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Budget 2027 : les députés votent 4 milliards de déficit nouveau en une après-midi

Par Vincent Clairmont
Près de 4 milliards d'euros : c'est ce que le ministre des comptes publics chiffre au terme de la première séance de la commission des finances, le 7 octobre. Le même texte renonce à 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à lever la main.

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Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a ouvert l'examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2027. En un après-midi et une soirée, elle a supprimé l'article 3 — l'abaissement de 4 439 à 3 000 euros du plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, 1,4 milliard de rendement attendu —, retiré l'imposition partielle des indemnités journalières versées en affection de longue durée, relevé la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus contre l'avis du rapporteur général, et supprimé le plafond de 7 500 euros d'exonération des heures supplémentaires. Le ministre des comptes publics, David Amiel, chiffre l'ensemble à « près de 4 milliards d'euros » de déficit supplémentaire. Sur 43 milliards de mesures nouvelles, cela fait 9 % de l'effort, en une séance.

Ce décompte n'a aucune portée juridique. Le 13 octobre, la séance publique reprend la discussion à partir du texte du gouvernement : les votes du 7 octobre ne passent pas le week-end. Et avant qu'on en arrive aux voix, 217 des 1 784 amendements déposés avaient été déclarés irrecevables, dont 205 au titre de l'article 40 de la Constitution.

Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : la première séance n'a pas creusé le déficit, elle a montré où l'effort se décide. Le texte abandonne 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à le voter, et demande 1,4 milliard à 4,6 millions de foyers de retraités en le faisant voter.

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Premier point : les 2,5 milliards que personne n'a eu à voter

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises entre dans sa troisième année. Elle a rapporté de l'ordre de 7,5 milliards d'euros en 2026. L'article 15 du projet la proroge en abaissant ses taux de 20,6 à 15,7 % pour les chiffres d'affaires entre 1,5 et 3 milliards, et de 41,2 à 31,4 % au-delà — une réduction de 30 % annoncée par le gouvernement lui-même, pour un rendement ramené à 5 milliards.

L'écart est de 2,5 milliards. Il est supérieur à chacun des votes du 7 octobre, et il n'a fait l'objet d'aucun. Il ne figure pas dans le décompte des 4 milliards, pour une raison simple : ce n'est pas un amendement, c'est le texte.

Je précise ma position, parce qu'elle commande la suite. Je ne défends pas la surtaxe. Une contribution « exceptionnelle » reconduite trois exercices de suite n'est plus exceptionnelle : c'est une imposition du capital productif, et je préfère la voir baisser que monter. Le Medef y voit un mauvais signal ; sur le fond, il a raison. Mon objet n'est pas l'assiette. C'est la procédure.

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Poutine a-t-il raison de dire que l'ordre de 1945 est mort ?

Par Thibault de Varenne

Le 1er octobre, devant le club de Valdaï, Vladimir Poutine a déclaré que l'équilibre né de la Seconde Guerre mondiale s'était effondré avec l'Union soviétique et que ses institutions ne reflétaient plus le monde. Six jours plus tard, à Athènes, le secrétaire d'État américain concluait au même endroit. La France tient son rang de cet ordre-là.

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Le 1er octobre, près de Moscou, Vladimir Poutine a parlé devant le club de Valdaï. Le 7, à Athènes, Marco Rubio a parlé face à l'Acropole. Les deux discours ne se répondaient pas. Ils arrivent pourtant au même point : le monde réglé en 1945 a cessé de l'être.

Quand Moscou et Washington tombent d'accord sur un décès, il est prudent de demander qui hérite.

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
Discours de Poutine à Valdaï, 1er octobre 2026 : ce qu’il a dit - c’est très important.
La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu’a dit Marco Rubio à Athènes
À Athènes, Marco Rubio oppose la loyauté envers la nation à la « communauté mondiale ». Ce que dit le discours du 7 octobre, et comment il est lu.
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Ce qu'il a dit, et de quoi il parlait

Le club de Valdaï est un cercle de réflexion russe qui réunit chaque automne des universitaires et d'anciens diplomates de tous pays ; le président russe y prononce son discours de doctrine de l'année. C'était la vingt-troisième réunion.

Le compte rendu publié par le Kremlin donne les phrases. Les institutions qui ont bien fonctionné après la Seconde Guerre mondiale « ne reflètent plus la réalité ». Beaucoup de normes établies ont été « mises au rebut », et les nouvelles ne sont pas apparues. Puis, en réponse à une question : « Le système qui s'est formé après la Seconde Guerre mondiale reposait sur l'équilibre des forces entre les pays vainqueurs. Puis l'Union soviétique a été abattue, et cet équilibre s'est effondré. » La formation d'un nouvel ordre mondial, a-t-il conclu, est inévitable.

L'ordre dont il parle tient en un texte : la Charte des Nations unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945. Elle pose une règle et une exception. La règle interdit à un État d'employer la force contre un autre, sauf pour se défendre. L'exception confie au Conseil de sécurité le pouvoir de l'autoriser, et donne à cinq vainqueurs un siège permanent et un droit de veto : les États-Unis, l'Union soviétique, la Chine, le Royaume-Uni, la France.

Il y a donc deux choses dans ce qu'on appelle l'ordre de 1945. Un équilibre entre puissances, et une règle. Le président russe a parlé du premier. C'est sur la seconde que tout se joue.

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Sur l'équilibre, il a raison

L'équilibre est mort en décembre 1991, et personne ne le conteste sérieusement.

Ce qui a suivi lui donne raison plus qu'on n'aime le dire à Paris. En mars 1999, l'OTAN a bombardé la Yougoslavie sans autorisation du Conseil de sécurité ; il l'a rappelé à Valdaï, et c'est exact. En 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak dans les mêmes conditions. En 2011, un mandat voté pour protéger des civils libyens s'est achevé sur la chute d'un régime. En février dernier, les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l'Iran sans autorisation du Conseil.

Deux fois sur quatre, la France en était. Une fois, en 2003, elle a refusé, et sa voix a porté ce jour-là plus loin qu'elle n'avait porté depuis longtemps. Elle défendait la règle contre son allié.

Ceux qui ont enterré la règle les premiers sont mal placés pour reprocher à un autre de constater le décès.

Ce qu'il garde de l'ordre défunt

Reste que le constat est sélectif.

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La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu'a dit Marco Rubio à Athènes

Par Élise Rochefort

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a prononcé le 7 octobre 2026 un discours sur la colline de la Pnyx, à Athènes, face à l'Acropole. C'est sur cette colline que se réunissait l'assemblée des citoyens athéniens. Le discours s'inscrit dans une tournée de trois pays membres de l'OTAN, l'Islande, la Grèce et le Portugal. Le matin, Marco Rubio avait rencontré son homologue Giorgos Gerapetritis et signé un accord d'échange de renseignements sur le terrorisme et le trafic de drogue. Cette chronique repose sur les extraits diffusés par le département d'État et repris par les agences. Le texte intégral n'a pas pu être consulté.

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Le diagnostic

Marco Rubio décrit l'Occident à un « point d'inflexion ». La dépêche de l'agence Belga traduit ainsi le passage : « Aujourd'hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La voie que nous emprunterons déterminera si l'Occident conservera sa place à la tête du monde. » Il cite le retour de la compétition entre grandes puissances, le terrorisme et la concurrence technologique. L'alternative est formulée en une phrase : choisir d'agir maintenant, ou perdre la possibilité de choisir. L'autre voie est décrite par trois mots : atrophie, servitude, déclin.

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Discours de Poutine à Valdaï, 1er octobre 2026 : ce qu’il a dit - c’est très important.
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La nation et la « communauté mondiale »

C'est le passage dont le titre est tiré. Selon les extraits remis à l'avance à l'agence Associated Press, Marco Rubio conteste l'idée, qu'il dit en vogue, selon laquelle une politique étrangère éclairée ferait passer la « communauté mondiale » avant son propre peuple. Il affirme que les Grecs de l'Antiquité savaient qu'il n'y a « rien d'égoïste ni de répréhensible dans la loyauté envers sa nation ».

Le discours dresse ensuite une liste de renoncements. Les extraits publiés en donnent six : le mot « nationalisme » est devenu « un gros mot » ; les enfants ont appris à avoir honte des pays dont ils hériteront ; l'Occident a condamné sa propre histoire ; il a ouvert ses frontières ; il a délocalisé son industrie ; il a laissé dépérir ses armées. Un septième vise les institutions : des décisions ont été transférées à des « bureaucraties mondiales » situées hors du contrôle des nations.

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Le choix américain

« Sous le président Trump, les États-Unis ont fait leur choix », déclare Marco Rubio. Il le nomme : la poursuite « sans complexe » de la puissance nationale. Il en énumère le contenu : reprise du contrôle des chaînes d'approvisionnement,

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