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Received — 9 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Obtenir la fin de Parcoursup

9 October 2026 at 19:16

Par Eric V.

126 632 candidats sans aucune proposition le 11 juillet. Le même jour, 83 000 places vides dans 6 000 formations. Le ministre appelle « immense démagogie » l’idée d’en finir.

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Le 11 juillet, au soir de la phase principale, 126 632 candidats n’avaient reçu aucune proposition. Plus d’un sur six. Le même jour, 83 000 places restaient vacantes dans quelque 6 000 formations. Relisez les deux chiffres ensemble. Une file d’attente et des invendus, au même guichet, à la même heure.

Depuis près de deux semaines, les lycées sont bloqués : plus de 500 établissements perturbés le 2 octobre, 735 selon le ministre lui-même. Les lycéens réclament des professeurs, des murs qui tiennent et, pour certains, la suppression de la plateforme Parcoursup. Mercredi, sur BFM, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, leur a répondu avec une confondante clairvoyance : une « immense démagogie », et ceux qui la proposent « prennent vraiment les lycéens pour des truffes ». Son collègue de l’Éducation nationale avait, lui, ouvert une plateforme de concertation. Pour trois semaines.

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Une file et des invendus

Quiconque a connu une économie administrée reconnaît le tableau.

Parcoursup, ce sont 21 000 formations passées dans le même entonnoir, 83 % d’usagers qui le disent « stressant », des classements produits par des algorithmes locaux dont le Conseil d’État a jugé que le code n’avait pas à être communiqué, et un recours devant le tribunal qui peut mettre jusqu’à un an à aboutir. Un an : la rentrée est passée, la suivante approche.

Le reste se paie. L’enseignement supérieur privé est passé de 490 000 à 790 000 étudiants en dix ans.

La présomption fatale

Pour fixer le bon nombre de places dans une seule licence, il faudrait savoir à l’avance cinq choses. Combien de bacheliers la demanderont. Avec quel niveau. Ce que chacun aurait fait d’autre. Combien d’enseignants seront là en septembre. Et ce que le marché du travail absorbera dans trois ans. Aucun rectorat ne détient cela. Ce n’est pas affaire de compétence ni de moyens : l’information n’existe nulle part en un seul endroit. Elle est éparpillée entre les candidats, les familles, les professeurs, les employeurs — et elle n’apparaît que lorsqu’ils agissent.

Hayek a donné un nom à l’erreur qui consiste à l’oublier : la présomption fatale. La présomption, c’est de croire qu’on peut organiser depuis un bureau ce que personne, depuis ce bureau, n’est en mesure de savoir. Elle est fatale parce qu’elle ne se corrige pas : le bureau qui se trompe ne reçoit aucun signal lui disant de combien.

D’où les deux chiffres du 11 juillet. Un guichet central ne se trompe pas dans un sens ou dans l’autre. Il se trompe dans les deux à la fois, le même jour : 126 632 candidats sans proposition, 83 000 places vides.

Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s’agit-il ?
La présomption fatale de Hayek expliquée simplement : croire qu’un plan d’ensemble fait mieux que les décisions de chacun. L’idée, les mots, les objections.

La pénurie est décidée avant l’algorithme

Le ministre a un argument, et il est sérieux. Avant Parcoursup, il y avait APB et sa loterie : 189 mentions de licence départagées par tirage au sort en 2015, 78 en 2016. Avant APB, la queue à l’aube devant les secrétariats. Et un lycéen d’Aurillac voit aujourd’hui, depuis sa chambre, les mêmes formations qu’un lycéen du Quartier latin. Tout cela est vrai. Le catalogue est un progrès ; qu’on le garde.

Seulement, la loterie, la file et l’algorithme sont trois manières de distribuer une pénurie qu’aucun des trois n’a créée. Elle est écrite ailleurs : à l’article L. 612-3 du code de l’éducation, qui fait arrêter chaque année les capacités d’accueil par « l’autorité académique ». Le nombre de places d’une licence n’est fixé ni par l’université seule, ni par ceux qui veulent y entrer. Il l’est par un rectorat. L’algorithme arrive après, et on lui en veut de faire ce pour quoi on l’a construit.

Voilà pourquoi la suppression que l’on réclame à gauche ne supprime rien. La proposition de loi des Insoumis rend au bachelier le droit de s’inscrire où il veut, puis confie au recteur le soin de trancher quand il y a trop de monde, selon le domicile et la situation de famille. On demande donc au recteur de décider ce que l’algorithme décidait, avec l’information dont il disposait : aucune. Les syndicats étudiants y ajoutent 250 000 places et dix milliards que le budget n’a pas. Le guichet change de bureau.

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Ce que finir veut dire

Obtenir la fin de Parcoursup, c’est obtenir trois choses, et aucune ne coûte dix milliards.

Que chaque établissement fixe lui-même combien d’étudiants il accueille, et en réponde : il est le seul à savoir de combien de salles, de professeurs et d’encadrement il dispose. Que chaque candidat postule directement, à qui il veut, autant de fois qu’il veut. Que chaque refus porte un motif et un nom, celui d’une personne qu’on peut appeler, et non celui d’une « commission d’examen des vœux ». L’État garde le catalogue et publie, formation par formation, ce que deviennent ceux qui y entrent.

Cela s’appelle une sélection, et le mot fâche. Mais elle existe déjà : elle est seulement anonyme, tardive et sans appel utile. Une sélection qu’on n’ose pas signer, on la confie à une machine.

C’est ici que nous entrons dans la pièce, nous autres parents. Ce guichet, nous l’avons voulu. Il nous épargne le refus prononcé par quelqu’un, il passe tous les enfants dans la même machine, et nous appelons cela l’égalité. Puis nous payons un coach en février et une école privée en juillet.

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Dernier mot

Je ne sais pas si les blocus tiendront jusqu’à la Toussaint. Je sais ce qu’il faut demander à ceux qui veulent l’Élysée en avril : non pas s’ils gardent la plateforme, mais qui, sous leur mandat, décidera du nombre de places et signera les refus.

Le ministre a raison sur un point. On prend les lycéens pour des truffes. Depuis 2018.

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Mouvement lycéen : comment le parti de l'ordre a perdu la bataille mondiale de l'image

9 October 2026 at 18:42

Par Renaud Jacobs

Un CRS de trois mètres de haut. Un maire en costume gris qui écarte les bras devant lui : « Laissez ces jeunes tranquille. » Un lycéen à capuche qui saute un mur sous le nez d'un policier : « Trop facile ! » Puis un carton, « Au même moment dans Paris », et quatre hommes en costume sombre dans un salon doré. L'un d'eux ressemble trait pour trait au président de la République. Il lâche : « Débrouillez-vous. »

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C'est une vidéo de deux minutes dix-huit, publiée sur X par le compte @LesRorschach, dessinée dans le style des mangas japonais. Elle se termine sur un dernier carton : « Prochain épisode : Les spores de la mort. »

Les images des manifestations qui touchent la France ont été adaptées en manga et font des millions de vues sur les réseaux.
Attendez de voir la suite...😨

Crédit : Madara9314 sur TikTok pic.twitter.com/QuSpda0ntm

— The Rorschach's Chronicles (@LesRorschach) October 8, 2026
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D'où vient la scène

Le maire en costume gris, c'est Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, et le dessin animé reprend une scène réelle. Le mardi 6 octobre, dans le cortège lycéen parisien, il s'est placé entre les manifestants et les forces de l'ordre en criant : « Arrêtez ! Reculez ! Arrêtez de pousser ! » En deux jours, une douzaine de rédactions étrangères ont diffusé les images : la BBC, y compris dans sa version en chinois, CNN, Al Jazeera, El Mundo, La Stampa, G1 au Brésil, Al-Arabiya.

Une semaine plus tôt, le même élu était au centre d'une autre histoire. Le 29 septembre, il avait déclaré sur BFM que « la violence, à un moment donné, peut être légitime », en ajoutant qu'il valait mieux l'éviter quand c'était possible. Le lendemain, le préfet de police annonçait avoir saisi le procureur de Bobigny pour « provocation à commettre un délit ».

Ma lecture est simple. Le camp de l'ordre a voulu que l'histoire soit celle d'une phrase, et il l'a portée devant un juge. Le reste du monde a retenu une image. Et quelques jours plus tard, cette image était devenue un feuilleton.

Première observation : ce dessin animé n'a presque rien coûté

Cette vidéo porte toutes les marques d'une production par intelligence artificielle générative, c'est-à-dire par un logiciel qui fabrique des images à partir d'une simple description écrite. Le style est parfaitement homogène d'un plan à l'autre, les décors parisiens sont génériques, et un sous-titre laisse passer une coquille qu'aucun studio n'aurait gardée : « Pefect Plano », pour perfect plan. Je ne peux pas le prouver, et je le signale comme tel. Mais tout l'indique.

Il y a cinq ans, deux minutes d'animation de cette qualité demandaient une équipe et des semaines. Aujourd'hui, elles demandent un abonnement et une soirée. C'est le point technique que les communicants n'ont pas encore intégré : l'image n'est plus seulement captée par des téléphones dans la rue. Elle est fabriquée, à la demande, par n'importe qui.

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Deuxième observation : la fiction écrit la suite que personne n'a écrite

Regardez ce que raconte le dessin animé, au-delà de la scène du 6 octobre. Il invente des héros : une petite bande de lycéens en sweat à capuche et en salopette. Il invente des méchants : « L'État », quatre hommes dans un palais, dont l'un dit « nous donnent du fil à retordre » et l'autre « débrouillez-vous ». Et il relie les blocages à la suite du calendrier : « Le 17 octobre arrive bientôt. Et les gilets jaunes aussi. » Une dernière scène montre des hommes en gilet jaune : « C'est bientôt l'heure. Soyez prêts les amis. »

Aucun syndicat lycéen, aucun parti n'a écrit ce récit dans un texte officiel. C'est une fiction qui le propose, sous forme d'épisodes, avec un prochain épisode annoncé. Pour un adolescent qui la regarde entre deux cours, c'est peut-être la seule version des événements qu'il retiendra.

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Troisième observation : en face, des documents

Le camp de l'ordre, lui, s'est battu avec des textes. Un signalement au procureur. Un communiqué de préfecture. Ils peuvent être solides en droit. Ils sont invisibles pour qui ne lit pas les communiqués de préfecture, c'est-à-dire pour presque tous les lycéens et pour le monde entier.

L'objection est sérieuse, et je la prends. Ce dessin animé est une fiction : il ne prouve rien, il caricature, et la scène réelle elle-même, quinze secondes de vidéo, ne montre pas ce qui s'est passé avant. C'est un point de méthode que je fais vérifier à ceux à qui j'apprends à lire une source : une image prouve ce qu'elle cadre, rien de plus. Seulement, avoir raison sur le contexte ne sert à rien quand le contexte ne circule pas. Et les outils qui ont produit ce feuilleton sont à la disposition de tout le monde, y compris de ceux qui voudraient raconter l'autre version. Personne ne l'a fait.

Le 30 septembre, une lettre au procureur de Bobigny. Le 6 octobre, quinze secondes de vidéo, reprises dans le monde entier. Quelques jours plus tard, deux minutes dix-huit de dessin animé, et un carton : « Prochain épisode ».

L'humeur de Veerle Daens : même les subventionnés n'en peuvent plus de Brigitte et Emmanuel

9 October 2026 at 15:32

Une pancarte passe deux fois derrière un présentateur. Personne ne donne d'ordre. Deux jours plus tard, toutes les équipes de la rédaction nationale de France 2 sont priées de surveiller les mots insultants. Mes chers libertariens de l'Absurdistan, voilà comment on tient une antenne publique sans jamais rien ordonner.

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Reprenons. Mardi 6 octobre, 13 Heures de France 2. Derrière Julian Bugier défilent les images de la manifestation lycéenne. Une pancarte vise Brigitte Macron et joue, grossièrement, sur le fait qu'elle fut la professeure de son mari. Je ne la recopie pas. Vous n'y perdez rien, et ce n'est pas le sujet.

Le sujet, c'est la suite. Mercredi, pas d'excuses à l'antenne. Et selon Le Parisien, le président n'a pas aimé, et il l'a fait savoir à la direction de France Télévisions.

Qui parle ? Un proche. L'Élysée n'a rien déclaré. Emmanuel Macron n'a rien déclaré. Le proche, lui, résume : « Évidemment que ça ne lui a pas fait plaisir. » Évidemment.

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Une consigne sans auteur

Regardez maintenant la maison se mettre en ordre toute seule.

Le médiateur de France Télévisions trouve l'image fugace, mais juge qu'elle n'aurait pas dû se retrouver à l'écran. Le directeur de la rédaction nationale, Julien Duperray, plaide sa bonne foi : « Nous ne sommes pas responsables de ce qui est écrit sur des pancartes de manifestants. » C'est exact. Puis il concède que l'usage de l'image aurait dû être maîtrisé. Et la direction rappelle à toutes les équipes de veiller aux mots potentiellement insultants.

Amis libertariens, comptons. Un agacement rapporté par un anonyme. Un médiateur contrit. Une note de vigilance pour toute une rédaction. Aucun ordre, nulle part. Amai : la consigne existe, et elle n'a pas d'auteur.

C'est la forme la plus élégante du pouvoir. Il n'interdit rien. Il laisse savoir qu'il n'a pas aimé, et le reste s'organise dans les couloirs.

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Le plus subventionné des journaux

Le plus savoureux est ailleurs. Le journal qui raconte l'affaire est celui qui reçoit le plus d'argent public en France.

En 2024, 527 titres se sont partagé 175,2 millions d'euros d'aides directes. Premier du classement par titre : Aujourd'hui en France, l'édition nationale du Parisien, avec 12,24 millions. Premier par groupe : Les Échos-Le Parisien, avec 17,97 millions.

Ce journal-là ne dénonce rien, notez bien. Il raconte. Il rapporte qu'un chef d'État s'est plaint d'une chaîne publique à cause d'une pancarte. Pour le titre le mieux nourri du pays, c'est déjà mordre la main qui donne la gamelle.

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Compagnons d'Absurdistan, faites le tableau. D'un côté, une chaîne financée par l'État qui s'excuse d'une pancarte qu'elle n'a pas écrite. De l'autre, le journal le plus subventionné de France, qui publie ce que l'entourage présidentiel aurait préféré garder dans les couloirs.

Mardi, une pancarte. Mercredi, pas d'excuses. Jeudi, une note à toutes les équipes. Ordres donnés : zéro.

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Bruxelles: sept milliards d'euros mal dépensés, et les auditeurs disent non pour la septième année de suite

La Cour des comptes européenne refuse, pour la septième année consécutive, de certifier les dépenses du budget de l’Union. Taux d’erreur : 3,8 %, au-dessus du seuil de 2 %. Près de 7 milliards d’euros ont été engagés irrégulièrement sur 176,3 milliards d’euros de dépenses.

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Le 8 octobre 2026, le rapport annuel sur l’exercice 2025 est publié. Il ne qualifie pas ces faits de fraude. Il établit que le contrôle reste défaillant, année après année, sans correction à la hauteur.

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Sept années d’erreurs, sans amélioration notable

Dans son rapport annuel sur l’exercice 2025, la Cour des comptes européenne estime le taux d’erreur à 3,8 %, contre 3,6 % en 2024. Ce niveau dépasse largement le seuil de signification de 2 % retenu par les auditeurs pour apprécier la régularité des dépenses. Sur 176,3 milliards d’euros de dépenses budgétaires, près de 7 milliards sont ainsi concernés par des irrégularités.

Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, résume cette stagnation : « c'est vrai qu'on constate chaque année que le taux d'erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ». Les irrégularités atteignent 6,6 % pour la cohésion et 3,9 % pour les ressources naturelles et l’environnement, deux domaines qui représentent ensemble environ les deux tiers du budget européen.

La Cour précise toutefois que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Il mesure des manquements aux règles de dépense, sans établir à lui seul une fraude ou une mauvaise utilisation économique des fonds. Les auditeurs ont également examiné 750 opérations et 37 paiements du plan de relance aux États membres, dont neuf n’étaient pas conformes aux règles.

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Des marchés publics aux justificatifs introuvables

Les marchés publics et les subventions représentent 26 % des cas d’irrégularité, contre 16 % l’année précédente. L’absence de pièces justificatives constitue la deuxième cause, avec 19 % des cas, contre 9 % auparavant. Autrement dit, une part importante des anomalies tient à l’incapacité de produire les documents nécessaires pour établir la régularité des dépenses.

La Cour précise que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Les 17 cas de fraude présumée transmis aux autorités sont un chiffre distinct. Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, le reconnaît : « c’est vrai qu’on constate chaque année que le taux d’erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ».

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L’encours constaté de la dette de l’Union atteint 738,9 milliards d’euros. La projection d’un montant proche de 1 000 milliards pour 2027 ne relève pas d’un encours observé. À Bruxelles, les irrégularités dans l’attribution et l’usage des fonds sont devenues une routine comptable. Les élites européennes demandent toujours plus de ressources, mais refusent de rendre des comptes certifiables. Pour la France, rester dans ce cadre signifie financer un budget que les auditeurs eux-mêmes ne valident pas. Le Frexit devient une condition de ce contrôle.

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SNCF et RATP : entre 4% à 10% de votre amende va dans la poche de celui qui vous l'a mise

9 October 2026 at 13:23

À la SNCF, un contrôleur peut toucher entre 4 % et 10 % du montant d’une amende réglée sur place, selon Stéphane Vardon, chef de bord et responsable CGT. À la RATP, la direction annonce 150 euros bruts mensuels de prime, quand des contrôleurs interrogés évoquent 50 à 600 euros. Derrière la lutte contre la fraude, l’usager devient une ligne de prime.

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Le débat ne porte pas sur les agents, qui appliquent les consignes. Il porte sur le mécanisme décidé en haut : indexer une part de la rémunération sur les amendes infligées. Les deux entreprises publiques sont financées par le contribuable ; leur politique de contrôle mérite donc un examen précis.

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SNCF : un pourcentage sur les amendes, un forfait sur les paiements différés

À la SNCF, Stéphane Vardon, chef de bord et responsable syndical CGT en poste depuis vingt-sept ans, décrit un dispositif prévoyant une prime comprise entre 4 % et 10 % du montant de l’amende lorsque celle-ci est réglée sur place. En cas de paiement différé, la rémunération serait forfaitaire : 96 centimes par amende, quel que soit son montant.

Des contrôleurs interrogés évoquent des primes mensuelles comprises entre 50 et 600 euros. Ces montants rapportés ne constituent toutefois ni une moyenne nationale ni une mesure représentative de l’ensemble des agents.Même sans instruction explicite de verbaliser davantage, l'existence d'un intérêt financier crée un risque de conflit d'intérêts apparent. Le voyageur pressé, intimidé ou mal informé de ses droits devient la meilleure source de revenus.

L’amende payée immédiatement rapporte davantage à l’agent que l’amende différée. Cependant, il appartient à l'entreprise de prévenir ce risque par des règles transparentes et des procédures de contestation accessibles.

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RATP : 150 euros officiels, un témoignage à 1 000 euros

À la RATP, la direction annonce une prime mensuelle de 150 euros bruts. Un agent affirme avoir touché jusqu'à 1 000 euros en un mois, mais ce témoignage isolé n'a pas été vérifié : il ne permet donc d'établir ni une moyenne ni un montant habituel. De son côté, un cadre de l'entreprise reconnaît que les agents dont les primes atteignent plusieurs centaines d'euros peuvent recevoir moins de missions de contrôle les mois suivants.

Michel Babut, vice-président de la FNAUT, avance que la prime d'équipe représente 10 % du montant des amendes et estime que certaines pratiques pourraient conduire à des verbalisations trop strictes. Les exemples cités alimentent le malaise : une voyageuse aurait reçu une amende de 150 euros pour avoir transporté une plante jugée trop volumineuse dans le métro ; un jeune homme affirme avoir payé 35 euros alors qu'il possédait un pass. La RATP indique par ailleurs avoir recruté de faux voyageurs pour évaluer le professionnalisme de ses contrôleurs. Cette démarche révèle que la qualité des contrôles constitue déjà un sujet de vigilance interne.

SNCF et RATP : entre 4% à 10% de votre amende va dans la poche de celui qui vous l'a mise
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Selon l'article de Capital, la fraude coûterait 700 millions d'euros par an à la SNCF et à la RATP, qui chercheraient à réduire ce montant de moitié. On comprend l’enjeu financier. Mais indexer la prime sur l’amende déplace la responsabilité : le contrôleur devient comptable d’un rendement répressif, l’usager une source de recette, et le contribuable paie deux fois. Une politique libertarienne exige plutôt de supprimer l’intéressement au PV, la transparence sur les primes, leur mode de calcul et les voies de recours pour les usagers et les contribuables.

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Holdings, CIR, rachats d'actions : les députés taxent ce qu'ils ne savent pas compter

9 October 2026 at 10:39

Par Vincent Clairmont

Un milliard d'euros annoncés, cent millions votés, pas un euro encaissé : voilà ce qu'est devenue la taxe sur les holdings familiales pendant la discussion du budget 2026. Jeudi soir, la commission des finances a voté 2 % par an sur la même cible.

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Jeudi 8 octobre au soir, la commission des finances de l'Assemblée a durci la fiscalité des holdings familiales et des grands groupes. Quatre votes à retenir.

Un amendement de Charles de Courson, du groupe Liot, crée une taxe annuelle de 2 % sur une partie des placements financiers détenus par les holdings familiales. Une holding familiale, c'est la société par laquelle une famille détient son patrimoine. Un amendement d'Éric Coquerel, président de la commission, abaisse de 750 à 100 millions d'euros le chiffre d'affaires à partir duquel une entreprise paie la taxe sur les rachats d'actions. Cette taxe frappe une société quand elle rachète ses propres actions pour les annuler. Un amendement socialiste allège l'impôt des PME sur une part un peu plus large de leurs bénéfices. Un autre réforme le crédit d'impôt recherche, par lequel l'État rembourse aux entreprises une partie de ce qu'elles dépensent en recherche. Il le réserve davantage aux petites et moyennes entreprises. Et il le conditionne au maintien en France des activités financées pendant dix ans, avec remboursement en cas de délocalisation ou de nouvelle baisse d'effectifs.

Ces votes sont provisoires : la séance publique du 13 octobre repartira du texte du gouvernement, et j'ai traité cette mécanique ici le 8 octobre. Ce n'est pas mon sujet aujourd'hui.

Budget 2027 : les députés votent 4 milliards de déficit nouveau en une après-midi
Budget 2027 : la commission des finances a retiré près de 4 milliards en une séance. La plus grosse recette abandonnée du texte n’a jamais été mise aux voix.

Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : la commission a cessé de taxer ce que l'on gagne pour taxer ce que l'on possède. Elle l'a fait sur une cible qu'elle avait déjà taxée l'an dernier. Elle annonçait alors un milliard d'euros de recette. Elle en a voté cent millions. Pas un euro n'a encore été encaissé.

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Premier point : personne ne sait ce que cette taxe rapportera

Quand l'impôt porte sur ce qu'on gagne, il existe un chiffre écrit noir sur blanc : un bénéfice, un dividende versé, une somme, une date. Quand il porte sur ce qu'on possède, il faut d'abord décider ce que ça vaut. Or une holding familiale détient des parts de sociétés qui ne sont pas cotées en Bourse : il n'existe aucun prix public. Le fisc doit donc fixer un prix lui-même, et le propriétaire le contestera. Personne ne peut dire à l'avance ce que la taxe rapportera.

La démonstration se trouve dans le budget de l'an dernier. L'article 7 de la loi de finances pour 2026 a créé une taxe sur les holdings familiales. Le projet du

13,5 millions de déficit, une maternité qui se vide, et une gestion que la chambre des comptes qualifie de « mode crise »

La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d'Azur a rendu public, le 6 octobre 2026, son rapport sur le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël. Le déficit d'exploitation atteint 13,5 millions d'euros en 2024, les comptes sont dans le rouge depuis 2022, et l'établissement est piloté « en mode crise » depuis 2019. Pendant ce temps, 28 millions d'euros sont engagés pour restructurer les urgences.

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Le constat tient en une phrase : l’établissement, deuxième hôpital public du Var, vit au-dessus de ses moyens depuis plusieurs exercices.

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Des comptes dans le rouge depuis 2022

Deuxième établissement public de santé du Var, le centre hospitalier intercommunal de Fréjus–Saint-Raphaël dispose de 557 lits et places en 2024. La chambre régionale des comptes de Provence-Alpes-Côte d’Azur constate que ses comptes sont déficitaires depuis 2022. En 2024, le déficit d’exploitation atteint 13,5 millions d’euros.

Le constat financier est accablant : les recettes ont progressé, mais les dépenses ont augmenté plus rapidement. Les charges de personnel figurent parmi les postes dont la croissance est jugée insuffisamment maîtrisée. Pour autant, l’activité globale de l’établissement augmente, portée notamment par les prises en charge ambulatoires. La maternité, elle, continue de perdre de l’activité.

La chambre relève également des faiblesses dans le pilotage de l’établissement. Elle critique notamment la composition et la fréquence des réunions du directoire, tandis que la gestion commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez reste financièrement inachevée. Des litiges persistent sur le remboursement de certaines charges de personnel. Autrement dit, la coopération entre établissements ne suffit pas à garantir une répartition financière clairement réglée.

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28 millions pour les urgences, mais quelle stratégie globale ?

La chambre décrit une gestion « en mode crise » sur toute la période examinée depuis 2019, critique la composition et la fréquence des réunions du directoire, et relève que la direction commune avec le centre hospitalier de Saint-Tropez, en place depuis août 2014, reste financièrement inachevée. Des litiges subsistent sur le remboursement de certaines charges de personnel entre les deux établissements.

La restructuration des urgences, estimée à 28 millions d'euros dont 22 millions pour le seul service des urgences , est financée par des aides de l'agence régionale de santé, de l'emprunt et un prélèvement sur le fonds de roulement. L'établissement a lancé un plan d'efficience en 2025, que la chambre juge nécessaire mais insuffisant à lui seul. Six recommandations ont été formulées.

La chambre régionale des comptes est une juridiction financière. Elle relève, constate, recommande. Elle ne condamne pas. Mais ce qu'elle décrità savoir " un hôpital qui perd des naissances", pendant qu'on finance des murs pose une question que le rapport ne formule pas explicitement : à quoi sert une tutelle qui savait, depuis sept ans, sans agir ? Les 28 millions d'euros d'investissement immobilier ne traiteront ni la fuite des patientes, ni la désaffection des personnels, ni le déficit structurel.

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