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Les véritables causes de la Troisième Guerre mondiale

By: A A
8 October 2026 at 17:00

Depuis plusieurs années, nos dirigeants politiques, refusant d’accepter leur perte de puissance, recourent dans l’arène internationale à des faux et à des mensonges répétés. Petit à petit, ils perdent de l’influence, mais à force de jouer, ils provoquent les conditions nécessaires pour débuter une Troisième Guerre mondiale. Elle ne surviendra pas par erreur, ni par hasard, elle sera le fruit de leur obstination.

par Thierry Meyssan

Nous savons tous que, si les guerres se déclenchent lorsque des évènements particuliers surviennent, elles ont des causes profondes, bien distinctes. Il s’agit généralement de conflits de territoire ou d’influence. La Troisième Guerre mondiale pourrait être déclenchée par une escarmouche en Ukraine ou au Moyen-Orient, mais elle aura pour véritable cause un affrontement entre deux visions de l’ordre du monde : d’un côté, la grande majorité des États, réunis autour de la Russie et de la Chine, souhaite respecter le droit international, tandis que, de l’autre, « l’Occident politique », soucieux de ne rien perdre de ce qu’ils ont gagné en écrasant les peuples du Sud, préfère s’en remettre aux « règles » qu’ils ont imaginées au G7.

Cela fait huit ans, que Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a mis en évidence ce choix. Huit ans que « l’Occident politique » le poursuit comme si de rien n’était.

Le 28 septembre 2018, à la tribune de la 73° session de l’assemblée générale des Nations unies [1], il posa ce constat : « nous assistons tous à une collision de deux tendances opposées. D’une part, nous voyons le renforcement des principes polycentriques de l’ordre mondial, le développement constant de nouveaux centres de croissance économique, l’aspiration des peuples à préserver la souveraineté et à choisir des modèles de développement qui sont cohérents avec leurs identités nationales, culturelles et religieuses. D’autre part, nous voyons le désir de plusieurs États occidentaux de conserver leur statut autoproclamé de “leaders mondiaux” et de ralentir le processus objectif irréversible d’établissement de la multipolarité. »

Il poursuivait : « Nous observons l’offensive du révisionnisme belliqueux contre le droit international moderne. Les attaques ont été lancées contre les principes fondamentaux du règlement du Moyen-Orient, le Plan d’action global conjoint sur le programme nucléaire iranien, les engagements dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, l’accord multilatéral sur le climat et beaucoup d’autres. »

Et plus loin : « Il est révélateur que les attaques agressives contre les institutions d’information s’accompagnent de tentatives de “privatiser” les structures de secrétariat [de l’ONU] et de leur accorder les mêmes droits qu’aux organes intergouvernementaux dans l’espoir de les manipuler plus tard. »

Il est difficile d’imaginer que certains puissent s’accrocher à leurs privilèges indus au point de provoquer une apocalypse. Et pourtant…

Toujours en 2018, après le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPoA), trois anciens empires européens, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni (E3), ont d’abord souhaité compenser le retrait US puis, vu leur incapacité à violer les règles de leur suzerain, ont affirmé que les sanctions antérieures contre l’Iran s’appliquaient encore.

Ils avaient pourtant voté la résolution 2231 du Conseil de sécurité [2] qui y a mis fin.

Commence alors une longue période durant laquelle l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni (E3), faisant preuve d’une constante mauvaise foi, ont, à de nombreuses reprises, tenté de réimposer les sanctions contre l’Iran antérieures au JCPoA. Ces trois États ont prétendu qu’ils pouvaient revenir en arrière car l’Iran ne respectait plus ses engagements en ignorant que ce sont les États-Unis les premiers qui n’ont pas respecté les leurs.

Les échanges de lettres entre les différents négociateurs du JCPoA se sont intensifiés. Cependant, jamais les E3 n’ont accepté de reconnaître, ainsi que l’exigeaient les deux autres, la Chine et la Russie, que le traité ne permettait pas de revenir en arrière sans examen du non-respect par les États-Unis de ses engagements.

C’est bien là le cœur du problème : « l’Occident politique » refuse de reconnaitre ses torts et tente de maintenir les situations où il disposait d’un avantage.

Le 19 septembre 2025, conscients qu’ils ne pouvaient pas appliquer seuls les fameuses « sanctions », les E3 ont demandé au Conseil de sécurité de les rétablir. La Chine et la Russie leur ont opposé leur veto et ont proposé de relancer les négociations du JCPoA. Mais les anciens empires européens ont préféré corrompre des fonctionnaires internationaux. Ces derniers ont publié deux faux comptes-rendus de la réunion du Conseil, afin de faire accroire que le rejet de la proposition sino-russe suffisait à rétablir les sanctions [3]. Pis : contre l’avis du Conseil, le secrétaire général a publié des instructions les rétablissant [4]. La remarque de Sergueï Lavrov, en 2018, sur la « privatisation » des Nations unies se trouvait vérifiée.

Ne croyez pas que les choses en soient restées là.

Le Royaume-Uni a repris les « sanctions » contre l’Iran, en janvier, puis les États-Unis, fin mars 2026. Ces décisions ont été mal interprétées par la presse qui y a simplement vu un épisode de l’actuelle guerre du Golfe alors qu’il s’agissait de la reprise de ce que les États-Unis n’avaient pas osé faire lorsqu’ils se sont retirés unilatéralement du JCPoA, puis les E3.

Rappelons que le terme de « sanction » ne peut, en droit international, que désigner une décision prise par le Conseil de sécurité après un débat contradictoire. Ce à quoi nous assistons sont des « mesures coercitives unilatérales », adoptées sans débat contradictoire et violant la Charte des Nations unies.

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a qualifié la guerre israélo-états-unienne contre l’Iran, le 22 mai 2026, « d’évitable ». Il a déploré le retrait unilatéral des États-Unis du JCPoA, disant : « Il aurait été préférable de maintenir cet accord. Les conséquences que nous constatons aujourd’hui ne se seraient pas produites. » Pour conclure : « Cette guerre est inutile ».

Ce faisant, Frank-Walter Steinmeier manifeste sa conscience de la responsabilité franco-britanno-germanique dans l’actuelle guerre du golfe. Bien que, simultanément, il manifeste la même supériorité que ses complices en parlant de guerre « évitable » ou « inutile », deux qualificatifs qui n’ont pas leur place en droit international.

Il y a trois semaines, le 17 septembre 2026, les E3 ont convoqué une réunion du Conseil de sécurité sur « la non-prolifération ». Ils ont, à nouveau, tenté de faire rétablir les sanctions contre l’Iran et se sont heurtés à nouveau aux vétos chinois et russe [5]. La presse occidentale ne s’en est pas fait l’écho, elle aurait dû reconnaître la mauvaise foi de ses gouvernements.

Faire usage de faux documents, mentir effrontément et veiller à camoufler ses fautes, c’est rendre la guerre possible.

Constatant qu’ils ne pouvaient plus progresser aux Nations unies, les États-Unis et les E3 les ont contournées. Ils ont activé la Proliferation Security Intitiative (PSI), un réseau étatique, créé en 2003 par le président George W. Bush, sur les conseils de John Bolton [6]. Celui-ci a trouvé une quarantaine d’États — dont les E3 — pour signer, le 2 octobre 2026, une déclaration absurde [7] : elle réaffirme que Téhéran ne remplit pas ses engagements du JCPoA, sans dire qu’il en est dispensé depuis le retrait unilatéral des États-Unis. Puis, elle pose que ce manquement justifie l’opération Economic Outcast (« Paria économique »), que Washington vient de lancer contre Téhéran.

Par cette opération, le secrétariat au Trésor tente d’affamer le peuple iranien. La Chine et la Russie ont déjà dit qu’ils s’y opposeraient. Les signataires, au contraire, annoncent qu’ils l’appliqueront.

Certes, seuls un gros tiers des États qu’ils avaient sollicités ont signé ce texte. C’est déjà bien assez pour faire une guerre.

Pour la première fois dans un texte de ce type, les auteurs affirment, sans rire, leur « adhésion à l’ensemble du droit international et des cadres pertinents, y compris les résolutions du Conseil de sécurité ». Oui, vous avez bien lu, c’est au nom de la résolution 2231 et de la réunion du conseil du 17 septembre dernier que les signataires feront le contraire de ce qui a été décidé collectivement.

Comme nos dirigeants ont conscience de jouer avec le feu, ce texte est absent de leurs sites officiels. Il faut aller sur celui de la Proliferation Security Intitiative (PSI) pour le trouver.

À l’évidence, à force de faux et d’usage de faux, à force de mensonges et de menaces, nous provoquerons, sans le vouloir, la Troisième Guerre mondiale qui nous emportera.

Publié à l’origine par voltairenet.org

[1] « Remarks by Sergey Lavrov to the 73rd Session of the United Nations General Assembly », par Sergueï Lavrov, Réseau Voltaire, 28 septembre 2018.
[2] « Résolution 2231 », adoptée le 20 juillet 2015.
[3] « Le Conseil de sécurité s’oppose au maintien de l’allégement des sanctions de l’ONU contre l’Iran » et « Nucléaire iranien : le Conseil de sécurité entérine le retour aux sanctions de l’ONU contre l’Iran en rejetant une prorogation de la résolution 2231 de 2015 », Nations unies.
[4] « Le secrétariat général rétablit les sanctions contre l’Iran », ONU (secrétariat général), Réseau Voltaire, 27 septembre 2025.
[5] « Compte-rendu de la réunion du 17 septembre 2026 », Conseil de sécurité des Nations unies.
[6] « John Bolton et le désarmement par la guerre », Réseau Voltaire, 30 novembre 2004.
[7] « Déclaration commune à l’occasion de l’anniversaire du rétablissement des restrictions des Nations Unies imposées à l’Iran et liées à ce pays », Réseau Voltaire, 2 octobre 2026.

The Age of Observers Is Over: How the Global South Is Rewriting the Rules of the Game

The global system is undergoing its deepest shift in the balance of power since the end of the Cold War: the unipolar world is fading, and the Global South is transforming from a passive rule-taker into an active agenda-setter. Moment of Truth: From the Periphery to the Center of Decision-Making. The key question of 2026 […]

Troppo tardi per salvare l’Europa: cosa mi hanno detto Putin, Lavrov, Oreshkin e Karaganov al Summit Valdai 2026

By: A A
7 October 2026 at 10:30

Se la porta che, secondo Mosca, è aperta è in realtà chiusa, lo è da questa parte – e non è stata Roma a chiuderla di propria iniziativa.

Segue nostro Telegram.

Un Valdai fuori sede

Quello che racconterò in questo articolo è meno tecnico e più personale del solito. Si tratta delle informazioni raccolte in alcune giornate di dialogo, confronto e, a quanto pare, una domanda “scandalosa” che è diventata lo scoop dei media europei, perché ho chiesto al Presidente della Federazione Russa, Vladimir Vladimirovic Putin, cosa ne sarà dell’Europa.

Potete trovare il video integrale del discorso di Vladimir Putin al Valdai qui.

Il mio intervento e le risposte di Putin le trovate qui.

Quest’anno il Valdai non si è riunito a Soči. Gli inviti spediti in estate indicavano ancora la città sul Mar Nero, poi a fine agosto gli organizzatori hanno comunicato il trasferimento nella regione di Mosca. Secondo il Meduza, a pretendere lo spostamento è stato il Servizio federale di protezione, preoccupato dalla minaccia dei droni ucraini dopo un’estate di attacchi alle raffinerie della costa. Il dettaglio logistico ha un suo peso. La guerra, di cui al Valdai si parla sempre nel linguaggio del sistema internazionale, entra ormai anche nell’organizzazione materiale del forum.

La XXIII Riunione annuale si è svolta dal 28 settembre al 1° ottobre sotto un titolo che a un europeo suona quasi come una domanda personale: «Responsabilità per il futuro: i limiti del possibile o possibilità senza limiti?». L’apertura è stata affidata al rapporto annuale del Club, Keep Calm. Lo Stato e la responsabilità per il futuro, che gli autori presentano con una strizzata d’occhio a Kubrick come un manuale per smettere di preoccuparsi e imparare ad amare il disordine. Seguivano nove sessioni tematiche, una sessione speciale e, l’ultimo giorno, la plenaria con il Presidente.

Sono arrivato da italiano e da europeo, sapendo che in quelle sale le due qualifiche pesano in modo diverso. Nel corso della settimana ho parlato, in maniera particolare, con quattro interlocutori di alto livello: Sergej Karaganov, Maksim Oreškin, Sergej Lavrov e, durante la plenaria, Vladimir Putin. Le prime tre conversazioni si sono svolte a margine delle sessioni e le restituisco dai miei appunti, nella sostanza e non parola per parola. Il quarto scambio è pubblico e documentato dalla trascrizione, dalla quale cito direttamente.

Presi uno per uno, i quattro dialoghi dicono cose che chi segue il dibattito russo conosce. Messi in fila disegnano qualcosa di più preciso: una diagnosi condivisa sull’Europa e quattro modi diversi di trarne le conseguenze. E, soprattutto, un futuro per niente luminoso.

Karaganov: l’Europa come origine del male

Sergej Karaganov è tra i fondatori del Club Valdai, presidente onorario del Consiglio per la politica estera e di difesa e da anni la voce più radicale del realismo russo. Con lui la conversazione è partita subito dal punto più duro. L’Europa, ha detto, è la radice di ogni male. Se venisse distrutta, nessuno ne sarebbe addolorato. Un conflitto nucleare tattico sul suo territorio non coinvolgerebbe altri attori. Gli europei hanno avuto tutto il tempo per trovare una soluzione ai propri problemi; ora che hanno scelto di prepararsi alla guerra contro la Russia, è troppo tardi per offrire loro un’altra possibilità.

Devo essere sincero, non sono mai stato un fan di Karaganov, spesso ho trovato le sue posizioni troppo radicali e all’antica. Ma a partire da un caffè dopo pranzo insieme, per poi proseguire in una settimana di dialoghi, ho scoperto che la pensiamo in maniera molto simile e che le sue posizioni non sono affatto banali. Chi ha letto i suoi interventi recenti riconosce la linea. Nel giugno 2023 Karaganov aveva sostenuto pubblicamente che la Russia dovesse abbassare la soglia d’impiego dell’arma nucleare per restituire credibilità alla propria deterrenza e indurre l’Occidente a ritirarsi dal conflitto ucraino. Una parte di quell’impostazione è poi entrata nei documenti ufficiali: i Fondamenti della politica statale della Federazione Russa nel campo della deterrenza nucleare, aggiornati nel novembre 2024, trattano come attacco congiunto l’aggressione di uno Stato non nucleare condotta con la partecipazione o il sostegno di una potenza nucleare.

Nelle sue parole convivono però tre affermazioni di natura diversa, e conviene tenerle separate. La prima è un giudizio storico-civilizzazionale: l’Europa come matrice delle grandi catastrofi della modernità, dalle guerre mondiali al colonialismo. È una tesi che Karaganov argomenta da tempo e che si può contestare, ma appartiene al terreno dell’interpretazione. La seconda, che nessuno piangerebbe l’Europa, è una previsione sulle reazioni altrui; per quel che ho potuto osservare in quei giorni, trova ascolto in una parte non piccola dei partecipanti asiatici, africani e latinoamericani. La terza è un’ipotesi strategica e regge tutto il resto: un’escalation nucleare in Europa resterebbe confinata all’Europa.

Su questo punto la letteratura sulla deterrenza discute da settant’anni e le prove empiriche, per fortuna, mancano. Il dato che complica l’ipotesi è interno all’Europa stessa. Francia e Regno Unito dispongono di arsenali nazionali, e nel marzo 2025 Parigi ha aperto formalmente il dibattito sulla dimensione europea della propria dissuasione. Un conflitto nucleare «solo europeo» presuppone che due potenze nucleari europee restino a guardare. È l’assunto più fragile dell’intera costruzione, e lo è indipendentemente da come si giudichino gli altri due.

Va poi ricordato che Karaganov non parla a nome del governo. Al Valdai rappresenta il polo del dibattito russo che spinge il Cremlino verso posizioni più nette, e una delle sue funzioni è proprio spostare il confine di ciò che si può dire. Letto così, il suo «troppo tardi» è un’indicazione di tendenza più che di dottrina.

Oreškin: il mercato che non c’è più

Con Maksim Oreškin il registro è cambiato del tutto. Vice capo dell’Amministrazione presidenziale, già ministro dello Sviluppo economico e poi consigliere economico del presidente, Oreškin ragiona per flussi e bilanci. La sua formula è stata secca: l’Europa è finita. Sul mercato energetico non esiste più una competizione che possa reggere, perché Cina e India occupano ormai il primo posto tra i clienti della Russia. E non vi sono ragioni per investire in un salvataggio europeo, dal momento che agli europei, fino a oggi, non è interessato trovare una soluzione pacifica e ragionevole. La domanda che gli avevo posto nell’incontro con i partecipanti del Valdai era stata: “Considerando che non è più disponibile il gasdotto Nord Stream 2, perché è stato sabotato, avete intenzione di trovare un nuovo sistema di trasporto energetico, sempre che l’Europa si riappacifichi e la situazione diplomatica torni positiva?”. La sua risposta netta – e forse brutale – è come un pugnale di verità che viene piantato nella coscienza di ogni abitante dell’Europa.

«Finita» va inteso in senso tecnico. Oreškin non parlava direttamente della civiltà europea ma dell’Europa come controparte: un mercato che ha smesso di essere centrale per la Russia e che quindi non giustifica concessioni politiche per essere riconquistato. Dopo il 2022 il greggio russo ha trovato in Cina e India i suoi principali acquirenti, mentre Bruxelles, con l’accordo tra Consiglio e Parlamento europeo del dicembre 2025, si è impegnata ad azzerare entro il 2027 le importazioni di gas russo, gasdotto e GNL compresi. L’interdipendenza energetica che per mezzo secolo aveva tenuto in contatto Europa e Russia anche nei momenti peggiori della Guerra fredda è stata smontata da entrambe le parti. Il ragionamento di Oreškin ne registra la conseguenza più semplice: chi non è più il cliente principale non ha più leva. Queste sono le leggi del mercato, e né a Londra, né a Berlino, né a Bruxelles ci sono più politici o gruppi di potere che possano dire alla Russia “che cosa fare”.

Il rovescio è noto anche a Mosca. Un mercato dominato da due grandi compratori consente loro di imporre sconti, e la sostituzione dell’Europa con l’Asia ha un costo in termini di prezzo e di accesso alle tecnologie. Ma nella logica che mi è stata esposta la domanda non è più se l’Europa convenga alla Russia. È quanto costerebbe tornare a farla convenire, e la risposta implicita è che quel costo spetta agli europei.

Lavrov: la porta chiusa a «questo» assetto

Con Sergej Lavrov il discorso si è spostato dall’economia alla diplomazia, senza cambiare la conclusione. L’Europa, ha detto, ha avuto molte possibilità di ristabilire un dialogo con la Russia e ha preferito alimentare lo scontro diretto. Ora è tardi per tornare indietro: sono stati superati tutti i limiti e con l’attuale assetto europeo non c’è modo di tornare alle relazioni precedenti.

Vorrei che ci soffermassimo un attimo sul peso di queste parole. Chi conosce Lavrov sa che è un politico capace di pesare ogni parola con una grande intelligenza, anche in contesti più rilassati come il Summit del Valdai. “I limiti sono stati superati”. Sarebbe inutile fare l’elenco di questi limiti, perché sono talmente evidenti a davanti agli occhi del mondo intero, che sarebbe solo una perdita di tempo. Ma lo sguardo con cui Lavrov ha parlato dell’Europa, quello non lo dimenticherò mai. Lo ho incontrato molte altre volte, ma in questa occasione c’era qualcosa di diverso.

Il ministro ha alle spalle un elenco di occasioni che la diplomazia russa richiama con regolarità: gli accordi di Minsk, le bozze di trattato sulle garanzie di sicurezza consegnate a Stati Uniti e NATO il 17 dicembre 2021, i negoziati di Istanbul della primavera 2022. La lettura russa di ciascuno di questi passaggi è controversa, e in Europa la si contesta. A me interessa qui un altro elemento, una qualificazione che riletta dopo la plenaria si è rivelata la chiave dell’intera settimana. Il ritorno è impossibile con questo assetto europeo. Non con l’Europa, con il suo assetto attuale, ovvero la UE e la NATO. La chiusura riguarda una classe dirigente e un’architettura istituzionale, non i Paesi che ne fanno parte.

Quanto è stata abusata la pazienza russa, mi chiedo, per arrivare a dire queste cose? La letteratura classica russa ci regala degli esempi mirabili di come i politici russi siano capaci di prendere tempo, ignorare, pazientare. E non si può negare che ciò sia stato costantemente l’atteggiamento della classe dirigente russa negli ultimi anni di conflitto. Per giungere a dire che il limite è stato superato – cosa che dirà poi anche Putin nella sessione plenaria del summit – vuol dire che non ci sono più forze da sprecare nell’attesa paziente; vuol dire che l’Orso è stato svegliato dal suo letargo nel momento sbagliato; vuol dire che le conseguenze di queste azioni avranno un peso epocale.

Un’altra cosa ha aggiunto Lavrov: “Siamo pronti a colpire l’Europa in maniera esemplare, non come abbiamo fatto in Ucraina”. Segnatevi queste parole, cari amici europei. Rileggetele e meditate sul loro peso. Non serve aggiungere altro.

Un professore italiano fa una domanda a Putin

Veniamo ad uno dei momenti più pericolosi della mia carriera. La plenaria si è svolta, come da tradizione, con il presidente russo e la moderazione di Fëdor Luk’janov. Ho preso la parola e ho posto una domanda in due parti:

«Vengo dall’Italia, Paese che attualmente non ha buoni rapporti con la Russia. In quanto europeo, vorrei chiederle: quali condizioni porrà la Russia per elaborare un nuovo sistema di sicurezza per i Paesi europei? E, se immaginiamo un’Europa post-Unione Europea, lei la considererà come parte di un grande partenariato eurasiatico oppure, a suo avviso, Stati Uniti e Russia saranno sempre in competizione per questi territori?»

Putin ha cominciato dalla seconda parte, e l’ordine non è casuale:

«L’Italia si trova per l’appunto in Europa e io parlo di partenariato eurasiatico: va da sé, quindi, che considereremo e già consideriamo anche l’Italia un partner eurasiatico.»

Subito dopo ha chiarito che il destino dell’Unione Europea, e la permanenza dell’Italia al suo interno, «non è affar nostro». Mosca non intende nemmeno discuterne, perché qualunque parola in merito verrebbe letta come un tentativo di disgregare l’UE, «mentre noi non vogliamo disgregare un bel niente. Noi vogliamo soltanto costruire e cooperare».

Sulle condizioni per un nuovo sistema di sicurezza la risposta è stata netta: «non abbiamo alcuna condizione preliminare». L’ostacolo, nella sua ricostruzione, sta dall’altra parte. Alcuni politici europei ritengono inammissibile che un singolo Paese apra un dialogo con la Russia, e Putin ha definito questa pretesa un diktat più forte di quello dell’epoca sovietica. Il paragone è stato costruito con cura: l’URSS era uno Stato unitario e fortemente centralizzato, le cui Repubbliche facevano parte di un’unica compagine statale; l’Unione Europea in teoria non lo è, ma in pratica si comporta come se lo fosse. «A noi non lo vieta nessuno, siamo pronti.»

A quel punto Luk’janov è intervenuto con una provocazione da moderatore esperto: visto che a Bruxelles lo vietano, non converrebbe contribuire un po’ alla disgregazione dell’UE, così da trattare più facilmente con i singoli Paesi? La risposta è arrivata senza esitazioni: «Ma non serve, si disgregheranno da soli.»

Poi Putin si è rivolto direttamente a me. «Il nostro collega italiano lo sa meglio di noi», ha detto, e ha cominciato a fare i conti: debito pubblico italiano al 140%, deficit intorno al 3%, in altri Paesi europei vicino al 5%. Le cifre erano arrotondate ma non lontane dal vero. Secondo Istat ed Eurostat, a fine 2024 il debito pubblico italiano era pari al 135,3% del PIL e l’indebitamento netto al 3,4%. Il senso del passaggio, comunque, non stava nei decimali. Tutti i problemi cominciano con l’economia: il tenore di vita cala, i disoccupati aumentano, i cittadini delle principali economie europee lo avvertono sulla propria pelle, e questo, ha detto, «mina anche le fondamenta stesse dell’Unione Europea. Ma non è affar nostro, noi non c’intromettiamo».

La chiusura ha riproposto l’offerta in forma simmetrica: dialogo con l’Unione nel suo complesso, se l’Unione lo desidera, oppure con i singoli Paesi, senza condizioni preliminari. «Ma di condizioni preliminari non devono essercene neppure da parte europea.»

Provare a comprendere la grandezza di queste parole, l’equilibrio politico che ne traspare, la forza di uno statista che ha a cuore non solo il bene del proprio Paese, ma anche quello di un intero altro continente, è un vero esercizio di apprendimento di cosa sia la Politica.

Ascoltatevi l’intero intervento di Putin e capirete come, in meno di cinque minuti, sia possibile fotografare la decadenza dell’Europa intera, sotto tutte le sue sfaccettature, e allo stesso tempo ribadire, con malinconia, che la Russia ha fatto di tutto per dare il proprio aiuto. Ma le scelte degli europei sono degli europei, sotto qualsiasi bandiera essi si trovino. La Russia rispetta e rispetterà sempre i principi fondamentali della propria politica estera e della propria tradizione politica. Nessun messianismo miracoloso, nessun salvatore improvvisato.

L’Europa, anzi gli europei di questa Europa, cosa hanno intenzione di fare?

Rileggendo gli appunti di viaggio

Rileggendo gli appunti al ritorno, la prima cosa evidente è la convergenza. Lo stratega, l’economista, il capo della diplomazia e il Presidente hanno espresso, ciascuno nel proprio linguaggio, lo stesso giudizio: l’Europa attuale ha esaurito il proprio credito presso Mosca. La seconda cosa evidente è che da quella diagnosi ognuno ricava una conseguenza diversa.

In Karaganov la conseguenza è coercitiva e ha un tono quasi escatologico: l’Europa ha avuto la sua occasione e ciò che segue non è più affare di diplomazia. In Oreškin è indifferenza contabile: l’Europa non vale l’investimento necessario a recuperarla. In Lavrov è una chiusura diplomatica circoscritta, rivolta all’assetto e non ai popoli. In Putin, infine, la porta torna aperta, ma verso gli Stati e non verso Bruxelles, accompagnata dall’attesa che l’erosione economica faccia il resto.

La contraddizione apparente tra il «troppo tardi» dei primi tre e il «nessuna condizione preliminare» del quarto si scioglie proprio nella qualificazione di Lavrov. Ne risulta una linea coerente, che chiamerei di bilateralizzazione: Mosca non tratta con l’Unione come soggetto politico finché la sua dirigenza resta quella attuale, offre ai singoli Stati membri canali senza precondizioni e lascia che siano le difficoltà interne europee a rendere quei canali attraenti. Il riferimento all’Italia come partner eurasiatico «già oggi» va letto dentro questa cornice: non è una cortesia, è l’indicazione di quale interlocutore Mosca preferisce.

Non posso certo affermare che i quattro interlocutori d’eccezione si fossero messi d’accordo, è ovvio, ma questa convergenza l’ho trovata veramente “profetica”. Il Valdai è da sempre il luogo in cui il dibattito russo mostra la propria ampiezza davanti a un pubblico straniero. Posso dire che sono compatibili e che si rafforzano a vicenda: la durezza di Karaganov fa apparire moderata l’offerta di Putin, i numeri di Oreškin rendono credibile che Mosca non abbia bisogno di fare concessioni, la formula di Lavrov tiene insieme la chiusura e l’apertura.

La crisi dei debiti sovrani del 2010–2012 produsse il Meccanismo europeo di stabilità e l’unione bancaria; la pandemia produsse Next Generation EU e il primo debito comune su larga scala. Nell’Unione le crisi hanno generato almeno tanta centralizzazione quanta frammentazione. «Si disgregheranno da soli» è dunque una scommessa, non un’osservazione, anche se la scommessa costa poco a chi la fa: se l’Unione regge, Mosca ha comunque offerto il dialogo; se cede, ha già pronti i canali bilaterali.

Gli indicatori da seguire nei prossimi dodici-diciotto mesi sono abbastanza chiari. Il primo riguarda le visite bilaterali a Mosca di capi di governo dell’Unione oltre ai precedenti di Viktor Orbán nel luglio 2024 e di Robert Fico nel maggio 2025. Il secondo è la tenuta dell’unanimità nei rinnovi semestrali delle sanzioni, dove basta un veto per aprire una crepa. Il terzo sono le deroghe nazionali al calendario di uscita dal gas russo. Il quarto, il più significativo per noi, è l’eventuale apertura di un canale strutturato da parte di una grande capitale, Roma inclusa.

Cosa mi porto a casa? Da italiano, la frase che porto con me non è quella sulla disgregazione, è l’altra, «già consideriamo anche l’Italia un partner eurasiatico». Contiene un’offerta e un’osservazione rivolta a noi. Se la porta che Mosca dice aperta è chiusa, lo è da questa parte, e a chiuderla non è stata Roma per una decisione propria.

Per quanto tempo un Paese con un debito oltre il 135% del PIL possa permettersi di lasciare ad altri la decisione su chi può parlare con chi, a Mosca nessuno me l’ha chiesto. È una domanda che mi sono portato a casa da solo. E la risposta la conosce ogni italiano di retta coscienza, ogni europeo che abbia ancora un cuore.

Bishkek 2026: Multipolar Reality Continues Without Western Permission

4 September 2026 at 09:30
On September 1, the leaders of some of Eurasia’s most consequential states gathered in Bishkek for the 26th meeting of the Shanghai Cooperation Organization’s Council of Heads of State. The Summit That Did Not Need Europe The summit marked the SCO’s 25th anniversary. Vladimir Putin, Xi Jinping, Narendra Modi, Masoud Pezeshkian, Shehbaz Sharif, Aleksandr Lukashenko, […]
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