Mort de Salah Hamidi aux urgences : l’hôpital reconnaît « l’entière responsabilité » de l'erreur, le procureur a classé sans suite
Un homme de 49 ans est mort sur un parking d’Essonne après être sorti des urgences. L’établissement a admis par écrit une erreur d’interprétation d’électrocardiogramme. Le parquet d’Évry a pourtant classé la plainte sans suite, estimant que le patient « se portait bien » à sa sortie. Sa famille, elle, l’a retrouvé mort quelques heures plus tard, sur un parking, à trois kilomètres de l’hôpital. Une nouvelle plainte a été déposée en juillet 2026 pour obtenir un procès.
DES STRATÈGES
LA NEWSLETTER · GRATUITE
Le Courrier,
chaque matin.
L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.
Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.
JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.frLe dossier soulève une question qui dépasse le seul établissement hospitalier : que vaut la reconnaissance écrite d’une erreur médicale lorsque la justice décide de ne pas poursuivre, sans même avertir les proches de la victime ?
DES STRATÈGES
ABONNEMENT
Allez au fond
des choses.
Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.
Le monde commente. Vous, vous comprenez.
S'ABONNER lecourrierdesstrateges.frUn homme de 49 ans renvoyé chez lui malgré des signes cardiaques
Le 24 janvier 2024, vers 5 heures du matin, Salah Hamidi, chauffeur chez Veolia depuis une vingtaine d’années, signale aux pompiers des douleurs thoraciques, une gêne respiratoire et des engourdissements dans les bras. Pris en charge à 5 h 26 au Centre hospitalier Sud Essonne Dourdan-Étampes, il subit une prise de sang et deux électrocardiogrammes.
Vers 8 h 10, il quitte l’établissement à pied, muni d’une ordonnance et conseillé de consulter un cardiologue. Sa voiture se trouve à près de trois kilomètres. Il prévient une collègue qu’il ne travaillera pas et demande à son frère jumeau de le retrouver à la pharmacie. Il ne quittera finalement jamais le parking de l’hôpital.
Après 9 h 23, son téléphone ne répond plus. Sa sœur, Karima Hamidi, le retrouve allongé côté passager dans son véhicule. Malgré une quarantaine de minutes de réanimation, son décès est constaté à 12 h 55.
Saisie par la famille, l’ARS répond moins d’un mois plus tard. Son courrier indique que les anomalies du second électrocardiogramme étaient compatibles avec un syndrome coronarien aigu. L’établissement reconnaît alors « l'entière responsabilité » d'une erreur d'interprétation. Cette reconnaissance porte sur la lecture de l’examen, mais ne constitue pas, à elle seule, une décision judiciaire sur l’ensemble des responsabilités.
DES STRATÈGES
TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU
Entre deux éditions,
le fil.
La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.
Gratuit, et en continu.
REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibreUn classement sans suite contesté, une famille toujours en quête de justice
Dès le 25 janvier 2024, la famille dépose plainte. Le 10 juillet 2025, le procureur d’Évry classe l’affaire sans suite, invoquant des témoignages et des examens selon lesquels Salah Hamidi « se portait bien » à sa sortie. Selon les informations rapportées, la famille n’est pas informée de cette décision au moment où elle intervient.
Fin juillet 2026, les proches déposent une plainte avec constitution de partie civile afin d’obtenir un examen judiciaire de l’affaire. Leur avocat, Jean-Christophe Coubris, conteste la cohérence du classement. Le 15 octobre 2026, BFMTV rapporte également une nouvelle plainte de Karima Hamidi visant l’établissement. Les sources disponibles ne précisent pas comment ces deux démarches s’articulent. L’hôpital indique, de son côté, avoir tenté à plusieurs reprises de joindre Karima Hamidi.
DES STRATÈGES
TIPS · SANS ABONNEMENT
Offrez-nous
un café.
Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.
Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.
LAISSER UN POURBOIRE merci !À ce jour, aucune procédure n’a abouti à un jugement ou à une condamnation. Dans un service public financé par la collectivité, la confiance ne repose pas seulement sur la qualité des soins : elle exige aussi que les erreurs soient examinées avec rigueur et que les familles puissent comprendre les décisions prises. Une reconnaissance écrite ne remplace pas un procès ; un classement sans suite ne dissipe pas les questions qu’elle soulève.
Si vous voulez voir les vidéos exclusives de décryptage, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :