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Un monde sens dessus dessous

By: A A
1 October 2026 at 14:05

Les civilisations peuvent-elles rassembler les fragments d’aperçus et de savoirs plus anciens pour redonner le contexte permettant de rendre le discours moral à nouveau intelligible ?

D’après une intervention donnée à la Higher School of Economics, Moscou, 7 septembre 2026

L’avenir global est souvent présenté comme celui d’un monde multipolaire ou multi-nodal, avec l’hypothèse implicite que les États s’entendraient mieux – et résoudraient leurs différends plus facilement par la discussion que par la guerre.

Ce fut un mème largement répandu dans les années précédant la Première Guerre mondiale. Des livres furent écrits pour suggérer que la guerre ne pouvait pas avoir lieu : le texte définitif sur ce concept, initialement publié en 1910 sous le titre The Great Illusion, devint un best-seller international.

Son auteur, Norman Angell, soutenait que, parce que les nations dépendaient fortement d’un système commercial mondial hautement imbriqué, le coût économique de la guerre dépasserait largement tout gain potentiel. Il affirmait qu’une nation victorieuse subirait tout autant de ruine économique que la vaincue – rendant obsolète le concept traditionnel de conquête militaire. Son argument fut populairement interprété comme rendant la guerre « impossible ».

Son argument se révéla fallacieux ; la Grande Guerre éclata en temps voulu.

Aujourd’hui, l’idée d’une certaine interaction multipolaire persiste, mais la menace de guerre demeure et est exacerbée par le refus de l’Occident d’entendre – ou de comprendre – ce que disent les États souverains civilisationnels. Cette incapacité à écouter avec un engagement empathique est à la racine des lectures catastrophiquement erronées du renseignement occidental concernant l’Iran et la Russie. Et de la présentation de la Chine comme si « autre » qu’elle en devient un livre fermé aux oreilles occidentales.

Dans son influent ouvrage de 1981, After Virtue, Alasdair MacIntyre soutenait que le projet des Lumières avait coupé l’homme occidental de ses racines traditionnelles, mais avait échoué à produire une morale contraignante fondée sur la seule Raison. Par conséquent, beaucoup de ceux qui vivent en Occident vivent dans un monde de « chaos moral et de fragmentation, où des forces “chaotiques” et désintégratrices ont presque entièrement effacé la véritable enquête morale de la culture européenne ».

Ce qu’il est important de comprendre, c’est que le « chaos moral et la fragmentation » de MacIntyre sont délibérément encouragés pour affaiblir l’attachement national, communautaire et religieux – précisément afin de cibler et d’affaiblir la cohésion nationale et la souveraineté civilisationnelle.

L’argument de MacIntyre est que seule la tradition culturelle, et ses récits moraux, fournissent un contexte aux termes tels que bien, justice et telos :

« En l’absence de traditions, le débat moral est disloqué et devient un théâtre d’illusions où la simple indignation et la simple protestation occupent le devant de la scène. »

« Les lignes sont tracées tôt, et les participants se précipitent pour prendre parti. Mais en prenant parti, ils semblent se rendre incapables d’entendre l’autre… Tout le monde ressent la chaleur, mais personne ne voit la lumière », souligne MacIntyre.

Ce que nous possédons aujourd’hui, suggère MacIntyre, ne sont rien de plus que de simples fragments d’une tradition plus ancienne (la société héroïque). Ces fragments sont tout simplement trop rares, puisque notre discours moral, qui utilise des termes comme bien, justice et devoir, a été dépouillé du contexte qui le rendrait intelligible. En d’autres termes, cela place la vertu du monde héroïque et homérique hors de portée de l’Occident.

Les lignes sont tracées. On se précipite pour prendre parti. Les forces « chaotiques » et désintégratrices d’aujourd’hui ont presque entièrement effacé l’enquête morale de la culture européenne. Le trait le plus frappant des débats moraux est leur tendance à ne jamais aboutir à une résolution.

Quand tous les jugements moraux – dépouillés de leur contexte – ne deviennent guère plus que des expressions de préférence, d’attitude ou de sentiment – l’émotivisme, en d’autres termes – le débat est disloqué ; il se transforme en un théâtre de récits où l’indignation et la polarité occupent le devant de la scène.

Mais, en prenant de tels partis émotifs, les acteurs se rendent incapables d’entendre l’Autre. Les « Autres », alors, qu’il s’agisse de la Russie, de l’Iran ou de la Chine, deviennent simplement invisibles selon les normes de cette approche – car leurs façons d’orienter l’attention humaine vers le monde sont tout à fait distinctes.

Ainsi, nous pouvons être (et sommes) conduits à la guerre par des messages narratifs spécifiquement destinés à contraindre les humains à spatialiser le monde d’une certaine manière, sans que nous en soyons conscients. Nous sommes conduits vers un « seul monde » issu des Lumières, dans lequel toute « altérité » – qu’elle soit russe, iranienne ou chinoise – devient invisible selon les normes, le mode de présence, par lesquels nous abordons les « choses ».

Dans cette « guerre », le monde est mis « sens dessus dessous ». La plupart des gens ne spatialisent pas activement le monde autour d’eux, mais semblent s’être contentés qu’il soit spatialisé pour eux. Les récits sont pétris et étalés sous nos yeux. C’est ainsi que la machine fonctionne. La plupart des gens en Occident croient avoir une prise ferme sur la réalité – les faits, les preuves et les conclusions. Mais en réalité, nous faisons face à une structure qui retourne délibérément comme un gant cette prise imaginaire sur la réalité.

Dans la machine, la « spatialisation » se fait à l’envers : d’abord, ils reçoivent le message, puis ils pétrissent et étalent un récit de la « réalité » comme de la pâte, jusqu’à ce qu’il corresponde au dessein. Et si nécessaire, ils mettent la machine médiatique en marche arrière et pétrissent cette même réalité dans la direction opposée.

Alors, comment les civilisations souveraines peuvent-elles échapper au « piège de MacIntyre » ? Les civilisations peuvent-elles rassembler les fragments d’aperçus et de savoirs plus anciens pour redonner le contexte permettant de rendre le discours moral à nouveau intelligible ?

Sortir de l’espace fustien de la pensée mécaniste et du récit manipulé n’est ni facile ni simple. Bien au contraire. Mais remarquez ce que cela exige – un changement dans notre mode de présence ; la manière dont nous disposons notre attention vers le monde.

La façon dont vous disposez la conscience vers le monde, nous dit le neurologue Iain McGilchrist, est cruciale : car la manière dont vous le faites altère et détermine ce que vous trouverez et comprendrez. Et à mesure que nous spatialisons le monde autour de nous différemment, la perception s’élargit et la spaciosité (jusque-là cachée) de ce qui se trouve au-delà devient visible.

Une récupération de modes de pensée plus anciens – la manière de penser « tout à la fois, tous ensemble » (penser par l’image) et d’autres sources de cognition – peut ouvrir une voie vers une médiation entre les polarités apparemment opposées du subjectif et de l’objectif que la rationalité mécanique laisse si souvent durcies en impedimenta insolubles. L’approche apophatique peut aussi émousser les arêtes vives de la pensée conceptuelle en introduisant l’« entre-deux », trouvant son espace entre les arguments angulaires et tranchants. Ces modes de pensée possèdent leur propre logique qui se tient à l’écart des rigidités des Lumières.

C’est la leçon que l’Iran et sa redécouverte de la pensée ancienne offrent au monde aujourd’hui.

Albert Einstein a un jour fait remarquer que « l’esprit rationnel est un serviteur ; mais l’esprit intuitif est un don précieux. Notre monde, cependant, honore le serviteur – mais oublie [ignore] le don ».

L’invenzione dell’ebraicità dei cazari, una vergognosa trovata antisemita

By: A A
30 September 2026 at 22:05

La teoria delle origini cazare degli ebrei ashkenaziti: un mito storico o una deliberata distorsione dei fatti? Gli argomenti storici, linguistici e genetici mettono in discussione l’idea delle radici cazare dell’ebraismo europeo.

Segue nostro Telegram.

Io amo la lingua, la cultura e la religione ebraica, che sono parte della comune famiglia abramitica, capace di legare indissolubilmente l’ebraismo al cristianesimo e all’Islam.

Allo stesso tempo reputo sempre necessario condannare e contrastare i crimini sionisti e dell’entità statuale israeliana, ugualmente criminale. Spiace, occorre dirlo, che molte comunità ebraiche in giro per il mondo solidarizzino con questi criminali, incrinando la possibile simpatia per la più antica tra le fedi abramitiche.

Ritengo altresì che si debba contrastare ogni forma di antisemitismo, a partire dalla volgare confusione tra l’odio per gli ebrei e l’ebraismo, sempre esecrabile, e la condanna di Israele e dei sionisti, sempre giusta, impellente e importante.

Tra i fenomeni di più spiacevole antisemitismo c’è la teoria, del tutto assurda e infondata, propalata da Arthur Koestler nel 1976 con il saggio “La tredicesima tribù”, secondo cui gli ebrei ashkenaziti d’Europa orientale non discenderebbero dagli antichi ebrei della Palestina romana, ma dai Cazari. Stupidaggine colossale e falsità assoluta.

I cazari, tribù nomade di origine turca dell’Asia centrale, governano tra il VII e il X secolo un khanato indipendente e potente, compreso tra il bacino della Volga, il Caucaso settentrionale e il Mar Caspio, poco dediti alle guerre e molto ai commerci, garantiscono il fluire delle mercanzie in viaggio attraverso la Via della Seta lungo le terre da loro controllate e gli scambi con i variaghi attraverso la Volga e il Don. Alleati dell’impero romano d’Oriente, si barcamenano nel difficile contenimento dei musulmani abbasidi che da Baghdad irradiano il potere e la scienza dello loro straordinario califfato.

Non è mai esistita una conversione dei cazari all’ebraismo, come ha spiegato con dovizia di documenti lo storico Shaul Stampfer, la conversione ha riguardato soltanto i sovrani e le loro famiglie, una bonaria scusa per sottrarsi a più vincolanti sottomissioni tanto verso l’Occidente cristiano, quanto vero l’Oriente islamico.

I cazari, popolo forte e numeroso, resta legato allo sciamanesimo di Tengrì, il cielo, tanto caro anche ai mongoli, pur con una porzione non indifferente di cazari convertitisi all’Islam e al cristianesimo, spesso per facilitare lo scambio commerciale con i vicini di quelle religioni.

Dunque i cazari non sono mai stati ebrei, solo i sovrani, ovvero una ristrettissima minoranza di quel popolo, hanno blandamente aderito alla religione mosaica. Insomma non si è mai prodotta una conversione di massa, come ad esempio a Kiev, quando il principe Vladimir nel 988 procede a far raccogliere gli abitanti della città sulle rive del Dniepr, infastidito dalle critiche di un vescovo venuto da Costantinopoli e inorridito dalle pratiche pagane osservate durante il lungo viaggio. Vladimir ordina contemporaneamente al popolo di immergersi nelle acque e al patriarca kievita, vicino a lui dall’alto della città fortificata, di impartire la benedizione per il più straordinario e colossale battesimo di massa della storia. Proprio in ragione di questa conversione al cristianesimo del popolo russo, Vladimir è ancora oggi celebrato come santo tanto dalla chiesa ortodossa, quanto da quella cattolica.

A quel tempo i cazari sono già scomparsi. Il padre e predecessore di Vladimir, il principe Sviatoslav I, sovrano della Rus’ di Kiev, scatena alla metà del X secolo una guerra insieme ai romani d’Oriente e ai nomadi peceneghi contro i cazari, ne conquista l’interezza del territorio, rade al suolo la capitale Itil e cancella, con la morte dei sovrani, ogni traccia di ebraismo cazaro.

Quelle terre saranno abitate e governate, oltre che dai russi, dai bulgari della Volga, dai cumani, dai calmucchi, dai cabardini. Ridicolo che si richiamino i cazari, scomparsi da oltre mille anni, per raccontare qualcosa che non li riguarda, ovviamente la popolazione cazara non evapora nel nulla, ma nemmeno migra, subisce come sempre accade nella storia in questi casi, un lento processo di frammentazione e assimilazione ai nuovi gruppi dominanti sul suo territorio, perdendo con il tempo, in assenza di una radicata alfabetizzazione, ogni traccia della passata cultura, in ogni caso in nulla e per nulla ebraica.

Consiglio piuttosto di visitare il museo ebraico di Mosca, delle grandi carte geografiche scorrono su uno schermo elettronico e raccontano con evidenza come nel regno di Ivan il Terribile alla fine del XVI secolo non abitasse nelle Russie nemmeno un ebreo, mentre, agli albori del XIX secolo oltre i tre quarti degli ebrei di tutto il mondo fossero cittadini dell’impero russo.

Come si è creato questo fenomeno in poco più di due secoli?

Occorre studiare la storia delle comunità ebraiche dopo la distruzione di Gerusalemme nel 70 dopo Cristo. Per capire come si siano formate le comunità sefardita e quella ashkenazita.

Laddove si preferisca evitare i polverosi tomi scritti dagli storici, ecco che ci viene in soccorso uno straordinario romanzo, forse il più bello di Abraham Yehoshua, ovvero “Viaggio alla fine del millennio”, i fatti narrati si svolgono nell’anno 999, quando gli ebrei franco – tedeschi, dopo aver assorbito la cultura dei loro vicini cristiani, provano orrore per il correligionario ebreo nordafricano che come i suoi vicini musulmani ha due mogli. I primi, gli europei, decidono di non commerciare più con il secondo, che reputano un peccatore. A poco servirà un tentativo di porre soluzione alla disputa con un confronto tra due rabbini, uno per parte, dentro la sinagoga di Worms, la più antica del vecchio continente.

Gli ebrei immersi nell’Islam son diventati sefarditi, quelli dell’Europa occidentale sono diventati ashkenaziti, questi ultimi in terra germanica hanno sviluppato una nuova lingua: l’yiddish, nata proprio negli anni in cui è ambientato il romanzo citato. L’yiddish è una lingua dalle profonde inferenze antico – tedesche, come qualsiasi linguista può confermare, per altro con nessuna connessione con le lingue turchidi o mongole e i pochi elementi slavi derivanti dalla successiva e tardiva prossimità con il mondo russo.

Quelle comunità ebraiche, per l’intolleranza prima cattolica e poi luterana si spostano verso Oriente, entrando nel regno polacco – lituano, formando i noti shtetl, piccoli villaggi di contadini poveri, quando queste terre sono entrare a far parte dell’impero russo, piccoli gruppi sono andati ancora più ad Oriente, nell’attuale Russia e Bielorussia.

Ecco spiegato in modo inequivocabile come la presenza ebraica in Russia sia il frutto di una migrazione da occidente verso oriente delle comunità ebraiche ashkenazite, che si sono portate appresso la loro cultura, la loro nuova lingua, le loro tradizioni.

L’invenzione del viaggio al contrario, da est a ovest, di un fantasmagorico ebraismo cazaro – ashkenazita è stato dimostrato essere totalmente falsa da tutti i documenti storici, dunque una pessima trovata antisemita.

Altro fatto è voler attribuire qualche malefatta nel corso della modernità o talune responsabilità alle arricchite borghesie occidentali, che del colonialismo, dello schiavismo, della subordinazione dei contadini e degli operai dopo la rivoluzione industriale hanno fatto il volano per le loro personalissime ricchezze a danno di porzioni rilevanti dell’umanità. A questa costruzione del bestiale sfruttamento dell’uomo sull’uomo hanno partecipato evidentemente anche i Rockefeller e i Rothschild, tenendo però presente che i primi sono forse di origine ebraico – francese, ma poi da secoli comunque cristiano – protestanti ugonotti in fuga verso le Americhe, i secondi ebreo – tedeschi, con origini nella nobiltà austriaca.

Di più. I fatti storici dovrebbero essere sufficienti a smentire anche le tesi palesemente assurde e sgangherate, tuttavia un’ulteriore dimostrazione dell’inesistenza di un ebraismo cazaro ci è offerta dalla scienza con le moderne modalità di studio genetico. Il DNA degli ashkenaziti rimanda agli avi mediorientali e ai più secolarmente recenti imparentamenti con gli europei occidentali, niente di slavo, mongolo, turchide o centro – asiatico, quindi nulla e poi nulla dei lontani cazari, anzi, i geni maschili sono chiaramente mediorientali, quelli femminili rimandano non solo all’Europa occidentale, ma anche a quella meridionale, in particolare italiana, a sostanziare una lunga permanenza delle comunità ebraiche nel territorio dell’impero romano, prima di muoversi verso settentrione dopo la scomparsa di questo al tempo delle invasioni barbariche.

Credo dunque che si debbano lasciare i simpatici cazari al loro sperduto passato mercantile, contrastare i crimini del presente operati da sionisti e israeliani e soprattutto agire sempre contro ogni forma di antisemitismo.

Everybody is Losing

30 September 2026 at 15:43

Faced with a fiscally incontinent state drowning in DEI and incapable of controlling its borders, it's easy for the Right to feel like its losing, says Dr Hugh Willbourn. But weirdly, so does the Left.

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