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128 628 euros réclamés sans avis de contrôle : la cour d’appel fait plier l’URSSAF

12 October 2026 at 12:46

L’URSSAF de Bretagne réclamait 128 628 euros à une entreprise pour des cotisations impayées par un sous-traitant roumain condamné pour travail dissimulé. Le 29 septembre 2026, la cour d’appel d’Angers a annulé l’intégralité du redressement : l’organisme avait omis d’adresser à l’entreprise l’avis de contrôle obligatoire. Une erreur de procédure qui lui coûte aussi 3 000 euros de frais de justice.

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Le dossier (RG 23/00138) oppose une société à l’URSSAF depuis près de dix ans. Les cotisations en cause portent sur 2014 et 2015, années durant lesquelles un sous-traitant roumain a omis de les verser. Il sera condamné pour travail dissimulé en novembre 2017. Ce n’est pas lui que l’URSSAF a poursuivi, mais son client français, solvable et facile à atteindre.

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128 628 euros réclamés pour les dettes d’un sous-traitant

Le litige porte sur des cotisations impayées en 2014 et 2015 par un sous-traitant roumain, condamné pour travail illégal en novembre 2017. L’URSSAF de Bretagne a alors invoqué le mécanisme de solidarité financière pour réclamer au donneur d’ordre 98 511 euros de cotisations, auxquels s’ajoutaient 30 117 euros de majorations de retard. Soit un total de 128 628 euros pour une entreprise poursuivie au titre des manquements d’un autre acteur économique.

Pourtant, dès mars 2017, la société avait transmis ses documents de vigilance à l’URSSAF. En juillet 2019, l’organisme lui a ensuite adressé une simple « demande de documents », présentée comme une recherche d’infractions concernant le sous-traitant. Selon les faits rapportés dans l’arrêt, rien ne lui annonçait alors qu’elle risquait elle-même un redressement.

La procédure s’est poursuivie avec une lettre d’observations du 29 novembre 2019, puis une mise en demeure du 4 août 2020. Le contentieux a ensuite pris une tournure coûteuse : le 16 janvier 2023, le pôle social du tribunal judiciaire d’Angers avait condamné l’entreprise à payer les 128 628 euros, ainsi que 1 000 euros de frais.

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L’URSSAF sanctionnée pour avoir ignoré une formalité obligatoire

La cour d’appel a finalement infirmé ce jugement. En application de l’article R. 243-59 du code de la sécurité sociale, l’avis de contrôle était obligatoire. Or, aucun avis n’avait été envoyé à l’entreprise avant le contrôle litigieux. Pour les magistrats, cette omission suffit à entraîner l’annulation du contrôle et du redressement qui en découle. L’URSSAF est désormais condamnée aux dépens et à verser 3 000 euros à la société au titre des frais de justice.

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La solidarité financière a sa logique, celle de lutter contre la fraude. Cette lutte contre la fraude sociale ne dispense pas l’administration de respecter le droit. Lorsqu’un organisme réclame plus de 128 000 euros à une entreprise, il doit être irréprochable sur la procédure. Car l’autorité publique ne peut exiger des acteurs économiques une vigilance scrupuleuse tout en s’autorisant, elle-même, à négliger les règles qui encadrent ses pouvoirs. Il aura fallu plus de six ans et deux juridictions pour que l’État de droit rappelle à l’administration ses propres règles.

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Où en est l'or ?

12 October 2026 at 10:03

Par Vincent Clairmont

L'once d'or s'échangeait ce lundi matin autour de 4 215 dollars en séance asiatique, selon Tradingpedia. Vendredi, elle valait 4 194 dollars, soit 3 743 euros. Le World Gold Council, l'organisme de place financé par les producteurs, situe le record à 5 405 dollars le 29 janvier. Le métal a donc perdu environ 22 % depuis ce sommet. Il a cédé 8,5 % sur le seul mois de septembre et recule de 4,4 % depuis le 1er janvier. La question que me posent les lecteurs tient en une ligne : faut-il s'inquiéter ? Ma réponse est non. Voici pourquoi, et ce que je fais.

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Ce qui a fait baisser l'or

Deux causes, et toutes deux se mesurent.

Les taux. Le rendement de l'emprunt d'État américain à dix ans a gagné 53 points de base en septembre, jusqu'à 5,3 %. Un point de base vaut un centième de point de pourcentage. L'or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand un placement sans risque de défaut rapporte 5 % par an, garder un lingot coûte ce qu'on renonce à toucher. Les banques centrales ont relevé leurs taux en septembre : la BCE le 10, la Fed le 16. Le marché à terme donne 17,7 % de chances à une nouvelle hausse de la Fed le 28 octobre et 84,1 % à une hausse en décembre (CME FedWatch).

Les spéculateurs à crédit. Sur le COMEX, le marché à terme new-yorkais où l'on parie sur l'or sans le détenir, les fonds spéculatifs ont réduit leurs positions acheteuses de 12 milliards de dollars en septembre, soit 84 tonnes. Les positions d'arbitrage ont fondu de 22 milliards de dollars, soit 156 tonnes. Ces acteurs travaillent avec de l'argent emprunté. Quand le coût de cet argent monte, ils vendent ce qu'ils peuvent vendre vite. L'or en fait partie.

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Qui achète pendant ce temps

C'est le chiffre que la presse a peu repris. En septembre, pendant que le cours perdait 8,5 %, les fonds indiciels adossés à de l'or physique (les ETF) ont reçu 10 milliards de dollars, soit 67 tonnes. Au troisième trimestre, l'Europe a acheté davantage que l'Amérique du Nord, pour la première fois depuis 2021. Les

Trump s'apprête-t-il à débrancher Zelensky ?

12 October 2026 at 09:49

Par Thibault de Varenne

Samedi et dimanche, des responsables américains de la défense ont téléphoné à Kiev et à plusieurs capitales européennes. Selon le Financial Times, qui cite des officiels européens, le message tenait en deux menaces. Si l'Ukraine continue de frapper les raffineries russes, Washington bloquera les armes que les Européens achètent pour elle aux États-Unis. Il cessera aussi de lui transmettre son renseignement. « Ils appellent Kiev. Ils appellent tout le monde en Europe », a résumé l'un des destinataires. La Maison-Blanche n'a ni confirmé ni démenti.

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Le même week-end, Donald Trump a déclaré que l'Ukraine devait « se trouver un nouveau président ». Dimanche, il a annoncé seul un « cessez-le-feu énergétique » dont Kiev n'avait pas entendu parler. La question du titre se pose. Elle en appelle une autre, plus utile : dans quel état est l'homme qu'on menace de débrancher ?

Pourquoi Trump a un besoin crucial du pétrole de Poutine
Le 9 octobre, Trump a obtenu de Poutine du gazole russe malgré les sanctions. Prix records, raffineries saturées, élections du 3 novembre : les chiffres qui expliquent l’accord.
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Qui tient quoi

Washington. Donald Trump affronte le 3 novembre les élections de mi-mandat avec un gazole à plus de six dollars le gallon. Le 9 octobre, il a obtenu de Vladimir Poutine des livraisons de gazole russe, et suspendu pour cela une partie des sanctions. Élise Rochefort a détaillé ce matin, dans ces colonnes, les chiffres de cet accord. Une seule chose compte ici : chaque raffinerie russe en feu retarde le gazole promis aux électeurs américains.

Kiev. Volodymyr Zelensky dispose de drones à longue portée qui frappent les raffineries russes depuis des mois. Ils ont contraint Moscou à interdire ses propres exportations de gazole en juillet. C'est la seule arme ukrainienne qui coûte de l'argent au Kremlin chaque jour, loin du front.

Moscou. Vladimir Poutine frappe de son côté le réseau électrique ukrainien. Samedi, un bombardement russe sur Zaporijia a tué 23 personnes, dont quatre enfants. L'accord du 9 octobre lui rapporte des recettes et un interlocuteur attentif à la Maison-Blanche.

Les Européens. Ils paient. Le PURL, la liste des besoins prioritaires de l'Ukraine, est le mécanisme par lequel des pays européens achètent des armes américaines livrées à Kiev. Il a fourni 6,7 milliards de dollars d'armement en un an. L'Europe règle la facture, et Washington décide de la livraison. Kaja Kallas, chargée de la diplomatie de l'Union, a répondu samedi que « ce n'est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie ».

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La menace a déjà servi

Washington a déjà mis ce chantage à exécution. Le 28 février 2025, Volodymyr Zelensky avait été éconduit du Bureau ovale. Le 3 mars, l'aide militaire américaine était suspendue, et le partage de renseignement le fut à son tour. Le 11 mars, à Djeddah, Kiev acceptait le principe d'un cessez-le-feu, et l'aide reprenait. La suspension avait duré huit jours.

Le renseignement est le levier qui compte. Une arme se rachète ailleurs, plus cher et plus tard. Les images satellites et les interceptions américaines qui guident une partie des frappes ukrainiennes n'ont pas d'équivalent à vendre.

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Panique de Zelinsky ou pas ?

Les raisons de paniquer existent. Selon l'Institut international de sociologie de Kiev, qui a interrogé 1 002 personnes du 12 au 21 septembre, 53 % des Ukrainiens

Pourquoi Trump a un besoin crucial du pétrole de Poutine

12 October 2026 at 09:15

Par Élise Rochefort

Le vendredi 9 octobre 2026, Donald Trump a annoncé sur son réseau social qu'il avait conclu un accord avec Vladimir Poutine lors d'un appel téléphonique. La Russie s'engage à livrer du gazole aux États-Unis et au reste du monde. Le jour même, le Trésor américain a autorisé ces livraisons malgré les sanctions. Le Kremlin a confirmé être « prêt à fournir du pétrole et des produits pétroliers aux marchés américain et mondial ». Le pétrole dont il est question est donc avant tout du gazole, le carburant appelé diesel aux États-Unis. Cette fiche explique pourquoi le président américain en a besoin, et ce que l'accord peut réellement changer.

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Ce qui a été annoncé

Selon le message de Donald Trump rapporté par The National, la Russie livrera immédiatement plus de 300 000 tonnes de gazole. Elle en livrera ensuite 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes. Le président américain évoque trois millions de tonnes « dans un court délai », selon l'état des raffineries russes. Une raffinerie est l'usine qui transforme le pétrole brut en carburants. Les comptes rendus ne disent pas tous la même chose : selon les journaux, ces trois millions de tonnes sont soit le total, soit une livraison supplémentaire.

Le Trésor américain a publié une licence, c'est-à-dire une exception écrite aux sanctions. Elle autorise jusqu'en avril 2027 la vente, la livraison et l'importation de gazole russe aux États-Unis. Elle n'autorise aucun mouvement sur les comptes de la banque centrale russe. Les États-Unis n'avaient plus importé de carburant russe depuis mars 2022. Le lendemain, 10 octobre, Moscou a levé en partie l'interdiction d'exporter du gazole qu'elle s'était imposée en juillet. La levée porte sur 500 000 tonnes.

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Le gazole, carburant de ceux qui produisent

Aux États-Unis comme en France, le gazole fait rouler les camions, les tracteurs, les moissonneuses, les trains de marchandises et les bateaux. Quand il augmente, le prix du transport augmente, puis celui de presque tout ce qui est transporté.

Le 9 octobre, le gazole coûtait en moyenne 6,23 dollars le gallon aux États-Unis, selon l'association d'automobilistes AAA. Un gallon fait 3,785 litres. Cela fait environ 1,65 dollar le litre. Les taxes sur le carburant sont beaucoup plus faibles aux États-Unis qu'en France. Le prix avait atteint un record de 6,52 dollars le 22 septembre. Un an plus tôt, il était de 3,67 dollars, soit une hausse d'environ 70 % en un an.

La hausse arrive pendant les récoltes. Dans le sud-est du Missouri, l'agriculteur Tory Meyr a payé son gazole 60 % plus cher que l'an dernier. Il possède trois camions semi-remorques, et faire le plein de chacun lui coûte environ 1 500 dollars. Donald Trump vise directement ce public : « Faire baisser les prix pour les Américains, en particulier nos grands agriculteurs, éleveurs et routiers, est ma plus grande priorité. »

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Pourquoi l'Amérique manque de gazole alors qu'elle produit un record de pétrole

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