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Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza

1 October 2026 at 09:55

Par Thibault de Varenne

Mercredi soir, sur le plateau de Quotidien, Bernard-Henri Lévy venait raconter sa vie. Il a fini par défendre Israël contre plusieurs chroniqueurs, et le ton est monté. On sait ce qu'il pense de Gaza : il le répète depuis deux ans et demi. Reste à comprendre pourquoi il y met tant de force. Ses propres textes donnent la réponse.

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Séquence extrêmement tendue dans Quotidien entre BHL, qui défend Israël, et plusieurs chroniqueurs dont Jean-Michel Apathie. pic.twitter.com/o0qL1nRyi2

— Mathieu Géniole (@mathieuge) September 30, 2026

Mercredi soir, sur TMC

Mercredi 30 septembre, Bernard-Henri Lévy était l'invité de Quotidien, sur TMC. Le bandeau annonçait : « BHL raconte sa vie ». Il venait présenter ses Mémoires provisoires, en librairie cette semaine. La conversation a quitté le livre pour Israël. Elle est devenue, écrit le journaliste qui en a diffusé l'extrait, « extrêmement tendue » entre l'invité, « qui défend Israël », et plusieurs chroniqueurs, dont Jean-Michel Aphatie. Deux minutes d'images, plus de quatre-vingt mille vues en moins d'une journée.

Il n'y a là aucune surprise. M. Lévy dit la même chose depuis mars 2024. Ce qui mérite qu'on s'y arrête, c'est la vigueur. Un homme de soixante-dix-sept ans, qui a passé sa vie à prononcer le mot « génocide » plus vite que tout le monde, met aujourd'hui la même énergie à l'interdire. Pourquoi ?

Je ne sonderai pas son cœur. Je n'en ai ni le moyen ni le goût. Je regarde ses textes, leurs dates, et ce que le mot lui coûterait s'il le prononçait. Cela suffit.

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Ce que le mot veut dire, et qui l'a prononcé

Le génocide n'est pas un superlatif. C'est un crime défini par un traité de 1948, que la France a signé. La définition tient en deux éléments. Des actes, d'abord, au nombre de cinq : tuer les membres d'un groupe, leur infliger des atteintes graves, les soumettre à des conditions de vie qui doivent entraîner leur destruction, empêcher les naissances, enlever les enfants. Une intention, ensuite : celle de détruire ce groupe, en tout ou en partie. Le traité ne dit rien de la vitesse. Il ne dit rien des avertissements donnés avant un bombardement.

Sur Gaza, trois instances ont conclu. Amnesty International, le 5 décembre 2024. L'association internationale des chercheurs spécialistes du génocide, en août 2025, par une résolution votée à 86 %. Une commission d'enquête des Nations unies, le 16 septembre 2025 : elle retient quatre des cinq actes du traité.

Reste le juge. La Cour internationale de justice, le tribunal des Nations unies qui tranche les litiges entre États, a été saisie par l'Afrique du Sud fin 2023. Elle a ordonné dès 2024 des mesures d'urgence, dont l'une porte sur la privation de nourriture. Elle n'a pas jugé le fond. D'après son dernier calendrier, Israël a jusqu'au 22 mai 2029 pour déposer ses dernières écritures. Il n'y aura donc pas d'arrêt avant 2029.

Voilà l'état du dossier. Israël conteste. Le juge n'a pas parlé. Trois instances sérieuses ont parlé.

Netanyahou à l’ONU ? ou la semaine du greffier
Le point du 27 septembre 2026 sur le génocide en Palestine.

Trois phrases, et pas un article du traité

Que répond M. Lévy ? Trois choses, qu'on peut dater.

En novembre 2024 : « On ne peut pas dire d'une armée qui prévient avant de tirer […] qu'elle est une armée génocidaire. » En septembre 2025, dans le Wall Street Journal : une armée génocidaire ne mettrait pas deux ans à gagner une guerre sur un territoire grand comme Las Vegas. Le même mois : « Israël n'“affame” pas Gaza. »

Reprenez le traité. La première phrase parle d'avertissements : le texte n'en parle pas. La deuxième parle de durée : le texte n'en parle pas. La troisième contredit ce que la Cour a elle-même constaté en mars 2024, quand elle a ordonné à Israël de laisser entrer la nourriture. Aucune ne discute l'intention, qui est le seul point difficile du dossier. Ce sont des arguments de plateau. Ils portent à vingt heures. Ils ne pèsent rien devant un juge.

On me dira que M. Lévy a le droit d'attendre l'arrêt, et qu'en 2029 la Cour lui donnera peut-être raison. C'est exact. La question de droit est ouverte, et s'il disait « attendons les juges », je n'écrirais pas cette chronique. Mais il ne dit pas cela. En mai 2024, il déclarait l'accusation « infâme ». En novembre 2024, la Cour pénale internationale, l'autre tribunal de La Haye, celui qui juge les personnes, délivrait un mandat d'arrêt contre M. Nétanyahou. Il a demandé qu'on abolisse cette Cour. Vingt mois plus tôt, elle visait M. Poutine, et il applaudissait. On n'attend pas les juges quand on réclame leur suppression.

Ce que le mot lui coûterait

Je vois quatre raisons. Elles sont toutes écrites de sa main.

Il plaide pour une partie. M. Lévy défend Israël. Il l'écrit, il en a fait un livre en mars 2024, où on lit : « La mort des civils de Gaza n'est pas un massacre. C'est encore moins un génocide. » On a le droit de défendre un pays. On ne peut pas se présenter en même temps comme l'expert qui tranche. Un avocat est respectable. Personne ne lui demande de tenir aussi le greffe.

Le mot l'obligerait. Voilà trente ans qu'il enseigne que ce mot commande d'agir. Pour le Darfour, en 2007, il parlait du « premier génocide du XXIe siècle » et suggérait d'aider ceux qui défendaient les populations les armes à la main. Pour la Libye, en 2011, il plaidait la force auprès de Nicolas Sarkozy. S'il prononçait le mot pour Gaza, sa propre doctrine lui dicterait la suite : sanctions, embargo sur les armes, peut-être davantage, contre le pays qu'il défend. Il ne le peut pas. Il faut donc que le mot soit faux.

Son titre de témoin est en jeu. Son argument d'autorité tient en une phrase : « J'ai vu des génocides (Srebrenica, Darfour). » J'ai travaillé sur le Soudan dans ces années-là. Nous avions sur nos bureaux le rapport de la commission d'enquête des Nations unies, rendu en janvier 2005 : Khartoum commettait des crimes de masse, mais ne menait pas une politique de génocide. M. Lévy a écrit le contraire deux ans plus tard, sans attendre personne.

Quant au Rwanda, mon directeur de la publication a fait relire ses chroniques du Point pour le printemps 1994. Le génocide des Tutsi commence le 7 avril. Du 9 avril au 11 juin, neuf chroniques : pas une ligne. La première mention date du 18 juin, dix semaines après le début des massacres. Il faisait alors campagne pour Sarajevo. Son site assure aujourd'hui qu'il fut « parmi les tout premiers » à prendre la mesure de l'événement.

Or les spécialistes du génocide disent oui à 86 %, et lui dit non. L'un des deux se trompe. S'il leur donne raison, il n'est plus l'homme qui sait reconnaître un génocide. Il devient un écrivain parmi d'autres, qui s'est trompé sur le plus grave.

Il est allé trop loin pour reculer. Un livre, puis « infâme », puis une cour à abolir, puis l'ONU déclarée « morte » pour n'avoir pas soutenu Israël. Chaque phrase rend la suivante obligatoire. Celui qui a écrit tout cela ne peut plus dire en 2029 « je m'étais trompé » sans défaire trente ans de sermons. C'est, je crois, pourquoi le ton monte.

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Le Soudan, ou la preuve par l'ONU

Un dernier fait montre comment il choisit. En novembre 2025, M. Lévy écrit du Soudan : « Au Darfour, c'est un génocide, un vrai. » Trois mois plus tard, une mission d'enquête des Nations unies relève à El-Fasher, la grande ville du Darfour tombée aux mains des paramilitaires, les « signes distinctifs d'un génocide ». Il avait donc raison cette fois, et je le lui accorde volontiers.

Mais regardez qui le confirme : les Nations unies. La même organisation, par une autre commission, dit la même chose de Gaza. On ne peut pas citer l'ONU à Khartoum et la déclarer morte à Gaza. Il y aurait donc de vrais génocides, ceux qu'il reconnaît, et de faux, ceux que reconnaissent les commissions quand elles le gênent. C'est une justice à un seul juge.

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Ce que je demande

Je ne demande pas qu'on fasse taire M. Lévy. Je demande trois choses, et elles sont simples.

Aux rédactions : qu'on cesse de l'inviter comme l'arbitre du mot « génocide ». Sur ce dossier, il est l'avocat d'une partie. Qu'on le présente ainsi, et qu'on lui oppose le texte du traité plutôt que de l'indignation.

Au lecteur : un test, ce soir, en dix minutes. Ouvrez l'article II de la Convention de 1948. Cinq actes, une intention. Relisez les trois phrases citées plus haut et cherchez laquelle répond au texte. Vous n'en trouverez pas. Refaites le test avec le prochain invité, quel que soit son camp.

À ceux qui nous gouvernent : la France a signé ce traité, et son article premier l'engage à prévenir, pas seulement à punir. La Cour a rendu trois ordonnances en 2024. Qu'on nous dise, par écrit, ce que Paris a fait pour qu'elles soient respectées.

L'arrêt viendra en 2029, ou plus tard. D'ici là, il existe un texte de 1948, et il se lit en dix minutes.

"11 septembre" raté contre Tel-Aviv : chronologie de 36 heures et état des sources

30 September 2026 at 15:46

Par Élise Rochefort

Israël élit sa vingt-sixième Knesset le 27 octobre. Le mardi 29 septembre, le premier ministre Benjamin Nétanyahou a déclaré depuis une base de l'armée de l'air que des indices montraient que les ennemis d'Israël chercheraient à attaquer avant le scrutin. Le mercredi 30 septembre au matin, un avion de ligne reliant Dubaï à Tel-Aviv a transmis le code détournement et s'est posé en Arabie saoudite. Cette fiche établit la chronologie des deux journées, distingue ce qui est affirmé par une autorité nommée de ce qui est rapporté par des sources anonymes, et recense ce qui n'est pas établi à l'heure de la rédaction.

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Mardi 29 septembre : l'avertissement et les démentis internes

Benjamin Nétanyahou s'exprime depuis une base de l'armée de l'air. Ses propos rapportés : « Ne vous frottez pas à nous, ni maintenant ni jamais. Notre long bras vous atteindra partout et à tout moment. » Il déclare que les services de sécurité disposent d'indices selon lesquels les ennemis d'Israël pourraient tenter une attaque avant les élections.

L'armée israélienne répond le même jour. Citée par Ynet, elle indique qu'« il n'y a eu aucun changement dans l'évaluation de la situation ces derniers jours » et qu'Israël ne dispose « d'aucun renseignement spécifique et concret indiquant que des acteurs hostiles ont l'intention de lancer une attaque particulière ». Elle précise que la déclaration du premier ministre « ne reflète pas un changement de son évaluation », et des responsables ajoutent n'avoir connaissance d'aucune préparation ni d'aucun état d'alerte renforcé au-delà de la routine.

Des responsables de sécurité déclarent au Jerusalem Post qu'« il n'y a actuellement aucun avertissement de renseignement spécifique sur la table ». Un second responsable indique que Téhéran pourrait décider à tout moment de tirer des missiles, mais qualifie cette éventualité d'« option » et non de « menace immédiate ».

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid réagit : « Les menaces sécuritaires doivent être traitées de façon professionnelle et responsable. La sécurité d'Israël et les bases de l'armée ne sont pas des décors pour des vidéos de campagne. » Le cabinet du premier ministre répond que Nétanyahou avait informé Lapid de « possibles attaques » avant l'élection, et le Likoud met en cause le chef de l'opposition. Gadi Eisenkot, chef du parti Yashar et principal concurrent du premier ministre, demande vérification de l'alerte.

Le contexte de campagne est indissociable de cette séquence : les révélations sur les avertissements ignorés avant le 7 octobre 2023 occupaient la campagne israélienne les jours précédents.

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Mercredi 30 septembre : le vol FZ1073

Les horaires ci-dessous sont ceux rapportés par la presse israélienne, en heure locale israélienne, à l'exception de l'ancrage horaire tiré des données de vol.

7 h 05 — Le vol FZ1073 de la compagnie Flydubai décolle de l'aéroport international de Dubaï à destination de Tel-Aviv, avec 174 passagers à bord, dont 27 enfants.

Environ 8 h 35 — Au-dessus de l'espace aérien jordanien, le transpondeur de l'appareil transmet le code 7700, qui signale une urgence générale, puis brièvement le code 7500, qui signale une intervention illicite — le code dit « détournement ».

Dans les minutes qui suivent — L'appareil fait demi-tour, entre dans l'espace aérien saoudien et perd de l'altitude. CNN fait état d'une descente d'environ 17 400 pieds en deux minutes. Les données de vol situent cette descente brutale vers 5 h 21 UTC. Le contact radio avec l'équipage est perdu et l'appareil disparaît des traceurs de vol publics.

Pendant l'incident — Des avions de chasse israéliens décollent. Le premier ministre et le ministre de la Défense Israel Katz tiennent une consultation d'urgence. Les décollages sont temporairement suspendus à l'aéroport Ben-Gourion.

Fin de matinée — L'appareil se pose à l'aéroport Prince Sultan bin Abdulaziz, à Tabuk, dans le nord-ouest de l'Arabie saoudite. L'aéroport de Tabuk indique que « le pilote et le premier officier ont été blessés et transportés à l'hôpital après l'atterrissage ».

Flydubai déclare : « Tous les passagers sont sains et saufs et comptabilisés. La sécurité et le bien-être de nos passagers et de nos équipages demeurent notre priorité absolue. » La compagnie confirme une altercation violente dans le poste de pilotage. Le cabinet du premier ministre israélien indique que des dispositions sont prises pour rapatrier les passagers.

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La version des autorités israéliennes a changé au cours de la journée

C'est le point qui demande le plus de précision, et il est vérifiable à l'heure de publication de chaque dépêche.

Le matin, un responsable de sécurité israélien déclare à Ynet qu'« il n'y a pas d'information définitive sur un détournement » et que « le pilote a activé un signal de détresse ». Le commissaire de police Danny Levy indique : « Nous nous préparons à chaque scénario. » Les autorités concluent alors que l'alerte résulte d'une altercation entre les deux pilotes, et non d'un détournement. Des sources de sécurité israéliennes indiquent que l'incident n'est pas de nature terroriste.

Dans l'après-midi, la version est différente. Selon des sources citées par CNN et par le Jerusalem Post, un pilote a poignardé l'autre et tenté de prendre le contrôle de l'appareil. Des passagers israéliens assis à l'avant se sont précipités vers le poste de pilotage et ont maîtrisé l'assaillant, permettant aux pilotes de reprendre les commandes. Un responsable israélien déclare qu'« une catastrophe majeure a été évitée de justesse ». L'établissement sécuritaire israélien traite désormais l'affaire comme un probable acte terroriste.

Aucune autorité israélienne n'a publiquement expliqué ce qui, entre ces deux moments, a modifié l'appréciation.

L'assaillant : ce qui est attribué, et par qui

Aucune autorité nommée — ni Flydubai, ni l'Autorité générale de l'aviation civile des Émirats, ni les autorités saoudiennes, ni les autorités israéliennes — n'a confirmé l'identité de l'homme mis en cause.

Sa fonction est rapportée différemment selon les sources : CNN parle du copilote, qui aurait poignardé le commandant de bord ; le Jerusalem Post écrit qu'un pilote a tenté de détourner l'appareil ; Ynet, le matin, parlait d'une altercation entre les deux pilotes sans désigner d'assaillant.

Sa nationalité est rapportée comme omanaise par des sources israéliennes, sans confirmation indépendante. Le Jerusalem Post relève lui-même que cette indication soulève une difficulté, Oman n'ayant pas de relations normalisées avec Israël. D'autres nationalités ont circulé au cours de la journée sans qu'aucune source nommée les établisse.

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Ce qui n'est pas établi

  • L'identité, la nationalité et le parcours professionnel de l'homme mis en cause, ainsi que ses motifs. Aucune autorité ne s'est prononcée.
  • L'origine des « indices » invoqués par le premier ministre le 29 septembre. Aucune des sources consultées n'attribue cette alerte à un service de renseignement étranger. La mention d'un renseignement américain, qui a circulé, n'est appuyée par aucune source identifiée à l'heure de la rédaction.
  • L'état exact des deux pilotes et la nature de leurs blessures. L'aéroport de Tabuk indique une hospitalisation, sans plus de détail.
  • Le déroulement précis de l'intervention des passagers, rapportée par des témoignages et par des sources, non par un procès-verbal. Aucune source consultée n'indique que l'assaillant ait été tué.
  • Les horaires, qui varient selon les fuseaux employés par les rédactions : les trois fuseaux en présence — Dubaï (UTC+4), Israël (UTC+3) et le temps universel — diffèrent d'une heure et de quatre heures.
  • L'ouverture d'une enquête et son autorité compétente : l'appareil est immatriculé aux Émirats, l'incident s'est produit au-dessus de la Jordanie puis de l'Arabie saoudite, et l'atterrissage a eu lieu sur le territoire saoudien.
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Les documents qui trancheront

Cinq sources publiques, indépendantes des parties, sont susceptibles d'établir les faits dans les jours qui viennent.

L'Autorité générale de l'aviation civile des Émirats arabes unis, compétente sur l'appareil et sur l'équipage, et dont les conclusions engagent la compagnie nationale du pays. Les autorités saoudiennes, qui détiennent l'appareil, les enregistreurs de vol et les personnes. L'enquête judiciaire éventuelle sur l'homme mis en cause, dont la juridiction dira quel État l'a saisi. Les dossiers médicaux et l'état civil des deux pilotes, par les canaux de la compagnie. Enfin, la documentation des « indices » invoqués le 29 septembre, que ni l'armée israélienne ni les responsables cités par la presse israélienne ne confirmaient le jour même.

Le 27 octobre, jour du scrutin, est dans vingt-sept jours. L'écart entre la déclaration du premier ministre et l'évaluation publique de son armée, comme l'écart entre les deux versions israéliennes du 30 septembre, sont l'un et l'autre documentés et datés. Les enquêtes émirienne et saoudienne diront le reste.

Léon XIV et Macron : la tour de Babel et l'UE

28 September 2026 at 10:10

Par Thibault de Varenne

Le 25 septembre, à l'UNESCO, Léon XIV a raconté deux histoires. La première se passe au pied d'une tour, la seconde sur une place de Jérusalem. On a retenu du discours le multilatéralisme, l'intelligence artificielle, l'éducation. On a oublié la tour de Babel, symbole également très présent dans la franc-maçonnerie. Et c'est elle qui donne la clé de la journée, et de la matinée passée à l'Élysée.

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« La tour de Babel représente une unité imposée par la domination », a dit le pape. À la Pentecôte au contraire, chacun entend le message « dans sa propre langue maternelle », et « la communion ne supprime en rien la diversité ». La Babel moderne porte, selon lui, trois noms : « une mondialisation poursuivie sans fraternité », « des formes rapaces de néocolonialisme », « les impositions idéologiques ».

Le Pape, Babel et les lois noachides : ce que disent les textes
Talmud, Maïmonide, Congrès américain de 1991, Constitutions maçonniques, Catéchisme : les lois noachides, pièce par pièce.
« Exsules filii Hevae » : ce que 80 000 jeunes ont chanté à Saint-Denis
Vendredi, 80 000 jeunes ont clos la veillée du pape au Stade de France par le Salve Regina, chant millénaire des exilés. Ce qu’il dit d’une génération
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Ce que dit la Genèse

Après le déluge, Dieu bénit Noé et ses fils et leur ordonne de remplir la terre. Le chapitre suivant dénombre les peuples, chacun selon sa langue. Puis viennent les bâtisseurs : « Faisons-nous un nom, pour ne pas être disséminés sur toute la surface de la terre. » Babel n'est pas un péché d'architecture. C'est le refus de la pluralité : un chantier, une langue, un nom. La Pentecôte ne rétablira pas la langue unique. Elle fera comprendre sans uniformiser.

Une rencontre, et rien de plus

Les francs-maçons lisent Babel de la même façon. Dans leurs légendes, la tour est la construction manquée et le Temple de Salomon l'œuvre réussie ; les Constitutions d'Anderson font de la loge un « centre d'union ». La rencontre est

L'humeur de Veerle Daens : comment la Flandre tient le secret de vos messages entre ses mains

By: CDS
25 September 2026 at 09:21

par Veerle Daens

Mardi 29 septembre, à Bruxelles, les négociateurs des trois institutions se réunissent de manière informelle pour décider si une machine lira vos conversations privées. Neuf gouvernements peuvent encore l'empêcher. Il leur manque 2,1 points de population européenne. La Belgique en pèse 2,63. Elle n'a rien dit.

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Amis libertariens, laissez-moi vous exposer l'arithmétique la plus importante de votre année — celle dont aucun journal télévisé ne vous parlera, parce qu'elle n'a ni visage, ni victime photographiable, ni ministre à interrompre.

Pour bloquer un texte au Conseil de l'Union, il faut quatre États membres représentant plus de 35 % de la population. C'est écrit, c'est mécanique, c'est un tableur. Les neuf gouvernements qui refusent le scan obligatoire des messageries privées (dit chatcontrol) pèsent 32,9 %. Il manque 2,1 points. Trois pays peuvent les fournir : l'Allemagne (18,47 %), le Portugal (2,38 %), la Belgique (2,63 %). Accessoirement, le bloc des neuf ne peut perdre ni l'Italie, ni la Pologne, ni les Pays-Bas, qui pèsent à eux trois 25,5 % : une défection et il n'y a plus d'arithmétique du tout. Les chiffres sont là, et là.

Chat Control : où en est la surveillance des messageries cryptées en Europe ?
Rejetée par le Parlement en mars, expirée le 4 avril, la dérogation Chat Control revient au Conseil sous forme d’un texte neuf valable jusqu’en 2028. État des lieux.
L’humeur de Veerle Daens : Chat Control ou la trahison ressuscitée
Mes chers libertariens de l’Absurdistan, permettez à une Flamande qui prend son café à Malines, devant le carillon de Saint-Rombaut qui sonne en sept volées l’heure exacte de votre prochaine fouille corporelle numérique, de vous rapporter une affaire qui, même pour Bruxelles, défie l’entendement. Le 26

L'Allemagne, elle, a trouvé la formule. En public, elle rejette le scan sans soupçon. Au Conseil, depuis juin, ses négociateurs ne s'y opposent plus. Admirez la manœuvre, elle mérite un cadre : on ne vote pas pour, on ne vote pas contre, on cesse de s'opposer. Voilà le degré zéro du courage politique porté à sa perfection technique — une abstention si bien élevée qu'elle n'a même pas besoin d'être déclarée.

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Et mon pays ? Mon pays, mes chers lecteurs sans tableur, est indécis. On le dit avec un mot d'agence de notation, comme s'il s'agissait d'un arbitrage délicat entre deux biens supérieurs. Indécis sur quoi ? Sur la lecture des messages de quatre cent cinquante millions d'Européens. Depuis quand ? Depuis que la Commission a déposé son texte, en mai 2022. Cinquante-deux mois. Miljaardedju — cinquante-deux mois, c'est plus long qu'une grossesse d'éléphante, plus long que la construction d'un pont sur la Dyle, plus long que la carrière moyenne d'un secrétaire d'État belge. Un pays qui n'a pas tranché en cinquante-deux mois n'est pas indécis. Il attend de voir qui gagne.

On me dira que le règlement protège les enfants, et il faut le dire sérieusement : son objet est l'abus sexuel des mineurs, qui n'est pas une abstraction de juriste. Seulement voilà — le Parlement européen, de son côté, ne propose pas de ne rien faire. Il propose la détection ciblée sur ordonnance judiciaire. Le choix n'est donc pas entre protéger et laisser faire. Il est entre scanner les suspects et scanner tout le monde. Et sur ce que coûte la seconde méthode, le texte a une élégance qu'il faut saluer : les plateformes ne publieront leurs taux d'erreur et de faux positifs qu'à partir du 1er février 2027. Soit après. On vous demande de signer avant de connaître le prix, et le prix sera facturé en vies privées de gens qui n'avaient rien fait.

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Notez maintenant l'asymétrie, elle est d'une perfection d'horloger. Pour étendre la surveillance, l'urgence suffit : le 9 juillet, le Parlement a prolongé le scan volontaire jusqu'au 3 avril 2028 parce que les 314 députés qui votaient contre n'atteignaient pas les 361 requis — dans cette maison, la majorité qui dit non ne suffit pas ; il faut une majorité qualifiée pour empêcher. Pour restreindre la surveillance, en revanche, il faut quatre États, 35 % de population, et l'accord de trois capitales qui ne décrochent pas. Le dispositif est monté de telle sorte que l'inertie travaille toujours dans le même sens. Ce n'est pas un hasard de procédure. C'est une architecture.

Mardi, si personne ne bouge, les négociateurs acteront le facile — le Centre européen, l'évaluation des risques, les obligations de transparence — et renverront le reste. Sans accord, le dossier passe à la présidence lituanienne en janvier, puis à la grecque en juillet. Il ne meurt pas. Il patiente. C'est sa nature profonde : un texte de surveillance n'a jamais besoin de gagner, il lui suffit de ne pas perdre, pendant que vous avez une vie, un métier, des enfants à récupérer à l'école et aucune raison de savoir ce qu'est un COREPER.

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Alors une dernière question, compagnons d'Absurdistan, à poser à votre député avant mardi soir. Le jour où une machine lira vos messages, elle le fera parce que quatre cent cinquante millions d'Européens l'auront voulu — ou parce que deux virgule un pour cent d'entre eux n'ont pas rappelé ?

Je connais la réponse. Elle tient dans un tableur, et personne n'aura signé.

Au bon coin macroniste : "Echange parapluie nucléaire contre espion français en prison"

23 September 2026 at 19:06

Par Eric V

Comme nous l'avions annoncé hier, la France a fait pression pour sortir un oligarque russe de la liste des sanctions européennes en échange de la libération d'un espion français emprisonné en Azerbaïdjan. Ce qu'on ne savait pas encore, c'est que ce "deal" a permis à la Lettonie d'obtenir une extension du parapluie nucléaire français à son territoire. Plus quelques autres avantages.

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Hier, Thibault de Varenne expliquait que la France menaçait de s'opposer à la reconduction de sanction contre environ 3.000 personnes proches de la Russie ou Russes, si l'un d'eux, désigné par l'Azerbaïdjan, n'était pas rayé de la liste. En échange, la France devait obtenir la libération de l'un de ses ressortissants jugé et condamné en Azerbaïdjan pour espionnage. Finalement, l'Union Européenne a accédé aux voeux français, et l'oligarque Ousmanov a disparu de la liste des sanctionnés. Le lendemain, l'Azerbaïdjan a annoncé la libération de notre ressortissant Martin Ryan.

Au passage, Intelligence Online note que l'Azerbaïdjan est aujourd'hui un verrou pour l'approvisionnement français en uranium, en blé et en pétrole d'Asie Centrale. L'ensemble de la négociation devrait donc faciliter l'accès à ces achats. Au demeurant, la levée des sanctions contre Ousmanov était demandée par la Turquie, mais aussi par l'Ouzbékistan et par le Kazakhstan. L'Ouzbékistan réclamait un ressortissant apparenté à son président, le Kazakhstan des actifs gelés qu'il partage avec lui. Bruxelles avait cru sanctionner le Kremlin ; elle sanctionnait aussi Tachkent et Astana.

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Pour parvenir à cet accord discret mais global, il a en revanche fallu vaincre l'opposition de la Lettonie, Etat balte très hostile à la Russie. Intelligence Online révèle aujourd'hui que cette réticence lettone n'était pas désintéressée. Pour lever son veto, la Lettonie a obtenu divers "cadeaux" de la part d'Emmanuel Macron, dont des livraisons d'armes... et l'extension à son territoire du parapluie nucléaire français.

Voilà qui ressemble à la dévaluation des assignats durant la Révolution. Il fut une époque où un parapluie nucléaire valait cher. Aujourd'hui, ce parapluie nucléaire se négocie comme au marché aux puces. Combien de Français savent aujourd'hui quels pays la France couvre avec son fameux "parapluie" ? Probablement très peu... mais qu'importe, puisque ce parapluie est une monnaie de singe que Macron semble échanger au gré du vent contre tout et n'importe quoi sans en parler à personne.

Au nom de notre protection, bien entendu.

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Trump : ni mondialiste, ni isolationniste, simplement impérialiste

23 September 2026 at 10:03

par Thibault de Varenne

Le 22 septembre, à la tribune des Nations Unies, le président des États-Unis a annoncé qu'il lui restait « une grande décision à prendre » : conclure un accord avec l'Iran, ou « anéantir la République islamique ». Il a précisé que l'accord viendrait sans doute après les élections de mi-mandat. Le mot qui manque au débat français n'est ni mondialiste ni isolationniste.

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Il a dit : j'ai une grande décision à prendre. Le verbe est au singulier et le sujet est un homme.

Sept mois après avoir engagé son pays dans une guerre contre l'Iran, Donald Trump est venu la défendre devant l'Assemblée générale des Nations Unies. Il a posé une alternative en deux branches : un accord qui permettrait à l'Iran de se reconstruire et de devenir, a-t-il dit, l'un des plus grands pays du Moyen-Orient, ou l'anéantissement de la République islamique, et rapidement. Il a ajouté qu'il croyait l'accord probable juste après les élections de mi-mandat de novembre. Il a appelé les nations à isoler Téhéran, répété qu'il ne laisserait jamais l'Iran disposer de l'arme nucléaire, présenté son plan en vingt points pour Gaza et le conseil de paix qui doit l'appliquer, et refusé toute régulation internationale de l'intelligence artificielle, qu'il préfère appeler superintelligence, comparant les inquiétudes qu'elle suscite à celles du climat.

Dans la journée, il a signé avec le Danemark et le Groenland un accord élargissant les pouvoirs américains de défense sur le territoire arctique.

Voilà les faits. Reste à trouver le mot.

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Ce que les deux mots disponibles ne recouvrent pas

Le débat français dispose de deux étiquettes et les use jusqu'à la corde.

La première est l'isolationnisme, c'est-à-dire la doctrine qui veut qu'une puissance se tienne hors des affaires du monde et s'en remette à ses propres frontières. On l'attribue à Trump depuis dix ans. Elle ne résiste pas à l'énoncé de sa semaine. Un homme qui conduit une guerre depuis sept mois sur un autre continent, qui somme les autres nations de rompre avec un État tiers, qui rédige un plan de paix pour un territoire qui n'est pas le sien et institue un conseil chargé de l'administrer, qui étend enfin ses droits militaires sur une dépendance danoise, n'est pas en train de se retirer du monde. Il en occupe davantage qu'il n'en occupait.

La seconde est le mondialisme, mot plus flou, qui désigne dans l'usage courant

Rwanda : la Cour de Cassation clôt le mythe de la complicité française...

23 September 2026 at 09:41

par Elise Rochefort

La chambre criminelle de la Cour de cassation a rejeté, le 9 septembre 2026, les pourvois formés par des parties civiles contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris du 11 décembre 2024. Cet arrêt avait confirmé deux ordonnances du 17 octobre 2023 : un refus de mesure d'instruction complémentaire et un non-lieu. L'information judiciaire portait sur des faits de complicité de génocide et de complicité de crimes contre l'humanité susceptibles d'être reprochés à des membres des forces françaises déployées au Rwanda dans le cadre de l'opération « Turquoise ».

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La décision clôt une procédure ouverte il y a vingt et un ans.

La procédure

Le 16 février 2005, six ressortissants rwandais — Mme Auréa Mukakalisa, MM. Innocent Gisanura, François Bagirubwira, Eric Nzabihimana, Bernard Kayumba et Aaron Nshymiryayo — ont porté plainte et se sont constitués partie civile auprès du doyen des juges d'instruction au tribunal aux armées de Paris, contre personne non dénommée. Ils relataient les massacres commis au Rwanda du 6 avril à la fin juin 1994, notamment dans les collines de Bisesero, et soutenaient que des militaires français n'étaient pas intervenus à Bisesero entre le 27 et le 30 juin 1994. Ils faisaient également état d'exactions commises dans le camp de réfugiés de Murambi.

Le procureur de la République a requis l'ouverture d'une information judiciaire le 23 décembre 2005. Plusieurs associations — la Ligue française des droits de l'homme, la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme, Survie et Ibuka — se sont constituées partie civile par voie d'intervention.

Cinq officiers ont été placés sous le statut de témoin assisté : MM. Jean-Rémi Duval, Marin Gillier, Jacques Rosier, Jean-Claude Lafourcade et Etienne Joubert. Le statut de témoin assisté, en procédure pénale française, est intermédiaire : il concerne une personne contre laquelle existent des indices rendant vraisemblable sa participation, sans que les charges soient suffisantes pour une mise en examen.

L'opération « Turquoise » avait été autorisée par la résolution 929 du Conseil de sécurité des Nations unies du 22 juin 1994.

Comment le dictateur Kagamé a construit le narratif anti-français du génocide rwandais avec Glucksmann et Gourevitch
Un livre de Gourevitch, un film de Glucksmann : comment Kigali a fait d’un récit occidental du génocide une raison d’État, avec la France pour coupable désigné.
Génocide au Rwanda : quelle complicité de la France ?
Le rapport Duclert acquitte la France de complicité et l’accable de responsabilités. Les télégrammes, Bisesero, et à qui profite la charge : le dossier.
Pourquoi les Anglo-Saxons investissent autant dans le narratif géopolitique des génocides
Mémorial britannique, scénographie américaine, chaires anglophones : enquête sur l’appareil occidental de la mémoire des génocides et sur son rendement.
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Le premier moyen : le refus d'actes complémentaires

Les parties civiles demandaient deux auditions. Celle de M. Vincent Duclert, président de la commission de recherche sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, dont le rapport a été remis le 26 mars 2021, afin qu'il s'explique sur les conditions d'accès aux documents classés secret défense. Celle de M. Hubert Védrine, à l'époque des faits secrétaire général de la présidence de la République, afin d'établir les responsabilités dans la chaîne de commandement politique. Elles invoquaient le droit à un procès équitable et l'obligation d'enquête approfondie, sur le fondement des articles 3 et 6 de la Convention européenne des droits de l'homme.

La chambre de l'instruction a répondu par le constat du caractère approfondi de l'enquête déjà menée : un dossier de trente et un tomes, des réquisitions adressées à la direction de la surveillance du territoire, à la direction générale de la sécurité extérieure, à l'état-major des armées, à l'Assemblée nationale, au service historique de la défense, aux ministères des affaires étrangères et de la défense, à la présidence de la République et aux services du Premier ministre, plusieurs commissions rogatoires internationales, et l'audition de nombreux responsables militaires.

Macron à New-York : "Je ferai payer les Français pour les guerres étrangères"

22 September 2026 at 13:53

Par Eric V.

Alors que le prix à la pompe s'envole, Macron est bien décidé à continuer à chérir les causes des maux qu'il dénonce, en particulier une soumission humiliante aux USA et à leurs guerres, qu'elles soient directes ou par proxy.

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Macron n'a pas encore prononcé son discours à l'Assemblée Générale de l'ONU, mais il a quand même beaucoup parlé à l'extérieur de la salle. En particulier, il a proposé une masse d'initiatives pour tenter d'endiguer la crise pétrolière que le Courrier annonce depuis le mois d'avril.

Au menu de ses péroraisons, notamment, une présence militaire française en Arabie Saoudite, pour protéger les installations pétrolières déjà menacées par l'Iran, et désormais directement menacées par le mouvement Ansarullah. Bref, des dépenses militaires, et une prise de risque pour sécuriser une région déstabilisée par une guerre israélo-américaine qui nous est imposée.

Quels sont les enjeux de l’AGONU qui se tient en ce moment ?
AGONU 2026 : derrière le discours de Macron du 22 septembre, trois enjeux réels — la succession de Guterres, la faillite de trésorerie de l’ONU, les sièges africains
L’OPEP-monde se meurt, le pétrole s’embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont
Le marché pétrolier n’est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s’agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l’ordre énergétique mondial. Ce n’est
Victoire des Houthis au Yémen : un tournant dans la guerre d’Iran ?
Ansarullah tient Bab el-Mandeb. Mais Moka n’est pas tombée : elle a été laissée. Qui se bat au Yémen, pourquoi le camp adverse s’est effondré, et ce que l’Europe y perd.
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Chérir les causes de nos maux

Emmanuel Macron s'agite, avec son Premier Ministre Lecornu, pour refroidir la colère qui monte en France face à l'augmentation des prix du pétrole, et en particulier du carburant domestique. En année électorale, il faut bien reconnaître que l'ébullition peut très vite partir en vrille. La stratégie est d'endetter un peu plus l'État pour soulager la pression sur le pouvoir d'achat.

Dans le même temps (le fameux "en même temps" que tout le monde connaît), Macron prend bien soin de ne pas s'attaquer aux racines du mal : sa soumission à l'ordre "occidental", conduit par Donald Trump, qui lève un impôt de fait sur les peuples pour financer la défense d'un État d'Israël dominé par de dangereux extrémistes. Là encore, le projet de Grand Israël qui anime les délires d'un Ben Gvir ou d'un Smotrich, dont Nétanyahou est prisonnier autant que complice, se traduit par un appauvrissement des Français, qui n'ont rien demandé.

On peut certes compter sur la presse Bolloré, relais fidèle des positions israéliennes, pour faire croire à ces pauvres Français que c'est le prix à payer pour défendre l'Occident face à la menace islamiste. Certains tombent encore dans le panneau.

La réalité est que nous payons aujourd'hui pour une guerre qui n'est pas la nôtre. On comprend bien que, pour survivre, Israël doive affronter l'Iran dont le fondement est la contestation sioniste. Mais l'intérêt des Français, dans cette affaire, où est-il ?

Sanctions UE contre la Russie : deux oligarques réhabilités, trente-six mois consentis

22 September 2026 at 09:41

Par Thibault de Varenne

L'échéance tombe cette nuit. Faute d'unanimité avant minuit, les sanctions européennes visant près de trois mille personnes et entités disparaissent d'un coup. Deux d'entre elles doivent en sortir, à la demande de la France et du Luxembourg. Le compromis proposé pour dénouer l'affaire mérite plus d'attention que les deux noms.

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Il est huit heures à Bruxelles et les ambassadeurs des Vingt-Sept se rasseyent. Ils ont déjà échoué lundi soir. Ils avaient déjà échoué le 15 septembre, ce qui leur avait valu une semaine de délai, jusqu'à cette nuit. Passé minuit sans accord, il n'y a plus de sanctions du tout.

On observe rarement d'aussi près le fonctionnement réel d'une machine.

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Ce qui se décide, et par qui

Le régime européen de sanctions individuelles — gel des avoirs, interdiction d'entrée — frappe aujourd'hui près de trois mille personnes et entités. Il ne vaut que six mois. Il faut le renouveler par unanimité : vingt-six oui et une abstention ne suffisent pas, et un seul gouvernement peut donc laisser tout tomber.

Ce pouvoir-là, la Slovaquie le brandit depuis des mois pour obtenir la radiation de deux hommes d'affaires russes, Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, inscrits en 2022 comme soutiens du régime. Le 11 septembre, la France s'est jointe à elle sur le premier nom ; le Luxembourg a réclamé le second. La présidence irlandaise, qui

Quels sont les enjeux de l'AGONU qui se tient en ce moment ?

21 September 2026 at 10:08

Par Thibault de Varenne

Emmanuel Macron parle demain à New York. Ce sera vraisemblablement sa dernière fois, et il est le seul chef d'État du Conseil de sécurité à faire encore le déplacement chaque année. On y verra de la constance. On pourrait aussi y voir le signe d'une puissance à qui il ne reste que la tribune.

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Emmanuel Macron est arrivé à New York hier. Il parlera mardi 22 septembre, dans la matinée, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies — l'AGONU, dans le jargon du Quai d'Orsay. Ce sera selon toute vraisemblance son dernier discours à cet endroit : son mandat s'achève au printemps prochain. Les commentaires porteront sur l'Ukraine, sur le Proche-Orient, sur l'énergie, peut-être sur l'intelligence artificielle. On mesurera les applaudissements. On comptera les sièges vides.

Pendant ce temps, à quelques étages de là, se joue autre chose.

Il faut commencer par dire ce qu'est cette institution, parce qu'on en parle beaucoup sans jamais préciser ce qu'elle peut.

Ce que l'Assemblée peut, et ce qu'elle ne peut pas

L'Organisation des Nations unies compte deux organes qui comptent, et ils ne se ressemblent pas.

L'Assemblée générale réunit les cent quatre-vingt-treize États membres. Chacun y dispose d'une voix, le Vanuatu comme les États-Unis. Elle vote le budget de la maison, élit les membres non permanents du Conseil de sécurité, et adopte des résolutions qui n'obligent personne : elles recommandent, elles constatent, elles déplorent. Sa session s'est ouverte le 8 septembre. Elle est présidée cette année par Khalilur Rahman, du Bangladesh — la présidence tourne par région et ne confère aucun pouvoir propre, sinon celui de fixer l'ordre du jour des grandes réunions.

Le Conseil de sécurité compte quinze membres. Cinq y siègent à demeure depuis 1945 — la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie — et disposent chacun d'un veto, c'est-à-dire du pouvoir de bloquer seul n'importe quelle décision. Dix autres y passent deux ans à tour de rôle ; pour 2026 et 2027, ce sont Bahreïn, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Lettonie et le Liberia. Le Conseil, lui, prend des décisions qui obligent. Il est le seul à le faire.

Le débat général est la semaine de discours qui s'ouvre demain et court jusqu'au 26 septembre, avec une séance de rattrapage le 28. Les chefs d'État s'y succèdent à la tribune dans un ordre réglé par la coutume. C'est la partie visible, celle qu'on filme. Le reste de la semaine est occupé par des réunions de haut niveau — le climat et le droit au développement le 23, l'élévation du niveau des mers le 24, la préparation aux pandémies le 25.

Le thème retenu cette année est : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous. » Une institution qui annonce vouloir restaurer la confiance a déjà répondu à la question de savoir si elle l'avait perdue. Passons.

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Premier enjeu : le nom qu'on ne prononcera pas à la tribune

António Guterres achève son second mandat le 31 décembre. Son successeur prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. C'est le seul poste au monde dont le titulaire parle au nom de l'humanité entière sans avoir jamais été élu par personne — et la manière dont on le désigne mérite qu'on s'y arrête.

Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé

19 September 2026 at 13:05

Par Thibault de Varenne

Le 17 juin, j'ai écrit que la trêve d'Ormuz tiendrait probablement ses soixante jours. Elle en a tenu vingt. Le 3 juillet, que l'on ne fermait plus un marché. Le baril a repassé les cent dollars le 11 septembre. Voilà pour l'entrée en matière : un chroniqueur qui ne relit que ses réussites n'est pas un chroniqueur, c'est un avocat.

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Ce journal a pris, avec la rubrique qu'il appelle La Clause, dans le secret de la rédaction, l'habitude d'écrire à l'avance ce qui lui donnerait tort. Il est juste d'appliquer la règle à ce qui a déjà été écrit. J'ai donc repris mes papiers depuis le début de juin — la signature n'existe pas avant —, j'en ai extrait chaque phrase qui annonçait quelque chose, et je l'ai mise en face de ce qui s'est produit, avec la date et avec la source, prise comme toujours ici chez ceux qui ne sont pas nos alliés. Le lecteur trouvera le tableau ci-dessous. Je n'y ai rien retranché, et j'ai laissé de côté ce qui ne se vérifie pas — les jugements de valeur, les pronostics à vingt ans, les phrases qui sonnent bien.

DatePapierCe que j'annonçaisCe qui s'est passéBilan
5 juinLes BRICS à l'âge de raisonLe club cesse de grossir : une mue, pas une pause. « Nous verrons, au sommet indien, si la forme tient. »New Delhi, 12-13 sept. : déclaration adoptée à l'unanimité malgré la fracture Iran / Émirats ; aucun élargissement.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
8 juinCe qu'on appelle un cessez-le-feuUne trêve qui ne traite pas les causes ne suspend pas la guerre : « elle la met au repos ».Mémorandum signé le 17 juin ; frappes américaines sur 80 cibles le 8 juillet ; blocus rétabli le 14 ; texte caduc mi-août.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
13 juinCette guerre que nous ne savons plus lire« Les Russes grignotent ; ils ne percent pas. » Une guerre d'usure qui ne se résout pas.Septembre : Sloviansk-Kramatorsk toujours tenue, quinzième échéance russe fixée au 31 décembre ; chacun affirme que l'offensive de l'autre a échoué.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
17 juinLa paix de soixante jours« Que la trêve tienne ses soixante jours : c'est probable, et même vraisemblable. » Qu'elle devienne une paix : « je n'y crois guère ».La trêve a tenu vingt jours. Aucune paix.◐
durée ✘ / issue Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
20 juinVersailles, ou la paix par soustractionSoixante jours qui « ressemblent moins à une convalescence qu'à un sursis ». L'allié couvert à Versailles « pourrait bien » faire sauter l'accord.Sursis confirmé. Mais l'accord a sauté entre Washington et Téhéran, sur la police du détroit — pas par Israël.◐
mécanisme Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé / déclencheur ✘
27 juinLa guerre redevenue industrie« L'essaim qui défend Kiev aujourd'hui menacera demain d'autres capitales. »1er sept. : Kiev menace toute compagnie aérienne dans le ciel russe ; 13 sept. : drones russes sur un train à 5 km de la Pologne.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
3 juilletLe baril sous 90 $« On peut fermer un détroit ; on ne ferme plus un marché. » Pétrole « structurellement baissier ».Deuxième détroit menacé (mer Rouge, 10-12 sept.) ; baril au-dessus de 100 $ depuis le 11 septembre.✘
18 juilletSommes-nous au début d'une escalade ?Trois échéances : mi-août, caducité ou ambiguïté du mémorandum ; septembre, New Delhi et les offres de médiation ; octobre, reprise des frappes sur l'énergie.Mémorandum expiré mi-août, chacun accusant l'autre. À New Delhi, Xi et Modi ont offert leurs services pour l'Ukraine (Kremlin). Octobre : à venir.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
18 juilletidemLe pourrissement est « la pente la plus probable, parce qu'elle ne demande de décision à personne » ; l'escalade sera horizontale, non verticale.Ni guerre déclarée ni paix ; Houthis en mer Rouge, drone près de La Mecque, frappes aux frontières polonaise et moldave ; aucune montée de catégorie entre grandes puissances.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
18 juilletidemLa colère du Sud « trouvera sa traduction politique à New Delhi en septembre, si personne n'a rendu le détroit à la mer d'ici là ».Le détroit n'a pas été rendu. La déclaration de New Delhi appelle à la « retenue » sans nommer un seul pays.✘
18 juilletidemRelais des communiqués russes — qualifiés de communiqués — sur une « progression méthodique » vers Sloviansk et à Soumy : « un front qui glisse ».Été sans percée ; l'analyste de RT concède que l'offensive ukrainienne « a ralenti l'avance russe » ; Kiev revendique Dobropillia et Lyman, Moscou des « lignes ».◐
23 juilletRégionalisation de la guerre ?« La guerre d'un État contre sa région » ; les guerres qui franchissent ce seuil « ne reviennent pas d'elles-mêmes en deçà ».31 août : bases en Jordanie ; 8-16 sept. : terminaux saoudiens frappés ; côte yéménite prise ; Koweït touché ; Riyad demande des intercepteurs à quatre pays.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
29 juilletL'Iran franchit un cap en Jordanie« La guerre continuera, je le crains, par paliers — chaque pause préparant la surenchère suivante. »Pause de fin juillet ; palier du 31 août (Larak / Jordanie) ; « vers la fin de la guerre » (Trump, 17 sept.) sans pourparlers confirmés.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
1er aoûtL'ordre sans serment« D'ici à la Toussaint, le Sud tiendra trois conciles » : Bichkek, New Delhi, Moscou.Bichkek 1er-2 sept. Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé ; New Delhi 12-13 sept. Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé ; Moscou 28-29 oct. Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
22 aoûtLe pacte de La MecqueLa peur « d'être abandonné, ou frappé, par son propre protecteur n'est pas près de se dissiper ». Le pacte « peut se défaire ».16-18 sept. : drone près de La Mecque, pacte invoqué en paroles, non activé ; Riyad cherche des munitions antiaériennes à l'étranger.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé / Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
4 sept.Ormuz : la facture des nôtres« Le 10 septembre, Francfort montera ses taux. Le 30, le gouvernement déposera un budget provisoire. »BCE : +25 points de base le 10 septembre, dépôt à 2,5 %, « le conflit au Moyen-Orient continue de générer des pressions inflationnistes ». Le 30 : à venir.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
10 sept.Pourquoi la Russie n'a pas gagné« Elle avance — lentement, mais elle avance. »Kiev revendique 85 km² repris à Lyman ; Moscou des « nouvelles lignes » près de Droujkivka. Les deux cartes se contredisent.◐
contesté
12 sept.Moka est tombée à l'aubeLe « aucun danger » houthi pour la navigation n'est pas une garantie : « l'énoncé d'un levier ». Le Pakistan « pourrait entrer » dans la guerre.Mascate, 12-13 sept. : les Houthis promettent d'épargner les navires américains — sauf les saoudiens. Le Pakistan promet « physiquement » ; aucune troupe de plus.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé / Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
16 sept.Gilets jaunes : l'État ne peut plus payer« Le 17 octobre dira peut-être quelque chose, ou rien du tout. » L'hiver sans rien à offrir : « certain ».Clause n° 1 : question posée, critère fixé (5 villes le samedi 24 octobre), verdict le 26.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
18 sept.La Clause n° 2« Si le budget abaisse le forfait au point de faire descendre la bascule sous 1 500 euros par mois, je changerai de réponse et je l'écrirai. »Budget déposé le 30 septembre.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
19 sept.Ukraine, Iran : les risquesRisque vertical « faible » ; extension « élevée » ; accélération « certaine ».À cocher dans ce même tableau.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé

Compte : 21 lignes, 28 énoncés datés — 14 tenus, 4 tenus en partie, 2 démentis, 8 échéances à venir (certaines lignes portent plusieurs énoncés). Les sources de la colonne « ce qui s'est passé » sont en pied de papier, toutes non occidentales.

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Ce que le tableau dit

Trois choses, et je les donne dans l'ordre inverse de ma vanité.

D'abord, je me trompe sur les dates et sur les prix. Soixante jours de trêve : vingt. Un marché qu'on ne ferme plus : menacé deux fois, à Ormuz puis en mer Rouge, et le baril a repris une vingtaine de dollars. Un Sud qui trouverait à New Delhi sa traduction politique : une déclaration sans un seul nom propre. Ces trois erreurs ont une racine commune, et je préfère la nommer moi-même. Chaque fois, j'ai lu un texte — un mémorandum, une courbe, un ordre du jour — comme s'il engageait ceux qui l'avaient écrit. Un texte n'engage que jusqu'au jour où l'un des signataires trouve la rupture moins coûteuse que la parole. Je l'avais d'ailleurs écrit le 17 juin, dans le papier même où je donnais soixante jours à la trêve. On peut avoir la règle et rater l'application.

Ensuite, je me suis trompé sur le front russe, par un excès qu'il faut dire. Le 18 juillet, j'ai relayé, en les qualifiant de communiqués, des annonces de progression que l'été n'a pas confirmées — pas même dans les cartes russes, puisque l'analyste le plus lu de RT concède aujourd'hui que l'offensive ukrainienne a ralenti l'avance. Nommer un communiqué communiqué ne suffit pas : il faut encore ne pas lui prêter la tendance qu'il prétend. Le 13 juin, avant ces annonces, j'avais écrit plus juste : ils grignotent, ils ne percent pas. C'est la phrase de juin qui tient, non celle de juillet.

Enfin — et c'est la seule chose dont je tirerai quelque chose —, je me suis peu trompé sur les pentes. Que la guerre d'Iran serait longue ; qu'elle se régionaliserait par contagion et non par décision ; que l'escalade serait horizontale plutôt que verticale ; que le pourrissement était la pente la plus probable parce qu'il ne demandait de décision à personne ; que le club des BRICS tiendrait sa forme sans grossir ; que la peur des monarchies du Golfe ne se dissiperait pas : tout cela s'est produit, à peu près dans l'ordre. Ce ne sont pas des prophéties. Ce sont des lectures de structure, et les structures ont ceci de commode qu'elles bougent moins vite que ceux qui les commentent.

La leçon n'est pas flatteuse, et elle est utile : je vois les pentes mieux que les dates, et les structures mieux que les prix. Le lecteur fera donc bien de m'écouter quand je dis vers où va une chose, et de vérifier ailleurs quand je dis quand elle y sera.

Reste ce qui n'est pas encore tranché, et qui est daté : le budget du 30 septembre et le seuil de 1 500 euros que j'ai posé sur les retraites ; le 17 octobre et le samedi qui le suivra ; le concile de Moscou des 28 et 29 octobre ; l'échéance de novembre sur les terres rares ; et les trois risques — faible, élevé, certain — que j'ai qualifiés le 19 septembre. Je reviendrai les cocher. Ceux qui me donneront tort figureront dans le même tableau, à la même taille de caractère. C'est le seul crédit qu'une signature puisse demander : non qu'on la croie, mais qu'on puisse la vérifier.

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Ukraine, Iran : quels sont les risques de dégradation et d'accélération des conflits ?

19 September 2026 at 10:50

Par Thibault de Varenne

Le 13 septembre, un drone russe a frappé la locomotive d'un train ukrainien à cinq kilomètres de la frontière polonaise. Des responsables européens étaient à bord, dont un ancien premier ministre britannique, qui rentraient d'une conférence à Kiev. Le 16 au soir, un drone venu du Yémen a été abattu au sud de La Mecque, avant d'entrer dans l'espace aérien interdit qui entoure la ville sainte. Quatre mille kilomètres séparent ces deux engins. Ils posent la même question, et c'est celle du titre : ces deux guerres peuvent-elles s'aggraver, s'accélérer, se rejoindre — et jusqu'où ?

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Je vais essayer d'y répondre proprement, c'est-à-dire en distinguant, parce que le mot « escalade » recouvre trois choses qui ne se ressemblent pas. Mais il faut d'abord poser le terrain, pour le lecteur qui ne suit pas ces dossiers chaque matin.

Où en est-on, en Ukraine

La guerre entre dans son cinquième hiver, et la première chose à dire est que les deux camps décrivent deux fronts différents. Kiev affirme avoir repris cette année 745 kilomètres carrés dans la région de Dnipropetrovsk — vingt-six localités, a dit le président ukrainien le 12 août — puis, à la mi-septembre, 85 kilomètres carrés autour de Lyman, dans le Donbass, selon son 3e corps d'armée, dont le commandant parle d'une « pince nord » russe « défaite ». Moscou dit l'inverse. Le 28 juillet déjà, l'état-major d'un régiment de la 25e armée russe annonçait « nettoyer et consolider » Lyman même. Le 31 août, un analyste russe publié par RT tenait les 745 kilomètres carrés pour une opération de communication, la plupart des localités « libérées » montrant selon lui des images récentes de troupes d'assaut russes. Le 19 septembre, un expert militaire cité par TASS rapportait de « nouvelles lignes » prises à l'est et au sud-est de Droujkivka. Un lecteur honnête ne peut pas trancher entre ces deux cartes : chacune est dessinée par un belligérant, et le seul arbitre que la presse du Sud cite régulièrement est un institut de Washington, qui n'est pas plus neutre que les deux autres.

Ce que l'on peut dire tient en trois points que les deux camps admettent. D'abord, la « ceinture de forteresses » — Sloviansk, Kramatorsk, Droujkivka, les villes qui verrouillent le cinquième du Donetsk que l'Ukraine tient encore — n'est pas tombée : l'analyste de RT la décrit lui-même comme « le dernier bastion » que le nouveau commandant en chef ukrainien a ordre de tenir « à tout prix ». Ensuite, le rythme russe s'est effondré par rapport à l'an dernier. En décembre 2025, le chef d'état-major russe revendiquait 6 300 kilomètres carrés conquis dans l'année ; en 2026, les communiqués de Moscou annoncent des villages, des « lignes » et des « positions », et l'analyste de RT concède que l'offensive ukrainienne du printemps « a ralenti l'avance russe » et « retardé les événements décisifs » autour de Zaporijjia. Enfin, chacun affirme que l'offensive de l'autre a échoué, ce qui est la définition exacte d'un front qui ne bouge plus. Le président russe s'était fixé le 31 décembre pour prendre la ceinture ; c'est sa quinzième échéance depuis 2022. Et le Kremlin a démenti cette semaine préparer une mobilisation de 300 000 hommes d'ici la fin de l'année.

Là aussi, il faut relire ce que nous avons écrit, y compris ce qui a vieilli. Le 13 juin, je notais que les communiqués russes, à force de préciser qu'ils avançaient malgré l'adversaire, trahissaient une mécanique qui s'enraye. Le 18 juillet, je relayais — en les qualifiant de communiqués — les annonces d'une progression méthodique sur l'axe de Sloviansk et dans la région de Soumy, et je parlais d'un front qui glisse. Le 10 septembre, je concluais que la Russie n'avait pas gagné parce qu'elle n'avait pas pris ce qu'elle a inscrit dans sa Constitution, et qu'elle avançait — lentement, mais qu'elle avançait. Deux mois séparent le front qui glisse du front qui ne bouge plus, et c'est l'été qui les sépare : les annonces de juillet, à l'échelle où elles étaient faites, n'ont pas été confirmées par les cartes russes elles-mêmes. Je préfère le dire que le laisser deviner.

Ce qui change n'est pas la ligne de front, c'est ce qui vole au-dessus. Kiev affirme que la Russie a lancé environ 2 100 drones et 78 missiles en une seule semaine de septembre — chiffre ukrainien, donc à prendre comme tel. Une part croissante de ces drones sont à réaction, plus rapides que les engins à hélice ; l'Ukraine dit en intercepter neuf sur dix quand ils sont à hélice, six sur dix quand ils sont à réaction. Les Nations unies comptent 1 396 civils tués au premier semestre, en hausse de 37 % sur un an. Et l'on a enregistré ce mois-ci le premier cas documenté d'un drone d'attaque entièrement autonome, guidé par un calculateur embarqué qui choisit sa cible et frappe sans opérateur.

En sens inverse, l'Ukraine a frappé 26 raffineries russes depuis janvier, huit dans la seule semaine passée, en visant les unités de distillation qui demandent des mois de réparation. Diverses estimations évaluent à 30 % la capacité de raffinage russe mise hors service ; la gouverneure de la banque centrale russe a reconnu que l'inflation de l'été venait « d'abord de la situation sur le marché des carburants ». Le 1er septembre, le président ukrainien a déclaré que « les jours sûrs dans le ciel russe sont terminés », visant toute compagnie aérienne qui traverse l'espace russe. Le président russe a répondu que c'était « un pas vers le terrorisme d'État » et qu'il n'y aurait « pas de négociations avec des terroristes ».

Les négociations existent pourtant. L'envoyé américain a affirmé cette semaine qu'un accord entre Washington et Moscou était « largement préparé », et que l'obstacle était le refus de Kiev de céder le cinquième du Donetsk qu'elle tient encore. Moscou demande cette cession plus une zone démilitarisée au-delà. Jeudi, le Congrès américain a voté des sanctions dites secondaires — c'est-à-dire frappant non la Russie mais ceux qui lui achètent son pétrole et son gaz, Chine et Inde au premier rang.

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Où en est-on, avec l'Iran

La guerre a commencé le 28 février par des frappes américaines et israéliennes sur Téhéran. Elle devait durer quelques jours ; elle en est à son septième mois. L'Iran a répondu en frappant des cibles américaines au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie, à Oman, et en fermant de fait le détroit d'Ormuz — le goulet par où passait avant-guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux.

En juin, un mémorandum d'entente négocié par le Pakistan et le Qatar a prolongé un cessez-le-feu : l'Iran déminait Ormuz et laissait passer les navires ; les États-Unis levaient leur blocus naval et leurs sanctions. Le texte a tenu moins de deux semaines, chacun accusant l'autre de l'avoir rompu, et il est venu à expiration en août. Le 31 août, les forces américaines ont attaqué l'île de Larak, dans le détroit ; l'Iran a riposté sur deux bases en Jordanie. Le lendemain, à Bichkek, le président iranien disait que Téhéran reviendrait au mémorandum si Washington y revenait. Le 17 septembre, le président américain affirmait avoir parlé « directement » à l'Iran et être « vers la fin de la guerre » ; le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien répondait qu'il n'y aurait pas de pourparlers tant que les conditions iraniennes ne seraient pas remplies. Ni guerre déclarée, ni paix : un cessez-le-feu qui ne cesse pas le feu.

Ce journal ne découvre pas cette durée. Le 8 juin, au lendemain de la reprise des frappes, j'écrivais qu'une trêve qui ne traite pas les causes ne suspend pas la guerre mais la met au repos. Le 17 juin, jour de la signature du mémorandum, que la trêve tiendrait probablement ses soixante jours et qu'elle ne deviendrait pas une paix ; le 20, que ces soixante jours ressemblaient moins à une convalescence qu'à un sursis. Le 23 juillet, qu'une guerre entre deux États était en train de devenir la guerre d'un État contre sa région, et que les guerres qui franchissent ce seuil ne reviennent pas d'elles-mêmes en deçà. Le 1er septembre, que l'Iran s'était organisé pour une guerre longue et fragmentée là où ses adversaires avaient bâti des appareils faits pour des guerres courtes. Je ne rappelle pas ces dates pour m'en prévaloir. Je les rappelle pour que le lecteur puisse vérifier, pièce par pièce, ce qui tenait — et ce qui ne tenait pas. Car une chose ne tenait pas. Le 3 juillet, le baril sous quatre-vingt-dix dollars, j'écrivais que le monde n'avait pas tremblé quand Ormuz s'était fermé, et qu'on ne fermait plus un marché. Le marché a tenu tant qu'il restait une seconde route. Depuis que la route de la mer Rouge a été frappée à son tour, il tremble. Je m'étais trompé sur la marge, non sur le mécanisme : ce n'est pas un détroit qui fait un choc, c'est le second.

Un rapport de l'inspection générale du Pentagone, publié cette semaine, chiffre les quatre premiers mois à 33 milliards de dollars, dont 22 milliards de munitions consommées, une trentaine au moins de drones Reaper — les grands appareils de surveillance et de frappe — perdus, et reconnaît des « goulets d'étranglement » dans le réapprovisionnement. C'est un document américain, pas une source du Sud, mais c'est une pièce comptable et non un communiqué.

Et puis il y a le troisième théâtre, celui que les deux autres ont fait naître. Entre le 10 et le 12 septembre, les Houthis — le mouvement issu du zaydisme, branche du chiisme propre au nord du Yémen, qui tient Sanaa depuis 2014 et qui est l'allié de Téhéran sans en être la marionnette — ont pris Moka, puis l'île de Mayoun, puis toute la côte yéménite de la mer Rouge. Ils tiennent donc physiquement Bab el-Mandeb, le détroit qui commande l'accès à Suez et la route par laquelle l'Arabie saoudite exportait son brut en contournant Ormuz. Depuis juillet, ils ont décrété un blocus de la navigation saoudienne, frappent les bases et les terminaux du royaume, et affirment avoir abattu un F-15 saoudien — revendication de belligérant. Téhéran a salué un « triomphe divin ». Le baril a repassé les cent dollars. Et Washington, sollicité deux fois par Riyad pour frapper le mouvement selon des informations reprises par Al Jazeera, a refusé, tout en recevant des émissaires houthis dans son ambassade à Mascate.

Voilà le terrain. Trois foyers, deux détroits fermés ou menacés, un garant qui compte ses munitions.

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Trois façons pour une guerre de grandir

Le 18 juillet, dans ces colonnes, j'avais distingué trois pentes possibles pour ces deux guerres — l'accord, la conflagration, le pourrissement — et tenu la troisième pour la plus probable, parce qu'elle ne demandait de décision à personne. Deux mois plus tard, c'est bien celle-là que nous descendons. Mais « pourrissement » est un mot de moraliste, non d'analyste, et il faut le décomposer. On confond, sous le mot d'escalade, trois mouvements distincts, et l'on ne peut évaluer un risque qu'après les avoir séparés.

40 000 bombes US pour Israël : ce que dit le droit international de la responsabilité du fournisseur

17 September 2026 at 09:20

Par Élise Rochefort

Le Washington Post a révélé le 15 septembre 2026 un projet de vente d'armement des États-Unis à Israël d'un montant d'environ 2,8 milliards de dollars. Il porte sur 40 000 bombes d'une tonne — 20 000 MK-84 et 20 000 BLU-117, variantes pénétrantes — auxquelles s'ajoutent 20 000 ogives I-2000. L'opération serait financée pour l'essentiel par le Foreign Military Financing, mécanisme par lequel le Trésor américain fournit à Israël les fonds servant à acheter du matériel américain. Il s'agirait de la plus importante vente de munitions de ce calibre depuis plusieurs années.

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Le régime applicable est la section 36 de l'Arms Export Control Act (22 U.S.C. § 2776). Toute vente d'armement à Israël supérieure à cent millions de dollars doit être notifiée au Congrès quinze jours avant sa conclusion. Le texte autorise le président à écarter ce délai en informant le Congrès qu'« une urgence existe ». La procédure a déjà été employée sous l'administration actuelle : le secrétaire d'État a signé en 2025 une déclaration de ce type pour accélérer la livraison d'environ quatre milliards de dollars de munitions, puis pour une vente de plus de vingt mille bombes évaluée à quelque six cent cinquante millions.

Les comptes rendus disponibles divergent sur le point de savoir si la vente du 15 septembre a été notifiée selon la procédure ordinaire ou conclue au titre de l'urgence. Le sénateur Chris Van Hollen a annoncé son intention de rassembler une opposition à l'opération.

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Une possible complicité dans le génocide de Gaza ?

La complicité dans le génocide est prévue à l'article III, alinéa e, de la convention du 9 décembre 1948.

La Cour internationale de justice en a fixé le standard dans son arrêt Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro du 26 février 2007. Une assistance ne peut être qualifiée de complicité que si l'auteur de cette assistance a agi en connaissance de l'intention spécifique — le dolus specialis, l'intention de détruire un groupe comme tel — de l'auteur principal. La fourniture de moyens, même massive, ne suffit donc pas : il faut établir un état de connaissance portant sur l'intention d'autrui. Aucune juridiction internationale n'a à ce jour retenu cette qualification contre un État fournisseur d'armement.

L'obligation de prévenir, distincte et moins exigeante

L'article premier de la même convention impose aux États de prévenir le génocide. La Cour a précisé, dans le même arrêt de 2007, qu'il s'agit d'une obligation de comportement et non de résultat. Elle naît dès l'instant où un État apprend, ou aurait normalement dû apprendre, l'existence d'un risque sérieux de commission d'un génocide. Elle lui impose alors de mettre en œuvre les moyens raisonnablement à sa disposition susceptibles d'y contribuer.

C'est sur ce fondement, et non sur celui de la complicité, que le Nicaragua a saisi la Cour contre l'Allemagne en 2024, au sujet de ses transferts d'armement vers Israël. La Cour a refusé d'indiquer des mesures conservatoires le 30 avril 2024 ; elle n'a pas rayé l'affaire de son rôle. L'Allemagne a soulevé des exceptions préliminaires, et les audiences publiques se sont tenues du 7 au 10 septembre 2026. L'arrêt sur la compétence est en délibéré.

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L'état des procédures

Dans l'instance Afrique du Sud c. Israël, la Cour a rendu le 26 janvier 2024 une ordonnance retenant le caractère plausible des droits invoqués, puis d'autres ordonnances de mesures conservatoires. Israël a déposé son contre-mémoire le 12 mars 2026. Par ordonnance du 21 mai 2026, la Cour a fixé au 22 novembre 2027 la date limite de l'étape procédurale suivante. Aucune décision au fond n'interviendra avant plusieurs années.

Les États-Unis ont déposé dans cette instance, le 12 mars 2026, une déclaration d'intervention aux côtés d'Israël.

La commission d'enquête internationale indépendante du Conseil des droits de l'homme des Nations unies a conclu, dans son rapport du 16 septembre 2025, qu'un génocide était commis dans la bande de Gaza, retenant quatre des cinq actes énumérés par la convention. Elle a recommandé aux États membres de cesser les transferts d'armes susceptibles de servir à la commission d'actes génocidaires. Une commission d'enquête n'est pas une juridiction et ses conclusions n'ont pas d'autorité de chose jugée. Elles sont en revanche publiques et datées, ce qui les rend opposables sur le terrain de la connaissance du risque.

La qualification de complicité suppose une preuve que nul n'a encore rapportée devant une juridiction internationale. Celle de manquement à l'obligation de prévenir repose sur un critère de connaissance dont le point de départ est documenté. Les deux fondements coexistent dans les écritures déposées à La Haye. Leur examen au fond n'est pas attendu avant la fin de la décennie.

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Ils ont été condamnés à cause d'un logiciel — et ils attendent encore leur argent

16 September 2026 at 16:19

Le scandale du logiciel Horizon a détruit des milliers de vies au Royaume-Uni : 900 condamnations à tort entre 1999 et 2015, 13 suicides, des faillites et des familles dévastées. La cause : un bug du logiciel comptable Horizon, déployé par le Post Office. Vingt-cinq ans plus tard, la même institution qui les a brisés gère aujourd’hui leur indemnisation et ... les fait patienter.

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Au 31 janvier 2026, environ 1,44 milliard de livres avaient été versés à plus de 11 300 demandeurs, mais des milliers de victimes attendaient encore leur indemnisation. Le gouvernement britannique s’est engagé à solder les paiements en 2026.

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Le logiciel, l’omerta, et le silence de l’État

Entre 1999 et 2015, plus de 900 sous-postiers ont été poursuivis et condamnés pour vol, fraude et fausse comptabilité sur la base des données erronées du logiciel Horizon, développé par Fujitsu. Environ 700 de ces poursuites ont été menées directement par le Post Office. Fujitsu savait dès 1999 que le logiciel contenait des bugs. Le Post Office a néanmoins affirmé devant les tribunaux que le système était fiable et a dissimulé les preuves des défaillances.

British Post Office scandal - Wikipedia

Le juge a finalement tranché en 2019 : Horizon « contenait des bugs, des erreurs et des défauts ». Trop tard pour les condamnés. Des milliers ont perdu emploi, maison, épargne. Au moins 13 personnes se sont donné la mort. Le premier ministre de l’époque, Rishi Sunak, a lui-même reconnu « l’une des plus grandes erreurs judiciaires de l’histoire britannique ».

La reconnaissance progressive des torts n’a pourtant pas clos l’affaire. Trois dispositifs d’indemnisation ont été mis en place. Au 31 janvier 2026, environ 1,44 milliard de livres avaient été versés à plus de 11 300 demandeurs. Des milliers de personnes restaient néanmoins dans l’attente d’un règlement.

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Après les condamnations, la bureaucratie

Des parlementaires britanniques ont dénoncé des offres jugées insuffisantes ainsi que des procédures administratives susceptibles de « retraumatiser » les victimes. Le gouvernement s’est engagé à achever les indemnisations au cours de 2026.

Affaire Lyhanna : assigner l’État pour faute lourde du service public de la justice
La plainte contre Darmanin est classée. Reste l’article L. 141-1 : faute lourde du service public de la justice. Qui peut assigner l’État, et qui ne le peut pas.

Fujitsu, l’entreprise dont le logiciel a détruit ces vies, n’a pas versé un centime sur la facture de réparation, estimée à près de 2 milliards de livres. La commission parlementaire s’est dite « stupéfaite » d’apprendre que la société n’avait provisionné aucun montant pour ce paiement, qui pourrait dépasser 1 milliard de livres.

L’or a perdu près de 8 % en trois semaines : faut-il s’inquiéter ?
L’or a reculé de 7,9 % depuis fin août. Pourquoi le pétrole le fait baisser, ce que cela change pour votre épargne, et pourquoi je n’accélère pas mes achats.

Fujitsu a reconnu une « obligation morale » de contribuer. Aucune somme n’a été convenue. Aucun calendrier n’a été fixé. Pendant ce temps, la société continue de bénéficier de contrats publics substantiels. Le Post Office a même prolongé son contrat avec Fujitsu jusqu’en mars 2027. Le contribuable britannique, lui, a déjà payé plus de 1,4 milliard de livres. Le comité a également exhorté Fujitsu à verser « immédiatement » un paiement intermédiaire. Sans réponse à ce jour.

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Bruxelles a interdit votre sachet de ketchup — et personne ne vous a prévenu

16 September 2026 at 08:25

Depuis le 12 août 2026, un règlement européen décide de la façon dont vous assaisonnez votre repas. Le sachet de ketchup, de moutarde ou de mayonnaise disparaît des tables si vous mangez sur place mais reste légal si vous sortez avec votre plateau. Une interdiction absurde, une note salée pour le petit restaurateur, et une adaptation que les grandes chaînes absorbent sans ciller.

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Ce texte en dit long sur la complexité d’une réglementation européenne capable de transformer une simple dose de sauce en objet de conformité.

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Une règle européenne qui descend jusque dans l’assiette

Le règlement (UE) 2025/40, dit PPWR, a été adopté le 19 décembre 2024 et est entré en vigueur le 11 février 2025. Il s’applique depuis le 12 août 2026. Cette norme s’inscrit dans l’objectif de réduire de 15 % les déchets d’emballage par habitant entre 2026 et 2040. Elle touche aussi, dans le même mouvement, d’autres portions individuelles comme le sucre ou le lait pour le café. Les centres de santé et de soins échappent à l’interdiction.

Pourquoi les polytechniciens et les énarques n’ont aucun courage managérial mais beaucoup de mépris social
On a supprimé les grands corps en 2021 ; six cents agents y demeurent. Pourquoi un système qui retire la chute ne peut produire aucun arbitrage difficile.

Mais le calendrier est moins immédiat que certains titres de presse ne le laissent entendre. L’annexe V vise notamment les emballages plastiques à usage unique contenant des portions individuelles de condiments, sauces, sucre ou assaisonnement dans le secteur HORECA (Hôtellerie-Restauration-Café). Toutefois, l’article 25 prévoit que les restrictions correspondantes s’appliqueront à partir du 1er janvier 2030.

A cet effet, les portions fournies avec des plats à emporter destinés à être consommés immédiatement restent exclues de cette interdiction. Ce même sachet peut donc relever de régimes différents selon le contexte de consommation.

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Le petit restaurateur face à la bureaucratie bruxelloise

À terme, les établissements devront adapter leurs pratiques : flacons collectifs, distributeurs rechargeables ou service à l’assiette pourront remplacer certaines portions individuelles. Ces solutions existent déjà, mais leur déploiement suppose des achats, de l’entretien, une organisation et des exigences sanitaires adaptées.

L’humeur de Veerle Daens : 1.000€ par trimestre pour n’avoir rien reçu
Facturation électronique : 500 € puis 1 000 € par trimestre, sans plafond, pour n’avoir pas désigné de plateforme de réception. Bercy promet de ne pas sanctionner en 2026.

Une grande chaîne peut standardiser rapidement ses équipements et ses procédures. Pour une petite brasserie, chaque nouvelle obligation représente au contraire une décision d’investissement et une contrainte opérationnelle supplémentaire.

Bruxelles vous interdit d’échanger vos graines (et même un greffon) avec votre voisin
À partir du 30 juin 2026, les micro et petites exploitations agricoles entrent à leur tour dans le champ du règlement européen contre la déforestation (EUDR). En parallèle, les nouvelles règles européennes sur le matériel de reproduction des végétaux encadrent drastiquement les échanges de semences et interdisent ceux de greffons

La Commission elle-même reconnaît la complexité du texte : depuis son adoption, elle a reçu de nombreuses questions des États membres et des acteurs économiques sur son interprétation. Elle a publié en juin 2026 un document d’orientation pour tenter de clarifier les règles.

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