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Vel d'Hiv : Lisnard et son pote Tapiro plaident-ils pour l'oubli ?

22 October 2026 at 18:14

Par Veerle Daens

Lundi soir sur LCI, une étudiante demande à David Lisnard ce qui s'est passé le 17 octobre 1961. Il répond qu'il s'en fout. Cinq millions sept cent mille vues. Mercredi, un publicitaire membre de l'équipe de campagne de Lisnard décrète la fin de la « prise d'otage mémorielle ». Chacun a ouvert la boîte de Pandore pour y prendre ce qu'il était venu vendre.

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On parlait de vitrines. Le plateau de LCI débattait, ce lundi 19 octobre, des pillages du 17 et du 18. Quelqu'un évoque les drapeaux algériens aperçus dans les cortèges. Une étudiante proche de La France insoumise saisit la balle et pose sa question au maire de Cannes, candidat à l'élection présidentielle : « Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s'est passé le 17 octobre 1961 ? »

🇫🇷🇩🇿 Une étudiante à David Lisnard : "Est-ce que vous pouvez nous rappeler ce qui s’est passé le 17 octobre 1961 ?", en référence aux Algériens noyés dans la Seine à Paris.

- David Lisnard : "Je m’en fous (...) J’en ai rien à cirer". pic.twitter.com/Ysh6Qy9dtv

— AlertesInfos (@AlertesInfos) October 19, 2026

Le 17 octobre. Soixante-cinq ans d'écart, même date. À Paris, on ressort les dates comme les nappes de famille : pour les grandes occasions, sans plus regarder les taches.

La réponse de David Lisnard tient en quelques phrases, et il faut les citer en entier, parce que la vidéo qui circule les coupe. « C'est très grave, c'est dramatique, mais c'était en 61 ». Puis : « Non mais je m'en fous madame, j'en ai rien à foutre, j'en ai rien à cirer. » Puis : « J'étais pas né, depuis il y a eu l'indépendance de l'Algérie. » Puis : « J'ai des potes algériens, heureusement mes potes d'origine algérienne ils ont bien compris. » Et pour finir : « Votre rhétorique ne m'intéresse pas ! »

J'ai des potes algériens. Amai. Cette phrase a fait une longue carrière en Europe, dans toutes les langues et sous toutes les variantes. Elle n'a jamais sauvé personne d'un mauvais débat.

Deux jours plus tard, le publicitaire Frank Tapiro, qui épaule Lisnard dans sa campagne, résume l'affaire pour ceux qui n'avaient pas compris : « La prise d'otage mémorielle, c'est fini. Cette repentance permanente ne peut tout justifier. Le travail de mémoire n'est pas un devoir de culpabilité. Vivement @davidlisnard ». On reconnaît le métier. Trois phrases, un slogan, et la marque en bas à droite.

La prise d’otage mémorielle, c’est fini. Cette repentance permanente ne peut tout justifier. Le travail de mémoire n’est pas un devoir de culpabilité.
Vivement @davidlisnard pic.twitter.com/0c9LtJjy4K

— Frank Tapiro (@ftapiro) October 21, 2026
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Ce qu'il y a dans la boîte

Ouvrons-la avant de compter les marchands, mes amis du Pays-des-Cartésiens. Ce n'est pas long, et personne, sur ce plateau, n'a pris le temps de le faire.

Le 5 octobre 1961, le préfet de police de Paris, Maurice Papon, impose un couvre-feu aux « Français musulmans d'Algérie ». Pas aux Parisiens : à une catégorie de Parisiens, définie par leur origine et leur religion. Le 17 octobre, le FLN organise une manifestation pacifique contre ce couvre-feu. La police arrête environ 12 000 personnes. Les historiens comptent les morts entre une trentaine et deux cents. Des corps sont repêchés dans la Seine. Le bilan officiel de l'époque tient sur les doigts d'une main.

Maurice Papon reste préfet de police jusqu'en 1967. Il devient ministre du Budget de 1978 à 1981. En 1998, il est condamné pour complicité de crimes contre l'humanité, pour la déportation des Juifs de Gironde pendant l'Occupation. Pour la Seine, il n'a jamais été jugé. Pour le reste, la République l'avait fait ministre.

Ensuite viennent les cérémonies. En 2012, François Hollande déclare que la République reconnaît avec lucidité ces faits. En 2021, Emmanuel Macron les qualifie de crimes inexcusables pour la République. Le 28 mars 2024, l'Assemblée nationale adopte une résolution qui condamne le massacre et demande une journée de commémoration : 67 voix contre 11, sur 577 députés. Le texte n'a aucune valeur contraignante.

Dans le même débat, un député du Rassemblement national dénonce une repentance à outrance ; un député insoumis réclame qu'on parle de crime d'État. En 2024 comme en 2026, les deux rayons du magasin étaient déjà installés.

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Premier marchand : celui qui vend la culpabilité

Posée là, la question ne relevait plus de l'histoire. Au milieu d'un débat sur des magasins pillés, demander à un candidat de réciter un événement de 1961 revient à poser deux images côte à côte : les noyés de la Seine et les cortèges du 17 octobre 2026. Le message est dans le montage. Les uns seraient les héritiers des autres, et l'indignation contre les seconds deviendrait une insulte aux premiers.

Le procédé est vieux comme la propagande. Il fait défiler les morts d'une manifestation pacifique derrière les pillards de 2026. Les noyés de 1961 n'ont pas pris de vitrine. On leur en prête une.

Deuxième marchand : celui qui vend le refus

David Lisnard avait une réponse simple à faire. Il suffisait de dire ce qui s'est passé, en deux phrases, puis de dire que cela n'avait rien à voir avec les pillages de samedi. Il a préféré le juron. Cinq millions sept cent mille vues plus tard, on comprend que le juron n'était pas une perte.

Sa campagne s'est faite connaître, ce mois-ci, par un slogan né sur les réseaux, « Il se passe quelque chose », et par des images générées par intelligence artificielle. Le « je m'en fous » s'est ajouté au catalogue. Frank Tapiro l'a emballé. Le refus de la repentance est devenu une ligne de produits, avec son public, ses vues et son slogan.

Il y a pourtant une ironie que ni le candidat ni son publicitaire n'ont vue. David Lisnard parle volontiers de réduire l'État. Or la nuit du 17 octobre 1961 est un cas d'école de ce que fait un État quand rien ne l'arrête : un préfet, un arrêté qui vise une catégorie de citoyens, une police qui frappe, une administration qui ment sur le bilan, puis une carrière qui continue jusqu'au ministère. Un candidat qui veut un État plus léger aurait dû être le premier à s'en souvenir. C'est le meilleur argument de son programme, et il a répondu qu'il s'en foutait.

Cette semaine, à Lille, Douai, Denain et Wattignies, la préfecture du Nord interdit aux mineurs non accompagnés de circuler dans certains secteurs, de 20 heures à 6 heures. Rien de comparable dans les conséquences. La technique, elle, a gardé sa forme : un préfet, un arrêté, une catégorie de la population.

Le troisième larron

Car il y a un troisième gagnant, et c'est le plus discret. L'État a commis le crime de 1961. Il en est devenu le notaire. C'est lui qui décide, par déclaration présidentielle ou par résolution, de ce qui sera reconnu, à quelle date, avec quels mots. Reconnaître ne coûte rien : pas de nom à part celui de Papon, pas de responsable vivant, pas de réparation, une cérémonie par décennie. C'est la dépense publique la moins chère du pays.

Et les deux marchands travaillent pour lui. Le premier réclame une journée nationale de plus ; le second exige qu'on n'en parle plus. Tous deux demandent à l'État de trancher, c'est-à-dire de rester propriétaire de la mémoire, et donc de son propre dossier.

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Le précédent qu'ils n'ont pas vu

Il reste une question que ni David Lisnard ni Frank Tapiro ne se sont posée, et c'est la plus sérieuse de l'affaire. Leur argument tient en deux pièces : j'étais pas né, et la fin de la repentance permanente. Appliquons-le ailleurs que sur les quais de la Seine.

Le 16 juillet 1995, devant le square des Martyrs du Vel d'Hiv, Jacques Chirac déclare : « Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français », et ajoute que ce jour-là la France « accomplissait l'irréparable ». Il fait exactement ce que Frank Tapiro appelle repentance : reconnaître, au nom de l'État, un crime commis cinquante-trois ans plus tôt par des hommes que la plupart des Français vivants n'avaient jamais connus. Un an plus tôt, François Mitterrand refusait encore : « Je ne ferai pas d'excuses au nom de la France. » En 1998, Maurice Papon est condamné pour des faits de 1942, cinquante-six ans après. Personne n'aurait accepté qu'on réponde aux familles des déportés de Gironde : c'était en 42, j'étais pas né.

Or le principe du « j'étais pas né » ne distingue pas entre 1942 et 1961. Si la date suffit à congédier un crime d'État, elle congédie aussi le Vel d'Hiv, et plus vite, puisqu'il est plus ancien. La « prise d'otage mémorielle » ne précise pas non plus quelles mémoires elle libère. Un slogan ne fait pas d'exception ; c'est à cela qu'on le reconnaît. Le 9 avril 2017, Marine Le Pen déclarait : « Je pense que la France n'est pas responsable du Vel d'Hiv. » Sans le savoir, et sans doute sans le vouloir, le candidat de Cannes et son publicitaire ont rouvert la porte de ce débat-là. Leur formule, prise à la lettre, met en cause la reconnaissance de 1995 au même titre que celle de 2012.

Plaident-ils pour l'oubli ? Pas pour celui-là, j'en suis sûre. Mais leur formule, oui, et une formule ne choisit pas ses dates.

Et pourtant, le discours de 1995 contenait la réponse à toute cette querelle. Jacques Chirac n'a pas demandé aux Français de se sentir coupables. Il a dit que l'État français, avec sa police et son administration, avait prêté la main au crime. La responsabilité était celle d'une institution, pas celle d'un peuple. C'est la seule ligne qui tienne pour un libertarien, et elle vaut pour 1942 comme pour 1961 : pas de culpabilité collective des citoyens, mais une responsabilité entière de l'État pour ce que ses fonctionnaires ont fait en son nom. Maurice Papon, d'ailleurs, est le même homme dans les deux dossiers. Frank Tapiro a raison sur un point : le travail de mémoire n'est pas un devoir de culpabilité. Mais refuser la culpabilité des citoyens ne dispense pas de nommer la responsabilité de l'État. Sinon, ce n'est plus refuser la repentance : c'est amnistier l'État.

Vu de chez nous

Je ne donnerai pas de leçon depuis la Belgique. Nous avons notre propre boîte, et elle est bien remplie.

En juin 2020, le roi Philippe a exprimé au président de la République démocratique du Congo ses profonds regrets pour la colonisation. Le mot « excuses » n'y figurait pas. En juin 2022, la Belgique a remis à la famille de Patrice Lumumba, assassiné en 1961, la seule chose qui restait de lui : une dent, dans un coffret. Ceci n'est pas une repentance ; c'est une dent. À la fin de 2022, la commission parlementaire chargée de notre passé colonial s'est séparée après deux ans de travaux sans parvenir à recommander des excuses officielles : une partie des commissaires craignait que les excuses n'ouvrent la porte aux réparations. Chez nous aussi, la mémoire a un prix, et on le négocie.

En Flandre, l'amnistie des collaborateurs de la Seconde Guerre mondiale a été pendant des décennies une revendication du nationalisme flamand. La mémoire, là aussi, a fait vivre des partis.

Mais Malines a aussi la caserne Dossin. Entre 1942 et 1944, 25 484 Juifs et 352 Roms et Sintis y ont été rassemblés avant d'être déportés. Le 9 septembre 2012, à Malines, le Premier ministre Elio Di Rupo a reconnu « une participation constante des autorités belges » à la persécution des Juifs ; le mois précédent, le bourgmestre d'Anvers, Patrick Janssens, avait présenté des excuses pour la complicité des autorités de sa ville. Soixante-dix ans après les faits. Personne, en Flandre, n'a parlé de prise d'otage. Depuis décembre 2012, un musée se tient dans la caserne. On y voit des noms, des visages, des listes de convois. Personne n'y demande au visiteur de se repentir de ce qu'il n'a pas fait. Personne n'y dit non plus qu'il s'en fout. On y apprend ce qui s'est passé, qui l'a fait, avec quels papiers et quels trains. C'est tout, et c'est beaucoup.

Ce qui reste au fond

Alors, qui gagnera à ouvrir la boîte ? Les deux marchands, déjà. Celui qui vend la culpabilité y gagne une émotion à brandir contre ses adversaires. Celui qui vend le refus y gagne des vues et un public. L'État y gagne de rester l'arbitre de ses propres crimes, y compris des plus anciens, que la formule de Cannes remet en jeu sans l'avoir voulu. Les morts, eux, y perdent : on les fait monter sur des tréteaux qui ne sont pas les leurs. Et les vivants qui voudraient seulement savoir ce qui s'est passé y perdent aussi, parce qu'entre le juron et la réquisition, il ne reste plus de place pour les faits.

La légende dit qu'au fond de la boîte de Pandore, une fois tous les maux échappés, il restait l'espérance. Au fond de celle-ci, il reste les historiens, qui comptent encore les morts de la Seine entre trente et deux cents. On les invite moins souvent que les publicitaires.

Mamers : les urgences ferment un mois entier, il manque 13 médecins sur 28

22 October 2026 at 09:23

Le centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers (CHICAM) va fermer les urgences de l'hôpital de Mamers, du 23 octobre au 23 novembre. Treize postes médicaux sur vingt-huit seront vacants.

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Annoncée le 21 octobre, cette mesure illustre une dégradation préoccupante du service public : faute de soignants, les urgences et du SMUR sur le site de Mamers ferment, sans qu'aucune solution immédiate soit proposée aux habitants. Deux jours entre l'annonce et la fermeture : voilà le délai accordé aux habitants pour s'adapter à la disparition temporaire d'un service essentiel.

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Treize médecins manquants, un mois sans urgences

Dans son communiqué, la direction du CHICAM évoque un « manque critique de personnel médical et paramédical ». Elle reconnaît que l'organisation actuelle « ne permet plus de garantir la continuité des services d'urgences sur deux sites simultanément ». Les urgences d'Alençon restent ouvertes, mais celles de Mamers fermeront demain à 8 heures pour ne rouvrir que le lundi 23 novembre à 10 heures.

La pénurie ne concerne pas uniquement les médecins. Dans les semaines à venir, l'établissement ne dispose pas non plus de personnel pour couvrir 12 journées de garde infirmière et 8 journées d'aide-soignant. La direction entend profiter de cette suspension pour « définir une nouvelle organisation stable ». Pour les habitants, la consigne est simple : appeler le 15 en cas de besoin urgent. Un dispositif permettra également de joindre un professionnel de santé aux personnes qui se présenteraient malgré tout à l'hôpital.

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La pénurie devient une décision administrative

Cette fermeture n'est pas un épisode inédit. On a déjà rapporté d'autres interruptions d'activité à Mamers, liées aux difficultés de recrutement médical. Il ne s’agit pas d’un problème de budget, des postes sont ouverts mais cet établissement n’attire pas les médecins. La répétition de ces suspensions pose une question que les communiqués hospitaliers ne peuvent éluder : comment un établissement public en vient-il à ne plus pouvoir assurer durablement une mission aussi fondamentale que les urgences ? Cette fermeture révèle une défaillance d'organisation dont les conséquences retombent directement sur la population. L'hôpital doit arbitrer entre deux sites faute de disposer des effectifs nécessaires ; les habitants, eux, doivent composer avec les distances et les délais supplémentaires que cette réorganisation peut entraîner.

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C'est là que se situe le scandale institutionnel : la direction décide, l’ARS n’apparaît pas, les élus locaux ne sont pas mentionnés. Ce qui frappe, c’est l’absence de responsable. L’hôpital public vit sous la tutelle d’une administration qui fixe les budgets et les effectifs, mais ne répond jamais de leurs effets. Quand les médecins manquent, la direction ferme et l’État reste muet. Les élus s’inquiètent, mais ne tranchent pas.

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Ukraine : le front tient, c'est la table qui cède

22 October 2026 at 09:51

Par Thibault de Varenne

Le 16 octobre, Vladimir Poutine a dressé lui-même le bilan de son année de guerre. Pris au mot, ses chiffres décrivent une avance lente, pas un effondrement ukrainien. Cinq jours plus tard, à Saint-Pétersbourg, la suite se négociait loin du front, et sans l'Europe.

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Le 16 octobre, en visite au poste de commandement de ses troupes, Vladimir Poutine a donné trois chiffres. Depuis le 1er janvier, l'armée russe aurait pris 6 500 kilomètres carrés et 310 localités. La région de Louhansk serait entièrement conquise. Dans celle de Donetsk, l'Ukraine ne tiendrait plus qu'environ 10 % du territoire ; dans celle de Zaporijia, 16,5 %. C'est l'agence russe Sputnik qui rapporte ces chiffres.

Ce papier ne s'appuie que sur des sources russes, chinoises et indiennes. Il ne les discute pas. Il les prend au mot. Et, pris au mot, elles racontent autre chose que la victoire qu'elles annoncent.

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Qui parle, et de quoi

Trois lieux commandent l'affaire. Le Donbass d'abord, c'est-à-dire les deux régions de Louhansk et de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, frontalières de la Russie : leur conquête est l'objectif officiel de Moscou depuis février 2022. Kramatorsk ensuite, grande ville de la région de Donetsk restée aux mains de Kiev, que l'armée russe cherche à atteindre. Zaporijia enfin, au sud, région dont le chef-lieu, sur le Dniepr, est toujours ukrainien.

Quatre hommes parlent. Vladimir Poutine, qui conduit la guerre. Volodymyr Zelensky, qui la subit et cherche à l'arrêter sans perdre davantage. Steve Witkoff, promoteur immobilier new-yorkais devenu l'envoyé spécial de Donald Trump pour l'Ukraine, qui fait la navette entre les deux. Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique de Poutine, qui rend compte au public russe de ce qui se dit dans les salons du Kremlin.

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Ce que disent les chiffres de Moscou

Six mille cinq cents kilomètres carrés en 289 jours, cela fait 22 kilomètres carrés par jour. C'est un peu plus de 1 % du territoire ukrainien en dix mois. C'est, pour un lecteur parisien, la surface de Paris intra-muros tous les cinq jours. Ce n'est pas rien. Ce n'est pas une percée.

Les 310 localités sont, pour l'essentiel, des villages. Le ministère russe de la

Assurance-vie : ce que l'article 6 du budget 2027 change, et pour qui

22 October 2026 at 09:13

Par Vincent Clairmont

25 millions d'euros en 2027, puis 50 millions par an : c'est ce que le gouvernement attend de l'article 6 du projet de loi de finances (évaluation préalable, selon France Épargne). Rapporté aux 2 174 milliards d'euros d'encours de l'assurance-vie française, c'est presque rien. La mesure ne vise pas l'épargnant moyen. Elle vise un montage précis, et elle le fait avec une date d'effet qui mérite qu'on s'y arrête.

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Le contenu : trois conditions cumulatives

L'article 6 réserve le régime fiscal de l'assurance-vie aux contrats qui remplissent trois conditions à la fois.

Première condition : les primes sont versées en numéraire. Un apport de titres fait sortir le contrat du régime pour les versements effectués à compter du 1er octobre 2026.

Deuxième condition : les supports, y compris dans un contrat souscrit à l'étranger, présentent des caractéristiques similaires à ceux de la liste de l'article R. 131-1 du Code des assurances, la liste des actifs admis pour un assureur français.

Troisième condition : un fonds dédié, c'est-à-dire un fonds construit pour un seul souscripteur, ne peut pas détenir d'actifs émis, garantis ou dus par le souscripteur, l'assuré, un bénéficiaire, leur famille proche ou une société qu'ils contrôlent. Un décret fixera le seuil de détention indirecte.

Le montage visé est décrit en clair dans l'évaluation préalable : un dirigeant loge les titres de sa holding patrimoniale dans un contrat étranger. Les dividendes y sont capitalisés au lieu d'être imposés à 31,4 %, et le patrimoine sort de la succession. L'administration écrit qu'« un tel montage n'est pas permis en France ».

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Ce que coûte la non-conformité

Peut-on vraiment couper TikTok pendant une émeute ?

21 October 2026 at 19:22

Par Renaud Jacobs

Gabriel Attal veut « bloquer temporairement et de manière ciblée l'accès à certaines plateformes ». En 2024, la France a coupé TikTok en Nouvelle-Calédonie pendant deux semaines. Le Conseil d'État a jugé la mesure illégale. Avant de débattre du principe, regardons comment on coupe un réseau social, et ce qui reste allumé ensuite.

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Le 17 octobre, 550 000 personnes manifestent selon les autorités, puis la soirée tourne au pillage : près de 2 400 interpellations, près de 1 000 policiers et gendarmes blessés. Le 19, le Président reconnaît des « défaillances d'anticipation et de renseignement ». Le même jour, l'ancien Premier ministre écrit sur X que « les réseaux sociaux ne peuvent pas être le point de ralliement des casseurs » et propose de les bloquer. Il ne nomme aucune plateforme. La presse spécialisée cite TikTok, Snapchat et Instagram.

La question mérite mieux qu'un oui ou un non. Je propose de la prendre en trois temps : ce que le droit permet, ce que la technique permet, et ce que la mesure retire à ceux qui doivent maintenir l'ordre.

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Première observation : le droit a déjà répondu

Le 15 mai 2024 à 20 heures, le gouvernement suspend TikTok en Nouvelle-Calédonie, en pleine émeute. La suspension dure deux semaines. Le 1er avril 2025, le Conseil d'État la juge illégale. Il admet que des circonstances exceptionnelles peuvent justifier une suspension, et il reconnaît que celles de Nouméa l'étaient. Mais il pose trois conditions : que la mesure soit indispensable, qu'aucun moyen

Gaz russe : Bruxelles dit non à Washington, nos ports disent oui aux méthaniers

21 October 2026 at 16:27

Par Thibault de Varenne

Lundi, à Bruxelles, une porte-parole de la Commission répond aux émissaires de Donald Trump : « Notre position reste inchangée. » Pas de reprise des achats de gaz russe. En septembre, la France a importé pour 446 millions d'euros de gaz liquéfié russe, deux fois plus qu'en août. Le gaz européen coûte trois fois ce qu'il coûtait en février.

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Lundi 19 octobre, Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, a été interrogée sur une proposition américaine. Elle a répondu en une phrase : « Notre position reste inchangée. » Ursula von der Leyen, a-t-elle ajouté, ne lèvera aucune restriction contre la Russie « tant que la guerre ne sera pas complètement terminée ». La phrase est nette. Elle a le mérite de la constance. Elle a aussi un prix, que la porte-parole n'a pas mentionné.

Gaz russe : Bruxelles dit non à Washington, nos ports disent oui aux méthaniers
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Qui propose quoi

La proposition vient de Steve Witkoff et de Jared Kushner, les deux envoyés spéciaux que Donald Trump a chargés de négocier la fin de la guerre en Ukraine. Selon le New York Times du 17 octobre, repris par Meduza, ils ont soumis aux Européens deux idées liées : que l'Union recommence à acheter du gaz russe en quantité, et que l'Ukraine rouvre le transit par ses gazoducs, fermé depuis 2025. Kiev y retrouverait environ un milliard de dollars de droits de passage par an. Moscou y trouverait une raison de cesser le feu. Et les gouvernements européens, observent les deux émissaires, y gagneraient des électeurs moins exaspérés par leurs factures.

Ce n'est pas un geste isolé. Le 16 octobre, Donald Trump a suspendu une série de sanctions énergétiques contre la Russie quelques jours avant leur entrée en vigueur. Le Trésor américain avait déjà autorisé jusqu'en avril 2027 la vente de gazole russe. Washington a changé de pied ; il demande à l'Europe de le suivre.

En face, la Commission, qui propose les sanctions que les États votent, tient la ligne fixée au début de la guerre. À Berlin, un conseiller du chancelier Merz a répliqué que le gaz russe reste russe, même quand il passe par des

Budget 2027 : particuliers et PME, ce qui a été voté et ce qui reste en suspens

21 October 2026 at 11:00

Par Élise Rochefort

Au 21 octobre 2026, aucune mesure fiscale du projet de loi de finances pour 2027 n'est définitivement adoptée. L'Assemblée nationale a examiné en séance, du 13 au 16 octobre, l'article liminaire, les articles 1 à 5 et l'article 55, ainsi que 92 amendements créant des articles additionnels. Les articles 6 à 57, qui contiennent l'essentiel des mesures visant l'épargne, l'immobilier locatif et les entreprises, n'ont pas encore été discutés. Le vote solennel sur la première partie, prévu le 20 octobre, a été reporté.

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Le statut de ce qui a été voté dépend de ce vote. Si la première partie est adoptée, les amendements votés en séance sont transmis au Sénat. Si elle est rejetée, le Sénat examine le texte du gouvernement et les amendements adoptés par l'Assemblée tombent. En cas de recours à l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, le gouvernement choisit les amendements qu'il retient.

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Les mesures votées par l'Assemblée pour les particuliers

Barème de l'impôt sur le revenu. L'article 2 indexe le barème et la grille du prélèvement à la source sur l'inflation, soit 2,1 %. Il a été adopté le 15 octobre par 96 voix contre 0. Selon le gouvernement, la mesure évite une hausse d'impôt d'environ 4 milliards d'euros pour près de 20 millions de foyers, d'après Légifiscal.

Indemnités journalières. Le texte initial imposait à 50 % les indemnités journalières versées au titre d'une affection de longue durée et mettait fin à l'exonération partielle de celles versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle. Un amendement adopté par 109 voix contre 37, déposé notamment par les groupes socialiste, écologiste et GDR, a supprimé ces deux dispositions.

Indemnités de rupture. Le texte initial plafonnait leur exonération d'impôt sur le revenu au plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 euros en 2026. Des amendements des groupes Droite républicaine et EPR, adoptés en séance selon Légifiscal, excluent de ce plafond les indemnités de licenciement. Un autre amendement réserve le nouveau régime aux indemnités versées à compter du 1er janvier 2027.

Abattement de 10 % sur les pensions. L'article 3 abaissait de 4 439 à 3 000

L'Etat réarme, la préfecture menace d'arrêter la dernière usine d'obus de France

21 October 2026 at 08:37

Depuis trois ans, l’État prône l’économie de guerre. Mais le 9 octobre 2026, la préfecture a menacé d’arrêter Les Forges de Tarbes, seul fabricant français de corps d’obus de 155 mm pour les canons Caesar, si quatorze équipements sous pression ne sont pas requalifiés avant le 31 décembre. Six jours plus tard, la Direction générale de l’armement révélait avoir saisi la procureure de la République sur des décisions de gestion de l’actionnaire, le groupe Europlasma. Voilà donc l’état de la chaîne d’approvisionnement de l’artillerie française, après des années de discours sur l’économie de guerre.

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L’affaire résume une inquiétante contradiction française : l’État réclame davantage de munitions pour ses armées, mais découvre, au détour d’un arrêté préfectoral, la fragilité de l’un de ses maillons industriels les plus sensibles.

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Quatorze équipements hors délai : la préfecture fixe l’échéance au 31 décembre

Le 9 juillet 2026, une inspection des Forges de Tarbes a relevé quatorze équipements sous pression dont la requalification périodique était en retard. L’entreprise a invoqué les difficultés à trouver un prestataire capable d’effectuer les interventions et leur coût. Trois mois plus tard, le 9 octobre, la préfète des Hautes-Pyrénées a signé un arrêté de mise en demeure.

Le calendrier est désormais fixé : l’ensemble des équipements concernés doit être remis en conformité avant le 31 décembre 2026. Ceux qui ne satisferont pas à cette exigence devront être arrêtés. Des sanctions administratives sont également possibles. La préfecture ne fait donc pas qu’adresser un rappel à l’ordre : elle impose une échéance susceptible d'affecter le fonctionnement du site si les opérations nécessaires ne sont pas réalisées à temps.

La sécurité industrielle n’est pas une formalité que l’on peut écarter au nom du réarmement. Les équipements sous pression sont soumis à des contrôles réglementaires précisément parce que leur défaillance peut présenter des risques. Mais, dans une industrie de défense où la continuité de production compte, l’enjeu est aussi de savoir pourquoi une entreprise stratégique en est arrivée à accumuler ces retards, et si elle dispose des moyens financiers et opérationnels pour y remédier.

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Six jours plus tard, le ministère de la Défense met en cause la gestion d’Europlasma

Le 15 octobre, devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, a annoncé avoir saisi la procureure de la République. Il a évoqué « des décisions de gestion récentes de l'entreprise qui ont précipité la dégradation ». Cette déclaration donne à l’affaire une portée qui dépasse les seules obligations de sécurité : l’État s’interroge désormais sur les choix de gestion d’un groupe privé auquel il a confié, de fait, une fonction industrielle stratégique.

Depuis 2021, les Forges de Tarbes appartiennent à Europlasma. Or le site est le seul en France à produire les corps d’obus des canons Caesar. Lorsque l’outil de production vacille, ce n’est pas seulement une entreprise qui est fragilisée, mais un maillon de la chaîne d’approvisionnement des armées françaises. La saisine de la justice ne constitue pas une condamnation et ne permet pas, à elle seule, de conclure à une infraction. Elle révèle néanmoins que les autorités estiment nécessaire d’examiner les décisions prises par la direction.

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Le calendrier est particulièrement embarrassant. D’un côté, la préfecture exige la régularisation des équipements avant le 31 décembre, sous peine d’arrêt et de sanctions. De l’autre, le responsable de l’armement signale au parquet une dégradation qu’il relie à des décisions de gestion.

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C’est précisément ce que l’État doit éclaircir. Depuis trois ans, le discours du réarmement promet une remontée en puissance industrielle. Mais annoncer des commandes ne suffit pas : encore faut-il disposer d’usines opérationnelles, d’équipements conformes et d’actionnaires capables d’assurer la continuité de l’activité. Si la sécurité impose l’arrêt d’équipements, la préfecture ne peut fermer les yeux. Si la gestion d’un propriétaire compromet les capacités de production, le ministère de la Défense ne peut se contenter de le constater après coup. Entre impératifs réglementaires et souveraineté militaire, la France doit désormais répondre à une question élémentaire : qui s’assure qu’elle pourra produire les obus dont son réarmement dépend ?

France: troisième nuit consécutive de couvre-feu et nouvelles interdictions de rassemblements jeudi à Paris

21 October 2026 at 07:14
De nouvelles interdictions de manifestations et de rassemblements ont été annoncées ce mercredi 21 octobre, notamment à Paris, à Lyon et à Toulon, à l'approche d'une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre. Dans la capitale, une troisième nuit consécutive de couvre-feu a également été décrétée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les principales organisations syndicales. De son côté, Emmanuel Macron, en déplacement au Qatar, a annoncé une réunion jeudi 22 octobre avec les responsables du renseignement, le Premier ministre et « les ministres concernés » pour faire la lumière sur les violences du 17 octobre.

Après le 17 octobre, qui a demandé plus d’État ?

20 October 2026 at 20:13

Par Elise Rochefort

En trois jours, les candidats à la présidentielle ont proposé l’état d’urgence, le blocage des réseaux sociaux, l’armée dans les rues, l’interdiction des manifestations et le report d’une élection. Presque tous ont réclamé de l’ordre ; un petit nombre seulement a réclamé des pouvoirs d’exception. C’est cette différence que mesure la carte des forces politiques du Courrier, recalculée au 20 octobre.

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Le Courrier des Stratèges publie depuis le 12 octobre une carte qui place une trentaine de partis et de personnalités sur deux axes. L’axe horizontal mesure le lieu où se prend la décision, de Bruxelles à Paris. L’axe vertical mesure ce que chacun attend de l’État, de la planification (+5) à l’ordre spontané (−5). La journée du 17 octobre et ses suites ont produit, en trois jours, plus de déclarations sur le rôle de l’État que les trois mois précédents. La carte a été recalculée sur cette base. Seul l’axe vertical a bougé.

Après le 17 octobre, qui a demandé plus d’État ?

La règle appliquée

Les déclarations retenues sont datées du 17 au 20 octobre et rapportées par la presse ou publiées par leurs auteurs. Elles ont été classées en trois catégories.

La première regroupe les mesures d’exception qui suspendent des libertés : état d’urgence, blocage des réseaux sociaux, recours à l’armée pour le maintien de l’ordre, interdiction générale de manifester, internement préventif, report d’une élection. Chacune déplace l’acteur d’un demi-point vers le haut.

La deuxième regroupe des mesures plus limitées : couvre-feu, dissolution d’associations, sanction par les prestations sociales, prix fixé par l’État. Chacune compte pour un quart de point. La troisième regroupe les réserves explicites sur ces mesures au nom des libertés publiques : un quart de point vers le bas.

Le reste est tenu pour neutre. La fermeté pénale, la demande de moyens policiers supplémentaires ou la mise en cause du ministre de l’Intérieur relèvent des fonctions régaliennes de l’État, que personne ne conteste. Un candidat qui réclame des condamnations rapides ne demande pas plus d’État ; il demande que l’État fasse ce qui lui revient. La variation est plafonnée à un point par acteur.

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Ceux qui montent

Bruno Retailleau a demandé le 18 octobre la réunion du Conseil des ministres « sans délai » pour déclarer l’état d’urgence, « comme cela a été fait en 2005 » (Les Surligneurs). Il a ensuite proposé de modifier les dates de l’élection présidentielle et la déchéance de nationalité des binationaux auteurs de pillages (Europe 1). Il passe de +4 à +5, la note la plus haute de l’échelle.

Gabriel Attal a proposé sur RTL un blocage des réseaux sociaux « temporaire, ciblé sur les territoires où se déroulent les émeutes » (Public Sénat), puis le recours « temporaire » aux forces armées. Il passe de +2,8 à +3,8. C’est la plus forte progression du bloc central.

À Nice, Éric Ciotti a instauré avec le préfet un couvre-feu pour les mineurs jusqu’au 26 octobre et demandé la dissolution d’associations ainsi que la suspension des aides des parents des auteurs (Nice Premium). L’UDR passe de +2,6 à +3,6. Les Républicains, dont le secrétaire général a réclamé l’état d’urgence, passent de +3 à +3,5.

Les autres déplacements sont plus modestes. Emmanuel Macron, qui a annoncé que les préfets pourraient « aller jusqu’à interdire » certains rassemblements tout en écartant l’état d’urgence (Élysée), gagne un quart de point. Jordan Bardella aussi, pour la suspension des allocations familiales des familles de récidivistes. Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France gagnent un quart de point pour une baisse administrée de 50 % du prix de l’électricité.

Le cas Lisnard

David Lisnard occupait jusqu’ici, à −2, la position la plus basse de la droite. Sur TF1, il a déclaré que « l’État est devenu une fiction » et que « moins l’État est capable de punir ceux qui cassent, plus il entrave nos libertés » (21 News). Dans la même intervention, il a demandé l’interdiction des manifestations prévues les 24 et 31 octobre, jugé l’état d’urgence utile pour les perquisitions administratives, et refusé un couvre-feu à Cannes faute de besoin constaté. Le solde le fait passer de −2 à −1,5. Avec Sarah Knafo, il reste l’un des deux seuls acteurs de droite sous la ligne médiane. Ses propos ne sont rapportés que par des sources secondaires.

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Ceux qui descendent, ceux qui ne bougent pas

À gauche, Fabien Roussel a qualifié les couvre-feux d’« aveu d’échec », Marine Tondelier a jugé qu’ils frappent des habitants « qui n’ont participé à aucune violence », Olivier Faure a demandé une « désescalade » (BFMTV via Yahoo ; LCP). Le PCF, le PS, les Écologistes et Marine Tondelier perdent chacun un quart de point. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon ne bougent pas : leur refus de l’état d’urgence et des couvre-feux est compensé par la demande d’un blocage des prix.

Plusieurs acteurs ont tenu des propos d’une grande fermeté sans proposer de mesure d’exception. Sarah Knafo réclame que les casseurs soient « enfermés » et les étrangers « expulsés » ; Raphaël Glucksmann demande d’agir « de manière extrêmement ferme » ; François Hollande et Édouard Philippe mettent en cause les moyens et le renseignement. Selon la règle retenue, ces positions relèvent du régalien et ne modifient pas les notes. Marine Le Pen et le Rassemblement national n’ont pris position, dans les sources consultées, ni sur l’état d’urgence ni sur les couvre-feux. Aucune déclaration datée n’a été trouvée pour Dominique de Villepin, François Bayrou, François Ruffin, François Asselineau ou Florian Philippot.

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Les limites de l’exercice

La règle est un choix éditorial. Une autre pondération donnerait d’autres chiffres, et les déclarations d’une semaine de crise ne disent pas tout d’un programme. Plusieurs sources n’ont pu être lues qu’indirectement : franceinfo, France 24 et les réseaux sociaux bloquent la consultation automatique. Le déplacement de Marion Maréchal, de +1,5 à +2, repose sur une source unique et reste à confirmer. Les propos à caractère identitaire tenus pendant la période n’entrent pas dans le calcul, qui ne mesure que le rôle attribué à l’État.

La carte recalculée est disponible avec le tableau complet des justifications. Elle sera de nouveau mise à jour après la journée du 24 octobre.

Indemnités de rupture : comment organiser son licenciement pour les optimiser

20 October 2026 at 19:04

Par Vincent Clairmont

150 000 euros négociés en 2026 laissent environ 132 700 euros nets à un cadre payé 100 000 euros par an. Les mêmes 150 000 euros, en rupture conventionnelle au 1er janvier 2027, lui en laisseraient environ 100 400. Écart : 32 000 euros, à cause d’un seul chiffre, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, 48 060 euros en 2026), que l’article 2 du projet de loi de finances et l’article 6 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) veulent imposer comme limite unique d’exonération.

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Ma thèse : pour un cadre qui envisage de partir, la seule décision qui compte cette année est le mode de rupture, et elle doit être signée au plus tard le 16 novembre. Le reste est de l’habillage.

Le cas chiffré

Hypothèses, que chacun adaptera : cadre célibataire, 100 000 euros bruts par an, 15 ans d’ancienneté, indemnité légale de licenciement de 34 700 euros (un quart de mois par année jusqu’à dix ans, un tiers au-delà), revenu net imposable hors indemnité d’environ 70 000 euros, indemnité totale négociée de 150 000 euros. Cotisations calculées à environ 11 % côté salarié et 42 % côté employeur sur la part assujettie, taux usuels au-dessus du plafond pour un cadre. Barème de l’impôt 2026.

Aujourd’hui. L’exonération d’impôt couvre le plus élevé de trois montants : l’indemnité légale, deux fois le salaire annuel (200 000 euros), la moitié de l’indemnité. Les 150 000 euros sont donc entièrement exonérés d’impôt. Les cotisations ne s’appliquent qu’au-delà de deux PASS, soit sur 53 880 euros : environ 6 100 euros pour le salarié. La CSG-CRDS (9,7 %) frappe tout ce qui dépasse l’indemnité légale, soit 115 300 euros : 11 200 euros. Net : environ 132 700 euros.

En 2027, texte du gouvernement. Tout ce qui dépasse 48 060 euros, soit 101 940 euros, devient imposable et soumis aux cotisations comme à la CSG-CRDS. La CSG baisse légèrement (9 900 euros), les cotisations salariales doublent presque (11 500 euros), et l’impôt sur le revenu apparaît : environ 32 700 euros, ramenés à 28 200 euros avec le système du quotient. Net : entre 100 400 et 104 900 euros.

En 2027, texte voté en séance. Les députés ont adopté deux amendements (I-1300 et I-1591, LégiFiscal) qui sortent les indemnités de licenciement du plafond fiscal. Si cette version survit au Sénat, un licenciement resterait exonéré d’impôt, et seul le volet social durcirait. Net : environ 128 600 euros, soit 4 100 euros de moins qu’en 2026. La rupture conventionnelle, elle, resterait plafonnée : environ 100 400 euros nets.

Côté employeur, la rupture conventionnelle porte en plus une contribution patronale de 40 %. Elle représente aujourd’hui 38 400 euros sur notre cas, et environ 19 200 euros en 2027, parce que son assiette serait réduite à un PASS. Les cotisations patronales passeraient d’environ 22 600 à 42 800 euros. Le coût total d’une rupture conventionnelle pour l’employeur reste donc à peu près stable entre 2026 et 2027, autour de 61 000 à 62 000 euros au-delà de l’indemnité. Un licenciement lui coûterait 38 000 euros de moins en 2026, et 19 000 de moins en 2027.

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Partie 1 — Avant le 31 décembre : la rupture conventionnelle, et elle seule

Naufrage policier du 17 octobre : ce que le libertarien Molinari proposerait

20 October 2026 at 10:03

Par Élise Rochefort

En 1849, un économiste libéral, Gustave de Molinari, soutenait que la sécurité est une marchandise comme une autre : produite en monopole, elle coûte cher, elle est mal rendue, et son producteur ne rend de comptes à personne. Le 17 octobre, le monopole n’a pas livré. Une mairie a brûlé, des milliers de commerces ont été pillés, et le ministre responsable est resté en place. La conclusion qu’en tirait Molinari : ouvrir la sécurité à la concurrence, parce qu’un fournisseur que ses clients ne peuvent pas congédier n’a aucune raison de mieux faire.

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Le bilan de la journée du 17 octobre est connu : près de 2 400 interpellations selon le ministère de l’Intérieur, l’hôtel de ville de Limoges en partie détruit, des pillages dans plusieurs grandes villes (AP). Le 19 octobre, le président de la République a reconnu des défaillances dans l’anticipation et le renseignement, et refusé la démission de Laurent Nuñez (Boursorama/AFP). Le gouvernement met en cause des groupes organisés de casseurs et de militants d’ultragauche ; une partie de l’opposition et des élus locaux mettent en cause l’organisation du maintien de l’ordre. La grille de Molinari conduit à une troisième lecture.

Gustave de Molinari (1819-1912) est un économiste né à Liège, établi à Paris à partir des années 1840. Il appartient à l’école libérale française. Il a dirigé le Journal des économistes de 1881 à 1909. Le terme de libertarien n’existait pas de son vivant ; il lui est appliqué rétrospectivement, notamment par des auteurs américains du XXᵉ siècle qui le tiennent pour un précurseur. Son texte le plus discuté, De la production de la sécurité, paraît dans le Journal des économistes en février 1849. Il en reprend l’argument la même année dans la onzième des Soirées de la rue Saint-Lazare.

Par quoi voulons-nous remplacer la démocratie représentative ?
Huit jours de diligence en 1800, quelques secondes aujourd’hui : pourquoi votons-nous encore comme sous le Consulat ? Les cinq piliers de la démocratie liquide.
L'État est-il trop ruiné pour rétablir l'ordre dans les rues ?
Munitions en manque, équipements de la police en baisse de 7 % en 2027, dette à 72,9 Md€ : l'État a-t-il encore les moyens de tenir la rue ?
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La thèse est la suivante. La sécurité des personnes et des biens est un service, que des producteurs fournissent à des consommateurs. Comme tout service, elle est mieux produite et moins chère lorsque les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur. Lorsqu’un producteur unique en détient le monopole, le service tend à devenir plus coûteux et de moindre qualité, et le producteur tend à servir ses propres intérêts avant ceux des consommateurs. Molinari en déduit que la production de sécurité devrait être ouverte à la concurrence. Cette conclusion n’a été reprise par aucun État et reste contestée, y compris parmi les économistes libéraux.

Appliquée aux événements du 17 octobre, cette grille conduit à quatre observations.

La première porte sur la sanction de l’échec. Le président de la République reconnaît une défaillance et maintient le ministre en fonctions. Dans la lecture de Molinari, l’absence de conséquence pour le producteur découle de l’absence d’alternative pour le consommateur : une commune ou un commerçant ne peut pas changer de fournisseur de sécurité publique. L’Élysée justifie au contraire le maintien de Laurent Nuñez par la nécessité de maintenir la continuité du commandement des forces de l’ordre dans le contexte actuel, et lui demande la transparence complète sur les défaillances constatées.

La deuxième porte sur le coût. Les commerçants touchés financent la sécurité publique par l’impôt. Ils supportent en outre les franchises d’assurance, les pertes

Soliha: un ticket de coiffeur à 197 euros facturé en « petit mobilier pour le dispositif Ukraine »

20 October 2026 at 09:03

La chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié, le 2 octobre, un rapport accablant sur trois associations du réseau Soliha, financées jusqu’à 76 % par de l’argent public. Tandis que les propriétaires bailleurs attendent près de 900 000 euros et que des familles modestes perdent leur intermédiaire, les magistrats ont relevé 158 217 euros de dépenses sur une seule carte bancaire, dont 197 euros chez un coiffeur facturés « petit mobilier pour le dispositif Ukraine ».

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Comment des associations chargées d’une mission sociale ont-elles pu fonctionner avec de telles anomalies sans que les contrôles ne les empêchent ? Le rapport définitif des magistrats financiers, publié le 2 octobre 2026, documente les défaillances de gestion. L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nîmes suit son cours.

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Les propriétaires attendent près de 900 000 euros pendant que les dépenses s’accumulent

Dans son rapport d’observations définitives référencé OCR2026-46 publié le 2 octobre, la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie a examiné trois associations du réseau Soliha, spécialisées notamment dans l’accompagnement au logement des ménages modestes. Entre 2020 et 2024, leurs financements provenaient de fonds publics à hauteur, respectivement, de 76 %, 58 % et 52 %. Autrement dit, leur fonctionnement dépendait largement de l’argent des contribuables, versé par l’État et les collectivités.

C’est dans ce contexte que les magistrats ont recensé, sur la seule carte bancaire de Soliha Méditerranée, 1 655 dépenses totalisant 158 217 euros. Le relevé comprend 49 089 euros de restaurants, 18 576 euros d’ameublement et 17 007 euros de bricolage. En 2024, 400 repas ont été pris en charge pour 227 jours ouvrés. L’association a également réglé dix-huit amendes routières, pour un montant de 1 595 euros. À Toulouse, une facture de 406 euros pour un hôtel-spa a été associée à une « journée commerciale » à laquelle personne n’a participé.

Le détail le plus saisissant tient en une facture de 197 euros : enregistrée comme du « petit mobilier pour le dispositif Ukraine », elle provenait en réalité d’un coiffeur. À cela s’ajoutent cinq chèques totalisant 10 880 euros à l’ordre du directeur, sans service fait selon les constats rapportés. Pris isolément, chaque montant appelle une vérification ; réunis, ces éléments posent une question autrement plus sérieuse sur la discipline comptable et le contrôle des dépenses.

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La facture sociale retombe sur ceux que Soliha devait protéger

Le plus révoltant est peut-être ailleurs que dans les tickets de caisse. Fin 2025, les dettes envers les propriétaires bailleurs approchaient 900 000 euros pour les deux associations depuis placées en liquidation judiciaire en juillet 2026. Selon l’enquête de Mediacités publiée le 12 octobre, des locataires avaient pourtant payé leurs loyers sans que les sommes correspondantes soient reversées aux bailleurs. D’autres attendaient des allocations logement ou des aides promises. Les défaillances de gestion ont ainsi frappé les deux extrémités de la chaîne : les ménages fragiles et les propriétaires qui leur louaient un toit. Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire sur l’emploi des fonds ; aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce stade.

Comment des structures financées majoritairement par des fonds publics ont-elles pu accumuler de telles défaillances sans intervention suffisamment précoce pour protéger leurs bénéficiaires et leurs créanciers ? Le dossier a fini par s’inviter dans l’arène politique, le 15 octobre, au conseil de Toulouse Métropole. Le député LFI François Piquemal a interpellé le maire, Jean-Luc Moudenc, sur cette « dilapidation de l’argent public », citant la dette de 4,7 millions d’euros de Soliha Méditerranée et l’« écosystème » mis en place autour du directeur. La réponse du maire, rapportée par Mediacités, a consisté à déclarer le dossier « étranger à la métropole »

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Quand la ressource est publique, que le contrôle est tardif et que les pertes retombent sur les plus fragiles, l'économie de la subvention ressemble moins à la solidarité qu'à du capitalisme de connivence en miniature. La question est combien d'associations du même type, financées de la même manière, n'ont pas encore reçu la visite de la chambre régionale des comptes ?

France: nouveau couvre-feu à Paris à partir de ce mardi 23h jusqu'à mercredi 6h dans certains quartiers

20 October 2026 at 06:32
En France, les couvre-feux ont été reconduits ce mardi 20 octobre, notamment à Paris et à Lyon, tandis qu'un couvre-feu visant les mineurs est entré entre en vigueur à Marseille et dans certains secteurs alentour. Les rassemblements non déclarés ont également été interdits dans plusieurs quartiers de la capitale, après les violences et les pillages qui ont émaillé les manifestations du week-end des 17 et 18 octobre. Après l'incendie survenu à la mairie de Limoges le 17 octobre, un suspect a été interpellé mardi et la Sous-direction antiterroriste saisie. Sous le feu des critiques, l'exécutif a réaffirmé sa volonté de fermeté dans la réponse pénale aux auteurs de violences et de pillages.

Après les violences, des couvre-feux dans plusieurs villes de France, dont Paris, Lyon et Lille

19 October 2026 at 10:48
Des couvre-feux sont entrés en vigueur ce lundi 19 octobre dans plusieurs villes de France, notamment à Paris, Lyon, Lille, Nice et Bordeaux, après un week-end de mobilisation marqué par des violences et des pillages. Ces mesures, limitées à certains secteurs et concernant uniquement les mineurs dans plusieurs villes, s'accompagnent d'interdictions de manifester dans plusieurs quartiers de la capitale. Alors que le gouvernement n'a toujours pas répondu aux revendications des manifestants, la coordination des « gilets jaunes » appelle à une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre.

« Sois comme l'eau » : le 17 octobre n'était pas un ordre spontané

19 October 2026 at 10:03

Par Thibault de Varenne

Le 16 octobre, un site de la gauche autonome appelait à des « cortèges multiples, incontrôlés et inventifs », sous un mot d'ordre venu de Hong Kong : « Sois comme l'eau ». Le lendemain, la police n'a pas tenu les centres-villes. Le pouvoir parle de concertation, d'autres d'un ordre spontané. Les faits ne donnent raison ni aux uns ni aux autres.

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Le texte a été publié le vendredi 16 octobre par Contre-Attaque, un site d'information de la mouvance autonome. Il recommandait de ne pas défiler en bloc, de multiplier les cortèges, de les rendre « incontrôlés et inventifs ». Il reprenait le mot d'ordre des manifestants de Hong Kong en 2019, emprunté à Bruce Lee : sois comme l'eau. Le lendemain, de petits groupes très mobiles ont couru d'une rue à l'autre, de Limoges à Marseille, et les policiers ont décrit eux-mêmes un débordement « rarement vécu ».

Depuis, deux récits s'affrontent. Le ministre de l'Intérieur évoque un désordre semé « de manière concertée ». D'autres y voient un ordre spontané, une foule sans tête qui se serait organisée seule. Il faut regarder les pièces avant de choisir. Elles ne confirment ni l'un ni l'autre.

L'humeur de Veerle Daens : le maire qui se déclarait à lui-même
Lundi midi, les maires défendent leur mairie. Avant ça, ils doivent déclarer la manifestation… à leur propre mairie, trois jours francs à l'avance.
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Qui était dans la rue le 17 octobre

L'appel est né sur les réseaux sociaux début septembre, à l'initiative de figures issues des Gilets jaunes, sans chef désigné ni organisation déclarante. Une coalition s'y est agrégée en un mois, dont Euronews dressait la liste la veille : la CGT et Solidaires, l'intersyndicale des chauffeurs VTC, la Confédération paysanne, La France insoumise et le Parti communiste, les syndicats lycéens et étudiants, les organisateurs des marches pour le climat, les collectifs de « Bloquons tout », le mouvement de blocage né en septembre 2025. Les revendications allaient de la vie chère au budget, de l'école à la police.

Une carte collaborative en ligne recensait plus de 1 300 actions. Le ministère en comptait 250. Personne, ni d'un côté ni de l'autre, n'avait la vue d'ensemble.

À côté de cette foule déclarée se tenaient deux autres populations. Des noyaux militants rompus à l'affrontement, que les syndicats de police désignent sous le

Indemnités de rupture : le PLFSS taxe l'ancienneté, pas les parachutes dorés

19 October 2026 at 09:34

Par Vincent Clairmont

Le gouvernement plafonne à 48 060 euros l'exonération sociale des indemnités de rupture et assure ne viser que 5 % de salariés aisés. Le barème des prud'hommes désigne un salarié à 3 000 euros brut, licencié à tort après trente ans. Rendement : 300 millions d'euros.

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Les indemnités de rupture du contrat de travail ont représenté environ 9 milliards d'euros en 2024, versés à plus de 800 000 salariés, selon le rapport IGAS-IGF publié le 22 mai 2026. Les inspections chiffrent leurs exonérations à 1,9 milliard : 0,4 pour l'impôt sur le revenu, 1,5 pour le volet social. L'article 6 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, dont la discussion s'ouvre demain en séance, ramène l'exonération de cotisations et de CSG à un plafond unique d'un plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 48 060 euros, contre deux aujourd'hui. Rendement attendu : 0,3 milliard d'euros.

Le gouvernement présente la mesure comme une simplification, et ajoute qu'elle ne concerne que « 5 % des salariés les mieux rémunérés », les 95 % restants demeurant intégralement exonérés.

Ma thèse : ce plafond ne vise pas les hauts salaires. Il vise l'ancienneté. Il frappe d'abord des salariés ordinaires licenciés après cinquante ans, pour 300 millions d'euros, soit 2,4 % du déficit prévu de la Sécurité sociale.

Budget 2027 : ce que l'Assemblée a fait mardi du PLF et du PLFSS
Motion de rejet repoussée par 236 voix contre 149, « le comment, pas le combien », PLFSS en commission : ce que l'Assemblée a fait mardi du budget 2027, mesure par mesure
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Premier point : les 5 % ne sont pas ceux qu'on croit

Le seuil d'un PASS s'applique au montant de l'indemnité, pas au salaire. Or le montant d'une indemnité dépend d'abord de l'ancienneté. L'avocat Xavier Berjot, dans son analyse du texte, prend un salarié payé 3 000 euros brut par mois, licencié après trente ans de maison. C'est moins que le salaire brut moyen du privé, 3 602 euros en 2024 selon l'Insee. Le barème des prud'hommes lui accorde au plus vingt mois de salaire, soit 60 000 euros. Il dépasse le plafond de 11 940 euros, qui

Routes corses : 82 millions d’euros par an, mais une chaussée sur deux en mauvais état

19 October 2026 at 08:11

La chambre régionale des comptes a épinglé, début octobre, la politique routière de la Collectivité de Corse : plus de 82 millions d’euros par an, environ 600 agents, et 51 % des longueurs de chaussée auscultées en mauvais ou très mauvais état. Les magistrats financiers viennent de rendre leur verdict : on a dépensé sans mesurer. La Collectivité de Corse invoque la jeunesse de l’institution.

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La route corse est un réseau de près de 5 000 kilomètres, avec 2 635 ponts et six tunnels, et le premier poste d’investissement de la Collectivité. Le rapport publié début octobre 2026 par la chambre régionale des comptes décrit une gestion insuffisamment pilotée, qu’on ne savait pas dans quel état était le réseau qu’on prétendait entretenir.

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Plus de 82 millions d’euros par an, sans connaissance suffisante du réseau

La Collectivité de Corse gère près de 5 000 kilomètres de routes, 2 635 ponts et six tunnels. Ce patrimoine exige des dépenses régulières, particulièrement dans une île où le relief, la géologie et les risques naturels compliquent les travaux. Cela n’exonère toutefois pas le gestionnaire public de ses obligations de suivi et de programmation.

Dans un rapport consacré aux investissements routiers de la Collectivité de Corse depuis 2018, les constats sont préoccupants. Parmi les longueurs de chaussée auscultées, 51 % présentent un état mauvais ou très mauvais. Pour les ponts examinés, 15 % nécessitent des travaux urgents. La modernisation du réseau ne suit pas davantage le rythme attendu : au bout de huit ans, moins de la moitié des opérations sont achevées, tandis que près d’une sur cinq n’a jamais commencé.

Le rapport relève que l’entretien a été programmé « de manière empirique et au fil de l’eau », faute de connaître suffisamment l’état du réseau. Il souligne également « l’absence d’un suivi consolidé des opérations ». Autrement dit, l’administration dépense des sommes considérables sans disposer, selon les constats des magistrats, d’une vision suffisamment structurée pour hiérarchiser ses interventions et rendre compte de leur avancement. Pour une collectivité qui consacre plus de 82 millions d’euros annuels à son réseau routier, cette faiblesse de pilotage n’a rien d’anecdotique.

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Le plan 2026-2030 promet 50 millions par an, et la chambre le juge « très ambitieux »

Adopté en juillet 2025, le plan routier 2026-2030 prévoit 50 millions d’euros par an. La chambre régionale des comptes le juge « très ambitieux ». L’enjeu ne tient pas seulement aux montants annoncés : encore faut-il que les opérations soient programmées, engagées puis achevées dans des délais raisonnables. Les retards déjà constatés invitent à examiner les capacités réelles d’exécution avant de promettre de nouveaux investissements.

Le président de l’exécutif, Gilles Giovannangeli, oppose à ces critiques le contexte institutionnel. Selon lui, la période 2018-2025 a été consacrée à la construction d’une administration nouvelle, issue de la fusion de trois collectivités. Il met également en avant les difficultés propres à la Corse : relief accidenté, contraintes géologiques, risques naturels, transport maritime des matériaux et exigences environnementales. Ces facteurs sont réels et peuvent renchérir les chantiers comme allonger leur durée. Ils ne suffisent cependant pas à expliquer, à eux seuls, l’absence de suivi consolidé relevée par les magistrats financiers.

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Au-delà de la Corse, le rapport pose une question que les contribuables de toute la France peuvent se poser : qui rend des comptes quand l’argent public est voté, dépensé, puis introuvable dans les résultats ? Les élus votent des budgets, les services les consomment, et personne ne mesure. Les automobilistes, eux, mesurent chaque jour, au fond des nids-de-poule.

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Budget et Sécu : où en sommes-nous ?

18 October 2026 at 11:09

Par Vincent Clairmont

Je fais le point sur la procédure budgétaire et sur les surprises qu'elle vous réserve.

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Le PLF 2027, texte n° 3210, et le PLFSS 2027, texte n° 3211, ont été déposés le 1er octobre. La commission des finances a rejeté la partie recettes du premier le 9 octobre au soir, par 31 voix contre 3 et 2 abstentions. La commission des affaires sociales a examiné 1 610 amendements sur le second du 12 au 16 octobre, et l'a rejeté. Mardi 20 octobre, l'Assemblée votera solennellement la première partie du PLF, puis ouvrira la discussion du PLFSS dans la foulée. Je reprends la mécanique, puis ce qu'elle vous coûte.

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Quatre dates font basculer le dossier

Le 20 octobre, vote solennel sur la partie recettes du PLF et ouverture du PLFSS en séance. Le 27 octobre, vote solennel sur l'ensemble du PLFSS : c'est le dernier jour des vingt jours dont dispose l'Assemblée au titre de l'article 47-1 de la Constitution. Le 17 novembre, vote solennel sur l'ensemble du PLF, qui clôt les quarante jours de première lecture de l'article 47. Puis le Sénat, quinze jours sur la Sécu, vingt sur le budget. Les deux butoirs constitutionnels tombent le 26 novembre pour le PLFSS, cinquante jours, et le 17 décembre pour le PLF, soixante-dix jours. Je préconise de retenir trois dates seulement : le 20 octobre, le 27 octobre, le 17 novembre. Les autres sont des échéances pour le gouvernement, pas pour vous.

Les votes en commission ne valent rien, et c'est exactement le problème

En séance, l'Assemblée ne discute pas le texte de la commission : elle repart du texte du gouvernement. L'article 3 du PLF, qui abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, avait été supprimé en commission le 7 octobre ; il est revenu intact le 13, et il a fallu le supprimer une seconde fois, le 15, par 116 voix contre 30. Le même sort attend le PLFSS : rejeté en commission vendredi, il arrivera mardi dans sa version initiale, article 12 compris — cette contribution de 2,05 % sur les cotisations des complémentaires santé que les députés venaient d'effacer le 16. Conséquence pratique : aucune mesure n'est acquise avant la lecture définitive. Je préconise de construire votre année 2027 sur le texte du gouvernement, pas sur les votes de séance, et de ne traiter une suppression comme définitive qu'après la promulgation.

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Trois sorties de secours, et deux d'entre elles se passent de vous

La première est le 49.3 : adoption sans vote, sous réserve d'une motion de censure. Huit motions ont été mises aux voix en 2026, aucune n'a atteint la majorité absolue. La deuxième est l'ordonnance : passé le 26 novembre pour la Sécu et le 17 décembre pour le budget, le gouvernement peut mettre les textes en vigueur par ce moyen. La troisième est la loi spéciale, utilisée en décembre 2025 : un texte minimal qui autorise à lever l'impôt, à emprunter et à payer les fonctionnaires, sans financer certaines aides. Il n'existe pas d'équivalent propre à la Sécurité sociale. Notez la dissymétrie : dans la loi spéciale comme dans l'ordonnance, le prélèvement continue et l'arbitrage disparaît. Aucune de ces trois voies ne suspend une cotisation.

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Côté budget, ce qui vous coûtera de l'argent.

Je commence par ce qui va dans votre sens, parce que le texte le contient aussi : le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 2,1 %, ce qui protège environ vingt millions de ménages d'une hausse mécanique et maintient quelque 500 000 foyers hors de l'impôt.

Ensuite viennent les ponctions.

L'article 2 plafonne l'exonération des indemnités de rupture au plafond annuel de

Mobilisation du 17 octobre: près de 2400 interpellations, «ceux qui ont détruit doivent payer» assure Macron

18 October 2026 at 10:38
Au lendemain d’une journée de mobilisation qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers la France et s’est achevée par de nombreuses violences et pillages, les tensions se sont poursuivies dimanche 18 octobre, notamment à Paris. Près de 2 400 personnes ont été interpellées depuis samedi. Dans une allocution dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé des « factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants », tout en promettant « toute la transparence » sur la stratégie du maintien de l’ordre.

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