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USA : un milliard de dollars pour un camp monté en huit jours et fermé onze mois plus tard

Aux Etats-Unis, un rapport du Government Accountability Office (GAO-26-108663) épingle l’Immigration and Customs Enforcement( ICE). Le GAO, l'organisme d'audit du Congrès américain, constate que la police de l'immigration,ICE, a multiplié les chantiers de détention sans aucun plan stratégique. Le centre floridien « Alligator Alcatraz » a coûté environ un milliard de dollars à l'État pour onze mois d'existence, soit grossièrement trois millions par jour. Le ministère de la Sécurité intérieure, lui, vante 13,2 milliards d'économies.

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Commandé par quatre élus démocrates, le document du GAO dresse le constat d’une administration qui empile les initiatives sans feuille de route. Pour l’exercice 2025, l’ICE a reçu quelque 3,8 milliards de dollars destinés aux opérations de rétention. La loi budgétaire de juillet 2025 a ensuite débloqué 45 milliards de dollars de capacité jusqu’en 2029. Résultat : des démarrages et arrêts successifs, des chevauchements et, selon Heather MacLeod, directrice du GAO chargée de ces questions, « du gaspillage ».

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Des milliards engagés sans plan d’ensemble

Le constat du GAO est sévère : l’ICE aurait lancé plusieurs initiatives simultanément sans disposer d’un plan stratégique permettant d’en articuler les besoins, les coûts et la durée. L’agence avait reçu environ 3,8 milliards de dollars pour ses opérations de rétention durant l’exercice 2025. En juillet 2025, la loi budgétaire a porté à 45 milliards de dollars la capacité de rétention prévue jusqu’en 2029.

GAO report calls for urgent ICE enforcement plans to stop wasting taxpayer money
A Government Accountability Office report says ICE’s lack of planning while expanding detention and operations led to wasteful spending.

Six opérations sont recensées : Guantanamo Bay, des bases militaires, onze entrepôts, l’achat de centres existants, les installations de Floride et l’utilisation d’établissements du Federal Bureau of Prisons.

Le cas des entrepôts est particulièrement parlant : environ 1 milliard de dollars ont été engagés en décembre 2025 pour onze sites, dont sept devaient finalement être revendus. Deux autres installations ont été achetées en juillet pour 1,5 milliard de dollars.

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Un milliard de dollars pour onze mois d’existence

« Alligator Alcatraz » concentre cette logique. Le centre floridien, mis en place en huit jours selon les responsables, a ouvert en juillet 2025 avant de fermer en juin 2026. Son coût atteint environ 1 milliard de dollars pour l’État de Floride. Le montage financier mérite attention : l’ICE n’a pas directement payé le centre. Le Department of Homeland Security(DHS) rembourse la Floride par l’intermédiaire d’une subvention de la FEMA de 608 millions de dollars, tandis que l’État attend encore plus de 500 millions.

Immigration: l’État policier de Trump fait des ravages
Alors qu’un juge fédéral dénonce les conditions « dégoûtantes » du centre de détention de Broadview, les descentes musclées de l’agence ICE (police de l’immigration) terrorisent les quartiers latinos de Chicago. Derrière la promesse de « sécurité », une machine répressive broie des vies et fracture des communautés. Le 30 octobre,

À partir du milliard et des onze mois d’existence, cela représente un ordre de grandeur d’environ 3 millions de dollars par jour. Ce calcul n’est pas celui du GAO, mais il suffit à mesurer l’échelle de la dépense. Le GAO recommande donc l’élaboration rapide d’un plan stratégique. L’ICE accepte cette recommandation, mais indique qu’il lui faudra près d’un an pour y répondre. Pour le GAO, cette échéance cadre mal avec l’urgence invoquée.

Le Department of Homeland Security (DHS) conteste toutefois la lecture du rapport,affirmant que les coûts étaient « appropriés et nécessaires ». Le DHS revendique plus de 13,2 milliards d'économies. Ce chiffre n'est étayé nulle part dans le rapport : c'est une déclaration du ministère.

L'ICE a accepté d'élaborer un plan, mais pas avant près d'un an. Mme MacLeod juge elle-même ce délai peu compatible avec l'urgence. Un autre rapport sur les coûts est attendu avant la fin de l'année. Quand une administration reçoit des dizaines de milliards sans obligation de prioriser ni de séquencer, le contribuable finance la précipitation et l’improvisation. Le rapport du GAO ne tranche pas sur la politique migratoire ; il rappelle une vérité budgétaire élémentaire : ouvrir le robinet sans compteur produit mécaniquement de la dépense sans retour.

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La leçon budgétaire dépasse donc largement le débat migratoire américain : lorsqu’une administration dispose soudainement de dizaines de milliards, l’absence de plan préalable peut transformer la rapidité d’action en machine à dépenser. L’argent public n’est pas moins gaspillé parce qu’il est américain.

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Budget 2027 : les députés votent 4 milliards de déficit nouveau en une après-midi

Par Vincent Clairmont
Près de 4 milliards d'euros : c'est ce que le ministre des comptes publics chiffre au terme de la première séance de la commission des finances, le 7 octobre. Le même texte renonce à 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à lever la main.

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Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a ouvert l'examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2027. En un après-midi et une soirée, elle a supprimé l'article 3 — l'abaissement de 4 439 à 3 000 euros du plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, 1,4 milliard de rendement attendu —, retiré l'imposition partielle des indemnités journalières versées en affection de longue durée, relevé la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus contre l'avis du rapporteur général, et supprimé le plafond de 7 500 euros d'exonération des heures supplémentaires. Le ministre des comptes publics, David Amiel, chiffre l'ensemble à « près de 4 milliards d'euros » de déficit supplémentaire. Sur 43 milliards de mesures nouvelles, cela fait 9 % de l'effort, en une séance.

Ce décompte n'a aucune portée juridique. Le 13 octobre, la séance publique reprend la discussion à partir du texte du gouvernement : les votes du 7 octobre ne passent pas le week-end. Et avant qu'on en arrive aux voix, 217 des 1 784 amendements déposés avaient été déclarés irrecevables, dont 205 au titre de l'article 40 de la Constitution.

Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : la première séance n'a pas creusé le déficit, elle a montré où l'effort se décide. Le texte abandonne 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à le voter, et demande 1,4 milliard à 4,6 millions de foyers de retraités en le faisant voter.

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Premier point : les 2,5 milliards que personne n'a eu à voter

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises entre dans sa troisième année. Elle a rapporté de l'ordre de 7,5 milliards d'euros en 2026. L'article 15 du projet la proroge en abaissant ses taux de 20,6 à 15,7 % pour les chiffres d'affaires entre 1,5 et 3 milliards, et de 41,2 à 31,4 % au-delà — une réduction de 30 % annoncée par le gouvernement lui-même, pour un rendement ramené à 5 milliards.

L'écart est de 2,5 milliards. Il est supérieur à chacun des votes du 7 octobre, et il n'a fait l'objet d'aucun. Il ne figure pas dans le décompte des 4 milliards, pour une raison simple : ce n'est pas un amendement, c'est le texte.

Je précise ma position, parce qu'elle commande la suite. Je ne défends pas la surtaxe. Une contribution « exceptionnelle » reconduite trois exercices de suite n'est plus exceptionnelle : c'est une imposition du capital productif, et je préfère la voir baisser que monter. Le Medef y voit un mauvais signal ; sur le fond, il a raison. Mon objet n'est pas l'assiette. C'est la procédure.

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Poutine a-t-il raison de dire que l'ordre de 1945 est mort ?

Par Thibault de Varenne

Le 1er octobre, devant le club de Valdaï, Vladimir Poutine a déclaré que l'équilibre né de la Seconde Guerre mondiale s'était effondré avec l'Union soviétique et que ses institutions ne reflétaient plus le monde. Six jours plus tard, à Athènes, le secrétaire d'État américain concluait au même endroit. La France tient son rang de cet ordre-là.

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Le 1er octobre, près de Moscou, Vladimir Poutine a parlé devant le club de Valdaï. Le 7, à Athènes, Marco Rubio a parlé face à l'Acropole. Les deux discours ne se répondaient pas. Ils arrivent pourtant au même point : le monde réglé en 1945 a cessé de l'être.

Quand Moscou et Washington tombent d'accord sur un décès, il est prudent de demander qui hérite.

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
Discours de Poutine à Valdaï, 1er octobre 2026 : ce qu’il a dit - c’est très important.
La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu’a dit Marco Rubio à Athènes
À Athènes, Marco Rubio oppose la loyauté envers la nation à la « communauté mondiale ». Ce que dit le discours du 7 octobre, et comment il est lu.
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Ce qu'il a dit, et de quoi il parlait

Le club de Valdaï est un cercle de réflexion russe qui réunit chaque automne des universitaires et d'anciens diplomates de tous pays ; le président russe y prononce son discours de doctrine de l'année. C'était la vingt-troisième réunion.

Le compte rendu publié par le Kremlin donne les phrases. Les institutions qui ont bien fonctionné après la Seconde Guerre mondiale « ne reflètent plus la réalité ». Beaucoup de normes établies ont été « mises au rebut », et les nouvelles ne sont pas apparues. Puis, en réponse à une question : « Le système qui s'est formé après la Seconde Guerre mondiale reposait sur l'équilibre des forces entre les pays vainqueurs. Puis l'Union soviétique a été abattue, et cet équilibre s'est effondré. » La formation d'un nouvel ordre mondial, a-t-il conclu, est inévitable.

L'ordre dont il parle tient en un texte : la Charte des Nations unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945. Elle pose une règle et une exception. La règle interdit à un État d'employer la force contre un autre, sauf pour se défendre. L'exception confie au Conseil de sécurité le pouvoir de l'autoriser, et donne à cinq vainqueurs un siège permanent et un droit de veto : les États-Unis, l'Union soviétique, la Chine, le Royaume-Uni, la France.

Il y a donc deux choses dans ce qu'on appelle l'ordre de 1945. Un équilibre entre puissances, et une règle. Le président russe a parlé du premier. C'est sur la seconde que tout se joue.

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Sur l'équilibre, il a raison

L'équilibre est mort en décembre 1991, et personne ne le conteste sérieusement.

Ce qui a suivi lui donne raison plus qu'on n'aime le dire à Paris. En mars 1999, l'OTAN a bombardé la Yougoslavie sans autorisation du Conseil de sécurité ; il l'a rappelé à Valdaï, et c'est exact. En 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak dans les mêmes conditions. En 2011, un mandat voté pour protéger des civils libyens s'est achevé sur la chute d'un régime. En février dernier, les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l'Iran sans autorisation du Conseil.

Deux fois sur quatre, la France en était. Une fois, en 2003, elle a refusé, et sa voix a porté ce jour-là plus loin qu'elle n'avait porté depuis longtemps. Elle défendait la règle contre son allié.

Ceux qui ont enterré la règle les premiers sont mal placés pour reprocher à un autre de constater le décès.

Ce qu'il garde de l'ordre défunt

Reste que le constat est sélectif.

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La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu'a dit Marco Rubio à Athènes

Par Élise Rochefort

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a prononcé le 7 octobre 2026 un discours sur la colline de la Pnyx, à Athènes, face à l'Acropole. C'est sur cette colline que se réunissait l'assemblée des citoyens athéniens. Le discours s'inscrit dans une tournée de trois pays membres de l'OTAN, l'Islande, la Grèce et le Portugal. Le matin, Marco Rubio avait rencontré son homologue Giorgos Gerapetritis et signé un accord d'échange de renseignements sur le terrorisme et le trafic de drogue. Cette chronique repose sur les extraits diffusés par le département d'État et repris par les agences. Le texte intégral n'a pas pu être consulté.

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Le diagnostic

Marco Rubio décrit l'Occident à un « point d'inflexion ». La dépêche de l'agence Belga traduit ainsi le passage : « Aujourd'hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La voie que nous emprunterons déterminera si l'Occident conservera sa place à la tête du monde. » Il cite le retour de la compétition entre grandes puissances, le terrorisme et la concurrence technologique. L'alternative est formulée en une phrase : choisir d'agir maintenant, ou perdre la possibilité de choisir. L'autre voie est décrite par trois mots : atrophie, servitude, déclin.

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
Discours de Poutine à Valdaï, 1er octobre 2026 : ce qu’il a dit - c’est très important.
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La nation et la « communauté mondiale »

C'est le passage dont le titre est tiré. Selon les extraits remis à l'avance à l'agence Associated Press, Marco Rubio conteste l'idée, qu'il dit en vogue, selon laquelle une politique étrangère éclairée ferait passer la « communauté mondiale » avant son propre peuple. Il affirme que les Grecs de l'Antiquité savaient qu'il n'y a « rien d'égoïste ni de répréhensible dans la loyauté envers sa nation ».

Le discours dresse ensuite une liste de renoncements. Les extraits publiés en donnent six : le mot « nationalisme » est devenu « un gros mot » ; les enfants ont appris à avoir honte des pays dont ils hériteront ; l'Occident a condamné sa propre histoire ; il a ouvert ses frontières ; il a délocalisé son industrie ; il a laissé dépérir ses armées. Un septième vise les institutions : des décisions ont été transférées à des « bureaucraties mondiales » situées hors du contrôle des nations.

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Le choix américain

« Sous le président Trump, les États-Unis ont fait leur choix », déclare Marco Rubio. Il le nomme : la poursuite « sans complexe » de la puissance nationale. Il en énumère le contenu : reprise du contrôle des chaînes d'approvisionnement,

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