Aujourd'hui j'ai rejoint la manifestation qui a traversé l'Est parisien, dont la mobilisation lycéenne était le fer de lance. J'en ai ramené quelques photos qui vont piquer les yeux de tous ceux qui croient à un complot islamo-gauchiste. La manifestation était très différente de cela...
Très important !
Si vous voulez voir les vidéos de la manifestation, au coeur des affrontements entre policiers et manifestants, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :
Un phénomène n'a pas manqué d'étonner (pour voir la vidéo où je disserte sur ce mystère, rendez-vous sur Telegram) : peu avant l'arrivée du cortège, un groupe de casseurs provocateurs a bloqué le boulevard Voltaire et lancé un feu de poubelles, dans une sorte de passivité ou d'impunité totale de la police.
L'événement a donné l'occasion aux forces de police de créer une sorte d'enclave dans le groupe des provocateurs, qui ne pouvait évidemment que dégénérer, et fournir de bonnes images de violence aux médias qui n'en demandaient pas plus pour fabriquer un narratif transformant un mouvement bon enfant en déferlement barbare.
Dans cet ensemble, on n'oublie évidemment pas l'évocation de la cause palestinienne qui, par une association d'idées parfaitement travaillée dans certains médias, revient à réduire le mouvement à une sorte de guerre civile larvée menée par les Musulmans contre la France de toujours. On se demande d'ailleurs dans quelle mesure la présence du drapeau palestinien ne sert pas de "magnet" pour attirer les jeunes Musulmans de banlieue en perdition afin de mieux les identifier et les ficher.
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Au-delà de ces clichés, il faut répéter que la manifestation avait un côté bon enfant, avec une jeunesse très majoritairement bien éduquée et sympathique, loin de tout sujet religieux.
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Jean-Emile Jammine is pleased to welcome Reed Brody, international human rights lawyer and former New York assistant attorney general. According to Brody, the botched execution of Christa Pike reflects a much larger problem: the relationship between capital punishment, institutional failure, due process, and human dignity. The technical failure of lethal injection exposes weaknesses throughout the legal architecture surrounding the death penalty, from the quality and adequacy of defense representation to the profound disparities between jurisdictions and the difficulties states face in administering executions.
Senator Flavio Bolsonaro received on Monday endorsements from Ronaldo Caiado and Romeu Zema, two right-wing politicians who ran against him in Sunday's first-round vote, for the runoff against President Luiz Inacio Lula da Silva later this month. Speaking with FRANCE 24's Sharon Gaffney, Anthony Pereira, Executive Director of the Stone Center for Latin American Studies at Tulane University, says that "Lula's path to victory lies in mobilising voters who didn't vote in the first round" while Flavio Bolsonaro "will probably benefit from the voters who voted for other right-wing candidates and who will simply migrate to him, so it looks a lot easier for Flavio to win the second round than it does for Lula".
Senator Flavio Bolsonaro received on Monday endorsements from Ronaldo Caiado and Romeu Zema, two right-wing politicians who ran against him in Sunday's first-round vote, for the runoff against President Luiz Inacio Lula da Silva later this month. Speaking with FRANCE 24's Sharon Gaffney, Anthony Pereira, Executive Director of the Stone Center for Latin American Studies at Tulane University, says that "Lula's path to victory lies in mobilising voters who didn't vote in the first round" while Flavio Bolsonaro "will probably benefit from the voters who voted for other right-wing candidates and who will simply migrate to him, so it looks a lot easier for Flavio to win the second round than it does for Lula".
Cet t, le Mali a connu une campagne virale sur les rseaux sociaux en faveur des mutilations gnitales fminines, toujours lgales dans ce pays. Prsentant ce...
« La présomption fatale » est le titre d'un livre de l'économiste Friedrich Hayek, paru en 1988 aux Presses de l'université de Chicago sous le titre The Fatal Conceit, avec pour sous-titre « Les erreurs du socialisme ». C'est son dernier ouvrage. La traduction française, due à Raoul Audouin, a paru aux Presses universitaires de France en 1993. L'expression désigne aussi, par extension, l'idée centrale du livre. Cette fiche expose cette idée, puis les objections qu'elle a reçues.
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Friedrich Hayek naît à Vienne en 1899 et meurt à Fribourg-en-Brisgau en 1992. Il enseigne à Londres, à Chicago, puis à Fribourg. Il reçoit en 1974 le prix Nobel d'économie, partagé avec le Suédois Gunnar Myrdal, économiste social-démocrate. Il est l'un des principaux auteurs libéraux du XXe siècle.
Les deux mots du titre
« Présomption » est pris ici au sens d'excès de confiance en soi, et non au sens juridique du mot. L'anglais dit conceit, qui signifie vanité ; une analyse française du livre traduit d'ailleurs « la vanité fatale ». « Fatale » signifie : qui conduit à la ruine.
La présomption visée est la suivante : croire qu'un petit nombre de personnes peut concevoir un plan d'ensemble pour la société, le faire appliquer, et obtenir de meilleurs résultats que si chacun décidait pour soi.
1. Personne n'a inventé les règles dont dépend la vie commune. La langue, la monnaie, la propriété, le commerce, le droit n'ont pas été conçus par un auteur. Ils sont le produit d'une longue histoire. Hayek parle d'« ordre spontané ». Il écrit, dans l'introduction, que cet ordre n'est pas le résultat d'un dessein ou d'une intention des hommes, mais qu'il est apparu spontanément.
2. Ces règles permettent à des millions d'inconnus de coopérer. Hayek appelle « ordre étendu » la coopération entre des personnes qui ne se connaissent pas et ne se rencontreront jamais. Celui qui achète du pain dépend d'un agriculteur, d'un meunier, d'un transporteur et d'un boulanger, sans qu'aucune autorité ait réparti ces tâches.
3. La connaissance utile est dispersée. Chacun connaît une petite partie de ce qu'il faut savoir : son métier, sa rue, ses clients. Aucun bureau ne peut réunir l'ensemble. Hayek a formulé cet argument dès 1945, dans un article de l'American Economic Review, « L'utilisation de la connaissance dans la société ». Il y prend l'exemple de l'étain. Si l'étain devient rare, son prix monte. Des dizaines de milliers de personnes en consomment alors moins, sans qu'un ordre ait été donné et sans connaître la cause de la hausse. Le prix a transmis l'information.
4. Celui qui croit pouvoir tout planifier se trompe sur ce qu'il sait. C'est la présomption fatale. Le chapitre 5, qui porte le titre du livre, contient la phrase la plus citée : la curieuse tâche de la science économique est de montrer aux hommes combien ils savent peu de chose de ce qu'ils s'imaginent pouvoir concevoir.
Dans le livre, le mot « socialisme » ne désigne pas un parti. Il désigne la planification centrale de l'économie et, plus largement, tout projet de réorganiser la société d'après un plan rationnel.
« Entre l'instinct et la raison »
C'est le titre du premier chapitre. Hayek distingue trois sources des conduites humaines. L'instinct : la solidarité du petit groupe, où l'on partage et où l'on poursuit un but commun. La raison : le calcul délibéré. Et, entre les deux, la coutume et la tradition : des règles apprises par imitation, que l'on suit sans les avoir inventées et souvent sans pouvoir les justifier entièrement.
Selon Hayek, les groupes qui ont adopté les règles de la propriété et de l'échange sont devenus plus nombreux et plus prospères que les autres. Il nomme ce processus « évolution culturelle ». Le socialisme, dans cette lecture, applique à une société de millions de personnes les instincts qui convenaient à un groupe de quelques dizaines.
Ce que la thèse ne dit pas
Elle ne dit pas que les planificateurs sont sots ou mal intentionnés. L'argument porte sur la connaissance, non sur l'intelligence ou la morale.
Elle ne dit pas que tout ce qui est apparu spontanément est bon. Hayek écrit qu'il n'y a aucune raison d'attendre que la sélection des pratiques par l'évolution produise le bonheur.
Le passage du fait à la valeur. Qu'une règle ait survécu ne prouve pas qu'elle soit bonne : des pratiques aujourd'hui condamnées ont duré des siècles. Plusieurs commentateurs reprochent à Hayek ce qu'on appelle un « sophisme naturaliste ». Ses défenseurs répondent qu'il ne tient pas les règles héritées pour bonnes, mais qu'il juge impossible de les remplacer toutes à la fois, faute du savoir nécessaire.
La sélection de groupe. Hayek soutient que les règles se sont imposées parce qu'elles profitaient aux groupes qui les suivaient. L'économiste Viktor Vanberg a contesté ce mécanisme : une règle utile au groupe peut être désavantageuse pour l'individu qui la suit, et rien n'explique alors qu'elle se maintienne. La question reste discutée entre spécialistes.
La tradition et la liberté. L'objection vient d'auteurs libéraux. Si l'individu doit suivre des règles qu'il n'a pas choisies et ne peut pas justifier, la place de son consentement devient incertaine. L'économiste Pierre Lemieux la formule en 2018 dans une recension par ailleurs favorable.
La paternité du texte. Hayek tombe malade en 1985. Le livre est mis au point par son éditeur, William Bartley. L'historien Bruce Caldwell estime que l'ouvrage doit davantage à la plume de Bartley qu'à celle de Hayek ; Alan Ebenstein a soulevé la même question. La part exacte de chacun n'est pas établie.
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Présomption fatale : croire que l'on sait assez pour organiser la société selon un plan.
Ordre spontané : ordre qui résulte des actions de chacun sans avoir été conçu par personne. Exemple : une langue.
Ordre étendu : coopération entre des millions de personnes qui ne se connaissent pas.
Connaissance dispersée : savoir réparti entre tous les individus, qu'aucun centre ne peut réunir.
Signal de prix : information qu'un prix transmet à ceux qui achètent et à ceux qui vendent.
Évolution culturelle : sélection, au fil du temps, des règles suivies par les groupes qui prospèrent.
Le livre reste cité par les partisans d'une décentralisation des décisions, et discuté par ses critiques sur les cinq points qui précèdent. Les deux lectures s'appuient sur le même texte.
Paramount completed its acquisition of Warner Bros Discover on Tuesday, after a bidding war against Netflix. The deal closed following federal approval of a settlement between Paramount and 12 US states that tried to block the transaction on antitrust grounds. Opponents in the movie industry warned of job cuts, while media groups said Warner-owned CNN's independence could be compromised.
Un décret du 30 septembre divise par près de quatre le plafond d'indemnisation des accidents du travail et maladies professionnelles, sans le moindre débat parlementaire. Applicable dès le 1er novembre, la mesure fait peser sur le blessé un risque que le régime assumait jusqu'ici. Intérimaires et saisonniers paieront le prix fort.
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Décidée par décret le 30 septembre, la réforme fait passer le salaire journalier de référence maximal d’environ 400 à 109 euros. Pour les rémunérations élevées, l’indemnité maximale tombe ainsi d’environ 320 à 87 euros par jour. Le texte est passé par la voie réglementaire, sans débat parlementaire sur cette modification substantielle de la protection financière des salariés blessés au travail.
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Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026, publié au Journal officiel le 1er octobre, modifie le calcul des indemnités journalières d’accident du travail et de maladie professionnelle (AT/MP). Le salaire journalier servant de base au calcul ne pourra désormais dépasser 0,226 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, contre 0,834 % auparavant.
Avec un PASS fixé à 48 060 euros en 2026, ce nouveau plafond représente environ 108,62 euros par jour. L’indemnité journalière correspondant à 60 % du salaire de référence pendant les 28 premiers jours, puis à 80 % à partir du 29e jour, le maximum passe ainsi d’environ 240 à 65 euros, puis d’environ 320 à 87 euros.
La réforme s’applique aux accidents et maladies professionnelles survenus à compter du 1er novembre 2026. Elle ne concerne pas le régime des arrêts maladie ordinaires, dont le plafond obéit à des règles différentes.
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Le nouveau plafond correspond à environ 1,8 SMIC, contre un niveau antérieur nettement supérieur. Les spécialistes de la paie soulignent surtout une conséquence concrète : lorsque l’employeur doit maintenir une partie du salaire, la fraction qui ne sera plus couverte par les indemnités journalières augmentera.
Pour certains salariés, la perte sera donc partiellement reportée sur l’entreprise. Pour les intérimaires, saisonniers et intermittents, qui bénéficient souvent de moins de compléments employeur, elle pourra être supportée directement par le salarié.
En affaiblissant unilatéralement la protection sociale par voie réglementaire, le gouvernement modifie le niveau de protection d'un risque professionnel alors même que l’accident du travail n’est pas un choix individuel : le salarié qui se blesse en travaillant découvre désormais que la couverture financière dont il bénéficiait hier ne sera plus la même demain. En affaiblissant unilatéralement la protection sociale par voie réglementaire, le pouvoir démontre son peu de cas de la souveraineté des travailleurs.
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En marge du blocus du lycée Auguste-Renoir d'Asnières-sur-Seine, quatre jeunes ont été violemment interpellés. Les versions des mis en cause contredisent celles des policiers. Pour y voir plus clair, les juges pourront se baser sur le PV d’exploitation de…
Le gouvernement français annonce davantage d'austérité. Ses propres statistiques établissent pourtant que de plus en plus de ménages ne parviennent pas à couvrir plusieurs dépenses de la vie courante — chauffage, alimentation ou entretien du véhicule. Parcourir la Bretagne permet d'apprécier l'ampleur des dégâts, notamment en milieu rural et périurbain.
Martin Bertrand. – Sur la dalle Kennedy dans le quartier populaire de Villejean, Rennes, 2018
Un samedi matin glacial de janvier, dans la zone commerciale de Saint-Renan (Finistère). Mme Christine Floch va acheter « deux, trois bricoles » au magasin Action. On la croise au parking, elle nous montre son smartphone. « Tous les jours, je vais sur l'application EDF, pour vérifier ma consommation. Voyons… Bon… On est seulement le 20, j'ai déjà atteint le montant de ma facture du mois dernier… » Elle range l'appareil, dépitée, puis se frotte les mains, pour les réchauffer. « Ils annoncent encore une hausse de 10 % en février ? Ça va durer jusqu'à quand ? On nous parle de sobriété énergétique, mais nous ça fait longtemps qu'on est en dessous des 19 degrés ! On aimerait bien pouvoir se les payer, les 19 degrés… » La sobriété des uns devient le luxe des autres. « Il y a deux ans, je vivais avec ma fille. Maintenant je suis toute seule, mais ma facture d'électricité a doublé. » Mme Floch va encore baisser le chauffage, porter un pull supplémentaire, espacer les machines à laver.
« Il faut être futée pour s'en sortir, résume cette aide à domicile d'une soixantaine d'années, mais je ne sais vraiment pas comment font les familles. » Les personnes âgées chez qui elle travaille « ne chauffent souvent qu'une seule pièce ». Et elles sont de plus en plus nombreuses à chercher à retravailler, constate Mme Cendrine Perquis, conseillère à la Maison de l'emploi dans une commune voisine. « Pas plus tard qu'hier par exemple, un couple de septuagénaires est arrivé après avoir reçu sa facture d'électricité, qui avait explosé. Nombreux sont ceux qui, au minimum vieillesse [1 012 euros], ne font plus trois repas par jour et ne peuvent pas se restreindre davantage de ce côté. » Du reste, « ici à la campagne, la plupart des gens vivent dans des maisons, parfois anciennes, difficiles à chauffer, souvent sans les moyens de faire les travaux, donc de vraies passoires thermiques ».
« On veut que les enfants se sentent comme les autres »
« Tout flambe ! », se désespère Josiane, retraitée d'une soixantaine d'années qui attend son tour pour récupérer un colis alimentaire dans les locaux du Secours populaire de Brest : entre le loyer de son appartement, les assurances, la mutuelle, les factures d'électricité et de téléphone, il ne lui reste plus grand-chose pour vivre. « J'ai commencé à travailler à 16 ans, dans la vente puis dans l'entretien, et aujourd'hui je touche 907 euros de retraite par mois, moins que le minimum vieillesse. Je suis obligée de demander de l'aide, je ne peux pas faire autrement. C'est injuste ! », conclut-elle emmitouflée dans un grand manteau usé, le bonnet enfoncé jusqu'aux sourcils et le bas du visage entouré d'une écharpe derrière laquelle elle semble vouloir disparaître. En consultant son ordinateur, M. Bastien Caban, responsable du Secours populaire du Finistère, qui compte 28 antennes, détaille pour nous : « Depuis le 1er janvier, on a déjà enregistré 750 nouvelles demandes [de dossier d'aide alimentaire pouvant inclure 1 à 12 personnes] pour la seule antenne de Brest. Nous sommes venus en aide à 26 239 personnes en 2023 dans le département : c'est 27 % de plus qu'en 2022. » Parmi elles, un nombre croissant de retraités, de familles monoparentales, de travailleurs pauvres, d'étudiants « qui arrivaient à survivre jusqu'ici mais n'y parviennent plus ».
C'est le cas de David, en école d'ingénieur. Une bénévole vêtue du dossard bleu de l'association consulte la fiche qui précise les quantités auxquelles chacun a droit en fonction de sa situation. Elle indique au jeune homme, en passant devant l'étagère où sont entreposées boîtes et bouteilles, « tu as droit à deux briques de lait », qu'elle lui tend pour qu'il remplisse son Caddie. Elle nous explique ensuite : « Avant, on n'en donnait jamais moins de trois par personne. Mais on a de plus en plus de bénéficiaires et on collecte de moins en moins. On essaie d'avoir de tout : de la viande, du poisson, des fruits et des légumes, et des produits “plaisir”, mais ça se tend. Pour que tout le monde en ait un peu, il faut répartir. »
Avec la valise dans laquelle il transporte ses denrées, chaque mois plus légère, David repart vers son studio de la cité universitaire, à deux kilomètres. Dans moins d'une semaine, son colis alimentaire épuisé, il refera la queue pour se nourrir, mais cette fois devant un petit local du hall de la faculté des sciences et techniques de l'université de Bretagne occidentale. L'épicerie solidaire Agoraé permet aux étudiants répondant à certains critères sociaux d'acheter des denrées à prix réduit. Presque quatre cents d'entre eux s'y bousculent de 16 h 30 à 18 h 30, un chiffre en constante augmentation. « Pour l'instant, on ne refuse personne, assure Mme Mathilde Jaouen, l'une des responsables de l'association. Mais dans quelques années il faudra peut-être qu'on fixe un nombre limite de bénéficiaires, car on commence à être juste en quantité. » Mêmes angoisses aux Restos du cœur ou au Secours catholique.
Au Secours populaire, il est 12 h 30. La distribution se termine. Elle reprendra à 14 h 30, après la pause des bénévoles. Muriel, la dernière bénéficiaire de la matinée, pousse son Caddie vers le parking où l'attend son mari. « Nous ne sommes pas venus depuis novembre », semble-t-elle se justifier. En l'aidant à ranger les produits dans le coffre de la voiture, son époux explique : « Là, c'est vraiment compliqué, parce qu'avec les fêtes on a beaucoup dépensé. On a trois enfants. Nous on peut se priver. Mais les enfants… En plus, ils croient encore au Père Noël… » « On veut qu'ils se sentent comme les autres », complète Muriel. Beaucoup de gens rencontrés partagent cette aspiration, « être comme tout le monde ».
Pour Josiane, cela signifie fêter l'anniversaire de ses petits-enfants au restaurant : à La Cantoche, établissement solidaire du quartier populaire de Recouvrance à Brest, qui sert un menu unique à un tarif ajusté aux revenus des clients. Ils ont donc déjeuné d'œufs brouillés, d'escalope de dinde à la crème et aux champignons et d'un moelleux au chocolat. La lumière s'est tamisée au dessert. Toute la salle a chanté « joyeux anniversaire » et a applaudi une fois les bougies soufflées. Repus, heureux, la bouche encore pleine de chocolat, les petits-enfants de Josiane ont crié : « Merci mamie ! »
Mme Floch n'a pas réveillonné au Nouvel An. Pour Noël, elle avait voulu « faire un truc bien », même si cela dépassait ses moyens. « Je me suis fait plaisir et je ne suis pas la seule. Je voyais des gens qui avaient des Caddies qu'ils ne pouvaient pas se payer. Ils se sont endettés pour ça. Mais on a besoin de décompresser ! Comme tout le monde, je n'ai que ça en tête, l'argent : je regarde mon compte en banque tous les jours pour finir le mois pas trop dans le rouge. » M. Patrick G., assistant social au centre départemental d'action sociale (CDAS), nous dit « monter de plus en plus de dossiers de surendettement. Souvent, ce sont des gens qui ont un revenu régulier mais très bas. Ce ne sont pas des gens qui sont au RSA [revenu de solidarité active], parce que ceux-là, on ne leur accorde pas de crédit ». Tels des équilibristes, ils arbitrent sans cesse entre leurs dépenses, toujours au bord de la chute. « Ces personnes-là arrivent péniblement à la fin du mois à zéro, et se retrouvent dans le rouge au moindre imprévu. » Par exemple, un appareil ménager qui tombe en panne… Ou un projet de voyage scolaire qui déclenche un petit emprunt, pour éviter de mettre les enfants dans l'embarras. « Des choses comme ça vont petit à petit les enfermer dans une spirale, alors que ce sont plutôt des gens qui gèrent bien leur budget ! »
Martin Bertrand. – Distribution alimentaire aux étudiants sur le campus de l'université Rennes 2, 2022
Mme Solène Morvan en sait quelque chose. Depuis que la courroie de distribution de sa voiture a lâché, c'est la dégringolade. « Je suis auxiliaire de vie. Sans voiture, je ne peux pas travailler. Je ne sais pas comment je vais m'en sortir. » Séparée, elle élève seule ses deux enfants, ce qui l'a conduite à abandonner son travail de responsable de boutique pour se mettre à son compte et adapter ses horaires. « Mais je n'arrête pas depuis que je ne travaille plus à cause de la voiture. Je vais le midi à l'école parce que je n'ai plus les moyens de payer la cantine — avant ça, je me débrouille pour cuisiner quelque chose de bon grâce à l'aide alimentaire. Puis retour à l'école. Et puis aussi j'emmène trois fois par semaine ma fille chez le psy, car avec tout ça elle est déboussolée et souffre de phobie scolaire. » Elle poursuit : « Les moyens de transport ne sont pas du tout adaptés : il y a un bus le matin pour Brest, la grande ville la plus proche [à une trentaine de kilomètres de la petite commune côtière de Ploudalmézeau, où elle vit], et un bus le soir, aux horaires scolaires. Comment vous voulez faire ? » Un constat que partage M. G., du CDAS : « On reproche aux gens de ne rien faire, de ne pas aller vers l'emploi, mais l'emploi n'est pas toujours juste à côté ! C'est un problème dans les zones rurales : soit on a un moyen de locomotion, ce qui coûte cher, et même de plus en plus cher, soit on reste dans son trou sans pouvoir bouger. »
Si l'on peut bouger, « le boulot, ce n'est pas ce qui manque ici ! », affirme Mme Perquis derrière son bureau de la Maison de l'emploi, située sur la commune de Lanrivoaré, qu'aucun bus ne dessert. « Il y a les serres, le bâtiment, la restauration, les usines agroalimentaires. Il y a un gros turn-over car ce sont des CDD [contrats à durée déterminée] ou des emplois saisonniers. Il y a aussi beaucoup d'emplois à temps partiel contraint : deux heures de ménage par-ci, dix heures de ménage par-là, on multiplie. » Roger travaille depuis plus de vingt ans en intérim. Il résume : « Faut pas être trop regardant, c'est tout… J'ai fait toutes les usines du coin : mise en conserve de légumes, abattoir, usine de nourriture animale ou usine de poudre de lait. Et actuellement je travaille dans une cartonnerie. » Roger enchaîne les tasses de café dans le salon de la vieille ferme qu'il a rénovée, à quatre kilomètres de Carhaix. Il a encore changé d'horaires. « Aujourd'hui, je commence à 13 heures, la semaine passée, je faisais la nuit. Il faut s'accrocher car le changement de rythme, ça casse. Il y en a qui prennent de la drogue pour tenir, moi je me contente de caféine ! » Pas question de contester le planning, qui tombe chaque jeudi pour la semaine suivante, car « il y a beaucoup de main-d'œuvre disponible, on est interchangeables. Ils nous le font bien savoir. Ils menacent de ne pas te reprendre ou te mettent à l'arrêt pendant trois semaines si tu n'es pas content. Imaginez-vous, être au chômage pendant trois semaines avec des crédits à payer et des charges sur le dos, c'est compliqué ! ».
« Ceux qui ont les dents cariées, ce sont les travailleurs »
Pour Mme Évelyne Le Guern, qui travaille depuis 2015 à Synutra, une usine de poudre de lait à Carhaix, il n'y a pas que les patrons que ce système arrange : « Les gens préfèrent rester en intérim car ça paye mieux. Moi, ce qui me freine, c'est que j'ai mal au bras, et au dos aussi. Donc je préfère rester en CDI [contrat à durée indéterminée]. » À la suite de son licenciement en 2014 de l'usine de saumon fumé Marine Harvest Kritsen, délocalisée en Pologne, elle s'était dit « plus jamais ça ». « Mais on m'a proposé de travailler à Synutra, qui venait juste d'ouvrir. Pour cela, j'ai dû faire quatre cents heures de formation, des maths, du français, apprendre la filière laitière. À 47 ans, je n'avais pas vraiment envie de retourner à l'école. Mais à la cellule de reclassement, on nous a mis un peu la pression. On était un peu perdus. On venait de se battre pour empêcher la fermeture de l'usine, vu que l'année précédente ils avaient fait 400 millions de bénéfices. J'ai pensé : “J'ai bossé treize ans juste pour engraisser tous ces actionnaires”… » Trois salariés se sont suicidés, d'autres n'ont pas retrouvé d'emploi, parfois devenus « inemployables » car psychologiquement et physiquement détruits.
Mais ce qui énerve Mme Le Guern, ce sont les « assistés » : « Quand je pense à comme c'était la misère, à ma mère qui est retournée à 38 ans à l'école pour avoir son certificat d'études et être embauchée en cuisine à l'hôpital de Carhaix, et que je vois des gens qui ne foutent rien et qui vivent des “allocs”, ça me dépasse ! Toi tu te lèves le matin, tu bosses comme un chien pour avoir un salaire de merde et… on te donne rien, zéro ! Ma mère ne peut même pas se payer un Ehpad [établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes] avec sa retraite, alors je vais devoir faire un prêt pour ça… Ceux qui ont les dents cariées, ce sont des travailleurs ; les autres, ils sont soignés ! » Pourtant, M. G. rappelle : « On survit au jour le jour, on ne vit pas avec les aides. En plus, elles se sont tellement réduites, c'est devenu tellement compliqué de les obtenir que ça ne veut plus dire grand-chose, “être assisté”. J'ai eu une mère de famille qui a commencé à se prostituer pour payer ses charges. Je vois des gamins faire les guetteurs ou les dealeurs de bas étage pour permettre à leurs familles de payer leur loyer. Je ne sais pas si ça fait rêver grand monde… »
D'un côté, le durcissement des conditions d'accès aux aides publiques ; de l'autre, toujours plus de personnes qui en dépendent dès lors que leurs revenus ne leur permettent pas de vivre : « En 1985, quand j'ai commencé dans l'action sociale, poursuit M. G., les salariés, on ne les voyait quasiment pas. À l'époque, le travail rémunérait à peu près correctement. Maintenant, je vois beaucoup de travailleurs pauvres. Ce ne sont pas les aides qui sont trop élevées, ce sont plutôt les salaires qui sont trop bas. » Mme Karine L., assistante sociale, le confirme : « Tout devient précaire. Par exemple, maintenant, beaucoup de gens travaillent à France Travail sous contrat de six mois, pas toujours renouvelable, sans formation. Comment voulez-vous qu'ils soient efficaces pour trouver un emploi à quelqu'un ? »
La fille de Mme Floch, également aide à domicile, en fait les frais. « Le vieux monsieur dont elle s'occupait vient d'être hospitalisé », raconte sa mère. Auparavant, elle exerçait dans une agence. Mais la pression devenait insupportable. « Ils traçaient les employés avec les smartphones pour vérifier qu'on ne traînait pas trop chez les clients. Ça force à traiter la personne aidée comme un objet. » Elles deux font donc « les démarches auprès de France Travail ». Les heures passées à s'occuper du « vieux monsieur » sous le statut d'autoentrepreneuse ne donnent cependant pas droit à des allocations-chômage. Mme Floch se désespère concernant sa fille : « Ça fait plusieurs semaines qu'on nous renvoie d'un service à l'autre. Parfois c'est un conseiller de Rennes qui décroche le téléphone, une autre fois, c'est quelqu'un de Brest. On ne sait même pas qui a son dossier et eux non plus ! Tout se fait par téléphone ou Internet, on ne peut voir personne, on devient folles ! »
L'État se décharge sur les associations
Mme Perquis renchérit : « Tout est dématérialisé, il n'y a plus d'interlocuteurs. Beaucoup de gens sont perdus, et pas que des vieux ! » Mais l'informatisation n'est pas seule en cause (1). À quelques mois de la retraite, M. G. raconte, désabusé : « Quand j'ai commencé, entre 70 et 80 % de nos heures on était en face à face. Aujourd'hui, c'est 20 à 30 %. Le reste du temps, on doit faire des rapports ou contrôler les dossiers, comme si la majorité des gens qui touchent les minima sociaux fraudaient. » Fin 2023, le gouvernement a réformé le RSA. « Comme on ne peut soi-disant plus aider les gens, déplore l'agent du CDAS, on va les renvoyer vers France Travail, qui va leur faire faire des boulots de merde (2)que personne ne veut faire, et pour moins qu'un smic horaire. »
Suspicions et contraintes prévalent, alors que nombre de bénéficiaires potentiels ignorent leurs droits ou renoncent aux démarches. En 2022, un cinquième des foyers éligibles au RSA n'y recouraient pas (3). Selon M. Caban, du Secours populaire, en se rendant inatteignable, ou procédurière, « la puissance publique se décharge sur le monde associatif. Sauf que nous, on n'a pas les moyens d'aider tout le monde ». L'État social tend aussi à externaliser. « Maintenant, on est obligés d'envoyer les gens vers des prestataires privés », confirme Mme L. Par exemple vers l'une des 99 antennes de Pimms Médiation, qui ont pour but de « faciliter l'accès des populations aux services publics et aux droits sociaux ». Financées par La Poste, Keolis, EDF, la SNCF, Enedis, Suez, Veolia, Engie et la caisse de retraite complémentaire Malakoff Humanis, elles accompagnent ceux qui ne parviennent pas à régler leur facture à ces « entreprises partenaires » — ou à remplir leur demande d'aide personnalisée au logement (APL) ou leur déclaration des revenus. « Vous imaginez un lieu financé par EDF qui conseille les gens sur leurs factures EDF ! On marche sur la tête ! », s'insurge Mme L.
Martin Bertrand. — Le QG des « gilets jaunes » de Dinan, 2019
Il y a cinq ans, le gouvernement avait aussi lancé un projet de « maisons France services », pour « renforcer la présence des services publics de proximité ». M. Sébastien Marie, maire de la petite commune de Plounéour-Ménez, dans les monts d'Arrée, nous raconte : « Il y a dix ans, on avait une poste. Maintenant, c'est une agence postale, donc c'est la mairie qui se débrouille avec du personnel municipal. Avant, on avait un centre des impôts à Pleyber-Christ, à dix minutes. Maintenant, il faut aller à Morlaix, à trente minutes. Avec huit communes du coin, on s'est organisés pour avoir une maison France services itinérante. Donc tous les mercredis, une personne de France services vient ici à la mairie renseigner les gens sur une dizaine de services publics : les impôts, les caisses de retraite, la Sécu, etc. Mais surtout, elle aide les gens ayant du mal avec Internet à faire les démarches. Donc cette mairie, ça devient la maison du peuple. Et cela signifie qu'il peut y avoir des différences phénoménales d'une commune à l'autre, en fonction des volontés politiques locales. » Le financement des maisons France services incombe en grande partie aux mairies, au détriment de l'entretien des écoles ou de la construction de logements sociaux. « C'est une erreur de nous faire prendre la place de l'État, déplore M. Guy Pennec, maire de Plourin-lès-Morlaix. Il faut lui rappeler son rôle, son importance, et ses obligations surtout. »
Les habitants de Carhaix l'ont fait. « Désormais, notre hôpital public est reconnu en tant que tel », se félicitait leur maire, M. Christian Troadec, sur France Info le 27 octobre 2023, après la signature d'un accord qui engage l'État à rouvrir les urgences de nuit ainsi qu'à maintenir les services de chirurgie et de maternité. La présidente du comité de défense de l'hôpital de Carhaix, Mme Annie Le Guen, raconte comment les Carhaisiens ont dû descendre dans la rue à plusieurs reprises en 2023, notamment en septembre, afin de demander l'arrêt de la « régulation » du service des urgences mise en place début juillet pour cause de manque de médecins : « On utilise les mots qui trompent pour mieux gruger. La réalité du territoire vécu, c'est que ce n'était pas régulé, mais fermé. Ils avaient juste ajouté à l'entrée des urgences un téléphone pour pouvoir appeler le 15 en cas de fermeture plutôt que d'avoir à téléphoner sur le parking en cherchant à capter du réseau. Et il fallait attendre qu'on vous dise au téléphone quel hôpital pouvait vous accueillir. Du coup, il y a eu des drames, des gens qui sont repartis chez eux, ce qui a aggravé leur état de santé, et d'autres qui ont dû faire une heure de route pour se rendre à des urgences où, une fois arrivés, la prise en charge n'a pas été immédiate, vu que du coup ces services sont saturés ! » « Et puis tout le monde n'a pas le permis », renchérit M. Matthieu Guillemot, porte-parole du comité de vigilance de l'hôpital de Carhaix. Il poursuit : « Si ton père ou ta fille sont hospitalisés à Brest ou à Morlaix, tu vas les voir quand, si tu bosses ? Mais on a lutté, on n'a rien lâché, on a occupé les locaux de l'ARS [agence régionale de santé], on a été des milliers à manifester et on a gagné. On a réussi à les faire plier. Mais tout ça laisse des cicatrices et même de la haine. Lorsqu'on se mobilisait contre la fermeture de la maternité, la directrice du CHU [centre hospitalier universitaire] de Brest-Carhaix, qui vient tout droit de Paris, où elle occupait un poste important au sein de l'AP-HP [Assistance publique — Hôpitaux de Paris], a quand même osé déclarer : “Si les femmes de Guyane mettent trois jours de pirogue pour aller accoucher, les Centre-Bretonnes peuvent bien faire une heure de route pour en faire autant” ! »
« Ce mépris, ce regard-là de la part des élites, il est insupportable », conclut ce restaurateur qui fut l'un des porte-parole du mouvement des « bonnets rouges » en 2013 (4). Mme Le Guern, qui y était très impliquée, nous raconte : « À l'époque, on était tous mobilisés, nous, les ouvriers, pour défendre nos emplois menacés par les fermetures d'usine, et d'autres pour le retrait de l'écotaxe. Les médias ont tout fait pour décrédibiliser le mouvement mais, en fait, c'était juste un peuple qui se soulevait. On travaille pour payer les factures, on n'a pas de loisirs, on ne peut rien se permettre. Est-ce qu'un jour on va sortir le bec de l'eau ? » Le mouvement l'a formée politiquement, elle qui milite aujourd'hui au Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) : « J'ai tissé des liens, j'ai fait connaissance avec des gens que je n'aurais pas rencontrés en dehors de la manifestation, car à l'usine, avec le turn-over et l'intérim, on ne se connaît pas vraiment, on ne peut pas se parler. Aujourd'hui, je suis beaucoup plus dans les luttes. » Enfin, quand elle le peut, car « quand on a mal partout et qu'on est crevé du travail, on n'a pas forcément envie le week-end d'aller en manif pour prendre des coups et du gaz ».
Les médias font tout pour décrédibiliser la révolte
Selon Mme Floch, qui s'était beaucoup mobilisée pendant le mouvement des « gilets jaunes » de 2018-2019, « les gens sont résignés, chacun se replie sur ses difficultés. On est sur un fil et on fait tout pour ne pas dégringoler. Faire grève ou manifester, ça coûte cher ». Mais, souligne M. G., « le sentiment d'injustice est toujours là. Je ne sais pas quelle sera l'étincelle qui mettra le feu aux poudres, mais il y aura quelque chose à un moment donné, parce que les gens, de quelque côté qu'ils regardent, la porte est fermée. Il y a eu les “bonnets rouges”, il y a eu les “gilets jaunes”, on les a étouffés sans donner de solution, à part leur crever les yeux. Il y a eu les réformes des retraites, des millions de gens dans la rue, on leur a dit : “C'est comme ça et puis c'est tout.” Alors les gens sont rentrés chez eux, mais… ».
De son côté, le premier ministre « assume totalement » une nouvelle réforme de l'assurance-chômage (Le Monde, 5 avril 2024). Sur BFM TV, le 5 mai 2023, M. Gabriel Attal, alors ministre délégué aux comptes publics, se félicitait même de bientôt prendre « des mesures difficiles » : nouvelle réduction de la durée d'indemnisation ou nouvelles restrictions des droits aux allocations, intensification des contrôles pour forcer les plus fragiles à occuper des emplois qu'aucun membre du gouvernement ne verra jamais imposer à un proche…
On se représente donc mal ce que ces mesures ont de « difficile » pour M. Attal, et pas mieux le courage qu'il aurait d'« assumer » un tel saccage.
The author of a new book that tells the story of a White supremacist coup in her hometown of Wilmington, North Carolina has spoken to FRANCE 24 about how those involved and the authorities covered up the event for years. The coup happened back in 1898, but was never mentioned in local schools even when she was a pupil. Lauren Collins is currently living in Paris, where she is a staff journalist for The New Yorker. She spoke to us in Perspective about her book, "They Stole a City".
Selon un rapport de la chambre régionale des comptes d’Occitanie rendu public le 28 septembre 2026, le centre hospitalier de Perpignan a vu ses séjours bondir de 18 % entre 2019 et 2024, quand ses urgences perdaient 7 % de leurs médecins. Dans le même temps, la direction annonce un centre de cancérologie à 31 millions d'euros pour 2028.
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Les soignants perpignanais ne manquent ni de courage ni de patients. Ils manquent de collègues. Et le rapport de la chambre régionale des comptes, qui couvre les années 2019 à 2024, éclaire une question que la puissance publique évite : où va l'argent quand l'activité explose ?
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Une activité qui augmente, des urgentistes qui diminuent
Dans son rapport rendu public le 28 septembre 2026, la chambre régionale des comptes d’Occitanie examine la situation du centre hospitalier de Perpignan sur la période 2019-2024. Le constat est clair : le nombre de séjours est passé de 46 335 à 54 830, soit 18 % de hausse, quand les effectifs médicaux n’ont progressé que de 10 %. La chambre relève ainsi une augmentation de la productivité médicale, autrement dit une charge supérieure supportée par les équipes.
Le cas des urgences est encore plus préoccupant. Leur fréquentation avoisine 59 000 passages annuels, tandis que les effectifs médicaux ont diminué de 7 % en cinq ans. Selon les calculs rapportés par la chambre, cette baisse représente environ 275 urgences supplémentaires par an pour chaque urgentiste à temps plein. Certaines périodes ont même connu des réductions d’effectifs proches de 40 %. La maison médicale de garde, située à proximité, a parallèlement vu sa fréquentation bondir de 47 %, de 38 274 à 56 322 patients.
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31 millions pour investir quand les marges sont limitées
L’hôpital a consacré 21 millions d’euros à l’achat de produits pharmaceutiques et ses charges hôtelières et générales ont progressé de 39 %, soit 9 millions d’euros supplémentaires. Sa trésorerie disponible plafonne à environ 10 millions d’euros. Pourtant, un projet de filière de cancérologie évalué à 31 millions d’euros est prévu pour 2028. Son financement devrait donc largement dépendre de ressources extérieures et, potentiellement, de l’emprunt. Le directeur assure que plusieurs indicateurs financiers se sont améliorés en 2025 et que le déficit diminue.
Il ne s’agit pas de mettre en cause les soignants, qui travaillent avec des moyens sous tension, mais les arbitrages opérés au sommet de l’institution. Reste une zone d'ombre : qui finance quoi, et selon quel calendrier ? Le financement du projet de cancérologie, ses sources et son impact sur les dépenses de fonctionnement mériteraient d'être publiés. Faute de transparence, le contribuable paie deux fois : par l'impôt qui alimente l'hôpital, puis par l'attente sur un brancard.
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Following months of consultations with energy experts, Mexico is preparing to tap its shale oil and gas reserves using one of the world's most controversial extraction techniques: fracking. The process is already used to extract oil in the southeastern state of Veracruz, where local communities have long complained of pollution and environmental damage. But the administration of President Claudia Sheinbaum is seeking to reduce Mexico's reliance on the United States and – eventually – achieve energy self-sufficiency. FRANCE 24's Quentin Duval and Laurence Cuvillier report.
Aucun drapeau n'a t pitin ni dtrior, a affirm l'quipe de l'eurodpute La France insoumise pour contredire certaines accusations. Elle revendique avoir voulu retirer le drapeau de l'Etat hbreu dans un geste de dnonciation du gnocide Gaza.
«¡Ay!, cuando la libertad del individuo se define y se entrelaza con la libertad de un todo imaginario, el individuo deja de tener una libertad propia y exclusiva. Ya no es tu libertad, sino nuestra libertad. Ya no se trata de tu salud, sino de nuestra...
Un soldado israelí monta guardia mientras un grupo de jóvenes se manifiesta el 17 de junio de 2026, durante una protesta de judíos ultraortodoxos contra el servicio militar obligatorio en Israel, frente a la base militar de Beit Lid en Kfar Yona, Israel....
« Manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche », dit Matignon des quatre cents lycées bloqués. La France dépense 10 580 euros par an pour un collégien. À ses parents, elle accorde 61 euros de réduction d'impôt. Je propose l'inverse : l'argent aux parents, et qu'ils choisissent l'école.
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Soixante et un euros. C'est ce que le fisc accorde chaque année aux parents d'un collégien, au titre des « frais de scolarité ». Cent cinquante-trois euros pour un lycéen. Encore faut-il payer l'impôt sur le revenu : 46 % des foyers seulement sont dans ce cas. Les autres n'ont rien.
La même année, la France dépense 10 580 euros pour ce collégien, et 13 200 pour un lycéen de la voie générale. L'essentiel est payé par l'État et les collectivités. Sur cette somme, ses parents ne décident de rien : ni de l'établissement, que leur adresse désigne, ni des professeurs, qu'un barème affecte, ni du programme, qu'un bureau rédige. Soixante et un euros sur 10 580 : à peine plus d'un demi pour cent. C'est la part exacte de confiance que le pays leur fait.
Gardez ces deux chiffres en tête. Ils expliquent mieux les lycées bloqués que tout ce qu'on entend depuis quinze jours.
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Le mouvement est parti le 21 septembre d'un lycée de Créteil. Dix jours plus tard, on comptait près de mille actions en une journée et environ quatre cents établissements fermés. Matignon a trouvé l'explication : une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche ». Bruno Retailleau a renchéri : « Il y a cette jeunesse qui s'engage, qui veut éteindre le feu, et une jeunesse qui veut mettre le feu. » Philippe de Villiers, dans le Journal du Dimanche, a compté deux jeunesses lui aussi.
Entendons-nous sur les violences. Elles sont réelles, et rien ne les excuse : vingt-quatre établissements « incendiés ou saccagés », selon le ministre de l'Éducation, une centaine dégradés sévèrement, des proviseurs blessés. Mais comptez dans l'autre sens. La France a 3 700 lycées. Le ministre dénombre 735 établissements touchés par le mouvement. Restent, au bas mot, près de trois mille lycées où il ne s'est rien passé, et quelque six cents où l'on a bloqué sans dégât sérieux. Vingt-quatre sur 3 700 : moins d'un pour cent. Ce sont ceux-là qu'on nous montre depuis quinze jours, et l'on en tire le portrait d'une génération.
Que La France insoumise souffle sur les braises, je le crois volontiers, et 61 % des Français jugent qu'elle n'est pas dans son rôle. Mais souffler n'est pas allumer. Aucun parti n'a les moyens de fermer quatre cents lycées dans un pays où les élèves seraient contents d'y entrer. Le même sondage dit que 62 % des Français trouvent la mobilisation justifiée, et que les deux tiers ne se sentent proches ni de LFI ni du gouvernement.
Expliquer une colère par ceux qui l'exploitent, c'est une théorie du complot comme une autre. Elle a le même usage que les autres : elle dispense de regarder. Regardons donc.
Reste la manière d'enseigner. Selon l'enquête TALIS de l'OCDE, 53 % des professeurs débutants jugent en France leur formation adaptée, contre 75 % en moyenne dans les pays comparables. On envoie devant des adolescents de 2026 des gens qu'on n'a pas préparés, puis l'on s'étonne.
Des moyens qui montent, des résultats qui tombent, un argent distribué à l'aveugle, des professeurs laissés seuls. Les lycéens n'ont pas eu besoin de Jean-Luc Mélenchon pour s'en apercevoir. Ils y passent leurs journées.
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Ces trois défauts n'en font qu'un, et Friedrich Hayek lui a donné un nom en 1988 : la présomption fatale. C'est l'idée qu'un petit nombre de gens instruits, réunis dans un bureau, en savent assez pour organiser la vie de millions d'autres mieux que ceux-ci ne le feraient eux-mêmes.
Hayek ne dit pas que ces gens sont sots. Il dit qu'ils ne peuvent pas savoir. Ce qu'il faut connaître pour éduquer un enfant n'est écrit nulle part : que celui-ci s'ennuie et que celui-là se noie, que ce professeur de mathématiques est remarquable et que cet autre est absent depuis novembre, que dans ce quartier il manque un lycée professionnel et dans ce bourg une classe bilingue. Cette connaissance existe. Elle est dans la tête des parents, des élèves, des professeurs, d'un proviseur. Elle ne remonte dans aucun tableau de la rue de Grenelle, ou alors dix ans trop tard : voyez la carte de l'éducation prioritaire.
Relisez maintenant l'affaire de l'indice social. Le ministère détenait une information utile aux familles, et il l'a cachée pour qu'elles ne s'en servent pas. Tout y est. L'administration ne se contente pas d'ignorer ce que savent les parents. Elle leur retire ce qu'elle sait, de peur qu'ils choisissent.
À le bien regarder, nous avons bâti l'école sur une hypothèse que personne n'oserait écrire : un rédacteur de circulaire connaîtrait mieux votre fils que vous. Sept ministres se sont succédé rue de Grenelle depuis mai 2022. Chacun est arrivé avec sa réforme, et aucun n'a touché à la règle du jeu, puisque la règle du jeu est justement qu'on décide d'en haut. On ne corrige pas une présomption en changeant le présomptueux.
L'autre voie, Hayek l'appelait l'ordre spontané : laisser décider ceux qui savent, et laisser l'offre se former autour de leurs décisions. Des écoles qui ouvrent parce que des familles en veulent. Des écoles qui ferment parce qu'elles n'en veulent plus. Personne ne l'a planifié, et c'est pour cela que ça s'ajuste.
L'argent suit l'enfant
Tout repose sur un constat d'une grande banalité : dans leur immense majorité, les parents veulent le bien de leur enfant. Pas tous, pas toujours avec discernement, mais plus sûrement et plus obstinément qu'aucune administration. Un recteur change de poste ; un père reste père.
Ils savent d'ailleurs très bien ce qui ne va pas. Interrogés par l'Ifop pour le Comité national d'action laïque, qui défend l'école publique, 93 % des parents jugent urgent d'y améliorer la sécurité et la discipline, et 88 % la qualité de l'enseignement. On ne leur demande pas leur avis. On leur attribue une adresse.
Le chèque scolaire retourne le circuit. Aujourd'hui l'État finance des établissements et y affecte des enfants. Demain il financerait des enfants, et les établissements viendraient les chercher.
Concrètement : on cesse de subventionner les écoles, et chaque famille reçoit pour chaque enfant un crédit d'impôt égal à la subvention moyenne par élève de l'année scolaire concernée. Un crédit d'impôt, et non une réduction comme les 61 euros d'aujourd'hui : ceux qui ne paient pas l'impôt sur le revenu, plus d'un foyer sur deux, le touchent quand même, et pour la même somme. Fléché, bien entendu : il ne règle qu'une inscription, dans l'école publique ou privée que les parents ont choisie. Et versé directement à l'établissement, comme l'Urssaf avance déjà le crédit d'impôt des emplois à domicile, pour que personne n'ait à sortir une pareille somme de sa poche.
Ce n'est pas une rêverie. La Suède le pratique depuis 1992 : la commune verse la même somme par élève à l'école municipale et à l'école indépendante, celle-ci est gratuite et ouverte à tous, et près d'un lycéen sur trois y est aujourd'hui inscrit. Les Pays-Bas financent à égalité écoles publiques et écoles privées depuis 1917, et les trois quarts des élèves y fréquentent une école privée.
Ce que le chèque ne règle pas
Je ne vends pas un remède miracle. La Suède se dispute depuis des années sur ses écoles indépendantes : notes gonflées pour attirer les familles, élèves qui se regroupent par milieu, et une partie de la presse française y voit un « anti-modèle ». Les syndicats d'enseignants objectent que l'école privée choisit ses élèves quand l'école publique les prend tous, et que le chèque ferait de celle-ci l'école de ceux dont personne ne veut. Ils désignent ainsi la règle qu'il faut écrire : une école qui encaisse le chèque ne trie pas à l'entrée.
Reste le supplément qu'elle pourrait réclamer en plus du chèque. La question se dispute. La Suède l'interdit. On peut aussi l'admettre, à condition que l'État ajoute au chèque des enfants pauvres une subvention de discrimination positive, pour que le prix ne leur ferme aucune porte. Les 2,6 milliards de l'éducation prioritaire, qui manquent aujourd'hui sept élèves défavorisés sur dix, suivraient alors l'enfant et non la carte.
Il y a aussi ce que le chèque ne peut pas faire. Dans un bourg qui n'a qu'une école, le choix reste sur le papier, au moins les premières années. Un parent qui ne s'occupe pas de son enfant ne s'en occupera pas davantage avec un crédit d'impôt, et pour celui-là l'État garde tout son rôle : l'obligation scolaire, l'inspection, l'examen national qui dit ce que l'élève sait. Et l'opinion n'est pas acquise. Dans le sondage que je citais, 60 % des parents voudraient que le privé soit payé par les seules familles. J'imagine qu'ils répondraient autrement si le chèque était dans leur poche et non dans celle du voisin. Je n'en ai pas la preuve.
Mais regardez ce qu'il change, et qu'aucune réforme n'a changé. Aujourd'hui, un collège où une heure sur dix n'est pas assurée ne perd pas un euro. Les familles n'ont aucun moyen de le lui faire savoir, sinon déménager ou payer deux fois, l'impôt puis l'école privée. Avec le chèque, l'établissement que les parents quittent perd ses moyens, celui qu'ils demandent en gagne, et le ministère l'apprend le jour même, sans rapport de la Cour des comptes, sans tribunal administratif, sans blocus.
L'information que la rue de Grenelle cachait aux parents devient ce qui fait tourner la machine. C'est en cela que la réforme est structurelle. Elle ne demande pas à l'Éducation nationale de se corriger, ce qu'elle ne sait pas faire. Elle change la main qui tient le carnet de chèques.
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Reste nous. Le chèque scolaire a un prix que ses partisans annoncent rarement : il nous retire une excuse. Depuis quarante ans, nous confions nos enfants à l'État, nous nous plaignons de ce qu'il en fait, et nous votons pour celui qui promet des moyens. C'est confortable. Le jour où l'argent est dans notre main, il faut visiter, comparer, se tromper, changer, et ne plus pouvoir dire que c'est la faute du ministre. Je ne suis pas certain que nous en ayons tous envie.
Les lycéens de Créteil demandent des professeurs et des salles qui tiennent debout. On leur répond Mélenchon. On pourrait leur répondre ceci : plus de 13 000 euros sont dépensés chaque année au nom de chacun de vous, et ni vous ni vos parents n'avez votre mot à dire sur un seul.
Soixante et un euros de confiance sur 10 580, pour les parents d'un collégien. Commençons par inverser la proportion.
Dix jours avant le 7 octobre 2023, le président des Émirats aurait appelé Benyamin Nétanyahou pendant quarante-cinq minutes pour le prévenir que le Hamas préparait « un événement majeur ». Trois journaux l'écrivent depuis septembre. Lui répond qu'il n'a pas parlé à cet homme pendant cette période. Un appel entre deux chefs d'État laisse un registre. Depuis trois ans, il refuse la seule commission qui pourrait l'ouvrir.
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Le 8 septembre, le quotidien israélien Haaretz a publié les bonnes feuilles d'une enquête de deux journalistes, Shlomi Eldar et Ruth Yuval. On y lit qu'à la fin de septembre 2023, une dizaine de jours avant l'attaque, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a téléphoné à Benyamin Nétanyahou. L'appel aurait duré quarante-cinq minutes. Un conseiller présent le résume ainsi : « L'émir a expliqué que, selon son évaluation, Sinwar préparait un événement majeur. Il a dit à Nétanyahou qu'Israël devait se tenir prêt. » Yahya Sinwar était alors le chef du Hamas à Gaza.
Selon le même récit, le chef du gouvernement a rassuré son interlocuteur et n'a transmis l'avertissement ni à son ministre de la Défense, ni au chef d'état-major, ni aux directeurs du Shin Bet et du Mossad, les deux services de renseignement du pays. Le New York Timesa confirmé l'appel le 25 septembre.
Le bureau du Premier ministre a répondu : « Un mensonge absolu. » Puis : Nétanyahou « n'a pas parlé au président des Émirats arabes unis pendant la période en question et n'a reçu aucun avertissement de sa part ».
Israël vote le 27 octobre. Les témoins qui parlent aujourd'hui ont presque tous un compte à régler avec lui, et plusieurs ont eux-mêmes failli ce jour-là. Je m'en tiendrai donc aux dates, aux documents, et à ce que lui-même a répondu chaque fois.
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Le 5 août 2018, Nétanyahou annonce à ses ministres qu'un émissaire qatari, Mohammed Al-Amadi, atterrira désormais chaque mois à l'aéroport Ben-Gourion et gagnera Gaza avec des valises de billets. Trente millions de dollars par mois : un