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Filternet

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Contraction des mots filter (« filtre » en anglais) et Internet. De quoi résumer de manière ironique la forte censure qu'exerce le régime sur la Toile. L'accès au Web est ainsi restreint pour une grande partie de la population, mais le pouvoir permet à certains acteurs qui lui sont proches (entreprises d'État, structures de propagande, etc.) d'y accéder sans restriction. Quand ils en ont les moyens, les Iraniens peuvent passer par d'onéreux VPN, qui permettent des connexions chiffrées, mais cette solution n'est guère possible quand les autorités coupent complètement Internet.

Voir en ligne : /mav/209/A/69914
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Fetneh

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Ce terme signifie « sédition », « trouble ». Il est employé dans le discours officiel pour désigner des mouvements de contestation politique ou sociale. Cela renvoie aussi à l'interdit religieux qui frappe tout ce qui peut mener à diviser les musulmans. Plusieurs courants au sein de l'islam, notamment sunnites, affirment qu'un mauvais dirigeant est préférable à tout ce qui peut mener à la discorde.

Voir en ligne : /mav/209/A/69951
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Sandis-khor

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Désigne celui ou celle qui boit de la Sandis, une marque de jus de fruits bon marché distribuée gratuitement dans les manifestations organisées par les autorités. Personne perçue comme soutenant le pouvoir par opportunisme. Équivalent de l'expression arabe « khobziste », de khobz (« pain »), qui fait référence à ceux qui soutiennent le régime pour pouvoir manger.

Voir en ligne : /mav/209/A/69950
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Savak

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Dans les mémoires iraniennes, ce mot évoque à lui seul la tyrannie de l'ancien régime. C'est l'acronyme de l'Organisation pour le renseignement et la sécurité nationale, autrement dit la « police » du chah de 1957 jusqu'à sa chute en 1979. Cette institution tentaculaire fut impitoyable avec toute forme de contestation de la monarchie, y compris culturelle, et s'illustra par ses méthodes expéditives et son recours à la torture.

Voir en ligne : /mav/209/A/69912
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Los-Anjelesi

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Désigne un membre de l'importante communauté iranienne (environ 500 000 personnes) installée à Los Angeles et dans ses environs. « Téhérangeles » est le mot-valise qui désigne cette diaspora (1), souvent aisée et majoritairement opposée au régime islamique même si ce dernier peut y compter des soutiens actifs. Pour nombre d'Iraniens, les « Los-Anjelesi » se distinguent par leur caractère « bling-bling » et leur goût prononcé pour le commerce et les affaires.

Voir en ligne : /mav/209/A/69925

(1) Lire Cédric Gouverneur, « “Téhérangeles'', terre d'exils iraniens », Le Monde diplomatique, septembre 2023.

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Notche-ye Amrika

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« Larbin de l'Amérique ». La formule est lapidaire et méprisante. La presse proche de l'aile dure du régime l'utilise parfois pour discréditer M. Reza Pahlavi, le fils du chah d'Iran et candidat au pouvoir à Téhéran en cas de chute de la République islamique. L'expression désigne aussi certains dignitaires du Golfe, notamment ceux de Bahreïn — île longtemps revendiquée par Téhéran —, jugés comme étant aux ordres de Washington.

Voir en ligne : /mav/209/A/69926
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« Axe arabo-hébreu-occidental »

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Dans les médias officiels iraniens tout comme dans la rhétorique gouvernementale, cette expression désigne l'ennemi du moment, à savoir la coalition formée par de nombreux pays occidentaux, dont les États-Unis, Israël et plusieurs régimes arabes, notamment les signataires des accords Abraham (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan), qui normalisent leurs relations avec Tel-Aviv. Cette expression avait déjà cours durant la guerre contre l'Irak (1980-1988), Bagdad étant alors soutenu par Washington et les monarchies du Golfe.

Voir en ligne : /mav/209/A/69927
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Pasdar

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Membre des gardiens de la révolution islamique (pasdarans), une force militaire créée après la révolution de 1979 pour protéger les nouvelles institutions contre les agressions extérieures ou l'opposition interne. Distincte de l'armée régulière iranienne, cette structure tentaculaire exerce une influence importante dans la politique, la sécurité et l'économie du pays.

Voir en ligne : /mav/209/A/69933
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Basirat

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« Clairvoyance politique ». Capacité supposée à reconnaître les menaces contre le régime et à ne pas tomber dans les pièges tendus par les ennemis de l'extérieur comme ceux de l'intérieur. Dans la même veine, l'expression basirat afzayi désigne des sessions de formation pour l'« accroissement de la perspicacité », autrement dit des séances de conditionnement politique à destination notamment de la jeunesse estudiantine.

Voir en ligne : /mav/209/A/69949
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Ayatollah

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En arabe ou en persan, « signe de Dieu ». Haut dignitaire chiite ayant atteint un niveau avancé d'études en théologie et en droit islamique, reconnu par ses pairs pour son autorité religieuse. L'ayatollah maîtrise les domaines de la jurisprudence, de l'éthique, de la philosophie ou du mysticisme.

Voir en ligne : /mav/209/A/69952
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Moushak-baran

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« Pluie » de missiles, de roquettes ou de drones. Comme pour le mot padafand (« défense », voir page 20), cette expression n'est pas nouvelle en Iran. Pour les plus âgés, elle rappelle la « guerre des villes », un épisode particulièrement meurtrier de la guerre Irak-Iran (1980-1988) où chaque camp employait d'importants moyens balistiques afin de détruire les grands centres urbains de l'ennemi.

Voir en ligne : /mav/209/A/69953
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Padafand

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Terme qui signifie « défense » ou, par extension, « contre-attaque ». D'étymologie indo-européenne, ce mot fut très employé durant la guerre contre l'Irak (1980-1988) afin de décrire les mouvements du front, y compris lorsque les troupes iraniennes devaient céder quelques centaines de mètres — rarement plus — à leurs adversaires. Depuis l'attaque israélo-américaine, son usage est redevenu fréquent dans le discours officiel.

Voir en ligne : /mav/209/A/69954
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