RDC: deux cas d'Ebola enregistrés dans la province du Nord-Ubangi
Les centaines de textes, dessins et gravures qui illustrent cet ouvrage lèvent le voile sur un pan méconnu de l'histoire de l'Afrique précoloniale. En 1645, des capucins franciscains abordent l'embouchure du fleuve Congo, afin d'évangéliser les populations du royaume du Kongo et de l'Angola. Ils multiplient les écrits, riches de très nombreuses images destinées à la hiérarchie papale et à l'instruction des futurs frères. Cécile Fromont, professeure d'histoire de l'art et d'architecture à Harvard, interroge ce « corpus visuel capucin » en le reliant aux contextes culturel, social et politique des peuples concernés. Elle note que l'enjeu central des capucins consistait à « extirper de cette région ce qu'ils jugeaient être de l'idolâtrie ». Certaines aquarelles montrent des scènes pacifiques et d'autres d'une extrême violence. L'historienne insiste sur le « processus de création transculturelle » qui fut mis en œuvre, les missionnaires ayant développé des échanges avec les érudits africains.
CNRS Éditions, Paris, 2026, 254 pages, 39 euros.
« Il semble plus difficile de déboulonner un mythe qu'une statue », reconnaît la chercheuse Caroline Roussy. Non, les frontières africaines n'ont pas été tracées lors de la conférence de Berlin en 1884-1885. Le mythe de leur « artificialité » nourrit les amertumes postcoloniales et les déclinaisons du discours panafricaniste. Sans jamais minorer les ressorts de cette « mauvaise réputation », ainsi que les blessures qu'elle signale, cet essai apporte un éclairage décisif sur les « processus longs et négociés » de ce qu'on peut nommer une coproduction entre puissances coloniales et acteurs locaux. Parce que toute frontière est un « objet politique », l'Organisation de l'unité africaine (OUA) a adopté, en 1964, le principe de leur intangibilité. Cette décision, pragmatique et lucide, consacre la compatibilité entre les souverainetés territoriales et l'idéal d'intégration panafricaine. On comprend alors comment les Africains sont devenus acteurs et dépositaires de leur géographie. Au gré des processus d'intégration, des crises et des recompositions géopolitiques.
Riveneuve, Paris, 2026, 224 pages, 11,50 euros.
La revue de l'Association internationale de recherche en management public (Airmap) s'intéresse aux services publics en Afrique. Après les grandes réformes libérales des années 1990 et 2000, les collectivités locales sont en première ligne, avec de grosses différences entre les milieux urbains et ruraux. (N° 5, 2026/1, trimestriel, gratuit en ligne. — Nice.)