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L'URSSAF réclamait 310 000 € à une entreprise: elle n'a jamais produit le procès-verbal

Près de dix ans de procédure, une réclamation initiale de 1,86 million d’euros, puis 310 511 € exigés au titre du travail dissimulé d’un sous-traitant : l’affaire illustre le poids financier d’un redressement contesté. Le 7 septembre 2026, le tribunal judiciaire de Lyon a annulé la totalité de la somme réclamée par l’URSSAF, faute pour celle-ci d’avoir produit les procès-verbaux permettant de vérifier le bien-fondé de la dette.

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Le 7 septembre 2026, le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon (RG n° 20/00821) a rendu une décision qui devrait faire réfléchir l’administration. Une URSSAF demandait des comptes à une entreprise pour les fautes présumées d’un autre. Elle n’a pas été capable de prouver ce qu’elle avançait.

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Une créance née en 2016, annulée en 2026

Tout commence en septembre 2016, l’URSSAF notifie à une entreprise donneuse d’ordre une lettre d’observations évaluant le redressement à 1 860 411 euros. Après les observations de l’entreprise, le montant est ramené à 272 310 euros. En mars 2019, une mise en demeure réclame finalement 310 511 euros.

Cette somme comprend 217 797 euros de cotisations, 54 450 euros de majorations de redressement et 38 264 euros de majorations de retard. Le fondement juridique est la solidarité financière prévue par l’article L. 8222-2 du code du travail : un donneur d’ordre peut être tenu de répondre des sommes dues au titre du travail dissimulé commis par son sous-traitant.

Les faits reprochés à ce dernier couvrent la période de janvier 2013 à mars 2015. L’entreprise contestait toutefois la précision des procès-verbaux constatant le travail dissimulé, indispensables pour vérifier le périmètre des sommes mises à sa charge.

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Sans les procès-verbaux, le redressement s’effondre

Dans son jugement du 7 septembre 2026 (RG n° 20/00821), le pôle social du tribunal judiciaire de Lyon relève que l’URSSAF n’a pas produit ces procès-verbaux aux débats. L’entreprise ne pouvait donc pas vérifier si les cotisations réclamées correspondaient effectivement à des travaux réalisés pour son compte.

Le tribunal annule le redressement dans son intégralité et assortit sa décision de l’exécution provisoire. Il s’agit néanmoins d’un jugement de première instance, susceptible d’appel : l’affaire n’est donc pas nécessairement close.

Au-delà des 310 511 euros abandonnés à ce stade, le dossier soulève une question de rapport de force. Entre la notification initiale de 2016 et le jugement de 2026, le temps a passé, tandis que l’entreprise devait défendre sa position face à une créance considérable. Les frais d’avocat, l’incertitude financière et la mobilisation des dirigeants constituent un coût potentiel que l’annulation ne fait pas automatiquement disparaître.

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Lisnard et « Il se passe quelque chose » : ce qu'affirme l'enquête de Marc Endeweld

Par Élise Rochefort

Le 12 octobre 2026, le journaliste Marc Endeweld a publié sur sa lettre en ligne The Big Picture un article intitulé « Les dessous de l'opération Lisnard ». Marc Endeweld est l'auteur de plusieurs enquêtes sur Emmanuel Macron et son entourage. L'article porte sur la campagne de David Lisnard, maire de Cannes, président de l'Association des maires de France depuis 2021, qui a quitté Les Républicains et relancé en 2026 son mouvement, Nouvelle Énergie, fondé en 2014. Sa thèse est que la progression de David Lisnard depuis début octobre résulte d'une opération coordonnée, et non d'un mouvement spontané.

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Les faits publics

Plusieurs éléments sont vérifiables indépendamment de l'article.

Le slogan « Il se passe quelque chose » a circulé sur les réseaux sociaux à partir du début du mois d'octobre, accompagné d'images générées par intelligence artificielle. Le 5 octobre, David Lisnard l'a repris lui-même sur X : « Ne perdez plus de temps à essayer de me convaincre : je vais voter pour moi » (LADN).

Sur le marché de paris Polymarket, sa probabilité de victoire est passée de 1,4 % à 8 %, selon Le Canard enchaîné du 2 octobre. Dans les sondages, il est crédité de 3,5 % (Ifop-Fiducial, fin septembre) à 4 % (Cluster17, 7 septembre) des intentions de vote (France Jeunes). Son compte Instagram aurait gagné environ 100 000 abonnés en une semaine, selon La Loupe politique (même source). Une cote de pari mesure des mises d'argent, non des intentions de vote.

Le site de Nouvelle Énergie confirme que Romain Marsily en est le directeur général et Quentin Hoster le directeur général adjoint (Nouvelle Énergie).

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Ce que l'article affirme, selon le degré de sourçage

Parcours des proches, présentés comme des faits. Romain Marsily aurait travaillé chez Havas aux côtés de Dominique Delport, présenté comme un proche conseiller de Vincent Bolloré, puis au sein du groupe Vice. Quentin Hoster est un ancien journaliste de Valeurs actuelles, auteur en 2022 de David Lisnard, le réveil de la droite. Après son élection à la tête de l'Association des maires de France, David Lisnard se serait appuyé à Paris sur les réseaux d'Anne Méaux, présidente de l'agence Image 7, et sur l'ancien journaliste Joseph Macé-Scaron, aujourd'hui chroniqueur sur CNews.

Éléments attribués à d'autres médias. Le banquier d'affaires René Proglio « se mobilise pour aider au financement de la future campagne », selon La Lettre du 30 septembre. Les influenceurs Clément Macchi et Clément Garin, qui relaient la campagne, ont lancé en août le site cg-tv.com avec des fonds de Cyril Hanouna et de Xavier Niel, selon Stratégies. Le 25 septembre, Cyril Hanouna a déclaré à l'antenne parier 50 euros sur la victoire de David Lisnard. Le 13 septembre, le JDNews, magazine du groupe Lagardère contrôlé par Vincent Bolloré, réunissait en couverture David Lisnard, Sarah Knafo, Éric Ciotti, Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau.

Soutiens déclarés ou relais. L'entrepreneuse Sophie de Menthon, présidente du mouvement ETHIC, soutiendrait à la fois David Lisnard et Sarah Knafo, et défendrait l'« union des droites ». Le publicitaire Franck Tapiro, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy en 2007, relaie le slogan. Sur CNews, l'émission de Pascal Praud l'a repris.

Éléments fondés sur des sources non nommées. Vincent Bolloré aurait « longuement échangé » avec Philippe de Villiers sur un scénario d'union des droites ; l'article mentionne une rencontre des deux hommes avec Bernard Arnault au Puy du Fou, illustrée par une publication sur les réseaux sociaux. Une source de droite décrit un scénario dans lequel Sarah Knafo et David Lisnard s'allieraient avec l'appui de Philippe de Villiers, Bruno Retailleau renoncerait, Éric Ciotti romprait avec le RN et Éric Zemmour serait contraint de suivre. Des discussions auraient eu lieu entre Jordan Bardella et Sarah Knafo. L'article évoque enfin des contacts de fondations proches de Donald Trump avec des acteurs français, et la mobilisation de réseaux liés aux entourages de Javier Milei et de Benyamin Netanyahou, sans nommer de personne ni de structure.

Interprétations de l'auteur. L'article inscrit la stratégie dans la filiation de « l'union des droites » théorisée par Patrick Buisson, mort en 2023. Il présente David Lisnard comme un « Milei français » : programme de 200 milliards d'euros d'économies, broyeuse à papier utilisée en avril 2026 pour figurer le « Léviathan administratif ». Il écrit que David Lisnard « défend Israël d'une manière inconditionnelle, tout en ciblant les musulmans et l'immigration ». Aucune déclaration de David Lisnard n'est citée à l'appui de cette dernière formule.

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Les lectures en présence

L'article soutient l'hypothèse d'une campagne organisée, appuyée sur des relais médiatiques proches du groupe Bolloré et sur des financements privés. Il cite lui-même deux appréciations contraires sur ses chances : un communicant parisien estime qu'une alliance entre Sarah Knafo, David Lisnard et Bruno Retailleau pourrait atteindre 12 % ; un proche de Sarah Knafo juge qu'elle « ne marchera jamais », Bruno Retailleau étant plus attaché à l'État.

Une autre lecture, développée par LADN le 6 octobre, rapproche le phénomène d'une logique de mème et de spéculation. L'article cite une étude de Yale publiée en 2026, selon laquelle environ 3 % des comptes Polymarket concentrent l'essentiel des mouvements de prix. Cette lecture n'exclut pas une coordination ; elle ne la suppose pas non plus.

Aucune réponse de David Lisnard ou de Nouvelle Énergie à l'article de Marc Endeweld n'avait été rendue publique au 13 octobre.

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Ce qui reste à établir

Trois points demeurent ouverts. Le montant et l'origine des fonds de la campagne ne seront connus qu'à travers les comptes déposés auprès de la Commission nationale des comptes de campagne. Les rencontres et le scénario d'union reposent, à ce stade, sur des témoignages non nommés. L'écart entre la visibilité en ligne et les intentions de vote, de l'ordre de 4 %, sera mesuré par les prochaines enquêtes d'opinion.

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Au 1er novembre, 95 communes du Nord n'auront plus le droit d'allumer leur cheminée

À partir du 1er novembre 2026, les foyers ouverts seront interdits dans 95 communes de la métropole européenne de Lille (MEL), y compris lorsqu’ils servent de chauffage d’appoint. Aucune loi nationale n’a pourtant été votée pour imposer cette interdiction : le dispositif repose sur des arrêtés préfectoraux, pris au nom de la qualité de l’air. Quant aux sanctions encourues, les montants annoncés varient selon les sources, sans que les particuliers disposent d’une réponse suffisamment claire.

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À partir du 1er novembre 2026, allumer sa cheminée à foyer ouvert deviendra une infraction dans les 95 communes de la Métropole de Lille. Aucune loi n’a été votée, aucun débat parlementaire n’a eu lieu. Un arrêté préfectoral suffit. Et le montant de l’amende varie selon l’humeur des services, faute de texte clair.

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Des interdictions qui gagnent du terrain

Dans la métropole de Lille, l’interdiction concernera les foyers ouverts, qu’ils soient utilisés comme chauffage principal ou simplement pour profiter d’un feu occasionnel. La mesure s’inscrit dans une évolution déjà engagée ailleurs en France.

En Isère, 123 communes de la région grenobloise sont soumises à cette restriction depuis octobre 2024. Depuis le 1er janvier 2026, 174 autres communes sont venues s’y ajouter, portant le total à 297. Dans l’agglomération lyonnaise, l’interdiction des foyers ouverts a été étendue à 166 communes au 1er avril 2026.

Les restrictions ne concernent pas seulement les cheminées traditionnelles. En Isère, les poêles et inserts installés avant 2002 sont également interdits depuis janvier 2026 dans les 123 communes initialement concernées. Autour de Lyon, cette restriction doit entrer en vigueur en 2028, tandis que d’autres territoires sont concernés par un calendrier courant jusqu’en 2030.

Le fondement juridique de ces mesures tient aux plans de protection de l’atmosphère et aux arrêtés préfectoraux qui les mettent en œuvre. Autrement dit, une réglementation déterminante pour la vie quotidienne peut s’imposer à l’échelle locale sans passer par un vote spécifique du Parlement.

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Une amende, mais quelle certitude juridique ?

Combien coûte l’infraction ? Les montants annoncés varient du simple au décuple. 135 € selon certains services, 450 € en cas de récidive selon d’autres. Dans la métropole lilloise, certains documents évoquent 1 500 €. Aucun texte clair ne permet de trancher. Les services eux-mêmes n’arrivent pas à donner le montant exact. Une contravention de 3e classe, matérialisée par une amende forfaitaire de 68 euros, peut grimper jusqu’à 450 euros en cas de majoration décidée par la justice. Mais pour une interdiction préfectorale, la base juridique reste floue.

L’enjeu est concret pour les ménages qui utilisent le bois pour se chauffer, mais aussi pour ceux qui souhaitent conserver une cheminée pour un usage occasionnel. Remplacer un équipement ancien par un appareil plus récent représente un coût, même lorsque des aides existent. L’Ademe propose notamment le Fonds Air Bois, destiné à soutenir le remplacement d’appareils de chauffage au bois polluants dans certains territoires. Mais l’existence de ces aides ne signifie ni que tous les foyers sont éligibles, ni que le remplacement est intégralement financé.

La lutte contre la pollution atmosphérique peut justifier des restrictions. Pour utant, le chauffage au bois est pour de nombreux foyers ruraux et périurbains, la réponse la plus économique à la flambée des prix de l'énergie.

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« Touche ton nez devant tout le monde » : à 71 ans, il a obtenu 1 000 $ de l'hôpital qui l'avait humilié

Au Canada, le 2 septembre 2025, Alain Dupuis sort d’une séance d’inhalothérapie à l’Hôpital de Saint-Georges, en Beauce ( Québec). Deux agents de sécurité le retiennent, menacent d’appeler la police et lui font toucher son nez devant des passants. Il faudra un an, deux recours et un juge pour obtenir 1 000 $ canadiens sur les 5 000 réclamés. Et surtout pour faire reconnaître une atteinte à sa dignité, ce patient aura dû affronter l’institution censée le soigner.

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L’affaire révèle les rapports de force qui peuvent s’installer entre un usager et un établissement public lorsque des agents outrepassent leurs prérogatives présumées, puis que la hiérarchie tarde à reconnaître les faits.

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Un contrôle improvisé dans un couloir d’hôpital

Le 2 septembre 2025, Alain Dupuis sort d’un rendez-vous d’inhalothérapie à l’hôpital de Saint-Georges, en Beauce. Consommateur de cannabis à des fins médicales, il est intercepté après qu’une inhalothérapeute s’est plainte d’une odeur.

Deux agents de sécurité l’empêchent alors de partir et menacent d’appeler la police s’il quitte les lieux. Ils lui demandent ensuite de toucher son nez avec son doigt, un exercice de coordination effectué devant des passants. La scène s’apparente à un contrôle d’aptitude improvisé, sans que les agents disposent nécessairement des pouvoirs policiers correspondants.

Autre élément troublant : aucun rapport d’événement n’est rédigé le jour même. Le document ne sera établi que 21 jours plus tard. Ce délai soulève une question élémentaire de traçabilité : comment garantir un examen impartial des faits lorsque leur consignation n’est pas immédiate ? L’institution s’auto-blanchit.

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L’institution se dédouane, le juge tranche

«Humilié», le patient poursuit Santé Québec, le commissariat aux plaintes de l’établissement conclut d’abord que les allégations sont « non fondées ». Il faut attendre juin 2026 pour que le Protecteur du citoyen donne raison au patient et recommande de rappeler aux agents les limites de leurs pouvoirs.

Le 24 septembre 2026, la cour des petites créances lui accorde finalement 1 000 dollars canadiens, sur les 5 000 réclamés pour atteinte à sa liberté, à sa dignité et à sa vie privée. Cette indemnisation ne couvre qu’une partie de sa demande, mais la décision marque une reconnaissance judiciaire du préjudice invoqué.

Le coût de cette reconnaissance dépasse toutefois le montant obtenu : une année de démarches, plusieurs recours et la nécessité de solliciter une autorité extérieure pour faire examiner une plainte initialement rejetée par l’établissement lui-même.

Cette décision ne répare pas l’humiliation. Elle rappelle surtout que dans un hôpital public, le patient est présumé coupable par ceux qui le soignent. Quand le monopole de soins confond sécurité et discipline, la liberté ne se négocie plus dans le soin, mais devant un juge. Le Québec donne une leçon de droit ; la France, qui connaît les mêmes administrations sanitaires, ferait bien de regarder.

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177 conseillers municipaux, plus que Paris: la chambre des comptes a compté

La chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a passé au crible 35 collectivités. Elle y trouve un conseil municipal plus peuplé que celui de Paris, des emprunts signés sans mandat suffisant et un patrimoine valorisé à 50 % d’écart selon le registre consulté. La gestion locale ne sait plus ce qu’elle possède ni ce qu’elle signe.

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Un département, quatre communautés de communes, trente communes : le contrôle dresse l’inventaire d’une administration qui s’administre elle-même, sur fonds publics.Les observations rapportées par Breizh-Info le 7 octobre 2026 dessinent un tableau préoccupant du fonctionnement de plusieurs collectivités des Pays de la Loire.

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Des conseils pléthoriques et des décisions hors cadre

La chambre régionale des comptes a examiné 35 collectivités : un département, quatre communautés de communes et trente communes. À Montrevault-sur-Èvre, le conseil municipal comptait 177 membres en 2015, davantage que les 163 conseillers de Paris, alors que des communes de taille comparable en élisaient 33. L’effectif n’est redescendu à 59 qu’après les élections municipales de 2020. Une telle configuration interroge sur l’organisation de la représentation locale et le coût de son fonctionnement.

Les irrégularités relevées touchent également à l’exercice du pouvoir financier. À Courdemanche, dans la Sarthe, le maire a ouvert seul une ligne de trésorerie de 125 000 euros sans délégation du conseil municipal. À Dompierre-sur-Yon, en Vendée, 1,6 million d’euros d’emprunts ont été signés alors que la délégation accordée plafonnait à 1,5 million. Ces écarts ne sont pas de simples détails administratifs : les délégations encadrent précisément les pouvoirs confiés aux exécutifs locaux.

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700 000 euros par an et un patrimoine mal comptabilisé

À Saint-Nazaire, la participation citoyenne représente environ 700 000 euros de dépenses annuelles et mobilise cinq agents. Dans le même temps, les procès-verbaux des conseils municipaux sont jugés manifestement incomplets. Plus troublant encore, la valeur du patrimoine communal présente un écart de 50 % entre les registres de la mairie et ceux du comptable public. Le crématorium ne figure même pas dans l'inventaire signalé.

À Orvault, 36 000 euros hors taxes ont été versés à une société pour animer une concertation sur le centre-bourg. Une autre consultation, portant sur une hausse de 9 % de la taxe foncière, a été abandonnée après environ 20 000 euros de frais. Les contribuables ont donc financé une démarche qui n'a pas abouti.

Ces constats ne décrivent pas des détournements. Ils décrivent une chose plus banale et plus inquiétante : les élus peuvent-ils multiplier les dispositifs, engager des dépenses et administrer des patrimoines sans garantir une traçabilité rigoureuse ? La chambre régionale des comptes met en lumière une décentralisation sans responsabilité. Tant que le contribuable ne pourra ni sanctionner ni choisir, il paiera. Et la machine continuera de s’administrer elle-même.

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128 628 euros réclamés sans avis de contrôle : la cour d’appel fait plier l’URSSAF

L’URSSAF de Bretagne réclamait 128 628 euros à une entreprise pour des cotisations impayées par un sous-traitant roumain condamné pour travail dissimulé. Le 29 septembre 2026, la cour d’appel d’Angers a annulé l’intégralité du redressement : l’organisme avait omis d’adresser à l’entreprise l’avis de contrôle obligatoire. Une erreur de procédure qui lui coûte aussi 3 000 euros de frais de justice.

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Le dossier (RG 23/00138) oppose une société à l’URSSAF depuis près de dix ans. Les cotisations en cause portent sur 2014 et 2015, années durant lesquelles un sous-traitant roumain a omis de les verser. Il sera condamné pour travail dissimulé en novembre 2017. Ce n’est pas lui que l’URSSAF a poursuivi, mais son client français, solvable et facile à atteindre.

Très important !

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128 628 euros réclamés pour les dettes d’un sous-traitant

Le litige porte sur des cotisations impayées en 2014 et 2015 par un sous-traitant roumain, condamné pour travail illégal en novembre 2017. L’URSSAF de Bretagne a alors invoqué le mécanisme de solidarité financière pour réclamer au donneur d’ordre 98 511 euros de cotisations, auxquels s’ajoutaient 30 117 euros de majorations de retard. Soit un total de 128 628 euros pour une entreprise poursuivie au titre des manquements d’un autre acteur économique.

Pourtant, dès mars 2017, la société avait transmis ses documents de vigilance à l’URSSAF. En juillet 2019, l’organisme lui a ensuite adressé une simple « demande de documents », présentée comme une recherche d’infractions concernant le sous-traitant. Selon les faits rapportés dans l’arrêt, rien ne lui annonçait alors qu’elle risquait elle-même un redressement.

La procédure s’est poursuivie avec une lettre d’observations du 29 novembre 2019, puis une mise en demeure du 4 août 2020. Le contentieux a ensuite pris une tournure coûteuse : le 16 janvier 2023, le pôle social du tribunal judiciaire d’Angers avait condamné l’entreprise à payer les 128 628 euros, ainsi que 1 000 euros de frais.

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L’URSSAF sanctionnée pour avoir ignoré une formalité obligatoire

La cour d’appel a finalement infirmé ce jugement. En application de l’article R. 243-59 du code de la sécurité sociale, l’avis de contrôle était obligatoire. Or, aucun avis n’avait été envoyé à l’entreprise avant le contrôle litigieux. Pour les magistrats, cette omission suffit à entraîner l’annulation du contrôle et du redressement qui en découle. L’URSSAF est désormais condamnée aux dépens et à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.

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La solidarité financière a sa logique, celle de lutter contre la fraude. Cette lutte contre la fraude sociale ne dispense pas l’administration de respecter le droit. Lorsqu’un organisme réclame plus de 128 000 euros à une entreprise, il doit être irréprochable sur la procédure. Car l’autorité publique ne peut exiger des acteurs économiques une vigilance scrupuleuse tout en s’autorisant, elle-même, à négliger les règles qui encadrent ses pouvoirs. Il aura fallu plus de six ans et deux juridictions pour que l’État de droit rappelle à l’administration ses propres règles.

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Communes : un institut propose de supprimer les élections municipales pour économiser 18 milliards

À sept mois de la présidentielle, l’Institut Montaigne avance une réforme radicale de la décentralisation, pouvant aller jusqu’à la disparition des communes comme collectivités autonomes et des élections municipales. L’économie annoncée atteint 18 milliards d’euros par an, selon l’estimation de l’Institut, qui n’a pas été expertisée. Les exécutifs régionaux et départementaux passeraient aux préfets : la technocratie réclame qu’on lui retire le dernier contre-pouvoir de proximité.

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La proposition a de quoi inquiéter les défenseurs des libertés locales. Selon Maire-info, le journal de l’Association des maires de France (AMF), la note de l’Institut Montaigne explore trois scénarios de transformation territoriale. L’un d’eux remet en cause l’existence même de la commune comme échelon politique autonome.

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18 milliards d’euros d’économies : à quel prix démocratique ?

L’Institut Montaigne, think tank fondé en 2000, a publié une série de notes en vue de la présidentielle. L’une d’elles, consacrée à la réforme de l’État, déroule trois scénarios de réorganisation territoriale.

Dans le scénario 3, l’Institut Montaigne propose de faire des intercommunalités les collectivités de droit commun. Les communes deviendraient de simples circonscriptions, privées de conseil municipal élu et d’autonomie budgétaire. Les élections municipales seraient remplacées par un scrutin unique à l’échelle intercommunale. Le dispositif prévoit également la suppression des départements, l’annulation des élections régionales et départementales de 2028 et le transfert des exécutifs régionaux et départementaux aux préfets.

Washington sanctionne la Cour pénale internationale. La France y a un juge, et il n’a plus de carte bancaire
Le 9 octobre, Washington a sanctionné la Cour pénale internationale. Un juge français y siège sans carte bancaire depuis 14 mois. Trois actes avant le 7 avril.

L’Institut avance une économie de 18 milliards d’euros par an, principalement grâce à la suppression des administrations communales. Ce chiffre n’a fait l’objet d’aucune expertise indépendante. Il vise une application dès 2032, si les décisions sont prises pendant le prochain mandat présidentiel. Maire-info relève ce que le chiffre ne dit pas : la perte de démocratie de proximité.

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Des élus de proximité remplacés par la logique administrative

Les autres scénarios suivent des voies différentes. Le premier prévoit notamment une notation financière des collectivités de A à E, avec une mise sous tutelle préfectorale pour celles qui obtiendraient la note E. Un autre propose un statut de « région autonome » inspiré du modèle espagnol. Ces dispositifs ne doivent pas être confondus avec le scénario 3, qui porte la suppression des élections municipales.

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Maire-info souligne, pour sa part, que cette perspective menacerait la démocratie de proximité et ferait disparaître quelque 500 000 conseillers municipaux. Ce sont des élus auxquels les habitants peuvent encore s’adresser directement, sans passer par les rouages d’une administration éloignée.

L’Institut Montaigne est financé par des contributions privées, plus de 200 entreprises y concourant, aucune ne dépassant 1,2 % d’un budget de 7,2 millions d’euros. Rien d’illégal, rien de caché. Mais une question se pose : à qui profite une gouvernance locale plus éloignée, plus technocratique, plus docile aux logiques de réseau et de marché ?

Le préfet comme interlocuteur unique, l’intercommunalité comme seul niveau élu à une échelle où une liste s’impose par un appareil , voilà la promesse d’une administration plus « efficace ». Le prix : un citoyen qui ne connaît plus le nom de celui qui décide, et un élu qui ne doit plus rien à ses voisins.

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Mouvement lycéen : comment le parti de l'ordre a perdu la bataille mondiale de l'image

Par Renaud Jacobs

Un CRS de trois mètres de haut. Un maire en costume gris qui écarte les bras devant lui : « Laissez ces jeunes tranquille. » Un lycéen à capuche qui saute un mur sous le nez d'un policier : « Trop facile ! » Puis un carton, « Au même moment dans Paris », et quatre hommes en costume sombre dans un salon doré. L'un d'eux ressemble trait pour trait au président de la République. Il lâche : « Débrouillez-vous. »

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C'est une vidéo de deux minutes dix-huit, publiée sur X par le compte @LesRorschach, dessinée dans le style des mangas japonais. Elle se termine sur un dernier carton : « Prochain épisode : Les spores de la mort. »

Les images des manifestations qui touchent la France ont été adaptées en manga et font des millions de vues sur les réseaux.
Attendez de voir la suite...😨

Crédit : Madara9314 sur TikTok pic.twitter.com/QuSpda0ntm

— The Rorschach's Chronicles (@LesRorschach) October 8, 2026
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D'où vient la scène

Le maire en costume gris, c'est Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, et le dessin animé reprend une scène réelle. Le mardi 6 octobre, dans le cortège lycéen parisien, il s'est placé entre les manifestants et les forces de l'ordre en criant : « Arrêtez ! Reculez ! Arrêtez de pousser ! » En deux jours, une douzaine de rédactions étrangères ont diffusé les images : la BBC, y compris dans sa version en chinois, CNN, Al Jazeera, El Mundo, La Stampa, G1 au Brésil, Al-Arabiya.

Une semaine plus tôt, le même élu était au centre d'une autre histoire. Le 29 septembre, il avait déclaré sur BFM que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », en ajoutant qu'il valait mieux l'éviter quand c'était possible. Le lendemain, le préfet de police annonçait avoir saisi le procureur de Bobigny pour « provocation à commettre un délit ».

Ma lecture est simple. Le camp de l'ordre a voulu que l'histoire soit celle d'une phrase, et il l'a portée devant un juge. Le reste du monde a retenu une image. Et quelques jours plus tard, cette image était devenue un feuilleton.

Première observation : ce dessin animé n'a presque rien coûté

Cette vidéo porte toutes les marques d'une production par intelligence artificielle générative, c'est-à-dire par un logiciel qui fabrique des images à partir d'une simple description écrite. Le style est parfaitement homogène d'un plan à l'autre, les décors parisiens sont génériques, et un sous-titre laisse passer une coquille qu'aucun studio n'aurait gardée : « Pefect Plano », pour perfect plan. Je ne peux pas le prouver, et je le signale comme tel. Mais tout l'indique.

Il y a cinq ans, deux minutes d'animation de cette qualité demandaient une équipe et des semaines. Aujourd'hui, elles demandent un abonnement et une soirée. C'est le point technique que les communicants n'ont pas encore intégré : l'image n'est plus seulement captée par des téléphones dans la rue. Elle est fabriquée, à la demande, par n'importe qui.

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Deuxième observation : la fiction écrit la suite que personne n'a écrite

Regardez ce que raconte le dessin animé, au-delà de la scène du 6 octobre. Il invente des héros : une petite bande de lycéens en sweat à capuche et en salopette. Il invente des méchants : « L'État », quatre hommes dans un palais, dont l'un dit « nous donnent du fil à retordre » et l'autre « débrouillez-vous ». Et il relie les blocages à la suite du calendrier : « Le 17 octobre arrive bientôt. Et les gilets jaunes aussi. » Une dernière scène montre des hommes en gilet jaune : « C'est bientôt l'heure. Soyez prêts les amis. »

Aucun syndicat lycéen, aucun parti n'a écrit ce récit dans un texte officiel. C'est une fiction qui le propose, sous forme d'épisodes, avec un prochain épisode annoncé. Pour un adolescent qui la regarde entre deux cours, c'est peut-être la seule version des événements qu'il retiendra.

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Troisième observation : en face, des documents

Le camp de l'ordre, lui, s'est battu avec des textes. Un signalement au procureur. Un communiqué de préfecture. Ils peuvent être solides en droit. Ils sont invisibles pour qui ne lit pas les communiqués de préfecture, c'est-à-dire pour presque tous les lycéens et pour le monde entier.

L'objection est sérieuse, et je la prends. Ce dessin animé est une fiction : il ne prouve rien, il caricature, et la scène réelle elle-même, quinze secondes de vidéo, ne montre pas ce qui s'est passé avant. C'est un point de méthode que je fais vérifier à ceux à qui j'apprends à lire une source : une image prouve ce qu'elle cadre, rien de plus. Seulement, avoir raison sur le contexte ne sert à rien quand le contexte ne circule pas. Et les outils qui ont produit ce feuilleton sont à la disposition de tout le monde, y compris de ceux qui voudraient raconter l'autre version. Personne ne l'a fait.

Le 30 septembre, une lettre au procureur de Bobigny. Le 6 octobre, quinze secondes de vidéo, reprises dans le monde entier. Quelques jours plus tard, deux minutes dix-huit de dessin animé, et un carton : « Prochain épisode ».

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L'humeur de Veerle Daens : même les subventionnés n'en peuvent plus de Brigitte et Emmanuel

Une pancarte passe deux fois derrière un présentateur. Personne ne donne d'ordre. Deux jours plus tard, toutes les équipes de la rédaction nationale de France 2 sont priées de surveiller les mots insultants. Mes chers libertariens de l'Absurdistan, voilà comment on tient une antenne publique sans jamais rien ordonner.

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Reprenons. Mardi 6 octobre, 13 Heures de France 2. Derrière Julian Bugier défilent les images de la manifestation lycéenne. Une pancarte vise Brigitte Macron et joue, grossièrement, sur le fait qu'elle fut la professeure de son mari. Je ne la recopie pas. Vous n'y perdez rien, et ce n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est la suite. Mercredi, pas d'excuses à l'antenne. Et selon Le Parisien, le président n'a pas aimé, et il l'a fait savoir à la direction de France Télévisions.

Qui parle ? Un proche. L'Élysée n'a rien déclaré. Emmanuel Macron n'a rien déclaré. Le proche, lui, résume : « Évidemment que ça ne lui a pas fait plaisir. » Évidemment.

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Une consigne sans auteur

Regardez maintenant la maison se mettre en ordre toute seule.

Le médiateur de France Télévisions trouve l'image fugace, mais juge qu'elle n'aurait pas dû se retrouver à l'écran. Le directeur de la rédaction nationale, Julien Duperray, plaide sa bonne foi : « Nous ne sommes pas responsables de ce qui est écrit sur des pancartes de manifestants. » C'est exact. Puis il concède que l'usage de l'image aurait dû être maîtrisé. Et la direction rappelle à toutes les équipes de veiller aux mots potentiellement insultants.

Amis libertariens, comptons. Un agacement rapporté par un anonyme. Un médiateur contrit. Une note de vigilance pour toute une rédaction. Aucun ordre, nulle part. Amai : la consigne existe, et elle n'a pas d'auteur.

C'est la forme la plus élégante du pouvoir. Il n'interdit rien. Il laisse savoir qu'il n'a pas aimé, et le reste s'organise dans les couloirs.

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Le plus subventionné des journaux

Le plus savoureux est ailleurs. Le journal qui raconte l'affaire est celui qui reçoit le plus d'argent public en France.

En 2024, 527 titres se sont partagé 175,2 millions d'euros d'aides directes. Premier du classement par titre : Aujourd'hui en France, l'édition nationale du Parisien, avec 12,24 millions. Premier par groupe : Les Échos-Le Parisien, avec 17,97 millions.

Ce journal-là ne dénonce rien, notez bien. Il raconte. Il rapporte qu'un chef d'État s'est plaint d'une chaîne publique à cause d'une pancarte. Pour le titre le mieux nourri du pays, c'est déjà mordre la main qui donne la gamelle.

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Compagnons d'Absurdistan, faites le tableau. D'un côté, une chaîne financée par l'État qui s'excuse d'une pancarte qu'elle n'a pas écrite. De l'autre, le journal le plus subventionné de France, qui publie ce que l'entourage présidentiel aurait préféré garder dans les couloirs.

Mardi, une pancarte. Mercredi, pas d'excuses. Jeudi, une note à toutes les équipes. Ordres donnés : zéro.

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Bruxelles: sept milliards d'euros mal dépensés, et les auditeurs disent non pour la septième année de suite

La Cour des comptes européenne refuse, pour la septième année consécutive, de certifier les dépenses du budget de l’Union. Taux d’erreur : 3,8 %, au-dessus du seuil de 2 %. Près de 7 milliards d’euros ont été engagés irrégulièrement sur 176,3 milliards d’euros de dépenses.

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Le 8 octobre 2026, le rapport annuel sur l’exercice 2025 est publié. Il ne qualifie pas ces faits de fraude. Il établit que le contrôle reste défaillant, année après année, sans correction à la hauteur.

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Sept années d’erreurs, sans amélioration notable

Dans son rapport annuel sur l’exercice 2025, la Cour des comptes européenne estime le taux d’erreur à 3,8 %, contre 3,6 % en 2024. Ce niveau dépasse largement le seuil de signification de 2 % retenu par les auditeurs pour apprécier la régularité des dépenses. Sur 176,3 milliards d’euros de dépenses budgétaires, près de 7 milliards sont ainsi concernés par des irrégularités.

Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, résume cette stagnation : « c'est vrai qu'on constate chaque année que le taux d'erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ». Les irrégularités atteignent 6,6 % pour la cohésion et 3,9 % pour les ressources naturelles et l’environnement, deux domaines qui représentent ensemble environ les deux tiers du budget européen.

La Cour précise toutefois que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Il mesure des manquements aux règles de dépense, sans établir à lui seul une fraude ou une mauvaise utilisation économique des fonds. Les auditeurs ont également examiné 750 opérations et 37 paiements du plan de relance aux États membres, dont neuf n’étaient pas conformes aux règles.

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Des marchés publics aux justificatifs introuvables

Les marchés publics et les subventions représentent 26 % des cas d’irrégularité, contre 16 % l’année précédente. L’absence de pièces justificatives constitue la deuxième cause, avec 19 % des cas, contre 9 % auparavant. Autrement dit, une part importante des anomalies tient à l’incapacité de produire les documents nécessaires pour établir la régularité des dépenses.

La Cour précise que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Les 17 cas de fraude présumée transmis aux autorités sont un chiffre distinct. Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, le reconnaît : « c’est vrai qu’on constate chaque année que le taux d’erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ».

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L’encours constaté de la dette de l’Union atteint 738,9 milliards d’euros. La projection d’un montant proche de 1 000 milliards pour 2027 ne relève pas d’un encours observé. À Bruxelles, les irrégularités dans l’attribution et l’usage des fonds sont devenues une routine comptable. Les élites européennes demandent toujours plus de ressources, mais refusent de rendre des comptes certifiables. Pour la France, rester dans ce cadre signifie financer un budget que les auditeurs eux-mêmes ne valident pas. Le Frexit devient une condition de ce contrôle.

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SNCF et RATP : entre 4% à 10% de votre amende va dans la poche de celui qui vous l'a mise

À la SNCF, un contrôleur peut toucher entre 4 % et 10 % du montant d’une amende réglée sur place, selon Stéphane Vardon, chef de bord et responsable CGT. À la RATP, la direction annonce 150 euros bruts mensuels de prime, quand des contrôleurs interrogés évoquent 50 à 600 euros. Derrière la lutte contre la fraude, l’usager devient une ligne de prime.

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Le débat ne porte pas sur les agents, qui appliquent les consignes. Il porte sur le mécanisme décidé en haut : indexer une part de la rémunération sur les amendes infligées. Les deux entreprises publiques sont financées par le contribuable ; leur politique de contrôle mérite donc un examen précis.

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SNCF : un pourcentage sur les amendes, un forfait sur les paiements différés

À la SNCF, Stéphane Vardon, chef de bord et responsable syndical CGT en poste depuis vingt-sept ans, décrit un dispositif prévoyant une prime comprise entre 4 % et 10 % du montant de l’amende lorsque celle-ci est réglée sur place. En cas de paiement différé, la rémunération serait forfaitaire : 96 centimes par amende, quel que soit son montant.

Des contrôleurs interrogés évoquent des primes mensuelles comprises entre 50 et 600 euros. Ces montants rapportés ne constituent toutefois ni une moyenne nationale ni une mesure représentative de l’ensemble des agents.Même sans instruction explicite de verbaliser davantage, l'existence d'un intérêt financier crée un risque de conflit d'intérêts apparent. Le voyageur pressé, intimidé ou mal informé de ses droits devient la meilleure source de revenus.

L’amende payée immédiatement rapporte davantage à l’agent que l’amende différée. Cependant, il appartient à l'entreprise de prévenir ce risque par des règles transparentes et des procédures de contestation accessibles.

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RATP : 150 euros officiels, un témoignage à 1 000 euros

À la RATP, la direction annonce une prime mensuelle de 150 euros bruts. Un agent affirme avoir touché jusqu'à 1 000 euros en un mois, mais ce témoignage isolé n'a pas été vérifié : il ne permet donc d'établir ni une moyenne ni un montant habituel. De son côté, un cadre de l'entreprise reconnaît que les agents dont les primes atteignent plusieurs centaines d'euros peuvent recevoir moins de missions de contrôle les mois suivants.

Michel Babut, vice-président de la FNAUT, avance que la prime d'équipe représente 10 % du montant des amendes et estime que certaines pratiques pourraient conduire à des verbalisations trop strictes. Les exemples cités alimentent le malaise : une voyageuse aurait reçu une amende de 150 euros pour avoir transporté une plante jugée trop volumineuse dans le métro ; un jeune homme affirme avoir payé 35 euros alors qu'il possédait un pass. La RATP indique par ailleurs avoir recruté de faux voyageurs pour évaluer le professionnalisme de ses contrôleurs. Cette démarche révèle que la qualité des contrôles constitue déjà un sujet de vigilance interne.

SNCF et RATP : entre 4% à 10% de votre amende va dans la poche de celui qui vous l'a mise
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Selon l'article de Capital, la fraude coûterait 700 millions d'euros par an à la SNCF et à la RATP, qui chercheraient à réduire ce montant de moitié. On comprend l’enjeu financier. Mais indexer la prime sur l’amende déplace la responsabilité : le contrôleur devient comptable d’un rendement répressif, l’usager une source de recette, et le contribuable paie deux fois. Une politique libertarienne exige plutôt de supprimer l’intéressement au PV, la transparence sur les primes, leur mode de calcul et les voies de recours pour les usagers et les contribuables.

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13,5 millions de déficit, une maternité qui se vide, et une gestion que la chambre des comptes qualifie de « mode crise »

La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur a rendu public, le 6 octobre 2026, son rapport sur le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël. Le déficit d'exploitation atteint 13,5 millions d'euros en 2024, les comptes sont dans le rouge depuis 2022, et l'établissement est piloté « en mode crise » depuis 2019. Pendant ce temps, 28 millions d'euros sont engagés pour restructurer les urgences.

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Le constat tient en une phrase : l’établissement, deuxième hôpital public du Var, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs exercices.

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Des comptes dans le rouge depuis 2022

Deuxième établissement public de santé du Var, le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël dispose de 557 lits et places en 2024. La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur constate que ses comptes sont déficitaires depuis 2022. En 2024, le déficit d’exploitation atteint 13,5 millions d’euros.

Le constat financier est accablant : les recettes ont progressé, mais les dépenses ont augmenté plus rapidement. Les charges de personnel figurent parmi les postes dont la croissance est jugée insuffisamment maîtrisée. Pour autant, l’activité globale de l’établissement augmente, portée notamment par les prises en charge ambulatoires. La maternité, elle, continue de perdre de l’activité.

La chambre relève également des faiblesses dans le pilotage de l’établissement. Elle critique notamment la composition et la fréquence des réunions du directoire, tandis que la gestion commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez reste financièrement inachevée. Des litiges persistent sur le remboursement de certaines charges de personnel. Autrement dit, la coopération entre établissements ne suffit pas à garantir une répartition financière clairement réglée.

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28 millions pour les urgences, mais quelle stratégie globale ?

La chambre décrit une gestion « en mode crise » sur toute la période examinée depuis 2019, critique la composition et la fréquence des réunions du directoire, et relève que la direction commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez, en place depuis août 2014, reste financièrement inachevée. Des litiges subsistent sur le remboursement de certaines charges de personnel entre les deux établissements.

La restructuration des urgences, estimée à 28 millions d'euros dont 22 millions pour le seul service des urgences , est financée par des aides de l'agence régionale de santé, de l'emprunt et un prélèvement sur le fonds de roulement. L'établissement a lancé un plan d'efficience en 2025, que la chambre juge nécessaire mais insuffisant à lui seul. Six recommandations ont été formulées.

La chambre régionale des comptes est une juridiction financière. Elle relève, constate, recommande. Elle ne condamne pas. Mais ce qu'elle décrità savoir " un hôpital qui perd des naissances", pendant qu'on finance des murs pose une question que le rapport ne formule pas explicitement : à quoi sert une tutelle qui savait, depuis sept ans, sans agir ? Les 28 millions d'euros d'investissement immobilier ne traiteront ni la fuite des patientes, ni la désaffection des personnels, ni le déficit structurel.

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Reportage au coeur de la manifestation parisienne

Par Eric V.

25.000 lycéens et autres ont manifesté à Paris, dans un vrai calme, jusqu'à la "3è mi-temps" où les habituels casseurs ont provoqué la police. Quelques enseignements politiques sont à retirer de cette journée en demi-teinte.

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Il étaient environ 25.000 manifestants (chiffres de la police mais qui me paraissent très réalistes, car la place était loin d'être saturée) à se retrouver autour du Génie de la Bastille pour exprimer leur colère contre la politique éducative. À ce stade, ce mouvement dépasse-t-il la simple émotion, ou s'enlise-t-il dans la minceur d'une expression éphémère comme c'est si souvent le cas dans les collectifs ?

Soyons francs, au-delà de revendications très vagues (plus de moyens...), on peine aujourd'hui à dégager un fil directeur comme le serait la suppression de Parcours Sup, par exemple.

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On retrouve ici le glissement du mouvement vers la posture politique plus que vers la revendication. Or une revendication structure, une posture dilue.

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Cet enlisement est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour Sébastien Lecornu :

  • une bonne nouvelle, car les risques que le mouvement perdure au-delà des vacances de Toussaint s'amenuisent. On ne boude pas éternellement son lycée pour réclamer une insurrection ou dénoncer "les fachos". Donc, d'une certaines façon, plus que 8 jours à tenir...
  • une mauvaise nouvelle, car le mouvement est insaisissable et sa destinée devient hautement imprévisible. De nombreux signaux laissent à penser qu'il va s'essouffler et retomber, mais rien n'exclut une reprise d'incendie à tout moment.
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Au passage, on notera la place somme toute discrète de la France Insoumise, accusé d'être à la manoeuvre en sous-main. LFI n'est pas absente du paysage, mais elle ne verrouille pas la manifestation, et de nombreux étudiants semblent très loin de s'engager dans ce parti, même s'ils se déclarent majoritairement de gauche.

En réalité, les manifestations laissent une part importante à l'humour et à l'esprit potache, loin des catégories politiques que les manifestations des années 70 pouvaient connaître. L'imaginaire de la jeunesse actuelle s'exprime volontiers et trahit bien le besoin de fête après le traumatisme du COVID.

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Laisser ce mouvement à la gauche : l'erreur majeure de Marine Le Pen

Si la minceur idéologique du mouvement étudiant est une évidence qu'il faut souligner, une réalité essentielle s'impose néanmoins : les participants placent le rejet du Rassemblement National au coeur de leur "Weltanschauung". Une grande partie des slogans dénonce les "fachos" en boucle (même si peu de manifestants pourraient définir cette catégorie fourre-tout) et consacre le triomphe de la gauche dans la jeunesse.

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Ce rejet est alimenté par les postures très hostiles au mouvement exprimées à droite de l'échiquier. La "fachosphère" et la "bollosphère", mais aussi de nombreux souverainistes qui s'expriment sur GPTV, Tocsin, TVL ou Radio Courtoisie) en donnant écho à des positions violentes et caricaturales (les dégâts causés par Philippe de Villiers sont immenses) gravent dans le marbre sa rupture avec la jeunesse qui se mobilise.

On ne peut parler d'autre chose que d'une erreur stratégique, car Marine Le Pen perd ici une bataille d'image qu'elle aurait pu facilement neutraliser, à défaut de la gagner.

Inversement, la gauche manifeste son habileté en se refaisant une santé à bon compte auprès d'une jeunesse dépolitisée et peu formée, qu'elle conquiert sans coup férir. Mais enfin, ceux qui ont cru que le conservatisme et le patriotisme pouvait se définir par l'intelligence tactique ont définitivement fait preuve d'une naïveté coupable.

Dans l'ensemble, on notera la forte présence des drapeaux français, néanmoins, la discrétion des drapeaux palestiniens, et la vitalité des engagements individuels. Cette jeunesse, qui participe souvent à sa première manifestation, a besoin de s'exprimer !

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Le round de la violence

Comme d'habitude, la manifestation est restée pacifique jusqu'au dernier round, sur le coup des 17h30, l'heure où la police se livre à son jeu de cache-cache avec les casseurs. Insistons sur ce point : pendant plus de deux heures, les jeunes ont manifesté sans violence, la police se tenant à distance et ne cherchant pas à "interpeler".

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Une fois les manifestants pacifiques partis ou en instance de partir, les casseurs sont sortis de l'ombre et les images de violence, dont les médias sont si friands, ont commencé à pleuvoir :

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Il y a probablement une étude pour ainsi dire anthropologique à mener sur cet étrange rituel où les manifestations "politiques" se terminent, après une séquence pacifique, sur une note violente. Dans la pratique, tel un chat et une souris, policiers et voyous semblent se donner la réplique pour offrir un spectacle qui fait le tour du monde.

L'erreur consisterait à éclipser les revendications de la jeunesse derrière ces dérapages totalement artificiels.

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1,6 million d'emprunts pour 1,5 autorisé, 5 millions de terrains hors des comptes : les mairies des Pays de la Loire épinglées

La chambre régionale des comptes a examiné 35 collectivités des Pays de la Loire. Elle relève des emprunts dépassant l'autorisation, des terrains absents des annexes comptables et des dépenses de « participation citoyenne » sans résultat. À Orvault, la facture est tombée, le vote n'a jamais eu lieu. 36 000 euros hors taxes ont été engagés avant l'abandon d'une consultation sur une hausse de 9 % de la taxe foncière.

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Le rapport a été délibéré le 3 juin 2026, mais la presse ne l'a révélé que le 7 octobre, soit quatre mois plus tard. Il porte sur 35 collectivités : le département de Maine-et-Loire, quatre communautés de communes et trente communes.

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Des comptes fantômes aux emprunts hors normes

Les observations de la chambre dessinent une gestion où les autorisations budgétaires et la réalité comptable ne coïncident pas toujours. À Dompierre-sur-Yon, 1,6 million d’euros d’emprunts ont été signés alors que l’autorisation portait sur 1,5 million. À Courdemanche, une ligne de trésorerie de 125 000 euros a été ouverte sans délégation.

À Mûrs-Érigné, les terrains représentent 3,3 millions d’euros, auxquels s’ajoutent plus de 650 000 euros de frais cumulés fin 2024. À Angers, 5,04 millions d’euros de biens en portage n’apparaissent pas dans les annexes. À Saint-Nazaire, la valeur du patrimoine présente un écart de 50 % entre les données communales et celles du comptable public.

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36 000 euros pour consulter… puis renoncer

Le rapport examine aussi ce que les collectivités dépensent pour associer les habitants. Saint-Nazaire y consacre environ 700 000 euros par an et cinq agents, tandis qu’Angers dispose d’un budget participatif d’un million d’euros.

Les résultats sont inégaux. Montrevault-sur-Èvre a abandonné 100 000 euros de projets après une édition qui n'a mobilisé que 11 % de participation. Mention spéciale pour Orvault, qui n'a pas hésité à gaspiller 36 000 euros en pure concertation avant d'enterrer une consultation, estimée à 20 000 euros, portant sur une hausse de 9 % de la taxe foncière. Cette dilapidation illustre la déconnexion d'une machinerie territoriale qui exige toujours plus du contribuable tout en s'exonérant des principes les plus élémentaires de bonne gestion.

La chambre régionale des comptes ne qualifie pas ces situations de fraude ou de détournement : elle relève des insuffisances de suivi, de comptabilisation ou de gouvernance. Reste à savoir ce que les collectivités concernées répondront aux recommandations de la chambre, et si les habitants en seront informés.

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USA : un milliard de dollars pour un camp monté en huit jours et fermé onze mois plus tard

Aux Etats-Unis, un rapport du Government Accountability Office (GAO-26-108663) épingle l’Immigration and Customs Enforcement( ICE). Le GAO, l'organisme d'audit du Congrès américain, constate que la police de l'immigration,ICE, a multiplié les chantiers de détention sans aucun plan stratégique. Le centre floridien « Alligator Alcatraz » a coûté environ un milliard de dollars à l'État pour onze mois d'existence, soit grossièrement trois millions par jour. Le ministère de la Sécurité intérieure, lui, vante 13,2 milliards d'économies.

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Commandé par quatre élus démocrates, le document du GAO dresse le constat d’une administration qui empile les initiatives sans feuille de route. Pour l’exercice 2025, l’ICE a reçu quelque 3,8 milliards de dollars destinés aux opérations de rétention. La loi budgétaire de juillet 2025 a ensuite débloqué 45 milliards de dollars de capacité jusqu’en 2029. Résultat : des démarrages et arrêts successifs, des chevauchements et, selon Heather MacLeod, directrice du GAO chargée de ces questions, « du gaspillage ».

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Des milliards engagés sans plan d’ensemble

Le constat du GAO est sévère : l’ICE aurait lancé plusieurs initiatives simultanément sans disposer d’un plan stratégique permettant d’en articuler les besoins, les coûts et la durée. L’agence avait reçu environ 3,8 milliards de dollars pour ses opérations de rétention durant l’exercice 2025. En juillet 2025, la loi budgétaire a porté à 45 milliards de dollars la capacité de rétention prévue jusqu’en 2029.

GAO report calls for urgent ICE enforcement plans to stop wasting taxpayer money
A Government Accountability Office report says ICE’s lack of planning while expanding detention and operations led to wasteful spending.

Six opérations sont recensées : Guantanamo Bay, des bases militaires, onze entrepôts, l’achat de centres existants, les installations de Floride et l’utilisation d’établissements du Federal Bureau of Prisons.

Le cas des entrepôts est particulièrement parlant : environ 1 milliard de dollars ont été engagés en décembre 2025 pour onze sites, dont sept devaient finalement être revendus. Deux autres installations ont été achetées en juillet pour 1,5 milliard de dollars.

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Un milliard de dollars pour onze mois d’existence

« Alligator Alcatraz » concentre cette logique. Le centre floridien, mis en place en huit jours selon les responsables, a ouvert en juillet 2025 avant de fermer en juin 2026. Son coût atteint environ 1 milliard de dollars pour l’État de Floride. Le montage financier mérite attention : l’ICE n’a pas directement payé le centre. Le Department of Homeland Security(DHS) rembourse la Floride par l’intermédiaire d’une subvention de la FEMA de 608 millions de dollars, tandis que l’État attend encore plus de 500 millions.

Immigration: l’État policier de Trump fait des ravages
Alors qu’un juge fédéral dénonce les conditions « dégoûtantes » du centre de détention de Broadview, les descentes musclées de l’agence ICE (police de l’immigration) terrorisent les quartiers latinos de Chicago. Derrière la promesse de « sécurité », une machine répressive broie des vies et fracture des communautés. Le 30 octobre,

À partir du milliard et des onze mois d’existence, cela représente un ordre de grandeur d’environ 3 millions de dollars par jour. Ce calcul n’est pas celui du GAO, mais il suffit à mesurer l’échelle de la dépense. Le GAO recommande donc l’élaboration rapide d’un plan stratégique. L’ICE accepte cette recommandation, mais indique qu’il lui faudra près d’un an pour y répondre. Pour le GAO, cette échéance cadre mal avec l’urgence invoquée.

Le Department of Homeland Security (DHS) conteste toutefois la lecture du rapport,affirmant que les coûts étaient « appropriés et nécessaires ». Le DHS revendique plus de 13,2 milliards d'économies. Ce chiffre n'est étayé nulle part dans le rapport : c'est une déclaration du ministère.

L'ICE a accepté d'élaborer un plan, mais pas avant près d'un an. Mme MacLeod juge elle-même ce délai peu compatible avec l'urgence. Un autre rapport sur les coûts est attendu avant la fin de l'année. Quand une administration reçoit des dizaines de milliards sans obligation de prioriser ni de séquencer, le contribuable finance la précipitation et l’improvisation. Le rapport du GAO ne tranche pas sur la politique migratoire ; il rappelle une vérité budgétaire élémentaire : ouvrir le robinet sans compteur produit mécaniquement de la dépense sans retour.

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La leçon budgétaire dépasse donc largement le débat migratoire américain : lorsqu’une administration dispose soudainement de dizaines de milliards, l’absence de plan préalable peut transformer la rapidité d’action en machine à dépenser. L’argent public n’est pas moins gaspillé parce qu’il est américain.

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Carte bancaire personnelle, 1 655 transactions, 158 217 euros : la chambre des comptes épingle Soliha

La chambre régionale des comptes d'Occitanie épingle trois associations du réseau Soliha, financées sur fonds publics pour loger les ménages modestes. Elle relève une carte bancaire personnelle débitée en 1 655 transactions, des recrutements de proches sans procédure et une rémunération du directeur en hausse de 54 %. Deux structures ont été liquidées en juillet 2026, un centre d'accueil a été placé sous tutelle.

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Il est des associations qui vivent de la générosité publique et dont les dirigeants semblent avoir oublié d'où vient l'argent. Le rapport de la chambre régionale des comptes d'Occitanie, rendu public ces derniers jours, en offre un exemple accablant.

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Des associations financées par l’argent public

La chambre régionale des comptes d’Occitanie vient de rendre public son rapport consacré à Soliha Méditerranée, Soliha Haute-Garonne et Soliha Tarn-et-Garonne. Ces associations interviennent notamment dans le logement des ménages modestes et bénéficient à ce titre de financements publics.

Deux associations Soliha liquidées : la CRC révèle de graves manquements de leur direction
La Chambre régionale des comptes Occitanie pointe les dysfonctionnements de gestion de trois Soliha, dont 2 ont été liquidées en juillet 2026

Le constat financier est sévère. Soliha Haute-Garonne a été liquidée le 9 juillet 2026, avec 1,36 million d’euros de dettes envers ses fournisseurs et 2,31 millions de dettes sociales. Soliha Méditerranée a été liquidée le lendemain, alors qu’elle affichait encore un déficit de 681 000 euros en 2024.

Plus révélateur encore, la masse salariale cumulée des trois structures est passée de 4,35 millions d’euros en 2020 à 6,75 millions en 2025, soit une progression de plus de 50 %. La chambre relève parallèlement que la rémunération du directeur commun a augmenté de 54 % entre 2021 et 2023.

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Carte personnelle et proches dans l’entourage

Entre 2020 et 2025, la chambre constate 1 655 transactions, pour un total de 158 217 euros, effectuées sur une carte bancaire personnelle. Elle relève également 10 880 euros de chèques émis au profit du directeur, sans factures permettant d’en vérifier les dépenses.

« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d’autofinancement
La chambre régionale des comptes d’Occitanie a épinglé la gestion 2021-2025 de Villefranche-de-Rouergue. Les charges courantes ont grimpé de 25,5 % pendant que les recettes n’avançaient que de 11,7 %. Résultat : une capacité d’autofinancement nette négative de 646 357 euros en 2025 et une

La chambre constate aussi que des recrutements et prestations ont été confiés à des personnes de l’entourage proche de la direction sans procédure formalisée. Elle ne se prononce pas ici sur une éventuelle qualification pénale : ses constatations relèvent du contrôle financier et administratif. Le cas du centre d’accueil de demandeurs d’asile de Narbonne donne une dimension supplémentaire à l’affaire. Géré par l’une des associations, il a été placé sous administration provisoire par l’État en février 2026 pour des « défaillances significatives ».

Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote
Un numéro de sécurité sociale n’ouvre aucun droit. Les 14, 30 et 50 milliards de fraude avancés par Charles Prats reposent sur la confusion des deux.

Cette affaire illustre ce que le secteur parapublic produit trop souvent : une économie de la subvention où la proximité avec les pouvoirs publics tient lieu de gouvernance, et où la bonne cause sert de bouclier. Ici, la sanction du contrôle intervient après la liquidation, quand les dettes sont déjà là. Une question demeure : combien d'autres structures, financées de la même façon, échappent à un examen aussi minutieux ?

Carte bancaire personnelle, 1 655 transactions, 158 217 euros : la chambre des comptes épingle Soliha
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Permis de construire : la mairie peut désormais vous refuser pour une pièce manquante sans vous l’avoir demandée

Le Conseil d'État a jugé le 3 août 2026 qu'une mairie peut rejeter une demande de permis pour dossier incomplet sans avoir réclamé la moindre pièce. Le demandeur doit désormais deviner ce que l'administration attend, et recommencer s'il se trompe.

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La France où l’on ne construit plus rien vient de gagner un étage dans la bureaucratie. Et Bastiat aurait probablement résumé l’affaire ainsi : produire du refus avec de l’argent public.

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Une pièce manquante peut désormais suffire au refus

Dans sa décision du 3 août 2026, rendue sous le numéro 497092 et commentée le 5 octobre, le Conseil d’État a tranché un litige portant sur une société qui souhaitait construire trois bâtiments. Le tribunal administratif de Lyon avait considéré que l’administration ne pouvait refuser le permis au seul motif que certaines pièces n’avaient pas été fournies sans avoir demandé au préalable au pétitionnaire de compléter son dossier.

Le refus de permis peut sanctionner un dossier incomplet sans demande préalable - LE MONDE DU DROIT - Le magazine des professionnels du droit
L’administration peut refuser un permis de construire pour dossier incomplet sans demander préalablement les pièces manquantes, si leur absence empêche d’apprécier la conformité du projet.

Le Conseil d’État écarte cette lecture. L’absence de pièces peut justifier directement le refus lorsque ces documents sont nécessaires et que leur absence « empêche ou fausse l’appréciation de la conformité du projet ». Autrement dit, le demandeur ne pourra plus simplement répondre : on ne m’a jamais demandé cette pièce. La nuance juridique est importante : toutes les pièces manquantes ne permettent pas automatiquement un refus. Encore faut-il que leur absence empêche réellement l’administration d’apprécier la conformité du projet.

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Construire devient aussi un exercice de devinette

Pour le propriétaire, l’entrepreneur ou le promoteur, le changement est moins théorique qu’il n’y paraît. Dans une procédure déjà entourée de plans, formulaires, études et prescriptions, il faudra désormais anticiper ce que l’administration considère comme indispensable à son appréciation.

Première reculade des partis sur l’abattement de 10 % pour les retraités
Abattement de 10 % des retraités : RN, LR et Horizons promettent l’effort en milliards et refusent en commission une mesure à 25 euros par mois et par foyer.

L’administration dispose de l’expertise juridique et technique ; le demandeur, lui, engage des frais d’architecte, d’études, de financement et parfois d’acquisition avant même de savoir si son projet pourra aboutir. La décision du Conseil d’État ne crée pas une liberté générale pour les mairies de refuser à leur convenance. En exonérant les services instructeurs de toute obligation de dialogue ou de régularisation, l'appareil technocratique verrouille un peu plus l'accès au foncier.

Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote
Un numéro de sécurité sociale n’ouvre aucun droit. Les 14, 30 et 50 milliards de fraude avancés par Charles Prats reposent sur la confusion des deux.

La question devient alors simple : combien de projets seront retardés parce qu’une pièce jugée déterminante n’aura pas été produite au bon moment ? On demande aux Français de construire davantage, mais il faut désormais deviner, avant même que l’administration ne le réclame, tout ce qu’elle pourrait considérer comme nécessaire.

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79% de nos étudiants envisagent de quitter la France

Par Eric V.

Hier, j'ai assisté à la conférence de presse donnée par Jeunesse 2027, un collectif d'étudiants porté par l'Université d'Aix-Marseille. Ipsos y présentait un sondage très instructif sur l'état d'esprit des jeunes : 79% d'entre eux envisagent de quitter la France !

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La date ne pouvait être mieux choisie : au moment où la jeunesse de France se rassemblait pour défiler dans les rues, Ipsos documentait des chiffres sur le malaise profond d'une jeunesse volontiers ramenée à un ramassis d'incendiaires et de casseurs par les partisans de l'ordre.

J'ai bien noté l'esprit paresseux dominant chez les conservateurs et les "patriotes" : un jeune qui n'obéit est un voyou. Il n'appartient pas, pour reprendre les clichés rances de Philippe de Villiers à la France qui brûle des cierges, mais à la France qui brûle des poubelles. L'intérêt de l'IFOP est de démonter ces clichés.

Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
Philippe de Villiers ne voit que deux jeunesses. PISA 2025 : 458 en maths, −37 points depuis 2018. Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
Au coeur des casseurs ! Mon reportage dans la manifestation étudiante....
Les images de la manifestation étudiante du 6 octobre 2026. Loin des clichés.
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Malaise dans la jeunesse

Le sondage réalisé auprès de 3.000 étudiants représentatifs enseigne un certain nombre d'ordres de grandeur. J'en retiendrai deux en particulier :

1° Les principales préoccupations de nos étudiants portent sur la dignité et l'attention à l'autre. Sur ce point, les sondés expriment assez peu d'insatisfactions ciblées sur les inégalités en tant que telles. C'est une chance, tant ses inégalités, notamment dans l'accès aux meilleurs emplois, sont criantes. Nous aurions pourtant collectivement intérêt à mettre cette problématique dans notre "scope".

Dans la pratique, les étudiants ont une faible culture politique et militante, et sont totalement ignares en matière de lutte, comme disent les gauchistes. Mais ce vide pourrait se remplir rapidement, et les phénomènes inégalitaires (notamment dans la répartition des moyens) pourraient rapidement faire l'objet d'une conscientisation.

Le mouvement étudiant pourrait alors prendre une tout autre tournure.

2° 79% des étudiants envisagent de quitter la France. C'est un nombre considérable, et le phénomène ferait bien d'inquiéter la caste. Cette démarche d'exil semble mûrie et avancée chez un étudiant sur trois. L'IFOP ne dit pas si cet "avancement" est caractéristique des CSP+, s'il est homogène, ou s'il se concentre sur les moins riches.

Dans tous les cas, l'effondrement de notre système éducatif est tel que nos jeunes, pour une proportion (très) inquiétante ne se voient plus d'avenir en France et aspirent à l'émigration.

J'ai bien entendu les commentaires aigres de ceux qui prétendent que les jeunes "devraient se taire" (dit poliment ici) et obéir. Leur réponse est cinglante : ils partent, ou s'apprêtent à partir, face à un pays bloqué par l'alliance des retraités et des boomers.

Les "vieux cons" devraient se poser des questions majeures en lisant ce chiffre.

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Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois

Depuis le 1er octobre 2026, une modification discrète du Code de la sécurité sociale change la portée d’une opposition à contrainte. Le cotisant qui conteste une créance de l’Urssaf et perd devant le juge peut désormais voir le jugement se substituer à la contrainte, avec un délai d’exécution susceptible d’atteindre dix ans, contre trois ans pour une contrainte non contestée.

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Le décret du 27 juillet 2026 (n° 2026-683, article 12) a modifié l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Entrée en vigueur le 1er octobre, la règle est claire : lorsqu’un cotisant forme opposition, le jugement ne se contente plus de valider la contrainte. Il s’y substitue et devient le seul titre exécutoire.

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Quinze jours pour contester, dix ans pour payer

Le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 modifie, par son article 12, l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Jusqu'ici, lorsqu'un cotisant formait opposition à une contrainte de l'Urssaf, le juge la validait ou l'annulait. La contrainte restait le titre exécutoire. Désormais, le jugement se substitue à elle et devient le seul titre.

Le nouveau texte modifie surtout la situation après le procès. La contrainte non contestée est soumise au délai de prescription prévu par l’article L. 244-9 du Code de la sécurité sociale, soit trois ans dans les conditions prévues par ce texte. À l’inverse, lorsqu’un jugement intervient sur l’opposition, l’article L. 111-4 du Code des procédures civiles d’exécution prévoit un délai de dix ans pour l’exécution des titres judiciaires concernés.

La Cour de cassation avait déjà admis, dans un arrêt du 4 novembre 2021, qu’un jugement rejetant l’opposition et validant une contrainte constituait un titre exécutoire soumis au délai décennal. Le décret de 2026 donne désormais à cette logique une formulation beaucoup plus nette : le jugement remplace la contrainte.

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Quand l'administration juge de sa propre commodité

Rappelons ce qu'est une contrainte : un titre exécutoire que l'organisme de recouvrement délivre lui-même, sans passer par un juge. L'Urssaf est donc créancière, et elle se dote seule de l'outil de recouvrement. Le juge n'intervient que si le cotisant le saisit, dans une fenêtre de quinze jours.

S'il ne bouge pas, la dette finit par s'éteindre à l'issue de trois ans, à condition que l'organisme n'ait pas interrompu le délai par d'autres actes. S'il conteste et perd, il offre à l'Urssaf un jugement exécutable pendant une décennie. Beaucoup d'entrepreneurs, surtout ceux qui ne peuvent pas payer un avocat, renonceront à se défendre, y compris quand leur dossier est solide.

Aucun texte n'interdit formellement de saisir le juge. Mais cette modification renforce le pouvoir de recouvrement de l’Urssaf tout en dissuadant le contentieux. L’administration gagne du temps, de la sécurité juridique et une pression supplémentaire sur les indépendants et les petites structures déjà fragilisées par le poids des cotisations. Le droit au recours existe encore sur le papier. Dans les faits, il devient un pari risqué.

L’État a ainsi transformé une procédure de contestation en piège temporel. Le cotisant qui refuse de se taire paie plus longtemps. La logique est moins de contentieux, plus de recettes assurées, et une administration qui se protège d’elle-même. Dans un pays où les prélèvements obligatoires pèsent déjà lourd, cette mécanique révèle une volonté de verrouiller le système plutôt que de le rendre contestable.

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Programme économique du RN ? ou les 140 milliards indolores

Par Eric V.

Marine Le Pen promet 140 milliards d'économies sans toucher aux pensions, sans hausse d'impôt, et en ramenant la retraite à 62 ans. Près de la moitié de l'effort est demandée au fraudeur, à Bruxelles et à l'étranger. Trois payeurs qui ont un point commun : ils ne votent pas.

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Le Rassemblement national jouait gros mardi. Après une rentrée de faux pas — le voile, les quarante-deux annuités, Carcassonne, Auchan, Bardella —, la présentation du budget du quinquennat devait prouver que le parti savait compter. Deux heures, des graphiques en cascade, une centaine de journalistes. Et un chiffre : 140 milliards d'euros d'économies nettes d'ici 2032, au prix, dit Marine Le Pen, d'un « effort radical ».

J'aurais aimé applaudir. Un parti qui promet le déficit sous 3 % en 2030, plus de cent vingt taxes supprimées, trente milliards d'impôts en moins et un étage de capitalisation pour les retraites dit des choses que ce journal réclame depuis des années. Encore faut-il regarder qui paie.

Trois payeurs qui ne votent pas

Le détail du plan a été décortiqué. L'effort brut y atteint 169 milliards. Trente-deux et demi viennent de la lutte contre la fraude. Dix-neuf et demi d'une moindre contribution au budget européen. Vingt-neuf de la priorité nationale, c'est-à-dire de prestations retirées aux étrangers. Total : 81 milliards, près de la moitié du plan.

Le fraudeur, Bruxelles, l'étranger. Trois payeurs commodes, qui ne votent pas en France. Trois recettes, surtout, qu'une signature à l'Élysée ne suffit pas à encaisser. La fraude estimée n'est pas la fraude recouvrée : les caisses sociales en récupèrent 600 millions par an sur treize milliards évalués. La contribution européenne se négocie à vingt-sept. Et le Conseil constitutionnel a jugé en avril 2024 qu'on ne pouvait pas subordonner les prestations à cinq ans de résidence : il faudra réviser la Constitution avant de toucher le premier euro.

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La retraite qui rapporte

Reste l'autre moitié. Elle repose sur des gains d'organisation — huit milliards à l'hôpital, neuf et demi d'actes médicaux jugés inutiles — et sur 201 000 postes non remplacés dans les agences et les collectivités, sans un licenciement.

Puis vient la ligne que j'ai relue deux fois. Le RN ramène l'âge de départ à soixante-deux ans, voire soixante, et inscrit dans le même mouvement 15 à 20 milliards d'économies sur les retraites. L'Institut Montaigne, cité par Challenges, chiffre l'abaissement de l'âge à 34 milliards de coût par an, jusqu'à 44,7. Partir plus tôt et dépenser moins : le RN a inventé la retraite qui rapporte.

Ajoutez trente milliards de baisses d'impôts, quinze de droits nouveaux, plus de soixante-cinq d'investissements, des pensions toujours indexées. Et quatre-vingt-dix milliards d'intérêts économisés sur la dette, comptés d'avance. Économisés à condition que le plan réussisse : c'est payer le traiteur avec les cadeaux de mariage.

Une règle d'or pour plus tard

Reste la pièce maîtresse : une règle d'or budgétaire, inscrite dans la Constitution par référendum. Tant que la dette dépasse 60 % du PIB, le déficit devrait rester un demi-point sous le niveau qui la stabilise. Pour 2027, Marine Le Pen donne elle-même le plafond : 2,4 %. Sa trajectoire, la même semaine, affiche 4,9 %. Entre les deux, 2,5 points de PIB, quelque 75 milliards. Ou bien la règle ne s'applique pas à son quinquennat, ou bien il faudra y déroger dès la première année, aux trois cinquièmes du Parlement — et une seconde dérogation d'affilée exige un nouveau référendum.

En 2012, la même Marine Le Pen appelait la règle d'or une « chape de plomb ». Je ne sais pas si elle a changé d'avis ou de public. Je constate qu'à un demi-point par an, il faut cent vingt ans pour ramener la dette de 120 à 60 % du PIB. Une contrainte qu'on se donne pour le siècle suivant n'engage pas beaucoup le quinquennat.

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Ce que la déception dit de nous

Je ne reproche pas au RN de manquer d'ambition. Cent quarante milliards, c'est le bon ordre de grandeur. Je lui reproche de l'avoir rendue indolore. Dans ce plan, aucun électeur ne perd rien : ni le retraité, ni le fonctionnaire en poste, ni l'allocataire français, ni le contribuable. L'effort radical est radical pour les absents.

Les marchés n'ont pas tremblé : le taux à dix ans a même reflué mardi à 4,75 %, après avoir frôlé 5 % la semaine précédente. Je me garderai d'y lire un vote de confiance.

Et c'est ici que la charge nous revient. Si le parti donné favori présente un régime sans privation, c'est qu'il nous connaît. Nous voulons bien que l'État maigrisse, à condition que ce soit dans l'assiette du voisin. Un programme n'est jamais que le portrait de ceux à qui on le vend.

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Dernier mot

On se demandait si le RN réussirait son passage à la réalité. Il a réussi son passage au tableur. La réalité, c'est le jour où il faudra dire à quelqu'un qui vote qu'il recevra moins, et ce jour-là ne figure dans aucune des colonnes présentées mardi.

Nous l'écrivions ici : Marine Le Pen diffère depuis des années l'arbitrage entre ceux qui attendent d'elle la retraite à soixante ans et ceux qui attendent des comptes en ordre. Son budget ne tranche pas. Il additionne les deux promesses et adresse la facture à l'étranger. En mai 2027, élue ou battue, il faudra bien qu'elle choisisse ; et si elle est élue, ses électeurs découvriront les premiers que l'indolore n'existe pas.

Un « effort radical », donc. Reste à trouver qui le fera.

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