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Démolir la maison où ils vivent, sous astreinte de 300 euros par jour de retard

30 September 2026 at 16:20

Une cour d'appel a ordonné la destruction d'une maison habitée, construite sous des permis annulés ensuite, pour la perte d'ensoleillement d'un voisin. Le 17 septembre 2026, la Cour de cassation a cassé partiellement cette décision. La démolition n'est pas annulée, mais elle est remise en cause.

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La réparation d’un trouble de voisinage peut-elle conduire à raser le toit sous lequel vit une famille ? La question, longtemps abordée principalement sous l’angle de la réparation intégrale, vient de recevoir un sérieux correctif judiciaire.

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Une démolition ordonnée sous 300 euros d’astreinte par jour

Dans cette affaire, un couple avait fait construire sa maison d’habitation sur la base de permis de construire ultérieurement annulés. Des voisins ont ensuite engagé une action pour trouble anormal du voisinage, invoquant notamment une perte d’ensoleillement et une atteinte à leurs vues.

L’URSSAF redressait à la règle de trois : la Cour de cassation annule tout
L’URSSAF exige des entreprises une comptabilité au centime près, mais elle de son côté, se permet l’approximation. Dans un arrêt du 3 septembre 2026, la Cour de cassation annule purement et simplement des redressements fondés sur un ratio inventé par les inspecteurs et sur un taux unique de

Le 8 octobre 2024, la cour d’appel de Versailles avait ordonné la démolition de la maison, aux frais du couple, dans un délai de deux mois. Chaque jour de retard coûte 300 euros pendant douze mois, soit plus de 100 000 euros au total.

Le fondement invoqué est la réparation intégrale du préjudice. Ce principe conduit à raser un domicile. Mais cette logique pouvait conduire à une situation particulièrement difficile: un logement familial détruit pour réparer une nuisance de voisinage avec des conséquences humaines.

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La Cour de cassation remet le domicile dans la balance

L’arrêt de la troisième chambre civile du 17 septembre 2026, pourvoi n° E 25-10.224, a cassé partiellement l’arrêt. Elle reproche à la cour d’appel de ne pas avoir recherché si la démolition portait une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale et du domicile, garanti par garanti par l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Crise de la dette française ? Mais non, arrêtez de vous faire peur ! (même si elle serait salutaire)
Il n’y aura pas de crise de la dette française. Il y aura une dégradation lente : ce qu’elle coûte à l’épargnant, et ce que changerait une élection de Mélenchon.

Le raisonnement ne supprime donc pas la possibilité d’une démolition. Il impose au juge de mettre en balance plusieurs éléments : la réalité et l’importance du préjudice subi par les voisins, les conséquences de la destruction pour la famille et surtout l’existence de solutions alternatives permettant de faire cesser le trouble. L’affaire retourne ainsi devant la cour d’appel de Versailles. La démolition n’est pas annulée définitivement : elle est remise en cause et devra être réexaminée.

L’enjeu dépasse ce seul conflit immobilier. D’un côté, le voisin victime doit pouvoir obtenir une réparation effective. De l’autre, la puissance de la décision judiciaire ne peut ignorer qu’une maison est aussi un domicile, avec une valeur familiale et patrimoniale qui ne se résume pas au coût d’une construction.

La Cour de cassation introduit ainsi une exigence de proportionnalité là où l’application mécanique de la réparation intégrale pouvait produire une conséquence radicale : détruire un logement pour faire disparaître une nuisance. La prochaine décision dira si cette maison doit finalement être démolie, adaptée ou conservée sous d’autres conditions.

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Commandé en 2018, 3,5 milliards d'euros, six rames livrées : le TGV du futur est toujours à quai

30 September 2026 at 14:16
Commandé en 2018, 3,5 milliards d'euros, six rames livrées : le TGV du futur est toujours à quai

La SNCF et Alstom ont acté mi-septembre un nouveau report de la mise en service du TGV M, pourtant commandé en 2018 pour 3,5 milliards d'euros. Fin août, six rames seulement étaient livrées, treize sont prévues d’ici la fin de l’année. Le déploiement prévu en Italie est quant à lui repoussé de 2027 à 2028.

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Chacun accuse l'autre, l'addition reste au contribuable. Le voyageur qui arrive dix minutes trop tard à son embarquement perd son billet. Dans le monde des grands contrats industriels, deux ans de retard ne semblent pas produire les mêmes conséquences visibles.

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Une commande lancée en 2018, un calendrier qui glisse

En juillet 2018, SNCF Mobilités validait la commande de 100 TGV de nouvelle génération Avelia Horizon, avant que le programme ne soit porté à 115 rames, pour environ 3,5 milliards d’euros. Le projet promettait davantage de capacité, jusqu’à 740 voyageurs par rame, une consommation énergétique réduite et des coûts de maintenance inférieurs.

La mise en service des nouveaux TGV M encore reportée, la SNCF et Alstom tablent désormais sur “l’automne 2026”
Les entreprises évoquent cette fois des “réglages et améliorations” concernant “le confort” des voyageurs et le “service à bord”.

En décembre 2025, Alstom évoquait encore une mise en service au 1er juillet 2026. En mai 2026, l’entreprise annonçait finalement les premiers voyageurs pour début septembre, après l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché délivrée par l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer (ERA).

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Six rames livrées pour un marché de 3,5 milliards

Le calendrier industriel publié en mai prévoyait six rames livrées fin août et treize à la fin de 2026. La mise en service, promise de longue date, est d'abord repoussée à l'été 2026, puis à septembre, puis à « l'automne 2026 ». Mi-septembre, SNCF Voyageurs invoque les derniers réglages et Alstom une montée en cadence industrielle encore insuffisante. Alstom reconnaissait par ailleurs en mai 2026 des difficultés d’exécution sur certains contrats de matériel roulant, tout en affichant un carnet de commandes de 104,4 milliards d’euros.

Comment Trump pourrait amener le litre de diesel à 3 €
2,39 € le litre, 63 000 barils/jour de diesel américain, une décision à Washington sous cinq semaines. Pourquoi les 3 € ne se décideront pas sur le marché.

Deux versions, un seul constat : personne ne semble en mesure de dire quand la flotte sera réellement là. Reste une zone d'ombre. Aucune des annonces ne mentionne de pénalités de retard ni de contrepartie financière pour la SNCF. Or un marché de cette taille comporte, en principe, des clauses contractuelles précises sur les délais. Qui les fait jouer, et à quel prix ? Le silence en dit long.

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La SNCF est une entreprise publique, et Alstom un fleuron industriel adossé à la commande publique. Dans ce face-à-face entre partenaires institutionnels, l'usager n'a aucun recours, le voyageur ne choisit pas son transporteur et l'actionnaire, l'État, n'a guère d'intérêt à sanctionner l'un de ses champions.

Crise de la dette française ? Mais non, arrêtez de vous faire peur ! (même si elle serait salutaire)

30 September 2026 at 11:27

Par Eric V.

Tout le monde annonce la crise de la dette française. Regardez ce que font ceux qui sont payés pour la craindre : ils achètent. Il n'y aura pas de crise. Il y aura une dégradation lente, et c'est une bien pire nouvelle.

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Ceux qui devraient fuir

Depuis dix jours, la France est censée être au bord du gouffre. L'écart de taux avec l'Allemagne a dépassé 100 points de base le 18 septembre, une première depuis 2012. Scope a retiré le AA− pour un A+. Et le Financial Times rapporte le 30 septembre, sous le titre « Vanguard warns France is "degrading credit" as borrowing costs surge », que le premier gestionnaire d'actifs obligataires du monde juge le crédit français durablement dégradé.

Regardons maintenant ce que font les professionnels. Royal London Asset Management achète la baisse et parie que la dette française battra l'italienne et l'allemande. HSBC écrit que l'OAT est la moins chère depuis au moins 2008. Et lundi, l'Agence France Trésor a annoncé qu'elle lèverait 339,7 milliards d'euros en 2027, contre 311,7 cette année, sans que personne ne doute qu'elle les trouvera.

Voilà le fait qu'aucun commentaire n'a relevé cette semaine. Ceux qui prêtent à la France ne sont pas effrayés. Ils sont contents.

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Ce que Vanguard dit vraiment

Lisons l'avertissement comme un gérant le lirait. Ales Koutny, qui dirige les taux internationaux chez Vanguard, annonce une dégradation durable et juge « fortement possible » un écart à 150 points de base. La même dépêche précise que sa maison est sous-pondérée sur les obligations d'État françaises.

Un gérant sous-pondéré qui annonce publiquement une dégradation ne s'alarme pas : il publie son prix d'entrée. Il dit à quel niveau il redeviendra acheteur, et il le dit à ceux qui détiennent ce qu'il voudrait acheter.

Je ne lui prête aucune manœuvre. Je constate une position, et je lis une déclaration à la lumière de cette position.

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Pourquoi la dégradation paie

Le taux que paie la France se décompose en deux morceaux, et tout le malentendu public vient de leur confusion. Le premier est le niveau général des taux dans la zone euro : c'est le Bund allemand, autour de 3,5 %, que la France paie quoi qu'elle fasse et qui ne dit rien sur elle. Le second est l'écart au-dessus de ce niveau — un peu plus de 110 points de base aujourd'hui. Celui-là est le prix de la signature française, et c'est le seul morceau dont nous soyons responsables.

Or cet écart, pour l'emprunteur, est un coût, et pour le prêteur un supplément de rémunération. Quand l'un se dégrade, l'autre s'enrichit. Le 10 ans français est passé de 3,2 % en février à plus de 4,8 %. La France paie désormais environ 0,2 point de plus que l'Italie, et son rendement souverain a dépassé celui de LVMH à maturité comparable : le marché considère qu'un groupe de luxe est un meilleur débiteur que la République. Catastrophe pour le Trésor, bonne nouvelle pour qui achète : la dette française rapporte plus, et elle rapporte plus parce qu'elle se dégrade.

Encore faut-il distinguer deux choses, et Vincent Clairmont les a séparées ici le 2 septembre dans « Quel sera le vrai test pour la dette française ? ». Un écart peut se payer parce que le marché redoute un événement daté — un budget qui ne passe pas, une censure : c'est une prime de conjoncture, qui se referme quand l'événement se dénoue. Ou parce qu'il a cessé d'attendre un événement et facture un état durable : c'est une prime de régime, et rien ne la referme, puisque rien de particulier ne l'a ouverte. Le signe distinctif se lit sans peine : en septembre, l'écart s'est élargi pendant l'annonce d'un budget à 54 milliards d'économies, quand il aurait dû se resserrer.

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Le parapluie, et ce qu'il couvre exactement

Reste la question qui décide de tout : le prêteur prend-il un risque proportionné à ce supplément ?

Depuis 2012, la réponse est connue : dans la zone euro, une dette souveraine ne fait pas défaut par accident. L'engagement de Mario Draghi, puis les instruments qui l'ont formalisé, ont placé au-dessus des dettes nationales un filet que la BCE peut déployer — le dernier en date, l'instrument de protection de la transmission, créé le 21 juillet 2022.

Mais lisez le communiqué. La BCE y énonce quatre critères cumulatifs d'éligibilité, dont le respect du cadre budgétaire européen et la soutenabilité de la trajectoire de dette, et le Conseil des gouverneurs conserve un pouvoir d'appréciation « complet » sur l'activation.

Ce n'est donc pas un parapluie, c'est un parapluie tenu par quelqu'un d'autre. Et le premier critère ne dit pas « ne pas avoir de déficit » : il dit ne pas être sous procédure pour déficit excessif, ou ne pas avoir manqué d'agir après une recommandation du Conseil. Ce qui protège la France n'est pas sa situation budgétaire — elle est mauvaise — mais le jugement que Bruxelles porte sur ses efforts. Le prêteur qui touche 4,8 % ne prend pas un risque nul : il prend un risque de discrétion, et il parie sur la bienveillance d'un comité.

Notons au passage qui vend et qui achète, car cela servira plus loin. Celui qui peut attendre sera remboursé à 100 et n'a rien perdu : s'il a de l'argent frais, il achète décoté et s'assure près de 5 % par an — c'est la position de Royal London et la lecture de HSBC. Celui qui a une notation minimale inscrite dans son mandat vend le jour où Scope retire le AA−, parce que sa procédure le lui ordonne et non parce qu'il croit au défaut. Le vendeur est contraint, l'acheteur est libre, et les contraints, en France, sont nos assureurs et nos banques.

L'arithmétique de cette décote — pourquoi un titre perd de la valeur quand les taux montent, de combien, et ce que change la durée restante — est exposée dans la fiche d'Élise Rochefort publiée ce jour.

Donc il n'y aura pas de crise

Arrêtons-nous ici, parce que l'essentiel vient d'être dit sans être nommé.

Trois faits, et un seul fil les relie. Les professionnels achètent : l'argent est là. La BCE peut déployer un filet : le défaut n'arrivera pas par accident. Et personne, ni à Paris, ni à Francfort, ni chez les créanciers, n'a intérêt à ce que la France cesse de payer.

Tirons-en la conclusion, même si elle contredit tout ce qu'on entend depuis dix jours. Il n'y aura pas de crise de la dette française.

Il y aura autre chose, qui n'a pas de nom dans le débat public et qu'il faut donc

Pourquoi la hausse des taux dégrade la valeur de notre dette

30 September 2026 at 10:07

Par Élise Rochefort

Le rendement de l'obligation assimilable du Trésor à dix ans est passé de 3,2 % en février 2026 à plus de 4,8 % fin septembre. L'écart avec le titre allemand de même échéance a dépassé 100 points de base le 18 septembre, une première depuis 2012. L'agence Scope a abaissé la note de la France de AA− à A+ en septembre. Ces mouvements ne modifient pas ce que l'État verse aux détenteurs des titres déjà émis. Ils modifient le prix auquel ces titres se revendent avant leur échéance. Cette fiche expose la mécanique en cause, son arithmétique, et les raisons pour lesquelles certains détenteurs vendent au moment où d'autres achètent.

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Le contrat est figé

Une obligation d'État est un contrat de prêt à termes fixes. Un titre de 100 euros émis à 3,20 % pour dix ans prévoit le versement de 3,20 euros par an — le coupon — et le remboursement de 100 euros au terme. Les deux montants sont inscrits à l'émission. Ils ne varient ni avec la note de l'émetteur, ni avec les taux du marché, ni avec l'état des finances publiques. Le détenteur qui conserve le titre jusqu'à l'échéance perçoit ce qui était prévu, sauf défaut de l'émetteur.

Le prix de revente varie

Ce qui varie est le prix auquel ce contrat s'échange avant l'échéance.

L'État émet aujourd'hui des titres neufs autour de 4,80 %, soit 4,80 euros par an pour 100 euros prêtés. Un acheteur n'a donc pas de raison de payer 100 euros un titre qui rapporte 3,20 euros. Pour trouver preneur, le prix doit baisser jusqu'au point où les deux placements rapportent autant.

Le calcul est arithmétique. À un prix de 87,50 euros, l'acheteur perçoit 3,20 euros par an sur 87,50 investis, et encaisse 100 euros à l'échéance. La différence entre le prix payé et le remboursement s'ajoute aux coupons. L'ensemble équivaut à un rendement de 4,80 % par an pendant dix ans : la somme des dix coupons et du remboursement, ramenée à la date d'achat au taux de 4,80 %, vaut 87,52 euros.

Le détenteur qui avait payé 100 euros voit donc son titre coté 87,50. Sa position a perdu 12,5 %. Dans le même intervalle, l'État a versé chaque coupon à la date prévue. Ce n'est pas la solvabilité du débiteur qui a changé, c'est le prix du marché.

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L'ampleur de la perte dépend de la durée restante

Deux paramètres déterminent l'écart de prix : le nombre d'années qui restent à courir et le coupon d'origine.

Le même titre à 3,20 %, s'il ne lui reste que deux ans au lieu de dix, ne perd qu'environ 3 % lorsque le marché passe à 4,80 %. L'écart de coupon ne s'applique que deux fois, et le remboursement à 100 euros est proche. À l'inverse, un titre émis à 0,50 % — coupon courant sur les émissions de 2020 et 2021 — et ramené à un marché de 4 % avec dix ans restants se négocie autour de 71,60 euros, soit une perte d'environ 28 %.

Les professionnels désignent cette sensibilité par le mot duration, qui mesure en années la durée de vie moyenne des flux d'un titre. Plus elle est longue, plus le prix réagit à une variation de taux.

Perte latente et perte réalisée

La perte constatée sur le prix de marché n'est pas une perte encaissée. Elle ne le devient qu'à la vente.

Un détenteur qui conserve le titre jusqu'au terme reçoit 100 euros, quel que soit le prix atteint entre-temps. La moins-value affichée en cours de route disparaît à l'échéance. Ce détenteur supporte en revanche un coût qui n'apparaît dans aucun relevé : pendant dix ans, son argent rapporte 3,20 % alors que le marché offre 4,80 %.

Un détenteur qui vend avant le terme encaisse la perte. Les deux situations ne relèvent pas du même choix.

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Deux règlements différents

C'est ce point qui explique que des vendeurs et des acheteurs se présentent le même jour sur le même titre sans que leurs anticipations diffèrent nécessairement.

Certains gérants se déclarent acheteurs aux niveaux actuels. Royal London Asset Management indique acheter la baisse et anticipe que la dette française fera mieux que l'italienne et l'allemande. HSBC écrit que l'obligation française est la moins chère depuis au moins 2008. À l'inverse, Vanguard, qui gère 12 000 milliards de dollars, se déclare sous-pondéré sur les titres d'État français ; son directeur des taux internationaux, Ales Koutny, juge « fortement possible » un écart de 150 points de base avec l'Allemagne. Ces trois positions ont été rapportées par le Financial Times les 29 et 30 septembre.

Ces positions relèvent de l'opinion. Une partie des ventes n'en relève pas.

Un fonds, une compagnie d'assurance ou une banque n'arbitrent pas librement. Leurs mandats de gestion fixent une limite de moins-value par ligne, un budget de risque global, parfois une notation minimale en dessous de laquelle un titre ne peut plus être détenu. Certains indices obligataires excluent les émetteurs sous un certain seuil, et les fonds qui répliquent ces indices vendent lorsqu'un émetteur en sort. Quand l'un de ces seuils est franchi, la cession est déclenchée par la règle et non par une anticipation : un mandat interdisant la détention en dessous de AA− impose de vendre le jour où l'agence retire le AA−.

Un même mouvement de prix produit donc deux comportements opposés. Le détenteur soumis à un seuil vend au moment où le prix baisse. Le détenteur qui disposait de liquidités et d'aucune contrainte de seuil achète au même moment.

Qui détient les titres français

La Banque de France publie chaque trimestre la répartition des détenteurs de la dette négociable. Les non-résidents en détiennent 56 %. Le solde est réparti entre les banques, les compagnies d'assurance et les organismes de placement collectif français.

Les assureurs français détiennent ces titres principalement au sein des fonds en euros des contrats d'assurance-vie. Dans leurs comptes sociaux, les obligations amortissables sont inscrites au coût d'acquisition et non à la valeur de marché : les moins-values latentes n'y figurent donc pas tant que les titres ne sont pas cédés. Elles apparaissent en revanche dans le bilan prudentiel établi selon la directive Solvabilité II, qui retient la valeur de marché.

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Ce que ces chiffres ne disent pas

Le montant des moins-values latentes des assureurs français sur leurs portefeuilles d'obligations d'État n'est pas publié ligne à ligne. La répartition des détenteurs publiée par la Banque de France ne distingue pas, parmi les non-résidents, ceux qui sont soumis à un seuil de notation de ceux qui ne le sont pas. Le nombre de mandats de gestion comportant un seuil situé au niveau actuel de la note française n'est pas documenté publiquement.

La mécanique exposée ici est arithmétique et ne préjuge d'aucun scénario. Ses effets dépendront du niveau auquel les taux se stabiliseront, et de la part des détenteurs qui auront à céder leurs titres avant l'échéance.

Facturation électronique : l'agriculteur croule déjà sous la paperasse, l'État lui impose une plateforme de plus

30 September 2026 at 09:32

Depuis le 1er septembre 2026, les exploitants doivent recevoir leurs factures via des plateformes agréées. Dès septembre 2027, les exploitants devront également les émettre et transmettre leurs données à l'administration fiscale. FDSEA, Coordination rurale et Jeunes agriculteurs dénoncent une charge de plus pour des paysans déjà submergés.

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Quand on travaille soixante heures par semaine, le temps passé devant un écran n’est pas abstrait. C’est du temps retiré aux animaux, aux cultures, aux récoltes ou au repos : 61 % des agriculteurs jugent que cette réforme est « source de stress ».

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Une réforme fiscale qui arrive jusque dans les exploitations

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent être capables de recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et les ETI doivent également les émettre sous ce format et transmettre certaines données à l’administration fiscale. À partir du 1er septembre 2027, les PME, TPE et micro-entreprises seront à leur tour concernées par l’émission et l’e-reporting.

Facturation électronique obligatoire : les agriculteurs dénoncent une nouvelle usine à gaz
Fiscalité. Alors que manifestation après manifestation, les agriculteurs réclament un allègement des tâches administratives, la généralisation de la facturation électronique à partir de septembre 2026 fait l’unanimité contre elle. En Occitanie, les syndicats alertent sur les conséquences de cette réforme qu’ils jugent contreproductive et qui pourrait pousser certains exploitants à jeter l’éponge.

Pour les exploitants agricoles, les syndicats FDSEA, Coordination rurale et Jeunes Agriculteurs rappellent que les agriculteurs consacrent déjà entre 9 et 15 heures par semaine aux démarches administratives. Ils dénoncent une interface supplémentaire venant s’ajouter aux dispositifs fiscaux et à la gestion de la PAC, avec, selon les situations, des coûts de logiciel, de plateforme ou d’accompagnement comptable.

Les sanctions sont prévues, elles. Une mise en demeure d'abord. Puis 500 euros d'amende si aucune plateforme n'est choisie sous trois mois, et 1 000 euros par trimestre tant que l'exploitant n'a pas régularisé. Les paysans, leurs syndicats et les associations agricoles le disent : dans les petites fermes, la réforme va peser sur un quotidien déjà saturé de formalités.

Facturation électronique : l'agriculteur croule déjà sous la paperasse, l'État lui impose une plateforme de plus
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Coûts cachés et contrôle renforcé

Le gouvernement présente la facturation électronique comme un moyen de fluidifier les échanges, de réduire les délais de paiement et de lutter contre la fraude à la TVA. Chaque entreprise doit néanmoins sélectionner une plateforme agréée ou utiliser une solution compatible.

Facturation électronique: l’artisan n’a plus le droit d’envoyer une facture
Depuis le 1er septembre 2026, la facturation électronique entre entreprises change les règles du jeu. Toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques, tandis que les grandes entreprises et ETI doivent déjà les émettre via une plateforme agréée. Depuis, les rejets se multiplient , et ce

Le décalage entre cette promesse administrative et le terrain mérite d’être regardé de près. En avril 2026, 80 % des chefs d’entreprise n’étaient pas équipés et 37 % déclaraient ne pas comprendre ce que la réforme impliquait. Pour un exploitant en pleine période de foins, apprendre un nouvel outil numérique n’a rien d’une formalité secondaire.

Certes, une réforme peut être gratuite sur le papier et néanmoins prélever une ressource économique réelle : le temps de travail. L’État mesure les recettes fiscales, les coûts de conformité et les investissements informatiques. Qui mesure les heures passées à saisir, vérifier, corriger et transmettre des données ?

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À force de « simplifier » l’administration par l’empilement de plateformes, on risque surtout de déplacer la charge vers celui qui produit. L’agriculteur devient alors, en plus de son métier, le comptable, l’opérateur informatique et l’agent de transmission d’une administration qui prétend pourtant lui faire gagner du temps.

Bagayoko, Bardella ? ou le procès avant la preuve

29 September 2026 at 18:11

par Eric V.

Lundi, Mediapart attribue à Jordan Bardella des propos antisémites écrits il y a plus de dix ans. Mardi, un média d'extrême droite diffuse vingt secondes où le maire de Saint-Denis danse près d'une poubelle en feu. Deux camps, deux dossiers ouverts, et déjà deux verdicts.

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La poubelle

Un homme se penche, saisit une poubelle qui brûle, la traîne loin des grilles d'un lycée, se relève et danse avec les élèves qui l'applaudissent. Un peu plus tard, il applaudit les pompiers. C'est la séquence complète, publiée par L'Humanité. Celle qui a tourné d'abord, diffusée par le site militant Frontières, commence après le geste : on y voit un élu s'écarter d'un feu et danser. Vingt secondes, et l'affaire était faite.

Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis en mars, a démenti mardi devant la presse, au lycée Paul-Éluard : « Je n'ai évidemment ni allumé ni encouragé de feu de poubelle », « j'ai au contraire tenté de l'éteindre ». Des lycéens ont raconté à l'AFP qu'il leur criait d'arrêter de mettre le feu. Le député RN Julien Odoul avait dénoncé la scène sur CNews avant que la version longue ne circule.

Le montage n'est pas un mensonge. C'est une vérité à laquelle on a retiré ce qui la contredit.

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Le fichier

La veille, lundi, Mediapart publiait des dizaines de conversations écrites datées de 2013 à 2015, qu'il dit avoir vérifiées de façon indépendante, et qui attribuent à Jordan Bardella des propos antisémites. Le président du Rassemblement national parle de « propos parfaitement délirants », de faux grossiers, et a chargé son avocat d'engager les actions nécessaires. Marine Le Pen dénonce des manigances. Aucune expertise technique extérieure des pièces n'a été rendue publique à ce jour.

Disons-le sans détour, parce que c'est la ligne de ce journal et non une précaution d'écriture : si ces écrits sont authentiques, rien ne les excuse, aucune position diplomatique ne les rachète, et il n'y a pas d'indulgence à négocier. Mais nous ne le savons pas encore. Et « nous ne le savons pas encore » est exactement ce que plus personne ne supporte d'entendre.

Car les deux camps ont fait le même calcul en vingt-quatre heures. D'un côté, le clip a valu constat. De l'autre, le fichier vaut condamnation. Chacun a reconnu dans la pièce ce qu'il savait déjà, et s'est épargné la peine de l'ouvrir.

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Ce que coûtent vingt-quatre heures

On m'objectera que le journalisme ne peut pas attendre les tribunaux, et c'est vrai : un journal qui ne publierait qu'après un arrêt définitif ne publierait jamais rien. Mais publier une pièce et prononcer une sentence sont deux actes distincts, et ce ne sont pas les mêmes gens qui les commettent. Mediapart a publié et dit avoir vérifié — c'est son métier, et il en répondra. Frontières a coupé. Ceux qui ont conclu, dans les deux affaires, ce sont ceux qui regardaient.

Or une accusation et sa rectification ne circulent pas à la même vitesse, pour une raison qui n'a rien de mystérieux : la rectification n'est pas amusante. La séquence longue de Saint-Denis existe, elle est datée, elle est accessible à quiconque veut cliquer — elle ne fera pas le tiers du chemin des vingt secondes. Et si les conversations publiées lundi sont un jour écartées par un juge, dans dix-huit mois, à la page des brèves, qui le lira ?

Nous avons donc deux régimes de preuve pour un seul pays. Quand la pièce accuse l'adversaire, elle suffit. Quand elle accuse les nôtres, on demande une expertise, un contradictoire, un délai. Et chacun trouve l'autre partial, ce qui est la seule chose sur laquelle les deux camps aient raison.

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Dernier mot

Il faudrait se demander ce que nous avons fait, nous, pendant ces vingt-quatre heures. Pas les médias, pas les partis : nous, qui avons regardé, partagé, tranché. Le test est simple et il ne coûte rien à passer : sommes-nous aussi pressés de vérifier lorsque la pièce accuse quelqu'un de notre bord ? Si la réponse est non, nous ne sommes pas des citoyens informés. Nous sommes des supporters avec une connexion.

Voilà ce que la liberté demande de plus banal et de plus difficile : accepter de rester vingt-quatre heures sans avis. Ce n'est pas de la prudence, c'est un exercice, et il se pratique contre soi.

En France, le verdict ne suit plus l'enquête. Il l'attend, déjà rédigé.

À part Christine Lagarde, qui peut encore donner une chance au bloc central à la présidentielle ?

29 September 2026 at 17:42

par Eric V.

Le 16 novembre 2016, un homme qui n'avait jamais été élu à quoi que ce soit annonçait sa candidature à la présidence de la République. Dix ans plus tard, le bloc central aligne quatre candidats et pas un présidentiable. Il lui reste une carte, et elle est à Francfort.

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Bobigny, il y a dix ans

Le 16 novembre 2016, à Bobigny, Emmanuel Macron annonçait sa candidature. Il avait trente-huit ans, aucun mandat électif derrière lui, trois mois de vie civile depuis sa démission du gouvernement, et une dizaine de points dans les sondages. Cinq mois plus tard il était élu. On a beaucoup écrit sur le personnage ; on a moins regardé le gabarit. Ni élu, ni militant, ni comptable d'un bilan devant des électeurs, mais lourd d'une excellence certifiée par des institutions — l'Inspection des finances, une banque d'affaires, un secrétariat général adjoint, un ministère par nomination.

Ce gabarit n'était pas un accident. C'était une réponse à une panne, et la panne est revenue.

La campagne d’Édouard Philippe décroche dans les sondages
Popularité à 27 % chez Odoxa, 46 % chez l’Ifop, 45 % au second tour contre 49 % en août : ce que trois séries de mesures disent d’Édouard Philippe depuis mai.
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Quatre candidats et pas un présidentiable

Regardons l'offre. Édouard Philippe est mesuré à 19 % d'intentions de vote quand il n'a qu'un concurrent au centre, à 17 % quand il en a deux, à 14 % quand ils sont trois, selon la notice déposée le 14 septembre à la Commission des sondages par Toluna Harris Interactive. Sa cote de popularité recule de trois points en un mois chez Odoxa, à 27 %, et de dix points depuis mai 2025. Une information judiciaire a été ouverte au printemps sur la gestion du pôle numérique du Havre ; il n'a pas été mis en examen et bénéficie de la présomption d'innocence, mais le dossier existe et il pèse.

Gabriel Attal va de 8 à 15 % selon le nombre de concurrents. Il progresse — trois points et huit places au baromètre Cluster 17 de septembre — et c'est précisément son problème : à trente-sept ans, après un passage à Matignon qui aura duré huit mois, il monte dans les classements de sympathie sans jamais franchir le plafond de la crédibilité présidentielle. Bruno Retailleau ne dépasse jamais 10 % dans aucune hypothèse, et perd six points de popularité en un mois, à 20 %. Il tient une ligne, ce qui est déjà rare ; il ne tient pas un électorat.

Élargissons, puisque c'est la mode, et comptons le Parti socialiste dans le bloc central — ce que personne n'assume et que tout le monde pratique. Raphaël Glucksmann a annoncé sa candidature le 23 août, ce qui lui donne un avantage sur les trois précédents : il existe. Il est mesuré entre 9 et 12 %. On dira qu'il progresse, et c'est vrai — il est le seul du haut de tableau à gagner un point en septembre chez Odoxa. Mais une candidature déclarée qui ne décolle pas est un plafond, pas un plancher, et il lui manque les trois choses qu'on ne fabrique pas en dix-huit mois : le charisme, l'habileté de manœuvre, et cette crédibilité gouvernementale qui ne s'acquiert qu'en ayant tenu un ministère par gros temps.

Quatre hommes, quatre plafonds. Aucun n'émerge, et chacun empêche les autres.

L'arithmétique qui donne des sueurs froides

Voilà où le sujet devient sérieux. Dans l'hypothèse où le centre et la gauche non insoumise présentent trois candidats, le mieux placé d'entre eux est à 14 %. Jean-Luc Mélenchon est à 16. Marine Le Pen est à 33. Faites l'addition : le second tour se joue sans le bloc central.

L’Urssaf réclame 2,7 millions pour elle - même, les 231 livreurs attendent toujours

29 September 2026 at 17:01

Le 23 septembre 2026, l’Urssaf a exigé 2,7 millions d’euros de Foodora et de deux anciens dirigeants pour travail dissimulé.L'audience d'indemnisation est renvoyée au 27 janvier. Dans le même temps, les 231 anciens coursiers, eux, patientent toujours.

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Le feuilleton judiciaire Foodora illustre une mécanique institutionnelle où les créances sociales et les droits individuels s’affrontent désormais devant le tribunal judiciaire de Paris. Et rien n’est encore définitivement réglé.

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2,7 millions réclamés, l’Urssaf passe avant les coursiers

Le 23 septembre 2026, l’Urssaf a demandé la condamnation solidaire de Foodora et de deux anciens dirigeants à lui verser 2,7 millions d’euros. La somme correspond aux cotisations sociales que l’organisme estime avoir été éludées lorsque les coursiers étaient présentés comme indépendants alors que leur relation de travail relevait, selon l’accusation, du salariat. Foodora a cessé son activité en France en 2018 ; 4 600 coursiers avaient été recensés par l’Urssaf.

Travail dissimulé chez Foodora : l’Urssaf réclame 2,7 millions d’euros, le feuilleton continue
Nouvel épisode du feuilleton judiciaire autour de Foodora : l’Urssaf réclame désormais 2,7 millions d’euros alors que 231 ex-coursiers attendent déjà des dommages et intérêts auprès de cette plateforme allemande de livraison de repas ayant plaidé coupable pour

L’entreprise et ses deux anciens dirigeants avaient déjà reconnu leur culpabilité dans une procédure de plaider-coupable en mars. Foodora avait accepté une amende de 200 000 euros, tandis que Boris Mittermüller et Stéphane Mac Millan Gay avaient accepté respectivement 50 000 et 20 000 euros d’amende, ainsi qu’une interdiction de gérer de trois ans avec sursis.

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L’Urssaf négocie, les victimes patientent

Le nouveau volet financier a toutefois provoqué le report au 27 janvier de l’examen des dommages et intérêts réclamés par les 231 anciens coursiers. La défense invoque des discussions en cours avec l’Urssaf. Son avocat affirme que des « pourparlers avancés » pourraient aboutir à de nouvelles informations début 2027. L’Urssaf elle-même a évoqué un préjudice susceptible d’évoluer puisque des versements de Foodora ont déjà été perçus.

URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €
n auto-entrepreneur de l’Yonne fournit à l’URSSAF l’intégralité de ses factures, corrige ses déclarations et demande le recalcul de ses cotisations sur son chiffre d’affaires réel. Malgré cela, l’organisme lui réclame 17 837 € sur la base de montants qu’il sait inexacts. Le tribunal

Les avocats des livreurs demandent, eux, plusieurs milliers d’euros par personne au titre du préjudice moral et de la précarité financière. Ils soulignent également que certains documents professionnels, comme les certificats de travail ou attestations France Travail, ne seraient toujours pas régularisés.La procédure est en cours. Aucune décision définitive n'est rendue sur ce redressement, dont le montant et le sort restent à trancher.

Pendant ce temps, les coursiers attendent une réparation que Foodora a pourtant admis leur devoir. On ignore comment l'éventuel redressement s'articulerait avec les indemnités des livreurs, et si la plateforme peut honorer les deux. Une transaction entre la société et l'Urssaf ne prévoit rien pour les victimes, qui n'y sont pas parties.Les livreurs ont été privés de leurs droits une première fois. Ils risquent de l'être une seconde, par une puissance publique qui règle ses comptes d'abord.

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Rennes: louer son deux-pièces deviendra une demande d'autorisation, sous peine de 15 000 euros

29 September 2026 at 14:38

À partir d’avril 2027, louer certains petits logements dans le centre ancien de Rennes ne relèvera plus de la seule décision du propriétaire. Environ 900 logements de moins de 20 m² seront soumis à un « permis de louer », avec dossier administratif, visite municipale et jusqu’à 15 000 euros d’amende en cas de récidive.

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La Ville de Rennes a annoncé le 24 septembre 2026 la mise en place de ce dispositif, officiellement destiné à lutter contre l’habitat indigne. Mais derrière cet objectif légitime se dessine aussi une nouvelle étape dans l’encadrement administratif du marché locatif privé.

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Un logement à louer, une autorisation à obtenir

Le dispositif concernera les logements de moins de 20 m² construits avant 1975 dans le centre ancien. Avant chaque nouvelle mise en location, le propriétaire devra déposer une demande sur une plateforme en ligne, puis accepter une visite de contrôle organisée par la municipalité.

Avec le permis de louer, la Ville de Rennes lutte contre l’habitat indigne | Espace presse | Rennes Ville et Métropole
La Ville de Rennes complète son arsenal de lutte contre l’habitat indigne grâce à un nouveau dispositif : le permis de louer. À partir d’avril 2027, …

La mairie disposera ensuite d'un délai d'un mois pour répondre. L'autorisation accordée sera valable deux ans. En l'absence de demande ou d'autorisation, les sanctions pourront atteindre 5 000 euros, puis 15 000 euros en cas de récidive dans les trois ans.

Comment la France a interdit, puis “dés-interdit”, de louer 700 000 logements
Après avoir interdit progressivement la location des logements classés G, puis F et bientôt E, le gouvernement reconnaît implicitement les effets pervers de sa propre politique. Le projet de loi « Relance du logement », présenté le 24 juin 2026, prévoit de remettre sur le marché près de 700 000 logements sous

Le mécanisme n'est pas une invention rennaise. Créé en 2014, le « permis de louer » est déjà appliqué dans plus de 700 communes françaises. Rennes étend donc à son tour une logique où la collectivité intervient directement avant qu'un propriétaire puisse proposer son bien à la location.

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Lutter contre l'habitat indigne… en contrôlant le propriétaire

Sur le principe, contrôler les logements présentant des risques pour leurs occupants peut se comprendre. Mais le changement de logique mérite d'être regardé de près : le propriétaire ne se contente plus de respecter les normes applicables ; il doit désormais solliciter une validation administrative préalable.

Comment la France a interdit, puis “dés-interdit”, de louer 700 000 logements
Après avoir interdit progressivement la location des logements classés G, puis F et bientôt E, le gouvernement reconnaît implicitement les effets pervers de sa propre politique. Le projet de loi « Relance du logement », présenté le 24 juin 2026, prévoit de remettre sur le marché près de 700 000 logements sous

Pour un propriétaire d'un petit deux-pièces, la location devient ainsi une procédure : dossier, inspection, délai d'attente et renouvellement périodique de l'autorisation. Le risque financier, lui, est loin d'être symbolique.

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La question dépasse donc Rennes. La mairie contrôle, le propriétaire supporte le risque, le locataire subit la rareté. Un droit de propriété qu'il faut faire valider tous les deux ans par l'administration n'est plus un droit : c'est une concession.

La campagne d'Édouard Philippe décroche dans les sondages

29 September 2026 at 10:20

par Élise Rochefort

Trois instruments distincts mesurent la position d'Édouard Philippe : les baromètres de popularité, les intentions de vote au premier tour et les duels de second tour. Ils ne posent pas la même question et leurs niveaux ne sont pas comparables entre eux. Les trois reculent.

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La popularité

Le baromètre Odoxa-Mascaret pour Public Sénat et la presse quotidienne régionale, réalisé les 23 et 24 septembre 2026 auprès de 1 005 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, mesure 27 % d'opinions favorables pour Édouard Philippe, en recul de 3 points. L'institut relève une baisse de dix points depuis mai 2025.

La même série le mesurait à 30 % en mai 2026, après un recul de 2 points en mai et de 4 points en avril, soit six points sur deux mois.

Le tableau de bord des personnalités de l'Ifop, réalisé les 2 et 3 septembre 2026 auprès de 1 034 personnes, mesure 46 % de bonnes opinions, en recul de 2 points, et le place au cinquième rang. Les trois premières places sont occupées par des personnalités sans mandat électif en exercice. Gabriel Attal y est mesuré à 43 %.

Les deux instruments ne donnent pas le même niveau — 27 % et 46 % — parce qu'ils ne posent pas la même question. Seules leurs évolutions respectives sont comparables. Elles vont dans le même sens.

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Les intentions de vote

L'enquête Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, dont la notice a été déposée le 14 septembre 2026 auprès de la Commission des sondages, a été réalisée du 8 au 10 septembre auprès de 2 052 personnes inscrites sur les listes électorales. Édouard Philippe y est mesuré à 14 % dans l'hypothèse qui retient également Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal, à 17 % dans celle qui ne retient que Glucksmann, et à 19 % dans celle qui substitue François Hollande aux deux précédents.

Sur les autres enquêtes de la période, il est mesuré entre 14,5 et 18 % par l'Ifop les 24 et 25 août, entre 17 et 19,5 % par Elabe du 26 au 28 août, et à 19 % par Cluster 17 pour Politico les 15 et 16 septembre. L'enquête Odoxa-Mascaret des 20 et 21 mai le mesurait à 17 %, en recul de 4 points sur la vague précédente.

La borne basse de cette fourchette, 14 %, correspond à l'hypothèse où trois candidats du centre et de la gauche non insoumise se présentent simultanément. Dans cette configuration, Jean-Luc Mélenchon est mesuré deux points au-dessus de lui.

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Le second tour

Dans le même sondage Toluna, Édouard Philippe obtient 45 % face à Marine Le Pen, contre 49 % dans la vague d'août 2026 : quatre points en un mois. Gabriel Attal y est mesuré à 44 %, contre 45 % en août. Sur le second tour, l'institut annonce une marge d'erreur de 2,9 à 3,1 points selon le score visé.

En mai, l'enquête Odoxa-Mascaret donnait un second tour Jordan Bardella-Édouard Philippe à 52-48, après des vagues précédentes qui plaçaient Philippe en tête.

Le calendrier judiciaire

Une information judiciaire a été ouverte au printemps 2026 sur la gestion du pôle numérique du Havre. Les qualifications visées, telles que rapportées par la presse, sont le détournement de fonds publics, le favoritisme, la prise illégale d'intérêts et la concussion. Les faits portent sur une convention conclue en 2020 entre la communauté urbaine et l'association LH French Tech, qui a perçu 2,154 millions d'euros de compensation publique. Un signalement avait été adressé au Parquet national financier en septembre 2023, des perquisitions ont eu lieu en avril 2024, et le PNF a pris des réquisitions aux fins d'ouverture d'une information judiciaire le 7 mai 2026.

Aucune mise en examen n'a été rapportée à ce jour. Édouard Philippe bénéficie de la présomption d'innocence. Son entourage a indiqué qu'il répondrait aux questions de la justice, comme il l'a toujours fait.

Odoxa rattache explicitement le recul de mai à l'ouverture de cette enquête. L'Ifop, qui mesure un recul sur la même période, n'avance pas de cause.

La campagne d'Édouard Philippe décroche dans les sondages
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Ce qui ne recule pas

Édouard Philippe demeure le candidat du bloc central le mieux placé dans la plupart des hypothèses testées, et le seul mesuré à 19 % dans deux enquêtes de septembre. Au second tour, il conserve un point d'avance sur Gabriel Attal. L'Ifop relève qu'il garde un avantage parmi les sympathisants de Renaissance et les électeurs d'Emmanuel Macron en 2022. Son score de premier tour est le plus élevé lorsque le nombre de candidatures concurrentes au centre est le plus faible, ce qui dépend de décisions qui ne lui appartiennent pas.

Les limites de la mesure

Aucune des personnalités du bloc central n'a déclaré sa candidature. Les instituts testent des hypothèses qu'ils construisent, et ces hypothèses diffèrent d'une enquête à l'autre : une variation de score peut donc traduire un changement d'opinion ou un changement de configuration testée. Les marges d'erreur annoncées, de 1,4 à 2,9 points au premier tour, sont du même ordre que la plupart des écarts commentés. Les baromètres de popularité et les intentions de vote mesurent deux objets différents, et rien n'établit que l'un précède l'autre.

Trois séries reculent sur la même période. Elles ne disent pas si le mouvement se poursuivra.

Quelle non-réforme des retraites Retailleau propose-t-il ?

29 September 2026 at 09:59

par Vincent Clairmont

40 milliards d'économies cumulées sur cinq ans, soit 8 milliards par an, pour une dépense de pensions à 14,1 % du PIB. Deux pour cent. Et le seul étage du projet censé sortir du régime général est garanti par l'État.

À Sainte-Foy-la-Grande, les urgences restent fermées faute de médecins

29 September 2026 at 09:23

La fermeture avait pourtant été présentée comme temporaire. Les urgences de Sainte-Foy-la-Grande, en Gironde, ne rouvriront pas le 30 septembre comme annoncé. Le 26 septembre, l’établissement a confirmé le report de la réouverture, faute d’avoir pourvu les postes médicaux nécessaires. Pour les habitants, la fermeture temporaire se prolonge et les dizaines de kilomètres à parcourir deviennent la nouvelle norme.

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Depuis l’été, le service d’accueil des urgences de Sainte-Foy-la-Grande ne reçoit plus normalement les patients. Une date de réouverture avait été fixée au 30 septembre, elle ne sera finalement pas tenue.

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Une fermeture provisoire qui s’installe

Le 26 septembre, l’établissement a expliqué que, malgré une « très large mobilisation de l’ensemble des acteurs du territoire », les « postes médicaux nécessaires » demeuraient vacants. La conséquence est très concrète : les habitants du secteur doivent continuer à parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour accéder à un service d’urgences.

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Retrouvez toute l’info de Sainte-Foy-la-Grande (33220) en direct : les faits-divers, la météo, les sorties, la politique, l’économie, le sport et bien plus encore avec Sud Ouest

Le vocabulaire administratif mérite ici d’être regardé de près. Il n’est officiellement question ni de suppression définitive ni de fermeture assumée du service. Il s’agit d’un report, lié à l’absence de médecins. Mais, pour la population, la distinction devient secondaire lorsque la date annoncée de réouverture est repoussée.

Cette situation illustre une mécanique désormais familière dans l’hôpital public : une fermeture décidée pour une période limitée peut se prolonger faute de personnel disponible, puis devenir durable sans qu’une décision politique explicite de suppression ait été prise.

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Quand l’absence de médecins devient une décision

Le cas de Sainte-Foy-la-Grande pose donc une question qui dépasse le seul établissement. Qui décide réellement de l’organisation des soins lorsque l’État, l’hôpital et les autorités sanitaires invoquent simultanément le manque de médecins ?

À La Réunion, l’hôpital manque d’infirmières, et il est interdit de leur payer deux mois de loyer
À La Réunion, le Centre hospitalier Ouest Réunion a tenté de recruter des infirmières de bloc en avançant deux mois de loyer. Trois mille euros. La Chambre régionale des comptes vient de juger le dispositif illégal. L’établissement y a mis fin, alors même que son activité chirurgicale explosait. LE

L’établissement affirme avoir mobilisé les acteurs du territoire. Mais cette mobilisation n’a pas permis, à ce stade, de remplir les postes nécessaires. Pour les habitants, le résultat est identique : un service de proximité demeure inaccessible.

Urgences fermées en plein été : Lillebonne débranche, Mamers manifeste
À Lillebonne, les portes des urgences se sont refermées les 18 et 20 août, comme en février et en mai. À Mamers, elles sont restées closes dix-huit jours d’affilée, du 16 juillet au 3 août. Un même mal ronge le service public hospitalier : près de 40 % des postes

L'agence régionale de santé, l'hôpital et le ministère s'appuient sur la même explication : les médecins manquent. Aucun n'assume les conséquences. Maintenir une structure d’urgences suppose des médecins, des personnels, des gardes et une organisation permanente. À l’inverse, fermer temporairement transfère une partie de la contrainte vers les établissements voisins et vers les patients eux-mêmes, qui supportent les déplacements et les délais supplémentaires.

À Sainte-Foy-la-Grande, la question n’est donc plus seulement de savoir quand les urgences rouvriront, mais combien de temps une fermeture présentée comme provisoire peut durer avant de devenir, dans les faits, une nouvelle organisation des soins.

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«Je n'ai pas cramé la caisse»: une commune en cessation partielle de paiement, des terrains vendus au rabais à la famille d'une élue

28 September 2026 at 17:05

À Inzinzac-Lochrist, dans le Morbihan, la chambre régionale des comptes décrit une commune morbihannaise en « cessation partielle de paiement », avec des fournisseurs impayés et 5 millions d'euros empruntés. Elle relève aussi des cessions foncières « à vil prix » au profit d'une société de la famille d'une élue. L'ancienne maire, Armelle Nicolas, se dit « complètement sereine ».

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Une commune qui accumule 850 000 euros d’impayés fournisseurs continue, plonge dans un déficit de 2 millions d’euros en 2024 et cède un terrain public 67 000 euros au lieu de 300 000. La chambre régionale des comptes de Bretagne a rendu public en septembre 2026 son rapport sur la gestion d’Inzinzac-Lochrist (Morbihan). Elle dresse le portrait d’une collectivité entrée en cessation partielle de paiement. Le contribuable local règlera la note.

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Une commune qui ne paie plus

Les magistrats financiers dressent un constat sec. Le déficit atteint près de 2 millions d'euros en 2024, soit 20,8 % des recettes de fonctionnement. Il redescend à 1,17 million en 2025, soit 12,4 %, ce qui reste considérable pour une commune de cette taille. Le fonds de roulement est consommé. La commune a emprunté 5 millions d'euros. Fin 2024, elle avait accumulé environ 850 000 euros d’impayés fournisseurs. Des factures de fournisseurs restent en souffrance, ce qui a conduit la juridiction à parler de « cessation partielle de paiement ».

Rapport de la chambre régionale des comptes
Consulter le rapport d’observations définitives de la CRC La présentation qui suit a été réalisée au conseil municipal du 23 septembre 2026 : Rôle et mission de la CRC Les principales mission…

En 2025, malgré une réduction des charges, le déficit atteint encore 1,17 million (12,4 %). La commune a multiplié les expédients : crédits de trésorerie et accumulation de factures impayées. Les alertes des services de l’État n’ont rien changé. La dette atteint environ 9,75 millions d’euros, voire 10,75 millions en intégrant la ligne de trésorerie. La CRC estime que sa soutenabilité n’est plus assurée et prévient qu’à défaut d’économies, une hausse des impôts locaux deviendra incontournable.

Le Pape, Babel et les lois noachides : ce que disent les textes
Talmud, Maïmonide, Congrès américain de 1991, Constitutions maçonniques, Catéchisme : les lois noachides, pièce par pièce.

Pour l’ancienne maire, cette présentation ne signifie toutefois pas qu’elle aurait « cramé la caisse ». Elle maintient sa défense et se dit « complètement sereine ». Le rapport définitif intègre justement les réponses apportées par les responsables concernés dans le cadre de la procédure contradictoire.

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Aux Forges, le patrimoine communal sous surveillance

Le second volet est plus délicat encore. La CRC relève des irrégularités dans les études et les opérations immobilières de la zone des Forges : absence ou insuffisance de mise en concurrence pour certaines prestations, mais aussi cessions foncières et immobilières dans des conditions jugées préjudiciables aux intérêts communaux.

Dijon : 25 000 euros votés à une association déjà en liquidation
Le conseil municipal de Dijon a voté, le 21 septembre 2026, une subvention de 25 000 euros à l’association Aime Raude, alors qu’elle était déjà placée en liquidation judiciaire. Une erreur administrative que la Ville, a d’abord démenti, avant de reconnaître qu’aucun contrôle systématique n’existait.

Un terrain des Hauts du Blavet, notamment, a été vendu 67 000 euros, alors que la chambre estime que la commune aurait pu en tirer au moins 300 000 euros. Aucun avis des Domaines n’avait été sollicité, alors qu’il était requis. La vente bénéficiait par ailleurs à trois proches d’une adjointe : son frère et deux de ses enfants. La chambre relève également leur implication dans le processus décisionnel et des manquements aux règles d’urbanisme. Armelle Nicolas, maire de 2014 à 2026, conteste point par point : son avocat estime les procédures légales, les Domaines auraient été consultés, le prix relevé de 60 000 à 67 000 euros, et aucune opposition formelle n’aurait été formulée à l’époque.

Le nouveau maire, Jérôme Meunier, évoque d’éventuelles suites pénales. Anticor 56 annonce saisir la justice. Pendant ce temps, la chambre recommande un plan d’économies et un programme d’investissement réaliste. À défaut, la hausse des impôts locaux devient inévitable. Le contribuable, lui, n’a pas le droit de cesser ses paiements.

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À La Réunion, l'hôpital manque d'infirmières, et il est interdit de leur payer deux mois de loyer

28 September 2026 at 13:37

À La Réunion, le Centre hospitalier Ouest Réunion a tenté de recruter des infirmières de bloc en avançant deux mois de loyer. Trois mille euros. La Chambre régionale des comptes vient de juger le dispositif illégal. L'établissement y a mis fin, alors même que son activité chirurgicale explosait.

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Le Centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR) vient d'être rappelé à l'ordre par la chambre régionale des comptes. Son « pack attractivité » aide au logement était « sans tout fondement juridique ». Pendant ce temps, l’intérim médical coûte une fortune et personne ne s’en offusque.

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3 000 euros pour attirer une infirmière

Le dispositif, baptisé « pack attractivité », permettait au Centre hospitalier Ouest Réunion (CHOR) d'avancer jusqu’à 3 000 euros à une infirmière recrutée, afin de l’aider à se loger. En 2025, 3 026,88 euros ont effectivement été versés pour deux recrutements. Un autre versement de 3 190,60 euros, prévu en décembre 2025, a été suspendu.

Jusqu’à 3.000 euros de loyers payé pour attirer des infirmiers : la Chambre régionale des comptes épingle le Chor
(Actualisé) Pour attirer des infirmiers de bloc opératoire (Ibode), le Centre hospitalier Ouest Réunion (Chor) avait mis en place un “pack attractivité” comprenant notamment la prise en charge de deux mois de loyer, jusqu’à 1.500 euros par mois. Dans un audit flash publié ce mardi…

La Chambre régionale des comptes (CRC) considère que ce dispositif est « sans tout fondement juridique ». Le raisonnement est celui du droit de la fonction publique : un agent hospitalier ne peut bénéficier d’un avantage financier que lorsqu’un texte l’autorise expressément. L’hôpital a donc dû mettre fin à son dispositif.

Dans son rapport, la chambre régionale des comptes relève également le coût du dispositif : le prestataire prélevait une commission de 10 % sur le montant du loyer avancé, à laquelle s’ajoutaient 80 euros de frais par dossier. Pour les trois dossiers examinés, l’ensemble de ces frais s’élevait ainsi à 1 017,40 euros, selon la juridiction.

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68 % d’activité chirurgicale en plus, mais moins de liberté

Cette affaire prend une autre dimension lorsqu’on regarde les besoins auxquels répondait le dispositif. Entre les périodes examinées, l’activité chirurgicale du CHOR est passée de 4 934 à 8 323 interventions, soit une progression de 68 %. Dans le même temps, les effectifs d’infirmières de bloc sont passés de 17 à 32,1 équivalents temps plein.

Martinique : des urgences fermées toutes les nuits pendant six mois
Pendant six mois, les habitants du Nord-Atlantique de la Martinique ne pourront plus compter sur les urgences de l’hôpital Louis-Domergue de Trinité la nuit. Depuis le 6 juillet, les admissions sont limitées à 8 h-18 h et le dispositif est prolongé jusqu’au 11 janvier 2027,

Autrement dit, l’établissement recrutait dans un contexte de développement massif de son activité. Pour attirer des personnels difficiles à trouver, il a facilité leur installation et a dû bricoler une solution concrète, immédiate. Résultat, c'est illégal.

Urgences saturées: l’été où l’hôpital public a cessé de soigner
À Brest, des patients auraient attendu de nombreuses heures aux urgences selon les organisations syndicales. Ce cas n’est plus une exception : une cinquantaine de services d’urgences connaissent de graves difficultés cet été, tandis que près de 40 % des postes de médecins urgentistes demeurent vacants. Une nouvelle illustration d’

La chambre régionale des comptes rappelle que même lorsqu’une dépense paraît utile au fonctionnement du service public, elle doit reposer sur une base juridique.Pendant ce temps, le recours à l’intérim médical, nettement plus coûteux et déstabilisant pour les équipes, ne soulève aucune objection administrative. Le système tolère le gaspillage organisé. Il interdit la pragmatique.

Le statut de la fonction publique hospitalière, présenté comme un rempart, fonctionne en réalité comme un carcan. Les élites administratives et politiques préfèrent la pureté des textes à l’efficacité sur le terrain. À La Réunion comme en métropole, le même schéma se répète : on déplore les manques, on condamne les solutions improvisées, et l’on laisse prospérer les dispositifs les plus onéreux.

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Léon XIV révèle le besoin d'espérance, d'unité et d'autorité morale des Français

28 September 2026 at 10:25

par Eric V.

Huit cent mille personnes à la Concorde samedi ; 22 % des Français qui disaient, en février, faire confiance à la politique. Entre ces deux chiffres tient la leçon du voyage de Léon XIV : les Français ne manquent pas de pouvoir. Ils manquent d'autorité.

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Huit cent mille. C'est le chiffre que le Vatican a retenu, sur la foi des autorités locales, pour la messe célébrée samedi par Léon XIV entre la place de la Concorde et l'Arc de triomphe. Benoît XVI avait réuni 260 000 fidèles aux Invalides en 2008. Il faut y ajouter les 80 000 jeunes du Stade de France, qui ont clos leur veillée par un Salve Regina, et les 150 000 pèlerins de Lourdes, dont près de 7 000 malades. En quatre jours, un pays réputé déchristianisé a produit des foules qu'aucun parti ne sait plus réunir.

Il serait commode d'y voir le retour de la France catholique. Ce serait faux, et d'autres chiffres le disent aussi nettement que ceux de la Concorde. En février, un sondage Ifop pour l'ADMD créditait de 84 % d'approbation la loi sur l'aide à mourir, définitivement adoptée le 15 juillet, que ce même pape est venu dénoncer à l'Élysée comme « l'offre d'une mort programmée ». Les Français ne sont donc pas venus chercher un accord. On ne traverse pas Paris à pied pour se faire donner raison, ni pour se faire donner tort. Ils sont venus chercher autre chose, et je suppose que beaucoup auraient du mal à dire quoi.

Le décor, lui, se lit sans peine. 90 % des Français jugent leur pays en déclin, record depuis que l'enquête Fractures françaises existe. 22 % seulement font confiance à la politique, contre 40 % en Italie, 44 % au Royaume-Uni et 45 % en Allemagne. Un peuple qui ne croit plus ses gouvernants et qui se presse autour d'un homme qui ne gouverne rien : voilà le fait. Il trahit trois manques, et le voyage les a rendus visibles.

« Exsules filii Hevae » : ce que 80 000 jeunes ont chanté à Saint-Denis
Vendredi, 80 000 jeunes ont clos la veillée du pape au Stade de France par le Salve Regina, chant millénaire des exilés. Ce qu’il dit d’une génération
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Léon XIV et Macron : la tour de Babel et l’UE
Même mot, deux projets : le multilatéralisme de Macron bâtit la tour de Babel, celui de Léon XIV tient la place de la Pentecôte. Ce qu’il faut en tirer pour 2027.
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L'espérance, ou la seule offre qui ne promet rien

Relisons ce que le pape a dit, puisque c'est à cela qu'on a répondu. À Lourdes : « Vous ne repartirez pas de Lourdes comme vous y êtes arrivés : vous repartirez en missionnaires de l'espérance ! » Le soir, aux flambeaux : « Que cette lumière que nous tenons ce soir ne s'éteigne jamais dans nos vies ». Et cette phrase sèche, presque brutale : « C'est aujourd'hui, pas demain, qu'il faut se convertir. »

Il n'y a là-dedans ni chiffre, ni échéance, ni plan pluriannuel. Rien qui ressemble à une promesse. La même semaine, le gouvernement prépare un budget à 54 milliards d'économies que son auteur présente lui-même comme « réversible ». La politique vend des promesses à la tonne et les reprend au kilo. Le pape n'en a vendu aucune, et c'est lui qu'on est venu écouter.

Faut dire que les Français ont perdu l'optimisme, et c'est précisément pour cela que l'espérance leur manque. On confond les deux. L'optimisme porte sur les choses : il prévoit qu'elles iront mieux, et les chiffres du déclin l'ont tué. L'espérance porte sur la personne : elle tient debout quand les choses vont mal.

L'optimisme est un pronostic. L'espérance est une tenue.

Il y a une raison française à cette pénurie. Pendant soixante-dix ans, l'État s'est fait le fournisseur exclusif de l'avenir : la retraite garantie, la santé gratuite, l'école qui promettait l'ascension, le budget qui promettait la croissance. Une nation qui a confié son lendemain à la loi de finances découvre aujourd'hui que la loi de finances ne peut plus rien promettre. L'espérance revient alors là où elle était avant l'État-providence : dans des personnes. Les 13 234 adultes baptisés à Pâques, trois fois plus qu'en 2016, les 18-25 ans en tête, ne sont pas des nostalgiques. Ce sont des enfants à qui l'on n'a rien transmis, et qui vont chercher ailleurs que dans l'État ce que l'État ne sait plus donner.

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L'unité sans uniforme

La deuxième chose qu'on a vue, c'est un pays assemblé. Le vendredi, une déambulation du boulevard Montparnasse à la place Saint-Michel, ouverte à tous. Le samedi matin, la Maison Bakhita, où le pape a rappelé que « les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique ». Le dimanche, les malades au premier rang de Lourdes. Aujourd'hui, à Metz, une rencontre interreligieuse. Des jeunes, des malades, des clercs, des migrants, des curieux : la foule la plus bigarrée que la France ait montrée d'elle-même depuis longtemps.

Cette unité n'est pas une unité d'opinion, puisque la majorité désapprouve le pape sur la fin de vie. Ce n'est pas davantage une unité de programme. C'est une unité de présence : des gens qui se tiennent au même endroit sans avoir à penser la même chose. Notre vie politique ne sait produire que l'inverse, des camps qui pensent chacun la même chose et ne se tiennent plus jamais au même endroit.

Le baromètre du CEVIPOF dit d'ailleurs où les Français cherchent cette unité-là. Ils accordent leur confiance aux artisans (84 %), aux PME, à ce qui est proche et tangible, et 70 % réclament des conventions citoyennes pour débattre des sujets de société. Ils ne demandent pas qu'on les unifie d'en haut : ils demandent à décider ensemble, de près. C'est exactement ce que nos institutions leur refusent, avec une Constitution qui concentre tout et des budgets adoptés sans vote. À l'UNESCO, le pape a opposé l'unité imposée de Babel à celle de la Pentecôte, où chacun entend « dans sa propre langue ». Thibault de Varenne en tire aujourd'hui les conséquences pour l'Europe. Pour la France, la leçon tient en une ligne.

On n'unit pas un peuple en le mettant en rang. On l'unit en le laissant venir.

Auctoritas

Reste le troisième manque, le plus profond. Dans le récit de ses propres actes, Auguste écrit qu'il a surpassé tous les autres par l'auctoritas, sans avoir eu plus de potestas que ses collègues magistrats. Les Romains distinguaient ce que nous avons oublié de distinguer : le pouvoir de contraindre, et le crédit d'une parole qu'on suit sans y être obligé.

Léon XIV n'a en France ni armée, ni impôt, ni police, ni électeurs. Il est pourtant venu dire au président de la République, dans son palais, quatre désaccords : sur la fin de vie, sur la gestation pour autrui, sur la dissuasion nucléaire, et sur la laïcité, qui, a-t-il dit, « ne consiste pas à exclure la religion de l'espace public ». Il a demandé aux évêques la « plus grande vigilance » contre les abus. Et il a été écouté par des foules qui, sur plusieurs de ces points, ne partagent pas son avis. C'est la définition même de l'autorité : une parole qui ne dépend pas du vote de ceux qui l'écoutent, et qu'on écoute pour cette raison.

Notre État est le négatif exact de cette figure. Il a toute la potestas : il légifère sur la mort, sur l'école, sur les factures des artisans, sur ce qu'on peut dire en ligne. Il n'a plus l'auctoritas : 22 % de confiance. Et parce qu'il n'est plus cru, il contraint davantage. Un pouvoir qu'on n'écoute plus gouverne par la règle, faute de pouvoir gouverner par la confiance ; chaque norme nouvelle est l'aveu d'un crédit perdu.

Quand l'autorité s'en va, le pouvoir s'installe dans les meubles.

On objectera, et l'objection est lourde, que l'Église est mal placée pour incarner l'autorité morale. Le rapport Sauvé a estimé en 2021 à 330 000 le nombre de mineurs victimes d'abus dans l'Église de France depuis 1950. On ajoutera que 800 000 personnes ne font pas un peuple, et qu'une messe sur la Concorde ne remplit pas les églises le dimanche. Tout cela est vrai. Mais cela confirme la thèse au lieu de l'affaiblir. L'autorité qu'on a vue ces quatre jours n'était pas celle d'une institution, que ses fautes ont ruinée ; c'était celle d'un homme qui parle sans rien briguer, dans une Église contrainte de reconnaître ses crimes avant de reparler. Quant au nombre, le pape n'a pas créé le besoin : les 90 % du déclin et les 22 % de confiance le mesuraient avant lui. Il l'a seulement rendu visible, par contraste.

En août, j'écrivais ici que les Français attendaient un sauveur : trois sur quatre réclamaient « un vrai chef », quatre sur dix un homme fort dispensé du Parlement. Léon XIV est-il la réponse à cette attente ? Il en est le contraire. Le sauveur réclame la potestas pour agir à notre place ; l'autorité ne réclame rien et nous laisse responsables. Je me demande si ces foules n'ont pas découvert, samedi, qu'on pouvait suivre quelqu'un qui ne commande personne. Ce serait le meilleur remède à la tentation de l'homme fort. Le pouvoir, lui, a fini par se déplacer : absent de toutes les messes, Emmanuel Macron devait assister à la dernière, à Metz.

Léon XIV révèle le besoin d'espérance, d'unité et d'autorité morale des Français
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Dernier mot

Le voyage n'a rien résolu, et il n'avait pas à le faire. Il a mis au jour un besoin que la politique ne sait plus combler, et qu'elle va chercher à capter d'ici 2027. Il faut donc dire nettement ce qu'on en fait.

D'abord, ne rien demander de ce besoin à l'État. Un État qui prétend incarner l'autorité morale, sur la mort, l'école ou la conscience, n'ajoute pas un gramme d'auctoritas : il étend sa potestas en la déguisant. Plus il légifère sur le bien, moins il est cru.

Ensuite, se méfier de quiconque proposera, en 2027, de remplir ce vide par la force. Le besoin que Léon XIV a révélé n'est pas une demande de maître. Le candidat qui le confondra avec un appel à l'homme fort aura mal lu la Concorde.

Enfin, rebâtir l'autorité là où elle naît : dans la parole tenue, le métier bien fait, la commune, l'association, la paroisse, la famille. Les Français font confiance à leurs artisans à 84 % pour une raison simple : l'artisan répond de ce qu'il fait. C'est de là que repartira toute autorité, pas d'un ministère.

Et le lecteur ne s'en tirera pas à si bon compte. Huit cent mille personnes à la Concorde, samedi. Combien, dans une semaine, auront tenu une promesse coûteuse, pris une responsabilité locale, cessé d'attendre ? L'espérance ne se regarde pas à la télévision. On ne délègue pas son espérance à un visiteur de quatre jours.

Le pape repart ce soir de Metz. L'autorité ne se décrète pas, et elle ne s'importe pas davantage : elle se regagne, parole tenue après parole tenue. C'est le seul programme qui ne dépende pas de l'élection de 2027.

Dijon : 25 000 euros votés à une association déjà en liquidation

28 September 2026 at 08:47

Le conseil municipal de Dijon a voté, le 21 septembre 2026, une subvention de 25 000 euros à l’association Aime Raude, alors qu’elle était déjà placée en liquidation judiciaire. Une erreur administrative que la Ville, a d'abord démenti, avant de reconnaître qu'aucun contrôle systématique n'existait.

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Un habitant qui demande une place en crèche, un logement social ou une aide doit fournir justificatifs, attestations et documents d’identité. Pour une subvention de 25 000 euros, la vérification de l’existence juridique du bénéficiaire aurait pourtant fait défaut. La paperasse sert moins à contrôler la dépense publique qu'à contrôler les administrés.

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Une subvention votée sans vérification préalable

L’affaire a été révélée au conseil municipal par le président du groupe d’opposition “Agir pour Dijon" (LR) Emmanuel Bichot. Sa question « Comment est-ce possible ? » résume la faille, au moment du vote, l’association Aime Raude était en liquidation judiciaire. La réaction de la majorité est immédiate. « C'est faux », lance Nuray Akpinar-Istiquam. « Ce n'est pas possible », abonde François Deseille. Nathalie Koenders, maire de Dijon, se montre plus prudente. Les documents officiels donnent pourtant raison à l'opposition.

Dijon. « Comment est-ce possible ? » : E. Bichot alerte sur une subvention de 25 000 € votée à une association... en liquidation
Lors du conseil municipal du 21 septembre, le conseiller municipal d’opposition Emmanuel Bichot s’est interrogé sur le vote d’une subvention de…

Le lendemain, la Ville confirme, selon le site Dijon Actualités, que 20 000 euros ont été mandatés le 9 juillet 2026, l'association étant déjà liquidée. Elle va en demander le reversement au liquidateur, la SELARL 4R Solutions. Surtout, elle admet qu'aucune vérification du Bodacc n'était effectuée avant un vote. Elle a annoncé un renforcement de ses procédures de contrôle.

La notice de la Ville prévoit une analyse détaillée au-delà de 15 000 euros. Elle prévoit aussi un avis d'une commission réunissant tous les élus et une convention au-delà de 23 000 euros.

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La paperasse pour les citoyens, la confiance pour les subventions ?

Une consultation gratuite du Bodacc aurait suffi. L'administration a pourtant exigé une chaîne d'examens sans jamais vérifier l'essentiel. Le contrôle a donc porté sur les formes, jamais sur le fond.

Cinq valeurs que je n’achèterais pas dans un PEA d’ici le printemps
Volkswagen à 1 % de marge, BNP face à une OAT à 4,66 %, Vinci et ADP face au PLF 2027 : cinq valeurs que je n’achèterais pas dans un PEA d’ici le printemps.

Lorsqu’il s’agit de distribuer une subvention, la collectivité devrait appliquer une exigence comparable : vérifier l’existence juridique du bénéficiaire, sa capacité à recevoir les fonds et la régularité de sa situation. La Ville promet désormais de renforcer ses contrôles. Mais cette réponse laisse ouverte une question essentielle : combien d'étapes de validation ont précédé le vote du 21 septembre et comment une association en liquidation a-t-elle pu franchir ces étapes ?

« Exsules filii Hevae » : ce que 80 000 jeunes ont chanté à Saint-Denis
Vendredi, 80 000 jeunes ont clos la veillée du pape au Stade de France par le Salve Regina, chant millénaire des exilés. Ce qu’il dit d’une génération

La paperasse devient difficilement défendable lorsqu’elle sert à contrôler l’administré, mais disparaît précisément là où le contrôle de la dépense devrait commencer.

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« Exsules filii Hevae » : ce que 80 000 jeunes ont chanté à Saint-Denis

26 September 2026 at 11:06

par Thibault de Varenne

Ad te clamamus, exsules filii Hevae. Vers toi nous crions, enfants d'Ève exilés. Vendredi soir, vers vingt-trois heures, ces mots ont été chantés par quatre-vingt mille jeunes gens au Stade de France, à Saint-Denis. Le pape venait de donner sa bénédiction. Les feux d'artifice attendaient. Entre les deux, on a chanté une antienne latine de près de mille ans, le Salve Regina.

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This is incredible. 80,000 young French Catholics sing the Salve Regina in Latin with Pope Leo XIV at a Prayer Vigil in the Stade de France. pic.twitter.com/AG5Il6N5GQ

— Catholic Sat (@CatholicSat) September 25, 2026

La soirée avait eu tout ce qu'on attend d'une soirée de stade. Des groupes de louange et de gospel pendant l'attente, une chanteuse venue de l'Eurovision, un bateau glissant sur la pelouse, des chevaux lancés dans l'arène, une fresque des saints de France de Geneviève à Charles de Foucauld, cent cinquante bannières, soixante reliques, la Sainte Tunique d'Argenteuil exceptionnellement sortie de sa basilique. Tout cela était beau, et tout cela était conçu pour eux.

Le Salve Regina, lui, n'a été conçu pour personne de vivant. C'est pourquoi il faut s'y arrêter.

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Deux Salve dans la même journée

Il y en avait eu un premier, quelques heures plus tôt. À la sortie des vêpres, sur le parvis de Notre-Dame, Léon XIV l'avait entonné lui-même, entouré des évêques, des prêtres, des religieux et des séminaristes venus de toute la France — huit mille, dit-on. C'était la première visite d'un pape dans la cathédrale depuis l'incendie de 2019. Le clergé chantait devant la façade restaurée.

Le soir, le même chant est revenu, mais dans d'autres bouches. Plus des clercs : des laïcs de dix-sept à trente-cinq ans. Plus une cathédrale : une enceinte bâtie pour le football et les concerts. Plus l'île de la Cité : Saint-Denis, à quelques kilomètres de la basilique où reposent les rois de France, et dont on avait demandé le matin même au pape de se souvenir dans sa prière.

On peut n'y voir qu'une rencontre de calendrier. Elle dit pourtant quelque chose. Le chant de l'après-midi était celui d'une Église qui se tient debout devant ses pierres rebâties. Celui du soir était celui d'une génération qui n'a pas connu ces pierres debout, et qui les découvre.

Ce que disent les mots

Il faut lire le texte, parce qu'il ne dit pas ce qu'on attendrait d'un soir de fête.

Il s'ouvre sur une s'alutation royale : Salve, Regina, mater misericordiae, salut, Reine, mère de miséricorde. Il nomme aussitôt trois choses : la vie, la douceur, l'espérance. Puis il bascule. Ceux qui chantent se désignent eux-mêmes comme des exilés, des fils d'Ève chassés du jardin. Ils crient. Ils soupirent. Ils gémissent et ils pleurent, in hac lacrimarum valle, dans cette vallée de larmes. Ils demandent qu'on tourne vers eux un regard. Et ils demandent, pour après, post hoc exsilium, qu'on leur montre enfin le fruit béni.

Ce n'est pas un hymne de victoire. C'est le chant de gens qui savent qu'ils ne sont pas chez eux.

Voilà ce que quatre-vingt mille jeunes Français ont chanté, au terme d'une soirée faite pour les exalter. On leur avait offert l'épopée des saints, la lumière, l'acclamation, leur propre nombre. Ils ont fini par dire qu'ils étaient en exil et qu'ils pleuraient. Il y a là une justesse que je ne m'explique pas entièrement, et qui m'a plus frappé que tout le reste.

Car le mot est exact. Cette génération n'est pas née dans la maison. Elle est née après le départ. Ses parents, souvent, n'avaient rien transmis, non par hostilité mais par lassitude, ou parce qu'eux-mêmes n'avaient rien reçu. Elle a grandi dans

Yvelines : l'ARS veut fermer la maternité, la réanimation et le bloc d'un hôpital entier

25 September 2026 at 16:02

Trois services vitaux d'un hôpital public rayés d'un trait de plume administratif : c'est ce que prépare l'Agence régionale de santé d'Île-de-France pour le Centre hospitalier intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM). Maternité, réanimation, bloc opératoire : tout partirait vers Mantes et Poissy. Le 24 septembre, plus de 250 personnes ont manifesté contre ce projet, dont la décision est attendue en octobre. L’ARS estime que « des mesures structurelles s’imposent ».

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Cette décision émane d’une administration qui, face au déficit de près de 20 % du budget de l’établissement et à une trésorerie quasi nulle, commande un audit à des cabinets privés et dessine des « pistes » de restructuration. L’hôpital, membre du groupement hospitalier de territoire Yvelines Nord, voit son activité baisser depuis 2019.

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Un hôpital progressivement amputé

Le dossier repose notamment sur un audit confié par l’ARS aux cabinets Capgemini et Vi-Santé durant l’hiver 2025-2026. Les premières conclusions ont été présentées le 2 juillet au conseil de surveillance du CHIMM ; le rapport définitif est attendu en octobre. Parmi les scénarios évoqués figurent la transformation de la maternité en centre périnatal sans hébergement post-natal et une évolution du dispositif de réanimation.

Hôpital de Meulan – Les Mureaux : une mobilisation ce jeudi pour dire non à la fermeture de trois services (maternité, réanimation, bloc opératoire)
Hôpital de Meulan - Les Mureaux : une mobilisation ce jeudi pour dire non à la fermeture de trois services (maternité, réanimation, bloc opératoire)

La maternité réalise environ 700 accouchements par an, contre environ 900 auparavant. Elle se situe donc sous le repère de 1 000 naissances annuelles souvent utilisé dans les restructurations hospitalières. Mais fermer un service ne supprime pas les patients : les accouchements, interventions chirurgicales et prises en charge lourdes devront être absorbés ailleurs.

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L’économie administrative, une charge pour les patients

Le CHIMM appartient au GHT Yvelines Nord, avec Mantes-la-Jolie et Poissy-Saint-Germain-en-Laye. Le transfert présenté comme une réorganisation territoriale revient donc à concentrer davantage d’activité sur les deux autres établissements. Les personnels mobilisés redoutent une saturation supplémentaire et un éloignement des soins pour les habitants qui ne disposent pas d’un véhicule ou doivent accéder rapidement à une maternité ou à une réanimation.

L’été aux urgences : des patients morts après des jours sur des brancards
Cet été, dans les hôpitaux français, l’attente sur brancard a parfois dépassé 48 heures et même trois jours. Le bilan de Samu-Urgences de France fait état de décès de patients pris en charge ou en attente sur brancard, alors que la France consacre des moyens considérables à sa

La CFDT avance, de son côté, un objectif de 10,3 millions d’euros d’économies, chiffre qui n’a pas été publiquement confirmé à ce stade par l’ARS ou la direction.Le 24 septembre, syndicats, élus, soignants et habitants ont marché de l’hôpital jusqu’à la mairie des Mureaux. En 2017 déjà, la réanimation avait été menacée avant d’être maintenue sous la pression locale.

Urgences saturées: l’été où l’hôpital public a cessé de soigner
À Brest, des patients auraient attendu de nombreuses heures aux urgences selon les organisations syndicales. Ce cas n’est plus une exception : une cinquantaine de services d’urgences connaissent de graves difficultés cet été, tandis que près de 40 % des postes de médecins urgentistes demeurent vacants. Une nouvelle illustration d’

L'histoire du CHIMM n'est pas isolée : Trappes, Le Havre, Montbéliard connaissent des scénarios comparables, portés tantôt par des groupes privés, tantôt par l'ARS elle-même.

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Somme : le maire avait embauché sa compagne comme secretaire, malgré l'ordre de la sous-prefecture

25 September 2026 at 13:32

Le maire de Muille-Villette, dans la Somme, a été condamné le 17 septembre 2026 pour prise illégale d’intérêts. Il avait recruté puis maintenu sa compagne comme secrétaire de mairie malgré les demandes de la sous-préfecture de Péronne de mettre fin à cette situation. Cinq mois de prison avec sursis et 1 000 euros d’amende ont été prononcés.

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Les faits ne sont pas contestés : il a recruté sa compagne comme secrétaire de mairie, par une série de contrats à durée déterminée, alors même que la sous-préfecture de Péronne lui avait explicitement demandé de mettre fin à cette situation. Le parquet, plus sévère que le jugement rendu, avait requis huit mois de prison avec sursis et 2 000 euros d'amende.

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Quand l’administration dit d’arrêter

Selon les éléments rapportés par la presse locale, plusieurs contrats à durée déterminée avaient été conclus avec la compagne du maire pour le poste de secrétaire de mairie.

Somme : le maire de Muille-Villette condamné à cinq mois de prison avec sursis pour prise illégale d’intérêts - ICI
Maire depuis mars 2020 du village de Muille-Villette (Somme), Florian Slosarczyk a été condamné pour prise illégale d’intérêts ce mardi par le tribunal correctionnel d’Amiens. Il lui était reproché d’avoir employé sa compagne comme secrétaire de mairie du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2023.

La sous-préfecture, autorité de tutelle sur les actes des communes, avait identifié l'irrégularité et notifié sa position au maire. Le CDD suivant a néanmoins été signé. Juridiquement, la prise illégale d'intérêts suivant article 432-12 du Code pénal, sanctionne le fait, pour un élu, de tirer un avantage d'une décision qu'il prend ou supervise. Ici, l'avantage est : un salaire versé par la commune à sa compagne, sur des fonds publics, décision après décision.

La digestion des Gilets Jaunes
Montargis annulée, Brun écarté : on dit qu’on chasse les gilets jaunes du pouvoir. Sept trajectoires montrent l’inverse — ils ont été assimilés.

Le tribunal correctionnel d’Amiens a finalement retenu la prise illégale d’intérêts. Le parquet avait requis huit mois d’emprisonnement avec sursis et 2 000 euros d’amende. La juridiction a prononcé une peine de cinq mois avec sursis simple et 1 000 euros d’amende. Pour autant, la condamnation ne figurerait pas au casier judiciaire selon les informations publiées.

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Une affaire qui interroge le pouvoir local

Florian Slosarczyk, maire depuis 2020, avait été réélu en mars 2026 avec 52 % des voix, avant sa comparution devant le tribunal. Il demeure maire malgré sa condamnation.

Étampes : deux procès en une semaine pour l’argent public de la mairie
En huit jours, le tribunal correctionnel d’Évry a examiné deux dossiers distincts mettant en cause la gestion de fonds publics à Étampes. D’un côté, l’ancien maire Franck Marlin, soupçonné d’avoir laissé filer 20 000 euros de subventions « jeunesse » en 2017. De l’autre, un ex-chef

L'enjeu dépasse donc les 1 000 euros d'amende. Dans une commune, le maire intervient directement dans l'organisation des services municipaux et dans la gestion du personnel. Ce dossier rappelle une réalité souvent moins visible de la décentralisation : l'autonomie communale ne signifie pas liberté de s'affranchir des règles qui encadrent les élus. Et lorsque l'administration adresse une injonction à un maire, puis que celui-ci la maintient sans effet, le contentieux ne relève plus seulement de la paperasserie municipale. Il devient une question de responsabilité personnelle dans l'utilisation d'une fonction publique.

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La digestion des Gilets Jaunes

25 September 2026 at 10:45

par Eric V.

Une guinguette en Normandie. Une mairie annulée par la justice. Un camping-car dans les Alpes. On explique cette semaine que les gilets jaunes sont écartés du pouvoir : le jugement de Montargis dit exactement le contraire. Personne ne les a écrasés. On les a assimilés — et la première digestion fut la leur.

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La Guinguette de Simone, à Amfreville-sous-les-Monts, sert des plats normands et organise des soirées vinyle le week-end. On y danse. La patronne a trente-huit ans, elle a repris l'établissement en mai 2024, et elle dit que tenir une guinguette est une activité politique. Elle s'appelle Ingrid Levavasseur. En 2019, elle était passée cent soixante-dix fois à la télévision.

Voilà ce que devient une figure des ronds-points quand on lui laisse le temps. Et voilà, aussi, pourquoi il faut se méfier du récit qui monte cette semaine.

Car hier, le tribunal administratif d'Orléans a annulé l'élection municipale de Montargis, remportée en mars par Côme Dunis, ancien gilet jaune passé par Les Républicains avant de conduire une liste soutenue par le Rassemblement national. Huit jours plus tôt, Philippe Brun était écarté de la primaire socialiste. On a vu fleurir aussitôt la même phrase : on écarte les gilets jaunes du pouvoir. C'est faux, et c'est pire que faux — c'est confortable.

Confinement énergétique annoncé au 20h par Macron : histoire d’une fake news “patriote”
Six millions de vues, huit mesures, aucune annoncée. Reconstitution documentée de la rumeur du confinement énergétique, du rapport AIE au démenti
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Montargis, cinquante-neuf voix

Reprenons les faits, ils sont courts. Côme Dunis est élu le 22 mars 2026, installé le 29. Il l'emporte avec cinquante-neuf voix d'avance, 34,64 % contre 33,10 %, soit 1,54 % des suffrages exprimés. Le 5 août, il démissionne. Il invoque une affection récemment diagnostiquée, refuse d'en dire davantage au nom de sa vie privée, et déclare que c'est la décision la plus difficile de sa vie. Cent vingt-neuf jours de mandat. Je n'en sais pas plus et je n'ai pas l'intention d'en savoir plus : la santé d'un homme n'est pas un argument, et ceux qui en font un se déshonorent.

Dominique Coquelle lui succède. Puis, hier, le juge électoral annule tout. Le motif n'est pas le maire, ni son parcours, ni son étiquette : c'est une vidéo diffusée par un tiers entre les deux tours, que le tribunal a jugée diffamatoire envers le candidat communiste Bruno Nottin, arrivé deuxième, et qui appelait explicitement à voter pour la liste soutenue par le RN. Le tribunal a retenu qu'elle excédait de loin les limites admissibles du débat électoral, que Nottin n'avait pu y répondre utilement, et qu'avec un écart de cinquante-neuf voix elle avait pu altérer la sincérité du scrutin. Nottin a porté plainte en diffamation ; une enquête est ouverte, et l'auteur de la vidéo est présumé innocent. Le RN a un mois pour se pourvoir devant le Conseil d'État, qui devra statuer dans les six mois.

Autrement dit : Dunis avait rendu son mandat sept semaines avant que le juge ne l'annule, et l'annulation ne le vise pas — elle sanctionne une manœuvre qui avait joué en sa faveur. Le papier sur l'État qui écarte les gilets jaunes se démonte donc avec le jugement lui-même, en une demi-journée, par n'importe quel contradicteur ayant pris la peine de le lire. Je préfère qu'on le sache par nous.

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Sept trajectoires, une seule porte

Prenons maintenant les figures du mouvement une à une, et regardons ce qui leur est arrivé depuis 2018. Non pas ce qu'on en dit : ce qu'elles font.

Ingrid Levavasseur, aide-soignante devenue visage national, tente en 2019 de conduire une liste aux européennes. Le projet est abattu, non par le pouvoir, mais par la base du mouvement, pour qui se faire représenter était déjà trahir ; elle y

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