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Received — 3 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï

3 October 2026 at 11:16

Par Thibault de Varenne

Le 1er octobre 2026, Vladimir Poutine a pris la parole en séance plénière de la 23e réunion annuelle du club de discussion Valdaï, sur le thème « Responsabilité pour l'avenir : limites du possible ou possibilités illimitées ? ». La séance, animée par Fiodor Loukianov, directeur de recherche de la fondation du club, a duré trois heures vingt selon l'enregistrement vidéo du Kremlin ; elle a comporté un discours, puis des questions du modérateur et de la salle. Le club indique 120 participants venus de 40 pays. La réunion, tenue à Sotchi depuis 2014, a été déplacée cette année dans la région de Moscou. La transcription anglaise a été mise en ligne par le Kremlin le 1er octobre à 21 h 30, avec la mention « à suivre » pour la fin des questions ; sa dernière mise à jour datait du 2 octobre à 20 h 31. Le rapport annuel du club, présenté par le modérateur, s'intitule « Don't Panic ».

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Le discours, dans l'ordre du texte

Diagnostic. Le monde est « à un tournant décisif de son développement ». Les transformations touchent « pratiquement tous les domaines de la technologie », les structures sociales, le climat, la médecine, la science militaire, la bioéthique, l'énergie, la démographie, la numérisation et l'intelligence artificielle. « Nous entrons dans une réalité entièrement nouvelle et sans précédent. »

Instabilité. Pour tout État, « la stabilité intérieure est toujours plus importante que tout le reste » ; pour la préserver, des gouvernements peuvent « exporter l'instabilité ». « Quel que soit le scénario, les conflits internationaux vont malheureusement probablement se poursuivre. »

Thèse centrale. « À long terme, à mesure que le monde s'éloigne de l'hégémonie occidentale, la situation internationale s'améliorera progressivement, vers un ordre international multipolaire plus stable, plus démocratique et plus libre. » Plus loin : « L'ancien hégémon devra inévitablement reconnaître les réalités d'un monde multipolaire » et « apprendre à coopérer avec les pays de la majorité mondiale ».

Institutions. Les mécanismes de régulation existants « ne remplissent plus pleinement leur fonction », « non parce qu'ils seraient mauvais, mais parce que les conditions dans lesquelles ils ont été créés ont changé ».

Sur l'ONU : « un groupe étroit de pays occidentaux exerce une influence disproportionnée », « une minorité mondiale » qui « cherche à s'approprier des fonctions d'administration ». La Russie « continue de soutenir l'idée d'une réforme équitable des Nations unies », mais « une telle réforme est impossible sans consensus interne, difficile à atteindre aujourd'hui » ; elle plaide pour « un rôle bien plus important » des pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et du Moyen-Orient, et pour une réforme qui porte aussi sur « la substance de l'Organisation, ses priorités ». « Les institutions qui ont bien fonctionné après la Seconde Guerre mondiale ne reflètent plus la réalité du deuxième quart de ce siècle. Est-il possible de les réformer ? La question reste ouverte. »

Les BRICS et les associations régionales ont « de grandes perspectives », mais « beaucoup de travail à faire pour définir leur fonctionnalité » et « les limites de leurs propres capacités ». Le monde n'est pas pour autant « condamné au chaos » : « un monde régulé par des normes clairement définies et des institutions qui les soutiennent est une invention récente, née au siècle dernier. Tous les siècles précédents s'en sont passés. »

Normes. L'absence de « règles universellement reconnues » et d'une « compréhension partagée du principe de sécurité égale et indivisible » encourage « des comportements égoïstes ». « Tous les tabous concevables et inconcevables sont violés. » Les relations internationales exigent « la prudence et le respect non seulement des lois établies mais aussi du droit coutumier, c'est-à-dire non seulement de la lettre mais de l'esprit de la loi ». Le principe de la « raison du plus fort » guide « certains acteurs convaincus de leur exceptionnalisme » ; « l'histoire montre que cela ne finit jamais bien ».

Ukraine. Le texte présente ce passage comme une « digression ». « La vérité est que nous ne voulions pas et que nous n'avons pas été ceux qui ont commencé à se battre. En fait, ce sont eux qui ont commencé à se battre contre nous. » Suit une liste de ce qui « n'aurait pas dû » être fait : encourager « le nationalisme agressif et la russophobie », étendre « l'espace militaire » de l'OTAN aux « territoires historiques » russes, « pousser les radicaux de Kiev à un coup d'État », armer « le régime de facto illégal ». « Je suis convaincu qu'il s'agissait d'un effort intentionnel pour placer la Russie dans une situation où elle était simplement forcée de se défendre les armes à la main. » Sur l'objectif de « défaite stratégique » de la Russie : « Personne ne l'a oublié. En tout cas, pas nous. »

Histoire. L'effondrement de l'URSS est « une véritable tragédie pour des dizaines de millions de personnes ». Il est attribué à « des déséquilibres internes » et aux « erreurs de générations successives de dirigeants », mais aussi à « une certaine naïveté, un idéalisme, voire une insouciance » et à « une confiance aveugle dans les partenaires occidentaux » et dans « les accords de gentlemen ». Le discours cite Egon Bahr, dirigeant social-démocrate ouest-allemand, pour des propos de février et juin 1990 tirés, selon l'orateur, « des archives » de ses entretiens avec la direction soviétique : la crainte que « les cercles de l'OTAN peu désireux de suivre la voie de la coopération paneuropéenne » ne l'emportent, et que l'URSS ne soit « condamnée à l'isolement international ». Après 1991, « ils ont tout fait pour isoler la Fédération de Russie et la démembrer davantage ».

Escalade. « Le point de non-retour peut survenir très vite et de manière inattendue pour tous. » Les grandes puissances possèdent « des armes capables de détruire toute vie » ; « pouvons-nous garantir qu'elles ne seront jamais utilisées ? Nous ne le pouvons pas, bien sûr. » Référence au fusil accroché au mur au premier acte. « Plus l'objectif de "défaite stratégique" de l'adversaire est clairement déclaré, plus grandes sont les chances que la bataille entre dans sa phase la plus violente. »

Intelligence artificielle et guerre. Il existe « des cas documentés d'intelligence artificielle prenant des décisions sur la base de sa propre appréciation ». Récit du 26 septembre 1983 : le lieutenant-colonel Stanislav Petrov, de service dans un centre d'alerte, doute d'un signal annonçant cinq missiles américains et a raison ; « si une intelligence artificielle avait été à sa place, les choses auraient pu tourner très différemment ». « Les limites de l'usage de l'IA dans la sphère de la sécurité sont une question de survie de l'humanité. » Rappel de la conférence de La Haye de 1899, proposée par la Russie. Affirmation : les militaires russes « n'ont jamais été les premiers à attaquer des installations sans lien avec l'infrastructure militaire de l'adversaire ».

Eurasie. Les problèmes globaux (climat, pauvreté, inégalités) sont « mis de côté ». « Notre maison au sens large est l'Eurasie. » Le « Grand partenariat eurasiatique » prend « une signification particulière ». Annonce : la rédaction d'une « Charte eurasiatique de la diversité et de la multipolarité au XXIe siècle », initiative russo-biélorusse, dont « le travail pratique » a été lancé « la semaine dernière » par les ministres des Affaires étrangères de Russie, de Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizistan « et de nos autres partenaires », en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. L'Eurasie est « largement autosuffisante ».

Conclusion du discours. Le souhait que les manuels d'histoire retiennent le deuxième quart du XXIe siècle comme un tournant positif, « car si cela n'arrive pas, il y a un risque qu'il ne reste personne pour utiliser ces manuels, ni personne pour les écrire ».

Droit de réponse de M. Usmanov
Droit de réponse d’Ulisher Usmanov.
L’ordre occidental s’affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils
Le pape dit multilatéral, Poutine multipolaire. Menacé d’embargo par Washington, le G7 a cédé en deux jours. L’ordre occidental s’affaiblit, mais par le centre.
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Les questions-réponses : points saillants

OTAN et origine du conflit (au modérateur). « Cinq ou six vagues d'élargissement » malgré la promesse de ne pas s'étendre vers l'est. « Où tout a-t-il commencé ? Avec l'attaque de l'OTAN contre la Yougoslavie », « sans décision du Conseil de sécurité ». Sur 2014 : Viktor Ianoukovitch « avait tout accepté, y compris des élections anticipées », et « il a été jugé absolument nécessaire d'organiser un coup d'État ». Sur les accords de Minsk : « personne n'avait l'intention de les honorer ». Récit d'un échange avec le secrétaire général de l'ONU lors de sa visite à Moscou : « Bon, d'accord… mais c'est quand même vous qui avez attaqué. »

Kaliningrad. La déclaration et les lettres du ministère russe des Affaires étrangères sont « une réponse à des tentatives de nous intimider ». En cas d'« attaque directe contre la Fédération de Russie », « la question de l'emploi de toutes les armes à sa disposition se poserait inévitablement et immédiatement ». Précision : « ni cette lettre ni la déclaration du ministère ne mentionnent l'emploi d'armes nucléaires ». « La France et le Royaume-Uni sont des puissances nucléaires. Nous le comprenons parfaitement. Mais personne d'autre ne possède les capacités de frappe que la Russie possède aujourd'hui. » L'adversaire potentiel aurait « deux fois notre population ».

Europe. L'escalade verbale européenne est « alimentée par la grave détérioration de leur situation économique et politique intérieure ». « Nous n'avons aucune intention d'attaquer qui que ce soit, ni en 2029, ni en 2030, ni en 2050. » Selon la compilation de TASS, les grands pays européens sont « beaucoup plus hostiles à la Russie que les États-Unis » ; les pays de l'Union européenne « s'effondreront d'eux-mêmes » du fait de leurs erreurs économiques ; la Russie n'a « aucune précondition » à la reprise des relations avec l'Europe.

Usines européennes d'armement. Les livraisons d'armes « ne sont pas nouvelles » et ne préoccupent pas Moscou ; « l'implication d'autres pays dans des opérations de combat directes », notamment par le renseignement spatial, « est une source de préoccupation ». « Je ne dis pas que nous avons l'intention de frapper demain le territoire ou les installations des pays qui fournissent des armes à l'Ukraine. Mais c'est une menace que nous devons comprendre, évaluer et garder à l'esprit. »

Front et économie de guerre. L'Ukraine « perd des éléments de sa souveraineté étatique » et « est gouvernée de l'extérieur ». Selon TASS, plus de 1 300 km² auraient été pris « au seul mois de septembre », soit « 2,5 fois plus » que les mois précédents. Mer Noire : Kiev aurait frappé « 40 de nos navires dans les dix premiers jours » et « plus de 100 » au total ; raffineries : « nous avons perdu environ 1 % du PIB » ; en retour, l'Ukraine n'aurait « effectivement plus d'industrie métallurgique ». Le gazole russe « n'atteindrait pas les marchés mondiaux » du fait des sanctions.

États-Unis. Sur le sommet d'Anchorage d'août 2025 : « Je suis arrivé là-bas pour exprimer notre consentement » aux propositions américaines ; « maintenant, les États-Unis ont demandé du temps pour réfléchir ». Proposition de reprendre le dialogue sur la limitation des armes stratégiques : « il n'y a pas de réponse ». « J'ai d'assez bonnes relations, de longue date, avec le président Trump. »

Iran. « Nous espérons que le détroit restera ouvert et que les sanctions contre l'Iran seront levées. » La proposition de transférer de l'uranium enrichi iranien en Russie « reste sur la table » ; « au départ, tout le monde était d'accord, les Iraniens, les Américains et les Israéliens », puis Washington a exigé un transfert vers les seuls États-Unis. Mention de M. Larijani, « qui a perdu la vie par la suite », venu proposer une coentreprise de dilution en Iran.

Chine, Inde, Japon. Aucune « barrière » avec Xi Jinping ; anecdote d'un tête-à-tête sans interprète dans la salle d'attente du sommet de New Delhi. Déclaration conjointe sur le « dialogue des civilisations » signée à Pékin. Narendra Modi a « de très bonnes idées » sur l'Ukraine. Envers le Japon, « rien n'a changé dans les approches russes ; c'est l'attitude du Japon envers la Russie qui a changé ».

Économie russe. « Notre économie est saine. » Déficit « d'environ 3 % cette année », « 2 % l'an prochain » ; inflation « presque divisée par deux » par rapport à 2025. Les territoires annexés seront reconstruits « sur la seule base de l'opportunité économique » ; de nouvelles usines de défense sont construites « dans les zones les plus sûres possible ».

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La transcription complète des questions-réponses était annoncée « à suivre » par le Kremlin au 2 octobre, 20 h 31. Les chiffres cités dans cette fiche restent ceux de leurs émetteurs tant qu'une vérification indépendante n'est pas disponible.

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L'ordre occidental s'affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils

3 October 2026 at 10:32

Par Thibault de Varenne

Le pape, à l'UNESCO, a dit que le dialogue entre nations risquait de n'être plus qu'un simulacre. Poutine, à Valdaï, que les institutions de 1945 ne reflètent plus le monde. Entre les deux discours, le G7 a passé la semaine à se faire menacer d'embargo par son propre chef de file. Oui, l'ordre occidental s'affaiblit. Mais pas là où l'on regarde.

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Trois textes en huit jours, et un communiqué. Le 25 septembre, à Paris, Léon XIV parle devant l'UNESCO. Le 1er octobre, près de Moscou, Vladimir Poutine parle trois heures devant le club Valdaï. Le 2 octobre, les sept chefs d'État et de gouvernement du G7, réunis par visioconférence sous la présidence d'Emmanuel Macron, publient six paragraphes sur le gazole. Les deux discours parlent de l'ordre du monde. Le communiqué, lui, le montre.

Léon XIV et Macron : la tour de Babel et l’UE
Même mot, deux projets : le multilatéralisme de Macron bâtit la tour de Babel, celui de Léon XIV tient la place de la Pentecôte. Ce qu’il faut en tirer pour 2027.
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Deux mots qui ne disent pas la même chose

Le pape a employé le mot multilatéralisme. Devant l'UNESCO, il a décrit des institutions internationales dont on attend qu'elles répondent « à des défis qu'aucun État ne peut affronter seul », et qui traversent « une crise d'efficacité », parce que le dialogue y est désormais tenu « pour un obstacle à l'action plutôt que pour une ressource », pour un simulacre plutôt que pour une occasion de chercher ensemble le bien commun. Le remède qu'il propose tient en un mot que les chancelleries n'emploient plus : la confiance. Le matin même, à l'Élysée, il avait demandé à la France de « rester une championne infatigable de la paix et du multilatéralisme », et il avait ajouté une phrase qu'on a peu relevée : « la paix n'est pas un équilibre des forces ».

Vladimir Poutine a employé l'autre mot, multipolarité. À Valdaï, il a dit que les institutions nées de la Seconde Guerre mondiale « ne reflètent pas la situation du deuxième quart de ce siècle », que les Occidentaux forment « une minorité mondiale » qui « cherche à s'arroger des fonctions de gouvernance », notamment à l'ONU, et que l'éloignement de « l'hégémonie occidentale » conduira à un ordre « plus stable, plus démocratique et plus libre ». Il a présenté les BRICS comme un

L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir

3 October 2026 at 09:57

Par Thibault de Varenne

Le 30 septembre, le dernier soldat américain a quitté l'Irak. Bagdad s'est donné quatre jours fériés pour le fêter. Quatre jours plus tôt, le même gouvernement écrivait à Washington pour obtenir le droit de recevoir des avions iraniens. Ce que l'Irak a gagné cette semaine, ce qu'il n'a pas gagné, et ce que cela dit de nous.

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Lundi 28 septembre, à l'aéroport de Bagdad, le général Saad Maan a pris possession de l'ancien quartier général américain et a dit à la presse locale que cela ne mettait pas fin à la coopération avec les « partenaires internationaux », mais ouvrait une relation « fondée sur le respect mutuel et l'indépendance de la décision irakienne ». Le mercredi 30, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, annonçait que les derniers soldats de la coalition avaient quitté la base d'Erbil « en bon ordre », avec leur matériel. Le gouvernement irakien a décrété quatre « journées de la souveraineté », du 30 septembre au 3 octobre. Donald Trump, sur son réseau, a parlé d'« une excursion en enfer très coûteuse », d'« une victoire pour les États-Unis, une victoire pour l'Irak », et il a tranché en une ligne la querelle historique de sa génération : « une très mauvaise décision nous a mis dans ce bourbier ».

Quatre jours avant la fête, le samedi 26 septembre, le bureau du Premier ministre Ali al-Zaidi avait publié un autre communiqué, moins repris. Il y annonçait des discussions directes avec Washington pour obtenir que certains aéroports irakiens soient exemptés des sanctions américaines contre les compagnies aériennes iraniennes, « pour des raisons humanitaires liées aux soins, aux études, aux visites religieuses et aux intérêts des civils ». Depuis la veille, les quatre grands aéroports du pays, Bagdad, Nadjaf, Erbil et Souleimaniye, n'acceptaient plus un seul vol vers l'Iran. Non par décision irakienne : parce que les sociétés étrangères d'assistance au sol refusaient de toucher un appareil iranien de peur du Trésor américain.

Les deux communiqués viennent du même gouvernement, à quatre jours d'écart. Le premier dit que l'Irak est souverain. Le second demande une permission. Je voudrais prendre les deux au sérieux, parce que c'est entre les deux que se loge ce qui s'est réellement passé à Bagdad cette semaine, et ce que le mot souveraineté veut dire quand on le prononce dans un pays où l'on n'a jamais eu les moyens de le vérifier.

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Qui tient quoi à Bagdad

Avant d'aller plus loin, nommons les acteurs, parce que les dépêches les supposent connus et qu'ils ne le sont pas.

Le gouvernement, d'abord. Ali al-Zaidi est Premier ministre depuis le mois de mai. C'est un homme d'affaires, nouveau en politique, que le Cadre de coordination, le bloc des partis chiites qui domine le Parlement, a sorti de son chapeau pour mettre fin à des mois de blocage après les élections de novembre 2025. Son cabinet n'est que partiel : le Parlement l'a approuvé en mai sans pourvoir plusieurs postes de sécurité, dont le ministère de la Défense. Le pays a donc fêté sa souveraineté militaire sans ministre de la Défense.

Les forces régulières ensuite : l'armée, la police fédérale, le Service de contre-terrorisme formé par les Américains, une aviation qui aligne des F-16 achetés à Washington. Le commandant de l'armée de l'air, le général Khalid al-Tamimi, a assuré lundi qu'aucune force de la coalition n'avait plus rien fait sur le sol irakien depuis le début de 2026 et que ses pilotes venaient de tenir dix jours de missions sans aide extérieure. Dix jours, a-t-il précisé.

Puis il y a le Hachd al-Chaabi, les Forces de mobilisation populaire, né en juin 2014 quand l'État islamique prenait Mossoul et que l'armée s'effondrait. Des dizaines de milices se sont levées à l'appel du clergé de Nadjaf ; une loi de 2016 les a rattachées à l'État et mises sur sa paie. Sur le papier, elles obéissent au Premier ministre, commandant en chef. Dans les faits, plusieurs ont gardé leur chaîne de commandement, leurs dépôts, leurs revenus et leurs attaches à Téhéran. Ce sont elles qui sont en cause dans l'affaire du désarmement, et trois familles s'y distinguent. Les groupes qui ont accepté de rendre les armes ou de se régulariser : Saraya al-Salam, la milice de Moqtada al-Sadr, intégrée en cérémonie à Samarra au mois de juin ; Asaib Ahl al-Haq ; les Kataib al-Imam Ali. Les groupes qui refusent : les Kataib Hezbollah et le Harakat al-Nujaba, les plus liés aux Gardiens de la révolution iraniens, qui parlent d'« armes de la résistance » et ont tiré, depuis février, sur des cibles américaines et sur des pays du Golfe. Entre les deux, l'Organisation Badr, la plus ancienne et la plus nombreuse, dont le chef Hadi al-Amiri a déclaré en août que le monopole des armes était « une décision irakienne », et qu'il n'y aurait pas d'affrontement entre l'État et « la résistance ». La formule ménage tout le monde. Ces factions se sont donné en octobre 2023 une enseigne commune, la « Résistance islamique en Irak », qui a déclaré mercredi n'être tenue « par aucun calendrier ni aucun accord ».

Au nord, la Région autonome du Kurdistan, avec son gouvernement à Erbil, ses Barzani, Nechirvan à la présidence, Masrour au gouvernement, et ses peshmergas, les combattants kurdes qui ont tenu le front contre l'État islamique en 2014. Le 21 septembre, neuf jours avant le départ américain, Erbil a annoncé la fusion en une seule force des peshmergas des deux partis rivaux, le PDK et l'UPK. C'est le Kurdistan qui perd le plus au retrait : les batteries Patriot et les systèmes anti-roquettes américains qui le couvraient sont repartis avec les soldats, selon les informations disponibles à Erbil.

Au nord encore, la Turquie, qui tient depuis décembre 2015 la base de Bachiqa, au nord-est de Mossoul, avec jusqu'à six cents soldats, et qui a accepté le 23 septembre, à New York, d'en commencer le transfert « graduel » à Bagdad, en échange d'un engagement irakien à rétablir l'autorité de l'État dans le Sinjar, où le PKK kurde s'est replié. Graduel : la souveraineté irakienne sur Bachiqa est une promesse datée, pas un état de fait.

L'Iran, enfin, et les États-Unis. L'un a ses relais armés et politiques dans le pays, et la force Qods des Gardiens de la révolution pour les tenir. L'autre conserve à Bagdad la plus grande ambassade du monde, un accord-cadre stratégique signé le 17 novembre 2008, les contrats d'armement, l'entretien des F-16, et un compte en banque dont il sera question plus bas. Reste l'État islamique, réduit selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies à « quelques centaines » de combattants : assez pour tuer, plus assez pour tenir une ville.

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Ce qui est parti

Le départ est réel, et il se mesure. On comptait 169 000 soldats américains en Irak au plus fort de l'occupation, en août 2007 ; 2 500 après la fin des opérations de combat, en décembre 2021 ; 1 500 soldats de la coalition regroupés à Erbil à la fin de 2025 ; zéro le 30 septembre. Le commandement central américain a déménagé en Jordanie l'état-major de la lutte contre l'État islamique. Les bases fédérales, Aïn al-Assad, le commandement conjoint de Bagdad, avaient été rendues le 18 janvier. Le calendrier avait été arrêté le 27 septembre 2024 entre l'administration Biden et le Premier ministre d'alors, Mohammed Chia al-Soudani ; Bagdad a refusé toute prolongation, et Marco Rubio a confirmé le 23 septembre qu'il n'y en avait eu « aucune discussion ». La date a été tenue au jour près.

Ce que les Américains laissent derrière eux se mesure aussi. Selon les registres du Pentagone, 4 418 soldats américains sont morts entre 2003 et 2011, 31 994 ont été blessés, et 123 sont morts depuis 2014 ; le bureau du budget du Congrès avait arrêté en avril 2011 la dépense militaire à 752 milliards de dollars, avant la seconde campagne. Côté irakien, les décomptes qui circulent, plus de 200 000 civils tués selon les uns, plus de 300 000 morts toutes catégories selon les autres, viennent d'organisations occidentales ; je les cite pour l'ordre de grandeur, pas pour l'unité. Vingt-trois ans après le 14 février 2003, le président des États-Unis dit à sa manière, en une ligne, ce que la France disait ce jour-là au Conseil de sécurité. J'y reviendrai.

Et ce qui est parti, c'est d'abord ce qui protégeait. Le ministère des Peshmergas compte plus de mille attaques de drones et de missiles sur la Région du Kurdistan depuis le 28 février, jour où les États-Unis et Israël ont ouvert la guerre contre l'Iran. Les Patriot d'Erbil en ont intercepté une partie. Ils sont dans les soutes. Masrour Barzani a dit dimanche que laisser le Kurdistan « sans aucun système de défense » était « un sujet d'inquiétude » ; le porte-parole militaire irakien, Sabah al-Numan, répond que Bagdad est « proche » d'acheter des défenses antiaériennes à la Corée du Sud, à la Turquie et aux États-Unis. Proche. Dans l'intervalle, le ciel irakien est ouvert, et les seuls à y disposer de missiles sont ceux que l'on prie de désarmer.

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Ce qui est resté

Les partisans de la lecture souverainiste ont un argument que je veux donner dans toute sa force, parce qu'il est bon. L'Irak, disent-ils, a fixé la date du départ et l'a obtenue. Il a repris ses bases en janvier, sans incident. Son Parlement avait voté l'expulsion des forces étrangères le 5 janvier 2020, deux jours après que les Américains eurent tué le général Soleimani et le chef de milice Abou Mahdi al-Mouhandis à l'aéroport de Bagdad, et ce vote, non contraignant, a fini par s'exécuter six ans plus tard. Aucun État de la région n'a fait cela. La France de 1966 n'a pas fait autre chose quand le général de Gaulle a demandé le départ des troupes américaines : il a fixé une date, le 1er avril 1967, et elle a été tenue. Qui fixe la date du départ de l'Amérique et l'obtient a exercé la souveraineté dans ce qu'elle a de plus concret. Je l'accorde entièrement.

Mais la France de 1966 avait la bombe, le commandement de ses armées, sa monnaie et ses aéroports. Renvoyer une armée est un acte de souverain. Refuser, le lendemain, ce que l'ancien protecteur demande encore en est un autre, et c'est celui-là qui compte. Or le lendemain, pour l'Irak, est documenté jour après jour.

Le 8 septembre, le Trésor américain sanctionne vingt-sept compagnies aériennes iraniennes et prévient que tout aéroport, tout avitailleur, toute société d'assistance

Droit de réponse de M. Usmanov

3 October 2026 at 09:22

Nous avons reçu ce courrier de menace du M. Usmanov, que nous interprétons comme un droit de réponse, que nous publions intégralement, en application de la loi de 1881 modifiée. L'ensemble donne une assez bonne image, n'en déplaise aux poutinolatres, de la façon dont la liberté de la presse est respectée dans les anciennes républiques soviétiques.

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To the Editorial Team of Le Courrier des Stratèges,

We are writing to address incorrect claims about Mr. Alisher Usmanov in the article “Au bon coin macroniste : "Echange parapluie nucléaire contre espion français en prison"” of 24 September 2026 published on your website.

Our concerns relate to the following sections:

• “Comme nous l'avions annoncé hier, la France a fait pression pour sortir un oligarque russe de la liste des sanctions européennes en échange de la libération d'un espion français emprisonné en Azerbaïdjan”;

• “Finalement, l'Union Européenne a accédé aux voeux français, et l'oligarque Ousmanov a disparu de la liste des sanctionnés”.

It is incorrect and unjustly damaging to refer to Mr. Usmanov as an “oligarch”. The appropriate use of the label “oligarch” presupposes individuals who became wealthy thanks to close ties with the Russian state in the 1990s, profiting from privatizations and the so-called “loans for shares” auctions. Such a scenario is entirely unrelated to Mr. Usmanov’s entrepreneurial background, as he built his wealth completely independently and did not participate in the privatization of Russian state assets or in the loans-for-shares auctions in the 1990s. On this point, it is worth noting that the EU Council, in the updated rationale (see #673), stopped using the term “oligarch” in association with Mr. Usmanov - thus recognising the previous language as incorrect - before ultimately removing him from the EU sanctions list altogether.

Please note that in 2023–2026 more than 3,200 publications in which similar false statements were made, were corrected following both out-of-court and litigation proceedings across more than 60 countries worldwide, including all 27 EU member states. These include Antena 3 CNN, Blick, Blitz, Business Insider, Corriere della Sera, Aftonbladet, Daily Finland, Deutsche Welle, Die Presse, Die Welt, DPA, BGNES, Dnesplus, Ekonomický deník, Well.pl, Euronews, European Interest, Handelszeitung, Il Messaggero, Il Post, Il Sole 24 Ore, La Nuova Sardegna, La Stampa, Lõunaeestlane, Luxembourg Times, Nordjyske, Notícias ao Minuto, RTL, Stern, The EU Reporter, The Sun, The Times, The Washington Post, Universul, ZDF and many others.

In light of the above, and as a professional courtesy before escalating this matter to our legal team, we hereby offer you the opportunity to settle these infringements out of court by deleting the publication at the following URL:

https://www.lecourrierdesstrateges.fr/au-bon-coin-macroniste-echange-parapluie-nucleaire-contre-espion-francais-en-prison/

Received — 2 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Contestation étudiante : la dangereuse stratégie de la répression

2 October 2026 at 15:24

Par Eric V.
600 interpellations avant midi, 564 établissements perturbés, 40 proviseurs blessés. Un proviseur aspergé d'essence à La Ciotat, un commandant de police hospitalisé à Belfort. Et un gouvernement qui, en 24 heures, a donné deux explications incompatibles du même mouvement. Devaquet, le CIP, le CPE : 3 gouvernements ont déjà dangereusement joué cette partie, et l'ont perdue.

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600 interpellations avant midi. 564 établissements perturbés depuis ce matin. 40 proviseurs blessés, 65 personnels de l'Éducation nationale au total, chiffres du ministre ce matin. Hier, 1 207 établissements perturbés ou bloqués et 1 949 interpellations. Environ 400 lycées sur 3 700 sont fermés aujourd'hui.

Disons-le avant le reste, parce que cela ne se négocie pas. À La Ciotat, le proviseur du lycée de la Méditerranée a été aspergé d'essence et roué de coups. À Belfort, un commandant de police a été frappé au sol puis hospitalisé, et un suspect interpellé portait de l'acide chlorhydrique. Ceux-là ne portent aucune revendication. Un État qui ne protégerait ni les bâtiments ni les personnels manquerait à la seule mission que personne ne lui dispute.

Dans l'autre sens, 3 enquêtes de l'IGPN sont ouvertes depuis jeudi et un lycéen a été hospitalisé à Tours, la tête ouverte. La symétrie n'est pas morale, elle est factuelle : il y a de la violence des deux côtés du cordon, et c'est la marque des situations qu'on laisse durer.

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Deux explications pour un seul mouvement

Jeudi, l'entourage du Premier ministre fait savoir que les services de renseignement voient dans la mobilisation une manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche. Vendredi matin, le ministre de l'Éducation explique que le mouvement a « changé de nature » et qu'il est « pris en otage par des groupes violents ».

Ces deux phrases ne disent pas la même chose. La première dit : ce mouvement n'existe pas, il est fabriqué. La seconde dit : ce mouvement existe, et on le lui vole. Un gouvernement peut se tromper ; il ne peut pas tenir les deux récits en 24 heures et prétendre savoir à quoi il a affaire.

Ce sont les chefs d'établissement qui tranchent : les auteurs des violences ne sont pas leurs élèves. C'est exactement la distinction que Matignon refusait la veille, en mettant dans le même sac celui qui réclame un professeur de français et celui qui asperge un proviseur d'essence.

L'article 54, retiré en 24 heures

Le 1er octobre, l'article 54 du projet de loi de finances instaure des droits d'inscription pour les étudiants non boursiers : 178 euros en BTS, 270 euros en classe préparatoire. Le même jour, des lycées brûlent. Le soir, le ministre de l'Éducation annonce que le gouvernement renonce.

24 heures entre le dépôt et le retrait. On peut y voir de l'écoute. J'y vois une mesure qui n'avait jamais été arbitrée : elle vient d'un autre bout de Paris, elle tombe sur un ministère qui ne l'a pas demandée, elle met une allumette dans une salle déjà chaude. Pas de l'écoute : un rattrapage.

Et pendant que la rue de Grenelle ramasse, Matignon durcit : consigne de fermeté pénale transmise aux procureurs généraux, rassemblements interdits aux abords des lycées fermés, conférence de presse tenue place Beauvau. Un gouvernement qui traite une crise scolaire depuis l'Intérieur et le bureau du directeur de Cabinet à Matignon a déjà dit ce qu'il pensait du dossier.

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1986, 1994, 2006

Novembre 1986. Le projet Devaquet soulève 500 000 personnes le 27 novembre. Le gouvernement tient. Dans la nuit du 5 au 6 décembre, Malik Oussekine meurt sous les coups de voltigeurs. Le ministre démissionne le 6, Jacques Chirac retire le texte le 8. Chirac est Premier ministre et candidat. Il perd en 1988.

Mars 1994. Le contrat d'insertion professionnelle — le SMIC jeunes — met la jeunesse dans la rue 5 semaines durant. Édouard Balladur retire le dispositif le 30 mars. Il est Premier ministre et favori des sondages. Il perd en 1995.

Mars 2006. Le contrat première embauche est promulgué le 31 mars et remplacé le 10 avril. Dominique de Villepin est Premier ministre, et le recours annoncé de son camp. Il ne sera jamais candidat.

Dans les 3 cas, le pouvoir a cédé sur la mesure. Dans les 3 cas, il est tombé quand même. Ce qui l'a emporté n'était pas le texte : c'était le temps passé entre le premier cortège et le retrait, et ce qu'il avait fait de ce temps. Tenir. Accuser. Charger. Ce n'est jamais la mesure qui emporte un gouvernement, c'est le délai qu'il met à la retirer.

Les 3 ont un autre point commun, et nous y sommes. Le SNES-FSU appelle à la grève le mardi 6 octobre, aux côtés des lycéens. C'est l'instant où des adultes rejoignent, et où un mouvement scolaire devient un mouvement social.

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Ce qui reste quand la caisse est vide

Pourquoi recommencer une partie perdue 3 fois ? Pas par bêtise — la bêtise explique mal ce qui se répète. Par contrainte.

Pendant 40 ans, l'État français a éteint ses incendies sociaux en payant : une dotation à la filière mécontente, une dérogation à la profession bloquée, un dispositif à la génération en colère. Le 1er octobre, ce même État a déposé un budget qui demande 5,5 milliards aux retraités pour ramener le déficit de la sécurité sociale à 12,7 milliards, et il n'est pas certain de le faire voter. Il n'a plus de quoi acheter la paix. Quand un pouvoir ne peut plus payer, il n'a plus que des uniformes à offrir.

Ce n'est donc pas un gouvernement autoritaire par tempérament : c'est un gouvernement démuni qui découvre que le maintien de l'ordre est la dernière chose qu'il sache encore produire en quantité. Il en produit beaucoup. Et dire d'un mouvement qu'il est manipulé dispense d'écouter ce qu'il demande : des professeurs remplacés, des classes moins chargées, des bâtiments qui tiennent debout. On peut trouver ces revendications naïves. On ne peut pas les trouver séditieuses.

Nous avons notre part. Nous avons été nombreux, cette semaine, à regarder les vidéos en cherchant d'abord si le coup partait d'un casque ou d'une capuche, avant de chercher ce qui était réclamé. C'est confortable, et c'est exactement ce que le raidissement attend de nous : un uniforme plutôt qu'un argument.

Je ne sais pas si le mouvement tiendra après le 6 octobre. Je sais ce que 3 précédents disent de la méthode.

La fermeté, oui. Il n'a plus que ça.

Dès octobre, l’indépendant ne touche plus ses propres recettes: la plateforme prélève l'Urssaf à la source

Depuis le 1er octobre 2026, neuf plateformes prélèvent elles-mêmes les cotisations sociales de leurs indépendants et les versent à l'Urssaf. Obligatoire pour toutes dès le 1er janvier 2027, ce dispositif laisse au travailleur tous les risques de son statut, mais plus la maîtrise de sa trésorerie.

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Jusqu’ici, le micro-entrepreneur encaissait son chiffre d’affaires, le déclarait à l’Urssaf, puis réglait lui-même ses cotisations. Ce circuit disparaît progressivement pour les revenus réalisés par l’intermédiaire des plateformes.

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La plateforme encaisse, calcule et reverse

L'article L613-6-1 du code de la sécurité socialet le décret n° 2026-488 du 10 juin 2026 organisent ce nouveau mécanisme. À chaque versement, la plateforme applique le taux correspondant à l’activité, prélève les sommes dues, puis les reverse mensuellement à l’Urssaf.

Auto-entrepreneur en plateforme : vos cotisations prélevées à la source dès octobre 2026, ce qui change et ce qu’il faut encore vérifier - Maître Hassan Kohen, avocat en droit pénal à Paris
Dès octobre 2026, sept plateformes dont Uber Eats prélèvent vos cotisations à la source. Taux, calendrier, déclarations restantes et contrôles : ce qui change vraiment.

Pour les prestations de services relevant des BIC, le taux reste de 21,2 % du chiffre d’affaires. Il atteint 25,6 % pour les activités libérales non réglementées, tandis que la vente de marchandises reste à 12,3 %. Rien ne change donc juridiquement dans le montant des cotisations : c’est leur circuit de collecte qui est bouleversé. Le gouvernement présente cette évolution comme une simplification. Mais pour l’indépendant, la différence financière est immédiate : sur 2 000 euros de recettes soumises au taux de 21,2 %, 424 euros sont prélevés avant même d'arriver sur son compte.

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L'indépendant garde les risques, mais perd la main sur sa trésorerie

Le dispositif transfère ainsi une fonction traditionnellement assumée par le cotisant vers une entreprise privée. La plateforme devient l'intermédiaire entre le travailleur et l'Urssaf, avec obligation de calculer, déclarer et reverser les sommes. Les coûts de cette opération restent à sa charge.

URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €
n auto-entrepreneur de l’Yonne fournit à l’URSSAF l’intégralité de ses factures, corrige ses déclarations et demande le recalcul de ses cotisations sur son chiffre d’affaires réel. Malgré cela, l’organisme lui réclame 17 837 € sur la base de montants qu’il sait inexacts. Le tribunal

Reste surtout la question du contrôle. En cas d'erreur de chiffre d'affaires ou de taux, l'indépendant devra vérifier les montants transmis, réclamer une correction à la plateforme puis, si nécessaire, saisir l'Urssaf. Le décret prévoit d'ailleurs des mécanismes de rectification.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d’entreprise acheté en janvier 2024 ?
L’once à 3 689,71 € contre 1 864,33 € en janvier 2024. Quand vendre l’or de sa trésorerie d’entreprise : trois déclencheurs, et aucun n’est le cours.

Le paradoxe n'est pas qu'on prélève. Le salarié connaît ce mécanisme depuis longtemps. Mais le salarié bénéficie d'un employeur responsable de sa paie. L'indépendant, lui, conserve la totalité des risques : absence de chômage, revenus irréguliers, charge de la preuve. Il perd en revanche le geste élémentaire de déclarer et de payer lui-même.

La simplification vantée à l'indépendant sert d'abord la fluidité des recettes publiques. Et rien n'indique, dans les textes, que les plateformes devront assumer financièrement leurs propres erreurs de calcul.Il fallait d'abord attirer les travailleurs vers le statut. On les y retient désormais en tenant leur caisse.

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« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement

2 October 2026 at 13:45

La chambre régionale des comptes d’Occitanie a épinglé la gestion 2021-2025 de Villefranche-de-Rouergue. Les charges courantes ont grimpé de 25,5 % pendant que les recettes n’avançaient que de 11,7 %. Résultat : une capacité d’autofinancement nette négative de 646 357 euros en 2025 et une dette au-delà du seuil d’alerte. Le maire répond que « tout ce que nous faisons est légal ».

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Entre 2021 et 2025, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 3,2 millions d’euros tandis que les recettes progressaient de 1,7 million seulement. L’épargne brute est tombée de 2,20 millions à 774 246 euros. Après remboursement du capital de la dette (1,42 million), la commune se retrouve en déficit d’autofinancement net. La dette atteint 12,46 millions d’euros fin 2025 ; la capacité de désendettement passe à 15,5 années, bien au-dessus du seuil d’alerte de 12 ans. Soixante pour cent des dépenses sont qualifiées de charges rigides.

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Des dépenses qui courent plus vite que les recettes

La chambre régionale des comptes Occitanie a rendu public, mardi 30 septembre, son rapport d’observations définitives sur la gestion de Villefranche-de-Rouergue depuis 2021. Ce rapport présenté au conseil municipal le 28 septembre, porte sur la gestion de la commune depuis 2021. Le constat financier est net : les dépenses courantes sont passées de 12,19 à 15,30 millions d’euros, tandis que les recettes n’ont progressé que de 11,7 %.

Villefranche-de-Rouergue : épargne dans le rouge, dette au-delà du seuil d’alerte… ce que dit vraiment le rapport de la chambre régionale des comptes
La chambre régionale des comptes Occitanie a rendu public, le 30 septembre, son rapport sur la gestion de Villefranche-de-Rouergue depuis 2021. Charges en hausse de 25,5 % quand les recettes ne progressent que de 11,7 %, épargne nette négative de 646 357 euros, dette qui dépasse le seuil d’alerte : la juridiction appelle la commune à poursuivre son redressement. Décryptage de ce que ces chiffres signifient pour les Villefranchois, de leurs impôts au prix de l’eau.

La masse salariale constitue le premier poste. Elle atteint 8,59 millions d’euros en 2025, contre 6,68 millions quatre ans plus tôt, soit +28,6 %. Près de 33 équivalents temps plein supplémentaires ont été recensés, dont quinze recrutements liés à la reprise en régie du périscolaire. La CRC relève toutefois que la dépense de personnel par habitant demeure environ 15 % inférieure à celle des communes comparables.

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18,46 millions investis, 12,46 millions de dette

La municipalité défend une politique d’investissement ambitieuse : 18,46 millions d’euros de dépenses d’équipement entre 2021 et 2025, notamment pour la médiathèque La Manufacture et la revitalisation du centre-ville. Le financement a reposé notamment sur 6,79 millions d’emprunts nouveaux, 2,30 millions prélevés sur les réserves et 4,8 millions de subventions.

Le budget 2027 veut faire payer les retraités, mais personne n’y croit
Pensions gelées au-dessus de 2 034 €, abattement raboté : le budget 2027 demande 5,5 milliards aux retraités. Et personne, pas même la Cour des comptes, n’y croit.

Cependant, l’épargne brute est tombée de 2,20 millions en 2021 à 774 246 euros en 2025, alors que 1,42 million d’euros de capital devait être remboursé. L’épargne nette devient donc négative de 646 357 euros. La capacité de désendettement atteint 15,5 années, contre 5,4 en 2021, au-dessus du seuil d’alerte de 12 ans.

Le maire Jean-Sébastien Orcibal assume néanmoins les investissements réalisés, en invoquant la nécessité de revitaliser le centre ancien. La commune a déjà relevé ses taux d’imposition en avril 2026 et renoncé à tout nouvel emprunt cette année. La CRC demande désormais une maîtrise des charges et une réflexion sur les compétences et équipements pouvant être mutualisés. Elle pointe aussi des fragilités dans les procédures d’achat, l’information des élus et certaines pratiques de gestion.

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La chambre régionale des comptes constate, elle ne sanctionne pas. Aucune responsabilité personnelle n'est engagée sur le patrimoine de ceux qui décident. Tant que l'élu dépense l'argent des autres sans en assumer le risque, la légalité servira de bouclier, et la dette, de legs.

L'humeur de Veerle Daens : Bardella et la barrière que le RN a passé 13 ans à baisser

By: CDS
2 October 2026 at 10:31

La question circule, et elle mérite mieux qu'une moue : et si l'électeur historique du RN se remettait à aimer Jordan Bardella, précisément à cause de ce qu'on lui reproche ? Elle est sérieuse. Elle est aussi réfutable, et c'est le RN lui-même qui l'a réfutée — en 2013, par la bouche de l'un de ses cadres.

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D'abord, remettons le dossier d'aplomb. Personne n'a compris quoi que ce soit : Mediapart a publié des pièces et revendique une authentification, l'intéressé parle de montages et a déposé deux plaintes, aucun juge n'a rien dit. Ce qu'on peut analyser aujourd'hui n'est pas l'effet d'un fait établi. C'est l'effet d'un soupçon. La nuance n'est pas de confort : elle est la différence entre une analyse et une assignation.

Ensuite, l'arithmétique. Retrouver confiance suppose en avoir perdu. Or la dernière mesure disponible chez les sympathisants du parti donnait à M. Bardella 97 % d'opinions favorables. Mes chers libertariens de l'Absurdistan, on ne regagne rien à 97 %. Le plafond est le plafond. Ce qui peut encore monter, ce n'est pas l'adhésion, c'est la ferveur — et la ferveur ne fabrique pas une voix de plus, elle réchauffe celles qui sont déjà là.

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Vient la pièce que personne ne cite, et qui tranche. En décembre 2013, Louis Aliot explique que l'antisémitisme est la seule barrière qui empêche les Français de voter pour son parti, et que la lever libérerait tout le reste — c'est la formule rapportée par l'historien Marc Knobel. Amai. Treize ans de stratégie tiennent dans cette phrase. Toute la dédiabolisation en découle : l'exclusion du père en 2015, la police du vocabulaire, les costumes, les voyages en Israël. Le parti n'a pas baissé cette barrière par conviction tardive. Il l'a baissée parce qu'il avait calculé qu'elle lui coûtait une élection.

Et il avait raison. Regardez de quoi son électorat est fait aujourd'hui. Une étude Fondation Jean-Jaurès–Ipsos–Cevipof–Le Monde publiée le 15 mai dernier le découpe en quatre familles : les libéraux identitaires, 34 %, noyau idéologique ancien, âgé, stable ; la France oubliée, 21 %, bloc populaire historique ; la France glissante, 23 %, peu politisée, hésitante ; la droite radicale opportuniste, 22 %, ralliement récent et stratégique.

Faites l'addition, amis libertariens. Quarante-cinq pour cent de cet électorat — les glissants et les opportunistes — est arrivé après que la barrière a été abaissée, et parce qu'elle l'avait été. C'est exactement la fraction qui transforme un premier tour à 35 % en second tour à 53 % — les ordres de grandeur mesurés en novembre dernier. Ce sont des gens qui n'ont pas voté pour une famille de pensée : ils ont voté parce que le prix social du bulletin avait baissé.

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Reste le fond de vérité que la question flaire, et il faut le dire sans ironie. Il existe dans cet électorat un résidu mesuré : une enquête AJC-Ifop de 2022 relevait que 39 % des électeurs de Marine Le Pen jugeaient que les Juifs ont trop de pouvoir économique et financier, contre 26 % de l'ensemble des Français. Ce résidu est réel. Mais « pas disqualifiant » ne veut pas dire « attirant » — et ce résidu se situe à l'intérieur des 34 % qui votent déjà, pas au-dehors.

Alors l'hypothèse ? Elle décrit une sensation exacte et en tire une conclusion fausse. La sensation, on l'a vue à La Seyne-sur-Mer dès mardi : les fidèles se resserrent, ravis qu'on s'acharne sur leur homme, et ce resserrement ne coûte rien. La conclusion, elle, confond un plaisir et un bénéfice. Un parti qui gagne en intensité ce qu'il perd en extension n'a pas progressé : il a échangé une majorité contre une ferveur.

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Mes chers lecteurs sans tableur, voilà le vrai enjeu de cette affaire, et il n'est pas moral, il est comptable. Le RN n'a pas peur que sa base le lâche — elle ne le lâchera pas. Il a peur que les quarante-cinq pour cent se souviennent pourquoi, pendant trente ans, ils ne votaient pas pour lui

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?

2 October 2026 at 10:18

Par Vincent Clairmont

L'once valait 1 864,33 € en moyenne en janvier 2024. Elle vaut 3 689,71 € ce 1er octobre 2026 à 17 h 17, soit +97,9 % en euros. Une trésorerie qui y a placé 200 000 € détient aujourd'hui 395 800 €. La question n'est pas de savoir si le cours va continuer : c'est de savoir à quoi sert cet argent.

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Reprenons les chiffres avant tout raisonnement.

En janvier 2024, l'once d'or s'échangeait en moyenne à 1 864,33 €, dans une fourchette de 1 845,44 € le 17 à 1 888,38 € le 31. Ce 1er octobre 2026 à 17 h 17, le cours de l'or fin ressort à 3 689,71 € l'once, soit 118,63 € le gramme et 118 627 € le kilo, pour un euro à 1,1355 dollar — environ 4 190 $ l'once. La performance en euros est de +97,9 % sur deux ans et neuf mois.

Une entreprise qui a converti 200 000 € de trésorerie en janvier 2024 a acheté environ 3 337 grammes, soit 107,3 onces. Cette ligne vaut aujourd'hui 395 800 €, pour une plus-value latente de 195 800 €.

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Première chose : cette ligne n'appartient pas au Barbell

Il faut lever une confusion que je rencontre souvent, et qui conduit à des décisions fausses.

L'allocation Barbell que je préconise — 80 % de branche sûre dont 30 % d'or physique, 20 % de branche risquée — est calibrée sur un patrimoine personnel, cas type 500 000 €. Sa logique est la structure du risque sur un horizon long, sans échéance imposée.

Une trésorerie d'entreprise n'a pas cette propriété. Elle a une fonction : financer le cycle d'exploitation, le besoin en fonds de roulement, l'investissement et, le cas échéant, le remboursement d'une dette. Son horizon n'est pas choisi par le dirigeant, il est imposé par l'activité. Pour cette raison, la poche or d'une trésorerie d'entreprise est hors Barbell, au même titre que l'épargne de précaution d'un particulier ou qu'un dispositif d'épargne salariale : elle obéit à ses propres règles, et la cible de 30 % ne s'y applique pas.

Deux précautions qui en découlent. D'abord, rien n'interdit à une personne morale de détenir de l'or physique, mais la proportion compte : une société dont le bilan afficherait un stock d'or hors de proportion avec son activité s'expose à une requalification en négociant en métaux précieux, et au débat sur l'acte anormal de gestion. Les praticiens avancent un ordre de grandeur de 5 à 10 % de la trésorerie. Ensuite, le traitement comptable n'est pas unifié : selon la durée de détention envisagée, l'or est inscrit soit en instrument de trésorerie, soit en autres immobilisations financières — non amortissable, mais susceptible de dépréciation. Ce point se tranche avec votre expert-comptable, pas dans un article. On va voir qu'il commande aussi la fiscalité.

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La réponse : trois déclencheurs, et aucun n'est le cours

Je préconise de ne pas regarder le cours pour décider. Trois faits seulement déclenchent une vente, et ils sont tous internes à l'entreprise.

La dette publique inventée par les banquiers… Les patriotes s'enterrent-ils avec ce mythe ?

2 October 2026 at 09:54

Par Eric V.


La phrase que les patriotes reprochent à la loi de 1973 figurait déjà dans les statuts de 1936, voulus par le Front populaire. Et la même loi autorisait l'État à emprunter à sa banque centrale. La vraie facture a une cause que le mythe nous dispense de regarder : notre avachissement !

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Commençons par lire la phrase. Elle tient en une ligne, dans l'article 25 de la loi du 3 janvier 1973 : « Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France. » En français courant : l'État ne peut pas aller présenter ses propres reconnaissances de dette au guichet de sa banque centrale pour qu'elle les lui paie en monnaie fraîche.

C'est cette ligne qui porte, depuis quinze ans, tout l'édifice de la « loi Rothschild ». Elle aurait livré la France aux banques. Elle expliquerait la dette.

Elle n'est pas de 1973. Les statuts de la Banque de France modifiés en 1936, à l'initiative du gouvernement du Front populaire, interdisaient déjà l'escompte direct des effets à court terme du Trésor. Les parlementaires de 1973 n'ont pas inventé une servitude : ils ont recopié une règle de Léon Blum.

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Ce que la loi de 1973 a réellement fait

Premier point, et il suffit presque à clore le dossier : la même loi autorise l'État à emprunter à sa banque centrale. C'est l'article 19, qui prévoit que les conditions dans lesquelles l'État obtient de la Banque des avances et des prêts sont fixées par conventions entre le ministre des Finances et le gouverneur — conventions approuvées par le Parlement. L'économiste Bertrand Blancheton a consacré à ce point un document de travail dont le titre dit tout : The Act of 1973 on Banque de France's independence: the myth of the end of advances. Les avances n'ont pas été supprimées en 1973. Elles ont été maintenues, et placées sous contrôle parlementaire.

The Act of 1973 on Banque de France’s independence: the myth
A stubborn myth presents this Act as a conspiracy, allegedly giving the Banque de France solid independence and stymieing any subsequent allegiance to the Government. The State would have been forced

Mieux : la convention du 17 septembre 1973 fixe le plafond de ces avances à 20,5 milliards de francs, en agrégeant les limites de l'ancien système tout en simplifiant les mécanismes — soit davantage que ce que l'État avait emprunté les années précédentes. On a élargi le robinet, pas fermé.

Deuxième point : l'amendement ne vient pas du pouvoir. L'article 25 a été introduit par un sénateur, Yvon Coudé de Foresto, et le secrétaire d'État au Budget Jean Taittinger s'est montré réticent sans pour autant s'y opposer. Il faut le dire nettement : le texte que l'on présente comme un coup d'État de l'exécutif au profit des banques est un amendement parlementaire que l'exécutif n'a pas voulu.

Troisième point : le robinet est resté ouvert pendant onze ans. L'historien Vincent Duchaussoy, qui a reconstitué l'autonomie de la Banque de France de la Grande Guerre à 1993, montre que le cadre est resté stable de 1973 à 1993 et que le basculement se produit autour de 1984 : cette année-là, le financement du déficit par les marchés double par rapport à l'année précédente, pendant que le financement monétaire est divisé par deux. Ce n'est pas une clause de 1973. C'est une décision politique du milieu des années quatre-vingt, prise par un gouvernement de gauche, et elle n'avait besoin d'aucune loi nouvelle.

L'interdiction véritable, elle, est datée et elle est ailleurs : 1993. Elle vient de l'article 104 du traité de Maastricht — aujourd'hui l'article 123 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne — transposé par la loi du 4 août 1993 sur l'indépendance de la Banque de France. Vingt ans après la loi qu'on accuse. Et ratifiée par référendum, le 20 septembre 1992, à 51,04 % des suffrages exprimés. Si l'on cherche le moment où la France a cédé sa souveraineté monétaire, il est là, et il a été voté.

Reste le nom. Georges Pompidou a été directeur général de la banque Rothschild de 1954 à 1958. Il en est sorti pour devenir directeur de cabinet du général de Gaulle, quinze ans avant la loi. Aucune pièce ne le relie à la banque en 1973.

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Reste le mobile, et c'est là que le mythe casse pour de bon

Si la dette publique était une rente organisée par les banques, le premier banquier de France aurait dû la défendre. Il a fait l'inverse. En 2005, le ministre des Finances Thierry Breton confie une commission sur les finances publiques à Michel Pébereau, alors président du conseil d'administration de BNP Paribas. Le rapport qu'il remet en décembre s'intitule Rompre avec la facilité de la dette publique : la dette a été multipliée par cinq en euros constants entre 1980 et 2004, les intérêts coûtent déjà 40 milliards par an — plus que le budget de la Défense — et il faut revenir à l'équilibre en cinq ans au maximum. Vingt recommandations, toutes dans le même sens : empruntez moins.

Le créancier supposé insatiable est donc monté à la tribune pour demander à son débiteur d'arrêter de lui emprunter de l'argent. On peut penser du rapport Pébereau ce qu'on veut, et beaucoup d'économistes en pensent du mal. On ne peut pas en faire la pièce d'un complot bancaire. Dominique de Villepin a répondu par un plan quinquennal visant 60 % du PIB en 2010 ; en 2010, la dette notifiée atteignait 81,7 %. Le banquier avait demandé qu'on s'arrête ; c'est l'État qui a continué.

Je m'arrête une seconde sur l'étiquette, parce qu'elle est le vrai sujet. Appeler ce texte « loi Rothschild » ne désigne pas un mécanisme : cela désigne un nom. Et quand on remplace une cause par un nom, on a cessé d'expliquer. On a commencé à accuser. Les travaux universitaires rangent d'ailleurs cette thèse là où elle appartient, dans un chapitre intitulé sans détour « Les conspirationnistes et la dette publique ». Ce journal a posé, dès sa fondation, que l'adversaire est intérieur — que ce n'est ni le banquier, ni le Juif, ni le franc-maçon, ni le mondialiste. Ce refus n'est pas une précaution de langage. C'est une méthode, et on va voir qu'elle est aussi plus efficace.

Ce que les patriotes voient juste

Maintenant, l'autre moitié du dossier, et elle ne leur donne pas tort sur tout.

L'intuition que la dette a coûté très cher en intérêts est exacte, et elle est documentée par un institut libéral, pas par un forum. Selon l'iFRAP, les intérêts payés par la France entre 1974 et 2023 représentent 1 640,6 milliards d'euros, sur une dette de 3 101,4 milliards à cette date. Soit 52,9 % — plus de la moitié de la dette accumulée en cinquante ans est faite d'intérêts, puis d'intérêts sur ces intérêts. C'est ce que les économistes appellent l'effet boule de neige, et c'est bien réel.

Deuxième point, plus gênant encore pour les gardiens de l'orthodoxie : on nous répète que le financement par la banque centrale est interdit, et c'est faux en pratique. L'article 123 interdit à la Banque centrale européenne d'acheter la dette au moment de son émission. Il ne lui interdit pas de l'acheter ensuite, sur le marché. Elle l'a fait massivement, et la Banque de France le publie elle-même : au 30 juin 2026, elle détenait 488 milliards d'euros de dette publique française en coût amorti, contre 546 milliards fin 2025, acquis depuis 2014 et 2020 par ses programmes d'achats — et aucun de ces titres n'a été revendu sur les marchés. Nous avons donc fait tourner la planche à billets, et à très grande échelle.

Un contradicteur de bonne foi s'arrête ici et dit : voilà la preuve, c'était possible, donc le renoncement était un choix. Il a raison sur le fait, et c'est pour cela qu'il faut regarder la suite. L'addition de ces achats est arrivée, avec retard, sous une forme que tout le monde a reconnue sans la nommer : les prix. L'inflation française a atteint 5,2 % en moyenne en 2022, puis 4,9 % en 2023. Sur deux ans, un dixième du pouvoir d'achat de toute épargne liquide, effacé. Personne n'a voté cela. Aucun débat parlementaire ne l'a autorisé. C'est le prélèvement le plus silencieux qui existe, et il frappe d'abord ceux qui n'ont que leur salaire et leur livret.

Quant à l'idée que la monnaie banque centrale serait gratuite, la France l'a essayée, et nous avons les chiffres. En 1974, les avances de la Banque de France au Trésor sont encore disponibles — elles ont dix ans à vivre. Cette année-là, l'inflation française atteint 13,7 %. En 1980, 13,6 %. En 1981, 13,4 %. De l'après-guerre au milieu des années quatre-vingt, la hausse des prix tourne à 10,1 % par an en moyenne. Un ouvrier de 1974 était volé de son salaire chaque année, proprement, sans qu'aucun banquier n'ait eu à signer quoi que ce soit.

La première neige

Il manque encore une pièce, et c'est la plus simple. Une boule de neige a besoin d'une première neige.

Les 1 640 milliards d'intérêts ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le loyer d'un capital que nous avons choisi d'emprunter, année après année. Le dernier budget français en excédent date de 1974 : un solde positif de 8,5 milliards de francs. Depuis, cinquante exercices, cinquante déficits. L'iFRAP les additionne : 2 925,3 milliards d'euros de déficit cumulé, soit 57,4 milliards par an en moyenne.

Voilà le mécanisme, et il n'a pas besoin de coupable. Nous avons dépensé plus que nous n'avons prélevé pendant cinquante ans. Il a fallu emprunter la différence. Un emprunt se paie. Les intérêts se sont ajoutés à la dépense, qu'il a fallu emprunter aussi. C'est tout.

Changez le prêteur et vous ne changez rien à cette équation : vous changez seulement la forme du paiement. Au banquier, on paie des intérêts, visibles, votés en loi de finances, et chacun peut lire le chiffre — 62,6 milliards cette année. À la banque centrale, on paie en hausse des prix, invisible, non votée, et personne ne peut lire son relevé. Le second procédé n'est pas plus souverain que le premier. Il est seulement moins avouable.

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Ce que le mythe coûte à ceux qui l'adoptent

Ce mythe n'est même pas une propriété patriote. Il a été lancé en 1996 par une association de militants, Chômage et Monnaie, repris par Marine Le Pen en 2010, puis par Emmanuel Todd en 2011 et par Michel Rocard en 2012. On peut difficilement faire plus transpartisan. Le mythe ne vient pas d'un camp : il vient d'un besoin.

Arracher une haie sur son terrain : treize autorisations fusionnées en un guichet, et deux mois d'attente

Depuis le 1er octobre 2026, l'arrachage une haie exige une « déclaration préalable unique » déposée sur un guichet en ligne. Le propriétaire doit justifier son projet, prouver qu'il n'a pas d'alternative et attendre jusqu'à deux mois.

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La loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 et le décret n° 2026-829 du 28 août 2026 ont fusionné treize réglementations en un régime unique. Une instruction aux préfets de juillet 2026 en a fixé le déploiement. Le site haie.beta.gouv.fr centralise désormais les dépôts. Désormais, le propriétaire ou l’exploitant doit monter un dossier motivé : identité, description précise de la haie, démonstration qu’aucune solution alternative n’existe, planning des travaux et engagement de compensation.

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De treize réglementations à un seul dossier

Le nouveau régime découle de la loi d’orientation agricole du 24 mars 2025 et du décret n° 2026-829 du 28 août 2026. Il remplace les différents dispositifs applicables aux haies par une procédure unique, entrée en vigueur le 1er octobre en métropole. Le gouvernement avait présenté cette réforme comme le passage de treize réglementations à une seule.

Destruction des haies : une instruction adressée aux préfets pour un déploiement du régime unique en octobre
Le gouvernement table désormais sur une entrée en vigueur au 1er octobre 2026 (en métropole) du régime unifié applicable aux travaux sur les haies. Une instruction technique, préparée conjointement par les ministères chargés de l’environnement et de l’agriculture, et rendue publique ce…

Mais « une seule » ne signifie pas « simple ». Le demandeur doit décrire précisément la haie, expliquer pourquoi sa destruction est nécessaire et pourquoi aucune solution alternative n’est possible. Il doit indiquer les dates prévues, détailler les mesures de compensation et fournir une attestation sur l’honneur établissant qu’il est propriétaire du terrain ou dispose des droits nécessaires. Le tout passe par le "Guichet unique de la haie", portail numérique de l’administration qui centralise désormais les démarches relatives aux destructions de haies et d’alignements d’arbres.

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Deux mois pour une haie, et une nouvelle haie à planter

Après dépôt, l’administration dispose de deux mois pour examiner le dossier. Elle peut réclamer des pièces complémentaires, s’opposer à la destruction ou déterminer que le projet nécessite une autorisation. Pour une procédure déclarative, l’absence de réponse vaut non-opposition au terme du délai ; pour les projets soumis à autorisation, le silence vaut rejet.

L’humeur de Veerle Daens : couper sa haie, ce crime à 150.000€
Mes amis du Pays-des-Cartésiens, il existe en France des crimes qu’on ne se sait pas commettre, parce qu’on les commet un sécateur à la main, le dimanche, en sifflotant. Tailler sa haie en est un. Du 16 mars au 15 août, la chose est proscrite — pour

La destruction entraîne en outre une obligation de compensation. Une nouvelle haie doit être plantée avec des fonctionnalités au moins équivalentes. Le coefficient est fixé par arrêté préfectoral selon les territoires ; à défaut, il est de 1 pour 1. La plantation compensatoire doit intervenir dans les 18 mois suivant la décision d’autorisation ou de non-opposition. Cette réforme arrive après la loi d'orientation agricole, censée libérer les agriculteurs de leurs contraintes.

L’humeur de Veerle Daens : le bailleur, le PLU et les 9.316 communes
Nouveau bail type au 1er octobre 2026 : une mention oubliée peut annuler le contrat. 9 316 communes peuvent être concernées, aucune liste n’est publiée.

L’ironie administrative est ici flagrante : pour supprimer treize couches réglementaires, l’État crée un guichet chargé de les coordonner. La réforme peut faciliter la lecture des règles pour certains agriculteurs, mais elle ne supprime ni l’instruction préfectorale, ni les justificatifs, ni la compensation. Elle transfère surtout la complexité vers un dossier unique. La « simplification » devient ainsi une nouvelle étape de la puissance administrative dans la gestion d’un terrain privé.

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Received — 1 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

« J'ai été fermé deux mois et demi pour de l'administratif » : il s'enchaîne, son centre rouvre en quatre jours

À Carhaix, Anthony Lescoat a vu son centre de contrôle technique pour poids lourds rester fermé plus de deux mois et demi en raison d’un dossier administratif bloqué. Le 25 septembre, il s’est enchaîné aux grilles du tribunal puis de la sous-préfecture à Brest. Quatre jours plus tard, le centre pouvait rouvrir.

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Anthony Lescoat dirige le Contrôle poids lourds du Poher, à Carhaix (Finistère). Pendant plus de deux mois et demi, son centre n'a pas pu fonctionner.Pendant plus de dix semaines, son entreprise est restée à l’arrêt. Non en raison d’un défaut de sécurité signalé dans les éléments disponibles, mais à cause d’un dossier administratif dont le traitement n’aboutissait pas.

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Deux mois et demi dans l’attente

Le Contrôle Poids Lourds du Poher, implanté à Carhaix-Plouguer, est une SARL créée en 2008 et dirigée par Anthony Lescoat. Son établissement est spécialisé dans le contrôle technique des véhicules lourds. La société dispose d’un capital de 30 000 euros et de deux établissements déclarés.

“Je veux juste travailler”, après la suspension de son agrément, ce patron de contrôle technique s’enchaîne au tribunal de Brest
À Brest, Anthony Lescoat, patron d’un centre de contrôle poids lourds breton, s’enchaîne aux grilles du tribunal pour dénoncer la suspension de son agrément. Derrière ce geste, une bataille administrative aux lourdes conséquences économiques et territoriales.

Depuis plus de deux mois et demi, le centre ne pouvait plus exercer normalement en raison d’une suspension administrative de son agrément. Le dossier était lié à une procédure nécessitant encore des validations administratives et techniques. Les sources disponibles ne permettent toutefois pas d’établir précisément quelle administration a bloqué le dossier, ni la nature exacte du blocage. Il serait donc hasardeux d’attribuer la responsabilité à un service déterminé.

Le 25 septembre, Lescoat a choisi une méthode radicale : s’enchaîner aux grilles du tribunal judiciaire de Brest, puis devant la sous-préfecture. Ni inspection, ni décision de justice : une scène de rue. Une action spectaculaire, mais surtout révélatrice d’une situation où les démarches ordinaires semblaient ne plus produire d’effet.

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Quatre jours pour débloquer ce qui stagnait depuis des semaines

Le calendrier, lui, interpelle. Après cette mobilisation du vendredi 25 septembre, le centre a rouvert le mardi 29 septembre. Cette succession de dates est factuelle ; elle ne permet pas, à elle seule, d’affirmer que l’action du chef d’entreprise a directement provoqué la réouverture. Mais c’est précisément ce qui nourrit l’indignation : deux mois et demi d’attente, puis quatre jours entre le coup d’éclat public et la reprise de l’activité.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
Santé et retraite du régime général prélèvent 1 115 € par mois sur un salaire moyen, dont 852 € en part employeur. Le PLFSS 2027 n’en parle pas.

Pour une petite entreprise, chaque journée de fermeture signifie pourtant des recettes perdues tandis que les charges, elles, ne disparaissent pas. Le cas Lescoat pose donc une question plus large sur le fonctionnement administratif : lorsque les voies normales deviennent interminables, la médiatisation finit-elle par devenir une condition pratique de l’accès à la décision ?

L’humeur de Veerle Daens : le bailleur, le PLU et les 9.316 communes
Nouveau bail type au 1er octobre 2026 : une mention oubliée peut annuler le contrat. 9 316 communes peuvent être concernées, aucune liste n’est publiée.

Le citoyen ou l’entrepreneur patient, qui respecte les procédures, attend. Celui qui monte sur les grilles d’un tribunal obtient soudain l’attention. Quand l'enchaînement devient l'ultime voie de recours, c'est que les voies prévues ne servent plus à rien.

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Le budget 2027 veut faire payer les retraités, mais personne n'y croit

1 October 2026 at 16:38

Par Eric V.

Le gouvernement promet de ramener le déficit de la sécurité sociale de 21,8 à 12,7 milliards, et demande pour cela 5,5 milliards aux retraités. En décembre dernier, il avait promis 19,4. En mai, on en était à 23,2. Les chiffres de ce matin ne sont pas des prévisions : ce sont des répétitions.

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Reprenons le fil par un document. Le 31 décembre 2025, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 est publiée au Journal officiel. Elle fixe un déficit de 19,4 milliards d'euros. Cinq mois plus tard, le 28 mai, la Commission des comptes de la sécurité sociale — l'organisme officiel chargé de tenir les comptes, pas un cabinet d'opposition — annonce que l'exercice finira plutôt à 23,2 milliards. Trois milliards huit cents de plus, en cent cinquante jours, sur un chiffre voté par le Parlement.

Ce matin, le même gouvernement a présenté le budget de la sécurité sociale pour 2027. Il y annonce un déficit de 12,7 milliards. Et pour y parvenir, il demande 5,5 milliards aux retraités.

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Ce qu'on demande aux retraités, en clair

Deux mesures, et elles sont simples à comprendre une fois qu'on a retiré le jargon budgétaire.

La première est un partage des pensions en trois étages au 1er janvier. En dessous de 1 260 euros par mois, la pension suit l'inflation, intégralement. Entre 1 260 et 2 034 euros, elle ne la suit qu'en partie. Au-dessus de 2 034 euros, elle ne la suit plus du tout : elle est gelée. Personne ne baisse, et c'est tout l'art du procédé — on ne retire rien, on cesse de suivre. Rendement attendu : environ 4,1 milliards.

La seconde est fiscale, et elle est passée presque inaperçue. L'abattement de 10 %

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région

1 October 2026 at 14:54

Condamné en première instance à deux ans avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, Ary Chalus reste président de la Région Guadeloupe. Le tribunal de Paris a refusé l'exécution provisoire que réclamait le parquet national financier. Il continuera donc de signer et de gérer le budget jusqu'à l'appel qu'il a annoncé vouloir engager.

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Le 30 septembre 2026, la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris a reconnu Ary Chalus coupable de la quasi-totalité des faits qui lui étaient reprochés. L’affaire porte sur l’utilisation de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) lorsqu’il était député, entre juin 2012 et juillet 2017.

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Des dépenses personnelles au cœur du dossier

Selon les éléments retenus par le tribunal, l’IRFM aurait notamment servi à financer des achats personnels, des frais de santé et des frais vétérinaires. La justice lui reprochait également d’avoir obtenu auprès de la mairie de Baie-Mahault le remboursement de dépenses déjà couvertes par son enveloppe parlementaire.

Détournement de fonds publics : Ary Chalus condamné à du sursis et cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire
Condamné ce mercredi 30 septembre par la 32e chambre correctionnelle de Paris à deux ans de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics.

Le volet familial du dossier a également conduit à la condamnation de sa fille, Nathalia Chalus. Reconnu coupable de recel de détournement de fonds publics portant sur 67 800 euros, elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Le tribunal s’est aussi prononcé sur plusieurs emplois de collaboratrices parlementaires.

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Une condamnation, mais pas de départ immédiat

Le Parquet national financier avait requis cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cette mesure aurait produit ses effets immédiatement. Les juges ne l’ont pas retenue. Ary Chalus conserve donc, à ce stade, son mandat de président de Région.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
Santé et retraite du régime général prélèvent 1 115 € par mois sur un salaire moyen, dont 852 € en part employeur. Le PLFSS 2027 n’en parle pas.

L’élu a annoncé son appel et affirme vouloir poursuivre son mandat. En somme, Ary Chalus est condamné en première instance, mais il n’est pas définitivement jugé. La suite judiciaire reste ouverte. Reste la question de fond : pourquoi l'élu bénéficie-t-il d'un régime que nul employé ne connaîtrait ? Le droit protège légitimement le justiciable, mais il offre ici à un responsable public condamné pour avoir puisé dans l'argent public un délai confortable pour continuer d'en disposer. Pour un salarié, l'utilisation indue de la carte de son entreprise peut conduire rapidement à une sanction disciplinaire.

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Ce décalage ne préjuge pas de la décision de la cour d'appel, mais il rappelle combien les responsabilités politiques et les conséquences judiciaires obéissent à des temporalités différentes.

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1 October 2026 at 10:33

par Élise Rochefort


Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 a été présenté ce 1er octobre, avec le budget de l'État. Les mesures annoncées portent sur les prestations : sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros par mois, plafond de l'abattement de 10 % ramené de 4 439 à 3 000 euros, 5,5 milliards d'euros d'économies sur les retraites, relèvement des franchises médicales entré en vigueur le jour même. Les taux de cotisation maladie et vieillesse ne sont pas modifiés par le texte, et leur montant ne fait pas partie du débat ouvert ce matin.

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Il est pourtant calculable. Les taux 2026 appliqués au salaire moyen du secteur privé à temps plein — 3 602 euros brut par mois, net moyen de 2 733 euros (INSEE, exercice 2024) — donnent le tableau suivant. Ce salaire est inférieur au plafond mensuel de la sécurité sociale, fixé à 4 005 euros : la totalité du brut relève de la première tranche. Le montant est par salarié, non par habitant ; le tableau 2 donne la transposition au foyer.

1. Ce qui est prélevé, et où le salarié peut le voir

PrélèvementTaux 2026Par moisCe qu'en voit le salarié
Maladie, part salariale0 %0 €Ligne supprimée en 2018
Maladie, part employeur13,00 % du brut468 €Colonne employeur du bulletin
Vieillesse, part salariale7,30 %263 €Lignes « vieillesse » du bulletin
Vieillesse, part employeur10,66 %384 €Colonne employeur du bulletin
Total santé + vieillesse1 115 €dont 852 € en part employeur
CSG et CRDS, toutes branches9,70 % sur 98,25 % du brut344 €Une ligne globale, non ventilée par branche

Trois quarts du prélèvement — 852 euros sur 1 115 — figurent dans la colonne employeur, qui ne constitue pas un revenu versé au salarié. La part salariale de la cotisation maladie a été supprimée en 2018, en contrepartie d'une hausse de 1,7 point de la CSG : la ligne « maladie » du salarié affiche donc zéro. La CSG, elle, apparaît en une ligne unique dont la ventilation par branche n'est pas publiée. S'y ajoutent les impôts et taxes affectés — fraction de TVA, droits sur le tabac et l'alcool — qui représentent 33 % des recettes de la branche maladie contre 38 % pour les cotisations et 23 % pour la CSG, répartition de l'exercice 2021. Ceux-là sont acquittés au passage en caisse et ne sont individualisables sur aucun document.

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2. Une famille : deux parents au salaire moyen, un enfant

Par moisPar an
Part salariale, deux salaires526 €6 312 €
Part employeur, deux salaires1 704 €20 448 €
Total santé + vieillesse2 230 €26 760 €
Par personne du foyer743 €8 920 €
En part du brut cumulé (7 204 €)31,0 %
En part du coût total du travail (8 908 €)25,0 %

L'enfant est couvert dès la naissance et n'acquitte aucune cotisation. Le prélèvement porte sur deux revenus, la couverture sur trois personnes.

3. Ce que le texte met en débat

Mesure du PLFSS 2027Économie attendue
Sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 €/mois4,1 Md€
Abattement de 10 % plafonné à 3 000 € au lieu de 4 439 €1,4 Md€
Total retraites5,5 Md€
Plafond des franchises médicales porté de 100 à 140 €/annon chiffrée publiquement

Objectif affiché : ramener le déficit de la sécurité sociale de 22 milliards d'euros en 2026 à 12 ou 13 milliards en 2027. Les pensions égales ou inférieures à 1 260 euros seraient intégralement revalorisées.

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L'asymétrie d'information. Du côté des prestations, chaque montant est notifié individuellement : un décompte de remboursement par soin, un relevé de carrière, un avis de revalorisation. Du côté du prélèvement, 852 des 1 115 euros ne transitent par aucun document que le salarié reçoive comme sien, la cotisation maladie salariale est à zéro, la CSG n'est pas ventilée et les taxes affectées ne sont pas identifiables. Le bénéfice est chiffré au destinataire, la charge ne l'est pas.

Périmètre. Régime général seul. La retraite complémentaire Agirc-Arrco, obligatoire dans le privé, s'y ajoute et n'est pas comptée, non plus que l'assurance chômage, les accidents du travail, la famille, l'autonomie et le prélèvement au titre du logement. Le total des prélèvements sociaux sur un bulletin de paie est donc supérieur à 1 115 euros.

Les taux sont ceux de 2026, le salaire de référence celui de 2024, dernier exercice publié. Le texte est déposé ; son examen commence.

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Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza

1 October 2026 at 09:55

Par Thibault de Varenne

Mercredi soir, sur le plateau de Quotidien, Bernard-Henri Lévy venait raconter sa vie. Il a fini par défendre Israël contre plusieurs chroniqueurs, et le ton est monté. On sait ce qu'il pense de Gaza : il le répète depuis deux ans et demi. Reste à comprendre pourquoi il y met tant de force. Ses propres textes donnent la réponse.

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Séquence extrêmement tendue dans Quotidien entre BHL, qui défend Israël, et plusieurs chroniqueurs dont Jean-Michel Apathie. pic.twitter.com/o0qL1nRyi2

— Mathieu Géniole (@mathieuge) September 30, 2026

Mercredi soir, sur TMC

Mercredi 30 septembre, Bernard-Henri Lévy était l'invité de Quotidien, sur TMC. Le bandeau annonçait : « BHL raconte sa vie ». Il venait présenter ses Mémoires provisoires, en librairie cette semaine. La conversation a quitté le livre pour Israël. Elle est devenue, écrit le journaliste qui en a diffusé l'extrait, « extrêmement tendue » entre l'invité, « qui défend Israël », et plusieurs chroniqueurs, dont Jean-Michel Aphatie. Deux minutes d'images, plus de quatre-vingt mille vues en moins d'une journée.

Il n'y a là aucune surprise. M. Lévy dit la même chose depuis mars 2024. Ce qui mérite qu'on s'y arrête, c'est la vigueur. Un homme de soixante-dix-sept ans, qui a passé sa vie à prononcer le mot « génocide » plus vite que tout le monde, met aujourd'hui la même énergie à l'interdire. Pourquoi ?

Je ne sonderai pas son cœur. Je n'en ai ni le moyen ni le goût. Je regarde ses textes, leurs dates, et ce que le mot lui coûterait s'il le prononçait. Cela suffit.

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Ce que le mot veut dire, et qui l'a prononcé

Le génocide n'est pas un superlatif. C'est un crime défini par un traité de 1948, que la France a signé. La définition tient en deux éléments. Des actes, d'abord, au nombre de cinq : tuer les membres d'un groupe, leur infliger des atteintes graves, les soumettre à des conditions de vie qui doivent entraîner leur destruction, empêcher les naissances, enlever les enfants. Une intention, ensuite : celle de détruire ce groupe, en tout ou en partie. Le traité ne dit rien de la vitesse. Il ne dit rien des avertissements donnés avant un bombardement.

Sur Gaza, trois instances ont conclu. Amnesty International, le 5 décembre 2024. L'association internationale des chercheurs spécialistes du génocide, en août 2025, par une résolution votée à 86 %. Une commission d'enquête des Nations unies, le 16 septembre 2025 : elle retient quatre des cinq actes du traité.

Reste le juge. La Cour internationale de justice, le tribunal des Nations unies qui tranche les litiges entre États, a été saisie par l'Afrique du Sud fin 2023. Elle a ordonné dès 2024 des mesures d'urgence, dont l'une porte sur la privation de nourriture. Elle n'a pas jugé le fond. D'après son dernier calendrier, Israël a jusqu'au 22 mai 2029 pour déposer ses dernières écritures. Il n'y aura donc pas d'arrêt avant 2029.

Voilà l'état du dossier. Israël conteste. Le juge n'a pas parlé. Trois instances sérieuses ont parlé.

Netanyahou à l’ONU ? ou la semaine du greffier
Le point du 27 septembre 2026 sur le génocide en Palestine.

Trois phrases, et pas un article du traité

Que répond M. Lévy ? Trois choses, qu'on peut dater.

En novembre 2024 : « On ne peut pas dire d'une armée qui prévient avant de tirer […] qu'elle est une armée génocidaire. » En septembre 2025, dans le Wall Street Journal : une armée génocidaire ne mettrait pas deux ans à gagner une guerre sur un territoire grand comme Las Vegas. Le même mois : « Israël n'“affame” pas Gaza. »

Reprenez le traité. La première phrase parle d'avertissements : le texte n'en parle pas. La deuxième parle de durée : le texte n'en parle pas. La troisième contredit ce que la Cour a elle-même constaté en mars 2024, quand elle a ordonné à Israël de laisser entrer la nourriture. Aucune ne discute l'intention, qui est le seul point difficile du dossier. Ce sont des arguments de plateau. Ils portent à vingt heures. Ils ne pèsent rien devant un juge.

On me dira que M. Lévy a le droit d'attendre l'arrêt, et qu'en 2029 la Cour lui donnera peut-être raison. C'est exact. La question de droit est ouverte, et s'il disait « attendons les juges », je n'écrirais pas cette chronique. Mais il ne dit pas cela. En mai 2024, il déclarait l'accusation « infâme ». En novembre 2024, la Cour pénale internationale, l'autre tribunal de La Haye, celui qui juge les personnes, délivrait un mandat d'arrêt contre M. Nétanyahou. Il a demandé qu'on abolisse cette Cour. Vingt mois plus tôt, elle visait M. Poutine, et il applaudissait. On n'attend pas les juges quand on réclame leur suppression.

Ce que le mot lui coûterait

Je vois quatre raisons. Elles sont toutes écrites de sa main.

Il plaide pour une partie. M. Lévy défend Israël. Il l'écrit, il en a fait un livre en mars 2024, où on lit : « La mort des civils de Gaza n'est pas un massacre. C'est encore moins un génocide. » On a le droit de défendre un pays. On ne peut pas se présenter en même temps comme l'expert qui tranche. Un avocat est respectable. Personne ne lui demande de tenir aussi le greffe.

Le mot l'obligerait. Voilà trente ans qu'il enseigne que ce mot commande d'agir. Pour le Darfour, en 2007, il parlait du « premier génocide du XXIe siècle » et suggérait d'aider ceux qui défendaient les populations les armes à la main. Pour la Libye, en 2011, il plaidait la force auprès de Nicolas Sarkozy. S'il prononçait le mot pour Gaza, sa propre doctrine lui dicterait la suite : sanctions, embargo sur les armes, peut-être davantage, contre le pays qu'il défend. Il ne le peut pas. Il faut donc que le mot soit faux.

Son titre de témoin est en jeu. Son argument d'autorité tient en une phrase : « J'ai vu des génocides (Srebrenica, Darfour). » J'ai travaillé sur le Soudan dans ces années-là. Nous avions sur nos bureaux le rapport de la commission d'enquête des Nations unies, rendu en janvier 2005 : Khartoum commettait des crimes de masse, mais ne menait pas une politique de génocide. M. Lévy a écrit le contraire deux ans plus tard, sans attendre personne.

Quant au Rwanda, mon directeur de la publication a fait relire ses chroniques du Point pour le printemps 1994. Le génocide des Tutsi commence le 7 avril. Du 9 avril au 11 juin, neuf chroniques : pas une ligne. La première mention date du 18 juin, dix semaines après le début des massacres. Il faisait alors campagne pour Sarajevo. Son site assure aujourd'hui qu'il fut « parmi les tout premiers » à prendre la mesure de l'événement.

Or les spécialistes du génocide disent oui à 86 %, et lui dit non. L'un des deux se trompe. S'il leur donne raison, il n'est plus l'homme qui sait reconnaître un génocide. Il devient un écrivain parmi d'autres, qui s'est trompé sur le plus grave.

Il est allé trop loin pour reculer. Un livre, puis « infâme », puis une cour à abolir, puis l'ONU déclarée « morte » pour n'avoir pas soutenu Israël. Chaque phrase rend la suivante obligatoire. Celui qui a écrit tout cela ne peut plus dire en 2029 « je m'étais trompé » sans défaire trente ans de sermons. C'est, je crois, pourquoi le ton monte.

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Le Soudan, ou la preuve par l'ONU

Un dernier fait montre comment il choisit. En novembre 2025, M. Lévy écrit du Soudan : « Au Darfour, c'est un génocide, un vrai. » Trois mois plus tard, une mission d'enquête des Nations unies relève à El-Fasher, la grande ville du Darfour tombée aux mains des paramilitaires, les « signes distinctifs d'un génocide ». Il avait donc raison cette fois, et je le lui accorde volontiers.

Mais regardez qui le confirme : les Nations unies. La même organisation, par une autre commission, dit la même chose de Gaza. On ne peut pas citer l'ONU à Khartoum et la déclarer morte à Gaza. Il y aurait donc de vrais génocides, ceux qu'il reconnaît, et de faux, ceux que reconnaissent les commissions quand elles le gênent. C'est une justice à un seul juge.

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Ce que je demande

Je ne demande pas qu'on fasse taire M. Lévy. Je demande trois choses, et elles sont simples.

Aux rédactions : qu'on cesse de l'inviter comme l'arbitre du mot « génocide ». Sur ce dossier, il est l'avocat d'une partie. Qu'on le présente ainsi, et qu'on lui oppose le texte du traité plutôt que de l'indignation.

Au lecteur : un test, ce soir, en dix minutes. Ouvrez l'article II de la Convention de 1948. Cinq actes, une intention. Relisez les trois phrases citées plus haut et cherchez laquelle répond au texte. Vous n'en trouverez pas. Refaites le test avec le prochain invité, quel que soit son camp.

À ceux qui nous gouvernent : la France a signé ce traité, et son article premier l'engage à prévenir, pas seulement à punir. La Cour a rendu trois ordonnances en 2024. Qu'on nous dise, par écrit, ce que Paris a fait pour qu'elles soient respectées.

L'arrêt viendra en 2029, ou plus tard. D'ici là, il existe un texte de 1948, et il se lit en dix minutes.

Dix-sept ans, un tablier bleu, une plonge : 10 690 euros de redressement et neuf ans de procédure

Le 5 octobre 2017, un inspecteur de l'URSSAF des Pays de la Loire, contrôle un restaurant. Il y trouve un adolescent de dix-sept ans en tablier bleu, occupé à la plonge, présenté comme stagiaire. Neuf ans plus tard, la justice donne tort à l'organisme de recouvrement. Entre-temps, l'entreprise a vécu sous la menace d'un redressement.

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Le 9 septembre 2026, la cour d'appel de Rennes a mis fin à un contentieux né d'un simple contrôle. Après avoir validé le redressement de l’URSSAF en 2021, la justice l’a finalement annulé en totalité en septembre 2026 : 10 690 euros réclamés au restaurateur, auxquels s’ajoutent des années de frais et de défense.

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10 690 euros réclamés sur la base d’une convention irrégulière

Le redressement atteint précisément 10 690 euros. Il comprend 5 105 euros de taxation forfaitaire, 3 054 euros correspondant à l’annulation de réductions de cotisations, 2 042 euros de majoration de redressement et 489 euros de majorations de retard. La note est lourde pour une SARL.

Stagiaires dans la restauration : l’URSSAF réclame 10 690 €
URSSAF, stagiaire et travail dissimulé : une convention irrégulière ne suffit pas, l’URSSAF doit prouver la subordination. CA Rennes, 9 septembre 2026

Presque la moitié du montant correspond à une estimation forfaitaire, non à une rémunération constatée. Le tribunal de Nantes valide ce redressement en 2021. Le restaurateur fait appel. La procédure se poursuit jusqu'à la cour d'appel de Rennes. Le 9 septembre 2026, la 9e chambre sécurité sociale de la cour d’appel de Rennes, dans l'affaire RG 21/06754, renverse le jugement. Elle annule intégralement le redressement.

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La cour d’appel annule finalement tout le redressement

Le redressement est annulé en totalité. L'organisme est condamné aux dépens et à 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile. Son raisonnement est l'irrégularité de la convention de stage ne suffit pas, à elle seule, à caractériser du travail dissimulé. La cour condamne en outre l'URSSAF aux dépens et lui impose 3 000 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile. Pour caractériser le travail dissimulé, il fallait établir un lien de subordination et une rémunération. L'URSSAF n'a démontré ni l'un ni l'autre.

Dans cette affaire, l'URSSAF a engagé des fonds publics pendant neuf ans, sans que quiconque en réponde. Elle rembourse 3 000 euros, au titre des frais irrépétibles, alors que neuf ans de procédure sur deux niveaux de juridiction coûtent très probablement davantage à l'employeur, sans compter le temps perdu et l'incertitude sur les comptes. Cette indemnité, fixée par le juge, n'est qu'un forfait.

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Le contrôleur qui qualifie sur la seule apparence n'encourt rien. Le chef d'entreprise doit financer sa défense, parfois sur des années, pour obtenir ce que la loi lui garantissait dès le départ : que l'accusateur prouve. Quand l'État peut se tromper sans conséquence, il n'a aucune raison de se montrer prudent.

L'humeur de Veerle Daens : le bailleur, le PLU et les 9.316 communes

By: CDS
1 October 2026 at 09:06

Depuis ce matin, la France impose un nouveau modèle de bail. Une ligne de ce modèle peut annuler votre contrat. Et personne — ni votre notaire, ni votre mairie, ni l'État qui l'a écrite — ne peut vous dire en trente secondes si elle vous concerne. Bonne rentrée locative.

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Le décret du 6 juillet est entré en vigueur. Quatre articles. Il remplace les contrats types de 2015 et s'applique à tout bail conclu ou renouvelé à compter d'aujourd'hui. Parmi les mentions nouvelles, une seule mérite qu'on s'arrête : le cas échéant, le bail doit indiquer que le logement est grevé d'une servitude de résidence principale.

Mes amis du Pays-des-Cartésiens, arrêtons-nous sur le cas échéant.

Le cas échéant ? Le cas échéant. Quel cas ? Celui où la commune a inscrit la servitude dans son plan local d'urbanisme. Qui peut l'inscrire ? Neuf mille trois cent seize communes y ont droit — celles où les résidences secondaires dépassent 20 % du parc, ou qui relèvent de la taxe sur les logements vacants. Combien l'ont fait ? Biarritz, Bayonne, Anglet, Bidart, Boucau. Chamonix, sur la quasi-totalité de ses zones constructibles. Bonifacio, Porto-Vecchio, Santa Maria di Lota. Cancale. Oléron s'y prépare. Et les autres ? On ne sait pas. Où est la liste ? Il n'y a pas de liste.

Comment savoir, alors ? La réponse des professionnels tient en deux gestes : vérifier le PLU de la commune, demander au notaire. Autrement dit : allez lire le règlement d'urbanisme de votre village, ses zonages et ses annexes, pour savoir ce que vous devez écrire dans un contrat de deux feuillets.

Et la sanction ? Elle n'est pas dans le décret — le décret, lui, ne sanctionne rien. Elle est ailleurs, dans le code de l'urbanisme, à l'article L. 151-14-1 créé par la loi Le Meur du 19 novembre 2024 : la servitude doit être expressément mentionnée dans tout acte portant sur le logement qu'elle grève — promesse, vente, bail. À défaut, nullité de l'acte. Miljaardedju. On ne vous punit pas d'avoir mal loué : on efface le contrat.

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Arrivée là, je dois vous signaler la plus belle pièce du dossier. Cette servitude ne pèse que sur les logements neufs, en zones urbaines et à urbaniser. Le bâti existant n'est pas concerné. Les meublés de tourisme déjà convertis non plus. Le dispositif inventé pour rendre des logements aux habitants permanents s'applique donc exclusivement aux logements qui n'existent pas encore. On ne récupère rien : on grève l'avenir. C'est une réforme adressée à des murs non bâtis.

Amis libertariens, voyez l'asymétrie — elle est parfaite. Le propriétaire qui n'a pas lu le PLU risque la nullité de son bail ; celui qui loue à l'encontre de la servitude s'expose à une mise en demeure du maire, sous astreinte de mille euros par jour plafonnée à cent mille. L'État qui a créé l'obligation, décentralisé son déclenchement dans neuf mille trois cent seize règlements communaux et n'a publié aucun recensement, lui, ne risque rien. Il a fait son travail : il a imprimé la case. Je cherche l'équivalent chez nous, de l'autre côté de la frontière. Je ne le trouve pas.

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Notez au passage que le reste du décret est un théâtre d'ombres. La clause résolutoire pour troubles de voisinage ? Déjà permise par la loi du 27 juillet 2023, simplement recopiée dans le formulaire, et toujours soumise au juge. Rien de nouveau, sinon la mise en page. Le vrai danger n'est jamais celui qu'on annonce en gros titre ; il est dans la ligne qui commence par le cas échéant.

Compagnons d'absurdistan, une question avant de refermer. Quand l'obligation est écrite à Paris, sa condition de déclenchement dans neuf mille trois cent seize règlements locaux, et sa sanction dans un troisième code, le devoir du citoyen n'est plus d'obéir à la loi : c'est de la deviner. Qu'obtient-on d'un pays où le droit se devine ?

On obtient des gens qui ne louent plus.

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Received — 30 September 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Démolir la maison où ils vivent, sous astreinte de 300 euros par jour de retard

30 September 2026 at 16:20

Une cour d'appel a ordonné la destruction d'une maison habitée, construite sous des permis annulés ensuite, pour la perte d'ensoleillement d'un voisin. Le 17 septembre 2026, la Cour de cassation a cassé partiellement cette décision. La démolition n'est pas annulée, mais elle est remise en cause.

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La réparation d’un trouble de voisinage peut-elle conduire à raser le toit sous lequel vit une famille ? La question, longtemps abordée principalement sous l’angle de la réparation intégrale, vient de recevoir un sérieux correctif judiciaire.

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Une démolition ordonnée sous 300 euros d’astreinte par jour

Dans cette affaire, un couple avait fait construire sa maison d’habitation sur la base de permis de construire ultérieurement annulés. Des voisins ont ensuite engagé une action pour trouble anormal du voisinage, invoquant notamment une perte d’ensoleillement et une atteinte à leurs vues.

L’URSSAF redressait à la règle de trois : la Cour de cassation annule tout
L’URSSAF exige des entreprises une comptabilité au centime près, mais elle de son côté, se permet l’approximation. Dans un arrêt du 3 septembre 2026, la Cour de cassation annule purement et simplement des redressements fondés sur un ratio inventé par les inspecteurs et sur un taux unique de

Le 8 octobre 2024, la cour d’appel de Versailles avait ordonné la démolition de la maison, aux frais du couple, dans un délai de deux mois. Chaque jour de retard coûte 300 euros pendant douze mois, soit plus de 100 000 euros au total.

Le fondement invoqué est la réparation intégrale du préjudice. Ce principe conduit à raser un domicile. Mais cette logique pouvait conduire à une situation particulièrement difficile: un logement familial détruit pour réparer une nuisance de voisinage avec des conséquences humaines.

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La Cour de cassation remet le domicile dans la balance

L’arrêt de la troisième chambre civile du 17 septembre 2026, pourvoi n° E 25-10.224, a cassé partiellement l’arrêt. Elle reproche à la cour d’appel de ne pas avoir recherché si la démolition portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale et du domicile, garanti par garanti par l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Crise de la dette française ? Mais non, arrêtez de vous faire peur ! (même si elle serait salutaire)
Il n’y aura pas de crise de la dette française. Il y aura une dégradation lente : ce qu’elle coûte à l’épargnant, et ce que changerait une élection de Mélenchon.

Le raisonnement ne supprime donc pas la possibilité d’une démolition. Il impose au juge de mettre en balance plusieurs éléments : la réalité et l’importance du préjudice subi par les voisins, les conséquences de la destruction pour la famille et surtout l’existence de solutions alternatives permettant de faire cesser le trouble. L’affaire retourne ainsi devant la cour d’appel de Versailles. La démolition n’est pas annulée définitivement : elle est remise en cause et devra être réexaminée.

L’enjeu dépasse ce seul conflit immobilier. D’un côté, le voisin victime doit pouvoir obtenir une réparation effective. De l’autre, la puissance de la décision judiciaire ne peut ignorer qu’une maison est aussi un domicile, avec une valeur familiale et patrimoniale qui ne se résume pas au coût d’une construction.

La Cour de cassation introduit ainsi une exigence de proportionnalité là où l’application mécanique de la réparation intégrale pouvait produire une conséquence radicale : détruire un logement pour faire disparaître une nuisance. La prochaine décision dira si cette maison doit finalement être démolie, adaptée ou conservée sous d’autres conditions.

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"11 septembre" raté contre Tel-Aviv : chronologie de 36 heures et état des sources

30 September 2026 at 15:46

Par Élise Rochefort

Israël élit sa vingt-sixième Knesset le 27 octobre. Le mardi 29 septembre, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a déclaré depuis une base de l'armée de l'air que des indices montraient que les ennemis d'Israël chercheraient à attaquer avant le scrutin. Le mercredi 30 septembre au matin, un avion de ligne reliant Dubaï à Tel-Aviv a transmis le code détournement et s'est posé en Arabie saoudite. Cette fiche établit la chronologie des deux journées, distingue ce qui est affirmé par une autorité nommée de ce qui est rapporté par des sources anonymes, et recense ce qui n'est pas établi à l'heure de la rédaction.

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Mardi 29 septembre : l'avertissement et les démentis internes

Benjamin Nétanyahou s'exprime depuis une base de l'armée de l'air. Ses propos rapportés : « Ne vous frottez pas à nous, ni maintenant ni jamais. Notre long bras vous atteindra partout et à tout moment. » Il déclare que les services de sécurité disposent d'indices selon lesquels les ennemis d'Israël pourraient tenter une attaque avant les élections.

L'armée israélienne répond le même jour. Citée par Ynet, elle indique qu'« il n'y a eu aucun changement dans l'évaluation de la situation ces derniers jours » et qu'Israël ne dispose « d'aucun renseignement spécifique et concret indiquant que des acteurs hostiles ont l'intention de lancer une attaque particulière ». Elle précise que la déclaration du premier ministre « ne reflète pas un changement de son évaluation », et des responsables ajoutent n'avoir connaissance d'aucune préparation ni d'aucun état d'alerte renforcé au-delà de la routine.

Des responsables de sécurité déclarent au Jerusalem Post qu'« il n'y a actuellement aucun avertissement de renseignement spécifique sur la table ». Un second responsable indique que Téhéran pourrait décider à tout moment de tirer des missiles, mais qualifie cette éventualité d'« option » et non de « menace immédiate ».

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid réagit : « Les menaces sécuritaires doivent être traitées de façon professionnelle et responsable. La sécurité d'Israël et les bases de l'armée ne sont pas des décors pour des vidéos de campagne. » Le cabinet du premier ministre répond que Nétanyahou avait informé Lapid de « possibles attaques » avant l'élection, et le Likoud met en cause le chef de l'opposition. Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal concurrent du premier ministre, demande vérification de l'alerte.

Le contexte de campagne est indissociable de cette séquence : les révélations sur les avertissements ignorés avant le 7 octobre 2023 occupaient la campagne israélienne les jours précédents.

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Mercredi 30 septembre : le vol FZ1073

Les horaires ci-dessous sont ceux rapportés par la presse israélienne, en heure locale israélienne, à l'exception de l'ancrage horaire tiré des données de vol.

7 h 05 — Le vol FZ1073 de la compagnie Flydubai décolle de l'aéroport international de Dubaï à destination de Tel-Aviv, avec 174 passagers à bord, dont 27 enfants.

Environ 8 h 35 — Au-dessus de l'espace aérien jordanien, le transpondeur de l'appareil transmet le code 7700, qui signale une urgence générale, puis brièvement le code 7500, qui signale une intervention illicite — le code dit « détournement ».

Dans les minutes qui suivent — L'appareil fait demi-tour, entre dans l'espace aérien saoudien et perd de l'altitude. CNN fait état d'une descente d'environ 17 400 pieds en deux minutes. Les données de vol situent cette descente brutale vers 5 h 21 UTC. Le contact radio avec l'équipage est perdu et l'appareil disparaît des traceurs de vol publics.

Pendant l'incident — Des avions de chasse israéliens décollent. Le premier ministre et le ministre de la Défense Israel Katz tiennent une consultation d'urgence. Les décollages sont temporairement suspendus à l'aéroport Ben-Gourion.

Fin de matinée — L'appareil se pose à l'aéroport Prince Sultan bin Abdulaziz, à Tabuk, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite. L'aéroport de Tabuk indique que « le pilote et le premier officier ont été blessés et transportés à l'hôpital après l'atterrissage ».

Flydubai déclare : « Tous les passagers sont sains et saufs et comptabilisés. La sécurité et le bien-être de nos passagers et de nos équipages demeurent notre priorité absolue. » La compagnie confirme une altercation violente dans le poste de pilotage. Le cabinet du premier ministre israélien indique que des dispositions sont prises pour rapatrier les passagers.

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La version des autorités israéliennes a changé au cours de la journée

C'est le point qui demande le plus de précision, et il est vérifiable à l'heure de publication de chaque dépêche.

Le matin, un responsable de sécurité israélien déclare à Ynet qu'« il n'y a pas d'information définitive sur un détournement » et que « le pilote a activé un signal de détresse ». Le commissaire de police Danny Levy indique : « Nous nous préparons à chaque scénario. » Les autorités concluent alors que l'alerte résulte d'une altercation entre les deux pilotes, et non d'un détournement. Des sources de sécurité israéliennes indiquent que l'incident n'est pas de nature terroriste.

Dans l'après-midi, la version est différente. Selon des sources citées par CNN et par le Jerusalem Post, un pilote a poignardé l'autre et tenté de prendre le contrôle de l'appareil. Des passagers israéliens assis à l'avant se sont précipités vers le poste de pilotage et ont maîtrisé l'assaillant, permettant aux pilotes de reprendre les commandes. Un responsable israélien déclare qu'« une catastrophe majeure a été évitée de justesse ». L'établissement sécuritaire israélien traite désormais l'affaire comme un probable acte terroriste.

Aucune autorité israélienne n'a publiquement expliqué ce qui, entre ces deux moments, a modifié l'appréciation.

L'assaillant : ce qui est attribué, et par qui

Aucune autorité nommée — ni Flydubai, ni l'Autorité générale de l'aviation civile des Émirats, ni les autorités saoudiennes, ni les autorités israéliennes — n'a confirmé l'identité de l'homme mis en cause.

Sa fonction est rapportée différemment selon les sources : CNN parle du copilote, qui aurait poignardé le commandant de bord ; le Jerusalem Post écrit qu'un pilote a tenté de détourner l'appareil ; Ynet, le matin, parlait d'une altercation entre les deux pilotes sans désigner d'assaillant.

Sa nationalité est rapportée comme omanaise par des sources israéliennes, sans confirmation indépendante. Le Jerusalem Post relève lui-même que cette indication soulève une difficulté, Oman n'ayant pas de relations normalisées avec Israël. D'autres nationalités ont circulé au cours de la journée sans qu'aucune source nommée les établisse.

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Ce qui n'est pas établi

  • L'identité, la nationalité et le parcours professionnel de l'homme mis en cause, ainsi que ses motifs. Aucune autorité ne s'est prononcée.
  • L'origine des « indices » invoqués par le premier ministre le 29 septembre. Aucune des sources consultées n'attribue cette alerte à un service de renseignement étranger. La mention d'un renseignement américain, qui a circulé, n'est appuyée par aucune source identifiée à l'heure de la rédaction.
  • L'état exact des deux pilotes et la nature de leurs blessures. L'aéroport de Tabuk indique une hospitalisation, sans plus de détail.
  • Le déroulement précis de l'intervention des passagers, rapportée par des témoignages et par des sources, non par un procès-verbal. Aucune source consultée n'indique que l'assaillant ait été tué.
  • Les horaires, qui varient selon les fuseaux employés par les rédactions : les trois fuseaux en présence — Dubaï (UTC+4), Israël (UTC+3) et le temps universel — diffèrent d'une heure et de quatre heures.
  • L'ouverture d'une enquête et son autorité compétente : l'appareil est immatriculé aux Émirats, l'incident s'est produit au-dessus de la Jordanie puis de l'Arabie saoudite, et l'atterrissage a eu lieu sur le territoire saoudien.
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Les documents qui trancheront

Cinq sources publiques, indépendantes des parties, sont susceptibles d'établir les faits dans les jours qui viennent.

L'Autorité générale de l'aviation civile des Émirats arabes unis, compétente sur l'appareil et sur l'équipage, et dont les conclusions engagent la compagnie nationale du pays. Les autorités saoudiennes, qui détiennent l'appareil, les enregistreurs de vol et les personnes. L'enquête judiciaire éventuelle sur l'homme mis en cause, dont la juridiction dira quel État l'a saisi. Les dossiers médicaux et l'état civil des deux pilotes, par les canaux de la compagnie. Enfin, la documentation des « indices » invoqués le 29 septembre, que ni l'armée israélienne ni les responsables cités par la presse israélienne ne confirmaient le jour même.

Le 27 octobre, jour du scrutin, est dans vingt-sept jours. L'écart entre la déclaration du premier ministre et l'évaluation publique de son armée, comme l'écart entre les deux versions israéliennes du 30 septembre, sont l'un et l'autre documentés et datés. Les enquêtes émirienne et saoudienne diront le reste.

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