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La empresa de Bill Gates Apeel | Se ha descubierto que recubrimientos de productos contienen plomo, arsénico, cadmio y mercurio

16 September 2026 at 16:45
Los ingredientes y contaminantes presentes en Apeel se han relacionado con los trastornos cerebrales y cánceres más letales. Esto incluye disolventes tóxicos y metales pesados como: • Plomo • Arsénico • Cadmio • Mercurio. Apeel es un recubrimiento sintético,...

Ils ont été condamnés à cause d'un logiciel — et ils attendent encore leur argent

16 September 2026 at 16:19

Le scandale du logiciel Horizon a détruit des milliers de vies au Royaume-Uni : 900 condamnations à tort entre 1999 et 2015, 13 suicides, des faillites et des familles dévastées. La cause : un bug du logiciel comptable Horizon, déployé par le Post Office. Vingt-cinq ans plus tard, la même institution qui les a brisés gère aujourd’hui leur indemnisation et ... les fait patienter.

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Au 31 janvier 2026, environ 1,44 milliard de livres avaient été versés à plus de 11 300 demandeurs, mais des milliers de victimes attendaient encore leur indemnisation. Le gouvernement britannique s’est engagé à solder les paiements en 2026.

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Le logiciel, l’omerta, et le silence de l’État

Entre 1999 et 2015, plus de 900 sous-postiers ont été poursuivis et condamnés pour vol, fraude et fausse comptabilité sur la base des données erronées du logiciel Horizon, développé par Fujitsu. Environ 700 de ces poursuites ont été menées directement par le Post Office. Fujitsu savait dès 1999 que le logiciel contenait des bugs. Le Post Office a néanmoins affirmé devant les tribunaux que le système était fiable et a dissimulé les preuves des défaillances.

British Post Office scandal - Wikipedia

Le juge a finalement tranché en 2019 : Horizon « contenait des bugs, des erreurs et des défauts ». Trop tard pour les condamnés. Des milliers ont perdu emploi, maison, épargne. Au moins 13 personnes se sont donné la mort. Le premier ministre de l’époque, Rishi Sunak, a lui-même reconnu « l’une des plus grandes erreurs judiciaires de l’histoire britannique ».

La reconnaissance progressive des torts n’a pourtant pas clos l’affaire. Trois dispositifs d’indemnisation ont été mis en place. Au 31 janvier 2026, environ 1,44 milliard de livres avaient été versés à plus de 11 300 demandeurs. Des milliers de personnes restaient néanmoins dans l’attente d’un règlement.

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Après les condamnations, la bureaucratie

Des parlementaires britanniques ont dénoncé des offres jugées insuffisantes ainsi que des procédures administratives susceptibles de « retraumatiser » les victimes. Le gouvernement s’est engagé à achever les indemnisations au cours de 2026.

Affaire Lyhanna : assigner l’État pour faute lourde du service public de la justice
La plainte contre Darmanin est classée. Reste l’article L. 141-1 : faute lourde du service public de la justice. Qui peut assigner l’État, et qui ne le peut pas.

Fujitsu, l’entreprise dont le logiciel a détruit ces vies, n’a pas versé un centime sur la facture de réparation, estimée à près de 2 milliards de livres. La commission parlementaire s’est dite « stupéfaite » d’apprendre que la société n’avait provisionné aucun montant pour ce paiement, qui pourrait dépasser 1 milliard de livres.

L’or a perdu près de 8 % en trois semaines : faut-il s’inquiéter ?
L’or a reculé de 7,9 % depuis fin août. Pourquoi le pétrole le fait baisser, ce que cela change pour votre épargne, et pourquoi je n’accélère pas mes achats.

Fujitsu a reconnu une « obligation morale » de contribuer. Aucune somme n’a été convenue. Aucun calendrier n’a été fixé. Pendant ce temps, la société continue de bénéficier de contrats publics substantiels. Le Post Office a même prolongé son contrat avec Fujitsu jusqu’en mars 2027. Le contribuable britannique, lui, a déjà payé plus de 1,4 milliard de livres. Le comité a également exhorté Fujitsu à verser « immédiatement » un paiement intermédiaire. Sans réponse à ce jour.

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Présentation des artistes

16 September 2026 at 13:50

Pierre Assemat (Œildepierre). Le photographe indépendant installé dans le département du Tarn s'adonne à un large éventail d'activités : reportages et photographie en studio, pour des particuliers, des entreprises ou des collectivités. Il enseigne, aussi. Sa série Port du masque obligatoire (PMO), réalisée entre mars 2020 et octobre 2022, alors que sévissait la pandémie de Covid-19, est une tentative d'introduire de la distance entre la réalité des événements et les émotions ressenties par la plupart. Des représentations douces-amères pour cultiver le sens de l'humour et de la dérision.

Mikiko Kumazawa. Originaire de la préfecture d'Aichi et installée à Tokyo, où elle enseigne à l'université d'art de Musashino, dont elle est diplômée, l'artiste excelle dans la composition de scènes chaotiques d'une grande densité. S'y entrechoquent des éléments du quotidien et de l'extraordinaire, clins d'œil malicieux et représentations horrifiques. Son dessin infiniment minutieux confère une énergie frénétique à ces œuvres de grande taille.

Joschi Herczeg. Né à Bâle, le photographe a étudié à Londres, Prague et Sydney. Depuis 2008, il travaille au sein du collectif d'artistes JocJonJosch tout en développant ses propres réalisations, dont le projet Explosions, démarré à la fin des années 2000. La synchronie entre appareil photo et matière explosive lui permet d'interroger le temps, le chaos et l'entropie. « La plupart des explosions que je réalise aujourd'hui s'effectuent en groupe, sous forme de rituels performatifs au cours desquels les participants se libèrent de sentiments indésirables ou de choses qui leur pèsent, et s'ouvrent à la nouveauté, explique-t-il. Ils font exploser des objets qu'ils ont eux-mêmes fabriqués. Les images qui en résultent sont le symbole de cette libération. »

Yael Martínez. Originaire de l'État du Guerrero, au Mexique, le photographe explore ce qui fragmente son pays, et plus largement le continent latino-américain. Son œuvre, profondément humaine, se situe à la confluence du documentaire et du conceptuel. Luciérnagas (Lucioles), la série ici présentée, a vu le jour après la disparition de trois membres de sa famille. Elle se compose de photographies nocturnes traversées par la lumière — les images sont perforées et rétroéclairées —, chaque point lumineux représentant une vie, une absence, un souvenir : tout ce qui ne peut être saisi directement par l'appareil. Depuis 2024, Yael Martínez est membre de l'agence Magnum.

Voir en ligne : /mav/208/A/69757

Aux Prud'hommes, le dossier peut mourir de la lenteur du tribunal

16 September 2026 at 13:27

Saisi d’un litige après son licenciement, un salarié peut-il perdre son procès parce que la procédure s’éternise ? Deux arrêts rendus le 9 septembre 2026 par la Cour de cassation montrent les pièges de la « péremption d’instance ». L’article 386 du code de procédure civile dispose que l’instance est périmée lorsqu’aucune partie n’accomplit de diligence pendant deux ans. Devant les prud’hommes et en appel, ce mécanisme devient une arme à double tranchant.

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Dans l’un des dossiers, le salarié avait déposé ses premières conclusions en septembre 2021 pour une affaire radiée en octobre 2019. Trop tard : la péremption a été constatée et son action s’est éteinte. Dans l’autre, les juges ont estimé que les conditions n’étaient pas réunies et le dossier a survécu.

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Deux ans d’attente, et le dossier peut disparaître

L’article 386 du Code de procédure civile prévoit qu’une instance est périmée lorsqu’aucune partie n’accomplit de diligence pendant deux ans. Cette règle vise à éviter que les procédures restent indéfiniment ouvertes. Mais son application devient redoutable lorsque le justiciable dépend précisément du fonctionnement de la juridiction.

Affaire Lyhanna : assigner l’État pour faute lourde du service public de la justice
La plainte contre Darmanin est classée. Reste l’article L. 141-1 : faute lourde du service public de la justice. Qui peut assigner l’État, et qui ne le peut pas.

Dans le pourvoi n° 24-16.579, un directeur industriel licencié en janvier 2018 avait saisi les prud’hommes en janvier 2019. Après l’échec de la conciliation du 25 mars 2019, un calendrier avait été fixé. L’affaire fut radiée le 14 octobre 2019. Le salarié demanda son rétablissement en janvier 2021, puis déposa ses premières conclusions le 13 septembre 2021. Trop tard : le délai de deux ans, courant à partir du délai fixé pour ses conclusions, avait expiré le 25 avril 2021. La Cour de cassation a donc rejeté son pourvoi.

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Quand demander une audience devient « vain »

Dans l’arrêt n° 25-12.436, la même chambre sociale rappelle qu'une fois les formalités accomplies et lorsqu'aucune diligence particulière n'est imposée aux parties, la direction de la procédure échappe à celles-ci. Dans ce dossier, le salarié avait accompli les diligences exigées après une radiation et, dans le délai de deux ans, demandé le rétablissement de l’affaire avec ses pièces et conclusions : la péremption ne pouvait donc lui être opposée.

Pour 71 % des Français, 2027 a une odeur de dégagisme
71 % des Français veulent un vrai changement, 78 % jugent que les responsables ont mené le pays à la faillite. Trente ans de blocage expliquent ce chiffre.

En mars 2024, la Cour de cassation avait constaté, sur la base d’auditions et de documents transmis dans le cadre de son examen, que les demandes de fixation pouvaient être « vaines » lorsque les rôles d’une cour d’appel étaient complets au-delà de deux ans. Elle avait alors jugé qu’on ne pouvait imposer aux parties une démarche destinée uniquement à interrompre artificiellement la péremption.

Comment un geek a violé en deux minutes l’application UE de vérification d’âge “techniquement prêt”
Deux minutes pour contourner l’appli européenne de vérification d’âge, puis une extension Chrome en juillet. Paul Moore n’a pas trouvé un bug, mais une contradiction.

La lenteur institutionnelle n’est plus un simple désagrément : elle devient un facteur de décision. Le salarié qui a déjà perdu son emploi se retrouve sanctionné une seconde fois par l’incapacité de l’appareil judiciaire à trancher dans un délai raisonnable. La péremption, conçue pour lutter contre l’inertie des parties, finit par sanctionner l’inertie de l’État. Les délais structurels transforment le droit d’agir en course d’obstacles. Tant que les juridictions resteront saturées, chaque salarié licencié risque de voir son dossier mourir non pas faute de fond, mais faute de temps.

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El camino al Armagedón

16 September 2026 at 11:06
El mundo se enfrenta a dos grandes frentes de guerra, ambos en expansión y con el riesgo de descontrolarse. Ucrania es el instrumento de Washington en la guerra de Occidente contra Rusia, una guerra que se ha extendido profundamente dentro de Rusia, lejos...

Affaire Lyhanna : assigner l'État pour faute lourde du service public de la justice

16 September 2026 at 10:28

Par Eric V.

Le classement de la plainte contre le garde des Sceaux a fermé une porte qui n'avait jamais été la bonne. Il en reste une, ouverte, éprouvée, et qui a déjà fait condamner l'État : l'article L. 141-1 du code de l'organisation judiciaire. Reste à savoir qui a le droit de la pousser — et la réponse est proprement stupéfiante.

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Commençons par un document, parce qu'il vaut mieux que tous les commentaires.

En avril 2025, un parlementaire dépose la question écrite n° 5957. Elle alerte le ministre de la Justice sur la « situation alarmante » du service public de la justice dans le département du Gers, confronté à « une pénurie de magistrats et de greffiers ». C'est écrit, c'est daté, c'est enregistré à l'Assemblée nationale, et c'est public.

Quatre mois plus tard, le 22 août 2025, une mère dépose plainte dans ce département contre un homme qu'elle accuse d'avoir violé sa fille de dix ans une cinquantaine de fois. L'homme ne sera jamais entendu.

Le 29 mai 2026, à Fleurance, Lyhanna, onze ans, disparaît. On la retrouve morte le 4 juin. Le principal suspect, mis en cause et présumé innocent tant qu'il n'a pas été jugé, est le même homme.

Entre la question écrite et la disparition, treize mois. Voilà le dossier.

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Ce que le classement a décidé, et ce qu'il n'a pas décidé

Le 8 septembre 2026, la commission des requêtes de la Cour de justice de la République a classé la plainte visant Gérald Darmanin pour mise en danger de la vie d'autrui et non-assistance à personne en danger. Décision annoncée le 14 par le procureur général près la Cour de cassation. Aucun recours n'est possible.

Disons-le tout de suite, parce que la suite en dépend : sur le droit, cette décision est correcte. La mise en danger d'autrui suppose la violation d'une obligation particulière de prudence imposée par un texte, et il n'en existe pas qui vise le garde des Sceaux dans la conduite d'un dossier départemental. La non-assistance suppose la connaissance personnelle d'un péril imminent, et un ministre qui n'a jamais eu le dossier entre les mains ne l'a pas. Un procureur ordinaire aurait classé de même. Crier à l'étouffement serait à la fois faux et stupide : ça se démonte en une phrase, et ça décrédibilise tout ce qu'on dira ensuite.

Mais il faut voir ce que ce classement ne dit pas. Il ne dit pas que la justice a fonctionné. Il dit qu'un homme n'est pas pénalement responsable. Ce sont deux questions différentes, et la seconde a déjà reçu sa réponse : le rapport de l'Inspection générale de la justice relève « une perte de temps cumulative et une absence de suivi de procédure », imputables au parquet comme à la gendarmerie. Le Premier ministre a parlé d'« une succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions ». Le garde des Sceaux lui-même a présenté, le 5 juin, des excuses « au nom de la Justice ».

On s'excuse rarement de ce qu'on n'a pas fait. Reste à savoir si des excuses valent réparation.

La voie qui existe

Elle tient en une phrase du code. L'article L. 141-1 du code de l'organisation judiciaire dispose que « l'État est tenu de réparer le dommage causé par le fonctionnement défectueux du service public de la justice », cette responsabilité n'étant engagée que par une faute lourde ou un déni de justice.

La faute lourde a été définie par l'assemblée plénière de la Cour de cassation le 23 février 2001, dans l'affaire Consorts Bolle-Laroche — l'affaire Grégory, autrement dit. La formule est large et elle est restée : « toute déficience caractérisée par un fait ou une série de faits traduisant l'inaptitude du service public de la justice à remplir la mission dont il est investi ». Notons ce qu'elle n'exige pas. Ni intention, ni faute personnelle nommée, ni malveillance. Une série de faits suffit, et le mot inaptitude fait le travail.

Techniquement, l'action se mène devant le juge judiciaire, y compris pour les défaillances de la gendarmerie agissant en police judiciaire. On assigne l'Agent judiciaire de l'État devant le tribunal judiciaire de Paris. Le délai est de quatre ans à compter du premier jour de l'année suivant le fait générateur.

La faute lourde n'exige pas qu'on ait voulu le mal. Elle exige seulement qu'on ait été inapte au bien qu'on avait promis.

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Elle a déjà fonctionné

Ce n'est pas une construction d'école. Les décisions existent, elles sont récentes, et elles concernent des familles de victimes.

Le 3 septembre 2025, le tribunal judiciaire de Paris a condamné l'État pour les défaillances de l'enquête sur la disparition d'Estelle Mouzin, à la demande de son père. Le 4 juin 2025, le même tribunal a condamné l'État dans l'affaire Nathalie Debaillie, tuée par son ex-compagnon, en raison de l'absence de tout acte d'investigation malgré de multiples alertes. La famille de Chahinez Daoud, brûlée vive à Mérignac après trois plaintes restées sans effet, entend obtenir la même reconnaissance.

La voie n'est pas automatique pour autant : la cour d'appel de Cayenne a refusé de retenir la faute lourde le 17 février 2025. Mais sur un dossier où une inspection ministérielle a déjà écrit « absence de suivi de procédure », et où une plainte pour viol sur mineure de quinze ans n'a produit aucune audition en neuf mois, il est difficile d'imaginer quelle série de faits caractériserait l'inaptitude si celle-là n'y suffit pas.

L'obstacle, et il est proprement scandaleux

Voilà pour la théorie. Maintenant la mauvaise nouvelle, et elle est d'une brutalité particulière.

La Cour de cassation restreint le bénéfice de l'article L. 141-1 aux usagers du service public de la justice — c'est-à-dire aux parties à la procédure dont on critique le traitement. Qui n'était pas dans le dossier ne peut pas se plaindre de la façon dont le dossier a été tenu.

La jurisprudence est constante et elle est glaçante. En 2011, une femme violée et séquestrée par un homme remis en liberté à la suite d'une erreur d'un juge d'instruction a été jugée irrecevable : elle n'était pas partie à la procédure où l'erreur avait été commise. En 2020, les parents d'un enfant tué par une personne condamnée pour violence avec arme ont été jugés irrecevables, faute d'avoir été « impliqués dans la première instance qu'ils critiquaient ».

Appliquez la règle à notre affaire. La mère de la fillette dont la plainte d'août 2025 est restée sans suite est recevable : elle est l'usagère de la procédure défaillante. Elle a d'ailleurs annoncé son intention d'agir, et elle a raison.

Les parents de Lyhanna, eux, ne le sont pas. Leur fille n'était partie à aucune procédure. Elle n'a même pas eu le temps d'en être l'usagère. Sauf revirement, ils sont irrecevables à demander compte de défaillances dont leur enfant est morte.

Le droit français indemnise celui dont on a perdu le dossier. Pas celui qu'on a tué avec.

L'objection sérieuse

Il faut la prendre au meilleur, parce qu'elle n'est pas absurde. Si n'importe quel tiers pouvait attaquer l'État pour une défaillance survenue dans la procédure d'un autre, toute remise en liberté suivie d'une récidive ouvrirait un contentieux sans limite. Le service public de la justice passerait son temps à se défendre au lieu de juger, et la crainte du procès pousserait les magistrats à la détention préventive systématique. La restriction à l'usager n'est pas une méchanceté de prétoire : c'est une digue.

Elle a pourtant un défaut que ce dossier met à nu. La procureure de la République a annoncé le regroupement des plaintes visant le suspect. C'est l'aveu, par le parquet lui-même, que ces procédures formaient un seul ensemble. L'État reconnaît d'une main que les dossiers n'en faisaient qu'un, et oppose de l'autre à la famille de Lyhanna qu'elle n'était pas dans le bon. On ne peut pas soutenir les deux.

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Ce qui reste, et ce que ça vaut

Deux autres routes existent. La première : la responsabilité sans faute, sur le fondement de la rupture d'égalité devant les charges publiques, qui a déjà permis d'indemniser en 2011 la victime jugée irrecevable au titre de la faute lourde. Elle paie, mais elle n'impute rien — or ces familles ne demandent pas d'argent, elles demandent qu'on écrive que le service a failli.

La seconde : le recours structurel devant le juge administratif, dirigé non contre le traitement d'un dossier mais contre la carence de l'État à doter ses juridictions. C'est là que la question écrite d'avril 2025 reprendrait toute sa force. Mais le juge administratif répugne à s'immiscer dans la définition des politiques publiques — il l'a redit le 1er octobre 2025 à propos des déserts médicaux. On obtiendrait une déclaration, pas des greffiers.

Dernier mot

Alors oui, il faut assigner. La mère de la fillette de dix ans doit aller devant le tribunal judiciaire de Paris, assigner l'Agent judiciaire de l'État, et faire dire par un juge ce qu'une inspection a déjà écrit et qu'un Premier ministre a déjà concédé. Non pour l'argent, qui ne répare rien. Pour qu'il existe quelque part une décision revêtue de l'autorité de la chose jugée qui porte le mot inaptitude. Un rapport se range ; des excuses s'oublient ; un jugement reste, et il se cite dans le suivant.

Et il faudra bien qu'un jour un avocat aille demander à la Cour de cassation de revenir sur la règle de l'usager. Non pour ouvrir les vannes, mais pour admettre qu'une plainte classée sans suite et un meurtre commis ensuite par le même homme ne sont pas deux affaires. Le parquet l'a reconnu en regroupant les dossiers. Il serait cocasse que la seule institution à continuer de les séparer soit celle qui juge.

Reste une chose qu'aucun tribunal ne réglera, et c'est celle qui nous regarde. Le Gers manquait de magistrats et de greffiers ; on l'avait écrit noir sur blanc treize mois avant. Nous avons tous lu, cette semaine-là, autre chose. Nous réclamons un État qui protège et nous n'avons jamais fait descendre un gouvernement sur une pénurie de greffiers — ça n'intéresse personne, un greffier, tant que le dossier ne disparaît pas. Il faudra dix jours pour que cette affaire quitte les conversations, et elle les quittera. C'est à ce moment précis que le service public se remettra à fonctionner comme avant, et il aura raison : personne ne le regardera plus.

On a écrit au ministre en avril 2025. L'enfant est morte en mai 2026. Entre les deux, il ne s'est rien passé — et c'est très exactement ce qu'il faudra faire juger.

Pour 71 % des Français, 2027 a une odeur de dégagisme

16 September 2026 at 10:14

Par Eric V.

71 % des Français attendent de 2027 un vrai changement social et politique. 78 % estiment que les responsables politiques ont conduit le pays à la faillite. 48 % trouvent qu'il n'y a pas assez de radicalité dans ce pays. Ce n'est pas une humeur : c'est le reçu de trente ans de courte échelle.

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Les chiffres d'abord, puisqu'ils sont massifs et qu'ils ont été établis proprement. 13.060 inscrits sur les listes électorales, interrogés du 3 au 9 septembre par Ipsos bva-CESI pour le Cevipof, Le Monde, l'Institut Montaigne et la Fondation Jean-Jaurès, marge d'erreur inférieure au point. Ce n'est pas un sondage de trottoir, c'est un dispositif de suivi qui tourne depuis 2015.

Soixante et onze pour cent attendent de la présidentielle un véritable changement social et politique ; ils étaient cinquante et un en 2021. Quatre-vingts pour cent veulent que la société française soit transformée radicalement ou réformée en profondeur, contre cinquante-neuf il y a trois ans. Soixante-quatorze pour cent pensent que la situation du pays va se dégrader dans les mois qui viennent, et quatre pour cent qu'elle va s'améliorer.

Le jugement sur ceux qui ont tenu le volant est sans appel. Quatre-vingt-neuf pour cent trouvent que les responsables politiques parlent trop et n'agissent pas assez. Soixante-dix-sept, que le peuple n'est pas bien représenté à l'Assemblée. Soixante-dix-huit, qu'ils ont conduit le pays à la faillite.

Et puis le chiffre que personne ne citera, parce qu'il fait peur : quarante-huit pour cent des Français jugent qu'il n'y a pas assez d'idées et de comportements radicaux dans la société française. Onze points de plus qu'en avril. Chez les proches du Rassemblement national, soixante et onze pour cent. Le pays ne trouve pas qu'on va trop loin. Il trouve qu'on ne va nulle part.

Antoine Bristielle, qui a analysé la vague pour la Fondation, observe justement qu'aucun de ces indicateurs n'est neuf pris isolément, et que c'est leur accumulation qui fait le basculement. Il a raison. Reste à dire d'où vient l'accumulation, et c'est là que les commentateurs s'arrêtent.

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Trente ans de courte échelle

Ce pays est bloqué depuis une génération, et il l'est par un mécanisme qu'il faut nommer avec précision si l'on ne veut pas tomber dans le « tous pourris » qui ne mène nulle part.

Une caste n'est pas une classe sociale. C'est un ensemble sociologiquement hétéroclite dont les membres partagent un même habitus et se reproduisent par cooptation. On y trouve des fils de médecins et des fils d'instituteurs, des gens de droite et des gens de gauche, des hauts fonctionnaires, des dirigeants, des éditorialistes, des syndicalistes de sommet. Ce qui les rassemble n'est pas l'origine, c'est la manière — la même façon de poser un problème, les mêmes réflexes devant l'imprévu, le même vocabulaire pour dire qu'on va étudier la question.

La caste existe-t-elle ? ou la France mise sous séquestre
La caste n’est ni une classe ni un complot : un habitus et une fermeture. Épisode 1 de notre série — définition, généalogie, et la France mise sous séquestre.

Et c'est là que l'image de la courte échelle est exacte. Personne, dans cette affaire, ne complote. Chacun, sincèrement, tend la main à celui qui lui ressemble, parce qu'il le trouve sérieux, fiable, raisonnable — et il l'est. Le résultat n'a été voulu par personne : une élite formellement ouverte et réellement close, où les mêmes trajectoires se recyclent indéfiniment. L'échec n'y coûte rien ; il y est même une qualification, puisqu'on n'a pas d'autre vivier que les gens qui ont déjà occupé le poste. Il faut ajouter, pour être juste, que la haute fonction publique n'est pas le milieu le plus fermé du pays — les professions libérales le sont davantage. Mais aucune profession libérale ne décide du budget de la nation.

Pourquoi les polytechniciens et les énarques n’ont aucun courage managérial mais beaucoup de mépris social
On a supprimé les grands corps en 2021 ; six cents agents y demeurent. Pourquoi un système qui retire la chute ne peut produire aucun arbitrage difficile.

Une courte échelle, personne ne la décide. Chacun tend la main à celui qui lui ressemble, et au bout de trente ans l'escalier est fermé.

Cette clôture a besoin d'un entretien, et elle l'obtient à bon compte. Il n'est pas nécessaire d'interdire : il suffit que le coût d'entrée dans la conversation publique soit prohibitif pour qui ne parle pas la langue. Celui qui conteste vraiment n'est pas réfuté, il est reclassé — infréquentable, pas sérieux, dangereux. J'ai décrit ailleurs cette mécanique du bannissement français, qui ne juge pas ses cibles mais les présume. Je suppose que la plupart de ceux qui l'actionnent croient défendre la décence commune. C'est bien ce qui la rend imparable : une excommunication administrée par des gens de bonne foi ne rencontre jamais de contradicteur.

Ce que le blocage a coûté

Reste à savoir ce que trente ans de ce régime produisent, et ici il faut être précis, parce que la formule facile — la France s'appauvrit — se démonte en deux tweets. Le revenu réel des Français n'a pas baissé depuis 1995. Ce qui s'est passé est plus grave.

La France a cessé de s'enrichir, et elle a doublé sa dette pour ne pas s'en apercevoir.

Les chiffres. La dette publique s'établissait à 55,8 % du produit intérieur brut fin 1995 ; elle atteint 117,5 % à la fin du premier trimestre 2026, soit 3 536 milliards d'euros. En trente ans, le ratio a plus que doublé. L'industrie manufacturière, elle, pesait 17,5 % du PIB en 1995 et n'en pesait plus qu'environ 11 % à la fin des années 2010. Quant au niveau de vie, la France se situe aujourd'hui environ 2 % sous la moyenne de l'Union européenne à vingt-sept en produit intérieur brut par habitant, quand l'Allemagne la dépasse d'à peu près vingt pour cent — et le PIB par habitant français stagne, pour l'essentiel, depuis 2008.

Traduisons. Un pays qui double son ratio d'endettement sans accroître sa richesse par tête n'a pas investi : il a consommé son avenir pour financer son présent. Il a acheté trente ans de paix sociale avec l'argent de gens qui n'étaient pas nés. Ce n'est pas un appauvrissement, c'est un transfert — et il se trouve que les bénéficiaires votent aujourd'hui, tandis que les payeurs commencent tout juste à comprendre la facture.

Et les portes qu'on a fermées

Un pays bloqué économiquement pourrait encore se déprendre politiquement. Encore faudrait-il qu'il dispose d'une prise. Or on les a fermées, une à une, et toutes sont datées.

Le dernier référendum national remonte au 29 mai 2005. Vingt et un ans. Un électeur qui avait dix-huit ans ce jour-là en a trente-neuf et n'a plus jamais été consulté sur autre chose que sur des noms ; ceux qui ont eu dix-huit ans depuis ne l'ont jamais été du tout. On notera que le résultat de ce référendum-là fut contourné par voie parlementaire trois ans plus tard, ce qui explique peut-être qu'on n'en ait plus organisé.

Le référendum d'initiative partagée, créé en 2008 et présenté alors comme l'ouverture démocratique du quinquennat, n'a jamais abouti une seule fois en dix-huit ans. Seuil : un dixième du corps électoral, environ 4,8 millions de signatures en neuf mois. Meilleure tentative, sur les aéroports de Paris : 1 093 000. Un dispositif qui échoue systématiquement pendant dix-huit ans n'est pas exigeant. C'est une porte peinte sur un mur.

L'Assemblée a été dissoute en juin 2024 sans que le scrutin suivant produise de majorité. Et le 2 février 2026, le budget de la France est devenu loi sans qu'un seul vote ait porté sur son contenu : Sébastien Lecornu, qui s'était engagé à ne pas y recourir, a déclenché l'article 49.3 trois fois — le 20 janvier sur les recettes, le 23 sur les dépenses, le 30 après lecture au Sénat. Les deux dernières motions de censure ont été rejetées le 2 février, 260 voix sur les 289 nécessaires pour l'une, 135 pour l'autre. Les députés ont voté trois fois sur la survie du gouvernement et zéro fois sur le budget de la nation.

Rien de tout cela n'est illégal. C'est la Constitution qui fonctionne exactement comme elle a été écrite. Le problème n'est pas qu'on triche ; le problème est qu'on n'a même pas besoin de tricher.

Le dégagisme n'est pas une humeur. C'est ce qui reste quand on a fermé les autres portes.

Pour 71 % des Français, 2027 a une odeur de dégagisme
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Le mandat impossible

Voilà pour la généalogie de l'odeur. Elle serait trop confortable si l'on s'arrêtait là, car l'enquête contient aussi ce qui nous concerne.

84% des Français veulent une diminution de la dette publique, 80% une réduction du déficit, 79% une baisse des dépenses de l'État. Puis on descend vers les moyens. 25% acceptent un report de l'âge de départ à la retraite, 21% un allongement de la durée de cotisation, 59% souhaitent que les pensions augmentent. Côté recettes, aucun prélèvement testé ne réunit de majorité : l'impôt sur les bénéfices plafonne à quarante-six pour cent, la TVA recueille neuf pour cent d'adhésion, les carburants sept.

D'où trois chiffres qu'on ne lira jamais ensemble. 65% des Français jugent qu'il vaudrait mieux confier les décisions à des experts qu'à un gouvernement — dix-huit points de plus qu'en 2021. Soixante-cinq pour cent, le même chiffre, jugent que les décisions les plus importantes devraient être prises directement par le peuple — dix-neuf points de plus. Trente-neuf pour cent estiment qu'un homme fort affranchi du Parlement et des élections serait une bonne manière de gouverner.

Techniquement ces réponses s'excluent : le technocrate, le peuple souverain et l'homme fort ne gouvernent pas du tout de la même façon. Mais ce n'est pas la destination qui est choisie, c'est le départ. Dans les trois cas la décision quitte le représentant élu, et surtout celui qui répond au questionnaire.

Une seule des trois rapatrie la charge au lieu de l'alléger. C'est aussi la seule dont aucune campagne ne fera rien, parce qu'elle ne se transforme pas en bulletin : on peut se porter candidat à l'homme fort, on ne peut pas se porter candidat à la démocratie liquide, puisqu'elle consiste à ne plus avoir besoin de candidat. Aucune conspiration là-dedans, un conflit d'intérêts ordinaire — et il suffit.

Il existe une objection sérieuse à ce que je viens d'écrire, et Bristielle la formule lui-même : ce que les Français expriment n'est peut-être pas de l'incohérence mais une exigence d'efficacité — faites mieux avec ce que vous avez avant de me demander un effort. Vu ce que la Cour des comptes documente chaque année sans conséquence, elle est forte, et je la crois largement fondée. Elle couvre parfaitement les 79% qui veulent moins de dépense. Elle ne couvre pas les cinquante-neuf pour cent qui veulent des pensions plus élevées. On ne réclame pas moins de dépense publique et davantage du premier poste de dépense publique au nom de la bonne gestion.

Pour 71 % des Français, 2027 a une odeur de dégagisme
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Trente ans de courte échelle, une dette qui double sans que la richesse par tête bouge, toutes les prises arrachées du mur, et une élite qui se renouvelle entre elle en toute bonne conscience : le dégagisme n'est pas une pathologie de l'électeur, c'est une réponse proportionnée. Ceux qui s'en effraient dans les colloques feraient bien de relire la liste des dates ci-dessus avant de diagnostiquer une crise de nerfs chez les autres.

Il faut pourtant dire la suite, et elle est désagréable. Dégager, c'est encore demander à quelqu'un de le faire. C'est le même geste que la procuration, en plus énervé. On chasse les uns pour appeler l'autre, et l'on croit reprendre la main alors qu'on change de mandataire — le pays a déjà fait ça en brumaire, en décembre 1851, en mai 1958, et chaque fois avec le sentiment très sincère de se ressaisir de son destin au moment précis où il le remettait.

Il y a d'ailleurs une raison de fond à cela, et elle nous ramène à nous. La caste n'est pas la cause de notre situation : elle en est le produit. Elle est ce qui a poussé dans l'espace que nous avons déserté, délégation après délégation, parce qu'il est reposant que quelqu'un d'autre s'occupe des choses sérieuses. On ne décapite pas un habitus. On peut renouveler le personnel de la capture autant qu'on veut : tant que la demande de mandataire demeure, l'offre se reconstituera dans les six mois, et les nouveaux venus apprendront la langue plus vite qu'on ne l'imagine.

Soixante et onze pour cent veulent un vrai changement. Personne, dans cette enquête, n'a été interrogé sur ce qu'il était prêt à y mettre de sa personne — reprendre une délégation, une seule, et la garder. Aucun institut ne posera jamais cette question, parce qu'elle ne se sonde pas. Elle se décide.

Nous ne voulons pas que la France change. Nous voulons qu'on nous la rende changée.

Coma diabétique : combien ça coûte sans la sécu et sans mutuelle ?

16 September 2026 at 09:54

Par Élise Rochefort

Un séjour hospitalier pour coma diabétique met en jeu trois régimes de facturation distincts, selon que le patient dispose ou non de droits ouverts à l'assurance maladie et d'une complémentaire santé. L'écart entre les trois situations va de 193 euros à plus de 18 000 euros. Les tarifs sont publics et affichés.

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La question du coût d'une hospitalisation pour coma diabétique n'appelle pas une réponse mais trois, correspondant à trois situations administratives distinctes. Les montants ci-dessous reposent (par commodité) sur les tarifs des Hospices civils de Lyon applicables au 1er avril 2026, sur l'arrêté du 27 février 2026 fixant le forfait journalier hospitalier, et sur la réglementation en vigueur au 15 septembre 2026.

L'hypothèse de séjour retenue est celle d'une acidocétose diabétique ayant nécessité trois jours de réanimation puis quatre jours d'hospitalisation en médecine, soit sept jours.

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Les tarifs de référence

Les tarifs journaliers de prestations sont fixés établissement par établissement, par arrêté de l'agence régionale de santé, et font l'objet d'un affichage obligatoire dans les chambres. Ceux des Hospices civils de Lyon, au 1er avril 2026, sont les suivants.

CatégorieTicket modérateur par jourTarif plein journalier
Médecine, autres spécialités340,61 €1 703,03 €
Médecine, gériatrie, addictologie, douleurs chroniques323,93 €1 619,63 €
Chirurgie412,31 €2 061,57 €
Spécialités coûteuses572,15 €2 860,77 €
Spécialités très coûteuses, réanimation741,19 €3 705,97 €
Obstétrique338,48 €1 692,41 €
Nouveau-nés230,39 €1 151,97 €

À ces montants s'ajoute le forfait journalier hospitalier, porté à 23 euros par jour au 1er mars 2026 contre 20 euros auparavant, et 17 euros en psychiatrie. La chambre particulière est facturée 76 euros par jour dans cet établissement, tarif inchangé depuis le 1er février 2023.

Ces tarifs sont propres aux Hospices civils de Lyon. Ils varient d'un établissement à l'autre, sans qu'une comparaison nationale homogène soit publiquement disponible.

Première situation : droits ouverts, pas de complémentaire

C'est la situation la plus fréquente parmi celles que recouvre la question.

Un séjour en réanimation comporte nécessairement un acte thérapeutique ou diagnostique dont le tarif dépasse 120 euros — pose de cathéter veineux central, intubation, ventilation mécanique. Or la réglementation prévoit que dès qu'un tel acte figure au séjour, le ticket modérateur de 20 % est remplacé par une participation forfaitaire, portée de 24 à 32 euros au 1er avril 2026. Cette participation s'applique une seule fois par séjour, pour l'ensemble des frais d'hospitalisation, et l'établissement perçoit alors 100 % du tarif de la part de l'assurance maladie.

Le reste à charge se limite donc à deux lignes :

  • forfait journalier : 7 × 23 = 161 euros ;
  • participation forfaitaire : 32 euros.

Total : 193 euros.

Si le patient est déjà pris en charge au titre de l'affection de longue durée numéro 8, qui couvre le diabète de type 1 comme de type 2, il est exonéré de la participation forfaitaire pour les soins en rapport avec l'affection et mentionnés au protocole. Le total est alors de 161 euros. L'absence d'affection de longue durée coûte donc 32 euros sur cet épisode. Elle n'a aucun autre effet sur le montant.

Le forfait journalier, lui, n'est jamais pris en charge par l'assurance maladie, quelles que soient la situation du patient et la gravité du séjour.

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Deuxième situation : pas de droits ouverts

L'affiche tarifaire des Hospices civils de Lyon comporte la mention suivante : « Vous devrez régler la totalité des frais d'hospitalisation si vous ne bénéficiez pas d'un régime d'assurance en France. » Le CHU de Nantes formule la même règle.

Appliquée à l'hypothèse retenue, elle donne :

Comment un geek a violé en deux minutes l'application UE de vérification d'âge "techniquement prêt"

16 September 2026 at 09:24

Par Renaud Jacobs

À la mi-avril 2026, la présidente de la Commission européenne a déclaré l'application européenne de vérification d'âge « techniquement prête » et conforme aux « plus hauts standards » de confidentialité. Quelques jours plus tard, un consultant en sécurité britannique la contournait en moins de deux minutes. Trois mois et une série de correctifs plus tard, il recommençait avec une extension de navigateur écrite en quelques minutes à l'aide d'une IA. L'histoire mérite d'être reprise dans l'ordre, parce que son intérêt n'est pas là où on l'a placé.

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Commençons par rappeler ce dont il s'agit, car ce n'est pas un gadget. L'application est ce que la Commission surnomme le mini-wallet : elle est bâtie sur les mêmes spécifications techniques que le portefeuille européen d'identité numérique, dont elle constitue explicitement la marche d'approche ; les lignes directrices de la Commission sur l'article 28 du règlement sur les services numériques la désignent comme la méthode de référence pour protéger les mineurs en ligne ; et son déploiement est attendu dans les vingt-sept États d'ici la fin 2026. Ce qui casse ici ne casse pas dans un projet secondaire.

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Premier temps : le contournement

Paul Moore est consultant en sécurité, britannique, et il travaille à découvert : il publie ses démonstrations en vidéo. Celle qui a fait le tour d'Europe dure moins de deux minutes.

Le mécanisme se résume en une phrase, et je la donne au niveau où elle éclaire sans servir de mode d'emploi. Le code confidentiel de l'application était bien

Bruxelles a interdit votre sachet de ketchup — et personne ne vous a prévenu

16 September 2026 at 08:25

Depuis le 12 août 2026, un règlement européen décide de la façon dont vous assaisonnez votre repas. Le sachet de ketchup, de moutarde ou de mayonnaise disparaît des tables si vous mangez sur place mais reste légal si vous sortez avec votre plateau. Une interdiction absurde, une note salée pour le petit restaurateur, et une adaptation que les grandes chaînes absorbent sans ciller.

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Ce texte en dit long sur la complexité d’une réglementation européenne capable de transformer une simple dose de sauce en objet de conformité.

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Une règle européenne qui descend jusque dans l’assiette

Le règlement (UE) 2025/40, dit PPWR, a été adopté le 19 décembre 2024 et est entré en vigueur le 11 février 2025. Il s’applique depuis le 12 août 2026. Cette norme s’inscrit dans l’objectif de réduire de 15 % les déchets d’emballage par habitant entre 2026 et 2040. Elle touche aussi, dans le même mouvement, d’autres portions individuelles comme le sucre ou le lait pour le café. Les centres de santé et de soins échappent à l’interdiction.

Pourquoi les polytechniciens et les énarques n’ont aucun courage managérial mais beaucoup de mépris social
On a supprimé les grands corps en 2021 ; six cents agents y demeurent. Pourquoi un système qui retire la chute ne peut produire aucun arbitrage difficile.

Mais le calendrier est moins immédiat que certains titres de presse ne le laissent entendre. L’annexe V vise notamment les emballages plastiques à usage unique contenant des portions individuelles de condiments, sauces, sucre ou assaisonnement dans le secteur HORECA (Hôtellerie-Restauration-Café). Toutefois, l’article 25 prévoit que les restrictions correspondantes s’appliqueront à partir du 1er janvier 2030.

A cet effet, les portions fournies avec des plats à emporter destinés à être consommés immédiatement restent exclues de cette interdiction. Ce même sachet peut donc relever de régimes différents selon le contexte de consommation.

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Le petit restaurateur face à la bureaucratie bruxelloise

À terme, les établissements devront adapter leurs pratiques : flacons collectifs, distributeurs rechargeables ou service à l’assiette pourront remplacer certaines portions individuelles. Ces solutions existent déjà, mais leur déploiement suppose des achats, de l’entretien, une organisation et des exigences sanitaires adaptées.

L’humeur de Veerle Daens : 1.000€ par trimestre pour n’avoir rien reçu
Facturation électronique : 500 € puis 1 000 € par trimestre, sans plafond, pour n’avoir pas désigné de plateforme de réception. Bercy promet de ne pas sanctionner en 2026.

Une grande chaîne peut standardiser rapidement ses équipements et ses procédures. Pour une petite brasserie, chaque nouvelle obligation représente au contraire une décision d’investissement et une contrainte opérationnelle supplémentaire.

Bruxelles vous interdit d’échanger vos graines (et même un greffon) avec votre voisin
À partir du 30 juin 2026, les micro et petites exploitations agricoles entrent à leur tour dans le champ du règlement européen contre la déforestation (EUDR). En parallèle, les nouvelles règles européennes sur le matériel de reproduction des végétaux encadrent drastiquement les échanges de semences et interdisent ceux de greffons

La Commission elle-même reconnaît la complexité du texte : depuis son adoption, elle a reçu de nombreuses questions des États membres et des acteurs économiques sur son interprétation. Elle a publié en juin 2026 un document d’orientation pour tenter de clarifier les règles.

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Le dernier espoir

1 October 2026 at 18:04

À Gaza, l'exiguïté des lieux et le poids écrasant des jours qui passent sans rien changer à notre situation m'obligent sans cesse à chercher le calme, même s'il ne dure que quelques minutes. Me voici sur le front de mer. Le bruit est omniprésent. Comment pourrait-il en être autrement dans un périmètre de quelques kilomètres carrés où s'entassent plus de deux millions de personnes, au cœur de l'une des tragédies les plus cruelles au monde ?

Mais ce n'est pas le grondement de la mer ou les vibrations des groupes électrogènes qui assaillent mes oreilles. C'est une discussion animée entre quatre jeunes hommes avachis sur des chaises en plastique. Ils parlent de la guerre. De ceux qui nous ont oubliés. De ceux qui font mine de nous aider mais qui n'ont rien à offrir si ce n'est quelques gesticulations. L'Iran ?

Hassan, 22 ans, a obtenu son diplôme universitaire il y a quelques mois. Il a perdu plusieurs membres de sa famille pendant les bombardements. Il s'est longtemps accroché à l'idée que l'Iran restait le dernier espoir capable de renverser la situation en modifiant le rapport de forces avec Israël. Il n'a pas perdu espoir. Pour lui, cela vaut encore la peine d'attendre. En infligeant une défaite aux Israéliens, la République islamique pourrait contribuer à ce que l'étau sur Gaza se desserre. « Téhéran, dit-il, n'a jamais abandonné ses alliés lors des crises précédentes. » Hossam et Rifât, à peine plus âgés, voient les choses différemment. Ils n'attendent rien de personne. Pas plus de l'Iran que des pays arabes. « Chacun son bât », disent-ils. « Gaza paye seule le prix lourd », dit l'un pour qui, même s'ils sont bombardés tous les jours, les Iraniens sont loin d'éprouver les mêmes souffrances que les Palestiniens. L'autre ne veut pas parler de géopolitique. Pour lui, la seule chose qui compte, c'est « la fin de cet enfer » que nous vivons depuis des années. La discussion se prolonge. Elle ne diffère guère de ce que j'ai pu entendre ici ou là. Tout tourne autour de ce que nous avons subi et de cette question lancinante : pourquoi le monde a-t-il laissé faire ça ? Comment en sommes-nous arrivés à espérer que l'Iran, pays auquel nombre d'entre nous ne se sont jamais intéressés, puisse voler à notre secours ? Le quatrième jeune homme, silencieux jusque-là, me dit que l'Iran est juste l'un des derniers espoirs auxquels on peut se raccrocher. Rifât n'est pas d'accord et se lève en maugréant : « Ces trois dernières années, Israël a démontré qu'il imposait sa volonté au monde entier. Il est vain d'attendre des miracles », lâche-t-il avant de s'en aller d'un pas traînant. Hossam acquiesce : « Après des années de guerre, le fossé entre ce que nous vivons et ce que nous espérons s'est considérablement creusé, et les vœux ne changent pas la réalité. » Pour nous tous, la situation en Iran nous apparaît tragique à double titre. Nous savons ce que la guerre fait aux peuples. Et nous craignons de ne plus avoir le moindre espoir.

Voir en ligne : /mav/209/AABED/69911

Iran. Guerres, révoltes, espérances

15 September 2026 at 18:07

Numéro coordonné par Akram Belkaïd

Édition : Philippe Descamps
Conseil éditorial : Shervin Ahmadi et Marmar Kabir

Conception graphique : Louis Moreau-Ávila
Maquette : Jérôme Grillère
Photogravure : Patrick Puech — Wilhem
Cartographie : Cécile Marin et Fanny Privat
Correction : Xavier Monthéard et Florent Paillery

Remerciements à nos stagiaires, Éléonore Guillemin-Baulny, Emma Lévy et Dorian Maillot. Merci aussi pour leurs contributions à Sepideh Nikoukar (choix et traduction des poèmes), Kamyar Roudakian (récits) et Pourya Toranj Sim (indicateurs et statistiques).

Éditorial

Un défi existentiel ///// Akram Belkaïd

Perspectives

Une nation multiséculaire et pluriethnique ///// Cécile Marin
L'archipel chiite et l'« axe de la résistance » ///// C. M.
Le pétrole au cœur de la guerre ///// C. M.

Ôter ses œillères, comprendre un pays ///// Philippe Descamps et Marmar Kabir

Chronologie. De la révolution islamique à la guerre ouverte avec les États-Unis et Israël ///// Dorian Maillot et Olivier Pironet

La passion d'un peuple ///// A.B.

1. La dernière guerre ?

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Déclenchée le 28 février 2026, l'attaque américano-israélienne contre l'Iran a ouvert une nouvelle page dans l'histoire déjà tourmentée de la République islamique. Jusque-là, le régime né de la révolution de 1979 a toujours su résister et survivre aux agressions extérieures, dont celle de l'Irak en 1980 ou les bombardements de juin 2025. Mais la recomposition stratégique en cours au Proche-Orient et l'aspiration au mieux-être de la population changent la donne.

Washington à la traîne de Tel-Aviv ///// Adlène Mohammedi

La relève attend son heure ///// Bernard Hourcade

L'année du sang ///// Ph. D. et M. K.

Une défense à deux visages ///// Akram Kharief

Premier round en douze jours ///// Shervin Ahmadi, Ph. D. et M. K.

2. Un pouvoir face à sa société

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Se résigner, quitter le pays ou subir la répression. Depuis bientôt cinq décennies, c'est le choix auquel sont confrontés bon nombre d'Iraniens — et en particulier les femmes — qui souhaitent plus de libertés, notamment politiques et sociétales, voire un changement de régime. S'il est attentif aux apparences et à un certain formalisme démocratique, le pouvoir garde la même ligne depuis 1979 : empêcher tout changement quitte à user de la violence contre les protestataires.

Un pluralisme en trompe-l'œil ///// A.B.

Institutions de la république islamique ///// Ph. D. et C. M.

Quand la répression lézarde le pouvoir ///// Stéphane A. Dudoignon

L'improbable changement ///// S. A. et Ph. D.

Les fantômes de Sanandaj ///// Airin Bahmani et Bruno Jäntti

3. Voisins et rivaux

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Conscients de la détermination des États-Unis et d'Israël à faire tout leur possible pour isoler et affaiblir la République islamique, les dirigeants iraniens ont très tôt mis en œuvre la stratégie de « défense avancée ». Cela consistait à soutenir des régimes (Syrie) et des organisations politico-militaires (Hezbollah, houthistes) lui offrant une plus grande influence régionale. Cette approche pragmatique n'est pas exempte d'échecs, comme en témoignent les relations ambiguës qu'entretient Téhéran avec Bagdad et Ankara.

Une folle guerre, asymétrique et intermittente ///// Ph. D.

« Une civilisation va mourir » ///// Benoît Bréville

Défiance irakienne contre Téhéran ///// Feurat Alani

Un nationalisme non impérialiste ///// B. H.

La Turquie, modèle et repoussoir ///// Thierry Kellner et Mohammed Reza Djalili

Convergences et divergences entre voisins ///// Fanny Privat

4. La culture, envers et contre tout

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Le contraste est saisissant. D'un côté, un régime capable de violences contre ses opposants ou de simples protestataires, y compris les plus pacifiques. De l'autre, un amour partagé par la majorité des Iraniens pour les arts, à l'image de l'engouement pour la poésie ou le cinéma. Au fil du temps, certains créateurs ont appris à façonner des œuvres polysémiques afin de tromper la vigilance de la censure. Mais il arrive que l'exil soit pour eux l'unique moyen de poursuivre leur travail.

Un cinéma au succès ambigu ///// Adrien Cluzet

Une lignée artistique exceptionnelle ///// Gilbert Lazard

De pierres et de silence ///// Ignacio Ramonet

« Le chagrin, c'est quitter son pays » ///// Thelma Katabi

Voix de faits

Citations, extraits, repères…

Vu de Téhéran, Ispahan et Gaza

Une répression, encore une

La jeune fille et le pilote

L'adieu au Guide

Les femmes soulèvent le voile

Trompeuses apparences

Une économie dans la guerre

Le dernier espoir

Une synagogue sous les bombes

Poétesses et poètes

Omar Khayyam, Mahsati Ganjavi, Mirza Abdolqader Bedil Dehlavi, Tahereh Ghorrat-ol-Eyn

Houshang Ebtehaj

Mohammad-Reza Shafiei-Kadkani

Mehdi Akhavan Sales (« Omid »)

Ahmad Shamlou

Forough Farrokhzad

Nima Youshidj

Jala Ad-Din Rumi

Hafez

Balises

Moushak-baran

Padafand

Pasdar

Ayatollah

Basirat

Sandis-khor

Fetneh

« Axe arabo-hébreu-occidental »

Los-Anjelesi

Notche-ye Amrika

Savak

Filternet

Jalons

Quand Tel-Aviv et Téhéran s'alliaient

Femmes, le combat séculaire

« Le Monde diplomatique » en persan

Rodomontades et pirouettes

Quel statut pour les houthistes

Un conflit dévastateur

Les thuriféraires de la monarchie

Filmographie

« Je ne suis pas un roman »

La fille, son chauffeur, Dieu et Marx

Iconographie

Ce numéro est accompagné des œuvres de :

• Pooya Aryanpour

• Hoda Kashiha

• Newsha Tavakolian

• Jean Gaumy

• Certaines œuvres sélectionnées appartiennent aux fonds de M. Christian Bromberger et du Hanna Holborn Gray Special Collections Research Center

Lire la présentation des artistes

Bande dessinée

Coordonnée par Guillaume Barou

Au rythme des trèves ///// Bademjan

Dates de parution des articles

Les articles publiés dans ce numéro — à l'exception de 4 inédits et de la majorité des encadrés — sont déjà parus dans Le Monde diplomatique. La plupart ont fait l'objet d'une actualisation et leur titre a été modifié. La date de première publication ainsi que les titres originaux figurent ci-dessous.

Philippe Descamps et Marmar Kabir, « Kosovo : bras de fer serbo-albanais » (inédit).
Akram Belkaïd, « La passion d'un peuple » (inédit).
Adlene Mohammedi, « Quand Israël entraîne les États-Unis », avril 2026.
Bernard Hourcade, « Quelle relève pour l'Iran ? », mars 2026.
Philippe Descamps et Marmar Kabir, « L'Iran dans la tourmente », février 2026.
Akram Kharief, « Défense à double détente en Iran », juin 2019.
Shervin Ahmadi, Philippe Descamps et Marmar Kabir, « Un défi à la nation iranienne », juillet 2025.


Akram Belkaïd, « Un pluralisme en trompe-l'œil » (inédit).
Stéphane A. Dudoignon, « En Iran, le pouvoir se fracture », décembre 2022.
Shervin Ahmadi et Philippe Descamps, « Espoirs et simulacres du changement en Iran », mai 2016.
Airin Bahmani et Bruno Jäntti, « Les ombres de Sanandaj », février 2020 (dans Manière de voir, n° 169, « Le combat kurde »).


Philippe Descamps, « Une folle guerre, asymétrique et intermittente » (inédit).
Benoît Bréville, « Une journée comme une autre », mai 2026.
Feurat Alani, « Les Irakiens contre la mainmise de l'Iran », janvier 2020.
Bernard Hourcade, « L'Iran se réinvente en puissance régionale », février 2018.
Mohammad-Reza Djalili et Thierry Kellner, « Ankara et Téhéran, alliés ou concurrents ? », janvier 2017.


Adrien Cluzet, « Le clair-obscur du cinéma iranien », novembre 2024.
Gilbert Lazard, « Une lignée exceptionnelle d'auteurs de génie », décembre 1965.
Ignacio Ramonet, « “Le jardin de pierres”, un film de Parviz Kimiavi », mars 1977.
Thelma Katebi, « Être chanteur en Iran », août 2020.

Voir en ligne : /mav/209/

209

Une synagogue sous les bombes

Sur les près de cent mille Juifs recensés avant 1979, environ quinze mille vivent encore en Iran. Cette communauté, la plus importante du Proche-Orient en dehors d'Israël, demeure foncièrement attachée à son pays.

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Le mardi 7 avril, à 3 h 30, un appel m'apprend que trois missiles israéliens ont entièrement détruit la synagogue Rafi'nia, rue Fariman à Téhéran. Ce lieu de prière abrite également les réunions de l'Association des diplômés juifs d'Iran. Sur place, je découvre les étagères brisées et renversées, les livres déchiquetés éparpillés sur le sol. Çà et là, parmi les décombres, on aperçoit des fragments des tapis précieux qui, autrefois, ornaient les murs. Le poids des souvenirs rend pour moi cette destruction encore plus douloureuse. Après m'être enquise de l'état des habitants de la ruelle et avoir constaté qu'ils étaient sains et saufs, ma principale préoccupation va aux anciens rouleaux de la Torah. Le chef des secouristes accepte de ne pas utiliser une pelleteuse et de prendre le risque de déblayer à la main pour ne pas les abîmer. Conservés dans de solides caisses en bois, les rouleaux sont exhumés au bout de cinq jours.

Tous les Juifs du monde connaissent cette histoire : après la prise de Babylone, en 538 avant l'ère présente, le roi achéménide Cyrus le Grand libéra les déportés du royaume de Juda. Une partie d'entre eux prit le chemin de la Perse et découvrit dans la région de l'actuelle Ispahan un climat qui leur rappela celui de Jérusalem. Ils s'y établirent et prirent racine. Aujourd'hui, dans l'un des pays musulmans les plus radicaux du Proche-Orient, vit encore une communauté de plusieurs milliers de Juifs.

Nous, Juifs iraniens, n'avons jamais cessé de vivre sur cette terre. Nous avons été mêlés à tout ce qu'elle a traversé, pris dans le même creuset des heures heureuses et des heures sombres du pays. Nous sommes toujours vivants, nous respirons encore et nous faisons signe au monde : « Hé, nous sommes là ! » Nous ne sommes ni misérables, ni apeurés, ni rongés par l'inquiétude : nous formons une communauté soudée, structurée et prospère, dotée d'organisations de jeunesse, d'associations de femmes et d'institutions communautaires à Téhéran, Chiraz ou Ispahan. Notre communauté est porteuse d'une identité à la fois juive et iranienne.

Nos synagogues restent ouvertes, nos jeunes passent sous la houppa (le dais nuptial) pour se marier, nos morts reposent en paix dans leurs cimetières confessionnels. À l'étranger, cette réalité singulière a toujours été assimilée à la propagande d'État et reléguée à la marge. Mais, aujourd'hui, je suis là pour témoigner, en tant que journaliste iranienne et juive, de comment nous, citoyens de toutes religions, de toutes langues et de toutes origines, continuons à vivre ensemble. Comment, depuis des siècles, on nous apprend à passer devant les lieux de culte des autres sans hostilité ni mépris ; à respecter et à aimer nos voisins et nos amis musulmans, comme eux-mêmes nous respectent et nous aiment.

Nous sommes là !

Voir en ligne : /mav/209/YASHAYAIE/69915

Filternet

15 September 2026 at 18:04
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Contraction des mots filter (« filtre » en anglais) et Internet. De quoi résumer de manière ironique la forte censure qu'exerce le régime sur la Toile. L'accès au Web est ainsi restreint pour une grande partie de la population, mais le pouvoir permet à certains acteurs qui lui sont proches (entreprises d'État, structures de propagande, etc.) d'y accéder sans restriction. Quand ils en ont les moyens, les Iraniens peuvent passer par d'onéreux VPN, qui permettent des connexions chiffrées, mais cette solution n'est guère possible quand les autorités coupent complètement Internet.

Voir en ligne : /mav/209/A/69914

Fetneh

15 September 2026 at 18:04
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Ce terme signifie « sédition », « trouble ». Il est employé dans le discours officiel pour désigner des mouvements de contestation politique ou sociale. Cela renvoie aussi à l'interdit religieux qui frappe tout ce qui peut mener à diviser les musulmans. Plusieurs courants au sein de l'islam, notamment sunnites, affirment qu'un mauvais dirigeant est préférable à tout ce qui peut mener à la discorde.

Voir en ligne : /mav/209/A/69951
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