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Pesticides : des médecins français "haussent le non"

À la Une de la presse ce mardi 13 octobre : "l'acte V" de la mobilisation des lycéens aujourd'hui en France ; la confirmation, en Espagne, par le Tribunal suprême, de sa décision suspendre le droit de vote de dizaines de milliers de citoyens naturalisés ; les discussions au sein de l'Union européenne sur un texte controversé, l'"Omnibus pesticides" ; la polémique en France autour d'"Octobre rose" et la course folle des physiciens pour mesurer le temps.

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Nœud coulant, fin du JT, tête-à-queue

Nœud coulant

Selon le Wall Street Journal du 21 septembre 2026, les États-Unis prévoient d'étouffer financièrement la Cour pénale internationale (CPI) pour la sanctionner d'avoir délivré un mandat d'arrêt contre le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou.

Les sanctions interdiraient à la CPI toute transaction en dollars, ce qui la couperait d'une bonne partie du système financier international. (…) Les États européens et la plupart de ceux qui soutiennent la CPI, comme le Japon, ont promis de protéger la Cour, mais on ne voit pas comment ils le feront. (…) Un porte-parole du département d'État a rappelé que, selon le secrétaire d'État Marco Rubio, la CPI menace la souveraineté américaine. (…) Cela ne gênait pas M. Rubio en 2022 quand il était sénateur et qu'il avait cosigné une résolution du Sénat demandant à la CPI d'enquêter sur les crimes de guerre russes en Ukraine. Matthew Dalton et Alexander Ward, « Trump Ramps Up Bid to Dismantle International Criminal Court » (Trump intensifie ses efforts pour démanteler la Cour pénale internationale).

La fin du JT

Le rejet par référendum de nouvelles négociations avec l'Union européenne, le 31 août dernier, a été la principale nouvelle du dernier journal télévisé de la chaîne privée islandaise Sýn (groupe Vision). Elle renonce à ce format d'information diffusé depuis quarante ans.

[Sýn a pris sa décision] à la lumière de l'évolution des habitudes de consommation du grand public, car de plus en plus de gens recherchent des nouvelles et du contenu sur les médias numériques. Vision se concentrera donc davantage sur les services d'information en ligne du site Vísir ou de Bylgjan [une radio] et se concentrera sur la communication des nouvelles là où il y a une grande demande de contenu d'actualités. Darren Adam, « Sýn to stop broadcasting television news » (Sýn va cesser de diffuser son journal télévisé), RÚV, 31 août.

Tête-à-queue

Le sommet des Brics de New Delhi, le 11 septembre, a été marqué par une inflexion majeure dans la diplomatie indienne.

La déclaration finale approuve la plupart des principales préoccupations diplomatiques de l'Iran sans prononcer le moindre mot au sujet de ses attaques de drones et de missiles contre ses voisins du Golfe. Aucune mention des rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l'Iran, qui ont récemment intensifié leurs attaques contre l'Arabie saoudite et pris en otage le commerce maritime à travers la mer Rouge. (…) L'autre changement manifeste dans la politique étrangère indienne tient à l'absence de toute mention du « droit d'Israël à se défendre ». Au contraire, Israël a été explicitement cité et sommé de retirer ses forces du territoire libanais. La déclaration exigeait une aide humanitaire sans restriction à Gaza et s'opposait au déplacement forcé des Palestiniens. La formulation de la déclaration risque de froisser en Israël dès lors qu'elle stipule : « Nous rejetons toute mesure unilatérale visant à modifier le statut juridique et historique de Jérusalem occupée. » Asif Ullah Khan, « BRICS Declaration : India's Great U-turn on Iran » (Déclaration des BRICS : le grand revirement de l'Inde face à l'Iran), The Diplomat, 17 septembre.
Voir en ligne : /2026/10/A/70102
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Faillite de la mission européenne au Kosovo

Des crimes impunis, un déficit extérieur colossal, une partie de la population fuyant un chômage de masse, des responsables rêvant tout haut de « Grande Albanie » : le Kosovo semble livré à ses démons. Le patronage de l'Union européenne ne lui a pas permis de décoller, et des affaires de corruption entachent la mission internationale visant à instaurer un Etat de droit.

En moins d'un an, près de cent mille Kosovars auraient tenté de rejoindre l'Union européenne. Le flux a grossi avec l'arrivée du printemps. Chaque jour, des familles entières, parents, enfants, vieillards, traversent la Serbie pour gagner la frontière hongroise. Soixante mille Albanais du Kosovo auraient demandé des passeports serbes pour obtenir un visa européen, selon les autorités de Belgrade.

« Sept ans après la proclamation d'indépendance et la mise sous tutelle du Kosovo par l'Union européenne, c'est la débâcle », nous affirme M. Andrea Capussela, qui fut jusqu'en avril 2011 directeur des affaires économiques du Bureau civil international (International Civilian Office, ICO), l'une des principales missions déployées au Kosovo. « La situation est pire qu'avant l'arrivée de la mission européenne », ajoute l'expert italien, qui vient de publier un brûlot sur la politique européenne dans les Balkans (1). Selon lui, cette situation ne met pas seulement en cause les investissements de l'Union européenne dans le pays — plus de 4 milliards d'euros sur la période 1999-2013 —, mais aussi la crédibilité de sa politique étrangère.

Depuis l'automne dernier, la responsable de la diplomatie européenne, Mme Federica Mogherini, tente d'éteindre l'incendie qui gagne la mission européenne pour l'instauration de l'Etat de droit au Kosovo (Eulex). Celle-ci, décidée en février 2008, vise à renforcer les institutions judiciaire et policière. Dotée d'un financement annuel de 111 millions d'euros, elle mobilise mille six cents personnes afin, notamment, de combattre la corruption et la criminalité organisée. Mais plusieurs de ses responsables sont soupçonnés de malversations, tandis que l'institution est accusée d'avoir couvert ces dérapages.

« Pendant un an, ils ont non seulement enterré, mais aussi compromis l'enquête », dénonce Mme Maria Bamieh, par qui le scandale est arrivé. Cette procureure britannique travaillait pour la force d'intervention indépendante chargée des affaires criminelles au sein de la mission européenne. Dans un rapport de 2012, elle a averti ses supérieurs de soupçons de corruption visant notamment deux hauts responsables : le juge italien Francesco Florit, alors président de l'assemblée des juges d'Eulex, et la procureure en chef Jaroslava Novotna. La magistrate britannique fonde ses allégations sur les écoutes de conversations téléphoniques entre l'ex-secrétaire du ministère de la santé du Kosovo, M. Ilir Tolaj, poursuivi pour corruption et fraude fiscale en 2010, et des intermédiaires. Ceux-ci l'assuraient être en contact avec ces deux juges, capables de se montrer compréhensifs (2)…

« Nos chefs dînent avec des mafieux »

La procureure évoque d'autres cas de compromission en lien avec Eulex. En particulier ceux concernant le très influent Fatmir Limaj, ancien ministre des transports, inculpé pour crime organisé et détournement de fonds, ou M. Enver Sekiraqa, un petit chef mafieux de Pristina mis en cause dans une affaire d'attentat à la bombe. Mais, curieusement, son rapport disparaît et aucune suite n'est donnée.

En octobre 2014, le principal quotidien du Kosovo, Koha Ditore, se procure des éléments du dossier et obtient un entretien avec Mme Catherine Fearon, la conseillère politique du nouveau chef d'Eulex, l'Italien Gabriele Meucci. Le journaliste Vehbi Kajtazi affirme que, lors de leur entrevue, Mme Fearon l'a sommé de livrer ses sources et l'a menacé de poursuites judiciaires. En dépit de ces pressions, le journal commence à publier une enquête dans son édition du 27 octobre 2014. Ces révélations provoquent la suspension… de Mme Bamieh ! « Epuisement au travail », décrète M. Meucci, qui reproche aussi à la Britannique d'avoir donné des informations aux médias. Rentrée depuis à Londres, Mme Bamieh accuse ses supérieurs d'être trop proches de puissants hommes politiques au cœur d'enquêtes criminelles : « Comment pouvons-nous remplir notre mission quand nos chefs dînent avec des mafieux et des politiciens kosovars soupçonnés de corruption ? »

Devant le scandale, Mme Mogherini ordonne une enquête, confiée au professeur Jean-Paul Jacqué, ancien directeur de l'Institut des hautes études européennes de Strasbourg. Cet expert en droit international a dirigé entre 1992 et 2008 le service juridique du Conseil des ministres de l'Union européenne, l'institution qui a mandaté Eulex. Dans son rapport, rendu public le 14 avril dernier, il ne considère pas qu'une affaire aurait été étouffée ; il invoque plutôt une série d'erreurs administratives. Bruxelles n'a pas été suffisamment informé du document détaillant les soupçons au sein d'Eulex, et ses cadres supérieurs auraient tardé à enquêter car ils ne trouvaient pas le contenu des interceptions téléphoniques « particulièrement crédible ». Il juge pourtant qu'une enquête « aurait dû être ouverte dès le départ », après l'avertissement de Mme Bamieh à sa hiérarchie. Evoquant les menaces contre Kajtazi (3), Jacqué estime que la conseillère du chef de la mission « a mis en garde le journaliste contre la divulgation d'informations concernant des cas criminels, puisque ce serait une infraction en vertu de la loi kosovare ».

Pour Kajtazi, on ne peut pas considérer le rapport de Jacqué comme indépendant : « Il conclut que je n'ai pas été l'objet de menaces. Il s'agirait d'une erreur de communication. La vérité est que la mission Eulex m'a bien menacé de poursuites si je venais à publier un article », nous affirme le journaliste. « Jacqué a essayé de minimiser la possibilité que la mission soit impliquée dans la corruption. »

Le rapport se démarque néanmoins du discours officiel des institutions européennes, qui présentent la mission au Kosovo comme un modèle de reconstruction. Le professeur constate de graves dysfonctionnements au sein de la représentation de l'Union et décrit une corruption « omniprésente » dans le pays, en précisant que « le secteur judiciaire ne fait pas exception ». Sept ans d'une action visant à restaurer l'Etat de droit n'ont pas suffi à éradiquer les prévarications, mais « il devait être néanmoins possible d'établir les fondations d'un système capable de combattre la corruption ». Selon lui, Eulex — dont le mandat s'achève en 2016 — perdra son sens si on ne parvient pas à la réformer. Mais son retrait lui apparaît prématuré, car le système judiciaire local ne semble pas capable de traiter certaines affaires.

Dans une lettre ouverte à Jacqué, Mme Bamieh juge son rapport décevant et imprécis. Elle y voit davantage une note interne qu'un travail indépendant. « Les transcriptions [des écoutes] indiquent que l'argent a bien été versé », souligne-t-elle. Elle déplore que l'enquête ne concerne pas la procureure en chef Novotna. Elle regrette en outre que celle visant M. Florit n'ait été lancée qu'en 2013, après la réception d'informations provenant des services de renseignement allemands, et non sur la base de son propre rapport interne, transmis à ses supérieurs en 2012. Elle cite également les noms d'anciens collègues qui l'ont soutenue et qui ont dû quitter Eulex.

Après les errements du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) (4), et toujours dans l'attente de suites judiciaires au rapport du procureur américain Clint Williamson sur les trafics d'organe et les crimes de l'Armée de libération du Kosovo (UCK) (5), l'affaire Bamieh révèle l'ampleur des compromissions européennes : « On parle de la corruption, du crime organisé, mais on ne dit jamais que c'est un régime autoritaire semi-consolidé que nous avons créé, et qu'une élite de criminels issue de l'UCK vole l'argent public et s'accroche au pouvoir », s'enflamme M. Capussela, qui a travaillé durant quatre ans pour l'Union européenne au Kosovo.

Principale force de la guérilla soutenue par les Occidentaux dans le conflit de 1999, l'UCK a pris le pouvoir après les bombardements de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) et la capitulation de la Serbie. Les enquêtes de la procureure du TPIY, Mme Carla Del Ponte, puis de M. Dick Marty, au nom du Conseil de l'Europe, ont montré que cette milice s'était livrée à des exactions contre des civils serbes ou roms et contre ses opposants politiques albanais. Une partie de ces meurtres, enlèvements, séquestrations et tortures ont eu lieu dans les premières années de l'après-guerre, en présence des troupes de l'OTAN et de la Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (Minuk), dont le Français Bernard Kouchner fut le premier dirigeant.

« La mission n'était pas capable de défendre les civils », estime M. Christopher Decker, venu au Kosovo en 1999 comme membre de l'International Crisis Group, avant de rejoindre l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). « La police de l'ONU était mal équipée et pas du tout préparée. C'était facile pour l'UCK de se livrer à la violence », explique cet Américain qui a passé douze ans sur place. « La communauté internationale répète les mêmes erreurs : on intervient militairement, puis on laisse des éléments criminels prendre le pouvoir, ce qui empêche l'instauration de l'Etat de droit », se désole-t-il.

Dès le début, on a épargné l'élite locale, les « gros poissons », car cela pouvait déranger l'ordre établi et provoquer une instabilité. Mme Del Ponte affirme non seulement que les plus hauts dirigeants de l'UCK représentaient un danger pour l'accomplissement de sa mission, mais aussi qu'ils pouvaient mettre en péril tout l'édifice du processus de paix dans les Balkans : « Hashim Thaçi [premier ministre de 2008 à 2014] et Agim Ceku [de 2006 à 2008] étaient en mesure de déclencher des violences en Macédoine, dans le sud de la Serbie et dans d'autres régions, en appelant les minorités albanaises rebelles aux armes (6). »

« Au début, j'étais surpris par la négligence, l'incompétence et la paresse qui régnaient au sein de la mission. J'ai compris plus tard que des choix politiques expliquaient en partie cette attitude », raconte M. Capussela. « Ceux qui voulaient européaniser le Kosovo se sont balkanisés », estime le politiste kosovar Belul Beqaj. S'y ajoute une culture de l'impunité propre à toutes les missions internationales, puisque leurs membres échappent aux poursuites judiciaires. « Leurs employés ne sont pas justiciables. Les pays ne veulent pas que leurs représentants nationaux soient jugés », nous explique Mme Sian Jones, spécialiste du Kosovo à Amnesty International.

Poursuites contre des innocents

Dans son livre, M. Capussela dresse une liste des défaillances flagrantes d'Eulex, qu'elles soient économiques, financières ou relatives aux droits humains. Ainsi, la mission n'a pas enquêté sur les affaires de corruption liées aux privatisations (télécommunications, ciment), aux constructions de routes, à l'expropriation des terres, à la fraude électorale, à l'intimidation des journalistes, aux assassinats politiques, ni sur certains crimes de guerre.

Pis, Eulex a parfois poursuivi des innocents. La mission a par exemple gardé en détention pendant quatre mois le gouverneur de la banque centrale sans révéler les charges pesant contre lui — qui furent abandonnées par la suite. Pour l'économiste italien, qui a alerté Eulex sur des accusations qu'il jugeait peu crédibles, l'homme a été arrêté parce qu'il s'opposait aux intérêts de personnages puissants.

Avec la corruption et l'impunité qui règnent au Kosovo, les tensions montent. Les politiciens, l'homme fort du pays Hashim Thaçi en tête, détournent l'attention vers l'extérieur : « Grâce à leurs réseaux, ils peuvent provoquer des émeutes en Macédoine, où la situation est très instable, contre les Serbes du Kosovo, ou contre les représentants de l'Union, estime M. Capussela. Ils enverraient ainsi un message à Bruxelles et à Washington : “Vous franchissez la ligne rouge.” » Pour M. Decker aussi, la classe dirigeante kosovare sait tirer parti de la violence : « S'il n'y avait pas eu d'émeutes en 2004 [contre les Serbes et les autres minorités], il n'y aurait pas eu autant de pressions pour l'indépendance. »

L'incapacité d'Eulex, après celle de la Minuk, à établir une justice fonctionnelle ne pose pas seulement la question des investissements européens dans la mission — plus d'un milliard d'euros —, mais aussi celles du respect des droits des citoyens kosovars et du maintien de la paix dans la région.

Voir en ligne : /2015/06/OTASEVIC/53059

(1) Andrea Lorenzo Capussela, State-Building in Kosovo : Democracy, Corruption and the EU in the Balkans, I. B. Tauris, Londres, 2015.

(2) Julian Borger, « EU's biggest foreign mission in turmoil over corruption row », The Guardian, Londres, 7 novembre 2014.

(3) « Un journaliste d'investigation menacé par la mission européenne au Kosovo », Reporters sans frontières, 31 octobre 2014.

(4) Lire Jean-Arnault Dérens, « Justice borgne pour les Balkans », Le Monde diplomatique, janvier 2013.

(5) « Statement by the Chief Prosecutor of the Special Investigative Task Force (SITF) on investigative findings », 29 juillet 2014. A partir de ce rapport, le Parlement du Kosovo avait jusqu'à la fin mai pour mettre en place le tribunal spécial devant juger ces crimes, qui sont hors du mandat du TPIY.

(6) Carla Del Ponte, La Traque, les criminels de guerre et moi, Editions Héloïse d'Ormesson, Paris, 2009.

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UE - Canada: "Trump, c'est pour un moment, un bureaucrate bruxellois, c'est pour toujours"

À la une de la presse, ce jeudi 17 septembre, les réactions se font nombreuses après la proposition de faire du Canada "le premier membre associé" de l’UE. Le premier rapport scientifique sur l’origine des inondations dévastatrices, le mois dernier, au Népal et au Tibet, établit clairement le rôle du réchauffement climatique provoqué par l’homme, également à l’origine des vagues de chaleurs meurtrières de cet été en Europe. Enfin : la suite de la polémique Ed Sheeran et un dessert étonnant.

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Livraison massive de bombes américaines "controversées" à Israël

À la une de la presse, ce mercredi 16 septembre, la décision de l’Administration Trump d’approuver la vente d’au moins 40 000 bombes à Israël pour un montant de 2,8 milliards de dollars. Également au sommaire : une conférence sur l’IA réunissant un duo improbable, Bernie Sanders et Steve Bannon, une requête française auprès de l’UE qui inquiète ses partenaires, et la mort de Catherine Ringer, la chanteuse des Rita Mitsouko.

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« Le Monde diplomatique » en persan

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En 2002, à l'initiative de quelques amis du Monde diplomatique, naît un projet de traduction en persan et de publication en ligne des articles du mensuel. Plus de six mille articles ont depuis été publiés (1). Au fil des ans, des dizaines de personnes ont contribué au projet, même si son noyau permanent n'a jamais dépassé une quinzaine de traducteurs, tous bénévoles. Entre 2003 et 2008, une édition papier fut même diffusée en Iran, durant de courtes périodes, en supplément de journaux et de revues, notamment Hamshahri, Forough et Shargh. Aujourd'hui, douze à quinze articles sont traduits chaque mois et le site réunit en moyenne sept cents lecteurs persanophones par jour. Depuis une dizaine d'années, il propose aussi des traductions d'articles du site Orient XXI consacrés au Proche-Orient et à l'Afrique du Nord. Actif sur les réseaux sociaux, le projet est soutenu et relayé en France par l'association Persaf (@assopersaf), qui organise expositions, projections, débats et concerts autour des thèmes abordés par le « Diplo » et Manière de voir.

Voir en ligne : /mav/209/A/69910

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Tous américains

L'Amérique, c'est le monde. En deux propositions d'un enchaînement logique audacieux, le président George W. Bush a en effet expliqué : « Maintenant que la guerre nous a été déclarée, nous conduirons le monde à la victoire. » Le 11 septembre 2001, en tout cas, les Etats-Unis ont essuyé des pertes supérieures à celles causées par toutes leurs opérations militaires menées successivement depuis vingt ans contre la Grenade, la Libye, le Panama, l'Irak, la Somalie, Haïti, l'Afghanistan, le Soudan et la Yougoslavie. Un tel événement — et la destruction d'une aile du Pentagone — méritait peut-être mieux que le traitement médiatique presque exclusivement compassionnel auquel il a d'abord donné lieu.

Œil pour œil… Devant les décombres du World Trade Center, 67 % des Américains ont admis que l'éventualité de « plusieurs milliers de victimes civiles innocentes » causées par une riposte militaire n'apaiserait pas leur soif de revanche (1). Sans doute imaginent-ils que ces victimes-là se trouveront dans le camp de leur adversaire. Ce qui compte moins. Pour eux. Et donc pour nous, puisque « nous sommes tous américains ».

Ce genre de citoyenneté ne va pas sans contraintes. Après avoir réclamé la liberté de conduire une politique étrangère dictée par leurs seuls intérêts, les Etats-Unis exigent en effet, au moment de l'épreuve, une solidarité sans faille, l'alignement de leurs alliés. « La coopération dans l'effort de guerre, prévient le Washington Post, doit être une exigence absolue. Tout refus de coopérer (…) devrait définir un adversaire de l'Amérique et entraîner des conséquences sérieuses, économiques ou militaires  (2). »

« Sur toutes nos lèvres »

On coopéra. Le 18 septembre 2001, lors d'une de ces innombrables émissions, « spéciales » à force d'être vides, réalisées en direct de New York par France-Inter, le journaliste de service crut bon d'égrener presque chaque minute l'heure de la côte Est. Elle était vraisemblablement devenue la nôtre. Tous américains, nous vivions à New York et nous parlions tous anglais. « Les attaques, précisa The International Herald Tribune, ont remis en cause l'idée que les autres pays, en particulier en Europe, pouvaient avoir des systèmes de valeur et des niveaux de confort proches de ceux de l'Amérique tout en refusant de s'impliquer dans la confrontation entre les Etats-Unis et les forces terroristes qui narguent l'Occident (3). »

Interrogé par France-Inter, le réalisateur Michael Cimino n'avait rien à dire. Mais il le disait de Los Angeles, et en anglais. La politologue-journaliste Nicole Bacharand, éblouie par son babillage, lui donna la réplique : « Thank you, Michael, and remember this : we are all Americans (4). » Et puis, le 14 septembre, sur France-Musiques : « Bonjour à tous. Aujourd'hui à midi, nous serons tous américains en faisant, trois minutes durant, silence. (…) Huit cents millions d'Européens communieront peu ou prou dans la même attitude à la même heure, rejoignant en cela vos quotidiens qui, le premier choc passé, s'arrêtent un instant ce matin pour se recueillir et réfléchir. » « Réfléchir », le mot fut donc prononcé au moins une fois pendant ces journées-là.

Peut-être inspiré par le grand instant de recueillement européen, Jean d'Ormesson adressa deux jours plus tard, par l'entremise du Figaro, une « Lettre ouverte au président Bush ». Il lui écrivait : « Vous connaissez le cri qui est sur toutes nos lèvres : “Nous sommes tous des Américains.” » Mais, pour Le Journal du dimanche, il était dit qu'on n'en resterait pas là : « Si c'est l'Amérique qui est en deuil, ce sont toutes les démocraties qui sont frappées. Et en danger. En ce sens, oui, nous sommes tous des Américains. »

« Nous » ? « Tous » ? Sans indiquer au nom de quelle autorité ils le faisaient — celle de l'information ? -, nombre de commentateurs dominants se sont ainsi jugés habilités à « nous » prescrire des appartenances collectives, des minutes de silence, des cris sur nos lèvres. Au moment où un journaliste présumé trop impertinent se voyait, lui, imposer « non pas trois minutes, mais une semaine de silence (5) », la démocratie attaquée nous valut même une revue de presse involontairement éclairante : « Lisez Jean-Marie Colombani à la “une” du Monde. Lisez Serge July, de Libération, Michel Schifres dans Le Figaro. Lisez la chronique de Jacques Julliard, l'éditorial de Jean Daniel dans Le Nouvel Observateur. Celui de Claude Imbert dans Le Point ou de Denis Jeambar dans L'Express. Lisez ces dizaines de pages, ces centaines d'articles qui expliquent finalement tous la même chose (6). » Oui, la même chose. Mais alors pourquoi tout lire ?

Et l'Etat opéra son retour. Désormais les marchés le réclamaient. Car, ainsi que l'annonça un de leurs plus loyaux interprètes, « la seule réponse qu'attendent les milieux d'affaires, les milieux économiques, c'est évidemment une réponse politique très forte, parce que c'est le système capitaliste même qui a été touché en son cœur (7) ». Le 17 septembre, peut-être pour rassurer les actionnaires épouvantés et conforter notre patriotisme désormais délocalisé, on annonça, à tort, que la baisse des cours avait été enrayée à Wall Street. Le correspondant de France-Inter précisa aussitôt : « Il s'agit de ne pas offrir une deuxième victoire aux ennemis de l'Amérique (8). »

Puis on s'interrogea : dans quel chaudron intellectuel et politique avait pu bouillonner autant de haine et de détermination ? La réponse ne tarda pas : « Les primates vociférateurs et casseurs de l'antimondialisation, en déshérence de maoïsme, s'en prennent en réalité à l'Amérique, synonyme de capitalisme. Cette obsession aboutit à une véritable déresponsabilisation du monde (9). » Complaisamment cité par un quotidien du matin que ce filon-là allait beaucoup mobiliser, un « décideur » économique trop longtemps bâillonné libéra enfin sa plume : « En s'attaquant à un tel symbole (le World Trade Center), les terroristes rejoignent le discours des antimondialistes, dont la parole est devenue omniprésente (10). » Très présents en effet sur les ondes pendant l'été, les « antimondialistes » se voyaient désormais sommés de rendre gorge : qui sème le vent récolte la tempête, New York permettrait d'effacer Gênes. Un journaliste américain à Paris commit ces quelques lignes : « L'horreur de ces avions détournés qui s'écrasent sur ce symbole du World Trade Center souligne l'absurdité de cette violence déplacée contre la mondialisation et renforce la main des autorités qui doivent y faire face. Diaboliser de manière violente les Etats-Unis et les organisations du commerce mondial s'apparente à présent à une entreprise potentiellement meurtrière (11). » World Trade Center ne signifiait-il pas Centre du commerce mondial… ?

Les galeux et les pelés

Quand il apparut que, quelques jours avant l'attentat, Oussama Ben Laden avait peut-être spéculé de manière à profiter de la réaction prévisible des marchés à un événement dont il aurait eu connaissance avant les autres, nul n'eut l'idée sacrilège de mettre en cause le système capitaliste, les milliardaires et les délits d'initiés. Les galeux et les pelés avaient déjà été repérés ailleurs. Ainsi, interrogeant un dirigeant d'Attac-France sur les ondes d'Europe 1 (groupe Matra-Hachette-Lagardère), la journaliste-commissaire lui demanda : « Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent : qui vole un œuf, vole un bœuf ? Je traduis : qui arrache un pied de maïs transgénique est capable un jour — on ne sait pas — de poser une bombe ? » Effectivement, on ne sait jamais…

On sait cependant que la pudeur qui recommandait de ne pas faire son miel de la mort de milliers de civils new-yorkais ne fut pas longtemps de mise. Des industriels profitèrent de l'émotion générale pour annoncer, en catimini, de gigantesques « plans sociaux ». Et, le 17 septembre, M. Franz-Christoph Zeitler, membre du conseil de la Bundesbank, estima que, « dans cette situation difficile psychologiquement et économiquement, la priorité est de maintenir le bon fonctionnement et la liquidité des marchés financiers. La discussion sur une nouvelle taxation des marchés internationaux des capitaux, telle que la taxe Tobin, est extrêmement contre-productive ». Ne serait-elle pas même carrément criminelle ?

Voir en ligne : /2001/10/HALIMI/7965

(1) Sondage du New York Times, réalisé les 13 et 14 septembre 2001. La question posée était : « Les Etats-Unis doivent-ils prendre des mesures militaires contre les auteurs de l'attaque même si cela signifie que des milliers de civils innocents peuvent être tués ? »

(2) Editorial du Washington Post publié dans l'International Herald Tribune du 14 septembre 2001.

(3) John Vinocur, « The New World Order Is a Clash of Civilizations », International Herald Tribune, Paris, 13 septembre 2001. Hors Occident, et en particulier dans les pays du Sud, l'émotion causée par les événements fut moindre. Au Cameroun, par exemple, le journal Le Messager estima que « cet attentat-surprise a été à la mesure de l'arrogance avec laquelle le pays de George Bush tente aujourd'hui d'affirmer sur le monde une domination de mauvais aloi ».

(4) « Merci Michael, et souvenez-vous bien que nous sommes tous américains. »

(5) Daniel Mermet, comme il en fit lui-même la révélation sur France-Inter, le 17 septembre.

(6) France Info, 13 septembre 2001.

(7) Jean-Marc Sylvestre, TF1, 12 septembre 2001.

(8) Flash de 18 heures. Ce jour-là, Wall Street perdit 7,1 %.

(9) Jean-François Revel (de l'Académie française), « Pourquoi tant de haine ? », Le Point, 14 septembre 2001.

(10) Le Figaro Economie, 13 septembre 2001. Le site de l'Acrimed a réuni nombre de citations de ce type.

(11) John Vinocur, op. cit. Lire aussi « Terrorists Exploit Anti-Globalization », International Herald Tribune, 22-23 septembre 2001.

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Le programme de l'AfD, "un brun flippant"

À la Une de la presse ce mardi 8 septembre : le jour d'après en Allemagne, où la victoire, dimanche, de l'AfD en Saxe-Anhalt, est un séisme politique ; la mobilisation, en France, des pompiers pour obtenir plus de moyens après une saison estivale marquée par les incendies ; et une nouvelle tendance (odorante) chez les masculinistes.

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RN : Pour 2027, Le Pen ou Bardella ?

A la Une de la presse, ce lundi 6 juillet, le début d’une semaine décisive pour le RN avec la décision, demain, de la justice dans l’affaire des attachés parlementaires européens du FN, qui confirmera ou non l’impossibilité pour Marine Le Pen d’être candidate à la présidentielle de l’an prochain. L’ascension de l’AfD en Allemagne. Les funérailles du Guide suprême Ali Khamenei en Iran. Une nouvelle décision très controversée de la Fifa. Et un concours insolite remporté par la Belgique.

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Russie-Europe : qui veut la guerre ?

À la Une de la presse, jeudi : les tensions entre l’Allemagne et la Russie, qui menace de répondre aux sanctions allemandes par un "coup direct". Des tensions qui inquiètent les autres pays européens, également dans le viseur de Moscou ; une très mauvaise nouvelle à propos du réchauffement climatique ; mais une bonne pour les kakapos de Nouvelle-Zélande.

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Profits des compagnies pétrolières: "Des montants obscènes?"

A la Une de la presse, ce mercredi 5 août, la réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères des pays arabes et musulmans convoquée aujourd’hui par la Jordanie. Le montant astronomique des profits des grandes compagnies pétrolières ces trois derniers mois: 93 milliards de dollars. Les réactions à la réunion, hier, des ministres de l’Intérieur de l’UE sur la crise migratoire à Ceuta. Et une méthode originale pour appréhender les automobilistes téléphonant au volant.

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Drame de Ceuta: "Les projectiles humains de Mohammed VI"

A la Une de la presse, ce lundi 3 août, les réactions aux derniers bilans officiels des migrants morts en tentant de rejoindre l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc: 11 morts selon les autorités marocaines, au moins 72 selon les autorités espagnoles. Un drame qui fracture l’UE. La fronde de l’UEFA contre le patron de la Fifa, Gianni Infantino, malgré l’abandon de son projet d’ouvrir une partie de ses activités commerciales aux investisseurs privés. Et des surfeurs qui ont du chien.

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Demi-finales France/Espagne : "Dallas, ton univers impitoyable"

A la Une de la presse, ce mardi 24 juillet, les premières données officielles sur les décès provoqués par la deuxième vague de chaleur en Europe. La canicule, qui provoque aussi des incendies à-travers toute la France. Le projet de l’UE de limiter l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Deux projets signés Pete Hegseth et Marco Rubio. Et le match France/Espagne, ce soir, à Dallas, en demi-finales de la Coupe du monde de foot.

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Condamnation de Marine Le Pen en appel: "Ni empêchée ni réhabilitée"

À la Une de la presse, ce mercredi 8 juillet, les réactions, en France et à l'étranger, à la décision de Marine Le Pen d'être candidate à la présidentielle, malgré sa condamnation en appel. L'étonnante stratégie de Nigel Farage, le patron du parti d'extrême-droite Reform UK, qui a annoncé hier sa démission en tant que député… pour tenter d'être réélu. Et l'incroyable victoire de l'Argentine face à l'Egypte en huitièmes de finale du Mondial.

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