❌

Normal view

Received — 7 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités

7 October 2026 at 15:44

Par Vincent Clairmont

1,4 milliard d'euros sur un effort de 54. En moyenne, 304 euros par an pour chacun des 4,6 millions de foyers concernés. C'est la mesure que la commission des finances a supprimée le 7 octobre, avec les voix de partis qui chiffrent le redressement des comptes en dizaines de milliards.

Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a supprimé l'article 3 du projet de budget pour 2027. Le texte abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % appliqué aux pensions pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Rendement attendu : 1,4 milliard d'euros. Foyers concernés : 4,6 millions. Six groupes avaient déposé des amendements de suppression : Rassemblement national, UDR, Droite républicaine, Horizons, La France insoumise, communistes. Ensemble pour la République et le MoDem ont défendu la mesure. Le vote est provisoire : en séance, à partir du 13 octobre, la discussion repart du texte du gouvernement.

Il faut dire ce que l'article faisait, parce que le débat a porté sur autre chose. L'abattement n'était pas supprimé. Son plafond baissait, et ce plafond ne joue qu'au-delà de 30 000 euros de pensions par foyer et par an. En dessous, rien ne changeait. Au-dessus, la perte était bornée : 1 439 euros d'abattement en moins, soit 432 euros d'impôt pour un foyer imposé à 30 %. Rapporté aux foyers concernés, le rendement donne 304 euros par an en moyenne. Vingt-cinq euros par mois.
Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : le vote du 7 octobre n'a pas porté sur les retraités. Il a porté sur la crédibilité de ceux qui promettent l'effort. Trois partis qui chiffrent le redressement en dizaines de milliards, ou en années de travail supplémentaires, ont refusé le premier 1,4 milliard qui portait un nom d'électeur.

Programme économique du RN ? ou les 140 milliards indolores
Le RN promet 140 milliards d’économies sans qu’aucun électeur n’y perde. Près de la moitié est demandée au fraudeur, à Bruxelles et à l’étranger.
Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Premier point : ce que les mêmes partis promettent

Le Rassemblement national a présenté la veille 140 milliards d'économies d'ici 2032, qualifiés d'« effort radical », et défend une règle d'or pour laquelle Marine Le Pen a donné elle-même l'exemple de 2027 : un déficit plafonné à 2,4 % du PIB. Le lendemain, sa députée Claire Marais-Beuil déclarait en commission : « Nous refusons que le redressement des comptes publics se fasse une nouvelle fois sur le dos des retraités. »

Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois

7 October 2026 at 14:58

Depuis le 1er octobre 2026, une modification discrète du Code de la sécurité sociale change la portée d’une opposition à contrainte. Le cotisant qui conteste une créance de l’Urssaf et perd devant le juge peut désormais voir le jugement se substituer à la contrainte, avec un délai d’exécution susceptible d’atteindre dix ans, contre trois ans pour une contrainte non contestée.

Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le décret du 27 juillet 2026 (n° 2026-683, article 12) a modifié l’article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Entrée en vigueur le 1er octobre, la règle est claire : lorsqu’un cotisant forme opposition, le jugement ne se contente plus de valider la contrainte. Il s’y substitue et devient le seul titre exécutoire.

Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Quinze jours pour contester, dix ans pour payer

Le décret n° 2026-683 du 27 juillet 2026 modifie, par son article 12, l'article R. 133-3 du code de la sécurité sociale. Jusqu'ici, lorsqu'un cotisant formait opposition à une contrainte de l'Urssaf, le juge la validait ou l'annulait. La contrainte restait le titre exécutoire. Désormais, le jugement se substitue à elle et devient le seul titre.

Le nouveau texte modifie surtout la situation après le procès. La contrainte non contestée est soumise au délai de prescription prévu par l’article L. 244-9 du Code de la sécurité sociale, soit trois ans dans les conditions prévues par ce texte. À l’inverse, lorsqu’un jugement intervient sur l’opposition, l’article L. 111-4 du Code des procédures civiles d’exécution prévoit un délai de dix ans pour l’exécution des titres judiciaires concernés.

La Cour de cassation avait déjà admis, dans un arrêt du 4 novembre 2021, qu’un jugement rejetant l’opposition et validant une contrainte constituait un titre exécutoire soumis au délai décennal. Le décret de 2026 donne désormais à cette logique une formulation beaucoup plus nette : le jugement remplace la contrainte.

Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Quand l'administration juge de sa propre commodité

Rappelons ce qu'est une contrainte : un titre exécutoire que l'organisme de recouvrement délivre lui-même, sans passer par un juge. L'Urssaf est donc créancière, et elle se dote seule de l'outil de recouvrement. Le juge n'intervient que si le cotisant le saisit, dans une fenêtre de quinze jours.

S'il ne bouge pas, la dette finit par s'éteindre à l'issue de trois ans, à condition que l'organisme n'ait pas interrompu le délai par d'autres actes. S'il conteste et perd, il offre à l'Urssaf un jugement exécutable pendant une décennie. Beaucoup d'entrepreneurs, surtout ceux qui ne peuvent pas payer un avocat, renonceront à se défendre, y compris quand leur dossier est solide.

Aucun texte n'interdit formellement de saisir le juge. Mais cette modification renforce le pouvoir de recouvrement de l’Urssaf tout en dissuadant le contentieux. L’administration gagne du temps, de la sécurité juridique et une pression supplémentaire sur les indépendants et les petites structures déjà fragilisées par le poids des cotisations. Le droit au recours existe encore sur le papier. Dans les faits, il devient un pari risqué.

L’État a ainsi transformé une procédure de contestation en piège temporel. Le cotisant qui refuse de se taire paie plus longtemps. La logique est moins de contentieux, plus de recettes assurées, et une administration qui se protège d’elle-même. Dans un pays où les prélèvements obligatoires pèsent déjà lourd, cette mécanique révèle une volonté de verrouiller le système plutôt que de le rendre contestable.

Depuis le 1er octobre, contester l’Urssaf peut vous exposer dix ans au lieu de trois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote

7 October 2026 at 09:13

Par Elise Rochefort

Le répertoire national compte 113,1 millions de numéros d'inscription pour 67 millions d'habitants. Sur ce total, 21,1 millions ont été attribués à des personnes nées à l'étranger, soit 18,6 %. Ces chiffres figurent dans le rapport rendu en 2019 par la commission des affaires sociales du Sénat. Ils ne dénombrent pas des bénéficiaires. Ils dénombrent des lignes. Les estimations publiées par le magistrat Charles Prats entre 2018 et 2020 — 14, puis 30, puis 50 milliards d'euros de fraude sociale par an — assimilent ces lignes à des prestations versées. Ce qui a conduit à d'importants recrutements dans les URSSAF... pour traquer les entreprises.

Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Quatre étapes séparent un numéro d'un paiement

La première est l'immatriculation : un numéro est attribué, à la naissance par l'Insee, ou par le Service administratif national d'immatriculation des assurés (SANDIA) pour une personne née hors de France, à la demande d'un organisme.

La deuxième est l'affiliation à un régime.

La troisième est l'ouverture de droits, soumise à des conditions propres à chaque prestation : résidence stable, titre de séjour en cours de validité, cotisations ou ressources.

La quatrième est le versement, qui suppose une demande, un dossier instruit et des coordonnées bancaires. Le rapport sénatorial le formule ainsi : « l'obtention d'un NIR ne permettant pas à lui seul d'obtenir une prestation ».

L'immatriculation n'emporte donc ni affiliation, ni droit, ni paiement. Le numéro demeure au répertoire quand son titulaire a quitté la France, quand il est décédé, quand il n'a travaillé qu'une saison ou quand il a achevé ses études. Le rapport cite ces quatre situations.

Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Deux chiffres officiels mesurent l'écart entre numéros et droits

Le Sénat recense 21,1 millions de numéros attribués à des personnes nées à l'étranger. Une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du Sénat le 7 novembre 2019 recense 12,4 millions de personnes nées à l'étranger disposant d'un droit ouvert à au moins une prestation. Sous réserve que les deux périmètres coïncident, 8,7 millions de numéros, soit quatre sur dix, ne correspondent à aucun droit ouvert. Un droit ouvert n'est pas davantage un versement : l'affiliation à l'assurance maladie en est un, qu'un soin ait été remboursé ou non.

Le calcul de 2018 passe de la première étape à la quatrième

Prats part d'un audit du SANDIA de 2011, portant sur environ 2 100 dossiers d'immatriculation, où la proportion de pièces non conformes est de 6,3 % ou de 10,6 % selon les reprises. Ce taux est appliqué à 1,8 million d'immatriculations, et chaque dossier ainsi compté se voit attribuer 7 000 euros de prestations par an. Le résultat est de 14 milliards. Une pièce d'état civil jugée non conforme dans un dossier d'immatriculation y vaut preuve d'un versement.

Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Le calcul de 2020 passe de la troisième étape à la quatrième, après une soustraction

Le 16 mars 2020, sur Sud Radio (média qui a beaucoup relayé Prats, notamment au micro d'André Bercoff, très engagé dans la critique de la Palestine et dans la réverbération des positions israéliennes), Charles Prats retranche des 12,4 millions

Received — 6 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s'agit-il ?

6 October 2026 at 17:26

Par Élise Rochefort

« La présomption fatale » est le titre d'un livre de l'économiste Friedrich Hayek, paru en 1988 aux Presses de l'université de Chicago sous le titre The Fatal Conceit, avec pour sous-titre « Les erreurs du socialisme ». C'est son dernier ouvrage. La traduction française, due à Raoul Audouin, a paru aux Presses universitaires de France en 1993. L'expression désigne aussi, par extension, l'idée centrale du livre. Cette fiche expose cette idée, puis les objections qu'elle a reçues.

Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s'agit-il ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s'agit-il ?

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

L'auteur

Friedrich Hayek naît à Vienne en 1899 et meurt à Fribourg-en-Brisgau en 1992. Il enseigne à Londres, à Chicago, puis à Fribourg. Il reçoit en 1974 le prix Nobel d'économie, partagé avec le Suédois Gunnar Myrdal, économiste social-démocrate. Il est l'un des principaux auteurs libéraux du XXe siècle.

Les deux mots du titre

« Présomption » est pris ici au sens d'excès de confiance en soi, et non au sens juridique du mot. L'anglais dit conceit, qui signifie vanité ; une analyse française du livre traduit d'ailleurs « la vanité fatale ». « Fatale » signifie : qui conduit à la ruine.

La présomption visée est la suivante : croire qu'un petit nombre de personnes peut concevoir un plan d'ensemble pour la société, le faire appliquer, et obtenir de meilleurs résultats que si chacun décidait pour soi.

Pourquoi le chèque scolaire est la vraie solution aux problèmes de l’éducation
Matignon accuse LFI des 400 lycées bloqués. La France dépense 10 580 € par collégien et accorde 61 € à ses parents. Le chèque scolaire inverse la proportion.
Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s'agit-il ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

L'idée en quatre étapes

1. Personne n'a inventé les règles dont dépend la vie commune. La langue, la monnaie, la propriété, le commerce, le droit n'ont pas été conçus par un auteur. Ils sont le produit d'une longue histoire. Hayek parle d'« ordre spontané ». Il écrit, dans l'introduction, que cet ordre n'est pas le résultat d'un dessein ou d'une intention des hommes, mais qu'il est apparu spontanément.

2. Ces règles permettent à des millions d'inconnus de coopérer. Hayek appelle « ordre étendu » la coopération entre des personnes qui ne se connaissent pas et ne se rencontreront jamais. Celui qui achète du pain dépend d'un agriculteur, d'un meunier, d'un transporteur et d'un boulanger, sans qu'aucune autorité ait réparti ces tâches.

3. La connaissance utile est dispersée. Chacun connaît une petite partie de ce qu'il faut savoir : son métier, sa rue, ses clients. Aucun bureau ne peut réunir l'ensemble. Hayek a formulé cet argument dès 1945, dans un article de l'American Economic Review, « L'utilisation de la connaissance dans la société ». Il y prend l'exemple de l'étain. Si l'étain devient rare, son prix monte. Des dizaines de milliers de personnes en consomment alors moins, sans qu'un ordre ait été donné et sans connaître la cause de la hausse. Le prix a transmis l'information.

4. Celui qui croit pouvoir tout planifier se trompe sur ce qu'il sait. C'est la présomption fatale. Le chapitre 5, qui porte le titre du livre, contient la phrase la plus citée : la curieuse tâche de la science économique est de montrer aux hommes combien ils savent peu de chose de ce qu'ils s'imaginent pouvoir concevoir.

Dans le livre, le mot « socialisme » ne désigne pas un parti. Il désigne la planification centrale de l'économie et, plus largement, tout projet de réorganiser la société d'après un plan rationnel.

« Entre l'instinct et la raison »

C'est le titre du premier chapitre. Hayek distingue trois sources des conduites humaines. L'instinct : la solidarité du petit groupe, où l'on partage et où l'on poursuit un but commun. La raison : le calcul délibéré. Et, entre les deux, la coutume et la tradition : des règles apprises par imitation, que l'on suit sans les avoir inventées et souvent sans pouvoir les justifier entièrement.

Selon Hayek, les groupes qui ont adopté les règles de la propriété et de l'échange sont devenus plus nombreux et plus prospères que les autres. Il nomme ce processus « évolution culturelle ». Le socialisme, dans cette lecture, applique à une société de millions de personnes les instincts qui convenaient à un groupe de quelques dizaines.

Ce que la thèse ne dit pas

  • Elle ne dit pas que les planificateurs sont sots ou mal intentionnés. L'argument porte sur la connaissance, non sur l'intelligence ou la morale.
  • Elle ne dit pas que tout ce qui est apparu spontanément est bon. Hayek écrit qu'il n'y a aucune raison d'attendre que la sélection des pratiques par l'évolution produise le bonheur.
  • Elle ne rejette pas toute action de l'État. Dans d'autres ouvrages, Hayek admet par exemple qu'un État garantisse un revenu minimum.
Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s'agit-il ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Les objections

Le passage du fait à la valeur. Qu'une règle ait survécu ne prouve pas qu'elle soit bonne : des pratiques aujourd'hui condamnées ont duré des siècles. Plusieurs commentateurs reprochent à Hayek ce qu'on appelle un « sophisme naturaliste ». Ses défenseurs répondent qu'il ne tient pas les règles héritées pour bonnes, mais qu'il juge impossible de les remplacer toutes à la fois, faute du savoir nécessaire.

La sélection de groupe. Hayek soutient que les règles se sont imposées parce qu'elles profitaient aux groupes qui les suivaient. L'économiste Viktor Vanberg a contesté ce mécanisme : une règle utile au groupe peut être désavantageuse pour l'individu qui la suit, et rien n'explique alors qu'elle se maintienne. La question reste discutée entre spécialistes.

La tradition et la liberté. L'objection vient d'auteurs libéraux. Si l'individu doit suivre des règles qu'il n'a pas choisies et ne peut pas justifier, la place de son consentement devient incertaine. L'économiste Pierre Lemieux la formule en 2018 dans une recension par ailleurs favorable.

L'acquisition de la connaissance. L'économiste George Stigler, tout en saluant l'article de 1945, a relevé que Hayek n'explique pas comment la connaissance s'acquiert.

La paternité du texte. Hayek tombe malade en 1985. Le livre est mis au point par son éditeur, William Bartley. L'historien Bruce Caldwell estime que l'ouvrage doit davantage à la plume de Bartley qu'à celle de Hayek ; Alan Ebenstein a soulevé la même question. La part exacte de chacun n'est pas établie.

Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s'agit-il ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Les mots à retenir

  • Présomption fatale : croire que l'on sait assez pour organiser la société selon un plan.
  • Ordre spontané : ordre qui résulte des actions de chacun sans avoir été conçu par personne. Exemple : une langue.
  • Ordre étendu : coopération entre des millions de personnes qui ne se connaissent pas.
  • Connaissance dispersée : savoir réparti entre tous les individus, qu'aucun centre ne peut réunir.
  • Signal de prix : information qu'un prix transmet à ceux qui achètent et à ceux qui vendent.
  • Évolution culturelle : sélection, au fil du temps, des règles suivies par les groupes qui prospèrent.

Le livre reste cité par les partisans d'une décentralisation des décisions, et discuté par ses critiques sur les cinq points qui précèdent. Les deux lectures s'appuient sur le même texte.

Hôpital de Perpignan: 18 % de séjours en plus, 7 % d'urgentistes en moins

6 October 2026 at 14:13

Selon un rapport de la chambre régionale des comptes d’Occitanie rendu public le 28 septembre 2026, le centre hospitalier de Perpignan a vu ses séjours bondir de 18 % entre 2019 et 2024, quand ses urgences perdaient 7 % de leurs médecins. Dans le même temps, la direction annonce un centre de cancérologie à 31 millions d'euros pour 2028.

Hôpital de Perpignan: 18 % de séjours en plus, 7 % d'urgentistes en moins
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Hôpital de Perpignan: 18 % de séjours en plus, 7 % d'urgentistes en moins

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Les soignants perpignanais ne manquent ni de courage ni de patients. Ils manquent de collègues. Et le rapport de la chambre régionale des comptes, qui couvre les années 2019 à 2024, éclaire une question que la puissance publique évite : où va l'argent quand l'activité explose ?

Hôpital de Perpignan: 18 % de séjours en plus, 7 % d'urgentistes en moins
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Une activité qui augmente, des urgentistes qui diminuent

Dans son rapport rendu public le 28 septembre 2026, la chambre régionale des comptes d’Occitanie examine la situation du centre hospitalier de Perpignan sur la période 2019-2024. Le constat est clair : le nombre de séjours est passé de 46 335 à 54 830, soit 18 % de hausse, quand les effectifs médicaux n’ont progressé que de 10 %. La chambre relève ainsi une augmentation de la productivité médicale, autrement dit une charge supérieure supportée par les équipes.

Urgences saturées, déficit chronique : l’hôpital de Perpignan dans l’œil de la Chambre des comptes
Urgences en sous-effectif. Maison de garde sous pression. Finances en négatif. L’hôpital de Perpignan peut-il tenir le rythme ?

Le cas des urgences est encore plus préoccupant. Leur fréquentation avoisine 59 000 passages annuels, tandis que les effectifs médicaux ont diminué de 7 % en cinq ans. Selon les calculs rapportés par la chambre, cette baisse représente environ 275 urgences supplémentaires par an pour chaque urgentiste à temps plein. Certaines périodes ont même connu des réductions d’effectifs proches de 40 %. La maison médicale de garde, située à proximité, a parallèlement vu sa fréquentation bondir de 47 %, de 38 274 à 56 322 patients.

Hôpital de Perpignan: 18 % de séjours en plus, 7 % d'urgentistes en moins
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

31 millions pour investir quand les marges sont limitées

L’hôpital a consacré 21 millions d’euros à l’achat de produits pharmaceutiques et ses charges hôtelières et générales ont progressé de 39 %, soit 9 millions d’euros supplémentaires. Sa trésorerie disponible plafonne à environ 10 millions d’euros. Pourtant, un projet de filière de cancérologie évalué à 31 millions d’euros est prévu pour 2028. Son financement devrait donc largement dépendre de ressources extérieures et, potentiellement, de l’emprunt. Le directeur assure que plusieurs indicateurs financiers se sont améliorés en 2025 et que le déficit diminue.

Urgences saturées: l’été où l’hôpital public a cessé de soigner
À Brest, des patients auraient attendu de nombreuses heures aux urgences selon les organisations syndicales. Ce cas n’est plus une exception : une cinquantaine de services d’urgences connaissent de graves difficultés cet été, tandis que près de 40 % des postes de médecins urgentistes demeurent vacants. Une nouvelle illustration d’

Il ne s’agit pas de mettre en cause les soignants, qui travaillent avec des moyens sous tension, mais les arbitrages opérés au sommet de l’institution. Reste une zone d'ombre : qui finance quoi, et selon quel calendrier ? Le financement du projet de cancérologie, ses sources et son impact sur les dépenses de fonctionnement mériteraient d'être publiés. Faute de transparence, le contribuable paie deux fois : par l'impôt qui alimente l'hôpital, puis par l'attente sur un brancard.

Hôpital de Perpignan: 18 % de séjours en plus, 7 % d'urgentistes en moins
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

7 octobre : Nétanyahou avait-il été prévenu ? ou les 45 minutes qu'il nie

6 October 2026 at 09:00

Par Thibault de Varenne

Dix jours avant le 7 octobre 2023, le président des Émirats aurait appelé Benyamin Nétanyahou pendant quarante-cinq minutes pour le prévenir que le Hamas préparait « un événement majeur ». Trois journaux l'écrivent depuis septembre. Lui répond qu'il n'a pas parlé à cet homme pendant cette période. Un appel entre deux chefs d'État laisse un registre. Depuis trois ans, il refuse la seule commission qui pourrait l'ouvrir.

7 octobre : Nétanyahou avait-il été prévenu ? ou les 45 minutes qu'il nie
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
7 octobre : Nétanyahou avait-il été prévenu ? ou les 45 minutes qu'il nie

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le 8 septembre, le quotidien israélien Haaretz a publié les bonnes feuilles d'une enquête de deux journalistes, Shlomi Eldar et Ruth Yuval. On y lit qu'à la fin de septembre 2023, une dizaine de jours avant l'attaque, le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, a téléphoné à Benyamin Nétanyahou. L'appel aurait duré quarante-cinq minutes. Un conseiller présent le résume ainsi : « L'émir a expliqué que, selon son évaluation, Sinwar préparait un événement majeur. Il a dit à Nétanyahou qu'Israël devait se tenir prêt. » Yahya Sinwar était alors le chef du Hamas à Gaza.

Selon le même récit, le chef du gouvernement a rassuré son interlocuteur et n'a transmis l'avertissement ni à son ministre de la Défense, ni au chef d'état-major, ni aux directeurs du Shin Bet et du Mossad, les deux services de renseignement du pays. Le New York Times a confirmé l'appel le 25 septembre.

Le bureau du Premier ministre a répondu : « Un mensonge absolu. » Puis : Nétanyahou « n'a pas parlé au président des Émirats arabes unis pendant la période en question et n'a reçu aucun avertissement de sa part ».

Israël vote le 27 octobre. Les témoins qui parlent aujourd'hui ont presque tous un compte à régler avec lui, et plusieurs ont eux-mêmes failli ce jour-là. Je m'en tiendrai donc aux dates, aux documents, et à ce que lui-même a répondu chaque fois.

7 octobre : Nétanyahou avait-il été prévenu ? ou les 45 minutes qu'il nie
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Août 2018 : les valises du Qatar

Il faut commencer cinq ans plus tôt, avec l'enquête que la cellule investigation de Radio France a publiée le 2 octobre.

Le 5 août 2018, Nétanyahou annonce à ses ministres qu'un émissaire qatari, Mohammed Al-Amadi, atterrira désormais chaque mois à l'aéroport Ben-Gourion et gagnera Gaza avec des valises de billets. Trente millions de dollars par mois : un

Received — 5 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Les T-bills sont-ils interdits aux Français ? ou la confusion entre le titre et l'emballage

5 October 2026 at 18:15

Par Vincent Clairmont

Olivier nous écrit que l'accès direct aux bons du Trésor américains est « légalement interdit », refus d'Interactive Brokers à l'appui. Il confond deux choses. L'Europe ferme bien aux particuliers les fonds cotés américains, faute d'une notice d'information qu'ils ne publient pas. Elle n'a jamais rien fermé sur les bons du Trésor eux-mêmes. L'obstacle qu'il décrit n'existe donc pas.

Les T-bills sont-ils interdits aux Français ? ou la confusion entre le titre et l'emballage
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Les T-bills sont-ils interdits aux Français ? ou la confusion entre le titre et l'emballage

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Reprenons depuis le texte, parce que la confusion est générale et qu'elle coûte du rendement à beaucoup de lecteurs. Et commençons par traduire les quatre sigles qui encombrent ce sujet, car on ne peut pas raisonner sur ce qu'on ne nomme pas.

Un T-bill, ou Treasury bill, est un bon du Trésor américain de moins d'un an. C'est l'équivalent de nos bons du Trésor à taux fixe : une reconnaissance de dette de l'État fédéral, sans coupon, achetée en dessous de sa valeur de remboursement.

Un ETF, ou exchange-traded fund, est un fonds indiciel coté en Bourse : un panier de titres qu'on achète et vend d'un clic, comme une action.

UCITS — en français OPCVM, organisme de placement collectif en valeurs mobilières — est la norme européenne des fonds destinés au grand public. Un fonds qui porte ce label est agréé pour être vendu à un particulier dans toute l'Union. Un fonds américain ne porte pas ce label, et ne peut donc pas vous être vendu ici.

PRIIPS, enfin, est le règlement européen qui organise cette fermeture. Il impose à tout « produit d'investissement packagé destiné aux particuliers » de remettre à l'acheteur, avant la vente, une notice standardisée de quelques pages dite document d'information clé. Les fonds américains n'en produisent pas, parce qu'aucune loi américaine ne les y oblige. C'est pour cette raison, et pour celle-là seule, que les grands fonds de bons du Trésor cotés à New York — SGOV, BIL, SHV — sont inaccessibles depuis un compte européen. Le blocage est réel, il est documenté, et il explique très probablement ce qu'Olivier a rencontré.

T-bills américains : en dollars ou en euros ? Réponse à deux lecteurs
T-bills US à ~3,7 % contre 2,25 % en euro : pourquoi la version couverte en change est un non-sens, quels ETF UCITS (ISIN) et à partir de quel montant passer au titre vif.
Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu’il a l’air de dire
Le portefeuille Barbell gagne 2,66 % depuis le 29 mai. À parité euro-dollar constante, il perd 0,03 %. Le bilan chiffré poste par poste, et ce qu’il cache.
Les T-bills sont-ils interdits aux Français ? ou la confusion entre le titre et l'emballage
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Voilà le point qui change tout : un bon du Trésor n'est pas un produit packagé. C'est un titre de créance émis directement par un État, au même titre qu'une obligation assimilable du Trésor française ou qu'un Bund allemand. Il n'y a rien à emballer, donc rien à documenter, donc aucune notice à fournir. Le règlement ne s'y applique pas, et aucune interdiction ne pèse sur son achat par un résident français.

La distinction tient en une phrase : le règlement encadre l'emballage, pas le titre qui se trouve dedans. Olivier a pris la fermeture de l'emballage pour une interdiction du contenu.

Les T-bills sont-ils interdits aux Français ? ou la confusion entre le titre et l'emballage
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Route 1 — l'achat en direct, qui fonctionne

Interactive Brokers permet effectivement l'achat de bons du Trésor américains en direct depuis un compte européen. Si un refus est survenu, il faut chercher du côté

Que disait Hannah Arendt, citée par Villiers, sur l'éducation ?

5 October 2026 at 09:58

par Élise Rochefort

« La crise de l'éducation » est un essai d'Hannah Arendt daté de 1958. Il figure dans le recueil Between Past and Future, publié en 1961 chez Viking Press et Faber and Faber, qui rassemblait alors six essais ; une édition révisée de 1968 en compte huit, et y ajoute une préface. L'essai occupe la cinquième position dans cette édition élargie, entre « What Is Freedom? » et « The Crisis in Culture ». La traduction française paraît chez Gallimard en 1972 sous le titre La Crise de la culture, à partir de la seconde édition ; l'essai se lit aujourd'hui dans l'édition Folio Essais n° 113, aux pages 232-246 selon la pagination retenue par les documents pédagogiques de l'académie de Versailles.

Que disait Hannah Arendt, citée par Villiers, sur l'éducation ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Que disait Hannah Arendt, citée par Villiers, sur l'éducation ?

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le texte porte sur la crise de l'école américaine des années 1950. Arendt y traite un problème national, non une théorie générale de la pédagogie, et c'est l'une des raisons pour lesquelles ses conclusions sont régulièrement déplacées hors de leur objet.

La thèse : l'éducation a pour objet le nouveau venu

La définition posée par Arendt est la natalité : « L'essence de l'éducation est la natalité, le fait que des êtres humains naissent dans le monde ». L'enfant est un arrivant dans un monde qui lui préexiste et qui lui est étranger. Il est à la fois un être nouveau et un être en devenir.

De cette position découle une tâche à deux faces. L'éducation doit entourer et protéger : « l'enfant contre le monde, le monde contre l'enfant ». Les deux protections sont de même rang. L'enfant doit être préservé de l'exposition publique qui détruirait sa croissance ; le monde doit être préservé de l'assaut du neuf qui le ruinerait. Arendt ajoute une troisième dimension, moins citée : il faut aussi protéger le neuf contre l'ancien.

La formule qui conclut ce développement est la plus reprise de l'essai : « Le conservatisme, pris au sens de conservation, est l'essence même de l'éducation ».

Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
Philippe de Villiers ne voit que deux jeunesses. PISA 2025 : 458 en maths, −37 points depuis 2018. Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
Que disait Hannah Arendt, citée par Villiers, sur l'éducation ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

La raison du conservatisme, qui en limite la portée

Arendt donne immédiatement le motif de cette formule, et ce motif en restreint l'usage : « c'est justement, pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ». Le conservatisme y est un moyen, non une fin. Il conserve le monde pour que l'arrivant puisse le recevoir, et il conserve l'arrivant pour que le monde puisse être changé par lui. Arendt écrit que « notre espoir réside toujours dans l'élément de nouveauté que chaque génération apporte avec elle ».

Le même raisonnement fonde la phrase sur la responsabilité : « L'éducation est le point où se décide si nous aimons assez le monde pour en assumer la responsabilité et, de plus, le sauver de cette ruine qui serait inévitable sans ce renouvellement et sans cette arrivée de jeunes et de nouveaux venus ». Le monde n'est pas sauvé par sa conservation, mais par son renouvellement ; la conservation est ce qui rend ce renouvellement possible.

Ce qu'Arendt critique dans l'éducation progressiste

La lecture dominante dans la littérature universitaire française, notamment chez Philippe Foray, dégage trois présupposés que l'essai met en cause dans l'éducation progressiste américaine : l'existence d'un monde de l'enfance autonome et autogouverné ; la constitution de la pédagogie en science indépendante de la matière enseignée ; la substitution du faire à l'apprendre. Cette décomposition en trois points est une reconstruction des commentateurs ; elle n'apparaît pas sous cette forme numérotée dans le texte.

Arendt lie ces présupposés à l'effacement de l'autorité de l'enseignant, autorité qu'elle fait reposer sur la compétence dans une matière et non sur la contrainte. Elle écrit que « l'éducation ne peut faire fi de l'autorité, ni de la tradition », tout en constatant qu'elle s'exerce désormais dans un monde qui n'est plus structuré par l'une ni retenu par l'autre. Le constat est posé comme une difficulté, non comme un programme de restauration.

Que disait Hannah Arendt, citée par Villiers, sur l'éducation ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

La critique du conservatisme politique

C'est la partie de l'essai la moins citée, et la seule qui en règle l'application. Arendt y sépare les deux domaines : « Il faudrait bien séparer le domaine de l'éducation des autres domaines, et surtout celui de la vie politique et publique ».

La raison est de structure. L'éducation est une relation asymétrique entre un adulte et un enfant ; la politique est une relation entre égaux. Arendt précise que son argument « ne vaut que dans le domaine de l'éducation, ou plus exactement dans celui des relations entre enfant et adulte, et non dans celui de la politique où tout se passe entre adultes et égaux ».

Le jugement sur le conservatisme politique est explicite : « En politique, cette attitude conservatrice — qui accepte le monde tel qu'il est et ne lutte que pour préserver le statu quo — ne peut mener qu'à la destruction ». La symétrie est complète : ce qui est l'essence de l'éducation est, transporté en politique, un principe de ruine. Le motif est le même dans les deux cas — le monde ne subsiste que renouvelé.

Arendt tire de cette séparation une conséquence sur le gouvernement des adultes. Elle écrit qu'« on ne peut ni éduquer les adultes ni traiter les enfants comme de grandes personnes » ; que « l'éducation ne peut jouer aucun rôle en politique, car en politique c'est toujours à ceux qui sont déjà éduqués que l'on a affaire » ; et que « quiconque se propose d'éduquer des adultes se propose en fait de jouer les tuteurs et de les détourner de toute activité politique ». Le projet pédagogique appliqué à des citoyens est donc qualifié, dans le texte, de mise sous tutelle.

Sur la formule de l'« invasion barbare »

La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu

5 October 2026 at 08:35

Le 29 juillet, Yves Casas, atteint de sclérose en plaques, est mort étouffé dans l'unité de soins de longue durée du centre hospitalier de La Tour-du-Pin (Isère). Selon sa femme et sa fille, elles ont cherché un soignant pendant une vingtaine de minutes. L’établissement reconnaît un « dysfonctionnement », mais oppose le secret médical aux demandes de précisions.

La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Yves Casas est mort au centre hospitalier de La Tour-du-Pin (Isère), au sud-est de Lyon, de suffocation. La scène décrite par les proches est difficile à concevoir dans un établissement dont la première fonction est précisément d’assurer une présence et une prise en charge aux patients dépendants. Une plainte est en cours et aucune responsabilité pénale n’est, à ce stade, établie.

La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Vingt minutes à chercher de l’aide

Yves Casas avait intégré l’unité de soins de longue durée le 17 juin. Le 29 juillet, son état respiratoire se serait brutalement dégradé. La famille rapporte notamment une saturation en oxygène tombée à 86 % et de graves difficultés respiratoires.

“Mon père est mort en suffoquant” : une famille dénonce de graves dysfonctionnements à l’hôpital de La Tour-du-Pin
Le 29 juillet, M. Casas est décédé au centre hospitalier de La Tour-du-Pin de suffocation. Sa famille dénonce de graves dysfonctionnements.

Vers 19 h 30, lorsqu’il a commencé à suffoquer puis à ne plus respirer, son épouse et sa fille auraient actionné la sonnette et parcouru les couloirs à la recherche d’un professionnel. Selon leur récit, elles auraient attendu et cherché de l’aide durant environ vingt minutes.

La famille s’interroge également sur plusieurs éléments de la prise en charge, notamment l’administration d’un antibiotique par voie orale alors que le patient avait, selon ses proches, des antécédents de fausses routes. Elle demande désormais que soient examinés le dossier médical, les constantes, les prescriptions, les traitements administrés, les transmissions et les plannings du personnel.

La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

L’enquête interne face aux demandes de la famille

Le 30 juillet, les proches seraient revenus dans l’établissement et ont sollicité des explications. Ils ont ensuite saisi le procureur de la République et l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes. Le parquet n’avait pas répondu aux sollicitations de Lyon Capitale au moment de la publication de l’article, le 19 août 2026.

Val de Briey : les urgences ferment encore cette nuit, après onze jours de fermeture en août
À Val de Briey, les urgences de l’hôpital Maillot ferment une nouvelle fois leurs portes, cette fois du 9 septembre à 20 heures au 10 septembre à 9 heures. Après onze jours de fermeture consécutifs en août, cette succession de suspensions pose une question simple : comment un service d’

La direction de l’hôpital dit comprendre la douleur de la famille et confirme avoir ouvert une enquête interne. Elle reconnaît qu’un « dysfonctionnement » s’est produit, tout en refusant de commenter précisément la prise en charge, au nom du secret médical et de la confidentialité. A ce jour, aucune responsabilité pénale n'est établie. L'établissement enquête sur lui-même. L'ARS, tutelle du système, est saisie de faits qui engagent son propre périmètre. Les pièces décisives, plannings et horaires de présence, sont entre les mains de ceux dont la conduite est en cause.

Reste une question: combien de soignants étaient présents ce soir-là, et où se trouvaient-ils ? Dans un système financé par prélèvements obligatoires, l'usager ne sait vers qui se tourner. Cette affaire est glaçante. La réponse de l'institution est juste une prudence administrative qui n'éclaire rien.

La Tour-du-Pin : il s'est étouffé pendant vingt minutes, personne n'est venu
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !
Received — 4 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu'il a l'air de dire

4 October 2026 at 11:38

Par Vincent Clairmont

Troisième exercice de transparence depuis l'article de doctrine du 24 mai. La part valorisable de l'allocation est repassée en territoire positif après le bilan négatif de juillet. Je publie le tableau, puis je publie le calcul qui en annule l'essentiel. Aucun pourcentage ne bouge.

Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu'il a l'air de dire
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu'il a l'air de dire

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Entre le 29 mai et le 2 octobre 2026, soit 126 jours, l'once d'or est passée de 4 460 à 4 143,66 dollars, soit −7,09 %. Le Bitcoin est monté de 73 500 à 86 000 dollars, soit +17,01 %. Le bon du Trésor américain à trois mois rendait 4,00 % le 1er octobre, contre 3,75 % fin mai. Et l'euro s'est déprécié face au dollar, de 1,1644 à 1,1225.

Je reprends l'exercice dans l'ordre du bilan de juillet : ce que la doctrine a modifié, ce que l'allocation a produit, et ce que le chiffre cache.

Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu'il a l'air de dire
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

1. Ce qui a bougé dans la doctrine : aucun pourcentage, une clarification

L'allocation de référence du 24 mai — 30 % or physique, 25 % T-bills, 20 % foncier de qualité, 5 % devises tierces pour la branche sûre ; 10 % Bitcoin, 5 % options longues, 5 % capital-risque pour la branche risquée — n'a pas varié d'un point depuis le 29 mai. Les quatre règles d'exécution posées en juin et juillet tiennent : les deux axes, l'épargne de précaution hors Barbell, le DCA accéléré sur correction de plus de 10 %, le rééquilibrage daté de janvier 2027.

Une seule chose s'est ajoutée, le 27 septembre puis le 4 octobre, et elle est négative : j'ai maintenu 0 % d'obligations souveraines de la zone euro alors que l'OAT à dix ans passait de 4,66 % à 4,92 %. C'est une position qui coûte visiblement de l'argent, et je la réaffirme ici pour qu'on ne puisse pas dire plus tard qu'elle a été discrètement abandonnée.

Bilan de notre portefeuille Barbell au 2 octobre 2026 : +2,66 %, et pourquoi ce chiffre ne veut pas dire ce qu'il a l'air de dire
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

2. Le bilan chiffré, sur un portefeuille de 100 000 euros

Valorisation au 2 octobre 2026 pour une entrée au 29 mai, aux taux de référence de la Banque centrale européenne.

PosteInvestiValeur au 2 oct.Écart%
Or physique (30 %)30 000 €28 913 €−1 087 €−3,62 %
T-bills 3-6 mois (25 %)25 000 €26 280 €+1 280 €+5,12 %
Foncier de qualité (20 %)20 000 €20 000 €0 €0,00 %
Bitcoin (10 %)10 000 €12 137 €+2 137 €+21,37 %
Devises tierces (5 %)5 000 €5 061 €+61 €+1,23 %
Sous-total valorisable90 000 €92 391 €+2 391 €+2,66 %
Options longues + capital-risque (10 %)10 000 €non valorisables : primes non cotées, participations illiquides

3. Lecture poste par poste

L'or supporte encore la perte, mais moins qu'en juillet. En dollars, le métal recule

OAT à 4,92 %, or sous 4 200 dollars, budget déposé : le point patrimonial du 4 octobre

4 October 2026 at 11:12

Par Vincent Clairmont

Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Cette semaine : taux souverains, or et argent, budget 2027, apport-cession, taxe foncière, livrets réglementés, bitcoin et devises.

OAT à 4,92 %, or sous 4 200 dollars, budget déposé : le point patrimonial du 4 octobre
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
OAT à 4,92 %, or sous 4 200 dollars, budget déposé : le point patrimonial du 4 octobre

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le taux à dix ans de l'État français a touché 4,92 % le jeudi 1er octobre, plus haut depuis 2002, contre 3,62 % pour le Bund allemand : 131 points de base d'écart. La veille, à 4,77 %, la France empruntait déjà plus cher que l'Italie (BTP à 4,559 %). L'once d'or s'échangeait le 3 octobre à 4 143,66 dollars (3 682,92 euros), en repli de 26 % sur son record du 29 janvier (5 602 dollars). L'Insee a publié le 30 septembre une inflation de 3,0 % sur un an en septembre, au-dessus des attentes. Le projet de loi de finances pour 2027 a été présenté en Conseil des ministres le 1er octobre : 54 milliards d'euros d'effort, déficit ramené à 5 % du PIB contre 5,4 % en 2026.

OAT à 4,92 %, or sous 4 200 dollars, budget déposé : le point patrimonial du 4 octobre
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Je reprends ces dossiers un par un.

Taux souverains : la France paie plus cher que l'Italie

L'OAT — obligation assimilable du Trésor, le titre de dette à dix ans de l'État — a pris 113 points de base depuis juillet, la plus forte hausse trimestrielle depuis 1987,

Received — 3 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï

3 October 2026 at 11:16

Par Thibault de Varenne

Le 1er octobre 2026, Vladimir Poutine a pris la parole en séance plénière de la 23e réunion annuelle du club de discussion Valdaï, sur le thème « Responsabilité pour l'avenir : limites du possible ou possibilités illimitées ? ». La séance, animée par Fiodor Loukianov, directeur de recherche de la fondation du club, a duré trois heures vingt selon l'enregistrement vidéo du Kremlin ; elle a comporté un discours, puis des questions du modérateur et de la salle. Le club indique 120 participants venus de 40 pays. La réunion, tenue à Sotchi depuis 2014, a été déplacée cette année dans la région de Moscou. La transcription anglaise a été mise en ligne par le Kremlin le 1er octobre à 21 h 30, avec la mention « à suivre » pour la fin des questions ; sa dernière mise à jour datait du 2 octobre à 20 h 31. Le rapport annuel du club, présenté par le modérateur, s'intitule « Don't Panic ».

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le discours, dans l'ordre du texte

Diagnostic. Le monde est « à un tournant décisif de son développement ». Les transformations touchent « pratiquement tous les domaines de la technologie », les structures sociales, le climat, la médecine, la science militaire, la bioéthique, l'énergie, la démographie, la numérisation et l'intelligence artificielle. « Nous entrons dans une réalité entièrement nouvelle et sans précédent. »

Instabilité. Pour tout État, « la stabilité intérieure est toujours plus importante que tout le reste » ; pour la préserver, des gouvernements peuvent « exporter l'instabilité ». « Quel que soit le scénario, les conflits internationaux vont malheureusement probablement se poursuivre. »

Thèse centrale. « À long terme, à mesure que le monde s'éloigne de l'hégémonie occidentale, la situation internationale s'améliorera progressivement, vers un ordre international multipolaire plus stable, plus démocratique et plus libre. » Plus loin : « L'ancien hégémon devra inévitablement reconnaître les réalités d'un monde multipolaire » et « apprendre à coopérer avec les pays de la majorité mondiale ».

Institutions. Les mécanismes de régulation existants « ne remplissent plus pleinement leur fonction », « non parce qu'ils seraient mauvais, mais parce que les conditions dans lesquelles ils ont été créés ont changé ».

Sur l'ONU : « un groupe étroit de pays occidentaux exerce une influence disproportionnée », « une minorité mondiale » qui « cherche à s'approprier des fonctions d'administration ». La Russie « continue de soutenir l'idée d'une réforme équitable des Nations unies », mais « une telle réforme est impossible sans consensus interne, difficile à atteindre aujourd'hui » ; elle plaide pour « un rôle bien plus important » des pays d'Asie, d'Afrique, d'Amérique latine et du Moyen-Orient, et pour une réforme qui porte aussi sur « la substance de l'Organisation, ses priorités ». « Les institutions qui ont bien fonctionné après la Seconde Guerre mondiale ne reflètent plus la réalité du deuxième quart de ce siècle. Est-il possible de les réformer ? La question reste ouverte. »

Les BRICS et les associations régionales ont « de grandes perspectives », mais « beaucoup de travail à faire pour définir leur fonctionnalité » et « les limites de leurs propres capacités ». Le monde n'est pas pour autant « condamné au chaos » : « un monde régulé par des normes clairement définies et des institutions qui les soutiennent est une invention récente, née au siècle dernier. Tous les siècles précédents s'en sont passés. »

Normes. L'absence de « règles universellement reconnues » et d'une « compréhension partagée du principe de sécurité égale et indivisible » encourage « des comportements égoïstes ». « Tous les tabous concevables et inconcevables sont violés. » Les relations internationales exigent « la prudence et le respect non seulement des lois établies mais aussi du droit coutumier, c'est-à-dire non seulement de la lettre mais de l'esprit de la loi ». Le principe de la « raison du plus fort » guide « certains acteurs convaincus de leur exceptionnalisme » ; « l'histoire montre que cela ne finit jamais bien ».

Ukraine. Le texte présente ce passage comme une « digression ». « La vérité est que nous ne voulions pas et que nous n'avons pas été ceux qui ont commencé à se battre. En fait, ce sont eux qui ont commencé à se battre contre nous. » Suit une liste de ce qui « n'aurait pas dû » être fait : encourager « le nationalisme agressif et la russophobie », étendre « l'espace militaire » de l'OTAN aux « territoires historiques » russes, « pousser les radicaux de Kiev à un coup d'État », armer « le régime de facto illégal ». « Je suis convaincu qu'il s'agissait d'un effort intentionnel pour placer la Russie dans une situation où elle était simplement forcée de se défendre les armes à la main. » Sur l'objectif de « défaite stratégique » de la Russie : « Personne ne l'a oublié. En tout cas, pas nous. »

Histoire. L'effondrement de l'URSS est « une véritable tragédie pour des dizaines de millions de personnes ». Il est attribué à « des déséquilibres internes » et aux « erreurs de générations successives de dirigeants », mais aussi à « une certaine naïveté, un idéalisme, voire une insouciance » et à « une confiance aveugle dans les partenaires occidentaux » et dans « les accords de gentlemen ». Le discours cite Egon Bahr, dirigeant social-démocrate ouest-allemand, pour des propos de février et juin 1990 tirés, selon l'orateur, « des archives » de ses entretiens avec la direction soviétique : la crainte que « les cercles de l'OTAN peu désireux de suivre la voie de la coopération paneuropéenne » ne l'emportent, et que l'URSS ne soit « condamnée à l'isolement international ». Après 1991, « ils ont tout fait pour isoler la Fédération de Russie et la démembrer davantage ».

Escalade. « Le point de non-retour peut survenir très vite et de manière inattendue pour tous. » Les grandes puissances possèdent « des armes capables de détruire toute vie » ; « pouvons-nous garantir qu'elles ne seront jamais utilisées ? Nous ne le pouvons pas, bien sûr. » Référence au fusil accroché au mur au premier acte. « Plus l'objectif de "défaite stratégique" de l'adversaire est clairement déclaré, plus grandes sont les chances que la bataille entre dans sa phase la plus violente. »

Intelligence artificielle et guerre. Il existe « des cas documentés d'intelligence artificielle prenant des décisions sur la base de sa propre appréciation ». Récit du 26 septembre 1983 : le lieutenant-colonel Stanislav Petrov, de service dans un centre d'alerte, doute d'un signal annonçant cinq missiles américains et a raison ; « si une intelligence artificielle avait été à sa place, les choses auraient pu tourner très différemment ». « Les limites de l'usage de l'IA dans la sphère de la sécurité sont une question de survie de l'humanité. » Rappel de la conférence de La Haye de 1899, proposée par la Russie. Affirmation : les militaires russes « n'ont jamais été les premiers à attaquer des installations sans lien avec l'infrastructure militaire de l'adversaire ».

Eurasie. Les problèmes globaux (climat, pauvreté, inégalités) sont « mis de côté ». « Notre maison au sens large est l'Eurasie. » Le « Grand partenariat eurasiatique » prend « une signification particulière ». Annonce : la rédaction d'une « Charte eurasiatique de la diversité et de la multipolarité au XXIe siècle », initiative russo-biélorusse, dont « le travail pratique » a été lancé « la semaine dernière » par les ministres des Affaires étrangères de Russie, de Biélorussie, du Kazakhstan, du Kirghizistan « et de nos autres partenaires », en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. L'Eurasie est « largement autosuffisante ».

Conclusion du discours. Le souhait que les manuels d'histoire retiennent le deuxième quart du XXIe siècle comme un tournant positif, « car si cela n'arrive pas, il y a un risque qu'il ne reste personne pour utiliser ces manuels, ni personne pour les écrire ».

Droit de réponse de M. Usmanov
Droit de réponse d’Ulisher Usmanov.
L’ordre occidental s’affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils
Le pape dit multilatéral, Poutine multipolaire. Menacé d’embargo par Washington, le G7 a cédé en deux jours. L’ordre occidental s’affaiblit, mais par le centre.
Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Les questions-réponses : points saillants

OTAN et origine du conflit (au modérateur). « Cinq ou six vagues d'élargissement » malgré la promesse de ne pas s'étendre vers l'est. « Où tout a-t-il commencé ? Avec l'attaque de l'OTAN contre la Yougoslavie », « sans décision du Conseil de sécurité ». Sur 2014 : Viktor Ianoukovitch « avait tout accepté, y compris des élections anticipées », et « il a été jugé absolument nécessaire d'organiser un coup d'État ». Sur les accords de Minsk : « personne n'avait l'intention de les honorer ». Récit d'un échange avec le secrétaire général de l'ONU lors de sa visite à Moscou : « Bon, d'accord… mais c'est quand même vous qui avez attaqué. »

Kaliningrad. La déclaration et les lettres du ministère russe des Affaires étrangères sont « une réponse à des tentatives de nous intimider ». En cas d'« attaque directe contre la Fédération de Russie », « la question de l'emploi de toutes les armes à sa disposition se poserait inévitablement et immédiatement ». Précision : « ni cette lettre ni la déclaration du ministère ne mentionnent l'emploi d'armes nucléaires ». « La France et le Royaume-Uni sont des puissances nucléaires. Nous le comprenons parfaitement. Mais personne d'autre ne possède les capacités de frappe que la Russie possède aujourd'hui. » L'adversaire potentiel aurait « deux fois notre population ».

Europe. L'escalade verbale européenne est « alimentée par la grave détérioration de leur situation économique et politique intérieure ». « Nous n'avons aucune intention d'attaquer qui que ce soit, ni en 2029, ni en 2030, ni en 2050. » Selon la compilation de TASS, les grands pays européens sont « beaucoup plus hostiles à la Russie que les États-Unis » ; les pays de l'Union européenne « s'effondreront d'eux-mêmes » du fait de leurs erreurs économiques ; la Russie n'a « aucune précondition » à la reprise des relations avec l'Europe.

Usines européennes d'armement. Les livraisons d'armes « ne sont pas nouvelles » et ne préoccupent pas Moscou ; « l'implication d'autres pays dans des opérations de combat directes », notamment par le renseignement spatial, « est une source de préoccupation ». « Je ne dis pas que nous avons l'intention de frapper demain le territoire ou les installations des pays qui fournissent des armes à l'Ukraine. Mais c'est une menace que nous devons comprendre, évaluer et garder à l'esprit. »

Front et économie de guerre. L'Ukraine « perd des éléments de sa souveraineté étatique » et « est gouvernée de l'extérieur ». Selon TASS, plus de 1 300 km² auraient été pris « au seul mois de septembre », soit « 2,5 fois plus » que les mois précédents. Mer Noire : Kiev aurait frappé « 40 de nos navires dans les dix premiers jours » et « plus de 100 » au total ; raffineries : « nous avons perdu environ 1 % du PIB » ; en retour, l'Ukraine n'aurait « effectivement plus d'industrie métallurgique ». Le gazole russe « n'atteindrait pas les marchés mondiaux » du fait des sanctions.

États-Unis. Sur le sommet d'Anchorage d'août 2025 : « Je suis arrivé là-bas pour exprimer notre consentement » aux propositions américaines ; « maintenant, les États-Unis ont demandé du temps pour réfléchir ». Proposition de reprendre le dialogue sur la limitation des armes stratégiques : « il n'y a pas de réponse ». « J'ai d'assez bonnes relations, de longue date, avec le président Trump. »

Iran. « Nous espérons que le détroit restera ouvert et que les sanctions contre l'Iran seront levées. » La proposition de transférer de l'uranium enrichi iranien en Russie « reste sur la table » ; « au départ, tout le monde était d'accord, les Iraniens, les Américains et les Israéliens », puis Washington a exigé un transfert vers les seuls États-Unis. Mention de M. Larijani, « qui a perdu la vie par la suite », venu proposer une coentreprise de dilution en Iran.

Chine, Inde, Japon. Aucune « barrière » avec Xi Jinping ; anecdote d'un tête-à-tête sans interprète dans la salle d'attente du sommet de New Delhi. Déclaration conjointe sur le « dialogue des civilisations » signée à Pékin. Narendra Modi a « de très bonnes idées » sur l'Ukraine. Envers le Japon, « rien n'a changé dans les approches russes ; c'est l'attitude du Japon envers la Russie qui a changé ».

Économie russe. « Notre économie est saine. » Déficit « d'environ 3 % cette année », « 2 % l'an prochain » ; inflation « presque divisée par deux » par rapport à 2025. Les territoires annexés seront reconstruits « sur la seule base de l'opportunité économique » ; de nouvelles usines de défense sont construites « dans les zones les plus sûres possible ».

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

La transcription complète des questions-réponses était annoncée « à suivre » par le Kremlin au 2 octobre, 20 h 31. Les chiffres cités dans cette fiche restent ceux de leurs émetteurs tant qu'une vérification indépendante n'est pas disponible.

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

L'ordre occidental s'affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils

3 October 2026 at 10:32

Par Thibault de Varenne

Le pape, à l'UNESCO, a dit que le dialogue entre nations risquait de n'être plus qu'un simulacre. Poutine, à Valdaï, que les institutions de 1945 ne reflètent plus le monde. Entre les deux discours, le G7 a passé la semaine à se faire menacer d'embargo par son propre chef de file. Oui, l'ordre occidental s'affaiblit. Mais pas là où l'on regarde.

L'ordre occidental s'affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
L'ordre occidental s'affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Trois textes en huit jours, et un communiqué. Le 25 septembre, à Paris, Léon XIV parle devant l'UNESCO. Le 1er octobre, près de Moscou, Vladimir Poutine parle trois heures devant le club Valdaï. Le 2 octobre, les sept chefs d'État et de gouvernement du G7, réunis par visioconférence sous la présidence d'Emmanuel Macron, publient six paragraphes sur le gazole. Les deux discours parlent de l'ordre du monde. Le communiqué, lui, le montre.

Léon XIV et Macron : la tour de Babel et l’UE
Même mot, deux projets : le multilatéralisme de Macron bâtit la tour de Babel, celui de Léon XIV tient la place de la Pentecôte. Ce qu’il faut en tirer pour 2027.
L'ordre occidental s'affaiblit-il ? Le G7 a répondu vendredi, en barils
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Deux mots qui ne disent pas la même chose

Le pape a employé le mot multilatéralisme. Devant l'UNESCO, il a décrit des institutions internationales dont on attend qu'elles répondent « à des défis qu'aucun État ne peut affronter seul », et qui traversent « une crise d'efficacité », parce que le dialogue y est désormais tenu « pour un obstacle à l'action plutôt que pour une ressource », pour un simulacre plutôt que pour une occasion de chercher ensemble le bien commun. Le remède qu'il propose tient en un mot que les chancelleries n'emploient plus : la confiance. Le matin même, à l'Élysée, il avait demandé à la France de « rester une championne infatigable de la paix et du multilatéralisme », et il avait ajouté une phrase qu'on a peu relevée : « la paix n'est pas un équilibre des forces ».

Vladimir Poutine a employé l'autre mot, multipolarité. À Valdaï, il a dit que les institutions nées de la Seconde Guerre mondiale « ne reflètent pas la situation du deuxième quart de ce siècle », que les Occidentaux forment « une minorité mondiale » qui « cherche à s'arroger des fonctions de gouvernance », notamment à l'ONU, et que l'éloignement de « l'hégémonie occidentale » conduira à un ordre « plus stable, plus démocratique et plus libre ». Il a présenté les BRICS comme un

L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir

3 October 2026 at 09:57

Par Thibault de Varenne

Le 30 septembre, le dernier soldat américain a quitté l'Irak. Bagdad s'est donné quatre jours fériés pour le fêter. Quatre jours plus tôt, le même gouvernement écrivait à Washington pour obtenir le droit de recevoir des avions iraniens. Ce que l'Irak a gagné cette semaine, ce qu'il n'a pas gagné, et ce que cela dit de nous.

L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Lundi 28 septembre, à l'aéroport de Bagdad, le général Saad Maan a pris possession de l'ancien quartier général américain et a dit à la presse locale que cela ne mettait pas fin à la coopération avec les « partenaires internationaux », mais ouvrait une relation « fondée sur le respect mutuel et l'indépendance de la décision irakienne ». Le mercredi 30, le porte-parole du Pentagone, Sean Parnell, annonçait que les derniers soldats de la coalition avaient quitté la base d'Erbil « en bon ordre », avec leur matériel. Le gouvernement irakien a décrété quatre « journées de la souveraineté », du 30 septembre au 3 octobre. Donald Trump, sur son réseau, a parlé d'« une excursion en enfer très coûteuse », d'« une victoire pour les États-Unis, une victoire pour l'Irak », et il a tranché en une ligne la querelle historique de sa génération : « une très mauvaise décision nous a mis dans ce bourbier ».

Quatre jours avant la fête, le samedi 26 septembre, le bureau du Premier ministre Ali al-Zaidi avait publié un autre communiqué, moins repris. Il y annonçait des discussions directes avec Washington pour obtenir que certains aéroports irakiens soient exemptés des sanctions américaines contre les compagnies aériennes iraniennes, « pour des raisons humanitaires liées aux soins, aux études, aux visites religieuses et aux intérêts des civils ». Depuis la veille, les quatre grands aéroports du pays, Bagdad, Nadjaf, Erbil et Souleimaniye, n'acceptaient plus un seul vol vers l'Iran. Non par décision irakienne : parce que les sociétés étrangères d'assistance au sol refusaient de toucher un appareil iranien de peur du Trésor américain.

Les deux communiqués viennent du même gouvernement, à quatre jours d'écart. Le premier dit que l'Irak est souverain. Le second demande une permission. Je voudrais prendre les deux au sérieux, parce que c'est entre les deux que se loge ce qui s'est réellement passé à Bagdad cette semaine, et ce que le mot souveraineté veut dire quand on le prononce dans un pays où l'on n'a jamais eu les moyens de le vérifier.

L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Qui tient quoi à Bagdad

Avant d'aller plus loin, nommons les acteurs, parce que les dépêches les supposent connus et qu'ils ne le sont pas.

Le gouvernement, d'abord. Ali al-Zaidi est Premier ministre depuis le mois de mai. C'est un homme d'affaires, nouveau en politique, que le Cadre de coordination, le bloc des partis chiites qui domine le Parlement, a sorti de son chapeau pour mettre fin à des mois de blocage après les élections de novembre 2025. Son cabinet n'est que partiel : le Parlement l'a approuvé en mai sans pourvoir plusieurs postes de sécurité, dont le ministère de la Défense. Le pays a donc fêté sa souveraineté militaire sans ministre de la Défense.

Les forces régulières ensuite : l'armée, la police fédérale, le Service de contre-terrorisme formé par les Américains, une aviation qui aligne des F-16 achetés à Washington. Le commandant de l'armée de l'air, le général Khalid al-Tamimi, a assuré lundi qu'aucune force de la coalition n'avait plus rien fait sur le sol irakien depuis le début de 2026 et que ses pilotes venaient de tenir dix jours de missions sans aide extérieure. Dix jours, a-t-il précisé.

Puis il y a le Hachd al-Chaabi, les Forces de mobilisation populaire, né en juin 2014 quand l'État islamique prenait Mossoul et que l'armée s'effondrait. Des dizaines de milices se sont levées à l'appel du clergé de Nadjaf ; une loi de 2016 les a rattachées à l'État et mises sur sa paie. Sur le papier, elles obéissent au Premier ministre, commandant en chef. Dans les faits, plusieurs ont gardé leur chaîne de commandement, leurs dépôts, leurs revenus et leurs attaches à Téhéran. Ce sont elles qui sont en cause dans l'affaire du désarmement, et trois familles s'y distinguent. Les groupes qui ont accepté de rendre les armes ou de se régulariser : Saraya al-Salam, la milice de Moqtada al-Sadr, intégrée en cérémonie à Samarra au mois de juin ; Asaib Ahl al-Haq ; les Kataib al-Imam Ali. Les groupes qui refusent : les Kataib Hezbollah et le Harakat al-Nujaba, les plus liés aux Gardiens de la révolution iraniens, qui parlent d'« armes de la résistance » et ont tiré, depuis février, sur des cibles américaines et sur des pays du Golfe. Entre les deux, l'Organisation Badr, la plus ancienne et la plus nombreuse, dont le chef Hadi al-Amiri a déclaré en août que le monopole des armes était « une décision irakienne », et qu'il n'y aurait pas d'affrontement entre l'État et « la résistance ». La formule ménage tout le monde. Ces factions se sont donné en octobre 2023 une enseigne commune, la « Résistance islamique en Irak », qui a déclaré mercredi n'être tenue « par aucun calendrier ni aucun accord ».

Au nord, la Région autonome du Kurdistan, avec son gouvernement à Erbil, ses Barzani, Nechirvan à la présidence, Masrour au gouvernement, et ses peshmergas, les combattants kurdes qui ont tenu le front contre l'État islamique en 2014. Le 21 septembre, neuf jours avant le départ américain, Erbil a annoncé la fusion en une seule force des peshmergas des deux partis rivaux, le PDK et l'UPK. C'est le Kurdistan qui perd le plus au retrait : les batteries Patriot et les systèmes anti-roquettes américains qui le couvraient sont repartis avec les soldats, selon les informations disponibles à Erbil.

Au nord encore, la Turquie, qui tient depuis décembre 2015 la base de Bachiqa, au nord-est de Mossoul, avec jusqu'à six cents soldats, et qui a accepté le 23 septembre, à New York, d'en commencer le transfert « graduel » à Bagdad, en échange d'un engagement irakien à rétablir l'autorité de l'État dans le Sinjar, où le PKK kurde s'est replié. Graduel : la souveraineté irakienne sur Bachiqa est une promesse datée, pas un état de fait.

L'Iran, enfin, et les États-Unis. L'un a ses relais armés et politiques dans le pays, et la force Qods des Gardiens de la révolution pour les tenir. L'autre conserve à Bagdad la plus grande ambassade du monde, un accord-cadre stratégique signé le 17 novembre 2008, les contrats d'armement, l'entretien des F-16, et un compte en banque dont il sera question plus bas. Reste l'État islamique, réduit selon le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies à « quelques centaines » de combattants : assez pour tuer, plus assez pour tenir une ville.

L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Ce qui est parti

Le départ est réel, et il se mesure. On comptait 169 000 soldats américains en Irak au plus fort de l'occupation, en août 2007 ; 2 500 après la fin des opérations de combat, en décembre 2021 ; 1 500 soldats de la coalition regroupés à Erbil à la fin de 2025 ; zéro le 30 septembre. Le commandement central américain a déménagé en Jordanie l'état-major de la lutte contre l'État islamique. Les bases fédérales, Aïn al-Assad, le commandement conjoint de Bagdad, avaient été rendues le 18 janvier. Le calendrier avait été arrêté le 27 septembre 2024 entre l'administration Biden et le Premier ministre d'alors, Mohammed Chia al-Soudani ; Bagdad a refusé toute prolongation, et Marco Rubio a confirmé le 23 septembre qu'il n'y en avait eu « aucune discussion ». La date a été tenue au jour près.

Ce que les Américains laissent derrière eux se mesure aussi. Selon les registres du Pentagone, 4 418 soldats américains sont morts entre 2003 et 2011, 31 994 ont été blessés, et 123 sont morts depuis 2014 ; le bureau du budget du Congrès avait arrêté en avril 2011 la dépense militaire à 752 milliards de dollars, avant la seconde campagne. Côté irakien, les décomptes qui circulent, plus de 200 000 civils tués selon les uns, plus de 300 000 morts toutes catégories selon les autres, viennent d'organisations occidentales ; je les cite pour l'ordre de grandeur, pas pour l'unité. Vingt-trois ans après le 14 février 2003, le président des États-Unis dit à sa manière, en une ligne, ce que la France disait ce jour-là au Conseil de sécurité. J'y reviendrai.

Et ce qui est parti, c'est d'abord ce qui protégeait. Le ministère des Peshmergas compte plus de mille attaques de drones et de missiles sur la Région du Kurdistan depuis le 28 février, jour où les États-Unis et Israël ont ouvert la guerre contre l'Iran. Les Patriot d'Erbil en ont intercepté une partie. Ils sont dans les soutes. Masrour Barzani a dit dimanche que laisser le Kurdistan « sans aucun système de défense » était « un sujet d'inquiétude » ; le porte-parole militaire irakien, Sabah al-Numan, répond que Bagdad est « proche » d'acheter des défenses antiaériennes à la Corée du Sud, à la Turquie et aux États-Unis. Proche. Dans l'intervalle, le ciel irakien est ouvert, et les seuls à y disposer de missiles sont ceux que l'on prie de désarmer.

L'Amérique quitte l'Irak, et Bagdad demande à Trump la permission d'atterrir
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Ce qui est resté

Les partisans de la lecture souverainiste ont un argument que je veux donner dans toute sa force, parce qu'il est bon. L'Irak, disent-ils, a fixé la date du départ et l'a obtenue. Il a repris ses bases en janvier, sans incident. Son Parlement avait voté l'expulsion des forces étrangères le 5 janvier 2020, deux jours après que les Américains eurent tué le général Soleimani et le chef de milice Abou Mahdi al-Mouhandis à l'aéroport de Bagdad, et ce vote, non contraignant, a fini par s'exécuter six ans plus tard. Aucun État de la région n'a fait cela. La France de 1966 n'a pas fait autre chose quand le général de Gaulle a demandé le départ des troupes américaines : il a fixé une date, le 1er avril 1967, et elle a été tenue. Qui fixe la date du départ de l'Amérique et l'obtient a exercé la souveraineté dans ce qu'elle a de plus concret. Je l'accorde entièrement.

Mais la France de 1966 avait la bombe, le commandement de ses armées, sa monnaie et ses aéroports. Renvoyer une armée est un acte de souverain. Refuser, le lendemain, ce que l'ancien protecteur demande encore en est un autre, et c'est celui-là qui compte. Or le lendemain, pour l'Irak, est documenté jour après jour.

Le 8 septembre, le Trésor américain sanctionne vingt-sept compagnies aériennes iraniennes et prévient que tout aéroport, tout avitailleur, toute société d'assistance

Droit de réponse de M. Usmanov

3 October 2026 at 09:22

Nous avons reçu ce courrier de menace du M. Usmanov, que nous interprétons comme un droit de réponse, que nous publions intégralement, en application de la loi de 1881 modifiée. L'ensemble donne une assez bonne image, n'en déplaise aux poutinolatres, de la façon dont la liberté de la presse est respectée dans les anciennes républiques soviétiques.

Droit de réponse de M. Usmanov
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Droit de réponse de M. Usmanov

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

To the Editorial Team of Le Courrier des Stratèges,

We are writing to address incorrect claims about Mr. Alisher Usmanov in the article “Au bon coin macroniste : "Echange parapluie nucléaire contre espion français en prison"” of 24 September 2026 published on your website.

Our concerns relate to the following sections:

• “Comme nous l'avions annoncé hier, la France a fait pression pour sortir un oligarque russe de la liste des sanctions européennes en échange de la libération d'un espion français emprisonné en Azerbaïdjan”;

• “Finalement, l'Union Européenne a accédé aux voeux français, et l'oligarque Ousmanov a disparu de la liste des sanctionnés”.

It is incorrect and unjustly damaging to refer to Mr. Usmanov as an “oligarch”. The appropriate use of the label “oligarch” presupposes individuals who became wealthy thanks to close ties with the Russian state in the 1990s, profiting from privatizations and the so-called “loans for shares” auctions. Such a scenario is entirely unrelated to Mr. Usmanov’s entrepreneurial background, as he built his wealth completely independently and did not participate in the privatization of Russian state assets or in the loans-for-shares auctions in the 1990s. On this point, it is worth noting that the EU Council, in the updated rationale (see #673), stopped using the term “oligarch” in association with Mr. Usmanov - thus recognising the previous language as incorrect - before ultimately removing him from the EU sanctions list altogether.

Please note that in 2023–2026 more than 3,200 publications in which similar false statements were made, were corrected following both out-of-court and litigation proceedings across more than 60 countries worldwide, including all 27 EU member states. These include Antena 3 CNN, Blick, Blitz, Business Insider, Corriere della Sera, Aftonbladet, Daily Finland, Deutsche Welle, Die Presse, Die Welt, DPA, BGNES, Dnesplus, Ekonomický deník, Well.pl, Euronews, European Interest, Handelszeitung, Il Messaggero, Il Post, Il Sole 24 Ore, La Nuova Sardegna, La Stampa, Lõunaeestlane, Luxembourg Times, Nordjyske, Notícias ao Minuto, RTL, Stern, The EU Reporter, The Sun, The Times, The Washington Post, Universul, ZDF and many others.

In light of the above, and as a professional courtesy before escalating this matter to our legal team, we hereby offer you the opportunity to settle these infringements out of court by deleting the publication at the following URL:

https://www.lecourrierdesstrateges.fr/au-bon-coin-macroniste-echange-parapluie-nucleaire-contre-espion-francais-en-prison/

Received — 2 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement

2 October 2026 at 13:45

La chambre régionale des comptes d’Occitanie a épinglé la gestion 2021-2025 de Villefranche-de-Rouergue. Les charges courantes ont grimpé de 25,5 % pendant que les recettes n’avançaient que de 11,7 %. Résultat : une capacité d’autofinancement nette négative de 646 357 euros en 2025 et une dette au-delà du seuil d’alerte. Le maire répond que « tout ce que nous faisons est légal ».

« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Entre 2021 et 2025, les dépenses de fonctionnement ont augmenté de 3,2 millions d’euros tandis que les recettes progressaient de 1,7 million seulement. L’épargne brute est tombée de 2,20 millions à 774 246 euros. Après remboursement du capital de la dette (1,42 million), la commune se retrouve en déficit d’autofinancement net. La dette atteint 12,46 millions d’euros fin 2025 ; la capacité de désendettement passe à 15,5 années, bien au-dessus du seuil d’alerte de 12 ans. Soixante pour cent des dépenses sont qualifiées de charges rigides.

« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Des dépenses qui courent plus vite que les recettes

La chambre régionale des comptes Occitanie a rendu public, mardi 30 septembre, son rapport d’observations définitives sur la gestion de Villefranche-de-Rouergue depuis 2021. Ce rapport présenté au conseil municipal le 28 septembre, porte sur la gestion de la commune depuis 2021. Le constat financier est net : les dépenses courantes sont passées de 12,19 à 15,30 millions d’euros, tandis que les recettes n’ont progressé que de 11,7 %.

Villefranche-de-Rouergue : épargne dans le rouge, dette au-delà du seuil d’alerte… ce que dit vraiment le rapport de la chambre régionale des comptes
La chambre régionale des comptes Occitanie a rendu public, le 30 septembre, son rapport sur la gestion de Villefranche-de-Rouergue depuis 2021. Charges en hausse de 25,5 % quand les recettes ne progressent que de 11,7 %, épargne nette négative de 646 357 euros, dette qui dépasse le seuil d’alerte : la juridiction appelle la commune à poursuivre son redressement. Décryptage de ce que ces chiffres signifient pour les Villefranchois, de leurs impôts au prix de l’eau.

La masse salariale constitue le premier poste. Elle atteint 8,59 millions d’euros en 2025, contre 6,68 millions quatre ans plus tôt, soit +28,6 %. Près de 33 équivalents temps plein supplémentaires ont été recensés, dont quinze recrutements liés à la reprise en régie du périscolaire. La CRC relève toutefois que la dépense de personnel par habitant demeure environ 15 % inférieure à celle des communes comparables.

« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

18,46 millions investis, 12,46 millions de dette

La municipalité défend une politique d’investissement ambitieuse : 18,46 millions d’euros de dépenses d’équipement entre 2021 et 2025, notamment pour la médiathèque La Manufacture et la revitalisation du centre-ville. Le financement a reposé notamment sur 6,79 millions d’emprunts nouveaux, 2,30 millions prélevés sur les réserves et 4,8 millions de subventions.

Le budget 2027 veut faire payer les retraités, mais personne n’y croit
Pensions gelées au-dessus de 2 034 €, abattement raboté : le budget 2027 demande 5,5 milliards aux retraités. Et personne, pas même la Cour des comptes, n’y croit.

Cependant, l’épargne brute est tombée de 2,20 millions en 2021 à 774 246 euros en 2025, alors que 1,42 million d’euros de capital devait être remboursé. L’épargne nette devient donc négative de 646 357 euros. La capacité de désendettement atteint 15,5 années, contre 5,4 en 2021, au-dessus du seuil d’alerte de 12 ans.

Le maire Jean-Sébastien Orcibal assume néanmoins les investissements réalisés, en invoquant la nécessité de revitaliser le centre ancien. La commune a déjà relevé ses taux d’imposition en avril 2026 et renoncé à tout nouvel emprunt cette année. La CRC demande désormais une maîtrise des charges et une réflexion sur les compétences et équipements pouvant être mutualisés. Elle pointe aussi des fragilités dans les procédures d’achat, l’information des élus et certaines pratiques de gestion.

« Tout ce que nous faisons est légal » : une ville à moins 646 357 euros d'autofinancement
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

La chambre régionale des comptes constate, elle ne sanctionne pas. Aucune responsabilité personnelle n'est engagée sur le patrimoine de ceux qui décident. Tant que l'élu dépense l'argent des autres sans en assumer le risque, la légalité servira de bouclier, et la dette, de legs.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?

2 October 2026 at 10:18

Par Vincent Clairmont

L'once valait 1 864,33 € en moyenne en janvier 2024. Elle vaut 3 689,71 € ce 1er octobre 2026 à 17 h 17, soit +97,9 % en euros. Une trésorerie qui y a placé 200 000 € détient aujourd'hui 395 800 €. La question n'est pas de savoir si le cours va continuer : c'est de savoir à quoi sert cet argent.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Reprenons les chiffres avant tout raisonnement.

En janvier 2024, l'once d'or s'échangeait en moyenne à 1 864,33 €, dans une fourchette de 1 845,44 € le 17 à 1 888,38 € le 31. Ce 1er octobre 2026 à 17 h 17, le cours de l'or fin ressort à 3 689,71 € l'once, soit 118,63 € le gramme et 118 627 € le kilo, pour un euro à 1,1355 dollar — environ 4 190 $ l'once. La performance en euros est de +97,9 % sur deux ans et neuf mois.

Une entreprise qui a converti 200 000 € de trésorerie en janvier 2024 a acheté environ 3 337 grammes, soit 107,3 onces. Cette ligne vaut aujourd'hui 395 800 €, pour une plus-value latente de 195 800 €.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Première chose : cette ligne n'appartient pas au Barbell

Il faut lever une confusion que je rencontre souvent, et qui conduit à des décisions fausses.

L'allocation Barbell que je préconise — 80 % de branche sûre dont 30 % d'or physique, 20 % de branche risquée — est calibrée sur un patrimoine personnel, cas type 500 000 €. Sa logique est la structure du risque sur un horizon long, sans échéance imposée.

Une trésorerie d'entreprise n'a pas cette propriété. Elle a une fonction : financer le cycle d'exploitation, le besoin en fonds de roulement, l'investissement et, le cas échéant, le remboursement d'une dette. Son horizon n'est pas choisi par le dirigeant, il est imposé par l'activité. Pour cette raison, la poche or d'une trésorerie d'entreprise est hors Barbell, au même titre que l'épargne de précaution d'un particulier ou qu'un dispositif d'épargne salariale : elle obéit à ses propres règles, et la cible de 30 % ne s'y applique pas.

Deux précautions qui en découlent. D'abord, rien n'interdit à une personne morale de détenir de l'or physique, mais la proportion compte : une société dont le bilan afficherait un stock d'or hors de proportion avec son activité s'expose à une requalification en négociant en métaux précieux, et au débat sur l'acte anormal de gestion. Les praticiens avancent un ordre de grandeur de 5 à 10 % de la trésorerie. Ensuite, le traitement comptable n'est pas unifié : selon la durée de détention envisagée, l'or est inscrit soit en instrument de trésorerie, soit en autres immobilisations financières — non amortissable, mais susceptible de dépréciation. Ce point se tranche avec votre expert-comptable, pas dans un article. On va voir qu'il commande aussi la fiscalité.

Quand revendre le compartiment or de sa trésorerie d'entreprise acheté en janvier 2024 ?
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

La réponse : trois déclencheurs, et aucun n'est le cours

Je préconise de ne pas regarder le cours pour décider. Trois faits seulement déclenchent une vente, et ils sont tous internes à l'entreprise.

Received — 1 October 2026 ⏭ Le Courrier des Stratèges

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région

1 October 2026 at 14:54

Condamné en première instance à deux ans avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité, Ary Chalus reste président de la Région Guadeloupe. Le tribunal de Paris a refusé l'exécution provisoire que réclamait le parquet national financier. Il continuera donc de signer et de gérer le budget jusqu'à l'appel qu'il a annoncé vouloir engager.

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le 30 septembre 2026, la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris a reconnu Ary Chalus coupable de la quasi-totalité des faits qui lui étaient reprochés. L’affaire porte sur l’utilisation de son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) lorsqu’il était député, entre juin 2012 et juillet 2017.

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Des dépenses personnelles au cœur du dossier

Selon les éléments retenus par le tribunal, l’IRFM aurait notamment servi à financer des achats personnels, des frais de santé et des frais vétérinaires. La justice lui reprochait également d’avoir obtenu auprès de la mairie de Baie-Mahault le remboursement de dépenses déjà couvertes par son enveloppe parlementaire.

Détournement de fonds publics : Ary Chalus condamné à du sursis et cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire
Condamné ce mercredi 30 septembre par la 32e chambre correctionnelle de Paris à deux ans de prison avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics.

Le volet familial du dossier a également conduit à la condamnation de sa fille, Nathalia Chalus. Reconnu coupable de recel de détournement de fonds publics portant sur 67 800 euros, elle a été condamnée à six mois de prison avec sursis, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité. Le tribunal s’est aussi prononcé sur plusieurs emplois de collaboratrices parlementaires.

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Une condamnation, mais pas de départ immédiat

Le Parquet national financier avait requis cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Cette mesure aurait produit ses effets immédiatement. Les juges ne l’ont pas retenue. Ary Chalus conserve donc, à ce stade, son mandat de président de Région.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
Santé et retraite du régime général prélèvent 1 115 € par mois sur un salaire moyen, dont 852 € en part employeur. Le PLFSS 2027 n’en parle pas.

L’élu a annoncé son appel et affirme vouloir poursuivre son mandat. En somme, Ary Chalus est condamné en première instance, mais il n’est pas définitivement jugé. La suite judiciaire reste ouverte. Reste la question de fond : pourquoi l'élu bénéficie-t-il d'un régime que nul employé ne connaîtrait ? Le droit protège légitimement le justiciable, mais il offre ici à un responsable public condamné pour avoir puisé dans l'argent public un délai confortable pour continuer d'en disposer. Pour un salarié, l'utilisation indue de la carte de son entreprise peut conduire rapidement à une sanction disciplinaire.

Condamné pour détournement de fonds publics, Ary Chalus reste président de région
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Ce décalage ne préjuge pas de la décision de la cour d'appel, mais il rappelle combien les responsabilités politiques et les conséquences judiciaires obéissent à des temporalités différentes.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois

1 October 2026 at 10:33

par Élise Rochefort


Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 a été présenté ce 1er octobre, avec le budget de l'État. Les mesures annoncées portent sur les prestations : sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros par mois, plafond de l'abattement de 10 % ramené de 4 439 à 3 000 euros, 5,5 milliards d'euros d'économies sur les retraites, relèvement des franchises médicales entré en vigueur le jour même. Les taux de cotisation maladie et vieillesse ne sont pas modifiés par le texte, et leur montant ne fait pas partie du débat ouvert ce matin.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
La sécu vous coûte 1 115 € par mois

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Il est pourtant calculable. Les taux 2026 appliqués au salaire moyen du secteur privé à temps plein — 3 602 euros brut par mois, net moyen de 2 733 euros (INSEE, exercice 2024) — donnent le tableau suivant. Ce salaire est inférieur au plafond mensuel de la sécurité sociale, fixé à 4 005 euros : la totalité du brut relève de la première tranche. Le montant est par salarié, non par habitant ; le tableau 2 donne la transposition au foyer.

1. Ce qui est prélevé, et où le salarié peut le voir

PrélèvementTaux 2026Par moisCe qu'en voit le salarié
Maladie, part salariale0 %0 €Ligne supprimée en 2018
Maladie, part employeur13,00 % du brut468 €Colonne employeur du bulletin
Vieillesse, part salariale7,30 %263 €Lignes « vieillesse » du bulletin
Vieillesse, part employeur10,66 %384 €Colonne employeur du bulletin
Total santé + vieillesse1 115 €dont 852 € en part employeur
CSG et CRDS, toutes branches9,70 % sur 98,25 % du brut344 €Une ligne globale, non ventilée par branche

Trois quarts du prélèvement — 852 euros sur 1 115 — figurent dans la colonne employeur, qui ne constitue pas un revenu versé au salarié. La part salariale de la cotisation maladie a été supprimée en 2018, en contrepartie d'une hausse de 1,7 point de la CSG : la ligne « maladie » du salarié affiche donc zéro. La CSG, elle, apparaît en une ligne unique dont la ventilation par branche n'est pas publiée. S'y ajoutent les impôts et taxes affectés — fraction de TVA, droits sur le tabac et l'alcool — qui représentent 33 % des recettes de la branche maladie contre 38 % pour les cotisations et 23 % pour la CSG, répartition de l'exercice 2021. Ceux-là sont acquittés au passage en caisse et ne sont individualisables sur aucun document.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

2. Une famille : deux parents au salaire moyen, un enfant

Par moisPar an
Part salariale, deux salaires526 €6 312 €
Part employeur, deux salaires1 704 €20 448 €
Total santé + vieillesse2 230 €26 760 €
Par personne du foyer743 €8 920 €
En part du brut cumulé (7 204 €)31,0 %
En part du coût total du travail (8 908 €)25,0 %

L'enfant est couvert dès la naissance et n'acquitte aucune cotisation. Le prélèvement porte sur deux revenus, la couverture sur trois personnes.

3. Ce que le texte met en débat

Mesure du PLFSS 2027Économie attendue
Sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 €/mois4,1 Md€
Abattement de 10 % plafonné à 3 000 € au lieu de 4 439 €1,4 Md€
Total retraites5,5 Md€
Plafond des franchises médicales porté de 100 à 140 €/annon chiffrée publiquement

Objectif affiché : ramener le déficit de la sécurité sociale de 22 milliards d'euros en 2026 à 12 ou 13 milliards en 2027. Les pensions égales ou inférieures à 1 260 euros seraient intégralement revalorisées.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

L'asymétrie d'information. Du côté des prestations, chaque montant est notifié individuellement : un décompte de remboursement par soin, un relevé de carrière, un avis de revalorisation. Du côté du prélèvement, 852 des 1 115 euros ne transitent par aucun document que le salarié reçoive comme sien, la cotisation maladie salariale est à zéro, la CSG n'est pas ventilée et les taxes affectées ne sont pas identifiables. Le bénéfice est chiffré au destinataire, la charge ne l'est pas.

Périmètre. Régime général seul. La retraite complémentaire Agirc-Arrco, obligatoire dans le privé, s'y ajoute et n'est pas comptée, non plus que l'assurance chômage, les accidents du travail, la famille, l'autonomie et le prélèvement au titre du logement. Le total des prélèvements sociaux sur un bulletin de paie est donc supérieur à 1 115 euros.

Les taux sont ceux de 2026, le salaire de référence celui de 2024, dernier exercice publié. Le texte est déposé ; son examen commence.

La sécu vous coûte 1 115 € par mois
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza

1 October 2026 at 09:55

Par Thibault de Varenne

Mercredi soir, sur le plateau de Quotidien, Bernard-Henri Lévy venait raconter sa vie. Il a fini par défendre Israël contre plusieurs chroniqueurs, et le ton est monté. On sait ce qu'il pense de Gaza : il le répète depuis deux ans et demi. Reste à comprendre pourquoi il y met tant de force. Ses propres textes donnent la réponse.

Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !
Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Séquence extrêmement tendue dans Quotidien entre BHL, qui défend Israël, et plusieurs chroniqueurs dont Jean-Michel Apathie. pic.twitter.com/o0qL1nRyi2

— Mathieu Géniole (@mathieuge) September 30, 2026

Mercredi soir, sur TMC

Mercredi 30 septembre, Bernard-Henri Lévy était l'invité de Quotidien, sur TMC. Le bandeau annonçait : « BHL raconte sa vie ». Il venait présenter ses Mémoires provisoires, en librairie cette semaine. La conversation a quitté le livre pour Israël. Elle est devenue, écrit le journaliste qui en a diffusé l'extrait, « extrêmement tendue » entre l'invité, « qui défend Israël », et plusieurs chroniqueurs, dont Jean-Michel Aphatie. Deux minutes d'images, plus de quatre-vingt mille vues en moins d'une journée.

Il n'y a là aucune surprise. M. Lévy dit la même chose depuis mars 2024. Ce qui mérite qu'on s'y arrête, c'est la vigueur. Un homme de soixante-dix-sept ans, qui a passé sa vie à prononcer le mot « génocide » plus vite que tout le monde, met aujourd'hui la même énergie à l'interdire. Pourquoi ?

Je ne sonderai pas son cœur. Je n'en ai ni le moyen ni le goût. Je regarde ses textes, leurs dates, et ce que le mot lui coûterait s'il le prononçait. Cela suffit.

Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Ce que le mot veut dire, et qui l'a prononcé

Le génocide n'est pas un superlatif. C'est un crime défini par un traité de 1948, que la France a signé. La définition tient en deux éléments. Des actes, d'abord, au nombre de cinq : tuer les membres d'un groupe, leur infliger des atteintes graves, les soumettre à des conditions de vie qui doivent entraîner leur destruction, empêcher les naissances, enlever les enfants. Une intention, ensuite : celle de détruire ce groupe, en tout ou en partie. Le traité ne dit rien de la vitesse. Il ne dit rien des avertissements donnés avant un bombardement.

Sur Gaza, trois instances ont conclu. Amnesty International, le 5 décembre 2024. L'association internationale des chercheurs spécialistes du génocide, en août 2025, par une résolution votée à 86 %. Une commission d'enquête des Nations unies, le 16 septembre 2025 : elle retient quatre des cinq actes du traité.

Reste le juge. La Cour internationale de justice, le tribunal des Nations unies qui tranche les litiges entre États, a été saisie par l'Afrique du Sud fin 2023. Elle a ordonné dès 2024 des mesures d'urgence, dont l'une porte sur la privation de nourriture. Elle n'a pas jugé le fond. D'après son dernier calendrier, Israël a jusqu'au 22 mai 2029 pour déposer ses dernières écritures. Il n'y aura donc pas d'arrêt avant 2029.

Voilà l'état du dossier. Israël conteste. Le juge n'a pas parlé. Trois instances sérieuses ont parlé.

Netanyahou à l’ONU ? ou la semaine du greffier
Le point du 27 septembre 2026 sur le génocide en Palestine.

Trois phrases, et pas un article du traité

Que répond M. Lévy ? Trois choses, qu'on peut dater.

En novembre 2024 : « On ne peut pas dire d'une armée qui prévient avant de tirer […] qu'elle est une armée génocidaire. » En septembre 2025, dans le Wall Street Journal : une armée génocidaire ne mettrait pas deux ans à gagner une guerre sur un territoire grand comme Las Vegas. Le même mois : « Israël n'“affame” pas Gaza. »

Reprenez le traité. La première phrase parle d'avertissements : le texte n'en parle pas. La deuxième parle de durée : le texte n'en parle pas. La troisième contredit ce que la Cour a elle-même constaté en mars 2024, quand elle a ordonné à Israël de laisser entrer la nourriture. Aucune ne discute l'intention, qui est le seul point difficile du dossier. Ce sont des arguments de plateau. Ils portent à vingt heures. Ils ne pèsent rien devant un juge.

On me dira que M. Lévy a le droit d'attendre l'arrêt, et qu'en 2029 la Cour lui donnera peut-être raison. C'est exact. La question de droit est ouverte, et s'il disait « attendons les juges », je n'écrirais pas cette chronique. Mais il ne dit pas cela. En mai 2024, il déclarait l'accusation « infâme ». En novembre 2024, la Cour pénale internationale, l'autre tribunal de La Haye, celui qui juge les personnes, délivrait un mandat d'arrêt contre M. Nétanyahou. Il a demandé qu'on abolisse cette Cour. Vingt mois plus tôt, elle visait M. Poutine, et il applaudissait. On n'attend pas les juges quand on réclame leur suppression.

Ce que le mot lui coûterait

Je vois quatre raisons. Elles sont toutes écrites de sa main.

Il plaide pour une partie. M. Lévy défend Israël. Il l'écrit, il en a fait un livre en mars 2024, où on lit : « La mort des civils de Gaza n'est pas un massacre. C'est encore moins un génocide. » On a le droit de défendre un pays. On ne peut pas se présenter en même temps comme l'expert qui tranche. Un avocat est respectable. Personne ne lui demande de tenir aussi le greffe.

Le mot l'obligerait. Voilà trente ans qu'il enseigne que ce mot commande d'agir. Pour le Darfour, en 2007, il parlait du « premier génocide du XXIe siècle » et suggérait d'aider ceux qui défendaient les populations les armes à la main. Pour la Libye, en 2011, il plaidait la force auprès de Nicolas Sarkozy. S'il prononçait le mot pour Gaza, sa propre doctrine lui dicterait la suite : sanctions, embargo sur les armes, peut-être davantage, contre le pays qu'il défend. Il ne le peut pas. Il faut donc que le mot soit faux.

Son titre de témoin est en jeu. Son argument d'autorité tient en une phrase : « J'ai vu des génocides (Srebrenica, Darfour). » J'ai travaillé sur le Soudan dans ces années-là. Nous avions sur nos bureaux le rapport de la commission d'enquête des Nations unies, rendu en janvier 2005 : Khartoum commettait des crimes de masse, mais ne menait pas une politique de génocide. M. Lévy a écrit le contraire deux ans plus tard, sans attendre personne.

Quant au Rwanda, mon directeur de la publication a fait relire ses chroniques du Point pour le printemps 1994. Le génocide des Tutsi commence le 7 avril. Du 9 avril au 11 juin, neuf chroniques : pas une ligne. La première mention date du 18 juin, dix semaines après le début des massacres. Il faisait alors campagne pour Sarajevo. Son site assure aujourd'hui qu'il fut « parmi les tout premiers » à prendre la mesure de l'événement.

Or les spécialistes du génocide disent oui à 86 %, et lui dit non. L'un des deux se trompe. S'il leur donne raison, il n'est plus l'homme qui sait reconnaître un génocide. Il devient un écrivain parmi d'autres, qui s'est trompé sur le plus grave.

Il est allé trop loin pour reculer. Un livre, puis « infâme », puis une cour à abolir, puis l'ONU déclarée « morte » pour n'avoir pas soutenu Israël. Chaque phrase rend la suivante obligatoire. Celui qui a écrit tout cela ne peut plus dire en 2029 « je m'étais trompé » sans défaire trente ans de sermons. C'est, je crois, pourquoi le ton monte.

Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Le Soudan, ou la preuve par l'ONU

Un dernier fait montre comment il choisit. En novembre 2025, M. Lévy écrit du Soudan : « Au Darfour, c'est un génocide, un vrai. » Trois mois plus tard, une mission d'enquête des Nations unies relève à El-Fasher, la grande ville du Darfour tombée aux mains des paramilitaires, les « signes distinctifs d'un génocide ». Il avait donc raison cette fois, et je le lui accorde volontiers.

Mais regardez qui le confirme : les Nations unies. La même organisation, par une autre commission, dit la même chose de Gaza. On ne peut pas citer l'ONU à Khartoum et la déclarer morte à Gaza. Il y aurait donc de vrais génocides, ceux qu'il reconnaît, et de faux, ceux que reconnaissent les commissions quand elles le gênent. C'est une justice à un seul juge.

Pourquoi BHL nie aussi farouchement le génocide à Gaza
LE COURRIER
DES STRATÈGES
Restez libre !

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Ce que je demande

Je ne demande pas qu'on fasse taire M. Lévy. Je demande trois choses, et elles sont simples.

Aux rédactions : qu'on cesse de l'inviter comme l'arbitre du mot « génocide ». Sur ce dossier, il est l'avocat d'une partie. Qu'on le présente ainsi, et qu'on lui oppose le texte du traité plutôt que de l'indignation.

Au lecteur : un test, ce soir, en dix minutes. Ouvrez l'article II de la Convention de 1948. Cinq actes, une intention. Relisez les trois phrases citées plus haut et cherchez laquelle répond au texte. Vous n'en trouverez pas. Refaites le test avec le prochain invité, quel que soit son camp.

À ceux qui nous gouvernent : la France a signé ce traité, et son article premier l'engage à prévenir, pas seulement à punir. La Cour a rendu trois ordonnances en 2024. Qu'on nous dise, par écrit, ce que Paris a fait pour qu'elles soient respectées.

L'arrêt viendra en 2029, ou plus tard. D'ici là, il existe un texte de 1948, et il se lit en dix minutes.

❌