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Condamné deux fois pour abus de confiance, la commune l'embauche quand même comme directeur général

22 September 2026 at 16:20

À Haute-Goulaine, la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire épingle une commune de 5 992 habitants qui a recruté comme directeur général des services un cadre condamné définitivement à deux reprises pour abus de confiance, faux et usage de faux. Le maire savait.

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Le rapport, délibéré le 17 juin 2026, porte sur les exercices 2019 et suivants. Il décrit une administration où les règles censées garantir l’égalité entre candidats, la probité et la protection de l’argent public ont, à plusieurs reprises, été mal appliquées.

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Un recrutement en connaissance de cause

Le directeur général des services (DGS) a été condamné à deux reprises, définitivement. En février 2023 : six mois de prison avec sursis, 5 000 € d'amende et cinq ans d'interdiction d'exercer une fonction de trésorier, pour abus de confiance au détriment d'une association. En juillet 2023 : nouvelle amende de 5 000 €, cinq ans d'inéligibilité, pour abus de confiance, faux et usage de faux (plus de 34 000 € d'achats personnels réglés avec la carte professionnelle d'un poste précédent).

Logements sociaux sacrifiés, concurrence faussée, DGS condamné : la gestion de Haute-Goulaine étrillée par la chambre régionale des comptes
C’est un rapport comme la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire en produit rarement d’aussi chargés pour une commune de cette taille.

Selon la chambre, le maire avait connaissance de ces atteintes à la probité dès l'embauche. Le dossier ne comportait pourtant qu’un compte rendu d’entretien, celui du candidat retenu. L’intéressé a ensuite été maintenu en poste et a bénéficié d’un reclassement lui accordant à tort plus d’un an d’ancienneté.

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Argent public, concurrence et intérêts locaux

Le reste du rapport prolonge le constat. La masse salariale a progressé de 52 %, tandis que les effectifs pourvus augmentaient de 22 % jusqu’en 2024. À la cantine, environ 48 000 euros de pénalités contractuelles n’ont jamais été appliqués malgré des prestations ne respectant pas les exigences prévues. Le prestataire n'a respecté ni la loi Egalim ni le cahier des charges.

Pourquoi sortir de l’assurance-vie en unités de compte ?
Assurance-vie en UC : 2,5 % de frais par an, soit 40 % du capital sur vingt ans. Les quatre raisons d’arrêter d’y verser — et la seule de garder le contrat.

Plus révélateur encore, le marché de la crèche a été remis en concurrence avec seulement douze jours pour répondre. Un seul candidat s’est présenté : le prestataire sortant, contre quatre en 2017. Dans une autre opération, la concession d’aménagement du centre-bourg est passée de 8,3 à 11,2 millions d’euros. Les participations publiques ont augmenté de 1,7 million, tandis que les obligations de logements sociaux du concessionnaire diminuaient de 44 %.

Couronnes dentaires : ce que la position de la dent change à votre remboursement
Couronnes dentaires : le panier 100 % Santé dépend de la dent traitée. Ce qui a changé au 1er janvier 2026 et ce que le décret du 21 août prévoit pour 2027.

Le rapport ne décrit donc pas seulement une succession d’erreurs techniques. Il pose une question: que reste-t-il de la concurrence et du contrôle démocratique lorsque les mêmes acteurs peuvent être reconduits, rémunérés ou favorisés malgré des irrégularités documentées ?

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Poutine, le RN et le dévoilement des contradictions mises sous le tapis depuis trop longtemps

22 September 2026 at 16:12

Par Thibault de Varenne

Le 17 septembre, Vladimir Poutine signe un décret plaçant les filiales russes d'Auchan, de Leroy Merlin et de Nestlé sous administration d'une société tierce. Le 19, Marine Le Pen et Jordan Bardella publient sur Moscou le communiqué le plus dur de leur carrière politique. Le 21, le Kremlin leur répond qu'il est en désaccord. Trois dates, et une question que personne ne pose : qu'est-ce qui a changé, au juste ?

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Quatre ans de guerre en Ukraine n'y avaient pas suffi. Il aura fallu un décret sur des hypermarchés.

Le 17 septembre, un décret signé de Vladimir Poutine transfère les actifs russes de trois groupes européens — le distributeur Auchan, l'enseigne de bricolage Leroy Merlin, le suisse Nestlé — à une société d'« administration temporaire » nommée L.E.V. Management. Le Kremlin invoque l'appartenance de ces entreprises à des pays « inamicaux ». En clair : l'État russe prend la main sur des biens français sans les acheter. Roland Lescure dénonce la mesure le lendemain.

Le 19, Marine Le Pen et Jordan Bardella publient un communiqué commun. Le Kremlin, écrivent-ils, ne peut « espérer dicter directement ou indirectement la politique de la France par l'intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique ». Le même jour, dans l'Oise, Bardella qualifie la démarche russe d'hostile et parle, à propos de l'Ukraine, d'un bain de sang.

Le 21, Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, se déclare en désaccord catégorique : la Russie ne menace ni la France ni aucun pays européen.

On a appelé cela une brouille. Le mot est mal choisi, et il faut reprendre l'affaire de plus haut pour voir pourquoi.

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Ce qui lie le Rassemblement national à la Russie, et ce qui ne l'y lie pas

Trois choses distinctes sont continuellement confondues dans ce dossier. Les démêler est la condition pour en juger.

Il y a d'abord une dette. En septembre 2014, le Front national obtient un prêt de neuf millions d'euros auprès de la First Czech Russian Bank, établissement fondé à Prague puis installé à Moscou, réputé proche du pouvoir russe. L'affaire est révélée par Mediapart deux mois plus tard. La banque fait faillite en 2016 ; la créance est cédée à une société russe de location de véhicules, puis à Aviazaptchast, une entreprise russe d'aéronautique. Le parti a donc eu, des années durant, un créancier russe. Entendue par la commission d'enquête parlementaire sur les ingérences étrangères, Marine Le Pen a toujours tenu la même ligne : si cela l'avait engagée à quelque chose, elle n'aurait pas signé.

Il y a ensuite une image. En mars 2017, à quelques semaines du premier tour de l'élection présidentielle, la candidate se rend au Kremlin et y serre la main de Vladimir Poutine. La photographie existe. Elle est ressortie à chaque échéance depuis, et elle ressortira.

Il y a enfin une doctrine, et c'est la seule des trois qui relève du débat politique légitime. Le RN conteste le soutien financier français à l'Ukraine au nom de la priorité donnée aux intérêts français. Le 3 septembre, sur BFMTV, Louis Aliot, vice-président du parti et maire de Perpignan, proposait de « couper le robinet » de l'aide à Kiev : tout le monde est à l'os, disait-il en substance, et l'on trouve encore de l'argent pour financer des armes. La formule a valu au parti une volée de bois vert — Gabriel Attal parlant de soumission à des puissances dictatoriales.

Ces trois choses ne pèsent pas du même poids. Une dette est un fait, une photographie est un symbole, une doctrine est une position que l'on peut soutenir ou combattre. Les additionner produit un procès facile ; les distinguer produit une analyse.

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Pourquoi ce n'est pas une brouille

Une brouille suppose une relation, et un différend qui la rompt. Ici, rien de tel.

Le RN n'a rien révisé de son jugement sur la guerre. Il n'a pas annoncé qu'il soutiendrait l'aide à l'Ukraine, ni désavoué son vice-président, ni changé une ligne de son programme. Il a réagi à un acte précis : la saisie de biens français par un décret étranger. Sa doctrine est demeurée exactement la même — la défense des intérêts français d'abord — et c'est précisément cette doctrine qui, appliquée cette fois, l'a conduit à parler dur.

Il y a là une cohérence qu'on refuse de lui reconnaître et qu'il faut pourtant lui

Pourquoi sortir de l'assurance-vie en unités de compte ?

22 September 2026 at 10:14

Par Vincent Clairmont

Un lecteur me demande pour quelles raisons je conseille de sortir de l'assurance-vie en unités de compte. La question est légitime et mérite une réponse complète, parce que je répète cette position depuis mai sans l'avoir jamais démontrée d'un seul tenant.

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Elle tient en quatre raisons, dont trois sont arithmétiques et une juridique. Et elle appelle une réserve importante, que je place à la fin parce qu'elle change la portée pratique de tout ce qui précède.

Première raison : les frais s'empilent sur cinq étages

Un contrat multi-supports peut prélever cinq niveaux de frais : frais sur versement, frais de gestion annuels du contrat, frais d'arbitrage entre supports, frais internes des unités de compte elles-mêmes, et frais d'éventuelles options de gestion pilotée.

Les deux qui comptent sont récurrents. Les frais de gestion annuels du contrat sur la poche UC se sont établis en moyenne à 0,88 % en 2025, au même niveau qu'en 2024. À cela s'ajoutent les frais internes des fonds sous-jacents — le TER, pour total expense ratio, c'est-à-dire le coût total de fonctionnement du fonds, prélevé avant que la performance ne vous soit affichée. Pondéré par les encours sur plus de quatorze mille fonds, il ressort à 1,60 %.

Additionnez : 2,48 % par an, avant même le moindre arbitrage. Le chiffre est celui de la fédération professionnelle elle-même, publiée le 6 mai dernier. Ce n'est pas une estimation de contradicteur.

Ce chiffre paraît modeste parce qu'on le compare à une performance annuelle. Il faut le composer. Deux et demi pour cent prélevés chaque année pendant vingt ans consomment près de quarante pour cent du capital. Sur la même durée, un support à 0,15 % de frais annuels en consomme moins de quatre. La différence n'est pas un détail de gestion : c'est la moitié de ce que vous espérez gagner.

Et ces frais sont prélevés sur l'encours. Vous les payez que le support monte ou qu'il baisse.

Sept semaines après « Faut-il toucher au Barbell ? » : je vous ai fait gagner 19.500€ en deux mois
Sept semaines après « Faut-il toucher au Barbell ? », Vincent Clairmont confronte le papier du 20 juillet aux cours du 4 septembre, poche par poche, et fixe la suite.
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Livret A à 1,70 % nets contre 1,61 % pour un fonds monétaire après PFU : pourquoi quitter les livrets pour un compte-titres augmente votre risque français.
Bitcoin sous 60 000 dollars, or en repli, étau fiscal : le point patrimoine du dimanche, par Vincent Clairmont
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Deuxième raison : vous n'êtes pas le client

C'est le point que je tiens pour le plus structurant, et il n'est pas moral, il est mécanique.

Dans un contrat multi-supports classique, une partie des frais internes des fonds remonte vers le distributeur sous forme de rétrocessions de commission. Autrement dit, celui qui vous conseille un support est rémunéré par celui qui le fabrique.

Sanctions UE contre la Russie : deux oligarques réhabilités, trente-six mois consentis

22 September 2026 at 09:41

Par Thibault de Varenne

L'échéance tombe cette nuit. Faute d'unanimité avant minuit, les sanctions européennes visant près de trois mille personnes et entités disparaissent d'un coup. Deux d'entre elles doivent en sortir, à la demande de la France et du Luxembourg. Le compromis proposé pour dénouer l'affaire mérite plus d'attention que les deux noms.

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Il est huit heures à Bruxelles et les ambassadeurs des Vingt-Sept se rasseyent. Ils ont déjà échoué lundi soir. Ils avaient déjà échoué le 15 septembre, ce qui leur avait valu une semaine de délai, jusqu'à cette nuit. Passé minuit sans accord, il n'y a plus de sanctions du tout.

On observe rarement d'aussi près le fonctionnement réel d'une machine.

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Ce qui se décide, et par qui

Le régime européen de sanctions individuelles — gel des avoirs, interdiction d'entrée — frappe aujourd'hui près de trois mille personnes et entités. Il ne vaut que six mois. Il faut le renouveler par unanimité : vingt-six oui et une abstention ne suffisent pas, et un seul gouvernement peut donc laisser tout tomber.

Ce pouvoir-là, la Slovaquie le brandit depuis des mois pour obtenir la radiation de deux hommes d'affaires russes, Alicher Ousmanov et Mikhaïl Fridman, inscrits en 2022 comme soutiens du régime. Le 11 septembre, la France s'est jointe à elle sur le premier nom ; le Luxembourg a réclamé le second. La présidence irlandaise, qui

Couronnes dentaires : ce que la position de la dent change à votre remboursement

21 September 2026 at 18:37

Par Élise Rochefort

La réforme dite 100 % Santé, entrée en application pour les prothèses fixes en 2020 et étendue aux prothèses amovibles en 2021, répartit les actes prothétiques en trois paniers : un panier sans reste à charge, un panier à reste à charge modéré, un panier à tarifs libres. Le classement d'un acte dans l'un ou l'autre dépend de deux variables : le matériau employé et la dent concernée. Cette seconde variable est rarement explicitée dans la communication publique ; elle est pourtant déterminante.

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Le cadre résulte de la convention nationale des chirurgiens-dentistes signée le 21 juillet 2023 et approuvée par arrêté du 23 août 2023. Depuis 2020, tout devis prothétique doit présenter trois propositions : l'acte du panier sans reste à charge lorsqu'il existe, celui du panier à tarifs maîtrisés, celui du panier à tarifs libres.

Mutuelle après 60 ans : les bonnes questions à se poser !
Après 60 ans, on paie sa mutuelle seul et plus cher chaque année. Les huit questions à poser par écrit avant de signer — et ce qu’elles révèlent de l’État.
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Coma diabétique : 193 € avec des droits ouverts, 18 091 € sans. Les tarifs hospitaliers 2026, le forfait journalier et la participation forfaitaire, expliqués.

La répartition par localisation

Pour les couronnes dento-portées, la nomenclature distingue les localisations de la manière suivante.

Dans le panier sans reste à charge figurent la couronne en alliage non précieux pour toutes les dents, la couronne céramo-métallique pour les incisives, les canines et les premières prémolaires, la couronne céramique monolithique en zircone pour toutes les dents, et la couronne céramo-céramique hors zircone pour les incisives, les canines et les premières prémolaires.

Dans le panier à reste à charge modéré figurent la couronne céramo-métallique sur deuxième prémolaire et la couronne céramique monolithique hors zircone sur deuxième prémolaire et molaires.

Dans le panier à tarifs libres figurent la couronne céramo-céramique pour toutes les localisations, la couronne en alliage précieux, la couronne céramo-métallique sur molaire, et la couronne sur implant pour toutes les localisations.

La même logique s'applique aux bridges. Le bridge entièrement métallique et le bridge céramique zircone relèvent du panier sans reste à charge pour toutes les localisations ; le bridge céramo-métallique n'y relève que pour le remplacement d'une incisive. Le remplacement d'une autre dent par un bridge céramo-métallique relève du panier à reste à charge modéré.

Il en résulte que la zone dite antérieure — incisives, canines, premières prémolaires — bénéficie, pour les matériaux à rendu esthétique, d'un traitement distinct de celui appliqué aux secteurs postérieurs. Cette distinction ne figure sous aucune dénomination officielle. Elle est inscrite dans la liste des actes, dent par dent.

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Ce qui a changé au 1er janvier 2026

Trois mesures sont entrées en vigueur au 1er janvier 2026.

Les honoraires limites de facturation des actes des paniers sans reste à charge et à reste à charge modéré ont été revalorisés de 3 %. La couronne céramique zircone sur molaire, jusqu'alors classée dans le panier à reste à charge modéré, a été intégrée au panier sans reste à charge ; le bridge zircone, acte nouveau, y a été intégré également. Le plafond de l'inlay-core a été ramené de 175 à 150 euros, et la pose d'un mainteneur d'espace interdentaire unitaire scellé a été versée au panier à reste à charge modéré.

L'effet de la deuxième mesure est direct sur la question traitée ici : depuis le 1er janvier 2026, un patient peut obtenir une couronne céramique sans reste à charge sur une molaire, ce qui n'était pas le cas auparavant. La distinction par localisation subsiste pour la céramo-métallique, qui demeure limitée aux incisives, canines et premières prémolaires dans le panier sans reste à charge, et bascule en tarifs libres sur molaire. Elle a disparu pour la zircone.

Le partage entre les deux étages

La base de remboursement d'une couronne est fixée à 107,50 euros. L'Assurance Maladie en rembourse 70 %, soit 75,25 euros, quel que soit le panier et quel que soit le prix facturé.

187 131 euros de pénalités pour une piscine fantôme

21 September 2026 at 13:33

À Plouha (Côtes-d'Armor), une commune de 4 600 habitants doit payer 187 131 euros pour avoir abandonné un centre nautique avant même sa construction. À cela s’ajoute un emprunt de 500 000 euros, qui pèsera sur le budget communal. Dans une ville déjà confrontée à un déficit réel de 1,25 million d’euros et 851 000 euros de factures non comptabilisées, le maire qui a engagé ne paie pas ; le contribuable qui n’a rien décidé, si.

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En juin 2026, Valérie Rumiano, élue maire après les municipales de mars, a purement et simplement enterré le projet de centre nautique de Bréhec lancé par son prédécesseur Xavier Compain. Motif officiel : absence de moyens, pourtant, des contrats avaient déjà été signés.

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Un chantier arrêté, mais une facture bien réelle

Le projet de nouveau centre nautique avait donné lieu à la création d’un budget annexe en 2025. Des marchés avaient été signés et un emprunt de 500 000 euros contracté alors qu’aucun bâtiment n’était encore sorti de terre. Après les élections municipales de 2026, la nouvelle équipe dirigée par Valérie Rumiano a décidé d’abandonner le projet en juin, estimant qu’il n’était plus compatible avec la situation financière de la commune.

Mais arrêter un projet public après avoir engagé les contrats ne signifie pas effacer la dépense. La résiliation des marchés entraîne 187 131 euros de pénalités. Quant aux 500 000 euros empruntés pour l'opération, ils doivent être transférés au budget principal. Aucune construction n’a démarré. Seule la dette, elle, est bien réelle. Autrement dit, les contribuables vont continuer à supporter une dette qui n’a produit ni bâtiment, ni piscine, ni nouveau service.

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Le centre nautique n’est que le symptôme

L’affaire prend une autre dimension à la lumière des constats de la chambre régionale des comptes. Celle-ci a relevé un déficit réel de 1,25 million d’euros et 851 000 euros de factures qui n’avaient pas été correctement intégrées aux comptes. Le centre nautique existant présente lui-même une forte dépendance aux financements publics : ses recettes ne couvrent que 23 % de ses charges.

Une médiathèque à 5 millions d’euros pour 643 lecteurs
Près de 5 millions d’euros pour une médiathèque fréquentée par 643 lecteurs inscrits : à Condé-sur-l’Escaut. La Cour des comptes documente le même travers dans les piscines et centres aquatiques : construits entre 12 et 27 millions d’euros, ils accumulent des déficits structurels que le contribuable éponge

Le centre nautique, déjà déficitaire de 120 000 euros par an en fonctionnement, devait coûter plus d’un million d’euros hors subventions. L’ancienne équipe avait misé sur des aides de l’État, de la Région et du Département. Les marchés ont été engagés, l’emprunt contracté, le projet abandonné et les pénalités dues.

Piscines municipales: pourquoi votre taxe foncière explose cet été
Alors que l’été 2026 s’annonce caniculaire, les Français découvrent dans leurs avis d’imposition locale la note cachée des équipements aquatiques. Plus de 2 800 communes ont lancé des projets entre 2023 et 2025 pour un total de 4,2 milliards d’euros. À Toulouse, la contribution aux

Le problème interroge la capacité d’une collectivité à engager des dépenses avant d’avoir sécurisé durablement leur financement et leur pertinence. La chambre recommande notamment de réfléchir avec Leff Armor Communauté à une reprise de l’équipement, dont la clientèle est majoritairement scolaire et extérieure à Plouha. Si la décision appartient aux élus d'hier, la sanction à leurs successeurs et à leurs administrés. À Plouha comme ailleurs, le contribuable reste le seul garant de la gabegie.

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Quels sont les enjeux de l'AGONU qui se tient en ce moment ?

21 September 2026 at 10:08

Par Thibault de Varenne

Emmanuel Macron parle demain à New York. Ce sera vraisemblablement sa dernière fois, et il est le seul chef d'État du Conseil de sécurité à faire encore le déplacement chaque année. On y verra de la constance. On pourrait aussi y voir le signe d'une puissance à qui il ne reste que la tribune.

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Emmanuel Macron est arrivé à New York hier. Il parlera mardi 22 septembre, dans la matinée, à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies — l'AGONU, dans le jargon du Quai d'Orsay. Ce sera selon toute vraisemblance son dernier discours à cet endroit : son mandat s'achève au printemps prochain. Les commentaires porteront sur l'Ukraine, sur le Proche-Orient, sur l'énergie, peut-être sur l'intelligence artificielle. On mesurera les applaudissements. On comptera les sièges vides.

Pendant ce temps, à quelques étages de là, se joue autre chose.

Il faut commencer par dire ce qu'est cette institution, parce qu'on en parle beaucoup sans jamais préciser ce qu'elle peut.

Ce que l'Assemblée peut, et ce qu'elle ne peut pas

L'Organisation des Nations unies compte deux organes qui comptent, et ils ne se ressemblent pas.

L'Assemblée générale réunit les cent quatre-vingt-treize États membres. Chacun y dispose d'une voix, le Vanuatu comme les États-Unis. Elle vote le budget de la maison, élit les membres non permanents du Conseil de sécurité, et adopte des résolutions qui n'obligent personne : elles recommandent, elles constatent, elles déplorent. Sa session s'est ouverte le 8 septembre. Elle est présidée cette année par Khalilur Rahman, du Bangladesh — la présidence tourne par région et ne confère aucun pouvoir propre, sinon celui de fixer l'ordre du jour des grandes réunions.

Le Conseil de sécurité compte quinze membres. Cinq y siègent à demeure depuis 1945 — la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie — et disposent chacun d'un veto, c'est-à-dire du pouvoir de bloquer seul n'importe quelle décision. Dix autres y passent deux ans à tour de rôle ; pour 2026 et 2027, ce sont Bahreïn, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Lettonie et le Liberia. Le Conseil, lui, prend des décisions qui obligent. Il est le seul à le faire.

Le débat général est la semaine de discours qui s'ouvre demain et court jusqu'au 26 septembre, avec une séance de rattrapage le 28. Les chefs d'État s'y succèdent à la tribune dans un ordre réglé par la coutume. C'est la partie visible, celle qu'on filme. Le reste de la semaine est occupé par des réunions de haut niveau — le climat et le droit au développement le 23, l'élévation du niveau des mers le 24, la préparation aux pandémies le 25.

Le thème retenu cette année est : « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies au service de tous. » Une institution qui annonce vouloir restaurer la confiance a déjà répondu à la question de savoir si elle l'avait perdue. Passons.

Quels sont les enjeux de l'AGONU qui se tient en ce moment ?
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Premier enjeu : le nom qu'on ne prononcera pas à la tribune

António Guterres achève son second mandat le 31 décembre. Son successeur prendra ses fonctions le 1er janvier 2027. C'est le seul poste au monde dont le titulaire parle au nom de l'humanité entière sans avoir jamais été élu par personne — et la manière dont on le désigne mérite qu'on s'y arrête.

Faut-il quitter le Livret A pour un fonds monétaire ?

21 September 2026 at 09:22

Par Vincent Clairmont

L'écart de taux entre la dette française et la dette allemande à dix ans a franchi 105 points de base le vendredi 18 septembre, pour la première fois depuis 2012. L'OAT dix ans s'établit autour de 4,55 %, le Bund allemand autour de 3,50 %. Une lectrice m'écrit qu'elle en tire la conclusion suivante : elle ne veut plus laisser sa réserve de précaution sur des livrets qui financent la Caisse des dépôts, elle conserve deux mois de dépenses en liquide et bascule les six autres sur un compte-titres, en fonds monétaires. Elle observe, à raison, que ces fonds rapportent aujourd'hui autant qu'un Livret A.

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Spread à 100 points de base, BCE à 2,50 % : la revue patrimoniale du dimanche
Spread OAT-Bund à 100 pb, BCE à 2,50 %, PLF 2027 à 54 milliards : la revue patrimoniale du dimanche, chiffres datés et allocation par poste.

L'arithmétique, faite jusqu'au bout

Le Livret A sert 1,70 % depuis le 1er août 2026. Ce chiffre est net — ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux. C'est tout son intérêt, et c'est ce qu'on oublie en le comparant à un rendement brut.

En face, un fonds monétaire suit l'€STR (le taux auquel les banques de la zone euro se prêtent au jour le jour, référence du marché monétaire), qui s'établissait autour de 2,19 % fin août et converge vers 2,40 % après le relèvement du taux de dépôt de la BCE de 2,25 à 2,50 %, décidé le 10 septembre et applicable le 16. Retranchez les frais de gestion du fonds, de 0,10 à 0,50 % : vous obtenez entre 1,90 et 2,30 % bruts.

Puis appliquez le PFU — le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, qui additionne 12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux, et qui frappe tout gain logé sur un compte-titres ordinaire. Il vous reste entre 1,33 et 1,61 % nets.

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Où est le seuil de bascule

C'est le calcul utile, et il tient en une division. Pour égaler 1,70 % nets, un fonds imposé au PFU doit servir 1,70 divisé par 0,70, soit 2,43 % nets de frais. Cela

Le PEA est devenu le premier motif de litige financier en France : comment sécuriser le vôtre, étape par étape

20 September 2026 at 10:44

Par Vincent Clairmont

La médiation de l'Autorité des marchés financiers a traité 462 dossiers relatifs au PEA en 2025, contre 185 en 2024 — une hausse de près de 150 % qui fait du plan d'épargne en actions le premier motif de saisine du médiateur, devant l'épargne salariale et les SCPI. Le mouvement ne ralentit pas : 1 865 dossiers tous produits confondus au premier semestre 2026, en progression de 31 % sur un an, le PEA conservant la tête. Près des trois quarts de ces dossiers portent sur un seul acte : le transfert d'un établissement à un autre. Et 92 % des propositions du médiateur ont été acceptées par les deux parties en 2025 — autrement dit, dans la quasi-totalité des dossiers instruits, le tort n'était pas du côté de l'épargnant.

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Ces chiffres ne décrivent pas un produit défaillant. Ils décrivent un produit dont l'avantage fiscal repose entièrement sur une variable administrative — la date d'ouverture du plan — que le titulaire ne détient pas lui-même. Ce que vous protégez dans un PEA n'est pas votre capital : c'est un compteur, tenu par un tiers, et que trois ou quatre gestes mal exécutés suffisent à remettre à zéro. Je reprends le cycle de vie du plan étape par étape, avec à chaque étape le geste défensif correspondant.

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1. À l'ouverture : démarrer le compteur avant d'avoir l'argent

Un contribuable ne peut détenir qu'un seul PEA. Le plafond de versements est de 150 000 euros, porté à 225 000 euros en cumulant avec un PEA-PME, et limité à 20 000 euros pour le PEA jeunes ouvert par un majeur de moins de 25 ans rattaché au foyer fiscal de ses parents. Un couple marié ou pacsé dispose donc de deux plans, soit 300 000 euros de versements.

Le point décisif est ailleurs : l'antériorité fiscale — les cinq années au terme desquelles les gains sortent exonérés d'impôt sur le revenu — court à compter de la date du premier versement, quel qu'en soit le montant. Un plan ouvert avec dix euros et laissé dormir cinq ans est fiscalement mûr ; un plan ouvert aujourd'hui avec 150 000 euros ne l'est pas.

Je préconise d'ouvrir un PEA dès aujourd'hui avec le versement minimal accepté par l'établissement — de 10 à 500 euros selon les enseignes — si vous n'en détenez pas encore, y compris si vous n'avez aucune intention d'investir en actions dans l'immédiat. Le coût est nul, le gain est de cinq ans d'antériorité. Et archivez immédiatement l'avis d'opération du premier versement en PDF, hors de l'espace client de la banque : c'est la seule preuve d'antériorité que vous détiendrez en propre, et vous en aurez besoin.

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2. Au fil des versements : le plafond n'est pas ce que vous croyez

Les 150 000 euros plafonnent le cumul des versements, pas la valeur du plan. Un PEA alimenté à hauteur de 150 000 euros et qui en vaut 400 000 après quinze ans

Spread à 100 points de base, BCE à 2,50 % : la revue patrimoniale du dimanche

20 September 2026 at 10:05

Par Vincent Clairmont

Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Cette semaine : les taux français et la BCE, le calendrier fiscal d'octobre et de novembre, le PLF 2027, l'or et l'argent, le bitcoin, les livrets et l'euro, et l'avancement de la déclaration automatique des cryptoactifs.

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Vendredi 18 septembre, l'écart de rendement entre l'emprunt d'État français à dix ans et son équivalent allemand a franchi 100 points de base — un point de pourcentage — pour la première fois depuis 2012, l'OAT dix ans cotant 4,5502 %, un niveau inédit depuis 2008. Le 10 septembre, la BCE avait relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base, portant la facilité de dépôt à 2,50 %. L'inflation de la zone euro s'est établie à 3,2 % en août, après 2,9 % en juillet. L'once d'or s'échangeait à 4 371 dollars jeudi, le bitcoin à 81 354 dollars samedi. Je reprends ces dossiers un par un.

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Taux et dette française

Deux mouvements se superposent, et il faut les distinguer.

Le premier est monétaire : facilité de dépôt à 2,50 %, refinancement principal à 2,65 %, prêt marginal à 2,90 %, deuxième hausse de l'année, motivée par le choc énergétique (+16,7 % sur un an en France en août, après +12,6 % en juillet). Francfort projette une inflation moyenne de 3,0 % en 2026 et ne présente plus 2,50 % comme le terme du cycle : d'autres hausses sont possibles. Le second mouvement est souverain : le spread OAT-Bund, c'est-à-dire le supplément de rendement exigé pour prêter à la France plutôt qu'à l'Allemagne, ne dépend pas de la BCE mais de la trajectoire budgétaire française.

Un OAT à 4,55 % n'est pas une occasion d'achat. C'est le prix d'un risque qui se réévalue, sur un émetteur dont vous subissez déjà la fiscalité, la monnaie et la réglementation.

Je préconise 25 % du portefeuille en bons du Trésor américains à trois et six mois — les T-bills, dette d'État à très court terme, sans risque de taux si on les porte jusqu'à l'échéance — et 0 % en obligations souveraines de la zone euro.

Voici donc le récapitulatif de l'allocation Barbell que je préconise :

Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé

19 September 2026 at 13:05

Par Thibault de Varenne

Le 17 juin, j'ai écrit que la trêve d'Ormuz tiendrait probablement ses soixante jours. Elle en a tenu vingt. Le 3 juillet, que l'on ne fermait plus un marché. Le baril a repassé les cent dollars le 11 septembre. Voilà pour l'entrée en matière : un chroniqueur qui ne relit que ses réussites n'est pas un chroniqueur, c'est un avocat.

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Ce journal a pris, avec la rubrique qu'il appelle La Clause, dans le secret de la rédaction, l'habitude d'écrire à l'avance ce qui lui donnerait tort. Il est juste d'appliquer la règle à ce qui a déjà été écrit. J'ai donc repris mes papiers depuis le début de juin — la signature n'existe pas avant —, j'en ai extrait chaque phrase qui annonçait quelque chose, et je l'ai mise en face de ce qui s'est produit, avec la date et avec la source, prise comme toujours ici chez ceux qui ne sont pas nos alliés. Le lecteur trouvera le tableau ci-dessous. Je n'y ai rien retranché, et j'ai laissé de côté ce qui ne se vérifie pas — les jugements de valeur, les pronostics à vingt ans, les phrases qui sonnent bien.

DatePapierCe que j'annonçaisCe qui s'est passéBilan
5 juinLes BRICS à l'âge de raisonLe club cesse de grossir : une mue, pas une pause. « Nous verrons, au sommet indien, si la forme tient. »New Delhi, 12-13 sept. : déclaration adoptée à l'unanimité malgré la fracture Iran / Émirats ; aucun élargissement.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
8 juinCe qu'on appelle un cessez-le-feuUne trêve qui ne traite pas les causes ne suspend pas la guerre : « elle la met au repos ».Mémorandum signé le 17 juin ; frappes américaines sur 80 cibles le 8 juillet ; blocus rétabli le 14 ; texte caduc mi-août.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
13 juinCette guerre que nous ne savons plus lire« Les Russes grignotent ; ils ne percent pas. » Une guerre d'usure qui ne se résout pas.Septembre : Sloviansk-Kramatorsk toujours tenue, quinzième échéance russe fixée au 31 décembre ; chacun affirme que l'offensive de l'autre a échoué.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
17 juinLa paix de soixante jours« Que la trêve tienne ses soixante jours : c'est probable, et même vraisemblable. » Qu'elle devienne une paix : « je n'y crois guère ».La trêve a tenu vingt jours. Aucune paix.◐
durée ✘ / issue Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
20 juinVersailles, ou la paix par soustractionSoixante jours qui « ressemblent moins à une convalescence qu'à un sursis ». L'allié couvert à Versailles « pourrait bien » faire sauter l'accord.Sursis confirmé. Mais l'accord a sauté entre Washington et Téhéran, sur la police du détroit — pas par Israël.◐
mécanisme Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé / déclencheur ✘
27 juinLa guerre redevenue industrie« L'essaim qui défend Kiev aujourd'hui menacera demain d'autres capitales. »1er sept. : Kiev menace toute compagnie aérienne dans le ciel russe ; 13 sept. : drones russes sur un train à 5 km de la Pologne.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
3 juilletLe baril sous 90 $« On peut fermer un détroit ; on ne ferme plus un marché. » Pétrole « structurellement baissier ».Deuxième détroit menacé (mer Rouge, 10-12 sept.) ; baril au-dessus de 100 $ depuis le 11 septembre.✘
18 juilletSommes-nous au début d'une escalade ?Trois échéances : mi-août, caducité ou ambiguïté du mémorandum ; septembre, New Delhi et les offres de médiation ; octobre, reprise des frappes sur l'énergie.Mémorandum expiré mi-août, chacun accusant l'autre. À New Delhi, Xi et Modi ont offert leurs services pour l'Ukraine (Kremlin). Octobre : à venir.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
18 juilletidemLe pourrissement est « la pente la plus probable, parce qu'elle ne demande de décision à personne » ; l'escalade sera horizontale, non verticale.Ni guerre déclarée ni paix ; Houthis en mer Rouge, drone près de La Mecque, frappes aux frontières polonaise et moldave ; aucune montée de catégorie entre grandes puissances.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
18 juilletidemLa colère du Sud « trouvera sa traduction politique à New Delhi en septembre, si personne n'a rendu le détroit à la mer d'ici là ».Le détroit n'a pas été rendu. La déclaration de New Delhi appelle à la « retenue » sans nommer un seul pays.✘
18 juilletidemRelais des communiqués russes — qualifiés de communiqués — sur une « progression méthodique » vers Sloviansk et à Soumy : « un front qui glisse ».Été sans percée ; l'analyste de RT concède que l'offensive ukrainienne « a ralenti l'avance russe » ; Kiev revendique Dobropillia et Lyman, Moscou des « lignes ».◐
23 juilletRégionalisation de la guerre ?« La guerre d'un État contre sa région » ; les guerres qui franchissent ce seuil « ne reviennent pas d'elles-mêmes en deçà ».31 août : bases en Jordanie ; 8-16 sept. : terminaux saoudiens frappés ; côte yéménite prise ; Koweït touché ; Riyad demande des intercepteurs à quatre pays.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
29 juilletL'Iran franchit un cap en Jordanie« La guerre continuera, je le crains, par paliers — chaque pause préparant la surenchère suivante. »Pause de fin juillet ; palier du 31 août (Larak / Jordanie) ; « vers la fin de la guerre » (Trump, 17 sept.) sans pourparlers confirmés.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
1er aoûtL'ordre sans serment« D'ici à la Toussaint, le Sud tiendra trois conciles » : Bichkek, New Delhi, Moscou.Bichkek 1er-2 sept. Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé ; New Delhi 12-13 sept. Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé ; Moscou 28-29 oct. Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
22 aoûtLe pacte de La MecqueLa peur « d'être abandonné, ou frappé, par son propre protecteur n'est pas près de se dissiper ». Le pacte « peut se défaire ».16-18 sept. : drone près de La Mecque, pacte invoqué en paroles, non activé ; Riyad cherche des munitions antiaériennes à l'étranger.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé / Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
4 sept.Ormuz : la facture des nôtres« Le 10 septembre, Francfort montera ses taux. Le 30, le gouvernement déposera un budget provisoire. »BCE : +25 points de base le 10 septembre, dépôt à 2,5 %, « le conflit au Moyen-Orient continue de générer des pressions inflationnistes ». Le 30 : à venir.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
10 sept.Pourquoi la Russie n'a pas gagné« Elle avance — lentement, mais elle avance. »Kiev revendique 85 km² repris à Lyman ; Moscou des « nouvelles lignes » près de Droujkivka. Les deux cartes se contredisent.◐
contesté
12 sept.Moka est tombée à l'aubeLe « aucun danger » houthi pour la navigation n'est pas une garantie : « l'énoncé d'un levier ». Le Pakistan « pourrait entrer » dans la guerre.Mascate, 12-13 sept. : les Houthis promettent d'épargner les navires américains — sauf les saoudiens. Le Pakistan promet « physiquement » ; aucune troupe de plus.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé / Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
16 sept.Gilets jaunes : l'État ne peut plus payer« Le 17 octobre dira peut-être quelque chose, ou rien du tout. » L'hiver sans rien à offrir : « certain ».Clause n° 1 : question posée, critère fixé (5 villes le samedi 24 octobre), verdict le 26.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
18 sept.La Clause n° 2« Si le budget abaisse le forfait au point de faire descendre la bascule sous 1 500 euros par mois, je changerai de réponse et je l'écrirai. »Budget déposé le 30 septembre.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé
19 sept.Ukraine, Iran : les risquesRisque vertical « faible » ; extension « élevée » ; accélération « certaine ».À cocher dans ce même tableau.Quatre mois de pronostics géopolitiques : ce que j'ai écrit, ce qui est arrivé

Compte : 21 lignes, 28 énoncés datés — 14 tenus, 4 tenus en partie, 2 démentis, 8 échéances à venir (certaines lignes portent plusieurs énoncés). Les sources de la colonne « ce qui s'est passé » sont en pied de papier, toutes non occidentales.

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Ce que le tableau dit

Trois choses, et je les donne dans l'ordre inverse de ma vanité.

D'abord, je me trompe sur les dates et sur les prix. Soixante jours de trêve : vingt. Un marché qu'on ne ferme plus : menacé deux fois, à Ormuz puis en mer Rouge, et le baril a repris une vingtaine de dollars. Un Sud qui trouverait à New Delhi sa traduction politique : une déclaration sans un seul nom propre. Ces trois erreurs ont une racine commune, et je préfère la nommer moi-même. Chaque fois, j'ai lu un texte — un mémorandum, une courbe, un ordre du jour — comme s'il engageait ceux qui l'avaient écrit. Un texte n'engage que jusqu'au jour où l'un des signataires trouve la rupture moins coûteuse que la parole. Je l'avais d'ailleurs écrit le 17 juin, dans le papier même où je donnais soixante jours à la trêve. On peut avoir la règle et rater l'application.

Ensuite, je me suis trompé sur le front russe, par un excès qu'il faut dire. Le 18 juillet, j'ai relayé, en les qualifiant de communiqués, des annonces de progression que l'été n'a pas confirmées — pas même dans les cartes russes, puisque l'analyste le plus lu de RT concède aujourd'hui que l'offensive ukrainienne a ralenti l'avance. Nommer un communiqué communiqué ne suffit pas : il faut encore ne pas lui prêter la tendance qu'il prétend. Le 13 juin, avant ces annonces, j'avais écrit plus juste : ils grignotent, ils ne percent pas. C'est la phrase de juin qui tient, non celle de juillet.

Enfin — et c'est la seule chose dont je tirerai quelque chose —, je me suis peu trompé sur les pentes. Que la guerre d'Iran serait longue ; qu'elle se régionaliserait par contagion et non par décision ; que l'escalade serait horizontale plutôt que verticale ; que le pourrissement était la pente la plus probable parce qu'il ne demandait de décision à personne ; que le club des BRICS tiendrait sa forme sans grossir ; que la peur des monarchies du Golfe ne se dissiperait pas : tout cela s'est produit, à peu près dans l'ordre. Ce ne sont pas des prophéties. Ce sont des lectures de structure, et les structures ont ceci de commode qu'elles bougent moins vite que ceux qui les commentent.

La leçon n'est pas flatteuse, et elle est utile : je vois les pentes mieux que les dates, et les structures mieux que les prix. Le lecteur fera donc bien de m'écouter quand je dis vers où va une chose, et de vérifier ailleurs quand je dis quand elle y sera.

Reste ce qui n'est pas encore tranché, et qui est daté : le budget du 30 septembre et le seuil de 1 500 euros que j'ai posé sur les retraites ; le 17 octobre et le samedi qui le suivra ; le concile de Moscou des 28 et 29 octobre ; l'échéance de novembre sur les terres rares ; et les trois risques — faible, élevé, certain — que j'ai qualifiés le 19 septembre. Je reviendrai les cocher. Ceux qui me donneront tort figureront dans le même tableau, à la même taille de caractère. C'est le seul crédit qu'une signature puisse demander : non qu'on la croie, mais qu'on puisse la vérifier.

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Ukraine, Iran : quels sont les risques de dégradation et d'accélération des conflits ?

19 September 2026 at 10:50

Par Thibault de Varenne

Le 13 septembre, un drone russe a frappé la locomotive d'un train ukrainien à cinq kilomètres de la frontière polonaise. Des responsables européens étaient à bord, dont un ancien premier ministre britannique, qui rentraient d'une conférence à Kiev. Le 16 au soir, un drone venu du Yémen a été abattu au sud de La Mecque, avant d'entrer dans l'espace aérien interdit qui entoure la ville sainte. Quatre mille kilomètres séparent ces deux engins. Ils posent la même question, et c'est celle du titre : ces deux guerres peuvent-elles s'aggraver, s'accélérer, se rejoindre — et jusqu'où ?

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Je vais essayer d'y répondre proprement, c'est-à-dire en distinguant, parce que le mot « escalade » recouvre trois choses qui ne se ressemblent pas. Mais il faut d'abord poser le terrain, pour le lecteur qui ne suit pas ces dossiers chaque matin.

Où en est-on, en Ukraine

La guerre entre dans son cinquième hiver, et la première chose à dire est que les deux camps décrivent deux fronts différents. Kiev affirme avoir repris cette année 745 kilomètres carrés dans la région de Dnipropetrovsk — vingt-six localités, a dit le président ukrainien le 12 août — puis, à la mi-septembre, 85 kilomètres carrés autour de Lyman, dans le Donbass, selon son 3e corps d'armée, dont le commandant parle d'une « pince nord » russe « défaite ». Moscou dit l'inverse. Le 28 juillet déjà, l'état-major d'un régiment de la 25e armée russe annonçait « nettoyer et consolider » Lyman même. Le 31 août, un analyste russe publié par RT tenait les 745 kilomètres carrés pour une opération de communication, la plupart des localités « libérées » montrant selon lui des images récentes de troupes d'assaut russes. Le 19 septembre, un expert militaire cité par TASS rapportait de « nouvelles lignes » prises à l'est et au sud-est de Droujkivka. Un lecteur honnête ne peut pas trancher entre ces deux cartes : chacune est dessinée par un belligérant, et le seul arbitre que la presse du Sud cite régulièrement est un institut de Washington, qui n'est pas plus neutre que les deux autres.

Ce que l'on peut dire tient en trois points que les deux camps admettent. D'abord, la « ceinture de forteresses » — Sloviansk, Kramatorsk, Droujkivka, les villes qui verrouillent le cinquième du Donetsk que l'Ukraine tient encore — n'est pas tombée : l'analyste de RT la décrit lui-même comme « le dernier bastion » que le nouveau commandant en chef ukrainien a ordre de tenir « à tout prix ». Ensuite, le rythme russe s'est effondré par rapport à l'an dernier. En décembre 2025, le chef d'état-major russe revendiquait 6 300 kilomètres carrés conquis dans l'année ; en 2026, les communiqués de Moscou annoncent des villages, des « lignes » et des « positions », et l'analyste de RT concède que l'offensive ukrainienne du printemps « a ralenti l'avance russe » et « retardé les événements décisifs » autour de Zaporijjia. Enfin, chacun affirme que l'offensive de l'autre a échoué, ce qui est la définition exacte d'un front qui ne bouge plus. Le président russe s'était fixé le 31 décembre pour prendre la ceinture ; c'est sa quinzième échéance depuis 2022. Et le Kremlin a démenti cette semaine préparer une mobilisation de 300 000 hommes d'ici la fin de l'année.

Là aussi, il faut relire ce que nous avons écrit, y compris ce qui a vieilli. Le 13 juin, je notais que les communiqués russes, à force de préciser qu'ils avançaient malgré l'adversaire, trahissaient une mécanique qui s'enraye. Le 18 juillet, je relayais — en les qualifiant de communiqués — les annonces d'une progression méthodique sur l'axe de Sloviansk et dans la région de Soumy, et je parlais d'un front qui glisse. Le 10 septembre, je concluais que la Russie n'avait pas gagné parce qu'elle n'avait pas pris ce qu'elle a inscrit dans sa Constitution, et qu'elle avançait — lentement, mais qu'elle avançait. Deux mois séparent le front qui glisse du front qui ne bouge plus, et c'est l'été qui les sépare : les annonces de juillet, à l'échelle où elles étaient faites, n'ont pas été confirmées par les cartes russes elles-mêmes. Je préfère le dire que le laisser deviner.

Ce qui change n'est pas la ligne de front, c'est ce qui vole au-dessus. Kiev affirme que la Russie a lancé environ 2 100 drones et 78 missiles en une seule semaine de septembre — chiffre ukrainien, donc à prendre comme tel. Une part croissante de ces drones sont à réaction, plus rapides que les engins à hélice ; l'Ukraine dit en intercepter neuf sur dix quand ils sont à hélice, six sur dix quand ils sont à réaction. Les Nations unies comptent 1 396 civils tués au premier semestre, en hausse de 37 % sur un an. Et l'on a enregistré ce mois-ci le premier cas documenté d'un drone d'attaque entièrement autonome, guidé par un calculateur embarqué qui choisit sa cible et frappe sans opérateur.

En sens inverse, l'Ukraine a frappé 26 raffineries russes depuis janvier, huit dans la seule semaine passée, en visant les unités de distillation qui demandent des mois de réparation. Diverses estimations évaluent à 30 % la capacité de raffinage russe mise hors service ; la gouverneure de la banque centrale russe a reconnu que l'inflation de l'été venait « d'abord de la situation sur le marché des carburants ». Le 1er septembre, le président ukrainien a déclaré que « les jours sûrs dans le ciel russe sont terminés », visant toute compagnie aérienne qui traverse l'espace russe. Le président russe a répondu que c'était « un pas vers le terrorisme d'État » et qu'il n'y aurait « pas de négociations avec des terroristes ».

Les négociations existent pourtant. L'envoyé américain a affirmé cette semaine qu'un accord entre Washington et Moscou était « largement préparé », et que l'obstacle était le refus de Kiev de céder le cinquième du Donetsk qu'elle tient encore. Moscou demande cette cession plus une zone démilitarisée au-delà. Jeudi, le Congrès américain a voté des sanctions dites secondaires — c'est-à-dire frappant non la Russie mais ceux qui lui achètent son pétrole et son gaz, Chine et Inde au premier rang.

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Où en est-on, avec l'Iran

La guerre a commencé le 28 février par des frappes américaines et israéliennes sur Téhéran. Elle devait durer quelques jours ; elle en est à son septième mois. L'Iran a répondu en frappant des cibles américaines au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie, à Oman, et en fermant de fait le détroit d'Ormuz — le goulet par où passait avant-guerre un cinquième du pétrole et du gaz liquéfié mondiaux.

En juin, un mémorandum d'entente négocié par le Pakistan et le Qatar a prolongé un cessez-le-feu : l'Iran déminait Ormuz et laissait passer les navires ; les États-Unis levaient leur blocus naval et leurs sanctions. Le texte a tenu moins de deux semaines, chacun accusant l'autre de l'avoir rompu, et il est venu à expiration en août. Le 31 août, les forces américaines ont attaqué l'île de Larak, dans le détroit ; l'Iran a riposté sur deux bases en Jordanie. Le lendemain, à Bichkek, le président iranien disait que Téhéran reviendrait au mémorandum si Washington y revenait. Le 17 septembre, le président américain affirmait avoir parlé « directement » à l'Iran et être « vers la fin de la guerre » ; le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien répondait qu'il n'y aurait pas de pourparlers tant que les conditions iraniennes ne seraient pas remplies. Ni guerre déclarée, ni paix : un cessez-le-feu qui ne cesse pas le feu.

Ce journal ne découvre pas cette durée. Le 8 juin, au lendemain de la reprise des frappes, j'écrivais qu'une trêve qui ne traite pas les causes ne suspend pas la guerre mais la met au repos. Le 17 juin, jour de la signature du mémorandum, que la trêve tiendrait probablement ses soixante jours et qu'elle ne deviendrait pas une paix ; le 20, que ces soixante jours ressemblaient moins à une convalescence qu'à un sursis. Le 23 juillet, qu'une guerre entre deux États était en train de devenir la guerre d'un État contre sa région, et que les guerres qui franchissent ce seuil ne reviennent pas d'elles-mêmes en deçà. Le 1er septembre, que l'Iran s'était organisé pour une guerre longue et fragmentée là où ses adversaires avaient bâti des appareils faits pour des guerres courtes. Je ne rappelle pas ces dates pour m'en prévaloir. Je les rappelle pour que le lecteur puisse vérifier, pièce par pièce, ce qui tenait — et ce qui ne tenait pas. Car une chose ne tenait pas. Le 3 juillet, le baril sous quatre-vingt-dix dollars, j'écrivais que le monde n'avait pas tremblé quand Ormuz s'était fermé, et qu'on ne fermait plus un marché. Le marché a tenu tant qu'il restait une seconde route. Depuis que la route de la mer Rouge a été frappée à son tour, il tremble. Je m'étais trompé sur la marge, non sur le mécanisme : ce n'est pas un détroit qui fait un choc, c'est le second.

Un rapport de l'inspection générale du Pentagone, publié cette semaine, chiffre les quatre premiers mois à 33 milliards de dollars, dont 22 milliards de munitions consommées, une trentaine au moins de drones Reaper — les grands appareils de surveillance et de frappe — perdus, et reconnaît des « goulets d'étranglement » dans le réapprovisionnement. C'est un document américain, pas une source du Sud, mais c'est une pièce comptable et non un communiqué.

Et puis il y a le troisième théâtre, celui que les deux autres ont fait naître. Entre le 10 et le 12 septembre, les Houthis — le mouvement issu du zaydisme, branche du chiisme propre au nord du Yémen, qui tient Sanaa depuis 2014 et qui est l'allié de Téhéran sans en être la marionnette — ont pris Moka, puis l'île de Mayoun, puis toute la côte yéménite de la mer Rouge. Ils tiennent donc physiquement Bab el-Mandeb, le détroit qui commande l'accès à Suez et la route par laquelle l'Arabie saoudite exportait son brut en contournant Ormuz. Depuis juillet, ils ont décrété un blocus de la navigation saoudienne, frappent les bases et les terminaux du royaume, et affirment avoir abattu un F-15 saoudien — revendication de belligérant. Téhéran a salué un « triomphe divin ». Le baril a repassé les cent dollars. Et Washington, sollicité deux fois par Riyad pour frapper le mouvement selon des informations reprises par Al Jazeera, a refusé, tout en recevant des émissaires houthis dans son ambassade à Mascate.

Voilà le terrain. Trois foyers, deux détroits fermés ou menacés, un garant qui compte ses munitions.

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Trois façons pour une guerre de grandir

Le 18 juillet, dans ces colonnes, j'avais distingué trois pentes possibles pour ces deux guerres — l'accord, la conflagration, le pourrissement — et tenu la troisième pour la plus probable, parce qu'elle ne demandait de décision à personne. Deux mois plus tard, c'est bien celle-là que nous descendons. Mais « pourrissement » est un mot de moraliste, non d'analyste, et il faut le décomposer. On confond, sous le mot d'escalade, trois mouvements distincts, et l'on ne peut évaluer un risque qu'après les avoir séparés.

Mise à contribution des retraités : ce qui est sur la table avant le budget du 30 septembre

18 September 2026 at 18:21

Par Élise Rochefort

Le projet de loi de finances pour 2027 est déposé le 30 septembre. Le gouvernement a annoncé un effort budgétaire d'environ 54 milliards d'euros, dont une part demandée aux retraités. Le 17 septembre, le Premier ministre a évalué cette part à un montant « inférieur à six milliards d'euros » et déclaré qu'« aucune pension ne diminuera ». Les modalités n'ont pas été arbitrées ; il a indiqué qu'elles seraient débattues au Parlement.

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Trois instruments sont cités dans le débat. Ils n'ont ni la même base juridique, ni le même rendement, ni les mêmes redevables.

La désindexation des pensions

L'article L161-25 du code de la sécurité sociale prévoit une revalorisation annuelle des pensions de base au 1er janvier, sur la base de l'évolution de la moyenne annuelle des prix à la consommation hors tabac, calculée sur les 12 derniers indices mensuels publiés par l'Insee. Le coefficient ne peut être inférieur à un : les pensions ne diminuent pas nominalement lorsque les prix reculent.

Un gel ou une désindexation partielle suppose donc une disposition législative dérogeant à cet article. Un gel figurait dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Il a été écarté au cours de l'examen parlementaire, et les pensions de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier 2026.

Le gouvernement a évoqué la possibilité de limiter le gel aux pensions les plus élevées. Aucun seuil n'a été rendu public.

Faire contribuer les retraités est moral, à condition de savoir ce qu’on leur doit
L’abattement de 10 % des retraités reposait sur trois motifs. Aucun ne survit, et la compensation a déjà été versée dans le barème de tous en 2006.
Faire contribuer les retraités ? ou la répudiation qui n’ose pas son nom
En 2006, l’État a supprimé un abattement en rendant tout par le barème. En 2026, il retire sans rendre — et appelle contribution ce qui est une hausse d’impôt.
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L'abattement de 10 % sur les pensions

L'abattement est codifié à l'article 158-5-a du code général des impôts. Il a été créé par l'article 3 de la loi de finances pour 1978 (loi n° 77-1467 du 30 décembre 1977), adoptée sous le gouvernement de Raymond Barre, à la suite d'un débat en séance le 18 octobre 1977.

Trois justifications ont été avancées à l'époque, selon les sources secondaires disponibles : un parallélisme de forme avec la déduction pour frais professionnels des salariés ; le fait que les pensions sont déclarées par les caisses, sans possibilité de minoration, à la différence des revenus déclarés par leurs titulaires ; et la généralisation des retraites complémentaires AGIRC-ARRCO, qui rendait imposables des retraités qui ne l'étaient pas.

L'abattement s'élève à 10 % du montant des pensions, avec un plancher d'environ 454 euros et un plafond d'environ 4 439 euros par foyer fiscal en 2026.

Son coût pour les finances publiques fait l'objet de chiffrages divergents selon le périmètre retenu : environ 4,5 milliards d'euros pour la Cour des comptes, 5,7 milliards dans les documents budgétaires au titre de 2025 — ce qui en ferait la troisième dépense fiscale de l'État, derrière le crédit d'impôt recherche et le crédit d'impôt pour services à la personne —, jusqu'à 6 milliards dans les estimations gouvernementales les plus récentes. Aucune comparaison strictement homogène n'est disponible entre ces trois chiffres.

La mesure envisagée consiste à remplacer le pourcentage par un forfait de 2 000 euros identique pour tous. Un forfait de 2 000 euros équivaut à un abattement de 10 % pour une pension annuelle de 20 000 euros, soit 1 667 euros par mois. En deçà de ce seuil, l'abattement augmente : de 920 euros pour une pension mensuelle de 900 euros, de 560 euros pour 1 200 euros, de 200 euros pour 1 500 euros. Au-delà, il diminue : de 400 euros pour 2 000 euros de pension, de 1 000 euros pour 2 500 euros, et de 2 439 euros au maximum pour les pensions égales ou supérieures à 3 699 euros par mois, soit environ 732 euros d'impôt supplémentaire par an à un taux marginal de 30 %.

Le rendement attendu de cette seule mesure est évalué à environ 1,2 milliard d'euros, soit une fraction des 6 milliards annoncés. Le montant du forfait n'est pas arrêté.

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Le gel des tranches de CSG

Le troisième instrument cité consiste à ne pas revaloriser les seuils de revenu fiscal de référence qui déterminent le taux de contribution sociale généralisée applicable aux pensions. Il conduit des foyers dont le revenu nominal a augmenté à franchir un seuil et à changer de taux, sans modification du barème lui-même. Aucun chiffrage public n'a été communiqué à ce jour.

La déduction des salariés, qui n'est pas en cause

La déduction forfaitaire de 10 % applicable aux traitements et salaires relève d'un autre texte, l'article 83, 3° du code général des impôts. Elle couvre des frais exposés pour l'exercice d'une activité professionnelle et le salarié peut lui substituer la déduction de ses frais réels. Pour l'imposition des revenus de 2026, elle est comprise entre 509 et 14 555 euros. Elle n'est pas concernée par les mesures envisagées.

Le Conseil d'État a refusé à plusieurs reprises, entre 1965 et 1977, d'étendre cette déduction aux titulaires de pensions, au motif qu'ils n'exposent pas de frais liés à l'exercice d'une activité. C'est ce refus qui a conduit le législateur à créer, en 1977, un abattement distinct.

Le précédent de 2006

Un abattement de 20 % s'appliquait antérieurement aux traitements et salaires, aux pensions et aux revenus des professionnels adhérant à un centre de gestion agréé. Sa justification rapportée était l'écart de contrôle entre les revenus déclarés par un tiers et ceux déclarés par leur titulaire.

Il a été supprimé par la loi de finances pour 2006 et intégré au barème de l'impôt sur le revenu : les limites de chaque tranche ont été relevées de 25 % et les taux correspondants abaissés de 20 %. Les seuils de revenu fiscal de référence conditionnant certains avantages ont été relevés de 25 % en conséquence.

La même année, la déclaration de revenus préremplie a été généralisée, la première campagne s'étant déroulée au printemps 2006.

Les positions exprimées

Le gouvernement soutient que l'effort demandé est nécessaire à la trajectoire de réduction du déficit et que les petites pensions seront préservées. Il n'a pas publié de chiffrage détaillé par décile.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a qualifié la mesure de « racket ». Le journaliste Pascal Praud a estimé, sur CNews, que les retraités étaient devenus « les boucs émissaires » du débat budgétaire. Ces deux prises de position sont rapportées par des reprises de presse et n'ont pas été vérifiées auprès de leurs auteurs.

Le Conseil des prélèvements obligatoires, organisme associé à la Cour des comptes, recommandait dès 2024 une révision de l'abattement, qu'il jugeait « trop général et mal ciblé », en proposant un dispositif forfaitaire qui n'aurait fait contribuer que les 10 % de retraités les plus favorisés — soit un ciblage plus étroit que celui de la mesure envisagée.

Le Conseil d'orientation des retraites projette le niveau de vie relatif des retraités à 83 % de celui de l'ensemble des actifs en 2070, contre un niveau aujourd'hui comparable.

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Ce qui n'est pas établi

Les justifications avancées en 1977 sont rapportées par des sources secondaires concordantes. Les travaux préparatoires de la loi du 30 décembre 1977 et les décisions du Conseil d'État entre 1965 et 1977 n'ont pas été consultés directement.

Le montant du forfait, le périmètre d'un éventuel gel, le seuil de pension au-delà duquel il s'appliquerait et le rendement de chaque mesure ne figurent dans aucun texte publié.

Le projet de loi de finances sera déposé le 30 septembre. Aucun des montants cités ici n'a de valeur définitive avant sa publication.

Faire contribuer les retraités est moral, à condition de savoir ce qu'on leur doit

18 September 2026 at 18:00

Par Thibault de Varenne

À la question : est-il moral de faire contribuer les retraités, je réponds oui, et je refuse de le faire au nom de la solidarité, qui ne coûte rien à celui qui l'invoque. Je le fais au nom d'une distinction : on doit à un homme ce qu'il a gagné, on ne lui doit pas ce qu'on lui a donné. De là sortent mes deux réponses, et elles sont opposées — non au gel des pensions, oui à l'extinction de l'abattement.

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Le 18 octobre 1977, l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité, après quelques heures de discussion, un abattement de 10 % accordé aux retraités sur les revenus qu'ils déclarent — une réduction forfaitaire de la somme sur laquelle l'impôt se calcule. 49 ans plus tard, l'avantage coûte 5,7 milliards d'euros par an et occupe le troisième rang des dépenses fiscales de l'État. Aucun gouvernement n'y avait touché.

Celui-ci s'y essaie, et propose deux instruments que l'on confond partout. Le gel, qui cesse de relever les pensions au rythme des prix : le chiffre inscrit sur le relevé ne bouge pas, ce qu'il permet d'acheter diminue. Et le remplacement de l'abattement par un forfait de 2 000 euros identique pour tous. On les défend d'un même mouvement, comme deux morceaux d'un même droit.

Ils ne le sont pas, et c'est tout mon propos.

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Ce qu'on doit à un homme qui a travaillé 40 ans

On lui doit ce qu'il a gagné. On ne lui doit pas ce qu'on lui a donné.

Toute la question tient dans cet écart, et le débat de cette semaine consiste à ne pas le voir.

La pension est la contrepartie d'un travail. Elle a été acquise heure par heure, prélevée sur un salaire qu'on n'a pas touché, promise en échange. Y toucher, c'est reprendre à un homme ce qu'il a déjà payé.

L'abattement n'a pas été gagné. Il a été accordé, un soir d'octobre, par une assemblée à qui il ne coûtait rien ce soir-là. Aucun retraité n'a cotisé pour l'obtenir. Aucun n'a travaillé une heure de plus en sachant qu'il le recevrait.

Et il faut dire pourquoi il fut accordé, car trois raisons furent avancées ce soir-là, et pas une ne tient encore debout.

La première était le parallélisme. Les salariés déduisent 10 % de leur revenu au titre de leurs frais professionnels ; on offrit la même chose aux retraités. Mais cette déduction-là paie un costume, un trajet, un outil — des dépenses qu'on expose pour gagner sa vie. Un retraité n'en expose aucune, et le Conseil d'État l'avait jugé à plusieurs reprises entre 1965 et 1977 en refusant précisément cette extension. Le législateur est passé outre, copiant la forme sans reprendre le motif.

La deuxième était l'inégalité devant la fraude. Les pensions sont déclarées par les caisses ; le retraité ne peut pas minorer ce qu'il déclare, quand d'autres revenus se déclaraient eux-mêmes. L'argument était sérieux en 1977, du temps où l'administration recoupait à la main. Il a été traité depuis, et il l'a été deux fois dans la même année. En 2006, la déclaration préremplie est généralisée et referme l'écart. La même année, l'abattement de 20 % — celui qui était explicitement fondé sur cette inégalité, et qui couvrait les salaires, les pensions et les indépendants adhérant à un centre de gestion — est intégré au barème : tranches relevées de 25 %, taux abaissés de 20 %.

La compensation a donc été versée. Elle l'a été dans le barème de tout le monde, et les 10 % des retraités sont restés au-dessus.

La troisième raison était de circonstance. La généralisation des retraites complémentaires faisait entrer dans l'impôt des retraités qui n'y étaient pas ; on a compensé une hausse d'assiette par une déduction, au lieu d'ajuster le barème. C'était il y a 49 ans.

Trois justifications, aucune survivante. Ce qui reste n'est pas un droit mal fondé, c'est une habitude.

Et l'on ne s'indemnise pas deux fois du même préjudice.

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Deux réponses, un seul principe

Geler une pension, c'est reprendre un dû, et le reprendre sans le dire. Je réponds non. Le gel ne choisit personne : il prend à la petite pension comme à la grosse, et produit l'effet d'une baisse sans qu'aucune assemblée ait eu à délibérer d'une baisse. Ce n'est pas immoral parce que cela coûte. C'est immoral parce que cela ne choisit pas, et parce que cela n'assume pas.

La station venait de retrouver l'équilibre- l'Urssaf a ressorti un contrôle de 2019 et réclame 650 000 euros

18 September 2026 at 12:35

La station de Métabief, dans le Haut-Doubs,venait de retrouver l’équilibre financier après plusieurs années difficiles. Elle doit désormais faire face à une réclamation de 650 000 euros issue d’un contrôle Urssaf engagé en 2019. « On n'a pas les sommes », admet son président, qui évoque une menace directe sur l'avenir de l'exploitation , à quelques semaines d'un hiver dont dépend encore les trois quarts du chiffre d'affaires.

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Le contrôle Urssaf remonte à 2019 ; six ans plus tard, l'administration notifie un redressement de 650 000 euros au Syndicat mixte du Mont d'Or (SMMO), gestionnaire de la station. Le redressement est contesté et la procédure n'est pas close : aucun juge n'a encore tranché sur le fond ni sur le montant. Reste qu'après plusieurs saisons éprouvées par le manque de neige jusqu'à trois millions d'euros de manque à gagner lors de l'hiver 2023-2024, la station affichait cet été des résultats de fréquentation inédits et un retour annoncé à l'équilibre financier. C'est précisément à ce moment que la facture resurgit.

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Une facture qui tombe au moment de la reprise

Pour cette station de moyenne montagne, l'enjeu dépasse donc largement une simple ligne comptable. L’hiver représente encore environ les trois quarts du chiffre d’affaires, avec une activité directement dépendante de l’enneigement.

“On n’a pas les sommes” : cette dette de 650.000 euros qui menace la station de ski de Métabief
Un nouveau casse-tête financier se pose à la station de Métabief (Doubs) : une facture de l’Urssaf, apparue à la suite d’un contrôle en 2019, doit désormais être réglée. 650.000 euros qui, selon le président du SMMO, menacent…

Après des années financières compliquées, le retour à l’équilibre constituait précisément le moment où l’établissement pouvait commencer à respirer. C’est alors que surgit cette créance issue d’une procédure engagée sept ans plus tôt. Le redressement est contesté et la procédure n’est pas close. Il ne peut donc être présenté comme définitivement acquis tant qu’aucune décision juridictionnelle n’a tranché le différend.

La station venait de retrouver l'équilibre- l'Urssaf a ressorti un contrôle de 2019 et réclame 650 000 euros
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Quand la lenteur administrative devient un risque économique

Pour autant, en matière de cotisations sociales, l’Urssaf dispose de pouvoirs importants de contrôle et de recouvrement. Le droit prévoit par ailleurs des délais de reprise et une procédure contradictoire destinée à permettre au cotisant de présenter ses observations.

L’URSSAF redressait à la règle de trois : la Cour de cassation annule tout
L’URSSAF exige des entreprises une comptabilité au centime près, mais elle de son côté, se permet l’approximation. Dans un arrêt du 3 septembre 2026, la Cour de cassation annule purement et simplement des redressements fondés sur un ratio inventé par les inspecteurs et sur un taux unique de

Mais pour une structure locale fragile, plusieurs années entre le contrôle et la matérialisation financière d’un contentieux peuvent transformer radicalement la situation. Une somme qui aurait été absorbable dans une période prospère peut devenir une menace lorsque les comptes viennent seulement de se redresser.

L’URSSAF fait placer une entreprise en redressement judiciaire pour 535 000 € de dettes… la cour d’appel n’en trouve que 36 000 €
Le 16 décembre 2025, un entrepreneur de la sécurité privée est placé en redressement judiciaire sur la foi d’un passif URSSAF de 535 303 €. Le 1er juillet 2026, la cour d’appel de Bordeaux découvre que 297 061 € de cette somme ( plus de la moitié) ne reposaient que sur

Dans un système où l’administration sociale peut patienter sept ans avant d’exiger son dû, sans risque pour elle-même, l’employeur local reste le payeur en dernier ressort. La procédure n’est pas close. Le juge de cassation tranchera. En attendant, Métabief doit trouver 650 000 euros qu’elle n’a pas.

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À la place des Gilets jaunes de TikTok, que ferait Steve Bannon pour fomenter une insurrection ?

18 September 2026 at 11:22

Par Renaud Jacobs

En 2014, 2 ans avant la campagne, une société de données testait déjà « drain the swamp » sur des électeurs américains. L'homme qui la dirigeait tenait la politique pour un produit de la culture. Appliquons sa méthode, poste par poste, à la France de septembre 2026.

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Commençons par une date, parce qu'elle est plus instructive que tous les commentaires.

En 2014, une société britannique d'analyse de données teste auprès d'électeurs américains une série de formules. Parmi elles, drain the swamp — assécher le marécage. Il n'y a pas encore de campagne, pas encore de candidat déclaré, pas encore de meeting. On est 2 ans avant. Ce qu'on teste, ce n'est pas un argument électoral : c'est une humeur, et la manière de la faire monter.

La société s'appelait Cambridge Analytica. Le vice-président de son conseil s'appelait Steve Bannon. Et devant le Sénat américain, le 16 mai 2018, un ancien employé nommé Christopher Wylie a expliqué ce que cherchait son patron : un arsenal d'armes informationnelles pour mener une guerre culturelle. Wylie en a tiré un livre, Mindf*ck, et une formule qu'il faut prendre au sérieux : il dit avoir contribué à fabriquer une insurrection.

La question que pose ce papier est donc simple : si l'on appliquait cette méthode-là, aujourd'hui, aux appels au 17 octobre qui circulent sur TikTok, qu'obtiendrait-on ?

Je préviens sur un point, et je n'y reviendrai pas : rien n'indique que Steve Bannon ait la moindre part à ce qui se passe en France en ce moment. Ce qui suit est un exercice de transposition, pas une accusation.

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Première observation — la machine, et elle est entièrement documentée

Il faut décrire le dispositif avant de le transposer, sinon on transpose une caricature. Et il est décrit dans une revue scientifique, ce qui règle la question des sources.

En 2013, 3 chercheurs de Cambridge — Michal Kosinski, David Stillwell et Thore Graepel — publient dans les PNAS une étude sur ce qu'on peut déduire des « j'aime » d'un utilisateur de Facebook. 58 466 volontaires américains, 170 « j'aime » en moyenne chacun, et un modèle statistique. Les résultats sont sans ambiguïté : l'affiliation politique se prédit à 85 %, la religion à 82 %, l'origine ethnique à 95 %. Sur les traits de personnalité, l'ouverture d'esprit se prédit avec une corrélation de 0,43 — soit à peu près ce qu'obtient le questionnaire psychométrique lui-même quand on le fait passer 2 fois à la même personne.

Le modèle mobilisé s'appelle OCEAN, du nom de ses 5 dimensions : ouverture, conscienciosité, extraversion, agréabilité, névrosisme. C'est un outil banal de psychologie différentielle, enseigné partout, et sans aucun mystère. Ce qui change en 2013, c'est qu'on peut le renseigner sans poser de questions, à partir de traces ordinaires.

Cambridge Analytica achète cette idée et l'industrialise. Elle déclarera détenir entre 2 000 et 5 000 informations sur chaque adulte américain. Et son directeur général énonçait publiquement le principe de l'appariement : les données permettent de savoir quel message persuasif il faut, sur quel enjeu, ajusté à quel type de personnalité — avant même d'écrire ce message.

Voilà le point que je ne veux pas laisser dans le flou, parce que c'est le cœur du sujet. Le ciblage ne consiste pas à trouver des arguments meilleurs. Il consiste à servir à chacun la version du monde à laquelle il est déjà disposé. À un profil très anxieux, on ne présente pas les mêmes faits sous le même angle qu'à un profil peu anxieux : on lui présente ce qui menace. À quelqu'un qui a peu de confiance dans les institutions, on ne démontre pas qu'elles trahissent — on lui montre une scène où elles trahissent, et on le laisse conclure. Wylie a été très clair devant le Sénat sur ce que cela cherchait à produire : déclencher de la paranoïa et activer des biais raciaux. Les profils qu'on repérait en priorité étaient ceux des personnes les plus disposées à croire qu'une explication cachée gouverne le monde — les mêmes, dit-il, que son métier précédent lui avait appris à repérer pour les détourner de la radicalisation, et qu'il s'est retrouvé à repérer pour les y conduire.

Sur la collecte elle-même, le Washington Post a établi que Bannon en avait supervisé le principe : on aspirait les données des gens qui avaient rempli le questionnaire, et celles de leurs contacts, qui n'avaient rien demandé.

Il n'y a aucune magie là-dedans, et c'est ce qui la rend inquiétante. C'est de la statistique appliquée et de la production publicitaire.

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Deuxième observation — pourquoi la méthode de 2014 est périmée, et pourquoi c'est pire

Venons-en à la France, et à ce qui a changé.

Pour faire ce qu'a fait Cambridge Analytica, il fallait 3 choses : une base de données comportementales, une équipe capable de la traiter, et de l'argent. C'est ce qui rendait l'opération rare et attribuable — il y avait un opérateur, un contrat, une facture, et c'est pour cela qu'on a fini par la découvrir.

Rien de tout cela n'est nécessaire aujourd'hui, et voici pourquoi.

Un moteur de recommandation fait le tri à votre place et gratuitement. Il ne sait rien de votre score de névrosisme et n'en a aucun besoin : il observe qui regarde une vidéo jusqu'au bout, qui la repartage, qui commente, et il en sert davantage aux mêmes. Autrement dit, il exécute exactement l'opération de segmentation que Cambridge Analytica devait acheter — trouver les gens réceptifs à un cadrage donné — sauf qu'il l'exécute en continu, pour tout le monde, sans opérateur et sans facture.

La conséquence est désagréable et il faut la dire franchement. Celui qui voudrait aujourd'hui faire ce que faisait Bannon en 2016 n'a pas besoin de profiler qui que ce soit. Il lui suffit de produire beaucoup de variantes d'un même message et de laisser la plateforme désigner celles qui prennent, et sur qui. Le ciblage psychographique est devenu une fonctionnalité de l'infrastructure.

C'est pourquoi je considère que le scandale de 2018 a été mal compris. On s'est indigné d'un vol de données. Le vol de données était le coût d'entrée d'une époque où la segmentation était chère. Elle ne l'est plus.

Et c'est dans ce contexte qu'il faut regarder notre relevé. 21 comptes TikTok se revendiquent des gilets jaunes ou du 17 octobre. Le plus suivi plafonne à 11 100 abonnés. Une vidéo du compte giletjauneofficiel atteint 652 600 vues alors que le compte n'en a que 4 034. Un autre affiche 11 100 abonnés pour une unique publication vue 506 fois.

Un mouvement sans tête, sans adhésion, sans liste — dont le symbole est un vêtement obligatoire dans chaque voiture, donc gratuit — n'a aucun moyen de distinguer un membre d'un inconnu. Ce n'est pas un défaut moral ni un soupçon : c'est une propriété de sa forme. Ajoutons une date publique, annoncée un mois à l'avance, affichée sur une carte de France avec 17 villes et leurs places de rendez-vous. En termes de dispositif, c'est un accès ouvert.

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Troisième observation — ce qu'il ferait, poste par poste

Répondons maintenant à la question du titre.

Il ne créerait pas de mouvement. Fabriquer une colère coûte cher et échoue souvent. Adopter une colère qui existe déjà ne coûte rien, et le hashtag est ouvert. La compétence ne consiste pas à allumer, elle consiste à arriver au bon moment près d'un feu allumé par d'autres.

Il ne parlerait pas de carburant. Le grief d'entrée n'est qu'une porte. La doctrine Breitbart dit cela exactement : travailler ce qui paraît évident, pas ce qui se revendique. On l'observe déjà sans qu'aucune main extérieure soit nécessaire — le rassemblement marseillais du 16 septembre, que France 3 a décrit comme un début de renaissance sans grande mobilisation, s'est tenu avec des commerçants sur le coût de la vie, et les anciens gilets jaunes qui y témoignent parlent du gasoil et des tomates, pas d'une taxe.

Il fabriquerait de la proximité. C'est le cœur du dispositif. On ne croit pas une organisation, on croit son voisin. Des comptes d'apparence locale, qui parlent la

L'État vous oblige à tout faire en ligne — et il n'a pas su garder ses propres fichiers

17 September 2026 at 16:05

L’administration a progressivement fermé ses guichets pour imposer les démarches numériques. En avril 2026, le portail de l’ANTS, devenu France Titres, a pourtant subi une faille permettant la divulgation de données personnelles concernant potentiellement 11,7 millions de comptes. Le portail a dû être placé en maintenance, tandis qu’une enquête était ouverte pour déterminer la chaîne des responsabilités.

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Le 15 avril 2026, un adolescent de 15 ans exploitait une vulnérabilité IDOR sur le portail moncompte.ants.gouv.fr, accéde aux données de 11,7 millions de comptes en modifiant un simple chiffre dans une URL. La centralisation des données d’identité entre les mains d’une administration qui refuse d’investir dans sa propre sécurité n’est pas une simplification, c’est un transfert de risque.

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11,7 millions de comptes concernés

Le 15 avril 2026, l’Agence nationale des titres sécurisés détecte un incident de sécurité sur son portail. Le 21 avril, le ministère de l’Intérieur reconnaît que 11,7 millions de comptes particuliers pourraient être concernés.

Carte grise : 11,7 millions de comptes piratés révèlent les failles de l’État numérique
Le piratage de France Titres en avril 2026 a exposé 11,7 millions de comptes, révélant les failles béantes du système d’immatriculation des véhicules. Entre 2022 et 2024, des criminels ont exploité ces vulnérabilités pour immatriculer illégalement un million de véhicules, causant 550 millions d’euros de pertes fiscales. La réforme du 1er août 2026 tente de colmater les brèches avec un coffre-fort numérique et une authentification renforcée.

Les données exposées sont loin d’être anodines : identifiant de connexion, nom, prénoms, adresse électronique, date de naissance et identifiant unique du compte. Pour certains usagers peuvent s’y ajouter l’adresse postale, le lieu de naissance ou le numéro de téléphone. Le ministère précise en revanche que les pièces jointes et données biométriques ne font pas partie des informations dont la divulgation a été constatée à ce stade.

Cartes grises piratées: les garagistes victimes reçoivent la facture du fisc — plus de 6 millions d’euros réclamés
Depuis la fermeture des guichets préfectoraux, l’État a confié la gestion des cartes grises aux professionnels de l’automobile, tout en abandonnant la sécurité de son propre système. Le Trésor public réclame aujourd’hui aux garagistes victimes d’usurpation de compte les taxes foncières et d’immatriculation des véhicules

L’incident est particulièrement révélateur d’une administration devenue dépendante d’un portail numérique centralisé. Pour obtenir une carte grise, un permis ou effectuer certaines démarches liées aux titres d’identité, l’usager doit désormais passer par cette architecture numérique.

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Une panne, une enquête et une responsabilité à établir

Le 24 avril à 19 h 30, l’ANTS ferme son portail afin de renforcer sa sécurité. Les nouvelles démarches d’immatriculation, de permis et de titres d’identité deviennent temporairement indisponibles.

Un million de fausses cartes grises : l’État se fait pirater… et punit les garagistes
Près d’un million de véhicules ont été immatriculés frauduleusement entre 2022 et 2024 par environ 300 sociétés fictives, pour un préjudice supérieur à 550 millions d’euros. Après avoir laissé les failles prospérer depuis la dématérialisation de 2017, l’État durcit désormais l’accès des professionnels au système d’

Le dossier ne s’arrête pas à une opération de maintenance. L’incident a été signalé à la CNIL et à la procureure de la République de Paris, avec transmission à l’Office anti-cybercriminalité. Le ministre de l’Intérieur a également saisi l’Inspection générale de l’administration pour établir la chaîne de responsabilité. La Cour des comptes avait anticipé. Dans un rapport du 12 mars 2026, elle identifiait trente scénarios de fraude distincts et alertait sur la vulnérabilité structurelle d’un système délégué à plus de 30 000 opérateurs privés sans contrôle sérieux. Un an plus tôt, le 16 juin 2025, elle constatait déjà que les responsabilités en matière de sécurité informatique étaient « trop éclatées » et que les montants alloués à la cybersécurité 176,9 millions d’euros début 2022, restaient en deçà des enjeux.

Face au scandale, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le 30 avril un plan cyber de 200 millions d’euros. Un adolescent de 15 ans a été placé en garde à vue. L’État promet de « tirer toutes les conséquences ». Mais les victimes n’ont toujours pas été prévenues individuellement.

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Gilets jaunes : en 2018 l'État pouvait payer, en 2026 il ne peut plus

17 September 2026 at 10:44

Par Thibault de Varenne

En novembre 2018, le gazole était à 1,50 euro. Il est aujourd'hui à 2,312. Eric V. me demande s'il peut se passer quelque chose. La question est mal posée : ce n'est pas la colère qui a changé, c'est ce que l'État peut encore lui offrir. Controverse.

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Un litre de gazole coûte 2,312 euros, un litre de sans-plomb 95-E10, 2,133. À l'automne 2018, les seuils qui ont mis le pays sur les ronds-points étaient de 1,50 et 1,55. Nous sommes cinquante pour cent au-dessus, et l'on s'interroge encore sur l'éventualité d'un mouvement.

Des appels au samedi 17 octobre circulent depuis quinze jours. Le 11 septembre, un candidat à l'élection présidentielle a menacé d'appeler aux ronds-points si rien n'était fait ; la secrétaire générale de la CGT a parlé, le même jour, d'une « immense colère ». Les services de renseignement suivent. Rien de tout cela n'est un présage. La colère est une constante française ; elle ne prouve jamais rien par elle-même.

Ce qui a changé est ailleurs, et c'est une affaire de trésorerie.

Les Gilets jaunes reviendront-ils ? ou la sécession qui ne montera sur aucun rond-point
Appels au 17 octobre, gazole à 2,312 €. Il y aura du monde, il n’y aura pas de mouvement : la colère a quitté le rond-point pour la sortie individuelle.
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Ce que décembre 2018 a coûté, et pourquoi il ne peut pas se reproduire

En décembre 2018, le gouvernement a reculé. Il a suspendu la taxe, puis distribué. Il le pouvait : il empruntait à taux nul, et le prix du recul se payait en monnaie que personne ne comptait.

En 2022, la remise à la pompe et l'indemnité carburant ont coûté plus de huit milliards d'euros selon la Cour des comptes. C'était déjà cher. C'était encore possible.

Regardons maintenant l'état des lieux. La France emprunte à dix ans autour de 4,1 %, au taux le plus élevé depuis 2008. Huit milliards financés à ce prix représentent plus de trois cents millions d'euros d'intérêts par an, indéfiniment, pour un geste dont l'effet politique dure un trimestre. Le projet de loi de finances sera déposé le 30 septembre par un gouvernement sans majorité, auquel le Premier ministre a demandé le 14 septembre de maintenir les dépenses de l'État « strictement au même niveau » qu'en 2026, hors défense. On cherche déjà plusieurs milliards du côté des retraités.

Et le prix du carburant, lui, ne dépend plus de Paris. Le Brent a gagné vingt pour cent en un mois. L'Arabie saoudite a fermé le 11 septembre l'oléoduc par lequel elle contournait le détroit d'Ormuz, déjà bloqué depuis février. Le premier exportateur mondial n'a plus une route d'export à l'abri. Quand bien même un ministre voudrait geler les prix, il gèlerait une grandeur qui se forme à trois mille kilomètres de son bureau.

Voilà l'équation. Un pouvoir qui, en 2018, pouvait acheter la paix sociale, et qui ne le peut plus.

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L'objection, et elle est sérieuse

Eric V. soutient, dans ces mêmes colonnes et le même jour, qu'il n'y aura pas de nouveaux Gilets jaunes : la colère se serait déplacée de la place publique vers la sortie individuelle, un million cent soixante-cinq mille créations d'entreprises en 2025 valant mieux qu'un rond-point. L'argument est fort et je le prends comme tel. Il décrit quelque chose de vrai.

Il décrit surtout la sortie de ceux qui peuvent sortir.

La sécession suppose un métier transportable, un ordinateur, un carnet d'adresses,

Sciences Po, HEC, ENA : le parcours de Philippe Brun, écarté de la primaire socialiste

17 September 2026 at 10:07

Par Élise Rochefort

Le 16 septembre 2026, le Parti socialiste a suspendu à titre conservatoire le député de l'Eure Philippe Brun. La commission d'organisation de la primaire ne l'a pas retenu parmi les candidats. Ils sont cinq : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel, Ségolène Royal. Le scrutin est prévu les 9 et 10, puis les 16 et 17 octobre. Philippe Brun avait annoncé sa candidature le 30 juin.

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Il est né le 16 octobre 1991 à Rouen. Il entre à Sciences Po Paris en 2009 et y obtient un master d'affaires publiques en 2014. Il sort d'HEC Paris en 2016. Il est admis à l'École nationale d'administration, promotion Georges Clemenceau, 2017-2018. Un arrêté du 25 février 2019 l'affecte au tribunal administratif de Montreuil comme magistrat. Il enseigne le droit public à Sciences Po.

Entre 2012 et 2014, il a été assistant parlementaire d'Axelle Lemaire, députée socialiste des Français établis hors de France. Il a ensuite rejoint la direction de la stratégie du groupe Engie. Les dates de ce passage n'ont pas été rendues publiques de façon précise.

En mars 2020, il conduit une liste aux élections municipales de Louviers, commune de l'Eure où il réside. Ingrid Levavasseur, figure nationale du mouvement des gilets jaunes, y figure. La liste obtient 18,23 % des voix, soit 819 suffrages. Il devient conseiller municipal d'opposition. Il conteste ensuite l'élection du maire devant le tribunal administratif.

En 2021, il fonde l'École de l'engagement, une formation politique gratuite destinée à faire entrer en politique des personnes qui n'y accèdent pas. En 2022, il participe à la campagne présidentielle d'Arnaud Montebourg, puis, après le retrait de celui-ci, à celle d'Anne Hidalgo. En juin 2022, il est élu député de la quatrième circonscription de l'Eure sous l'étiquette de la Nupes, succédant à Bruno Questel. Il est réélu en juillet 2024 sous celle du Nouveau Front populaire.

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La proposition de loi sur EDF

Le 27 décembre 2022, il dépose avec plusieurs collègues une proposition de loi visant à la nationalisation du groupe Électricité de France, enregistrée sous le numéro 671. Il en est le rapporteur devant la commission des finances.

Le 1ᵉʳ février 2023, la commission adopte un amendement dont il est l'auteur, sous-amendé par le député Les Républicains Raphaël Schellenberger. Cet amendement remplace, dans le titre du texte, les mots « nationalisation du groupe EDF » par les mots « protéger le groupe Électricité de France d'un démembrement ».

Le texte ainsi modifié est examiné en séance publique le 9 février 2023. Le scrutin donne 210 votants, 206 suffrages exprimés, 205 voix pour et 1 contre. L'Assemblée adopte. En deuxième lecture, le 4 mai 2023, le même texte recueille 127 voix pour et 89 contre. Philippe Brun en est alors rapporteur avec le député communiste Sébastien Jumel. La navette compte trois lectures dans chaque chambre.

La loi n° 2024-330 est promulguée le 11 avril 2024, sous le titre issu de la commission. Son article 1ᵉʳ modifie l'article L. 111-67 du code de l'énergie : les mots « plus de 70 % » y sont remplacés par le taux « 100 % ». Le seuil légal de détention du capital d'EDF par l'État passe de plus de 70 % à la totalité. Le mot a été retiré du titre. Le taux a été porté à cent.

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La Ligne populaire

En janvier 2023, Philippe Brun signe une tribune de quarante-cinq parlementaires soutenant la réélection d'Olivier Faure à la tête du Parti socialiste. En septembre 2024, il lance « La Ligne populaire », un mouvement qui se donne pour objet de réorienter la ligne du parti vers « ceux qui n'ont que leur travail pour vivre ». Il déclare alors ne pas vouloir constituer un courant. Au congrès de Nancy, du 13 au 15 juin 2026, son courant fusionne avec ceux de Nicolas Mayer-Rossignol et d'Hélène Geoffroy, qui s'opposent à Olivier Faure.

Le 7 janvier 2026, il annonce sa candidature à la mairie de Louviers. Au second tour, le 22 mars, sa liste obtient 45,10 % des voix et sept sièges sur trente-trois. Celle du maire sortant François-Xavier Priollaud, du MoDem, en obtient 46,79 % et vingt-cinq sièges. L'écart est de 160 voix.

Le 19 août 2026, il présente son programme économique, intitulé « Produire ». Il y propose le retour d'EDF à un monopole public, une baisse de la part de contribution sociale généralisée sur les salaires inférieurs à 4 000 euros mensuels, la création de cinq usines par département sur la durée d'un mandat, le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune et un alourdissement de la fiscalité des transmissions.

Sciences Po, HEC, ENA : le parcours de Philippe Brun, écarté de la primaire socialiste
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La suspension

Le 16 septembre, Patrick Menucci, président de la commission d'organisation de la primaire, annonce la suspension et l'indique comme motif de l'écartement. Le terme retenu est « accusations de violence ». Il précise que « le mot sexuel n'a pas été prononcé ». Il ne caractérise pas autrement les faits.

Philippe Brun fait état de sa « stupeur ». Il déclare ignorer ce qui lui est reproché, n'avoir pas été entendu par les commissions du parti et avoir réuni l'ensemble de ses parrainages. Selon lui, une ancienne collaboratrice qu'il avait licenciée pour faute grave a saisi la direction du parti la veille à 23 h 50 de faits « pouvant être qualifiés pénalement ».

La nature des faits signalés n'a pas été rendue publique. Aucune juridiction n'a été saisie à la connaissance des parties à la date du 17 septembre. Une suspension à titre conservatoire est une mesure provisoire : elle interrompt l'exercice des droits attachés à l'adhésion le temps de l'examen, et ne préjuge pas de la décision au fond.

Il reste député de la quatrième circonscription de l'Eure. La primaire se tiendra sans lui.

40 000 bombes US pour Israël : ce que dit le droit international de la responsabilité du fournisseur

17 September 2026 at 09:20

Par Élise Rochefort

Le Washington Post a révélé le 15 septembre 2026 un projet de vente d'armement des États-Unis à Israël d'un montant d'environ 2,8 milliards de dollars. Il porte sur 40 000 bombes d'une tonne — 20 000 MK-84 et 20 000 BLU-117, variantes pénétrantes — auxquelles s'ajoutent 20 000 ogives I-2000. L'opération serait financée pour l'essentiel par le Foreign Military Financing, mécanisme par lequel le Trésor américain fournit à Israël les fonds servant à acheter du matériel américain. Il s'agirait de la plus importante vente de munitions de ce calibre depuis plusieurs années.

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Le régime applicable est la section 36 de l'Arms Export Control Act (22 U.S.C. § 2776). Toute vente d'armement à Israël supérieure à cent millions de dollars doit être notifiée au Congrès quinze jours avant sa conclusion. Le texte autorise le président à écarter ce délai en informant le Congrès qu'« une urgence existe ». La procédure a déjà été employée sous l'administration actuelle : le secrétaire d'État a signé en 2025 une déclaration de ce type pour accélérer la livraison d'environ quatre milliards de dollars de munitions, puis pour une vente de plus de vingt mille bombes évaluée à quelque six cent cinquante millions.

Les comptes rendus disponibles divergent sur le point de savoir si la vente du 15 septembre a été notifiée selon la procédure ordinaire ou conclue au titre de l'urgence. Le sénateur Chris Van Hollen a annoncé son intention de rassembler une opposition à l'opération.

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Une possible complicité dans le génocide de Gaza ?

La complicité dans le génocide est prévue à l'article III, alinéa e, de la convention du 9 décembre 1948.

La Cour internationale de justice en a fixé le standard dans son arrêt Bosnie-Herzégovine c. Serbie-et-Monténégro du 26 février 2007. Une assistance ne peut être qualifiée de complicité que si l'auteur de cette assistance a agi en connaissance de l'intention spécifique — le dolus specialis, l'intention de détruire un groupe comme tel — de l'auteur principal. La fourniture de moyens, même massive, ne suffit donc pas : il faut établir un état de connaissance portant sur l'intention d'autrui. Aucune juridiction internationale n'a à ce jour retenu cette qualification contre un État fournisseur d'armement.

L'obligation de prévenir, distincte et moins exigeante

L'article premier de la même convention impose aux États de prévenir le génocide. La Cour a précisé, dans le même arrêt de 2007, qu'il s'agit d'une obligation de comportement et non de résultat. Elle naît dès l'instant où un État apprend, ou aurait normalement dû apprendre, l'existence d'un risque sérieux de commission d'un génocide. Elle lui impose alors de mettre en œuvre les moyens raisonnablement à sa disposition susceptibles d'y contribuer.

C'est sur ce fondement, et non sur celui de la complicité, que le Nicaragua a saisi la Cour contre l'Allemagne en 2024, au sujet de ses transferts d'armement vers Israël. La Cour a refusé d'indiquer des mesures conservatoires le 30 avril 2024 ; elle n'a pas rayé l'affaire de son rôle. L'Allemagne a soulevé des exceptions préliminaires, et les audiences publiques se sont tenues du 7 au 10 septembre 2026. L'arrêt sur la compétence est en délibéré.

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L'état des procédures

Dans l'instance Afrique du Sud c. Israël, la Cour a rendu le 26 janvier 2024 une ordonnance retenant le caractère plausible des droits invoqués, puis d'autres ordonnances de mesures conservatoires. Israël a déposé son contre-mémoire le 12 mars 2026. Par ordonnance du 21 mai 2026, la Cour a fixé au 22 novembre 2027 la date limite de l'étape procédurale suivante. Aucune décision au fond n'interviendra avant plusieurs années.

Les États-Unis ont déposé dans cette instance, le 12 mars 2026, une déclaration d'intervention aux côtés d'Israël.

La commission d'enquête internationale indépendante du Conseil des droits de l'homme des Nations unies a conclu, dans son rapport du 16 septembre 2025, qu'un génocide était commis dans la bande de Gaza, retenant quatre des cinq actes énumérés par la convention. Elle a recommandé aux États membres de cesser les transferts d'armes susceptibles de servir à la commission d'actes génocidaires. Une commission d'enquête n'est pas une juridiction et ses conclusions n'ont pas d'autorité de chose jugée. Elles sont en revanche publiques et datées, ce qui les rend opposables sur le terrain de la connaissance du risque.

La qualification de complicité suppose une preuve que nul n'a encore rapportée devant une juridiction internationale. Celle de manquement à l'obligation de prévenir repose sur un critère de connaissance dont le point de départ est documenté. Les deux fondements coexistent dans les écritures déposées à La Haye. Leur examen au fond n'est pas attendu avant la fin de la décennie.

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