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« Exsules filii Hevae » : ce que 80 000 jeunes ont chanté à Saint-Denis

26 September 2026 at 11:06

par Thibault de Varenne

Ad te clamamus, exsules filii Hevae. Vers toi nous crions, enfants d'Ève exilés. Vendredi soir, vers vingt-trois heures, ces mots ont été chantés par quatre-vingt mille jeunes gens au Stade de France, à Saint-Denis. Le pape venait de donner sa bénédiction. Les feux d'artifice attendaient. Entre les deux, on a chanté une antienne latine de près de mille ans, le Salve Regina.

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This is incredible. 80,000 young French Catholics sing the Salve Regina in Latin with Pope Leo XIV at a Prayer Vigil in the Stade de France. pic.twitter.com/AG5Il6N5GQ

— Catholic Sat (@CatholicSat) September 25, 2026

La soirée avait eu tout ce qu'on attend d'une soirée de stade. Des groupes de louange et de gospel pendant l'attente, une chanteuse venue de l'Eurovision, un bateau glissant sur la pelouse, des chevaux lancés dans l'arène, une fresque des saints de France de Geneviève à Charles de Foucauld, cent cinquante bannières, soixante reliques, la Sainte Tunique d'Argenteuil exceptionnellement sortie de sa basilique. Tout cela était beau, et tout cela était conçu pour eux.

Le Salve Regina, lui, n'a été conçu pour personne de vivant. C'est pourquoi il faut s'y arrêter.

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Deux Salve dans la même journée

Il y en avait eu un premier, quelques heures plus tôt. À la sortie des vêpres, sur le parvis de Notre-Dame, Léon XIV l'avait entonné lui-même, entouré des évêques, des prêtres, des religieux et des séminaristes venus de toute la France — huit mille, dit-on. C'était la première visite d'un pape dans la cathédrale depuis l'incendie de 2019. Le clergé chantait devant la façade restaurée.

Le soir, le même chant est revenu, mais dans d'autres bouches. Plus des clercs : des laïcs de dix-sept à trente-cinq ans. Plus une cathédrale : une enceinte bâtie pour le football et les concerts. Plus l'île de la Cité : Saint-Denis, à quelques kilomètres de la basilique où reposent les rois de France, et dont on avait demandé le matin même au pape de se souvenir dans sa prière.

On peut n'y voir qu'une rencontre de calendrier. Elle dit pourtant quelque chose. Le chant de l'après-midi était celui d'une Église qui se tient debout devant ses pierres rebâties. Celui du soir était celui d'une génération qui n'a pas connu ces pierres debout, et qui les découvre.

Ce que disent les mots

Il faut lire le texte, parce qu'il ne dit pas ce qu'on attendrait d'un soir de fête.

Il s'ouvre sur une s'alutation royale : Salve, Regina, mater misericordiae, salut, Reine, mère de miséricorde. Il nomme aussitôt trois choses : la vie, la douceur, l'espérance. Puis il bascule. Ceux qui chantent se désignent eux-mêmes comme des exilés, des fils d'Ève chassés du jardin. Ils crient. Ils soupirent. Ils gémissent et ils pleurent, in hac lacrimarum valle, dans cette vallée de larmes. Ils demandent qu'on tourne vers eux un regard. Et ils demandent, pour après, post hoc exsilium, qu'on leur montre enfin le fruit béni.

Ce n'est pas un hymne de victoire. C'est le chant de gens qui savent qu'ils ne sont pas chez eux.

Voilà ce que quatre-vingt mille jeunes Français ont chanté, au terme d'une soirée faite pour les exalter. On leur avait offert l'épopée des saints, la lumière, l'acclamation, leur propre nombre. Ils ont fini par dire qu'ils étaient en exil et qu'ils pleuraient. Il y a là une justesse que je ne m'explique pas entièrement, et qui m'a plus frappé que tout le reste.

Car le mot est exact. Cette génération n'est pas née dans la maison. Elle est née après le départ. Ses parents, souvent, n'avaient rien transmis, non par hostilité mais par lassitude, ou parce qu'eux-mêmes n'avaient rien reçu. Elle a grandi dans

Yvelines : l'ARS veut fermer la maternité, la réanimation et le bloc d'un hôpital entier

25 September 2026 at 16:02

Trois services vitaux d'un hôpital public rayés d'un trait de plume administratif : c'est ce que prépare l'Agence régionale de santé d'Île-de-France pour le Centre hospitalier intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM). Maternité, réanimation, bloc opératoire : tout partirait vers Mantes et Poissy. Le 24 septembre, plus de 250 personnes ont manifesté contre ce projet, dont la décision est attendue en octobre. L’ARS estime que « des mesures structurelles s’imposent ».

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Cette décision émane d’une administration qui, face au déficit de près de 20 % du budget de l’établissement et à une trésorerie quasi nulle, commande un audit à des cabinets privés et dessine des « pistes » de restructuration. L’hôpital, membre du groupement hospitalier de territoire Yvelines Nord, voit son activité baisser depuis 2019.

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Un hôpital progressivement amputé

Le dossier repose notamment sur un audit confié par l’ARS aux cabinets Capgemini et Vi-Santé durant l’hiver 2025-2026. Les premières conclusions ont été présentées le 2 juillet au conseil de surveillance du CHIMM ; le rapport définitif est attendu en octobre. Parmi les scénarios évoqués figurent la transformation de la maternité en centre périnatal sans hébergement post-natal et une évolution du dispositif de réanimation.

Hôpital de Meulan – Les Mureaux : une mobilisation ce jeudi pour dire non à la fermeture de trois services (maternité, réanimation, bloc opératoire)
Hôpital de Meulan - Les Mureaux : une mobilisation ce jeudi pour dire non à la fermeture de trois services (maternité, réanimation, bloc opératoire)

La maternité réalise environ 700 accouchements par an, contre environ 900 auparavant. Elle se situe donc sous le repère de 1 000 naissances annuelles souvent utilisé dans les restructurations hospitalières. Mais fermer un service ne supprime pas les patients : les accouchements, interventions chirurgicales et prises en charge lourdes devront être absorbés ailleurs.

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L’économie administrative, une charge pour les patients

Le CHIMM appartient au GHT Yvelines Nord, avec Mantes-la-Jolie et Poissy-Saint-Germain-en-Laye. Le transfert présenté comme une réorganisation territoriale revient donc à concentrer davantage d’activité sur les deux autres établissements. Les personnels mobilisés redoutent une saturation supplémentaire et un éloignement des soins pour les habitants qui ne disposent pas d’un véhicule ou doivent accéder rapidement à une maternité ou à une réanimation.

L’été aux urgences : des patients morts après des jours sur des brancards
Cet été, dans les hôpitaux français, l’attente sur brancard a parfois dépassé 48 heures et même trois jours. Le bilan de Samu-Urgences de France fait état de décès de patients pris en charge ou en attente sur brancard, alors que la France consacre des moyens considérables à sa

La CFDT avance, de son côté, un objectif de 10,3 millions d’euros d’économies, chiffre qui n’a pas été publiquement confirmé à ce stade par l’ARS ou la direction.Le 24 septembre, syndicats, élus, soignants et habitants ont marché de l’hôpital jusqu’à la mairie des Mureaux. En 2017 déjà, la réanimation avait été menacée avant d’être maintenue sous la pression locale.

Urgences saturées: l’été où l’hôpital public a cessé de soigner
À Brest, des patients auraient attendu de nombreuses heures aux urgences selon les organisations syndicales. Ce cas n’est plus une exception : une cinquantaine de services d’urgences connaissent de graves difficultés cet été, tandis que près de 40 % des postes de médecins urgentistes demeurent vacants. Une nouvelle illustration d’

L'histoire du CHIMM n'est pas isolée : Trappes, Le Havre, Montbéliard connaissent des scénarios comparables, portés tantôt par des groupes privés, tantôt par l'ARS elle-même.

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Somme : le maire avait embauché sa compagne comme secretaire, malgré l'ordre de la sous-prefecture

25 September 2026 at 13:32

Le maire de Muille-Villette, dans la Somme, a été condamné le 17 septembre 2026 pour prise illégale d’intérêts. Il avait recruté puis maintenu sa compagne comme secrétaire de mairie malgré les demandes de la sous-préfecture de Péronne de mettre fin à cette situation. Cinq mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende ont été prononcés.

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Les faits ne sont pas contestés : il a recruté sa compagne comme secrétaire de mairie, par une série de contrats à durée déterminée, alors même que la sous-préfecture de Péronne lui avait explicitement demandé de mettre fin à cette situation. Le parquet, plus sévère que le jugement rendu, avait requis huit mois de prison avec sursis et 2 000 euros d'amende.

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Quand l’administration dit d’arrêter

Selon les éléments rapportés par la presse locale, plusieurs contrats à durée déterminée avaient été conclus avec la compagne du maire pour le poste de secrétaire de mairie.

Somme : le maire de Muille-Villette condamné à cinq mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts - ICI
Maire depuis mars 2020 du village de Muille-Villette (Somme), Florian Slosarczyk a été condamné pour prise illégale d’intérêts ce mardi par le tribunal correctionnel d’Amiens. Il lui était reproché d’avoir employé sa compagne comme secrétaire de mairie du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2023.

La sous-préfecture, autorité de tutelle sur les actes des communes, avait identifié l'irrégularité et notifié sa position au maire. Le CDD suivant a néanmoins été signé. Juridiquement, la prise illégale d'intérêts suivant article 432-12 du Code pénal, sanctionne le fait, pour un élu, de tirer un avantage d'une décision qu'il prend ou supervise. Ici, l'avantage est : un salaire versé par la commune à sa compagne, sur des fonds publics, décision après décision.

La digestion des Gilets Jaunes
Montargis annulée, Brun écarté : on dit qu’on chasse les gilets jaunes du pouvoir. Sept trajectoires montrent l’inverse — ils ont été assimilés.

Le tribunal correctionnel d’Amiens a finalement retenu la prise illégale d’intérêts. Le parquet avait requis huit mois d’emprisonnement avec sursis et 2 000 euros d’amende. La juridiction a prononcé une peine de cinq mois avec sursis simple et 1 000 euros d’amende. Pour autant, la condamnation ne figurerait pas au casier judiciaire selon les informations publiées.

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Une affaire qui interroge le pouvoir local

Florian Slosarczyk, maire depuis 2020, avait été réélu en mars 2026 avec 52 % des voix, avant sa comparution devant le tribunal. Il demeure maire malgré sa condamnation.

Étampes : deux procès en une semaine pour l’argent public de la mairie
En huit jours, le tribunal correctionnel d’Évry a examiné deux dossiers distincts mettant en cause la gestion de fonds publics à Étampes. D’un côté, l’ancien maire Franck Marlin, soupçonné d’avoir laissé filer 20 000 euros de subventions « jeunesse » en 2017. De l’autre, un ex-chef

L'enjeu dépasse donc les 1 000 euros d'amende. Dans une commune, le maire intervient directement dans l'organisation des services municipaux et dans la gestion du personnel. Ce dossier rappelle une réalité souvent moins visible de la décentralisation : l'autonomie communale ne signifie pas liberté de s'affranchir des règles qui encadrent les élus. Et lorsque l'administration adresse une injonction à un maire, puis que celui-ci la maintient sans effet, le contentieux ne relève plus seulement de la paperasserie municipale. Il devient une question de responsabilité personnelle dans l'utilisation d'une fonction publique.

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La digestion des Gilets Jaunes

25 September 2026 at 10:45

par Eric V.

Une guinguette en Normandie. Une mairie annulée par la justice. Un camping-car dans les Alpes. On explique cette semaine que les gilets jaunes sont écartés du pouvoir : le jugement de Montargis dit exactement le contraire. Personne ne les a écrasés. On les a assimilés — et la première digestion fut la leur.

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La Guinguette de Simone, à Amfreville-sous-les-Monts, sert des plats normands et organise des soirées vinyle le week-end. On y danse. La patronne a trente-huit ans, elle a repris l'établissement en mai 2024, et elle dit que tenir une guinguette est une activité politique. Elle s'appelle Ingrid Levavasseur. En 2019, elle était passée cent soixante-dix fois à la télévision.

Voilà ce que devient une figure des ronds-points quand on lui laisse le temps. Et voilà, aussi, pourquoi il faut se méfier du récit qui monte cette semaine.

Car hier, le tribunal administratif d'Orléans a annulé l'élection municipale de Montargis, remportée en mars par Côme Dunis, ancien gilet jaune passé par Les Républicains avant de conduire une liste soutenue par le Rassemblement national. Huit jours plus tôt, Philippe Brun était écarté de la primaire socialiste. On a vu fleurir aussitôt la même phrase : on écarte les gilets jaunes du pouvoir. C'est faux, et c'est pire que faux — c'est confortable.

Confinement énergétique annoncé au 20h par Macron : histoire d’une fake news “patriote”
Six millions de vues, huit mesures, aucune annoncée. Reconstitution documentée de la rumeur du confinement énergétique, du rapport AIE au démenti
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Montargis, cinquante-neuf voix

Reprenons les faits, ils sont courts. Côme Dunis est élu le 22 mars 2026, installé le 29. Il l'emporte avec cinquante-neuf voix d'avance, 34,64 % contre 33,10 %, soit 1,54 % des suffrages exprimés. Le 5 août, il démissionne. Il invoque une affection récemment diagnostiquée, refuse d'en dire davantage au nom de sa vie privée, et déclare que c'est la décision la plus difficile de sa vie. Cent vingt-neuf jours de mandat. Je n'en sais pas plus et je n'ai pas l'intention d'en savoir plus : la santé d'un homme n'est pas un argument, et ceux qui en font un se déshonorent.

Dominique Coquelle lui succède. Puis, hier, le juge électoral annule tout. Le motif n'est pas le maire, ni son parcours, ni son étiquette : c'est une vidéo diffusée par un tiers entre les deux tours, que le tribunal a jugée diffamatoire envers le candidat communiste Bruno Nottin, arrivé deuxième, et qui appelait explicitement à voter pour la liste soutenue par le RN. Le tribunal a retenu qu'elle excédait de loin les limites admissibles du débat électoral, que Nottin n'avait pu y répondre utilement, et qu'avec un écart de cinquante-neuf voix elle avait pu altérer la sincérité du scrutin. Nottin a porté plainte en diffamation ; une enquête est ouverte, et l'auteur de la vidéo est présumé innocent. Le RN a un mois pour se pourvoir devant le Conseil d'État, qui devra statuer dans les six mois.

Autrement dit : Dunis avait rendu son mandat sept semaines avant que le juge ne l'annule, et l'annulation ne le vise pas — elle sanctionne une manœuvre qui avait joué en sa faveur. Le papier sur l'État qui écarte les gilets jaunes se démonte donc avec le jugement lui-même, en une demi-journée, par n'importe quel contradicteur ayant pris la peine de le lire. Je préfère qu'on le sache par nous.

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Sept trajectoires, une seule porte

Prenons maintenant les figures du mouvement une à une, et regardons ce qui leur est arrivé depuis 2018. Non pas ce qu'on en dit : ce qu'elles font.

Ingrid Levavasseur, aide-soignante devenue visage national, tente en 2019 de conduire une liste aux européennes. Le projet est abattu, non par le pouvoir, mais par la base du mouvement, pour qui se faire représenter était déjà trahir ; elle y

Confinement énergétique annoncé au 20h par Macron : histoire d'une fake news "patriote"

25 September 2026 at 09:40

par Élise Rochefort

Le 24 septembre 2026, à vingt heures, Emmanuel Macron s'est exprimé sur TF1 et France 2. Quarante-huit heures plus tôt, une publication annonçait qu'il y déclarerait « le début d'un confinement énergétique ». Huit mesures circulaient, listées sur des visuels générés par intelligence artificielle. Les contenus qui les relayaient ont dépassé six millions de vues. Aucune des huit n'a été annoncée. Le ministère de l'Économie avait démenti le matin même. Ce qui suit reconstitue la chaîne, document par document.

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Chronologie

Le 20 mars 2026, l'Agence internationale de l'énergie publie un rapport en réponse au blocage du détroit d'Ormuz. Il recommande dix mesures de réduction de la consommation de pétrole et de gaz : développement du télétravail, baisse de la vitesse sur autoroute d'au moins 10 km/h, recours aux transports en commun, circulation alternée par plaque dans les grandes villes, covoiturage, éco-conduite, abandon du GPL pour le transport, réduction de l'aérien d'affaires, cuisson électrique plutôt qu'au gaz, optimisation de la consommation industrielle d'hydrocarbures. Le même jour, l'agence approuve la libération d'environ 400 millions de barils de réserves stratégiques, la plus importante de son histoire. Les dix mesures sont présentées comme des recommandations, adressées « aux autorités, aux entreprises et même aux ménages », et applicables « quand c'est possible ».

Le 25 mars, le Brownstone Institute publie un article sur ce rapport. Le 31 mars, l'édition française du site The Exposé en tire un texte intitulé « Les confinements énergétiques commencent ». Les dix recommandations y deviennent un confinement « dirigé par l'AIE », explicitement rapproché des mesures sanitaires de 2020 et des « confinements climatiques ». L'expression est fixée là, six mois avant l'interview.

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Le 22 septembre, un compte X, @labbe_tonniere2, publie : « Macron annoncera le début d'un confinement énergétique jeudi soir… le but étant d'instaurer un climat de guerre ». Le message dépasse 500 000 vues. Il ne comporte aucune mesure : une date, une prédiction, un mobile.

Les mesures apparaissent ensuite, sur un second compte, @QuentinCad31672, sous forme de visuels générés par intelligence artificielle. Elles sont au nombre de huit : interdiction des déplacements non essentiels, rationnement du carburant à 30 euros par semaine, télétravail obligatoire, circulation alternée, baisse des limitations de vitesse, coupures des compteurs Linky, amendes de 140 euros, rationnement alimentaire.

🚨URGENT 🚨👇👇

JEUDI 20H : LE CONFINEMENT ÉNERGÉTIQUE ?
🔥🕯️🔒

Les rumeurs circulent bon train.

Jeudi soir. 20 heures.
Macron prendrait la parole.

On murmure que ce ne serait pas une simple interview.
Le début d’un confinement énergétique.

Les mesures qui circulent :… pic.twitter.com/HUVfWih5LU

— Aide Poule (@QuentinCad31672) September 22, 2026

Le relais s'élargit. Une publication Facebook reprenant la liste dépasse 3,5 millions de vues. Le compte de Florian Philippot, président des Patriotes, diffuse la rumeur. Le 23 septembre, la chaîne Géopolitique Profonde publie une vidéo qui reprend le rationnement à 30 euros et l'amende de 140 euros, fait du compteur Linky l'instrument du dispositif et qualifie l'ensemble de « transition vers une économie de guerre ». Aucune source n'y est citée. Deux jours plus tôt, la même chaîne annonçait la préparation d'une activation de l'article 16 de la Constitution.

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L'écart entre le document et la liste

Cinq des huit mesures figurent, sous une forme voisine, parmi les recommandations de l'agence : télétravail, vitesse, circulation alternée, transports collectifs, usages du gaz. Trois n'y figurent pas : les coupures de compteurs Linky, l'amende de 140 euros, le rationnement alimentaire. Le rationnement du carburant à 30 euros par semaine n'apparaît pas dans la liste des dix mesures telle que la dépêche de l'AFP la restitue.

L'opération porte donc sur deux plans. Le premier est un déplacement d'émetteur : une recommandation multilatérale non contraignante est attribuée à l'Élysée. Le second est un ajout : trois mesures sans source, dont deux comportent une sanction ou une coupure, c'est-à-dire un effet directement vérifiable par le lecteur dans son quotidien.

Ce que le droit français permet

Le démenti a porté sur une annonce. Il n'a pas porté sur une compétence, et la distinction n'est pas de pure forme.

Le code de l'énergie comporte un chapitre intitulé « Les mesures de sauvegarde en cas de crise », articles L. 143-1 à L. 143-8. Sa première sous-section rassemble les « dispositions justifiées par une pénurie énergétique », à l'article L. 143-1. Une seconde section prévoit des dispositions particulières à l'électricité et au gaz, articles L. 143-4 à L. 143-6-2. Ces textes préexistent de plusieurs années à la rumeur.

Ce dispositif n'est pas théorique. Le décret n° 2023-1418 du 29 décembre 2023 organise les mesures de restriction et de suspension d'activité des installations de production d'électricité utilisant du gaz naturel en cas de menace grave sur la sécurité d'approvisionnement. Il montre la forme que prend l'exercice de cette compétence : un texte réglementaire, publié au Journal officiel, dont l'objet est circonscrit à un secteur.

Deux propositions coexistent donc, et elles sont toutes deux exactes. Aucune mesure de rationnement n'était annoncée le 24 septembre. Et l'État français dispose, depuis longtemps, d'un pouvoir codifié de restriction de la consommation énergétique en cas de pénurie. La rumeur a échoué sur la première ; elle a emprunté sa vraisemblance à la seconde.

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Ce qui a été annoncé

Le matin du 24 septembre, le ministère de l'Économie dément formellement toute mesure de rationnement ou de coupure. Le ministre Roland Lescure déclare qu'il n'existe « aucun problème d'approvisionnement » et fait état de deux mois de visibilité.

Le soir, l'interview a porté sur le prix des carburants, le budget, la menace russe et la guerre en Iran. Les mesures annoncées vont dans le sens inverse d'une restriction : prolongation de l'aide de 100 euros aux grands rouleurs, relèvement de la prime carburant patronale de 600 à 1 000 euros, réunion énergie du G7 avec discussion d'une libération supplémentaire de réserves stratégiques, envoi de moyens militaires français pour protéger le terminal saoudien de Yanbu. Le chef de l'État a par ailleurs écarté une dissolution et n'a pas mentionné l'article 16.

Ce que la séquence établit

Deux comptes sans notoriété institutionnelle, dont l'identité des auteurs n'est établie par aucune source, ont produit en quarante-huit heures une prédiction datée, une liste de huit mesures et six millions de vues. Un parti politique l'a relayée. Une chaîne l'a mise en récit. Un ministère a dû démentir. Le coût d'entrée de l'opération était nul ; son matériau premier était un rapport public consultable en ligne.

La séquence de mars avait suivi le même chemin, à partir du même document, avec le même vocabulaire. Elle s'était éteinte sans démenti ministériel, faute d'une date à annoncer. Celle de septembre en avait une : le 20 heures du jeudi. C'est la seule variable qui distingue les deux.

Entre la recommandation du 20 mars et la liste du 22 septembre, il y a un document que chacun peut lire. Il compte dix points, il est non contraignant, et il ne mentionne ni les compteurs électriques, ni les amendes, ni l'alimentation. Le démenti du 24 septembre portait sur une annonce qui n'a pas eu lieu. Les articles L. 143-1 et suivants du code de l'énergie, eux, n'ont pas été modifiés.

A69 : le Conseil d’État refuse les 41 millions d’argent public destinés à baisser le péage

25 September 2026 at 08:45

Le montage imaginé pour rendre l’A69 moins chère aux automobilistes vient de se heurter au Conseil d’État. Une baisse de péage pouvant atteindre 33 % devait être financée par 41 millions d’euros apportés par l’État et les collectivités : les automobilistes paieront donc plus cher que promis.

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Un mécanisme qui transférait une partie du coût de la ristourne du concessionnaire vers l’argent public.

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41 millions pour compenser la baisse du péage

L’avenant au contrat de concession conclu avec Atosca prévoyait une diminution de 33 % du péage sur les sections correspondant notamment aux déviations de Soual et de Puylaurens pendant les dix premières années d’exploitation, puis de 15 %. Cette mesure concernait plus de la moitié des 53 kilomètres de l’A69.

Autoroutes privatisées: le grand hold-up des concessionnaires enfin devant les juges
Ras-le-bol des péages qui flambent sans contrepartie. Depuis le 1er avril, particuliers et entreprises peuvent rejoindre une action collective pilotée par le cabinet Lèguevaques pour exiger le remboursement d’un trop-perçu évalué à 2 000 euros par usager fréquent. L’État, co-bénéficiaire du système, sera juge

Pour compenser son manque à gagner, l’État, la région Occitanie, le département du Tarn, l’agglomération Castres-Mazamet et la communauté de communes Sor et Agout avaient prévu une contribution supplémentaire de 41 millions d’euros, en plus des quelque 23 millions déjà inscrits au contrat initial.

L’Autorité de régulation des transports avait examiné le dispositif en décembre 2025. Elle jugeait la méthode de calcul globalement pertinente, tout en relevant plusieurs réserves : prévisions de trafic insuffisamment étayées, absence d’étude suffisamment précise sur la valeur de l’abattement et difficultés liées au calendrier de mise en service.

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Le Conseil d’État bloque le montage

Saisi pour avis par le gouvernement, le Conseil d’État a finalement rendu un avis défavorable, révélé le 24 septembre. Selon La Dépêche, la juridiction administrative estime que la ristourne envisagée fait peser un risque juridique sur le contrat de concession. L'État devrait suivre cet avis pourtant consultatif.

Comment réformer la sécurité sociale sans mettre les Français dans la rue
Le monopole de la Sécurité sociale peut disparaître sans drame : préserver toutes les caisses, supprimer l’obligation, ouvrir le libre choix. La méthode existe.

Ce qui frappe, c'est l'ordre des priorités : la rentabilité du concessionnaire, sanctuarisée dans le contrat initial signé après trois ans de bataille judiciaire — annulation en 2025, sursis, puis validation définitive le 29 juin 2026 — n'est jamais discutée.

Le péage plein tarif tombe précisément au moment où l'A69 ouvre, sous le regard d'un gouvernement qui découvre, un peu tard, que corriger un contrat déséquilibré coûte cher surtout quand ce n'est pas lui qui paie.

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Étampes : deux procès en une semaine pour l'argent public de la mairie

24 September 2026 at 17:02

En huit jours, le tribunal correctionnel d’Évry a examiné deux dossiers distincts mettant en cause la gestion de fonds publics à Étampes. D'un côté, l'ancien maire Franck Marlin, soupçonné d'avoir laissé filer 20 000 euros de subventions « jeunesse » en 2017. De l'autre, un ex-chef de service municipal accusé d'avoir facturé 480 000 euros de prestations à une structure qu'il avait lui-même fondée. Deux procédures, aucun jugement rendu, un même mécanisme.

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À Étampes, ce ne sont pas les milliards de l’État qui disparaissent dans des tableaux comptables abstraits. Ce sont des sommes versées par une mairie, des associations, des factures et des circuits financiers locaux.

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20 000 euros de subventions au cœur du premier procès

Du 15 au 17 septembre, Franck Marlin, maire d’Étampes pendant vingt-huit ans et député pendant vingt-cinq ans, comparaissait avec son ancien directeur général des services et quatre autres prévenus. Il lui est reproché d’avoir autorisé le versement, en 2017, d’environ 20 000 euros à trois associations pour financer des séjours de jeunes de quartiers prioritaires. L’enquête n’a pas permis d’établir la réalité de certains séjours et une partie des fonds a été versée sur le compte personnel du président de l’une des associations.

Détournement de fonds publics: à son procès, l’ex-maire d’Etampes nie toute responsabilité - ICI
L’ancien maire d’Etampes Franck Marlin a nié ce mercredi devant le tribunal correctionnel d’Evry avoir autorisé le versement illégal de subventions à des associations et le paiement d’heures supplémentaires indues à des agents municipaux.

À la barre, Franck Marlin a contesté toute responsabilité et rejeté l’existence de directives ayant conduit à un détournement. Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. Le jugement est attendu.

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480 000 euros et une association au centre du second dossier

Le 22 septembre, un ancien chef du service de la vie associative et de l’événementiel, devenu directeur de cabinet, était jugé avec sa compagne. Entre 2016 et 2021, il est soupçonné d’avoir fait travailler une association dont il était lui-même président pour des prestations commandées par la mairie. Il est poursuivi notamment pour favoritisme, prise illégale d’intérêts, abus de confiance et blanchiment ; le montant en cause dépasse 480 000 euros. La justice devra déterminer les responsabilités individuelles dans ces deux procédures. Aucun jugement n’a été rendu à ce jour.

Quelles sont les actions françaises les plus prometteuses à acheter en octobre ?
Le CAC a perdu 7 % depuis août. Faut-il acheter ? Pas l’indice. Deux dossiers français, Gecina et Exosens, et un calendrier après le budget du 30 septembre.

Les dossiers révèlent une même fragilité : lorsque l’argent public transite par des structures associatives ou des prestataires proches de décideurs ou d’agents municipaux, le contrôle devient la véritable ligne de défense du contribuable.

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À Étampes, cette ligne de défense se retrouve aujourd’hui devant les juges. Le problème n’est pas seulement de savoir combien d’argent a éventuellement échappé au contrôle : c’est de comprendre comment il a pu circuler assez longtemps avant que la justice ne s’en saisisse. Pour mémoire, la Cour des comptes chiffre à environ 60 milliards d'euros annuels les subventions versées aux associations en France.

Mais pourquoi Glucksmann voit-il des génocides partout, sauf à Gaza ?

24 September 2026 at 15:12

Par Eric V.

En janvier 2022, Raphaël Glucksmann saluait le vote reconnaissant « le génocide des Ouïghours ». Hier, face à Ségolène Royal, il refusait encore le mot pour Gaza. Entre les deux, une commission de l'ONU a conclu au génocide. Lui, non. Il faudrait savoir ce qui a changé : les faits, ou l'accusé.

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Le 20 janvier 2022, l'Assemblée nationale adopte une résolution qui « reconnaît » les violences infligées aux Ouïghours comme constitutives d'un génocide. Aucune juridiction n'a statué. Aucun organe des Nations unies n'a prononcé le mot. Raphaël Glucksmann, alors député européen, s'en félicite sur X : « Tous les groupes ont voté pour la résolution reconnaissant et condamnant le génocide des Ouïghours […] : c'est un message fort envoyé au régime chinois. » Le mot est posé, et il est applaudi.

Mars 2024. Le même homme, interrogé sur Gaza : « J'ai un emploi extrêmement précautionneux du terme génocide. » Il parle de carnage.

Septembre 2025. La commission d'enquête internationale indépendante mandatée par le Conseil des droits de l'homme conclut qu'Israël commet un génocide à Gaza. Elle retient quatre des cinq actes énumérés par la Convention de 1948 et nomme Netanyahou, Herzog et Gallant. Elle est présidée par Navi Pillay, ancienne présidente du Tribunal pénal international pour le Rwanda, ce qui ne manque pas de sel pour le coréalisateur de Tuez-les tous !.

Hier soir enfin, sur LCI, Ségolène Royal lui lance : « Si les mots sont importants, il faut reconnaître le génocide. » Il refuse. Crimes de guerre, crimes contre l'humanité, tout ce qu'on voudra — le mot, non.

Rwanda : la Cour de Cassation clôt le mythe de la complicité française...
Bisesero : la Cour de cassation a rejeté les pourvois le 9 septembre 2026. Ce que l’arrêt juge en droit, ce qu’il laisse à l’appréciation des juges du fond.
Comment le dictateur Kagamé a construit le narratif anti-français du génocide rwandais avec Glucksmann et Gourevitch
Un livre de Gourevitch, un film de Glucksmann : comment Kigali a fait d’un récit occidental du génocide une raison d’État, avec la France pour coupable désigné.
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Deux dossiers, un seul dictionnaire

Posons les deux dossiers côte à côte, sans rien y ajouter.

Xinjiang, janvier 2022 : pas de juge, pas de conclusion onusienne. Le rapport du Haut-Commissariat, publié sept mois plus tard, parlera de possibles crimes contre l'humanité — pas de génocide. Verdict Glucksmann : génocide, et bravo.

Gaza, septembre 2026 : une commission de l'ONU conclut au génocide, une procédure est pendante devant la Cour internationale de justice. Verdict Glucksmann : précaution.

Si le critère était le juge, les Ouïghours n'auraient pas eu droit au mot. Si c'était le poids des conclusions internationales, Gaza l'aurait obtenu la première. Si c'était l'ampleur des morts, la question ne se poserait même pas. Reste une variable, une seule, qui couvre les deux cas sans en laisser un de côté : l'identité de l'accusé. Contre Pékin, le mot circule librement. Contre un allié, il devient précautionneux.

Je ne sais pas ce qui se passe dans la conscience de M. Glucksmann, et je suppose qu'il est sincère dans les deux cas. Le tableau n'a pas besoin de ses intentions. Il suffit qu'on le lise.

L'intention, justement

La meilleure défense de Glucksmann tient en un mot, et c'est un mot de juriste : l'intention. Le génocide exige la preuve d'une volonté de détruire un groupe comme tel. Au Xinjiang, les camps et les stérilisations forcées documentaient une politique d'État ; à Gaza, il y a une guerre, un ennemi armé, un 7 octobre, et l'intention se discute. C'est un argument sérieux, et il mérite mieux qu'un haussement d'épaules.

Il a pourtant deux défauts. Le premier : c'est précisément sur l'intention que la commission Pillay s'est prononcée, en s'appuyant sur les déclarations publiques des dirigeants israéliens. On peut contester sa conclusion. On ne peut pas prétendre qu'elle n'a pas regardé. Le second : cette exigence probatoire, si scrupuleuse aujourd'hui, personne ne l'a vue à l'œuvre en 2022, quand il s'agissait d'applaudir un vote sans juge. La rigueur qui ne s'exerce que d'un côté n'est pas de la rigueur. C'est un tri.

Le Courrier n'a pas besoin de trancher la qualification juridique de Gaza pour constater ceci : l'étalon a changé en cours de route, et personne n'a été prévenu.

NAZA ? ou la déchéance opposée aux témoins de Gaza
Comment établir le génocide à Gaza ? — chronique documentaire de la semaine du 11 au 17 septembre 2026. Avec Élise Rochefort.

Le mot devenu carte de membre

Le plus inconfortable reste à dire, et il ne concerne pas seulement Glucksmann. Ceux qui trouvaient grotesque la résolution de 2022, et qui exigent aujourd'hui le mot pour Gaza, font exactement la même opération, en miroir. Chaque camp tient son registre : ici des génocides, là des carnages, ailleurs des « opérations ». Nous avons fait du terme le plus lourd du droit international un signe de reconnaissance entre gens du même bord. Qui l'emploie dit moins ce qu'il a vu que de quel côté il se tient.

Ce n'est pas nouveau, et c'est bien le problème. Mais d'un éditorialiste, on peut s'en accommoder. D'un candidat à la présidence de la République, non. Celui qui entrera à l'Élysée votera à l'ONU, signera des ventes d'armes, choisira ses silences au Conseil de sécurité. On sait désormais avec quel dictionnaire il le ferait.

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Dernier mot

Un mot qu'on accorde selon l'accusé n'est plus une qualification. C'est une allégeance.

M. Glucksmann a bâti sa réputation sur l'idée que nommer les crimes est le premier devoir d'un homme libre. Il a raison. Il lui reste à nous expliquer pourquoi ce devoir, impérieux à Pékin, devient facultatif ailleurs.

Précautionneux, donc.

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L'été aux urgences : des patients morts après des jours sur des brancards

24 September 2026 at 10:48

Cet été, dans les hôpitaux français, l’attente sur brancard a parfois dépassé 48 heures et même trois jours. Le bilan de Samu-Urgences de France fait état de décès de patients pris en charge ou en attente sur brancard, alors que la France consacre des moyens considérables à sa protection sociale et que les épisodes de chaleur étaient prévisibles.

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L’été 2026 n’a donc pas seulement mis les urgences sous tension : il a révélé une nouvelle fois la difficulté du système hospitalier à absorber les crises pourtant annoncées.

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Des patients immobilisés pendant plusieurs jours

Mi-septembre, Samu-Urgences de France a publié son bilan estival, établi auprès de 143 responsables dans 80 départements. Parmi les 58 services ayant recensé les patients en attente sur brancard, la moitié ont connu au moins un patient resté 48 heures ou davantage. Dans 32 structures, l’attente a dépassé trois jours.

Canicules 2026 : le système de santé a tenu, mais urgences et SAMU-SAS sous forte tension
Parmi 98 SAMU-SAS ayant mesuré leur activité, 95 ont signalé une hausse des appels pendant les canicules de l’été 2026. Dans 58 services ayant compté les patients-brancards, 43 % disent en avoir accueilli au moins vingt par jour. Publiée le 17 septembre, l’enquête de Samu-Urgences de France (SUdF) décrit une continuité des soins obtenue avec des renforts souvent insuffisants, des heures supplémentaires et des patients maintenus aux urgences faute de lits d’aval.[1][2] Déclaratif et non exhaustif, ce baromètre ne mesure pas à lui seul la situation nationale. L’enquête estivale de la Fédération hospitalière de France (FHF) retrouve néanmoins plusieurs tensions comparables.[3]

Plus grave encore, 26 structures déclarent au moins un décès concernant un patient pris en charge ou en attente sur un brancard. Le document ne permet pas, à lui seul, d'établir une causalité directe entre la durée d'attente et chacun de ces décès. Mais il décrit une situation où l'engorgement devient une donnée durable du fonctionnement des urgences.

Urgences saturées: l’été où l’hôpital public a cessé de soigner
À Brest, des patients auraient attendu de nombreuses heures aux urgences selon les organisations syndicales. Ce cas n’est plus une exception : une cinquantaine de services d’urgences connaissent de graves difficultés cet été, tandis que près de 40 % des postes de médecins urgentistes demeurent vacants. Une nouvelle illustration d’

La chaleur a ajouté une contrainte supplémentaire. Plus de la moitié des services interrogés déclarent manquer de climatisation et 21 n'en disposent d'aucune. Quant aux Samu, 86 % indiquent que les médecins régulateurs n'ont pas pu être renforcés, ou seulement partiellement.

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Une crise prévisible dans un système déjà saturé

Durant cet été, les épisodes de chaleur avaient été annoncés, et leurs conséquences sanitaires sont désormais bien documentées. Pourtant, les capacités d'adaptation restent limitées : manque de personnel, régulation sous tension, locaux inadaptés et patients maintenus sur des brancards faute de lits disponibles.

Canicule : 2 025 morts de plus en une semaine — et l’hôpital avait fermé ses lits pour l’été
Santé publique France a publié, le 3 juillet, un bilan sans appel : +29,1 % de mortalité toutes causes entre le 22 et le 28 juin, soit 2 025 décès supplémentaires, dont plus de 80 % chez les 65 ans et plus. Pendant que le thermomètre battait des records, une partie du

Alors que le pays finance une protection sociale parmi les plus coûteuses des économies développées, elle peine à garantir, dans certains établissements, des conditions élémentaires de prise en charge lorsque la demande augmente.

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Comment réformer la sécurité sociale sans mettre les Français dans la rue

24 September 2026 at 10:16

Signé Eric V.

Les Français défendent « la Sécu » dans les sondages et la contournent dans les faits. De ce paradoxe, la technocratie a tiré un tabou : le monopole serait intouchable. C'est l'inverse qui est vrai : il peut disparaître sans drame — à condition de ne jamais l'abattre, et de le laisser s'éteindre.

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Il existe une loi que personne ne commémore, et qui mériterait pourtant sa plaque : la loi du 8 août 1994 relative à la protection sociale complémentaire des salariés. Ce texte obscur, voté un lundi d'été, a consacré le caractère « légalement obligatoire » de l'affiliation à l'AGIRC et à l'ARRCO — dans le but, parfaitement documenté, de soustraire ces régimes aux directives européennes sur l'assurance, qui allaient ouvrir le marché. Au même moment, très exactement, l'Allemagne achevait le chemin inverse : le compromis de Lahnstein, voté fin 1992 par les chrétiens-démocrates et les sociaux-démocrates ensemble, donnait à chaque assuré allemand, à compter de 1996, le libre choix de sa caisse d'assurance maladie. Deux pays, la même échéance européenne, la même décennie : l'un a déverrouillé, l'autre a cadenassé. Trente ans plus tard, personne ne manifeste à Cologne pour rétablir l'affiliation obligatoire — et personne ne peut, à Paris, prononcer les mots « libre choix » sans déclencher l'alerte aérienne.

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Un pays girondin qui s'ignore

Le dogme veut que les Français soient viscéralement attachés au monopole de 1945. Leur histoire dit le contraire, avec une constance qui devrait faire réfléchir. En 1946, quand la loi prétend généraliser la sécurité sociale à toute la population, artisans, commerçants et professions libérales se soulèvent — premier grand mouvement social de la IVe République, dirigé non contre le patronat mais contre la caisse unique — et obtiennent dès 1948 leurs régimes autonomes. En 1947, les cadres refusent de voir leur retraite nivelée et créent l'AGIRC par simple convention collective : le deuxième pilier de la retraite des Français est né d'un contrat, pas d'une loi. En 1995, le pays s'arrête trois semaines contre l'alignement des régimes spéciaux ; en 2019, le « système universel » de retraites — l'aboutissement conceptuel de 1945, enfin réalisé — déclenche la plus longue grève de l'histoire de la SNCF et meurt sans avoir été voté. La série est têtue : les Français acceptent l'obligation de s'assurer, ils refusent le monopole de l'assureur. Ils sont girondins — attachés à la profession, à la mutuelle, au territoire — et non jacobins.

Alors pourquoi les sondages disent-ils l'inverse ? Parce que toute réforme sociale se joue sur deux scènes. Sur la scène des intérêts, chacun défend sa caisse, son régime, sa complémentaire contre toute absorption. Sur la scène des symboles, « la Sécu » est un totem, un marqueur d'appartenance, presque une piété — et quiconque paraît y porter la main devient l'ennemi public. Le lecteur qui hausse ici les épaules est prié de faire le test sur lui-même : qui d'entre nous n'a jamais défendu « la Sécu » en général, tout en défendant, en particulier, sa mutuelle contre l'absorption qu'on lui promettait ? Ce sondé paradoxal n'est pas un autre. C'est nous.

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Le syndrome de la hache

Le camp de la liberté porte sa part dans ce blocage, et il faut la nommer : la Refondation sociale. En 1999, le MEDEF confie à Denis Kessler un programme de transformation sociale d'une ambition inédite — assurance chômage, santé au travail, retraites complémentaires. L'édifice intellectuel était cohérent ; la méthode fut frontale : ultimatums, menaces de retrait des institutions paritaires, calendrier imposé. Et en 2007, dans Challenges, Kessler écrivit la phrase qui ressert depuis à chaque réforme : il s'agissait de « défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ». Arrachée à son contexte, la formule est devenue l'épouvantail le plus rentable du débat social français, la preuve brandie depuis vingt ans d'un complot permanent contre la Sécurité sociale. Depuis, chaque annonce de réforme lève le même vent d'avant-grêle, avant même qu'on ait lu le texte. L'épisode a soudé, pour une génération entière, l'équation « réforme libérale = démolition sociale ». Une équation ne se réfute pas. Elle se déjoue.

La leçon n'est pas de renoncer. Elle est double, et elle engage. Ne rien détruire — et que ce soit vrai : aucune institution supprimée par décision politique, seule la contrainte doit tomber. Et bannir la hache : pas d'ultimatum, pas de grand soir, pas de trophée sémantique. La sérénité de la méthode n'est pas une ruse ; c'est la condition pour que le pays entende, sur la scène des symboles, ce qu'il désire déjà sur la scène des intérêts.

Comment réformer la sécurité sociale sans mettre les Français dans la rue
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Ce que Lahnstein a compris

Nos voisins l'ont démontré dans les années qui ont suivi Maastricht. L'Allemagne, donc : caisses préservées, clientèles captives abolies, libre choix pour tous dès 1996, péréquation des risques pour interdire l'écrémage — et les caisses ont fondu par fusions volontaires, sans qu'aucune ait été supprimée par décret. La République tchèque, dès 1992 : une caisse générale, la VZP, entourée de caisses professionnelles entre lesquelles chaque assuré choisit. Les Pays-Bas enfin, la variante la plus patiente : ouvert par le rapport Dekker en 1987, le chantier aboutit en 2006 — obligation universelle de s'assurer, opérateurs en concurrence, interdiction de sélectionner les risques. Vingt ans de gradualisme, zéro grève générale.

Le droit européen a balisé l'architecture commune de ces réformes. L'arrêt Poucet et Pistre de 1993 protège les régimes fondés sur la solidarité pure : ils ne sont pas des entreprises, la concurrence ne s'y applique pas. Mais l'arrêt Albany de 1999 fixe la borne : dès qu'une activité est assurantielle, les droits exclusifs ne se justifient que dans la mesure strictement nécessaire à la mission de solidarité.

Un rapport sur les mutuelles préconise de ne pas réformer notre système de santé

24 September 2026 at 09:48

Par Élise Rochefort

Par lettre de mission du 21 janvier 2026, le ministre de l'Économie, la ministre de la Santé et la ministre de l'Action et des comptes publics ont confié à quatre personnalités qualifiées une mission sur l'articulation entre l'assurance maladie obligatoire (AMO) et les assurances maladie complémentaires (AMC). Les travaux ont été conduits de janvier à juillet 2026, avec l'appui de deux rapporteures de l'Inspection générale des affaires sociales et de l'Inspection générale des finances. Le rapport final, daté de septembre 2026 et présenté dans la presse le 23 septembre, compte 111 pages et 22 recommandations. Il précise que son contenu n'engage que ses signataires.

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Les signataires sont Élisabeth Hubert, ministre de la Santé et de l'Assurance maladie en 1995 ; Franck von Lennep, conseiller maître à la Cour des comptes, ancien directeur de la Sécurité sociale ; Nicolas Bouzou, économiste, fondateur du cabinet Asterès ; Stéphane Junique, président du groupe VYV et vice-président de la Fédération nationale de la Mutualité française. L'annexe de présentation des membres indique que le cabinet Asterès « compte des complémentaires santé parmi ses clients ».

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L'état des lieux

Le rapport établit le déficit de l'assurance maladie à 15,9 milliards d'euros en 2025. En l'absence de mesures correctrices, il le projette à 15,1 milliards en 2027 et à 17,7 milliards en 2029.

Le niveau de protection est présenté comme élevé. Le reste à charge des ménages représente 10,2 % de la dépense de santé, pour une moyenne européenne de 14,8 %. 96,6 % de la population dispose d'une complémentaire, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire compris.

Les organismes complémentaires ont financé 12,8 % de la consommation de soins et de biens médicaux en 2024. Cette part varie selon les postes : 3,8 % des dépenses hospitalières, 14,8 % des soins ambulatoires, 10,9 % des médicaments, 48,5 % des soins dentaires, 50,6 % des audioprothèses, 68,2 % de l'optique.

Les cotisations ont augmenté de 6 % en 2023 et de 8 % en 2024. Le rapport attribue cette hausse à trois facteurs : la croissance des prestations, notamment liée à l'élargissement du panier du contrat responsable ; des charges de gestion qui ne baissent pas ; une fiscalité en hausse. Les charges de gestion représentaient 18,8 % des cotisations en 2024, soit 8,8 milliards d'euros, contre 18,7 % en 2011. Cinquante et un organismes affichaient un taux supérieur à 25 % ; ils représentent 8,5 % des cotisations, et 19,7 % des cotisations en contrats individuels.

La taxe de solidarité additionnelle (TSA), collectée par les complémentaires sur les cotisations, a rapporté 0,4 milliard d'euros en 2000 et 6,1 milliards en 2025. Sur ce dernier montant, 3,5 milliards ont financé la complémentaire santé solidaire, qu'elle avait vocation à financer ; le reliquat a été affecté à l'assurance maladie obligatoire. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 y a ajouté une taxe exceptionnelle de 2,05 %, d'un rendement de 1,1 milliard d'euros, assortie d'un gel des cotisations. Le rapport écrit que cette mesure « témoigne de la méconnaissance du mode de fonctionnement de ces organismes par le législateur ».

Le marché compte 397 organismes exerçant une activité d'assurance santé, contre une trentaine au Royaume-Uni. Il est segmenté entre actifs, couverts par des contrats collectifs aidés et cofinancés par l'employeur, et retraités, dont les cotisations sont plus élevées et progressent plus vite. Le rapport relève dans le même temps que le taux d'effort des actifs est supérieur à celui des retraités, quel que soit le niveau de vie considéré.

Sur la gouvernance, le rapport constate que le principe « qui co-paie, co-décide », posé par la loi de 2004, n'a pas été mis en œuvre. Les transferts de dépenses de l'AMO vers les complémentaires interviennent « par à-coups, sans trajectoire d'ensemble ». Le comité de dialogue avec les organismes complémentaires, installé en 2022, a cessé de se réunir.

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Les scénarios écartés

La mission a examiné quatre architectures alternatives. La privatisation de l'assurance maladie obligatoire est écartée comme une rupture avec l'histoire de la protection sociale française. La « Grande Sécurité sociale » — remboursement intégral par l'AMO d'un panier opposable — est écartée au motif de son coût, estimé lors de travaux antérieurs à 22,5 milliards d'euros pour les finances publiques, dans un pays dont le taux de prélèvements obligatoires atteint 45,3 % du PIB. L'extension du régime d'Alsace-Moselle est écartée faute d'évaluation de ses effets. Le bouclier sanitaire, plafonnant le reste à charge, est jugé porteur de nombreuses questions opérationnelles non résolues.

La mission retient une voie intermédiaire : le décroisement partiel, qui confie certains postes de dépense à un seul financeur.

Les propositions

Les 22 recommandations s'organisent en cinq axes.

Le statut. Les organismes complémentaires deviendraient des « organismes d'assurance santé » (ODAS), investis de trois missions : le remboursement des soins, la prévention, notamment en entreprise, l'accompagnement des parcours. Une instance permanente de concertation réunirait l'État, l'assurance maladie et les ODAS ; les compétences de l'Unocam seraient renforcées ; une trajectoire pluriannuelle de répartition des financements entre AMO, ODAS et assurés serait soumise au Parlement.

Le panier. L'intégration d'un acte au panier de l'AMO serait subordonnée à une évaluation scientifique et médico-économique de la Haute Autorité de santé. Le contrat responsable serait remplacé par un « contrat essentiel », seul éligible aux avantages fiscaux et sociaux. En seraient exclus, à titre d'exemple, les médicaments remboursés à 15 %, les cures thermales et les prestations de professionnels non inscrits au répertoire partagé des professionnels de santé. Le rapport prévoit que l'intégralité des gains fiscaux soit réinjectée dans une baisse de la TSA.

Les transferts. Les ODAS prendraient en charge l'optique et les audioprothèses encore financées par l'AMO, soit respectivement 350 et 450 millions d'euros, ainsi que le transport sanitaire programmé, poste qui représente 6,4 milliards d'euros de dépenses pour l'AMO. Les simulations de la mission, réalisées sur le modèle de micro-simulation de la DREES, chiffrent le transfert entre 1,6 et 5,1 milliards d'euros selon le périmètre retenu ; le chiffrage haut correspond à un scénario qui basculait en contrepartie les dépenses d'hospitalisation vers l'AMO, volet que la recommandation n° 6 ne reprend pas explicitement. Le rapport indique qu'une baisse de la TSA de 3 à 11 points pourrait compenser ce transfert. Les restes à charge après AMO augmenteraient d'environ 60 euros par an pour les plus de 70 ans dans le premier scénario, et d'environ 120 euros par an pour les 60-80 ans dans le second. La mission recommande par ailleurs d'étudier le transfert aux employeurs des indemnités journalières des premiers jours d'arrêt maladie, sous réserve d'une concertation avec les partenaires sociaux et d'une étude de compatibilité avec l'alinéa 11 du préambule de la Constitution de 1946.

La liberté et la protection. Les ODAS pourraient proposer des franchises optionnelles sur leurs garanties, en ville comme à l'hôpital, notamment sur le forfait journalier, sans perte des avantages fiscaux du contrat essentiel, ainsi que des bonus liés au respect de parcours de prévention. Elles seraient invitées à consacrer au moins 2 % de leurs cotisations à la prévention. En contrepartie, la prévoyance serait généralisée à tous les salariés par la négociation collective, l'interdiction de sélection des risques selon l'état de santé serait inscrite dans la loi, et un fonds de péréquation entre actifs et retraités modestes serait créé par accord de place. À défaut d'accord, une « C2S séniors » serait étudiée.

Les données et la simplification. Les ODAS accéderaient à certaines données individuelles — vaccinations, dépistages, arrêts de travail de plus d'un mois — sous réserve du consentement de l'assuré, avec des contrôles de la CNIL et de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution. Leurs données de remboursement seraient appariées au système national des données de santé. Un plan commun de lutte contre la fraude s'appuierait sur la loi de juin 2026. Les règles de participation financière à l'hôpital seraient simplifiées et plafonnées, et l'information des assurés sur les frais de gestion renforcée.

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Ce que le rapport ne mesure pas

Le rapport ne chiffre pas l'effet de ses propositions sur le niveau des cotisations. Il relève lui-même que les franchises optionnelles « pourraient peser davantage sur les ménages en moins bonne santé, et donc sur les plus âgés » et produire des effets de démutualisation sur le marché individuel. Le transfert des indemnités journalières n'est pas chiffré. L'enquête sur les dépenses de prévention des complémentaires repose sur un échantillon partiel de quinze organismes, qui déclarent 565 millions d'euros de dépenses en 2025.

Les auteurs demandent que le rapport soit mis en œuvre « comme un tout » et mettent en garde contre la tentation d'en « grapiller » des mesures dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. Le PLFSS pour 2027 doit être déposé à l'automne. Les positions des fédérations d'organismes complémentaires, des organisations syndicales et du Gouvernement sur le rapport n'étaient pas documentées à la date de rédaction.

Le rapport est remis. Sa traduction législative dépendra des arbitrages du prochain exercice budgétaire.

Suspendre un revenu sans juge: le Conseil d'Etat valide

24 September 2026 at 08:35

Le Conseil d'État a rejeté les recours d'une quinzaine de syndicats et d'associations contre le décret « sanctions » du 30 mai 2025. Ce texte autorise l'organisme payeur à suspendre le RSA d'un allocataire jugé défaillant, sans passer devant un tribunal. La haute juridiction administrative vient de considérer que cette confusion des rôles ne pose aucune difficulté.

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Le dispositif, baptisé « suspension-remobilisation », marque une évolution importante du rapport entre l’administration et l’allocataire. Le pouvoir de déterminer l’obligation, de constater son non-respect et de décider de la suspension du revenu est désormais confié à la sphère administrative.

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Un revenu suspendu par décision administrative

Le décret n° 2025-478 du 30 mai 2025 encadre les sanctions applicables aux demandeurs d’emploi, notamment aux bénéficiaires du RSA. En cas de refus d’élaborer ou d’actualiser le contrat d’engagement, ou de non-respect de certaines obligations, la suspension peut représenter au moins 30 % du revenu, pendant un à deux mois lors d’un premier manquement. En cas de persistance ou de réitération, elle peut durer jusqu’à quatre mois.

Contrôle des chômeurs : le nouveau dispositif de sanctions paru au Journal officiel
Le décret instaurant un nouveau régime de sanctions pour les demandeurs d’emploi, dont les bénéficiaires du RSA, avec un nouveau dispositif de « suspension-remobilisation » est paru samedi 31 mai 2025 au JO.

Mais lorsque l’intéressé se remet en conformité avant la fin de la suspension, celle-ci peut prendre fin et les sommes temporairement retenues peuvent être restituées. La décision reste donc administrative, même si elle produit immédiatement un effet financier sur le ménage concerné.

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Syndicats et associations contestent, le juge administratif valide

Une quinzaine d’organisations, parmi lesquelles la LDH, la CFDT, la CGT, le Secours catholique, ATD Quart Monde, Emmaüs France et Solidaires, ont contesté le décret. Elles invoquaient notamment la proportionnalité des sanctions, les droits de la défense, le principe d’individualisation et le risque de priver les intéressés de moyens convenables d’existence.

France Travail : 500 000 radiés par an, les jeunes deux fois plus — l’algorithme punit le clic manqué
Plus de 500 000 demandeurs d’emploi auraient été radiés en 2025 après un simple défaut d’actualisation de leur dossier. Une étude de l’IGAS publiée en février 2026 souligne que les moins de 25 ans sont particulièrement exposés, avec un taux de radiation deux fois supérieur, faute de

Le Conseil d’État, dans sa décision du 21 septembre 2026, n° 506563, a rejeté ces recours. Il valide ainsi le cadre réglementaire adopté après la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi. L’enjeu dépasse le seul RSA. En 2023, le Conseil d’État avait lui-même relevé que la « suspension » avait une finalité punitive, puisqu’elle prive temporairement le bénéficiaire de revenus, tout en cherchant à provoquer sa remise en conformité.

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Cependant, le juge n’est nullement absent : il conserve son pouvoir de contrôle sur les décisions administratives. Mais il n’intervient pas pour autoriser la suspension avant qu’elle produise ses effets. Pour l’allocataire, la réalité est claire : l’administration décide, le revenu peut être suspendu, puis le juge peut être saisi. C’est cette inversion temporelle, davantage que la disparition du juge, qui concentre l’enjeu du nouveau dispositif.

Quinze mois de prison pour l'ancien maire qui puisait dans la caisse de sa commune

23 September 2026 at 15:06

À Tréogan, village de 106 habitants dans les Côtes-d’Armor, l’ancien maire Thierry Dahirel a été condamné le 22 septembre 2026 à quinze mois de prison avec sursis pour faux, usage de faux et détournement de fonds publics. Un verdict qui, une fois encore, interroge le contrôle réel exercé sur les finances des petites collectivités françaises.

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Thierry Dahirel, maire de 2021 à 2024, a reconnu avoir fabriqué une fausse facture au nom de la société Colas pour d’hypothétiques travaux de voirie. Il a substitué l’IBAN de sa propre entreprise à celui de l’entreprise de travaux publics et imité la signature de son prédécesseur. La somme de 15 650 euros a été versée, puis retirée en liquide ou redistribuée. Selon Le Télégramme, la justice a retenu plusieurs infractions portant sur des pièces comptables et l’utilisation de fonds communaux. Le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc l’a déclaré coupable de ces faits. Il a en revanche été relaxé sur d’autres soupçons portant sur l’acquisition de matériel agricole ou des locations facturées à la mairie.

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Des documents falsifiés, de l’argent communal détourné

Thierry Dahirel a été reconnu coupable de faux et usage de faux et de détournement de fonds publics. La condamnation comprend quinze mois d’emprisonnement avec sursis, auxquels s’ajoutent des sanctions financières et professionnelles.

La Cour des Comptes veut réduire le salaire des fonctionnaires sans douleur
Point d’indice : +5 % depuis 2017, inflation +24 %. La Cour des comptes recommande 20 Md€ d’économies et une « sous-indexation concertée et pluriannuelle ».

Le dossier est révélateur d’une faiblesse structurelle des petites communes : la gestion quotidienne repose sur un nombre réduit d’acteurs, alors même que les dépenses publiques doivent obéir à des procédures comptables précises. Lorsqu’un responsable politique utilise ou falsifie des documents liés à ces opérations, c’est le contrôle de la dépense publique qui se trouve directement atteint.

L’affaire ne concerne donc pas une abstraction budgétaire. À Tréogan, commune de moins de deux cents habitants, les ressources administrées sont celles d’une collectivité dont chaque contribuable local connaît pratiquement les responsables.

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Quand la proximité ne suffit plus à contrôler l’argent public

Le cas pose une question plus large sur la surveillance des petites collectivités. La décentralisation rapproche la décision du citoyen, mais elle ne garantit pas, à elle seule, un contrôle efficace des actes financiers. Le maire concentre souvent une connaissance très fine des dossiers locaux, tandis que les contre-pouvoirs disposent de moyens humains limités.

Et si l’essence atteignait 3 €, que se passerait-il ?
Essence à 3 € : il faudrait un Brent à 195 $, ou doubler l’accise. Mais le vrai chiffre est ailleurs — +57 % depuis 2018, et plus personne ne bouge.

La condamnation judiciaire constitue précisément le rappel de cette frontière : un mandat électif ne transforme pas l’argent communal en caisse personnelle. Le fait que les faits aient été commis dans une commune de quelques centaines d’habitants ne réduit en rien leur portée juridique.

L'affaire de Tréogan, isolée en apparence, rejoint une série de condamnations récentes d'édiles locaux. Pour le contribuable, les procédures peuvent sembler lointaines ; pour l’élu condamné, elles interviennent après que la confiance accordée par les électeurs a déjà été engagée.

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Un mort à l'hôpital d'Auxerre, une enquête ouverte pour "homicide involontaire"

23 September 2026 at 13:31

Un patient de 77 ans est décédé le 15 septembre au centre hospitalier d'Auxerre après ce que l'établissement qualifie lui-même « d'erreur d'administration médicamenteuse ». Le parquet a ouvert une enquête pour homicide involontaire le 19 septembre. La famille, elle, découvre la cause par voie de presse et de communiqué. L’autopsie n’a pas permis d’établir les causes du décès ; des examens complémentaires sont en cours.

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Le 15 septembre dernier, un patient de 77 ans décède au centre hospitalier d’Auxerre, dans un service de soins critiques. Deux jours plus tard, le 17 septembre, la direction de l’établissement adresse un communiqué : « cet événement fait suite à une erreur d’administration médicamenteuse ». Signalement immédiat à l’Agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté et à la procureure de la République, qui le 19 septembre, annonce l’ouverture d’une enquête pour homicide involontaire.

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Une erreur reconnue, une cause du décès encore incertaine

Le centre hospitalier d’Auxerre a confirmé le décès d’un patient de 77 ans, survenu mardi 15 septembre dans un service de soins critiques. Dans un communiqué, l’établissement a reconnu une « erreur d’administration médicamenteuse » et indiqué avoir immédiatement signalé les faits au parquet ainsi qu’à l’Agence régionale de santé (ARS).

Patient décédé à l’hôpital d’Auxerre : une enquête ouverte pour “homicide involontaire” - ICI
Une enquête judiciaire est en cours pour déterminer les causes du décès d’un patient à l’hôpital d’Auxerre, annonce le parquet d’Auxerre, ce samedi 19 septembre 2026, dans un communiqué à l’AFP.

Le 19 septembre, la procureure de la République d’Auxerre, Marie-Denise Pichonnier, annonçait l’ouverture d’une enquête pour « homicide involontaire ». Point essentiel : l’autopsie n’a pas permis de déterminer les causes du décès. Des examens complémentaires sont donc toujours en cours.

Certaines informations de presse évoquent un possible surdosage de potassium, mais cet élément n’est pas établi par les autorités à ce stade et ne doit donc pas être présenté comme une conclusion.

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Quand l’institution devient aussi son propre contrôleur

L’hôpital affirme avoir engagé une démarche interne de recueil et d’analyse des faits et assure que les mesures nécessaires ont été prises pour garantir la sécurité des soins. L’ARS mène également ses propres investigations administratives.

Depuis le 31 août, il n’y a plus de service de médecine à Condom
Depuis le 31 août 2026, le centre hospitalier de Condom (Gers) n’a plus de service de médecine générale. Vingt lits fermés faute de médecin titulaire. L’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie a prolongé une suspension temporaire “jusqu’à nouvel ordre”. LE COURRIER DES STRATÈGESRestez libre ! LA NEWSLETTER

La justice est saisie, mais les premiers éléments restent sous le contrôle de l’acteur qui a produit l’événement. Autopsie non concluante, examens complémentaires en cours : le temps de l’institution s’impose. L’usager, ou sa famille, n’a d’autre recours que d’attendre que le système s’auto-examine. Elle attend que la lumière soit faite. Tant que les expertises ne sont pas achevées, aucune responsabilité individuelle ne peut être désignée.

Urgences saturées: l’été où l’hôpital public a cessé de soigner
À Brest, des patients auraient attendu de nombreuses heures aux urgences selon les organisations syndicales. Ce cas n’est plus une exception : une cinquantaine de services d’urgences connaissent de graves difficultés cet été, tandis que près de 40 % des postes de médecins urgentistes demeurent vacants. Une nouvelle illustration d’

Cette affaire rappelle une réalité du service public de santé : lorsqu’une défaillance survient, la confiance ne peut reposer uniquement sur la parole de l’institution concernée. À Auxerre, la question n’est pas encore de savoir qui est responsable. Elle est d’abord de savoir exactement ce qui s’est passé et si le système saura l’établir sans se protéger lui-même.

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La Cour des Comptes veut réduire le salaire des fonctionnaires sans douleur

23 September 2026 at 09:09

par Vincent Clairmont

La Cour des comptes a diffusé le 21 septembre une note de synthèse chiffrant à près de 20 milliards d'euros en trois ans les économies possibles sur la masse salariale publique, « tant sur les effectifs que sur les salaires ». Le chiffre est posé sous condition, et la condition mérite d'être citée : c'est l'hypothèse où cette masse salariale devrait contribuer au redressement « proportionnellement à son poids dans la dépense publique totale ». Ce poids représentait 362 milliards d'euros en 2024, soit plus d'un cinquième de la dépense publique, en progression de près de 90 milliards depuis 2012. L'horizon est le retour du déficit à 3 % du PIB en 2029.

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Quatre leviers sont recommandés. La réduction des effectifs par non-remplacement des départs en retraite, présentée comme le levier prioritaire. Le ralentissement des avancements de grade et du franchissement automatique des échelons. Un pilotage rendu contraignant, par des plafonds d'emplois et des schémas d'emplois obligatoires dans les budgets des collectivités et des établissements hospitaliers. Et, sur la valeur du point d'indice, une formule qu'il faut lire deux fois : une « sous-indexation concertée et pluriannuelle ».

Retenez ce terme, parce qu'il ne désigne pas une mesure à venir. Il désigne la politique conduite depuis 2017, et la seule nouveauté est qu'on propose de l'inscrire dans un calendrier.

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Les chiffres ne laissent pas de place au débat. Depuis 2017, le point d'indice a été revalorisé deux fois : 3,5 % au 1er juillet 2022, 1,5 % au 1er juillet 2023. Deux décrets, neuf ans. Cumul : 5,05 %. Sur la même période, l'inflation cumulée atteindra 24,17 % à la fin de cette année. Le pouvoir d'achat du point d'indice — c'est-à-dire ce qu'un agent achète avec le traitement de base calculé dessus — a donc reculé d'environ quinze pour cent en neuf ans. Aucune loi n'a décidé cela. Aucun débat parlementaire n'a porté sur une baisse de quinze pour cent du traitement indiciaire de la fonction publique. Le résultat a été obtenu par une suite de décisions de ne rien décider.

C'est exactement le mécanisme que j'ai décrit ici même, le 14 septembre, à propos des pensions : une baisse réelle qu'aucun texte n'assume comme telle, parce que l'inflation fait le travail à la place du législateur. La cible change, la méthode est identique. Et je travaille depuis dix ans dans une maison de gestion, où l'on sait ce que vaut une trajectoire annoncée sur trois ans : c'est la manière convenue de ne s'engager sur aucune des trois années.

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Reste le point où la note se contredit, et il est central.

La Cour écrit que son effort, « pour être accepté », devra être conçu « de telle sorte que la rémunération des agents publics progresse et que l'attractivité de leurs métiers soit maintenue ». Prenons-la au mot. La rémunération d'un agent public progresse par trois canaux : la valeur du point, le glissement vieillesse-technicité — c'est-à-dire l'avancement d'échelon et de grade, automatique ou au choix —, et les mesures catégorielles, ces revalorisations ciblées sur un corps ou une filière.

Sur ces trois canaux, la Cour en ferme deux. Elle recommande de sous-indexer le point. Elle recommande de ralentir les avancements. Il ne reste que les mesures catégorielles, qui sont par construction sélectives : elles font progresser certains corps, pas la fonction publique. Promettre simultanément une sous-indexation, un ralentissement des carrières et une progression des rémunérations n'est pas un arbitrage difficile. C'est une addition qui ne tombe pas juste.

On répondra — et c'est l'objection sérieuse — que quatre-vingt-dix milliards de progression depuis 2012 ne sont pas soutenables, qu'il faut bien agir quelque part, et que la sous-indexation présente l'avantage d'être la seule voie praticable : on ne licencie pas dans la fonction publique, et le non-remplacement des départs produit ses effets sur dix ans, pas sur trois. L'argument tient. Il explique pourquoi tous les gouvernements depuis 2017 ont fait précisément cela.

Mais il ne répond pas à la question posée, qui n'est pas de savoir s'il faut agir. Elle est de savoir qui décide, et sous quelle forme. Une sous-indexation n'engage personne : elle se défait par un arrêté, elle ne figure dans aucun programme, elle ne se vote pas, et elle ne se conteste donc pas. C'est sa commodité, et c'est son vice. Un gouvernement qui annonce une baisse de traitement de quinze pour cent doit la défendre ; un gouvernement qui laisse l'inflation la produire n'a rien à défendre du tout.

Il faut d'ailleurs reconnaître à la Cour ce qu'elle apporte. Le mot « concertée » est une amélioration réelle sur la pratique actuelle : une trajectoire annoncée et négociée vaut mieux qu'un gel décidé chaque été sans discussion. C'est le seul endroit où sa recommandation ajoute quelque chose. Ce n'est pas rien, et c'est peu.

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La note sort neuf jours avant le dépôt du projet de loi de finances. Elle fournit au gouvernement la caution d'une juridiction financière pour une mesure qu'il appliquait déjà sans elle. L'objection, quand elle viendra, portera sur les vingt milliards ; elle ne portera pas sur le procédé, parce que le procédé n'a pas de nom dans le débat public. Il en a un maintenant, et c'est la Cour qui l'a écrit.

La sous-indexation n'est pas une proposition pour 2027. C'est le bilan de 2017 à 2026. La Cour demande simplement qu'on cesse de faire semblant de ne pas l'avoir choisie.

Facturation électronique: l'artisan n'a plus le droit d'envoyer une facture

23 September 2026 at 08:35

Depuis le 1er septembre 2026, la facturation électronique entre entreprises change les règles du jeu. Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et ETI doivent déjà les émettre via une plateforme agréée. Depuis, les rejets se multiplient , et ce sont les artisans, non l'État, qui portent le risque de trésorerie.

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Les plateformes ne communiquent pas entre elles. En cas d'erreur, les plateformes agréées rejettent les factures, l’émetteur n’est pas prévenu, et c’est lui qui avance la trésorerie. L’administration a déjà dû publier un guide de modalités transitoires pour éviter l’arrêt total.

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Une facture peut désormais se perdre dans l’annuaire

La réforme repose sur un système d’intermédiation : les entreprises doivent passer par une plateforme agréée pour recevoir et transmettre leurs factures électroniques. Au cœur du dispositif figure un annuaire central, qui contient notamment le numéro d’identification de l’entreprise, le code de la ligne d’adressage, le statut de cette ligne et la plateforme chargée de recevoir les factures.

Facturation électronique : entrée en vigueur et traitement des premiers problèmes
Le grand jour est arrivé, la réforme de la facturation électronique est entrée en vigueur le 1ᵉʳ septembre 2026. Toutes les entreprises, même les TPE et PME doivent pourvoir dès aujourd’hui recevoir des factures électroniques. Pour rappel, l’administration fiscale a publié un guide permettant de traiter les problèmes au démarrage, et notamment quand le client n’a pas de plateforme.

Autrement dit, le professionnel qui a effectué son travail ne transmet plus nécessairement sa facture directement à son client. Elle doit emprunter un circuit informatique dont chaque maillon doit être correctement renseigné. Le décret n°2026-677 du 27 juillet 2026 prévoit d’ailleurs des procédures spécifiques pour modifier les informations d’adressage et changer de plateforme, avec plusieurs délais administratifs.

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La « simplification » commence par une période transitoire

Le gouvernement défend une réforme destinée à réduire les ressaisies, automatiser certaines opérations et améliorer le suivi des paiements. Au Sénat, en mai 2026, il reconnaissait néanmoins les inquiétudes des artisans et petites entreprises concernant les coûts, la formation et la complexité technique. Plus d’une centaine de plateformes étaient alors annoncées comme immatriculées, certaines proposant des offres gratuites ou sans surcoût aux petites structures.

Facturation électronique : Bercy a-t-il vraiment tiré des leçons des échecs italiens ?
Cinq échecs documentés de la facture électronique italienne, cinq réponses françaises. Sur l’un d’eux au moins, Paris a retenu la solution la plus souple.

La difficulté est précisément là : la promesse de simplification devient, dans sa phase de lancement, une nouvelle dépendance technique pour l’entreprise. La documentation professionnelle prévoit elle-même des « modalités internes transitoires » lorsqu’une facture ne peut être traitée normalement, avec conservation des preuves et des échanges afin d’éviter une rupture de paiement.

L’humeur de Veerle Daens : 1.000€ par trimestre pour n’avoir rien reçu
Facturation électronique : 500 € puis 1 000 € par trimestre, sans plafond, pour n’avoir pas désigné de plateforme de réception. Bercy promet de ne pas sanctionner en 2026.

Pour les TPE, PME et micro-entreprises, l'émission électronique obligatoire arrivera le 1er septembre 2027. D’ici là, l’artisan qui veut simplement envoyer une facture découvre progressivement que son droit d’être payé dépend aussi du bon fonctionnement d’un annuaire, d’une plateforme et de règles d’adressage qu’il ne maîtrise pas. La norme publique déplace ainsi une partie du risque administratif vers la trésorerie privée.

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Condamné deux fois pour abus de confiance, la commune l'embauche quand même comme directeur général

22 September 2026 at 16:20

À Haute-Goulaine, la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire épingle une commune de 5 992 habitants qui a recruté comme directeur général des services un cadre condamné définitivement à deux reprises pour abus de confiance, faux et usage de faux. Le maire savait.

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Le rapport, délibéré le 17 juin 2026, porte sur les exercices 2019 et suivants. Il décrit une administration où les règles censées garantir l’égalité entre candidats, la probité et la protection de l’argent public ont, à plusieurs reprises, été mal appliquées.

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Un recrutement en connaissance de cause

Le directeur général des services (DGS) a été condamné à deux reprises, définitivement. En février 2023 : six mois de prison avec sursis, 5 000 € d'amende et cinq ans d'interdiction d'exercer une fonction de trésorier, pour abus de confiance au détriment d'une association. En juillet 2023 : nouvelle amende de 5 000 €, cinq ans d'inéligibilité, pour abus de confiance, faux et usage de faux (plus de 34 000 € d'achats personnels réglés avec la carte professionnelle d'un poste précédent).

Logements sociaux sacrifiés, concurrence faussée, DGS condamné : la gestion de Haute-Goulaine étrillée par la chambre régionale des comptes
C’est un rapport comme la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire en produit rarement d’aussi chargés pour une commune de cette taille.

Selon la chambre, le maire avait connaissance de ces atteintes à la probité dès l'embauche. Le dossier ne comportait pourtant qu’un compte rendu d’entretien, celui du candidat retenu. L’intéressé a ensuite été maintenu en poste et a bénéficié d’un reclassement lui accordant à tort plus d’un an d’ancienneté.

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Argent public, concurrence et intérêts locaux

Le reste du rapport prolonge le constat. La masse salariale a progressé de 52 %, tandis que les effectifs pourvus augmentaient de 22 % jusqu’en 2024. À la cantine, environ 48 000 euros de pénalités contractuelles n’ont jamais été appliqués malgré des prestations ne respectant pas les exigences prévues. Le prestataire n'a respecté ni la loi Egalim ni le cahier des charges.

Pourquoi sortir de l’assurance-vie en unités de compte ?
Assurance-vie en UC : 2,5 % de frais par an, soit 40 % du capital sur vingt ans. Les quatre raisons d’arrêter d’y verser — et la seule de garder le contrat.

Plus révélateur encore, le marché de la crèche a été remis en concurrence avec seulement douze jours pour répondre. Un seul candidat s’est présenté : le prestataire sortant, contre quatre en 2017. Dans une autre opération, la concession d’aménagement du centre-bourg est passée de 8,3 à 11,2 millions d’euros. Les participations publiques ont augmenté de 1,7 million, tandis que les obligations de logements sociaux du concessionnaire diminuaient de 44 %.

Couronnes dentaires : ce que la position de la dent change à votre remboursement
Couronnes dentaires : le panier 100 % Santé dépend de la dent traitée. Ce qui a changé au 1er janvier 2026 et ce que le décret du 21 août prévoit pour 2027.

Le rapport ne décrit donc pas seulement une succession d’erreurs techniques. Il pose une question: que reste-t-il de la concurrence et du contrôle démocratique lorsque les mêmes acteurs peuvent être reconduits, rémunérés ou favorisés malgré des irrégularités documentées ?

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Poutine, le RN et le dévoilement des contradictions mises sous le tapis depuis trop longtemps

22 September 2026 at 16:12

Par Thibault de Varenne

Le 17 septembre, Vladimir Poutine signe un décret plaçant les filiales russes d'Auchan, de Leroy Merlin et de Nestlé sous administration d'une société tierce. Le 19, Marine Le Pen et Jordan Bardella publient sur Moscou le communiqué le plus dur de leur carrière politique. Le 21, le Kremlin leur répond qu'il est en désaccord. Trois dates, et une question que personne ne pose : qu'est-ce qui a changé, au juste ?

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Quatre ans de guerre en Ukraine n'y avaient pas suffi. Il aura fallu un décret sur des hypermarchés.

Le 17 septembre, un décret signé de Vladimir Poutine transfère les actifs russes de trois groupes européens — le distributeur Auchan, l'enseigne de bricolage Leroy Merlin, le suisse Nestlé — à une société d'« administration temporaire » nommée L.E.V. Management. Le Kremlin invoque l'appartenance de ces entreprises à des pays « inamicaux ». En clair : l'État russe prend la main sur des biens français sans les acheter. Roland Lescure dénonce la mesure le lendemain.

Le 19, Marine Le Pen et Jordan Bardella publient un communiqué commun. Le Kremlin, écrivent-ils, ne peut « espérer dicter directement ou indirectement la politique de la France par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique ». Le même jour, dans l'Oise, Bardella qualifie la démarche russe d'hostile et parle, à propos de l'Ukraine, d'un bain de sang.

Le 21, Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, se déclare en désaccord catégorique : la Russie ne menace ni la France ni aucun pays européen.

On a appelé cela une brouille. Le mot est mal choisi, et il faut reprendre l'affaire de plus haut pour voir pourquoi.

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Ce qui lie le Rassemblement national à la Russie, et ce qui ne l'y lie pas

Trois choses distinctes sont continuellement confondues dans ce dossier. Les démêler est la condition pour en juger.

Il y a d'abord une dette. En septembre 2014, le Front national obtient un prêt de neuf millions d'euros auprès de la First Czech Russian Bank, établissement fondé à Prague puis installé à Moscou, réputé proche du pouvoir russe. L'affaire est révélée par Mediapart deux mois plus tard. La banque fait faillite en 2016 ; la créance est cédée à une société russe de location de véhicules, puis à Aviazaptchast, une entreprise russe d'aéronautique. Le parti a donc eu, des années durant, un créancier russe. Entendue par la commission d'enquête parlementaire sur les ingérences étrangères, Marine Le Pen a toujours tenu la même ligne : si cela l'avait engagée à quelque chose, elle n'aurait pas signé.

Il y a ensuite une image. En mars 2017, à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, la candidate se rend au Kremlin et y serre la main de Vladimir Poutine. La photographie existe. Elle est ressortie à chaque échéance depuis, et elle ressortira.

Il y a enfin une doctrine, et c'est la seule des trois qui relève du débat politique légitime. Le RN conteste le soutien financier français à l'Ukraine au nom de la priorité donnée aux intérêts français. Le 3 septembre, sur BFMTV, Louis Aliot, vice-président du parti et maire de Perpignan, proposait de « couper le robinet » de l'aide à Kiev : tout le monde est à l'os, disait-il en substance, et l'on trouve encore de l'argent pour financer des armes. La formule a valu au parti une volée de bois vert — Gabriel Attal parlant de soumission à des puissances dictatoriales.

Ces trois choses ne pèsent pas du même poids. Une dette est un fait, une photographie est un symbole, une doctrine est une position que l'on peut soutenir ou combattre. Les additionner produit un procès facile ; les distinguer produit une analyse.

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Pourquoi ce n'est pas une brouille

Une brouille suppose une relation, et un différend qui la rompt. Ici, rien de tel.

Le RN n'a rien révisé de son jugement sur la guerre. Il n'a pas annoncé qu'il soutiendrait l'aide à l'Ukraine, ni désavoué son vice-président, ni changé une ligne de son programme. Il a réagi à un acte précis : la saisie de biens français par un décret étranger. Sa doctrine est demeurée exactement la même — la défense des intérêts français d'abord — et c'est précisément cette doctrine qui, appliquée cette fois, l'a conduit à parler dur.

Il y a là une cohérence qu'on refuse de lui reconnaître et qu'il faut pourtant lui

Depuis le 31 août, il n'y a plus de service de médecine à Condom

22 September 2026 at 13:49

Depuis le 31 août 2026, le centre hospitalier de Condom (Gers) n’a plus de service de médecine générale. Vingt lits fermés faute de médecin titulaire. L’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie a prolongé une suspension temporaire "jusqu’à nouvel ordre".

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Le 20 septembre, le conseil municipal a voté une motion de soutien aux personnels, s’opposant à cette fermeture de fait et exigeant une réouverture pérenne. Il a saisi l’ARS... c’est tout ce que la commune peut faire.

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Une fermeture devenue indéfinie

Le service de médecine générale du centre hospitalier de Condom devait déjà composer avec des interruptions temporaires. Durant deux ans, des médecins intérimaires se sont succédé sans permettre de stabiliser les effectifs. Début septembre, même un remplacement prévu a été annulé à la dernière minute, rendant impossible la continuité des soins. Les derniers patients ont alors été orientés vers d’autres structures.

Motion de soutien au service médecine - Gers - Condom - Le Petit Journal
Depuis le 31 août 2026, le service de médecine du centre hospitalier de Condom est fermé faute de médecin. Cette Lire la suite

Le directeur départemental de l’ARS, Frédéric Lopez, reconnaît que le service de vingt lits connaissait des difficultés récurrentes. Les urgentistes de Condom, déjà mobilisés le soir et le week-end, avaient été sollicités pour assurer la continuité. Mais cette organisation n’était pas tenable durablement. Selon l’ARS, aucune date de réouverture ne peut aujourd’hui être annoncée. Malgré le coût élevé des médecins intérimaires, calculé en milliers d’euros par vacation, l’ARS estime que l’absence d’activité coûte encore davantage à l’établissement. La fermeture ne constitue donc même pas une économie évidente.

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Quand l’administration suspend sans fermer

Le conseil municipal, dans sa motion du 20 septembre, demande une réouverture « rapide et pérenne » et saisit officiellement l'ARS. Mais une motion municipale n'a aucune force contraignante face à une agence régionale de santé qui répond à une tutelle parisienne, elle-même arbitrée par des enveloppes budgétaires nationales. Les élus et les personnels réclament des réponses alors que le territoire de la Ténarèze dépend de cet établissement de proximité.

Val de Briey : les urgences ferment encore cette nuit, après onze jours de fermeture en août
À Val de Briey, les urgences de l’hôpital Maillot ferment une nouvelle fois leurs portes, cette fois du 9 septembre à 20 heures au 10 septembre à 9 heures. Après onze jours de fermeture consécutifs en août, cette succession de suspensions pose une question simple : comment un service d’

Cette fermeture le rapport de force entre une administration centrale et des territoires ruraux dépossédés de toute capacité de décision. Les communes paient le prix d’une organisation sanitaire qui concentre les moyens ailleurs et laisse les petites structures à la merci d’un recrutement national défaillant. Pendant que l’ARS parle de sécurité et de pérennité, les patients du Gers perdent un service de proximité sans que quiconque ait réellement tranché devant eux.

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Au 1er octobre, votre garagiste n'aura plus le droit de faire votre carte grise

22 September 2026 at 08:30

Dès le 1er octobre, des milliers de garages pourraient perdre leur habilitation à établir les cartes grises. Pour s'y conformer, ils devront justifier de trois ans d’ancienneté et traiter au moins 200 dossiers par an. Une réforme qui entend répondre aux fraudes du Système d’immatriculation des véhicules (SIV), mais qui risque surtout de faire payer aux petits professionnels les défaillances du système public.

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Depuis 2009, les préfectures ont progressivement abandonné l’accueil physique pour les démarches d’immatriculation. Le SIV repose désormais largement sur un réseau de professionnels habilités : environ 33 000 entreprises réalisent près de 85 % des immatriculations.

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Trois ans d’ancienneté et 200 dossiers : le couperet du 1er octobre

L’arrêté du 21 juillet 2026 durcit les conditions d’habilitation. À compter du 1er octobre, les professionnels devront notamment justifier de trois années d’activité et avoir traité au moins 200 dossiers par an. Des garages pourtant habilités depuis la création du SIV en 2009 pourraient ainsi perdre leur autorisation s’ils n’atteignent pas ce volume.

Habilitation carte grise : ce qui change au 1er octobre 2026
Arrêté du 21 juillet 2026 : 3 ans d’ancienneté, 200 opérations, local dédié. Ce que le durcissement de l’habilitation carte grise change pour vous.

La Fédération nationale de l’automobile (FNA), qui représente plus de 170 000 entreprises, a alerté le 11 septembre sur les conséquences de cette échéance rapprochée. Dans certaines zones rurales, le retrait d’un professionnel peut signifier plusieurs dizaines de kilomètres supplémentaires pour effectuer une démarche autrefois accessible localement.

Au 1er octobre, votre garagiste n'aura plus le droit de faire votre carte grise
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La fraude du SIV sert-elle de justification à une concentration ?

La réforme intervient après la découverte d’un dispositif de fraude d’ampleur : près d’un million de véhicules auraient été immatriculés entre 2022 et 2024 par l’intermédiaire de structures fictives, avec environ 550 millions d’euros de pertes fiscales. L’État cherche donc à renforcer le contrôle d’un réseau devenu indispensable après la fermeture des guichets préfectoraux.

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Mais la réponse soulève une question de responsabilité. Pourquoi un garagiste rural, qui n’a commis aucune fraude, devrait-il perdre son habilitation parce que l’administration n’a pas suffisamment surveillé son propre fichier ? Le seuil de 200 dossiers favorise mécaniquement les professionnels disposant d’un volume d’activité important, tandis que les petits garages assurant un service de proximité sont davantage exposés.

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La FNA demande le retrait de l’arrêté, ou à défaut une période transitoire d’un an et un seuil abaissé à 100 dossiers. Elle envisage également un recours en urgence devant le Conseil d’État. Cet arrêté illustre une fois de plus comment la bureaucratie, après avoir failli, se retourne contre ceux qui rendent encore le service qu’elle a abandonné.

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