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Soliha: un ticket de coiffeur à 197 euros facturé en « petit mobilier pour le dispositif Ukraine »

20 October 2026 at 09:03

La chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié, le 2 octobre, un rapport accablant sur trois associations du réseau Soliha, financées jusqu’à 76 % par de l’argent public. Tandis que les propriétaires bailleurs attendent près de 900 000 euros et que des familles modestes perdent leur intermédiaire, les magistrats ont relevé 158 217 euros de dépenses sur une seule carte bancaire, dont 197 euros chez un coiffeur facturés « petit mobilier pour le dispositif Ukraine ».

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Comment des associations chargées d’une mission sociale ont-elles pu fonctionner avec de telles anomalies sans que les contrôles ne les empêchent ? Le rapport définitif des magistrats financiers, publié le 2 octobre 2026, documente les défaillances de gestion. L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nîmes suit son cours.

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Les propriétaires attendent près de 900 000 euros pendant que les dépenses s’accumulent

Dans son rapport d’observations définitives référencé OCR2026-46 publié le 2 octobre, la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie a examiné trois associations du réseau Soliha, spécialisées notamment dans l’accompagnement au logement des ménages modestes. Entre 2020 et 2024, leurs financements provenaient de fonds publics à hauteur, respectivement, de 76 %, 58 % et 52 %. Autrement dit, leur fonctionnement dépendait largement de l’argent des contribuables, versé par l’État et les collectivités.

C’est dans ce contexte que les magistrats ont recensé, sur la seule carte bancaire de Soliha Méditerranée, 1 655 dépenses totalisant 158 217 euros. Le relevé comprend 49 089 euros de restaurants, 18 576 euros d’ameublement et 17 007 euros de bricolage. En 2024, 400 repas ont été pris en charge pour 227 jours ouvrés. L’association a également réglé dix-huit amendes routières, pour un montant de 1 595 euros. À Toulouse, une facture de 406 euros pour un hôtel-spa a été associée à une « journée commerciale » à laquelle personne n’a participé.

Le détail le plus saisissant tient en une facture de 197 euros : enregistrée comme du « petit mobilier pour le dispositif Ukraine », elle provenait en réalité d’un coiffeur. À cela s’ajoutent cinq chèques totalisant 10 880 euros à l’ordre du directeur, sans service fait selon les constats rapportés. Pris isolément, chaque montant appelle une vérification ; réunis, ces éléments posent une question autrement plus sérieuse sur la discipline comptable et le contrôle des dépenses.

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La facture sociale retombe sur ceux que Soliha devait protéger

Le plus révoltant est peut-être ailleurs que dans les tickets de caisse. Fin 2025, les dettes envers les propriétaires bailleurs approchaient 900 000 euros pour les deux associations depuis placées en liquidation judiciaire en juillet 2026. Selon l’enquête de Mediacités publiée le 12 octobre, des locataires avaient pourtant payé leurs loyers sans que les sommes correspondantes soient reversées aux bailleurs. D’autres attendaient des allocations logement ou des aides promises. Les défaillances de gestion ont ainsi frappé les deux extrémités de la chaîne : les ménages fragiles et les propriétaires qui leur louaient un toit. Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire sur l’emploi des fonds ; aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce stade.

Comment des structures financées majoritairement par des fonds publics ont-elles pu accumuler de telles défaillances sans intervention suffisamment précoce pour protéger leurs bénéficiaires et leurs créanciers ? Le dossier a fini par s’inviter dans l’arène politique, le 15 octobre, au conseil de Toulouse Métropole. Le député LFI François Piquemal a interpellé le maire, Jean-Luc Moudenc, sur cette « dilapidation de l’argent public », citant la dette de 4,7 millions d’euros de Soliha Méditerranée et l’« écosystème » mis en place autour du directeur. La réponse du maire, rapportée par Mediacités, a consisté à déclarer le dossier « étranger à la métropole »

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Quand la ressource est publique, que le contrôle est tardif et que les pertes retombent sur les plus fragiles, l'économie de la subvention ressemble moins à la solidarité qu'à du capitalisme de connivence en miniature. La question est combien d'associations du même type, financées de la même manière, n'ont pas encore reçu la visite de la chambre régionale des comptes ?

Dijon : 25 000 euros votés à une association déjà en liquidation

28 September 2026 at 08:47

Le conseil municipal de Dijon a voté, le 21 septembre 2026, une subvention de 25 000 euros à l’association Aime Raude, alors qu’elle était déjà placée en liquidation judiciaire. Une erreur administrative que la Ville, a d'abord démenti, avant de reconnaître qu'aucun contrôle systématique n'existait.

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Un habitant qui demande une place en crèche, un logement social ou une aide doit fournir justificatifs, attestations et documents d’identité. Pour une subvention de 25 000 euros, la vérification de l’existence juridique du bénéficiaire aurait pourtant fait défaut. La paperasse sert moins à contrôler la dépense publique qu'à contrôler les administrés.

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Une subvention votée sans vérification préalable

L’affaire a été révélée au conseil municipal par le président du groupe d’opposition “Agir pour Dijon" (LR) Emmanuel Bichot. Sa question « Comment est-ce possible ? » résume la faille, au moment du vote, l’association Aime Raude était en liquidation judiciaire. La réaction de la majorité est immédiate. « C'est faux », lance Nuray Akpinar-Istiquam. « Ce n'est pas possible », abonde François Deseille. Nathalie Koenders, maire de Dijon, se montre plus prudente. Les documents officiels donnent pourtant raison à l'opposition.

Dijon. « Comment est-ce possible ? » : E. Bichot alerte sur une subvention de 25 000 € votée à une association... en liquidation
Lors du conseil municipal du 21 septembre, le conseiller municipal d’opposition Emmanuel Bichot s’est interrogé sur le vote d’une subvention de…

Le lendemain, la Ville confirme, selon le site Dijon Actualités, que 20 000 euros ont été mandatés le 9 juillet 2026, l'association étant déjà liquidée. Elle va en demander le reversement au liquidateur, la SELARL 4R Solutions. Surtout, elle admet qu'aucune vérification du Bodacc n'était effectuée avant un vote. Elle a annoncé un renforcement de ses procédures de contrôle.

La notice de la Ville prévoit une analyse détaillée au-delà de 15 000 euros. Elle prévoit aussi un avis d'une commission réunissant tous les élus et une convention au-delà de 23 000 euros.

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La paperasse pour les citoyens, la confiance pour les subventions ?

Une consultation gratuite du Bodacc aurait suffi. L'administration a pourtant exigé une chaîne d'examens sans jamais vérifier l'essentiel. Le contrôle a donc porté sur les formes, jamais sur le fond.

Cinq valeurs que je n’achèterais pas dans un PEA d’ici le printemps
Volkswagen à 1 % de marge, BNP face à une OAT à 4,66 %, Vinci et ADP face au PLF 2027 : cinq valeurs que je n’achèterais pas dans un PEA d’ici le printemps.

Lorsqu’il s’agit de distribuer une subvention, la collectivité devrait appliquer une exigence comparable : vérifier l’existence juridique du bénéficiaire, sa capacité à recevoir les fonds et la régularité de sa situation. La Ville promet désormais de renforcer ses contrôles. Mais cette réponse laisse ouverte une question essentielle : combien d'étapes de validation ont précédé le vote du 21 septembre et comment une association en liquidation a-t-elle pu franchir ces étapes ?

« Exsules filii Hevae » : ce que 80 000 jeunes ont chanté à Saint-Denis
Vendredi, 80 000 jeunes ont clos la veillée du pape au Stade de France par le Salve Regina, chant millénaire des exilés. Ce qu’il dit d’une génération

La paperasse devient difficilement défendable lorsqu’elle sert à contrôler l’administré, mais disparaît précisément là où le contrôle de la dépense devrait commencer.

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