais on ne pilote pas. Le rapport sera débattu au conseil municipal, et l’opposition y trouvera matière. Mais l’enjeu dépasse la querelle entre majorité et opposition : quand les recettes augmentent et que les charges les absorbent presque entièrement, les élus doivent démontrer que chaque euro supplémentaire améliore effectivement le service rendu. À défaut, le contribuable marseillais risque de financer une administration qui mobilise toujours plus de moyens pour compenser ses propres dysfonctionnements, sans fournir la preuve qu’elle s’attaque à leurs causes.

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En Corée, une multiprise payée 115 euros au lieu de 29 : des internautes débusquent des millions d’euros de surfacturations en six jours

Un téléphone filaire vendu moins de 50 000 wons dans le commerce a été acheté 182 000 wons par l’administration, soit environ 122 euros pour un appareil qui en vaut une trentaine. Une multiprise disponible autour de 10 000 wons a été payée 200 000 wons, vingt fois son prix... En Corée du Sud, une opération citoyenne met au jour des milliers de contrats suspects. Au 18 octobre 2026, les surcoûts repérés atteignaient 1 141,8 milliards de wons, soit environ 760 millions d’euros. De quoi poser une question embarrassante à notre administration: pourquoi nos citoyens ne pourraient-ils pas exercer le même contrôle sur l’argent public ?

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Le Reform Party, formation d’opposition, a lancé le 12 octobre une opération intitulée « 50 000 milliards de wons à retrouver ». Elle court jusqu’au 25 octobre. Le principe tient en une phrase : la base des marchés publics est ouverte à tous, et chacun peut l’éplucher.

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Des prix extravagants révélés par les données ouvertes

Du 12 au 25 octobre 2026, le Reform Party, parti d’opposition sud-coréen, organise une campagne baptisée « 50 000 milliards de wons à retrouver », soit environ 33 milliards d’euros. L'objectif est de permettre aux citoyens d’analyser KONEPS, la plateforme nationale des marchés publics, à la recherche de prix anormalement élevés. Dix millions de wons, environ 6 700 euros, doivent être répartis entre les participants selon la valeur de leurs découvertes validées.

Au 18 octobre à 16 heures, les recherches avaient fait ressortir plus de 18 860 contrats conclus au-dessus des prix du marché, pour un montant cumulé de 1 141,8 milliards de wons, soit près de 760 millions d’euros. Parmi les exemples cités, un téléphone filaire vendu moins de 50 000 wons dans le commerce aurait été acheté 182 000 wons, environ 121 euros. Une multiprise estimée à 50 000 wons aurait coûté près de 200 000 wons, soit 133 euros. Certains produits disponibles autour de 10 000 wons auraient été payés au moins trente fois leur prix courant.

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La transparence contre l’opacité administrative

L’initiative revient à Lee Jun-seok. Il affirme avoir passé en revue 1,05 million d’articles, 2,8 millions de demandes de livraison et environ 130 000 milliards de wons de contrats, soit près de 75 milliards d’euros. Son verdict : 562,8 milliards de wons gaspillés, environ 330 millions d’euros. Les internautes, eux, ont déjà doublé ce chiffre en quelques jours. Ces surcoûts restent à valider au cas par cas, mais l’ordre de grandeur interroge. Ces écarts de prix n’ont pas été détectés par l’administration acheteuse, qui disposait pourtant des mêmes données et de bien plus de moyens. Il a suffi de les exposer à des regards extérieurs, motivés par un prix modeste, pour que la facture apparaisse.

Reste la question que le lecteur français se posera de lui-même. Chez nous, qui a le droit de consulter, d’exploiter et de croiser les données de la commande publique ? Et qui a intérêt à ce que l’on n’y regarde pas de trop près ? L’Union des groupements d’achats publics (UGAP) a ainsi refusé de communiquer des informations sur l’identité des acheteurs et le lien avec les commandes passées, couverts par ce secret. Un tribunal administratif a même dû ordonner à l’UGAP de transmettre certains documents, jugeant son refus illégal.

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Plus largement, Transparency International France dénonce la onzième hausse des seuils de publicité préalable depuis 2008, qui fait basculer toujours plus de marchés publics dans l’opacité et alimente les risques de corruption. L’argent public n’appartient ni aux administrations ni aux fournisseurs : il provient des contribuables. Lui rendre des comptes ne devrait pas être une faveur accordée aux citoyens, mais une obligation permanente. Le contribuable paie, mais n’a pas le droit de regarder. Le contribuable coréen, lui, a au moins le droit de chercher.

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Sept médecins, sept arrêts maladie le même jour : la réanimation des bébés de Limoges est à l'arrêt

Cinq nouveau-nés transférés en cinq jours vers Bordeaux, Poitiers, Bayonne, Périgueux et Brive. Le service de réanimation néonatale du CHU de Limoges est à l'arrêt depuis le 8 octobre : sept médecins, soit l'intégralité de l'effectif, sont en arrêt maladie. La direction répond par un communiqué sur la « continuité des prises en charge ».

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À Limoges, la continuité des soins se joue désormais au-delà des murs de l’hôpital. Quand un service spécialisé ne peut plus accueillir certains patients, ce sont les familles et les établissements voisins qui doivent absorber les conséquences.

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Sept arrêts de travail suffisent à désorganiser un service entier

Depuis le jeudi 8 octobre, l’Hôpital de la femme, de la mère et de l’enfant du CHU de Limoges fonctionne partiellement. Les sept médecins du service de réanimation néonatale, soit la totalité de l’effectif médical concerné, sont en arrêt maladie. La maternité ne peut donc plus conserver les nouveau-nés nécessitant une hospitalisation en réanimation.

Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, sept enfants et quatre femmes enceintes présentant des grossesses à risque ont été transférés vers d’autres établissements en cinq jours, notamment à Bordeaux, Poitiers ou Clermont-Ferrand. La direction du CHU affirme, dans un communiqué, mettre « tout en œuvre pour garantir la continuité des prises en charge des patientes et des nouveaux nés ». Le dispositif d’urgence doit être maintenu, tandis que des professionnels d’autres services sont appelés en renfort. La CGT évoque, de son côté, le déclenchement d’un « plan rose », destiné à gérer cette situation exceptionnelle.

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L’épuisement des équipes est évoqué, mais la direction reste discrète

Comment un service aussi sensible peut-il se retrouver sans aucun de ses sept médecins réanimateurs ? La question mérite une réponse, sans transformer des arrêts maladie individuels en mouvement de grève ni présumer de leurs causes. Les médecins concernés n’ont pas souhaité s’exprimer auprès des médias.

Le représentant CGT Christophe Zégadi décrit un été « très très compliqué » pour les pédiatres et le personnel, qui auraient effectué « énormément d’heures ». La syndicaliste Florence Metge évoque, elle aussi, des difficultés d’organisation. Selon les hypothèses rapportées par France 3 Nouvelle-Aquitaine, un épuisement professionnel ou des dysfonctionnements internes pourraient expliquer le contexte. Ces pistes restent à établir.

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Au 16 octobre, les informations publiées indiquent que les arrêts devaient courir jusqu’au dimanche 18 octobre, sans confirmation d’une prolongation au-delà de cette date dans les sources consultées. Rappelons que le CHU de Limoges, premier employeur du Limousin, affiche un budget de 700 millions d'euros. Il manquait 60 infirmiers et 40 aides-soignants en 2022. La rénovation de l'hôpital Dupuytren est estimée à plus de 500 millions d'euros, que l'État ne finance pas.

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Mort de Salah Hamidi aux urgences : l’hôpital reconnaît « l’entière responsabilité » de l'erreur, le procureur a classé sans suite

Un homme de 49 ans est mort sur un parking d’Essonne après être sorti des urgences. L’établissement a admis par écrit une erreur d’interprétation d’électrocardiogramme. Le parquet d’Évry a pourtant classé la plainte sans suite, estimant que le patient « se portait bien » à sa sortie. Sa famille, elle, l’a retrouvé mort quelques heures plus tard, sur un parking, à trois kilomètres de l’hôpital. Une nouvelle plainte a été déposée en juillet 2026 pour obtenir un procès.

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Le dossier soulève une question qui dépasse le seul établissement hospitalier : que vaut la reconnaissance écrite d’une erreur médicale lorsque la justice décide de ne pas poursuivre, sans même avertir les proches de la victime ?

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Un homme de 49 ans renvoyé chez lui malgré des signes cardiaques

Le 24 janvier 2024, vers 5 heures du matin, Salah Hamidi, chauffeur chez Veolia depuis une vingtaine d’années, signale aux pompiers des douleurs thoraciques, une gêne respiratoire et des engourdissements dans les bras. Pris en charge à 5 h 26 au Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan-Étampes, il subit une prise de sang et deux électrocardiogrammes.

Vers 8 h 10, il quitte l’établissement à pied, muni d’une ordonnance et conseillé de consulter un cardiologue. Sa voiture se trouve à près de trois kilomètres. Il prévient une collègue qu’il ne travaillera pas et demande à son frère jumeau de le retrouver à la pharmacie. Il ne quittera finalement jamais le parking de l’hôpital.

Après 9 h 23, son téléphone ne répond plus. Sa sœur, Karima Hamidi, le retrouve allongé côté passager dans son véhicule. Malgré une quarantaine de minutes de réanimation, son décès est constaté à 12 h 55.

Saisie par la famille, l’ARS répond moins d’un mois plus tard. Son courrier indique que les anomalies du second électrocardiogramme étaient compatibles avec un syndrome coronarien aigu. L’établissement reconnaît alors « l'entière responsabilité » d'une erreur d'interprétation. Cette reconnaissance porte sur la lecture de l’examen, mais ne constitue pas, à elle seule, une décision judiciaire sur l’ensemble des responsabilités.

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Un classement sans suite contesté, une famille toujours en quête de justice

Dès le 25 janvier 2024, la famille dépose plainte. Le 10 juillet 2025, le procureur d’Évry classe l’affaire sans suite, invoquant des témoignages et des examens selon lesquels Salah Hamidi « se portait bien » à sa sortie. Selon les informations rapportées, la famille n’est pas informée de cette décision au moment où elle intervient.

Fin juillet 2026, les proches déposent une plainte avec constitution de partie civile afin d’obtenir un examen judiciaire de l’affaire. Leur avocat, Jean-Christophe Coubris, conteste la cohérence du classement. Le 15 octobre 2026, BFMTV rapporte également une nouvelle plainte de Karima Hamidi visant l’établissement. Les sources disponibles ne précisent pas comment ces deux démarches s’articulent. L’hôpital indique, de son côté, avoir tenté à plusieurs reprises de joindre Karima Hamidi.

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À ce jour, aucune procédure n’a abouti à un jugement ou à une condamnation. Dans un service public financé par la collectivité, la confiance ne repose pas seulement sur la qualité des soins : elle exige aussi que les erreurs soient examinées avec rigueur et que les familles puissent comprendre les décisions prises. Une reconnaissance écrite ne remplace pas un procès ; un classement sans suite ne dissipe pas les questions qu’elle soulève.

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À Strasbourg, 43 scanners annulés pour des cochons : un proche d’un malade du cancer porte plainte

Le 12 octobre 2026, Gabriel Weisser, proche d’un patient atteint d’un cancer, a déposé plainte contre X auprès du procureur de Strasbourg pour « mise en danger de la vie d’autrui et omission de porter secours ». Pour mémoire, en mars 2025, quarante-trois patients de l’IHU de Strasbourg ont vu leur scanner annulé. Selon le rapport Igas-Igesr : l’IHU est suspecté d’avoir annulé des examens sur des patients cancéreux et donné la priorité à la recherche sur des cochons. Le rapport définitif, remis en décembre 2025, est resté confidentiel dix mois.

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Dans un établissement voué à l’innovation médicale, la recherche ne devrait jamais devenir une justification à l’effacement des patients. Or, à Strasbourg, les circonstances de l’annulation de dizaines d’examens destinés à des malades du cancer soulèvent une question élémentaire : qui doit répondre lorsque l’organisation d’un service hospitalier empêche l’accès aux soins ?

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Dix mois de silence après un rapport accablant

Selon les conclusions du rapport définitif de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (Igesr), remises en décembre 2025, l’Institut hospitalo-universitaire de Strasbourg présentait « de nombreuses irrégularités dans l’organisation de l’établissement ».

Les faits remontent à mars 2025. Un courriel interne daté du 14 mars demandait l’annulation de tous les scanners prévus ce jour-là, faute de manipulateurs disponibles. Quarante-trois patients ont été concernés, les professionnels étant mobilisés sur des recherches menées sur des cochons pour le compte d’entreprises privées.

Le 12 octobre 2026, Gabriel Weisser, proche d’un patient atteint d’un cancer, a saisi le procureur de la République de Strasbourg d’une plainte contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui et omission de porter secours ». Il s’agit d’une plainte, et non d’une condamnation : la justice devra déterminer les responsabilités éventuelles.

À Strasbourg, 43 scanners annulés pour des cochons : un proche d’un malade du cancer porte plainte
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Recherche privée, personnel réduit et pression sur les salariés

Le professeur Christian Debry, directeur de l’IHU, conteste l’idée d’un arbitrage entre recherche et soins. Il a notamment invoqué un risque d’absentéisme parmi les manipulateurs. Mais l’équipe d’imagerie serait passée de quatorze personnes à seulement trois ou quatre, une évolution qui pose la question des moyens humains et de la capacité de l’établissement à assurer ses missions.

Un autre élément interpelle : dans un courriel du 10 juin 2025, la direction rappelait au personnel son devoir de confidentialité et évoquait un licenciement en cas de prise de parole dans la presse. Cette consigne, rapportée dans le dossier, nourrit les interrogations sur la liberté d’alerte au sein de l’établissement.

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Cette affaire montre ce que devient un hôpital public lorsque la recherche contractuelle, rémunératrice, côtoie des soins en sous-effectif : la tentation de sacrifier le malade, qui ne rapporte rien à l’heure, à l’industriel, qui paye. Nénamoins,pour l'heure rien ne prouve encore que ce fut le cas ; c’est précisément ce que l’enquête devra établir. Dans un système où l’État est à la fois financeur, régulateur et juge de ses propres établissements, ce sont les citoyens qui doivent s’improviser.

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Trésorerie négative : le préfet a dû saisir la chambre des comptes sur les finances de Houilles

À Houilles, dans les Yvelines, la gestion financière municipale fait l’objet de critiques de la chambre régionale des comptes après la découverte d’une trésorerie négative et d’un déficit préoccupant. Le 30 juillet 2026, la commune annonçait la saisine de la juridiction financière par le préfet. Élu en avril, le nouveau maire affirme avoir engagé des mesures correctrices : le déficit serait redescendu à 4,45 %, juste sous le seuil de 5 % qu’il présente comme déterminant.

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Dans les Yvelines, la commune de Houilles et ses quelque 33 000 habitants découvrent avec stupeur la fragilité financière de leur municipalité. Alors que chaque contribuable paie ses taxes sans aucun moyen de contrôler en temps réel l'usage de ses deniers, la gestion passée a mené la trésorerie dans une zone négative. La préfecture des Yvelines et l’actuel maire Romain Bertrand (DVC), élu en avril 2026, sont à l’origine de la saisine en raison d’un déficit de la commune supérieur à 5 % des recettes de fonctionnement, seuil légal autorisé.

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Une alerte tardive qui arrive après la dégradation des comptes

La chambre régionale des comptes d’Île-de-France a publié un avis des comptes publics de la commune de Houilles (Yvelines) le 1er octobre 2026. Le rapport de la chambre régionale des comptes porte sur la gestion financière de la mairie. Il relève une trésorerie négative et un déficit. Le déficit traduit un déséquilibre budgétaire, tandis qu’une trésorerie insuffisante peut compliquer le règlement des dépenses courantes.

Le 30 juillet, la Ville informait ses habitants que le préfet des Yvelines avait saisi la chambre. Cette intervention institutionnelle signale que la situation ne relève plus seulement des arbitrages internes à la municipalité. Elle appelle un examen extérieur des comptes et des mesures nécessaires à leur rétablissement.

Le rapport porte sur une gestion antérieure à l’arrivée de l’équipe municipale actuelle. Il serait donc injustifié d’imputer les difficultés à un élu en particulier sans éléments établissant sa responsabilité. Reste à savoir, comment les déséquilibres ont-ils pu atteindre ce niveau avant de donner lieu à une procédure de contrôle ?

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Un déficit ramené sous le seuil, mais une vigilance nécessaire

Le maire, élu au printemps 2026, dit avoir été à l’initiative de cette saisine dès son arrivée. Le 2 octobre, il a fait savoir que le déficit était ramené à 4,45 %, soit sous le seuil de 5 %. Ces deux chiffres viennent de lui. Il indique que de premières mesures ont été prises depuis. La commune n’est pas pour autant « sous tutelle » : le seuil de 5 % n’a pas été franchi, selon le maire.

Ce chiffre doit lui être attribué : il ne constitue pas, à lui seul, une démonstration de l’assainissement durable des finances communales. La distinction est importante. Une amélioration ponctuelle ne suffit pas à établir que la commune a retrouvé des marges financières solides, ni que les causes de la dégradation ont été durablement corrigées. Le suivi des dépenses, des recettes et des disponibilités de trésorerie reste donc essentiel.

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L’affaire de Houilles rappelle enfin une faiblesse du contrôle démocratique local : les contribuables financent les services municipaux, mais disposent rarement d’une lecture immédiate et accessible des risques financiers auxquels leur commune est exposée. Les procédures de contrôle sont nécessaires ; elles ne remplacent pas une information régulière, intelligible et suffisamment précoce. La responsabilité publique exige que les alertes ne deviennent pas compréhensibles pour les habitants seulement lorsque le préfet doit intervenir.

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36 blessés, des rongeurs dans une guérite : la SNCF condamnée à 128 250 euros douze ans après Denguin

Le tribunal correctionnel de Pau a condamné la SNCF en première instance, le 9 octobre 2026, pour la collision de Denguin (Pyrénées-Atlantiques), survenue en 2014 et ayant fait 36 blessés. Le rapport d’enquête technique pointait dès février 2016 des câbles rongés dans une guérite. L’amende sera réglée par une entreprise publique, donc par l’usager et le contribuable.

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Le 9 octobre 2026, le tribunal correctionnel de Pau a rendu son jugement dans une affaire qui interroge autant la sécurité ferroviaire que la lenteur de la réponse judiciaire. L’accident de Denguin, survenu le 17 juillet 2014, avait fait 36 blessés. Douze ans plus tard, la sanction pénale tombe, sans effacer les conséquences humaines de la collision.

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Un signal vert alors que la voie était occupée

Le 17 juillet 2014, vers 17 h 30, un TER à destination de Dax a percuté l’arrière d’un TGV qui circulait lentement sur la même voie. Le TER roulait encore à 95 km/h au moment du choc, après avoir atteint 128 km/h. Au total, 228 voyageurs se trouvaient à bord des deux trains. Trente-six ont été blessés, dont une victime ayant subi 176 jours d’incapacité totale de travail.

Le rapport du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT), publié en février 2016, avait identifié des câbles endommagés par des rongeurs dans une guérite de signalisation. Le contact entre des fils dénudés aurait provoqué l’affichage d’un feu vert alors que la voie était occupée. Les enquêteurs avaient relevé des insuffisances en matière de prévention et d’entretien, tout en écartant l’erreur de conduite comme cause de l’accident. La SNCF conteste les conclusions de cette enquête et avait demandé sa relaxe. Le tribunal a néanmoins retenu sa responsabilité pénale en première instance.

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128 250 euros d’amende, plus de 950 000 euros d’indemnisations

La SNCF est condamnée à 128 250 euros d’amende pour blessures involontaires. La condamnation se décompose en 120 000 euros pour la victime la plus gravement touchée, 7 500 euros pour des blessures ayant entraîné une incapacité inférieure à trois mois et 750 euros pour trois victimes sans incapacité reconnue. Le ministère public réclamait plus de 300 000 euros. De son côté, la SNCF a déjà versé plus de 950 000 euros d’indemnisations. Elle n’exclut pas de faire appel, sans l’avoir annoncé à ce jour.

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Pour autant, aucun dirigeant, aucun responsable de la maintenance n’est mis en cause dans cette décision. L’entreprise qui n’a pas entretenu une guérite paiera avec l’argent de ses clients captifs et des contribuables qui comblent ses déficits. Le coût de la négligence est mutualisé.

L’amende sera supportée par l’entreprise condamnée, mais la SNCF appartient au secteur public : son coût pèsera indirectement, sur les finances de l’entreprise et potentiellement sur ses usagers et la collectivité. Les victimes, elles, ont dû attendre.

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Depuis le 1er octobre, un garage qui fait moins de 200 cartes grises par an perd le droit d'en faire

Depuis le 1er octobre 2026, les professionnels habilités à immatriculer des véhicules doivent justifier au moins 200 opérations par an, sous peine de perdre leur habilitation. Une mesure présentée comme une réponse à la fraude pourrait fragiliser les petits garages, particulièrement en zone rurale. Pour sanctionner les sociétés fictives, l’État impose ainsi un seuil uniforme aux professionnels déjà installés, sans examen individuel de leur activité.

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Le dispositif illustre les dérives d’une administration qui prétend simplifier les démarches tout en éloignant les services publics des automobilistes.

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Un seuil conçu contre la fraude, appliqué aux garages existants

L’arrêté du 21 juillet 2026, publié au Journal officiel le 26 juillet, impose deux conditions aux professionnels habilités à accéder au système d’immatriculation des véhicules (SIV) : au moins trois ans d’existence et d’activité pour l’entreprise, et un minimum de 200 opérations d’immatriculation sur les douze derniers mois pour chaque établissement connecté. Les professionnels déjà habilités devaient justifier leur conformité avant le 1er octobre. À défaut, leur habilitation est retirée de plein droit, sans décision individuelle préalable.

Les estimations divergent fortement. Selon Mobilians, la moitié des 37 000 professionnels habilités pourraient être concernés. L’administration avance, elle, une proportion de 5 % sous le seuil. La Fédération nationale de l’automobile (FNA) estime qu’un automobiliste sur deux pourrait perdre l’accès à un professionnel habilité, une proportion qui atteindrait 84 % en zone rurale.

Entre 2022 et 2024, la Cour des comptes a identifié 291 sociétés fictives ayant immatriculé près d’un million de véhicules, pour un préjudice supérieur à 550 millions d’euros. Mais ces montants concernent la fraude, pas les garages honnêtes réalisant peu d’opérations. Surtout, la Cour évoquait un seuil de « 100 voire 200 opérations » pour les nouveaux candidats. Le ministère a retenu 200 et l’a étendu aux professionnels déjà en activité.

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Des garages fragilisés, des automobilistes éloignés du service

En septembre, la FNA a déposé un recours gracieux auprès des ministres de l’Intérieur et des Transports. Appuyée sur un sondage de 950 professionnels, dont 92,9 % se déclarent favorables à sa démarche, elle demandait notamment la suppression du seuil ou son abaissement à 100 opérations, une transition de douze mois et des adaptations pour les territoires ruraux.

Le 5 octobre, les services de la Sécurité routière ont refusé ces demandes, jugeant un réexamen du seuil « pas envisageable ». Le recours gracieux n’a, à ce stade, pas reçu de réponse. Des aménagements sont néanmoins à l’étude, notamment le dépôt de certaines démarches via un compte de personne morale sur le portail de l’ANTS et la priorité donnée à une procédure en ligne pour les déclarations d’achat.

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Depuis la fermeture des guichets préfectoraux en novembre 2017, les garages habilités constituent un relais de proximité essentiel. La mise à jour progressive des habilitations risque donc de réduire l’accès au service sans qu’un guichet public soit disponible pour prendre le relais. Au nom de la lutte contre la fraude, l’État fait peser sur les professionnels réguliers et leurs clients le coût d’un dispositif de contrôle défaillant. Un garage de village réalisant cent cartes grises par an n’est pas une société fictive. Les zones rurales, déjà privées de guichet public, en subiront l’effet le plus direct. Le citoyen qui veut immatriculer son véhicule se retrouve face à une machine dématérialisée, sans interlocuteur et sans alternative locale.

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L'URSSAF réclamait 310 000 € à une entreprise: elle n'a jamais produit le procès-verbal

Près de dix ans de procédure, une réclamation initiale de 1,86 million d’euros, puis 310 511 € exigés au titre du travail dissimulé d’un sous-traitant : l’affaire illustre le poids financier d’un redressement contesté. Le 7 septembre 2026, le tribunal judiciaire de Lyon a annulé la totalité de la somme réclamée par l’URSSAF, faute pour celle-ci d’avoir produit les procès-verbaux permettant de vérifier le bien-fondé de la dette.

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Le 7 septembre 2026, le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon (RG n° 20/00821) a rendu une décision qui devrait faire réfléchir l’administration. Une URSSAF demandait des comptes à une entreprise pour les fautes présumées d’un autre. Elle n’a pas été capable de prouver ce qu’elle avançait.

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Une créance née en 2016, annulée en 2026

Tout commence en septembre 2016, l’URSSAF notifie à une entreprise donneuse d’ordre une lettre d’observations évaluant le redressement à 1 860 411 euros. Après les observations de l’entreprise, le montant est ramené à 272 310 euros. En mars 2019, une mise en demeure réclame finalement 310 511 euros.

Cette somme comprend 217 797 euros de cotisations, 54 450 euros de majorations de redressement et 38 264 euros de majorations de retard. Le fondement juridique est la solidarité financière prévue par l’article L. 8222-2 du code du travail : un donneur d’ordre peut être tenu de répondre des sommes dues au titre du travail dissimulé commis par son sous-traitant.

Les faits reprochés à ce dernier couvrent la période de janvier 2013 à mars 2015. L’entreprise contestait toutefois la précision des procès-verbaux constatant le travail dissimulé, indispensables pour vérifier le périmètre des sommes mises à sa charge.

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Sans les procès-verbaux, le redressement s’effondre

Dans son jugement du 7 septembre 2026 (RG n° 20/00821), le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon relève que l’URSSAF n’a pas produit ces procès-verbaux aux débats. L’entreprise ne pouvait donc pas vérifier si les cotisations réclamées correspondaient effectivement à des travaux réalisés pour son compte.

Le tribunal annule le redressement dans son intégralité et assortit sa décision de l’exécution provisoire. Il s’agit néanmoins d’un jugement de première instance, susceptible d’appel : l’affaire n’est donc pas nécessairement close.

Au-delà des 310 511 euros abandonnés à ce stade, le dossier soulève une question de rapport de force. Entre la notification initiale de 2016 et le jugement de 2026, le temps a passé, tandis que l’entreprise devait défendre sa position face à une créance considérable. Les frais d’avocat, l’incertitude financière et la mobilisation des dirigeants constituent un coût potentiel que l’annulation ne fait pas automatiquement disparaître.

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Au 1er novembre, 95 communes du Nord n'auront plus le droit d'allumer leur cheminée

À partir du 1er novembre 2026, les foyers ouverts seront interdits dans 95 communes de la métropole européenne de Lille (MEL), y compris lorsqu’ils servent de chauffage d’appoint. Aucune loi nationale n’a pourtant été votée pour imposer cette interdiction : le dispositif repose sur des arrêtés préfectoraux, pris au nom de la qualité de l’air. Quant aux sanctions encourues, les montants annoncés varient selon les sources, sans que les particuliers disposent d’une réponse suffisamment claire.

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À partir du 1er novembre 2026, allumer sa cheminée à foyer ouvert deviendra une infraction dans les 95 communes de la Métropole de Lille. Aucune loi n’a été votée, aucun débat parlementaire n’a eu lieu. Un arrêté préfectoral suffit. Et le montant de l’amende varie selon l’humeur des services, faute de texte clair.

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Des interdictions qui gagnent du terrain

Dans la métropole de Lille, l’interdiction concernera les foyers ouverts, qu’ils soient utilisés comme chauffage principal ou simplement pour profiter d’un feu occasionnel. La mesure s’inscrit dans une évolution déjà engagée ailleurs en France.

En Isère, 123 communes de la région grenobloise sont soumises à cette restriction depuis octobre 2024. Depuis le 1er janvier 2026, 174 autres communes sont venues s’y ajouter, portant le total à 297. Dans l’agglomération lyonnaise, l’interdiction des foyers ouverts a été étendue à 166 communes au 1er avril 2026.

Les restrictions ne concernent pas seulement les cheminées traditionnelles. En Isère, les poêles et inserts installés avant 2002 sont également interdits depuis janvier 2026 dans les 123 communes initialement concernées. Autour de Lyon, cette restriction doit entrer en vigueur en 2028, tandis que d’autres territoires sont concernés par un calendrier courant jusqu’en 2030.

Le fondement juridique de ces mesures tient aux plans de protection de l’atmosphère et aux arrêtés préfectoraux qui les mettent en œuvre. Autrement dit, une réglementation déterminante pour la vie quotidienne peut s’imposer à l’échelle locale sans passer par un vote spécifique du Parlement.

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Une amende, mais quelle certitude juridique ?

Combien coûte l’infraction ? Les montants annoncés varient du simple au décuple. 135 € selon certains services, 450 € en cas de récidive selon d’autres. Dans la métropole lilloise, certains documents évoquent 1 500 €. Aucun texte clair ne permet de trancher. Les services eux-mêmes n’arrivent pas à donner le montant exact. Une contravention de 3e classe, matérialisée par une amende forfaitaire de 68 euros, peut grimper jusqu’à 450 euros en cas de majoration décidée par la justice. Mais pour une interdiction préfectorale, la base juridique reste floue.

L’enjeu est concret pour les ménages qui utilisent le bois pour se chauffer, mais aussi pour ceux qui souhaitent conserver une cheminée pour un usage occasionnel. Remplacer un équipement ancien par un appareil plus récent représente un coût, même lorsque des aides existent. L’Ademe propose notamment le Fonds Air Bois, destiné à soutenir le remplacement d’appareils de chauffage au bois polluants dans certains territoires. Mais l’existence de ces aides ne signifie ni que tous les foyers sont éligibles, ni que le remplacement est intégralement financé.

La lutte contre la pollution atmosphérique peut justifier des restrictions. Pour utant, le chauffage au bois est pour de nombreux foyers ruraux et périurbains, la réponse la plus économique à la flambée des prix de l'énergie.

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177 conseillers municipaux, plus que Paris: la chambre des comptes a compté

La chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a passé au crible 35 collectivités. Elle y trouve un conseil municipal plus peuplé que celui de Paris, des emprunts signés sans mandat suffisant et un patrimoine valorisé à 50 % d’écart selon le registre consulté. La gestion locale ne sait plus ce qu’elle possède ni ce qu’elle signe.

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Un département, quatre communautés de communes, trente communes : le contrôle dresse l’inventaire d’une administration qui s’administre elle-même, sur fonds publics.Les observations rapportées par Breizh-Info le 7 octobre 2026 dessinent un tableau préoccupant du fonctionnement de plusieurs collectivités des Pays de la Loire.

177 conseillers municipaux, plus que Paris: la chambre des comptes a compté
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Des conseils pléthoriques et des décisions hors cadre

La chambre régionale des comptes a examiné 35 collectivités : un département, quatre communautés de communes et trente communes. À Montrevault-sur-Èvre, le conseil municipal comptait 177 membres en 2015, davantage que les 163 conseillers de Paris, alors que des communes de taille comparable en élisaient 33. L’effectif n’est redescendu à 59 qu’après les élections municipales de 2020. Une telle configuration interroge sur l’organisation de la représentation locale et le coût de son fonctionnement.

Les irrégularités relevées touchent également à l’exercice du pouvoir financier. À Courdemanche, dans la Sarthe, le maire a ouvert seul une ligne de trésorerie de 125 000 euros sans délégation du conseil municipal. À Dompierre-sur-Yon, en Vendée, 1,6 million d’euros d’emprunts ont été signés alors que la délégation accordée plafonnait à 1,5 million. Ces écarts ne sont pas de simples détails administratifs : les délégations encadrent précisément les pouvoirs confiés aux exécutifs locaux.

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700 000 euros par an et un patrimoine mal comptabilisé

À Saint-Nazaire, la participation citoyenne représente environ 700 000 euros de dépenses annuelles et mobilise cinq agents. Dans le même temps, les procès-verbaux des conseils municipaux sont jugés manifestement incomplets. Plus troublant encore, la valeur du patrimoine communal présente un écart de 50 % entre les registres de la mairie et ceux du comptable public. Le crématorium ne figure même pas dans l'inventaire signalé.

À Orvault, 36 000 euros hors taxes ont été versés à une société pour animer une concertation sur le centre-bourg. Une autre consultation, portant sur une hausse de 9 % de la taxe foncière, a été abandonnée après environ 20 000 euros de frais. Les contribuables ont donc financé une démarche qui n'a pas abouti.

Ces constats ne décrivent pas des détournements. Ils décrivent une chose plus banale et plus inquiétante : les élus peuvent-ils multiplier les dispositifs, engager des dépenses et administrer des patrimoines sans garantir une traçabilité rigoureuse ? La chambre régionale des comptes met en lumière une décentralisation sans responsabilité. Tant que le contribuable ne pourra ni sanctionner ni choisir, il paiera. Et la machine continuera de s’administrer elle-même.

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Communes : un institut propose de supprimer les élections municipales pour économiser 18 milliards

À sept mois de la présidentielle, l’Institut Montaigne avance une réforme radicale de la décentralisation, pouvant aller jusqu’à la disparition des communes comme collectivités autonomes et des élections municipales. L’économie annoncée atteint 18 milliards d’euros par an, selon l’estimation de l’Institut, qui n’a pas été expertisée. Les exécutifs régionaux et départementaux passeraient aux préfets : la technocratie réclame qu’on lui retire le dernier contre-pouvoir de proximité.

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La proposition a de quoi inquiéter les défenseurs des libertés locales. Selon Maire-info, le journal de l’Association des maires de France (AMF), la note de l’Institut Montaigne explore trois scénarios de transformation territoriale. L’un d’eux remet en cause l’existence même de la commune comme échelon politique autonome.

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18 milliards d’euros d’économies : à quel prix démocratique ?

L’Institut Montaigne, think tank fondé en 2000, a publié une série de notes en vue de la présidentielle. L’une d’elles, consacrée à la réforme de l’État, déroule trois scénarios de réorganisation territoriale.

Dans le scénario 3, l’Institut Montaigne propose de faire des intercommunalités les collectivités de droit commun. Les communes deviendraient de simples circonscriptions, privées de conseil municipal élu et d’autonomie budgétaire. Les élections municipales seraient remplacées par un scrutin unique à l’échelle intercommunale. Le dispositif prévoit également la suppression des départements, l’annulation des élections régionales et départementales de 2028 et le transfert des exécutifs régionaux et départementaux aux préfets.

Washington sanctionne la Cour pénale internationale. La France y a un juge, et il n’a plus de carte bancaire
Le 9 octobre, Washington a sanctionné la Cour pénale internationale. Un juge français y siège sans carte bancaire depuis 14 mois. Trois actes avant le 7 avril.

L’Institut avance une économie de 18 milliards d’euros par an, principalement grâce à la suppression des administrations communales. Ce chiffre n’a fait l’objet d’aucune expertise indépendante. Il vise une application dès 2032, si les décisions sont prises pendant le prochain mandat présidentiel. Maire-info relève ce que le chiffre ne dit pas : la perte de démocratie de proximité.

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Des élus de proximité remplacés par la logique administrative

Les autres scénarios suivent des voies différentes. Le premier prévoit notamment une notation financière des collectivités de A à E, avec une mise sous tutelle préfectorale pour celles qui obtiendraient la note E. Un autre propose un statut de « région autonome » inspiré du modèle espagnol. Ces dispositifs ne doivent pas être confondus avec le scénario 3, qui porte la suppression des élections municipales.

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Maire-info souligne, pour sa part, que cette perspective menacerait la démocratie de proximité et ferait disparaître quelque 500 000 conseillers municipaux. Ce sont des élus auxquels les habitants peuvent encore s’adresser directement, sans passer par les rouages d’une administration éloignée.

L’Institut Montaigne est financé par des contributions privées, plus de 200 entreprises y concourant, aucune ne dépassant 1,2 % d’un budget de 7,2 millions d’euros. Rien d’illégal, rien de caché. Mais une question se pose : à qui profite une gouvernance locale plus éloignée, plus technocratique, plus docile aux logiques de réseau et de marché ?

Le préfet comme interlocuteur unique, l’intercommunalité comme seul niveau élu à une échelle où une liste s’impose par un appareil , voilà la promesse d’une administration plus « efficace ». Le prix : un citoyen qui ne connaît plus le nom de celui qui décide, et un élu qui ne doit plus rien à ses voisins.

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Bruxelles: sept milliards d'euros mal dépensés, et les auditeurs disent non pour la septième année de suite

La Cour des comptes européenne refuse, pour la septième année consécutive, de certifier les dépenses du budget de l’Union. Taux d’erreur : 3,8 %, au-dessus du seuil de 2 %. Près de 7 milliards d’euros ont été engagés irrégulièrement sur 176,3 milliards d’euros de dépenses.

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Le 8 octobre 2026, le rapport annuel sur l’exercice 2025 est publié. Il ne qualifie pas ces faits de fraude. Il établit que le contrôle reste défaillant, année après année, sans correction à la hauteur.

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Sept années d’erreurs, sans amélioration notable

Dans son rapport annuel sur l’exercice 2025, la Cour des comptes européenne estime le taux d’erreur à 3,8 %, contre 3,6 % en 2024. Ce niveau dépasse largement le seuil de signification de 2 % retenu par les auditeurs pour apprécier la régularité des dépenses. Sur 176,3 milliards d’euros de dépenses budgétaires, près de 7 milliards sont ainsi concernés par des irrégularités.

Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, résume cette stagnation : « c'est vrai qu'on constate chaque année que le taux d'erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ». Les irrégularités atteignent 6,6 % pour la cohésion et 3,9 % pour les ressources naturelles et l’environnement, deux domaines qui représentent ensemble environ les deux tiers du budget européen.

La Cour précise toutefois que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Il mesure des manquements aux règles de dépense, sans établir à lui seul une fraude ou une mauvaise utilisation économique des fonds. Les auditeurs ont également examiné 750 opérations et 37 paiements du plan de relance aux États membres, dont neuf n’étaient pas conformes aux règles.

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Des marchés publics aux justificatifs introuvables

Les marchés publics et les subventions représentent 26 % des cas d’irrégularité, contre 16 % l’année précédente. L’absence de pièces justificatives constitue la deuxième cause, avec 19 % des cas, contre 9 % auparavant. Autrement dit, une part importante des anomalies tient à l’incapacité de produire les documents nécessaires pour établir la régularité des dépenses.

La Cour précise que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Les 17 cas de fraude présumée transmis aux autorités sont un chiffre distinct. Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, le reconnaît : « c’est vrai qu’on constate chaque année que le taux d’erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ».

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L’encours constaté de la dette de l’Union atteint 738,9 milliards d’euros. La projection d’un montant proche de 1 000 milliards pour 2027 ne relève pas d’un encours observé. À Bruxelles, les irrégularités dans l’attribution et l’usage des fonds sont devenues une routine comptable. Les élites européennes demandent toujours plus de ressources, mais refusent de rendre des comptes certifiables. Pour la France, rester dans ce cadre signifie financer un budget que les auditeurs eux-mêmes ne valident pas. Le Frexit devient une condition de ce contrôle.

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13,5 millions de déficit, une maternité qui se vide, et une gestion que la chambre des comptes qualifie de « mode crise »

La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur a rendu public, le 6 octobre 2026, son rapport sur le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël. Le déficit d'exploitation atteint 13,5 millions d'euros en 2024, les comptes sont dans le rouge depuis 2022, et l'établissement est piloté « en mode crise » depuis 2019. Pendant ce temps, 28 millions d'euros sont engagés pour restructurer les urgences.

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Le constat tient en une phrase : l’établissement, deuxième hôpital public du Var, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs exercices.

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Des comptes dans le rouge depuis 2022

Deuxième établissement public de santé du Var, le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël dispose de 557 lits et places en 2024. La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur constate que ses comptes sont déficitaires depuis 2022. En 2024, le déficit d’exploitation atteint 13,5 millions d’euros.

Le constat financier est accablant : les recettes ont progressé, mais les dépenses ont augmenté plus rapidement. Les charges de personnel figurent parmi les postes dont la croissance est jugée insuffisamment maîtrisée. Pour autant, l’activité globale de l’établissement augmente, portée notamment par les prises en charge ambulatoires. La maternité, elle, continue de perdre de l’activité.

La chambre relève également des faiblesses dans le pilotage de l’établissement. Elle critique notamment la composition et la fréquence des réunions du directoire, tandis que la gestion commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez reste financièrement inachevée. Des litiges persistent sur le remboursement de certaines charges de personnel. Autrement dit, la coopération entre établissements ne suffit pas à garantir une répartition financière clairement réglée.

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28 millions pour les urgences, mais quelle stratégie globale ?

La chambre décrit une gestion « en mode crise » sur toute la période examinée depuis 2019, critique la composition et la fréquence des réunions du directoire, et relève que la direction commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez, en place depuis août 2014, reste financièrement inachevée. Des litiges subsistent sur le remboursement de certaines charges de personnel entre les deux établissements.

La restructuration des urgences, estimée à 28 millions d'euros dont 22 millions pour le seul service des urgences , est financée par des aides de l'agence régionale de santé, de l'emprunt et un prélèvement sur le fonds de roulement. L'établissement a lancé un plan d'efficience en 2025, que la chambre juge nécessaire mais insuffisant à lui seul. Six recommandations ont été formulées.

La chambre régionale des comptes est une juridiction financière. Elle relève, constate, recommande. Elle ne condamne pas. Mais ce qu'elle décrità savoir " un hôpital qui perd des naissances", pendant qu'on finance des murs pose une question que le rapport ne formule pas explicitement : à quoi sert une tutelle qui savait, depuis sept ans, sans agir ? Les 28 millions d'euros d'investissement immobilier ne traiteront ni la fuite des patientes, ni la désaffection des personnels, ni le déficit structurel.

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