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L'humeur de Veerle Daens : Glucksmann s'excuse ? ou le grand art du « désolé si »

By: CDS
5 October 2026 at 10:14

Le 17 septembre, Raphaël Glucksmann dit que Ségolène Royal a fait « la danse du ventre à Macron ». Le 2 octobre, la vidéo sort. Le 4, sur BFMTV, il s'excuse : « désolé si ces propos ont été perçus comme étant du sexisme ». Et, dans la même séquence : « j'assume complètement ». Deux phrases, un seul homme.

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Mes chers libertariens de l'Absurdistan, il faut que je vous raconte ce que j'ai vu dimanche soir sur une chaîne d'information française, parce que je crois avoir assisté en direct à la naissance d'un temps verbal.

Cinq candidats sur un plateau : Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel. Dernier débat avant que les militants votent, les 9 et 10 octobre. Pendant ce temps, une autre gauche organise sa propre primaire le 11. Deux primaires en trois jours : chez nous on appelle ça une querelle de clocher, mais il faut au moins deux clochers, et la France a trouvé le moyen d'en bâtir un second pour l'occasion.

Et de quoi parle-t-on, ce dernier soir, avec quatre cents lycées bloqués dans le pays ? D'une métaphore chorégraphique.

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Le 17 septembre, en réunion politique, monsieur Glucksmann a dit que madame Royal avait fait « la danse du ventre à Macron ». Le 2 octobre, un média de gauche sort la vidéo. L'intéressée y voit « une agression à connotation sexuelle ». Le 4, sur le plateau, il faut bien dire quelque chose. Et il dit ceci, que je vous recopie mot pour mot, parce qu'aucune paraphrase ne lui ferait justice :

« Je suis vraiment désolé si ces propos ont été perçus comme étant du sexisme. »

Arrêtons-nous sur le si, mes amis. C'est une pièce d'horlogerie. En deux lettres, il déplace la faute de la bouche vers l'oreille.

Reprenons calmement, comme ferait un inspecteur de Malines avec son carnet. Avez-vous prononcé la phrase ? Oui. La regrettez-vous ? Si elle a été perçue. Perçue par qui ? Par celle qui l'a entendue. Et si elle ne l'avait pas perçue ? Alors il n'y aurait rien eu à regretter. Nous y sommes : la faute n'habite pas celui qui parle, elle habite celui qui écoute. Le regret est adressé non pas à une femme, mais à une hypothèse — et l'hypothèse, c'est elle.

Le même soir, il a concédé que certains passages étaient vulgaires, qu'il ne fallait pas employer ces mots dans le débat public, et que sur le fond il assumait complètement. Comptons : il regrette la forme, il garde le fond, et il laisse à son adversaire la charge d'avoir mal entendu. Bruegel aurait mis trois personnages là où il n'y a qu'un homme en costume bleu.

Il a aussi dit que la conversation était privée. Olivier Faure, assis à côté, lui a fait observer qu'une réunion politique n'est pas une conversation privée. Voilà le détail que je garde de la soirée : pas la vulgarité, qui est banale, mais l'aplomb de reclasser une réunion de parti dans ses affaires intimes le jour où la bande sort.

Et maintenant la symétrie, mes chers lecteurs sans tableur, car c'est là que le tableau se retourne. Voici une famille politique qui a passé dix ans à enseigner à la France que l'intention de celui qui parle ne compte pour rien, et que seul compte l'effet sur celui qui reçoit. Dix ans de colloques, de chartes, de modules obligatoires. Et son candidat, sommé de s'appliquer la règle, explique que l'effet sur celle qui reçoit est une erreur de réception. Le ressenti valait preuve, jusqu'au jour où il fut celui de madame Royal.

Je ne vous laisse pas sortir d'ici innocents. Le désolé si n'est pas une invention de la gauche française. C'est la langue maternelle de tous les dîners de famille et de tous les entretiens annuels d'évaluation du continent : désolé si tu l'as mal pris. Nous le parlons tous couramment. Lui a seulement eu le malheur de le parler devant une caméra, six jours avant un vote.

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Chez nous, on dirait que toute l'affaire est un doekje voor het bloeden : le petit linge qu'on pose sur la plaie, qui ne soigne rien, mais qui permet de dire qu'on a fait quelque chose.

Une dernière question, à méditer devant votre genièvre. Si l'on peut désormais regretter au conditionnel ce qu'on a dit à l'indicatif, qu'est-ce qui empêche d'aller jusqu'au bout — de promettre au conditionnel, de voter au conditionnel, de gouverner au conditionnel ? Je suis vraiment désolé si ce quinquennat a été perçu comme un échec.

Réfléchissez. En Flandre, on a déjà commencé à conjuguer.

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L'humeur de Veerle Daens : Bardella et la barrière que le RN a passé 13 ans à baisser

By: CDS
2 October 2026 at 10:31

La question circule, et elle mérite mieux qu'une moue : et si l'électeur historique du RN se remettait à aimer Jordan Bardella, précisément à cause de ce qu'on lui reproche ? Elle est sérieuse. Elle est aussi réfutable, et c'est le RN lui-même qui l'a réfutée — en 2013, par la bouche de l'un de ses cadres.

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D'abord, remettons le dossier d'aplomb. Personne n'a compris quoi que ce soit : Mediapart a publié des pièces et revendique une authentification, l'intéressé parle de montages et a déposé deux plaintes, aucun juge n'a rien dit. Ce qu'on peut analyser aujourd'hui n'est pas l'effet d'un fait établi. C'est l'effet d'un soupçon. La nuance n'est pas de confort : elle est la différence entre une analyse et une assignation.

Ensuite, l'arithmétique. Retrouver confiance suppose en avoir perdu. Or la dernière mesure disponible chez les sympathisants du parti donnait à M. Bardella 97 % d'opinions favorables. Mes chers libertariens de l'Absurdistan, on ne regagne rien à 97 %. Le plafond est le plafond. Ce qui peut encore monter, ce n'est pas l'adhésion, c'est la ferveur — et la ferveur ne fabrique pas une voix de plus, elle réchauffe celles qui sont déjà là.

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Vient la pièce que personne ne cite, et qui tranche. En décembre 2013, Louis Aliot explique que l'antisémitisme est la seule barrière qui empêche les Français de voter pour son parti, et que la lever libérerait tout le reste — c'est la formule rapportée par l'historien Marc Knobel. Amai. Treize ans de stratégie tiennent dans cette phrase. Toute la dédiabolisation en découle : l'exclusion du père en 2015, la police du vocabulaire, les costumes, les voyages en Israël. Le parti n'a pas baissé cette barrière par conviction tardive. Il l'a baissée parce qu'il avait calculé qu'elle lui coûtait une élection.

Et il avait raison. Regardez de quoi son électorat est fait aujourd'hui. Une étude Fondation Jean-Jaurès–Ipsos–Cevipof–Le Monde publiée le 15 mai dernier le découpe en quatre familles : les libéraux identitaires, 34 %, noyau idéologique ancien, âgé, stable ; la France oubliée, 21 %, bloc populaire historique ; la France glissante, 23 %, peu politisée, hésitante ; la droite radicale opportuniste, 22 %, ralliement récent et stratégique.

Faites l'addition, amis libertariens. Quarante-cinq pour cent de cet électorat — les glissants et les opportunistes — est arrivé après que la barrière a été abaissée, et parce qu'elle l'avait été. C'est exactement la fraction qui transforme un premier tour à 35 % en second tour à 53 % — les ordres de grandeur mesurés en novembre dernier. Ce sont des gens qui n'ont pas voté pour une famille de pensée : ils ont voté parce que le prix social du bulletin avait baissé.

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Reste le fond de vérité que la question flaire, et il faut le dire sans ironie. Il existe dans cet électorat un résidu mesuré : une enquête AJC-Ifop de 2022 relevait que 39 % des électeurs de Marine Le Pen jugeaient que les Juifs ont trop de pouvoir économique et financier, contre 26 % de l'ensemble des Français. Ce résidu est réel. Mais « pas disqualifiant » ne veut pas dire « attirant » — et ce résidu se situe à l'intérieur des 34 % qui votent déjà, pas au-dehors.

Alors l'hypothèse ? Elle décrit une sensation exacte et en tire une conclusion fausse. La sensation, on l'a vue à La Seyne-sur-Mer dès mardi : les fidèles se resserrent, ravis qu'on s'acharne sur leur homme, et ce resserrement ne coûte rien. La conclusion, elle, confond un plaisir et un bénéfice. Un parti qui gagne en intensité ce qu'il perd en extension n'a pas progressé : il a échangé une majorité contre une ferveur.

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Mes chers lecteurs sans tableur, voilà le vrai enjeu de cette affaire, et il n'est pas moral, il est comptable. Le RN n'a pas peur que sa base le lâche — elle ne le lâchera pas. Il a peur que les quarante-cinq pour cent se souviennent pourquoi, pendant trente ans, ils ne votaient pas pour lui

L'humeur de Veerle Daens : le bailleur, le PLU et les 9.316 communes

By: CDS
1 October 2026 at 09:06

Depuis ce matin, la France impose un nouveau modèle de bail. Une ligne de ce modèle peut annuler votre contrat. Et personne — ni votre notaire, ni votre mairie, ni l'État qui l'a écrite — ne peut vous dire en trente secondes si elle vous concerne. Bonne rentrée locative.

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Le décret du 6 juillet est entré en vigueur. Quatre articles. Il remplace les contrats types de 2015 et s'applique à tout bail conclu ou renouvelé à compter d'aujourd'hui. Parmi les mentions nouvelles, une seule mérite qu'on s'arrête : le cas échéant, le bail doit indiquer que le logement est grevé d'une servitude de résidence principale.

Mes amis du Pays-des-Cartésiens, arrêtons-nous sur le cas échéant.

Le cas échéant ? Le cas échéant. Quel cas ? Celui où la commune a inscrit la servitude dans son plan local d'urbanisme. Qui peut l'inscrire ? Neuf mille trois cent seize communes y ont droit — celles où les résidences secondaires dépassent 20 % du parc, ou qui relèvent de la taxe sur les logements vacants. Combien l'ont fait ? Biarritz, Bayonne, Anglet, Bidart, Boucau. Chamonix, sur la quasi-totalité de ses zones constructibles. Bonifacio, Porto-Vecchio, Santa Maria di Lota. Cancale. Oléron s'y prépare. Et les autres ? On ne sait pas. Où est la liste ? Il n'y a pas de liste.

Comment savoir, alors ? La réponse des professionnels tient en deux gestes : vérifier le PLU de la commune, demander au notaire. Autrement dit : allez lire le règlement d'urbanisme de votre village, ses zonages et ses annexes, pour savoir ce que vous devez écrire dans un contrat de deux feuillets.

Et la sanction ? Elle n'est pas dans le décret — le décret, lui, ne sanctionne rien. Elle est ailleurs, dans le code de l'urbanisme, à l'article L. 151-14-1 créé par la loi Le Meur du 19 novembre 2024 : la servitude doit être expressément mentionnée dans tout acte portant sur le logement qu'elle grève — promesse, vente, bail. À défaut, nullité de l'acte. Miljaardedju. On ne vous punit pas d'avoir mal loué : on efface le contrat.

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Arrivée là, je dois vous signaler la plus belle pièce du dossier. Cette servitude ne pèse que sur les logements neufs, en zones urbaines et à urbaniser. Le bâti existant n'est pas concerné. Les meublés de tourisme déjà convertis non plus. Le dispositif inventé pour rendre des logements aux habitants permanents s'applique donc exclusivement aux logements qui n'existent pas encore. On ne récupère rien : on grève l'avenir. C'est une réforme adressée à des murs non bâtis.

Amis libertariens, voyez l'asymétrie — elle est parfaite. Le propriétaire qui n'a pas lu le PLU risque la nullité de son bail ; celui qui loue à l'encontre de la servitude s'expose à une mise en demeure du maire, sous astreinte de mille euros par jour plafonnée à cent mille. L'État qui a créé l'obligation, décentralisé son déclenchement dans neuf mille trois cent seize règlements communaux et n'a publié aucun recensement, lui, ne risque rien. Il a fait son travail : il a imprimé la case. Je cherche l'équivalent chez nous, de l'autre côté de la frontière. Je ne le trouve pas.

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Notez au passage que le reste du décret est un théâtre d'ombres. La clause résolutoire pour troubles de voisinage ? Déjà permise par la loi du 27 juillet 2023, simplement recopiée dans le formulaire, et toujours soumise au juge. Rien de nouveau, sinon la mise en page. Le vrai danger n'est jamais celui qu'on annonce en gros titre ; il est dans la ligne qui commence par le cas échéant.

Compagnons d'absurdistan, une question avant de refermer. Quand l'obligation est écrite à Paris, sa condition de déclenchement dans neuf mille trois cent seize règlements locaux, et sa sanction dans un troisième code, le devoir du citoyen n'est plus d'obéir à la loi : c'est de la deviner. Qu'obtient-on d'un pays où le droit se devine ?

On obtient des gens qui ne louent plus.

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L'humeur de Veerle Daens : comment la Flandre tient le secret de vos messages entre ses mains

By: CDS
25 September 2026 at 09:21

par Veerle Daens

Mardi 29 septembre, à Bruxelles, les négociateurs des trois institutions se réunissent de manière informelle pour décider si une machine lira vos conversations privées. Neuf gouvernements peuvent encore l'empêcher. Il leur manque 2,1 points de population européenne. La Belgique en pèse 2,63. Elle n'a rien dit.

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Amis libertariens, laissez-moi vous exposer l'arithmétique la plus importante de votre année — celle dont aucun journal télévisé ne vous parlera, parce qu'elle n'a ni visage, ni victime photographiable, ni ministre à interrompre.

Pour bloquer un texte au Conseil de l'Union, il faut quatre États membres représentant plus de 35 % de la population. C'est écrit, c'est mécanique, c'est un tableur. Les neuf gouvernements qui refusent le scan obligatoire des messageries privées (dit chatcontrol) pèsent 32,9 %. Il manque 2,1 points. Trois pays peuvent les fournir : l'Allemagne (18,47 %), le Portugal (2,38 %), la Belgique (2,63 %). Accessoirement, le bloc des neuf ne peut perdre ni l'Italie, ni la Pologne, ni les Pays-Bas, qui pèsent à eux trois 25,5 % : une défection et il n'y a plus d'arithmétique du tout. Les chiffres sont là, et là.

Chat Control : où en est la surveillance des messageries cryptées en Europe ?
Rejetée par le Parlement en mars, expirée le 4 avril, la dérogation Chat Control revient au Conseil sous forme d’un texte neuf valable jusqu’en 2028. État des lieux.
L’humeur de Veerle Daens : Chat Control ou la trahison ressuscitée
Mes chers libertariens de l’Absurdistan, permettez à une Flamande qui prend son café à Malines, devant le carillon de Saint-Rombaut qui sonne en sept volées l’heure exacte de votre prochaine fouille corporelle numérique, de vous rapporter une affaire qui, même pour Bruxelles, défie l’entendement. Le 26

L'Allemagne, elle, a trouvé la formule. En public, elle rejette le scan sans soupçon. Au Conseil, depuis juin, ses négociateurs ne s'y opposent plus. Admirez la manœuvre, elle mérite un cadre : on ne vote pas pour, on ne vote pas contre, on cesse de s'opposer. Voilà le degré zéro du courage politique porté à sa perfection technique — une abstention si bien élevée qu'elle n'a même pas besoin d'être déclarée.

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Et mon pays ? Mon pays, mes chers lecteurs sans tableur, est indécis. On le dit avec un mot d'agence de notation, comme s'il s'agissait d'un arbitrage délicat entre deux biens supérieurs. Indécis sur quoi ? Sur la lecture des messages de quatre cent cinquante millions d'Européens. Depuis quand ? Depuis que la Commission a déposé son texte, en mai 2022. Cinquante-deux mois. Miljaardedju — cinquante-deux mois, c'est plus long qu'une grossesse d'éléphante, plus long que la construction d'un pont sur la Dyle, plus long que la carrière moyenne d'un secrétaire d'État belge. Un pays qui n'a pas tranché en cinquante-deux mois n'est pas indécis. Il attend de voir qui gagne.

On me dira que le règlement protège les enfants, et il faut le dire sérieusement : son objet est l'abus sexuel des mineurs, qui n'est pas une abstraction de juriste. Seulement voilà — le Parlement européen, de son côté, ne propose pas de ne rien faire. Il propose la détection ciblée sur ordonnance judiciaire. Le choix n'est donc pas entre protéger et laisser faire. Il est entre scanner les suspects et scanner tout le monde. Et sur ce que coûte la seconde méthode, le texte a une élégance qu'il faut saluer : les plateformes ne publieront leurs taux d'erreur et de faux positifs qu'à partir du 1er février 2027. Soit après. On vous demande de signer avant de connaître le prix, et le prix sera facturé en vies privées de gens qui n'avaient rien fait.

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Notez maintenant l'asymétrie, elle est d'une perfection d'horloger. Pour étendre la surveillance, l'urgence suffit : le 9 juillet, le Parlement a prolongé le scan volontaire jusqu'au 3 avril 2028 parce que les 314 députés qui votaient contre n'atteignaient pas les 361 requis — dans cette maison, la majorité qui dit non ne suffit pas ; il faut une majorité qualifiée pour empêcher. Pour restreindre la surveillance, en revanche, il faut quatre États, 35 % de population, et l'accord de trois capitales qui ne décrochent pas. Le dispositif est monté de telle sorte que l'inertie travaille toujours dans le même sens. Ce n'est pas un hasard de procédure. C'est une architecture.

Mardi, si personne ne bouge, les négociateurs acteront le facile — le Centre européen, l'évaluation des risques, les obligations de transparence — et renverront le reste. Sans accord, le dossier passe à la présidence lituanienne en janvier, puis à la grecque en juillet. Il ne meurt pas. Il patiente. C'est sa nature profonde : un texte de surveillance n'a jamais besoin de gagner, il lui suffit de ne pas perdre, pendant que vous avez une vie, un métier, des enfants à récupérer à l'école et aucune raison de savoir ce qu'est un COREPER.

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Alors une dernière question, compagnons d'Absurdistan, à poser à votre député avant mardi soir. Le jour où une machine lira vos messages, elle le fera parce que quatre cent cinquante millions d'Européens l'auront voulu — ou parce que deux virgule un pour cent d'entre eux n'ont pas rappelé ?

Je connais la réponse. Elle tient dans un tableur, et personne n'aura signé.

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