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Received — 5 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Les T-bills sont-ils interdits aux Français ? ou la confusion entre le titre et l'emballage

5 October 2026 at 18:15

Par Vincent Clairmont

Olivier nous écrit que l'accès direct aux bons du Trésor américains est « légalement interdit », refus d'Interactive Brokers à l'appui. Il confond deux choses. L'Europe ferme bien aux particuliers les fonds cotés américains, faute d'une notice d'information qu'ils ne publient pas. Elle n'a jamais rien fermé sur les bons du Trésor eux-mêmes. L'obstacle qu'il décrit n'existe donc pas.

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Reprenons depuis le texte, parce que la confusion est générale et qu'elle coûte du rendement à beaucoup de lecteurs. Et commençons par traduire les quatre sigles qui encombrent ce sujet, car on ne peut pas raisonner sur ce qu'on ne nomme pas.

Un T-bill, ou Treasury bill, est un bon du Trésor américain de moins d'un an. C'est l'équivalent de nos bons du Trésor à taux fixe : une reconnaissance de dette de l'État fédéral, sans coupon, achetée en dessous de sa valeur de remboursement.

Un ETF, ou exchange-traded fund, est un fonds indiciel coté en Bourse : un panier de titres qu'on achète et vend d'un clic, comme une action.

UCITS — en français OPCVM, organisme de placement collectif en valeurs mobilières — est la norme européenne des fonds destinés au grand public. Un fonds qui porte ce label est agréé pour être vendu à un particulier dans toute l'Union. Un fonds américain ne porte pas ce label, et ne peut donc pas vous être vendu ici.

PRIIPS, enfin, est le règlement européen qui organise cette fermeture. Il impose à tout « produit d'investissement packagé destiné aux particuliers » de remettre à l'acheteur, avant la vente, une notice standardisée de quelques pages dite document d'information clé. Les fonds américains n'en produisent pas, parce qu'aucune loi américaine ne les y oblige. C'est pour cette raison, et pour celle-là seule, que les grands fonds de bons du Trésor cotés à New York — SGOV, BIL, SHV — sont inaccessibles depuis un compte européen. Le blocage est réel, il est documenté, et il explique très probablement ce qu'Olivier a rencontré.

T-bills américains : en dollars ou en euros ? Réponse à deux lecteurs
T-bills US à ~3,7 % contre 2,25 % en euro : pourquoi la version couverte en change est un non-sens, quels ETF UCITS (ISIN) et à partir de quel montant passer au titre vif.
Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu’il a l’air de dire
Le portefeuille Barbell gagne 2,66 % depuis le 29 mai. À parité euro-dollar constante, il perd 0,03 %. Le bilan chiffré poste par poste, et ce qu’il cache.
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Voilà le point qui change tout : un bon du Trésor n'est pas un produit packagé. C'est un titre de créance émis directement par un État, au même titre qu'une obligation assimilable du Trésor française ou qu'un Bund allemand. Il n'y a rien à emballer, donc rien à documenter, donc aucune notice à fournir. Le règlement ne s'y applique pas, et aucune interdiction ne pèse sur son achat par un résident français.

La distinction tient en une phrase : le règlement encadre l'emballage, pas le titre qui se trouve dedans. Olivier a pris la fermeture de l'emballage pour une interdiction du contenu.

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Route 1 — l'achat en direct, qui fonctionne

Interactive Brokers permet effectivement l'achat de bons du Trésor américains en direct depuis un compte européen. Si un refus est survenu, il faut chercher du côté

L'été de la SNCF : 80 millions d'euros de perte, 168 000 paniers-repas et 1,5 million de bouteilles d'eau distribués

Canicules et incendies ont coûté 80 millions d’euros à la SNCF en juillet et août 2026, portant la facture à 180 millions depuis janvier. Pour faire face aux perturbations, l’entreprise a distribué à ses clients 1,5 million de bouteilles d’eau, 168 000 paniers-repas et financé des milliers de nuits d’hôtel et de trajets en taxi. La SNCF chiffre ses dégâts, et le voyageur paiera.

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Le 1er octobre, Jean Castex a présenté le bilan chiffré de l'été. Il l'a fait sur le ton de la fatalité météorologique, comme si le climat était seul en cause.

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180 millions d’euros en neuf mois

Les chiffres donnent la mesure de la facture. En juillet et août, canicules et incendies ont représenté 80 millions d’euros de coûts pour la SNCF. Depuis janvier, l’addition atteint 180 millions, dont 6 millions d’euros liés aux seuls incendies en Gironde.

Canicules et incendies : ce que le brûlant été 2026 a coûté à la SNCF
Le PDG de la compagnie a présenté le bilan de l’exercice estival de la compagnie, mise au défi des perturbations liées aux fortes chaleurs et aux feux d’ampleur ayant affecté le trafic des trains. Les retards et annulations de trains dûs aux canicules et incendies

Les perturbations ont entraîné suppressions de trains, retards et prises en charge de voyageurs. La SNCF comptabilise ainsi 19 300 nuits d’hôtel, 6 800 taxis, 168 000 paniers-repas et 1,5 million de bouteilles d’eau distribuées aux passagers.

Quand le service ferroviaire se dégrade, la dépense ne disparaît pas. Elle se déplace vers l’entreprise, puis, directement ou indirectement, vers les voyageurs et les finances publiques.

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Des rails à renforcer avant l’été 2027

Face à cette situation, la SNCF annonce des travaux de renforcement des voies et des interventions sur les systèmes de climatisation avant l’été 2027. La difficulté n’est pas seulement technique. Elle est financière et institutionnelle. Les voyageurs paient leurs billets, les contribuables financent une partie considérable de l’écosystème ferroviaire, tandis que les dirigeants doivent désormais justifier une facture de 180 millions d’euros en moins d’une année.

Bordeaux : il fait chaud, la SNCF s’arrête
Alors que le contribuable verse chaque année plus de 20 milliards d’euros à la SNCF, une simple canicule suffit à faire lâcher une caténaire à cent mètres de la gare Bordeaux Saint-Jean. Des centaines de voyageurs se retrouvent bloqués, avec des retards allant jusqu’à 4 h 30.

L'annonce d'un renforcement des voies et des climatisations avant l'été 2027 appelle deux questions que personne n'a posées. Combien coûtera ce programme ? Qui le financera ? Aucun chiffre n'accompagne la promesse. Tant que ceux qui décident ne supportent pas le coût de leurs choix, la prochaine canicule produira le même résultat : des taxis, des hôtels et des bouteilles d'eau.

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Mayotte : deux élus condamnés en appel — prison ferme sous bracelet, amende et inéligibilité

À Mayotte, deux figures politiques de premier plan viennent de voir leurs condamnations confirmées pour des faits mêlant intérêts publics, entourage et emplois fictifs. Le 1er octobre 2026, la cour d’appel a maintenu l’essentiel des peines prononcées en première instance contre Rachadi Saindou et Salime M’Déré, avec prison exécutée sous bracelet électronique, amendes et inéligibilité.

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L’affaire est d’autant plus sensible que les deux hommes occupent des positions institutionnelles majeures : Saindou préside la communauté d’agglomération de Dembéni-Mamoudzou (CADEMA), tandis que M’Déré est premier vice-président du conseil départemental de Mayotte.

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Des condamnations largement confirmées

La cour d’appel a condamné Rachadi Saindou à deux ans de prison, dont un avec sursis, la partie ferme devant être exécutée sous bracelet électronique à domicile. Son amende a été ramenée de 50 000 à 25 000 euros. Il est également frappé de quatre ans d’inéligibilité et de quatre ans d’interdiction d’exercer une fonction publique, avec exécution provisoire.

Affaire Rachadi Saindou/Salime Mdere : quasiment les mêmes peines en appel - Le Journal De Mayotte
Les deux anciens élus, l’un à la tête de la CADEMA, l’autre comme 1er vice-président du conseil départemental avaient plongé pour prise illégale d’intérêt et emploi fictif. Ce que confirme l’appel

Salime M’Déré écope pour sa part d’un an de prison, dont six mois avec sursis, également sous bracelet électronique, de 25 000 euros d’amende et de deux ans d’inéligibilité et d’interdiction d’exercer une fonction publique. Là encore, l’exécution provisoire s’applique.

Les poursuites portaient notamment sur des faits de prise illégale d’intérêts et d’emplois fictifs. L’avocat de Rachadi Saindou a indiqué étudier un pourvoi en cassation.

Quand la fonction publique devient une affaire d’entourage

L'appel n'étant pas suspensif, Rachadi Saindou a été écarté de ses fonctions dès la première condamnation. Il a contesté sa démission d'office. La même question de constitutionnalité que celle posée par Marine Le Pen est alors montée jusqu'au Conseil constitutionnel. Fin mars 2025, les juges ont validé son éviction. Selon eux, un élu local ne se trouve pas dans la situation d'un parlementaire européen : l'atteinte au droit d'éligibilité n'était pas disproportionnée. La défense s'est dite « surprise » à la sortie d'audience. Me Fatima Ousseni examinera la motivation de l'arrêt, pas encore communiquée, avant d'envisager un pourvoi en cassation.

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région
Condamné en première instance à deux ans avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité, Ary Chalus reste président de la Région Guadeloupe. Le tribunal de Paris a refusé l’exécution provisoire que réclamait le parquet national financier. Il continuera donc de signer et de gérer

Plus de deux ans se sont écoulés entre le jugement de première instance et la confirmation en appel. Pendant ce temps, les deniers publics continuaient de circuler dans un territoire où les ressources restent limitées et les besoins criants. L’affaire révèle la porosité entre mandats électifs, recrutements internes et marchés publics.

L’humeur de Veerle Daens : Glucksmann s’excuse ? ou le grand art du « désolé si »
« Désolé si ces propos ont été perçus comme étant du sexisme. » Glucksmann, Ségolène Royal, et la naissance d’un temps verbal français.

Ces condamnations rappellent que la frontière entre service public et clientélisme reste fragile. Quand des élus au sommet d’une agglomération et d’un département transforment un poste en rente pour un proche, c’est le contribuable qui règle l’addition.

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L'humeur de Veerle Daens : Glucksmann s'excuse ? ou le grand art du « désolé si »

By: CDS
5 October 2026 at 10:14

Le 17 septembre, Raphaël Glucksmann dit que Ségolène Royal a fait « la danse du ventre à Macron ». Le 2 octobre, la vidéo sort. Le 4, sur BFMTV, il s'excuse : « désolé si ces propos ont été perçus comme étant du sexisme ». Et, dans la même séquence : « j'assume complètement ». Deux phrases, un seul homme.

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Mes chers libertariens de l'Absurdistan, il faut que je vous raconte ce que j'ai vu dimanche soir sur une chaîne d'information française, parce que je crois avoir assisté en direct à la naissance d'un temps verbal.

Cinq candidats sur un plateau : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel. Dernier débat avant que les militants votent, les 9 et 10 octobre. Pendant ce temps, une autre gauche organise sa propre primaire le 11. Deux primaires en trois jours : chez nous on appelle ça une querelle de clocher, mais il faut au moins deux clochers, et la France a trouvé le moyen d'en bâtir un second pour l'occasion.

Et de quoi parle-t-on, ce dernier soir, avec quatre cents lycées bloqués dans le pays ? D'une métaphore chorégraphique.

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Le 17 septembre, en réunion politique, monsieur Glucksmann a dit que madame Royal avait fait « la danse du ventre à Macron ». Le 2 octobre, un média de gauche sort la vidéo. L'intéressée y voit « une agression à connotation sexuelle ». Le 4, sur le plateau, il faut bien dire quelque chose. Et il dit ceci, que je vous recopie mot pour mot, parce qu'aucune paraphrase ne lui ferait justice :

« Je suis vraiment désolé si ces propos ont été perçus comme étant du sexisme. »

Arrêtons-nous sur le si, mes amis. C'est une pièce d'horlogerie. En deux lettres, il déplace la faute de la bouche vers l'oreille.

Reprenons calmement, comme ferait un inspecteur de Malines avec son carnet. Avez-vous prononcé la phrase ? Oui. La regrettez-vous ? Si elle a été perçue. Perçue par qui ? Par celle qui l'a entendue. Et si elle ne l'avait pas perçue ? Alors il n'y aurait rien eu à regretter. Nous y sommes : la faute n'habite pas celui qui parle, elle habite celui qui écoute. Le regret est adressé non pas à une femme, mais à une hypothèse — et l'hypothèse, c'est elle.

Le même soir, il a concédé que certains passages étaient vulgaires, qu'il ne fallait pas employer ces mots dans le débat public, et que sur le fond il assumait complètement. Comptons : il regrette la forme, il garde le fond, et il laisse à son adversaire la charge d'avoir mal entendu. Bruegel aurait mis trois personnages là où il n'y a qu'un homme en costume bleu.

Il a aussi dit que la conversation était privée. Olivier Faure, assis à côté, lui a fait observer qu'une réunion politique n'est pas une conversation privée. Voilà le détail que je garde de la soirée : pas la vulgarité, qui est banale, mais l'aplomb de reclasser une réunion de parti dans ses affaires intimes le jour où la bande sort.

Et maintenant la symétrie, mes chers lecteurs sans tableur, car c'est là que le tableau se retourne. Voici une famille politique qui a passé dix ans à enseigner à la France que l'intention de celui qui parle ne compte pour rien, et que seul compte l'effet sur celui qui reçoit. Dix ans de colloques, de chartes, de modules obligatoires. Et son candidat, sommé de s'appliquer la règle, explique que l'effet sur celle qui reçoit est une erreur de réception. Le ressenti valait preuve, jusqu'au jour où il fut celui de madame Royal.

Je ne vous laisse pas sortir d'ici innocents. Le désolé si n'est pas une invention de la gauche française. C'est la langue maternelle de tous les dîners de famille et de tous les entretiens annuels d'évaluation du continent : désolé si tu l'as mal pris. Nous le parlons tous couramment. Lui a seulement eu le malheur de le parler devant une caméra, six jours avant un vote.

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Chez nous, on dirait que toute l'affaire est un doekje voor het bloeden : le petit linge qu'on pose sur la plaie, qui ne soigne rien, mais qui permet de dire qu'on a fait quelque chose.

Une dernière question, à méditer devant votre genièvre. Si l'on peut désormais regretter au conditionnel ce qu'on a dit à l'indicatif, qu'est-ce qui empêche d'aller jusqu'au bout — de promettre au conditionnel, de voter au conditionnel, de gouverner au conditionnel ? Je suis vraiment désolé si ce quinquennat a été perçu comme un échec.

Réfléchissez. En Flandre, on a déjà commencé à conjuguer.

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Que disait Hannah Arendt, citée par Villiers, sur l'éducation ?

5 October 2026 at 09:58

par Élise Rochefort

« La crise de l'éducation » est un essai d'Hannah Arendt daté de 1958. Il figure dans le recueil Between Past and Future, publié en 1961 chez Viking Press et Faber and Faber, qui rassemblait alors six essais ; une édition révisée de 1968 en compte huit, et y ajoute une préface. L'essai occupe la cinquième position dans cette édition élargie, entre « What Is Freedom? » et « The Crisis in Culture ». La traduction française paraît chez Gallimard en 1972 sous le titre La Crise de la culture, à partir de la seconde édition ; l'essai se lit aujourd'hui dans l'édition Folio Essais n° 113, aux pages 232-246 selon la pagination retenue par les documents pédagogiques de l'académie de Versailles.

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Le texte porte sur la crise de l'école américaine des années 1950. Arendt y traite un problème national, non une théorie générale de la pédagogie, et c'est l'une des raisons pour lesquelles ses conclusions sont régulièrement déplacées hors de leur objet.

La thèse : l'éducation a pour objet le nouveau venu

La définition posée par Arendt est la natalité : « L'essence de l'éducation est la natalité, le fait que des êtres humains naissent dans le monde ». L'enfant est un arrivant dans un monde qui lui préexiste et qui lui est étranger. Il est à la fois un être nouveau et un être en devenir.

De cette position découle une tâche à deux faces. L'éducation doit entourer et protéger : « l'enfant contre le monde, le monde contre l'enfant ». Les deux protections sont de même rang. L'enfant doit être préservé de l'exposition publique qui détruirait sa croissance ; le monde doit être préservé de l'assaut du neuf qui le ruinerait. Arendt ajoute une troisième dimension, moins citée : il faut aussi protéger le neuf contre l'ancien.

La formule qui conclut ce développement est la plus reprise de l'essai : « Le conservatisme, pris au sens de conservation, est l'essence même de l'éducation ».

Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
Philippe de Villiers ne voit que deux jeunesses. PISA 2025 : 458 en maths, −37 points depuis 2018. Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
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La raison du conservatisme, qui en limite la portée

Arendt donne immédiatement le motif de cette formule, et ce motif en restreint l'usage : « c'est justement, pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ». Le conservatisme y est un moyen, non une fin. Il conserve le monde pour que l'arrivant puisse le recevoir, et il conserve l'arrivant pour que le monde puisse être changé par lui. Arendt écrit que « notre espoir réside toujours dans l'élément de nouveauté que chaque génération apporte avec elle ».

Le même raisonnement fonde la phrase sur la responsabilité : « L'éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité et, de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus ». Le monde n'est pas sauvé par sa conservation, mais par son renouvellement ; la conservation est ce qui rend ce renouvellement possible.

Ce qu'Arendt critique dans l'éducation progressiste

La lecture dominante dans la littérature universitaire française, notamment chez Philippe Foray, dégage trois présupposés que l'essai met en cause dans l'éducation progressiste américaine : l'existence d'un monde de l'enfance autonome et autogouverné ; la constitution de la pédagogie en science indépendante de la matière enseignée ; la substitution du faire à l'apprendre. Cette décomposition en trois points est une reconstruction des commentateurs ; elle n'apparaît pas sous cette forme numérotée dans le texte.

Arendt lie ces présupposés à l'effacement de l'autorité de l'enseignant, autorité qu'elle fait reposer sur la compétence dans une matière et non sur la contrainte. Elle écrit que « l'éducation ne peut faire fi de l'autorité, ni de la tradition », tout en constatant qu'elle s'exerce désormais dans un monde qui n'est plus structuré par l'une ni retenu par l'autre. Le constat est posé comme une difficulté, non comme un programme de restauration.

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La critique du conservatisme politique

C'est la partie de l'essai la moins citée, et la seule qui en règle l'application. Arendt y sépare les deux domaines : « Il faudrait bien séparer le domaine de l'éducation des autres domaines, et surtout celui de la vie politique et publique ».

La raison est de structure. L'éducation est une relation asymétrique entre un adulte et un enfant ; la politique est une relation entre égaux. Arendt précise que son argument « ne vaut que dans le domaine de l'éducation, ou plus exactement dans celui des relations entre enfant et adulte, et non dans celui de la politique où tout se passe entre adultes et égaux ».

Le jugement sur le conservatisme politique est explicite : « En politique, cette attitude conservatrice — qui accepte le monde tel qu'il est et ne lutte que pour préserver le statu quo — ne peut mener qu'à la destruction ». La symétrie est complète : ce qui est l'essence de l'éducation est, transporté en politique, un principe de ruine. Le motif est le même dans les deux cas — le monde ne subsiste que renouvelé.

Arendt tire de cette séparation une conséquence sur le gouvernement des adultes. Elle écrit qu'« on ne peut ni éduquer les adultes ni traiter les enfants comme de grandes personnes » ; que « l'éducation ne peut jouer aucun rôle en politique, car en politique c'est toujours à ceux qui sont déjà éduqués que l'on a affaire » ; et que « quiconque se propose d'éduquer des adultes se propose en fait de jouer les tuteurs et de les détourner de toute activité politique ». Le projet pédagogique appliqué à des citoyens est donc qualifié, dans le texte, de mise sous tutelle.

Sur la formule de l'« invasion barbare »

Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?

5 October 2026 at 09:23

Par Eric V.

Philippe de Villiers ne voit que deux jeunesses : celle qui brûle des cierges et celle qui brûle les écoles. Restent les trois mille six cents lycées qui n'ont fait ni l'un ni l'autre.

Il a dit : « Oui, il y a deux jeunesses. Celle qui brûle des cierges et celle qui brûle les écoles. »
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C'est propre, c'est rythmé, et c'est vide. Philippe de Villiers a accordé cet entretien au Journal du Dimanche le 3 octobre, en pleine vague de blocus lycéens. La France comptait alors environ quatre cents établissements fermés ou perturbés sur quatre mille, et les interpellations se comptaient en milliers depuis le 21 septembre. Devant cela, un homme d'expérience propose une clef à deux dents. Il ajoute « l'irruption de hordes barbares encagoulées », et convoque Hannah Arendt pour expliquer que chaque génération nouvelle est une invasion barbare qu'il convient de civiliser.

Reste à savoir où l'on range les trois mille six cents lycées où l'on n'a rien brûlé, et où l'on ne brûle pas non plus de cierges.

Contestation étudiante : la dangereuse stratégie de la répression
600 interpellations avant midi, 40 proviseurs blessés, et deux explications gouvernementales incompatibles en 24 heures. Devaquet, le CIP, le CPE : la leçon.
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Deux jeunesses, et aucune place pour la troisième

Le partage en deux a un charme : il dispense d'enquêter. D'un côté la ferveur, de l'autre la désespérance, et entre les deux rien — ni l'élève qui s'ennuie, ni celui qui travaille sans croire, ni celui qui code la nuit, ni celui qui monte une affaire à dix-neuf ans sans avoir jamais mis les pieds dans une église ni devant une poubelle en feu. La très grande majorité des jeunes Français ne figure dans aucune des deux cases. Une typologie qui laisse dehors presque tout son objet n'est pas une analyse : c'est une névrose maniaque déguisée en sociologie.

Et elle a un coût politique immédiat. Si la jeunesse se réduit à deux camps, l'éducation se réduit à un tri : récupérer les uns, contenir les autres. On n'éduque plus, on affecte. C'est le geste exact que ce journal reproche à l'État quand il range les gens par catégories de guichet ; il n'est pas plus recommandable sous une plume conservatrice que sous un tampon.

Admettons que la formule n'ait été qu'une formule. Reste le remède. Philippe de Villiers a conçu en 1977 un spectacle nocturne, joué pour la première fois en juin 1978, où des milliers de bénévoles rejouent chaque été l'histoire de la Vendée — deux mille six cents acteurs, quatre cent mille spectateurs par saison. Réussite considérable, que je ne lui dispute pas. Et, très exactement, un passé mis en scène par ceux qui l'ont perdu.

La question qu'on a le droit de lui poser n'est donc pas celle de ses intentions, qui ne m'appartiennent pas. C'est celle de son programme : que propose-t-il, concrètement, à un garçon de quinze ans de Créteil en 2026 ? S'enraciner où, dans quoi, pour y faire quoi ? Un pays peut se relever. Un pays peut aussi se visiter. Les deux demandent du talent et de l'argent, et ce ne sont pas les mêmes métiers.

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Ce que l'école française n'a jamais su faire

Avant de décider si l'éducation doit conserver, regardons ce qu'elle conserve en ce moment. La note de la DEPP publiée en septembre livre les résultats de PISA 2025 : la France obtient 458 points en mathématiques pour une moyenne de 463 dans l'OCDE, et 456 en compréhension de l'écrit pour une moyenne de 461. Par rapport à 2018, la chute atteint trente-sept points dans les deux disciplines — à peu près une année de scolarité évaporée en sept ans.

Retenez le détail qui suit, parce qu'il démolit un argument qu'on va me servir dans dix lignes. Dans la même enquête, la France obtient 497 points en résolution informatique de problèmes, pour une moyenne de 500. L'effondrement français est donc concentré sur les deux disciplines les plus anciennes, les plus codifiées, les plus traditionnellement enseignées du programme. Là où l'élève doit chercher, essayer, se tromper et recommencer devant une machine, il tient la moyenne. Là où il doit restituer, il décroche.

On me dira que c'est le numérique qui a creusé le trou, et l'on me citera Michel Desmurget, dont La fabrique du crétin digital a documenté en 2019 les dégâts des écrans sur les enfants — formule que Philippe de Villiers reprend à son compte dans l'entretien, sans nommer son auteur. L'objection est sérieuse, et sur son terrain, la consommation passive d'images par de très jeunes enfants, elle n'a jamais été réfutée. Seulement elle ne dit rien de notre sujet. Entre subir un écran seul dans sa chambre et résoudre un problème à plusieurs sur un réseau, il y a l'écart qui sépare regarder un match et le jouer. Et les chiffres de PISA ne désignent pas le clavier : ils désignent la dictée et le théorème.

Si l'école française échoue à produire de l'invention, ce n'est donc pas qu'elle ait cédé à la modernité. C'est qu'elle n'a jamais été bâtie pour ça. Le lycée est une création de 1802, le baccalauréat de 1808, et l'un et l'autre répondaient à un besoin précis : fournir à l'État des cadres capables de restituer un corpus avec élégance. Le concours, la dissertation, la culture générale, la hiérarchie des disciplines nobles et des disciplines utiles — tout cet appareil procède d'un idéal du dix-huitième siècle, celui de l'honnête homme, que la bourgeoisie du dix-neuvième a hérité de l'aristocratie et conservé avec une piété de légataire.

Or cet idéal porte en lui un mépris, et il faut le nommer puisque personne ne le fait : le mépris du commerce, du risque, de la main, de l'essai raté. Dans la hiérarchie française des réussites, celui qui a composé brillamment à vingt ans garde un avantage sur celui qui a créé quelque chose à trente. Nous avons bâti un système qui récompense la restitution et punit l'erreur, puis nous nous étonnons qu'il produise des gens prudents.

La preuve par l'autre bout : interrogés par PISA en 2022 sur la pensée créative, les élèves français obtiennent 32,4 points pour une moyenne de 32,7 dans l'OCDE. Le pays qui se raconte comme celui de l'esprit et de la finesse se situe, en matière d'invention mesurée, dans la moyenne des trente.

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La mutation ne réclame pas d'autres savoirs, elle réclame d'autres gestes

Ce qui change avec Internet, le travail en réseau et maintenant les modèles de langage, ce n'est pas la quantité de connaissances disponibles : c'est leur prix. Une information qui demandait trois heures de bibliothèque s'obtient en trois secondes ; une synthèse qui demandait une semaine s'écrit en une minute. Dans un monde où la réponse est gratuite, la valeur migre vers la question. Et vers tout ce que la machine ne fait pas : décider quoi chercher, juger ce qu'on a trouvé, travailler avec des gens qu'on n'a pas choisis, risquer une proposition que personne n'a validée.

Aucune de ces quatre compétences n'est évaluée par le système français ; elles y sont structurellement désavantagées. La scolarité française est verticale — un adulte parle, trente élèves prennent note — et solitaire : la note sanctionne un individu, la coopération s'appelle triche, l'originalité se paie d'un commentaire en marge. On apprend à l'élève que la bonne réponse préexiste à sa recherche, et qu'il s'agit de la retrouver. Excellente préparation à l'administration d'un pays stable. Préparation catastrophique à un monde qui bouge.

Faut dire que nous avons, dans cette affaire, la fierté qu'il ne faudrait pas. Nous admirons cette verticalité comme une rigueur, quand elle est d'abord une économie : une restitution se corrige au barème, une invention exige un jugement — donc des professeurs formés, nombreux, payés pour penser. Notre amour de la tradition scolaire est souvent, à le bien regarder, de la radinerie habillée en exigence.

La règle n'est pas l'ennemie de l'invention, elle en est la condition

Qu'on ne se méprenne pas : rien, dans ces lignes, ne plaide pour une école sans règles, sans effort et sans transmission. L'idée qu'il faudrait choisir entre la discipline et la créativité est une sottise — et une sottise que partagent, symétriquement, le pédagogue qui veut libérer l'enfant et le conservateur qui veut le dresser. Les deux croient que l'ordre vient du dehors. Ils ne discutent que de la dose.

Les modèles de personnalité dont la psychologie dispose depuis quarante ans — OCEAN, et sa version à six facteurs, HEXACO — permettent d'être précis. Le trait qui prédit le mieux la réussite scolaire et professionnelle n'est pas l'intelligence mesurée, c'est la conscienciosité : tenir un engagement, différer une satisfaction, organiser un travail long, revenir sur un ouvrage raté. Le trait qui prédit le mieux la production créative est un autre, l'ouverture à l'expérience. Et le point qui règle notre débat est celui-ci : ces deux dimensions sont indépendantes. On ne gagne pas l'une en cédant l'autre. Un individu peut être les deux, et les créateurs qui durent le sont presque toujours.

Ce que cela veut dire pour une école est simple, et très exigeant. Un enfant à qui l'on n'a pas appris à tenir une promesse, à finir ce qu'il a commencé, à supporter l'ennui d'un exercice et la honte d'une erreur n'innovera rien : il aura des idées, ce qui ne coûte rien, et il ne les mènera nulle part. L'invention n'est pas l'absence de méthode, c'est une méthode appliquée à l'inconnu. Un laboratoire est l'endroit le plus réglé du monde. Un atelier de peintre aussi.

Alors oui : il faut des horaires, des devoirs faits, des exigences non négociées et des adultes qui ne tremblent pas. Sur ce point, et sur celui-là seulement, les conservateurs ont raison contre trente ans de démagogie scolaire, et il serait malhonnête de ne pas l'écrire.

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Dernier mot

Reste la question décisive, celle que le partage en deux jeunesses sert justement à ne pas poser : cet ordre, qui le détient ?

Philippe de Villiers cite Arendt. Allons y voir. Le texte dont la phrase est tirée, La crise de l'éducation, dit bien que « le conservatisme, pris au sens de conservation, est l'essence même de l'éducation ». Mais il dit pourquoi, et c'est là que le raisonnement se retourne : « c'est justement, pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ». La tâche est double, et réversible : protéger « l'enfant contre le monde, le monde contre l'enfant ». Et le même texte ajoute que cette attitude conservatrice, transportée du terrain de l'éducation à celui de la politique, « ne peut mener qu'à la destruction ».

On ne peut pas faire plus exactement l'inverse de ce qu'on invoque. Arendt conserve pour libérer le neuf ; on nous propose de conserver pour l'éteindre. Elle interdit de porter ce conservatisme en politique ; c'est précisément là qu'on le porte. La citation a été prise pour son autorité, non pour son contenu — définition d'un argument décoratif.

Car un ordre extérieur produit deux résultats, et nous les avons tous les deux sous les yeux. L'obéissance tant qu'on regarde — et nous sommes devenus experts en surveillance, de la caméra au contrôle continu. Et, dès qu'on détourne les yeux, la poubelle en feu devant le portail. Un adolescent qui ne tient à l'ordre que par crainte de la sanction n'a pas appris la discipline : il a appris le rapport de force, et il attend son tour.

L'ordre qui tient est celui qu'on s'est donné. Tout l'écart est là, entre un homme formé et un homme tenu. Et c'est pourquoi aucun pouvoir n'a jamais eu d'intérêt spontané à produire le premier : un adulte qui porte sa règle en lui-même ne requiert ni tutelle, ni guichet, ni surveillance, et il ne vote pas par reconnaissance.

Je nous mets tous dans le lot, et moi avec. Nous avons réclamé de l'école qu'elle produise de la conformité, parce que la conformité nous arrange : elle est calme, elle est lisible, elle ne nous oblige à rien. Nous avons appelé cela la transmission. Un enfant obéissant est un enfant commode, et nous avons confondu notre confort avec son éducation pendant deux siècles — en laissant trente-sept points de lecture et de mathématiques sur le trottoir.

Éduquer n'est donc pas apprendre à obéir, et ce n'est pas davantage apprendre à innover. C'est apprendre à s'obéir à soi-même, pour pouvoir changer le reste.

La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu

5 October 2026 at 08:35

Le 29 juillet, Yves Casas, atteint de sclérose en plaques, est mort étouffé dans l'unité de soins de longue durée du centre hospitalier de La Tour-du-Pin (Isère). Selon sa femme et sa fille, elles ont cherché un soignant pendant une vingtaine de minutes. L’établissement reconnaît un « dysfonctionnement », mais oppose le secret médical aux demandes de précisions.

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Yves Casas est mort au centre hospitalier de La Tour-du-Pin (Isère), au sud-est de Lyon, de suffocation. La scène décrite par les proches est difficile à concevoir dans un établissement dont la première fonction est précisément d’assurer une présence et une prise en charge aux patients dépendants. Une plainte est en cours et aucune responsabilité pénale n’est, à ce stade, établie.

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Vingt minutes à chercher de l’aide

Yves Casas avait intégré l’unité de soins de longue durée le 17 juin. Le 29 juillet, son état respiratoire se serait brutalement dégradé. La famille rapporte notamment une saturation en oxygène tombée à 86 % et de graves difficultés respiratoires.

“Mon père est mort en suffoquant” : une famille dénonce de graves dysfonctionnements à l’hôpital de La Tour-du-Pin
Le 29 juillet, M. Casas est décédé au centre hospitalier de La Tour-du-Pin de suffocation. Sa famille dénonce de graves dysfonctionnements.

Vers 19 h 30, lorsqu’il a commencé à suffoquer puis à ne plus respirer, son épouse et sa fille auraient actionné la sonnette et parcouru les couloirs à la recherche d’un professionnel. Selon leur récit, elles auraient attendu et cherché de l’aide durant environ vingt minutes.

La famille s’interroge également sur plusieurs éléments de la prise en charge, notamment l’administration d’un antibiotique par voie orale alors que le patient avait, selon ses proches, des antécédents de fausses routes. Elle demande désormais que soient examinés le dossier médical, les constantes, les prescriptions, les traitements administrés, les transmissions et les plannings du personnel.

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L’enquête interne face aux demandes de la famille

Le 30 juillet, les proches seraient revenus dans l’établissement et ont sollicité des explications. Ils ont ensuite saisi le procureur de la République et l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. Le parquet n’avait pas répondu aux sollicitations de Lyon Capitale au moment de la publication de l’article, le 19 août 2026.

Val de Briey : les urgences ferment encore cette nuit, après onze jours de fermeture en août
À Val de Briey, les urgences de l’hôpital Maillot ferment une nouvelle fois leurs portes, cette fois du 9 septembre à 20 heures au 10 septembre à 9 heures. Après onze jours de fermeture consécutifs en août, cette succession de suspensions pose une question simple : comment un service d’

La direction de l’hôpital dit comprendre la douleur de la famille et confirme avoir ouvert une enquête interne. Elle reconnaît qu’un « dysfonctionnement » s’est produit, tout en refusant de commenter précisément la prise en charge, au nom du secret médical et de la confidentialité. A ce jour, aucune responsabilité pénale n'est établie. L'établissement enquête sur lui-même. L'ARS, tutelle du système, est saisie de faits qui engagent son propre périmètre. Les pièces décisives, plannings et horaires de présence, sont entre les mains de ceux dont la conduite est en cause.

Reste une question: combien de soignants étaient présents ce soir-là, et où se trouvaient-ils ? Dans un système financé par prélèvements obligatoires, l'usager ne sait vers qui se tourner. Cette affaire est glaçante. La réponse de l'institution est juste une prudence administrative qui n'éclaire rien.

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