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André Martel, du jargon comme l'un des Beaux-Arts

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Agrégé de grammaire, lauréat de Jeux floraux avec ses Poèmes d'un poilu, André Martel (1893-1976) abandonna sur le tard la métrique et le « lyrisme un peu mièvre » pour l'invention verbale jubilatoire, agissant tel « un recours magique contre la langue commune devenue suspecte et dangereuse, vécue comme complice d'un réel invivable et mortifère », à la manière de la glossolalie chez Antonin Artaud et du muttum de Pierre Guyotat, autres « grands traumatisés ». « Le Paralloïdre népasun macabre. Biénocontre i dénécrope en jésulitter un bocalazare franlatigal. » Ainsi se défendait-il des attaques d'un « pauvre niaicessaire, pauvre conard », critique du Figaro littéraire qui avait diagnostiqué un « délire » dans ses écrits et l'avait accusé de nihilisme. Utilisant verlan, pataquès, mots-valises, analogies sonores et autres soudures autogènes, ses textes en paralloïdre (une langue qu'il avait inventée), remarqués par Jean Dubuffet et le docteur Gaston Ferdière, demeuraient introuvables jusqu'à leur compilation récente par les rares et précieuses éditions On verra bien, qui publient dans la foulée cette biographie.

Voir en ligne : /2026/10/E__L/70085

On verra bien, Limoges, 2026, 140 pages, 15 euros.

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Filternet

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Contraction des mots filter (« filtre » en anglais) et Internet. De quoi résumer de manière ironique la forte censure qu'exerce le régime sur la Toile. L'accès au Web est ainsi restreint pour une grande partie de la population, mais le pouvoir permet à certains acteurs qui lui sont proches (entreprises d'État, structures de propagande, etc.) d'y accéder sans restriction. Quand ils en ont les moyens, les Iraniens peuvent passer par d'onéreux VPN, qui permettent des connexions chiffrées, mais cette solution n'est guère possible quand les autorités coupent complètement Internet.

Voir en ligne : /mav/209/A/69914
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Fetneh

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Ce terme signifie « sédition », « trouble ». Il est employé dans le discours officiel pour désigner des mouvements de contestation politique ou sociale. Cela renvoie aussi à l'interdit religieux qui frappe tout ce qui peut mener à diviser les musulmans. Plusieurs courants au sein de l'islam, notamment sunnites, affirment qu'un mauvais dirigeant est préférable à tout ce qui peut mener à la discorde.

Voir en ligne : /mav/209/A/69951
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Sandis-khor

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Désigne celui ou celle qui boit de la Sandis, une marque de jus de fruits bon marché distribuée gratuitement dans les manifestations organisées par les autorités. Personne perçue comme soutenant le pouvoir par opportunisme. Équivalent de l'expression arabe « khobziste », de khobz (« pain »), qui fait référence à ceux qui soutiennent le régime pour pouvoir manger.

Voir en ligne : /mav/209/A/69950
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Savak

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Dans les mémoires iraniennes, ce mot évoque à lui seul la tyrannie de l'ancien régime. C'est l'acronyme de l'Organisation pour le renseignement et la sécurité nationale, autrement dit la « police » du chah de 1957 jusqu'à sa chute en 1979. Cette institution tentaculaire fut impitoyable avec toute forme de contestation de la monarchie, y compris culturelle, et s'illustra par ses méthodes expéditives et son recours à la torture.

Voir en ligne : /mav/209/A/69912
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Los-Anjelesi

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Désigne un membre de l'importante communauté iranienne (environ 500 000 personnes) installée à Los Angeles et dans ses environs. « Téhérangeles » est le mot-valise qui désigne cette diaspora (1), souvent aisée et majoritairement opposée au régime islamique même si ce dernier peut y compter des soutiens actifs. Pour nombre d'Iraniens, les « Los-Anjelesi » se distinguent par leur caractère « bling-bling » et leur goût prononcé pour le commerce et les affaires.

Voir en ligne : /mav/209/A/69925

(1) Lire Cédric Gouverneur, « “Téhérangeles'', terre d'exils iraniens », Le Monde diplomatique, septembre 2023.

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Notche-ye Amrika

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« Larbin de l'Amérique ». La formule est lapidaire et méprisante. La presse proche de l'aile dure du régime l'utilise parfois pour discréditer M. Reza Pahlavi, le fils du chah d'Iran et candidat au pouvoir à Téhéran en cas de chute de la République islamique. L'expression désigne aussi certains dignitaires du Golfe, notamment ceux de Bahreïn — île longtemps revendiquée par Téhéran —, jugés comme étant aux ordres de Washington.

Voir en ligne : /mav/209/A/69926
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« Axe arabo-hébreu-occidental »

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Dans les médias officiels iraniens tout comme dans la rhétorique gouvernementale, cette expression désigne l'ennemi du moment, à savoir la coalition formée par de nombreux pays occidentaux, dont les États-Unis, Israël et plusieurs régimes arabes, notamment les signataires des accords Abraham (Émirats arabes unis, Bahreïn, Maroc et Soudan), qui normalisent leurs relations avec Tel-Aviv. Cette expression avait déjà cours durant la guerre contre l'Irak (1980-1988), Bagdad étant alors soutenu par Washington et les monarchies du Golfe.

Voir en ligne : /mav/209/A/69927
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Pasdar

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Membre des gardiens de la révolution islamique (pasdarans), une force militaire créée après la révolution de 1979 pour protéger les nouvelles institutions contre les agressions extérieures ou l'opposition interne. Distincte de l'armée régulière iranienne, cette structure tentaculaire exerce une influence importante dans la politique, la sécurité et l'économie du pays.

Voir en ligne : /mav/209/A/69933
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Basirat

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« Clairvoyance politique ». Capacité supposée à reconnaître les menaces contre le régime et à ne pas tomber dans les pièges tendus par les ennemis de l'extérieur comme ceux de l'intérieur. Dans la même veine, l'expression basirat afzayi désigne des sessions de formation pour l'« accroissement de la perspicacité », autrement dit des séances de conditionnement politique à destination notamment de la jeunesse estudiantine.

Voir en ligne : /mav/209/A/69949
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Ayatollah

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En arabe ou en persan, « signe de Dieu ». Haut dignitaire chiite ayant atteint un niveau avancé d'études en théologie et en droit islamique, reconnu par ses pairs pour son autorité religieuse. L'ayatollah maîtrise les domaines de la jurisprudence, de l'éthique, de la philosophie ou du mysticisme.

Voir en ligne : /mav/209/A/69952
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Moushak-baran

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« Pluie » de missiles, de roquettes ou de drones. Comme pour le mot padafand (« défense », voir page 20), cette expression n'est pas nouvelle en Iran. Pour les plus âgés, elle rappelle la « guerre des villes », un épisode particulièrement meurtrier de la guerre Irak-Iran (1980-1988) où chaque camp employait d'importants moyens balistiques afin de détruire les grands centres urbains de l'ennemi.

Voir en ligne : /mav/209/A/69953
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Padafand

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Terme qui signifie « défense » ou, par extension, « contre-attaque ». D'étymologie indo-européenne, ce mot fut très employé durant la guerre contre l'Irak (1980-1988) afin de décrire les mouvements du front, y compris lorsque les troupes iraniennes devaient céder quelques centaines de mètres — rarement plus — à leurs adversaires. Depuis l'attaque israélo-américaine, son usage est redevenu fréquent dans le discours officiel.

Voir en ligne : /mav/209/A/69954
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Voix de faits

Citations, extraits, repères…

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« Ney »

Flûte dont le nom persan signifie « roseau » et dont on joue dans les mondes arabe, turc et persanophone. Connu dès l'Antiquité, cet instrument se décline en de nombreuses tailles.

5 millions de tonnes de CO2

C'est la quantité de dioxyde de carbone ou équivalent émise lors des quatorze premiers jours de la guerre, soit autant qu'un pays comme l'Islande en un an, selon une estimation du Climate and Community Institute. C'est aussi l'équivalent des rejets annuels d'un total de 1,1 million de véhicules à moteur à combustion.

Source : Fred Otu-Larbi, Patrick Bigger et Benjamin Neimark, « Two weeks of war in Iran unleashed more carbon pollution than Iceland does in a year », Climate and Community Institute, 21 mars 2026.

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Fierté

« C'est en lisant les vers du poète du Xe siècle Ferdowsi (940-1020) que j'ai compris la fierté du peuple iranien mais aussi sa longue tradition révolutionnaire : cette alliance impétueuse de dignité et de fureur me convient parfaitement ! » Bertrand Badie, politiste de père iranien
Source : Le Monde, 20 mars 2026.

« Mort à l'Amérique ! »

Ou « Marg bar Amrika ! » en iranien. Slogan repris et popularisé par les étudiants durant la prise d'otages de l'ambassade américaine de Téhéran en 1979, et qui fut promis à une longue prospérité sur les murs des villes ou dans les manifestations pro-régime. Dans ses Mémoires, l'ancien président Hachémi Rafsandjani (1934-2017) affirme qu'en juillet 1984 le Parlement avait décidé de l'abandonner, tout comme le slogan « Mort à l'Union soviétique », mais que le moment propice n'est pas venu.

Opération « chat botté »

Parmi ses projets pour abattre le régime iranien, le renseignement extérieur israélien (Mossad) œuvrait au retour au pouvoir de l'ancien président Mahmoud Ahmadinejad à la faveur d'un soulèvement militaire des forces d'opposition kurdes. Pour mémoire, le concerné, qui fut président de 2005 à 2013, fut l'un des plus violents contempteurs d'Israël, et c'est sous son mandat que la question du programme nucléaire iranien est devenue une source de tension majeure entre Téhéran et Tel-Aviv.

Source : The New York Times, 13 juillet 2026.

Frantz Fanon à Alo Shariati

« Ton interprétation de la renaissance de l'esprit religieux et tes efforts pour mobiliser cette grande puissance — qui à l'heure actuelle est en proie aux conflits internes ou atteinte de paralysie — dans un but d'émancipation d'une grande partie de l'humanité menacée par l'aliénation et la dépersonnalisation et dont le retour à l'islam apparaît comme un repli sur soi sera le chemin que tu as pris (…). Quant à moi, bien que ma voie se sépare, voire s'oppose à la tienne, je suis persuadé que nos chemins se croiseront finalement vers cette destination où l'homme vit bien. » Lettre de Frantz Fanon à Ali Shariati, penseur de la révolution iranienne et qui avait traduit ses œuvres en persan.
Source : Frantz Fanon, Écrits sur l'aliénation et la liberté, La Découverte, Paris, 2015.

Savak, CIA et Mossad

De sinistre mémoire, l'Organisation pour le renseignement et la sécurité nationale (Savak selon l'acronyme persan) était connue pour sa brutalité, ses arrestations arbitraires, le recours à la censure et une surveillance étroite de toute la société. Cette police politique du chah a vu le jour avec l'aide des services secrets américains en 1957. Dans le cadre des bonnes relations avec Israël — que l'Iran avait reconnu dès 1950 —, les services de renseignement de Tel-Aviv (Mossad) formèrent les officiers iraniens aux techniques d'interrogatoire, de surveillance et de contre-espionnage.

PIB en berne

La « pression maximale » exercée par les États-Unis sur l'économie iranienne aurait entraîné une contraction du produit intérieur brut de 7,3 % entre 2018 et 2022, selon l'économiste Vali Nasr (Iran's Grand Strategy. A Political History, Princeton University Press, 2026). La pauvreté aurait augmenté de 11 %.

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Un nez parfait

Les rues de Téhéran grouillent de jeunes (surtout des femmes) avec le nez dans le plâtre ou affublé d'un pansement. Les rhinoplasties sont à la mode, et certains Iraniens branchés portent un plâtre sans avoir subi d'opération, seulement pour afficher leur statut social. Comment expliquer une telle mode ? De nombreuses raisons ont été avancées. La première serait le code vestimentaire — de moins en moins respecté ces dernières années — selon lequel les femmes doivent se couvrir les cheveux et le corps et qui fait du visage le centre de l'attention et de l'apparence. La seconde tiendrait au désœuvrement des jeunes, qui rêvent de ressembler aux vedettes de Hollywood.

Tapis

C'est à Pazyryk, une vallée du Haut-Altaï, en Sibérie méridionale, que des archéologues soviétiques découvrirent en 1949 dans le pergélisol un tapis de laine de mouton noué et finement tissé à la main. Préservé par le gel, ce tapis daté du IVe ou IIIe siècle avant notre ère est le plus ancien connu de cette qualité. Il proviendrait soit des Scythes, soit des Perses achéménides. Les tapis persans noués à la main demeurent à ce jour les plus célèbres et les plus recherchés des tapis d'Orient.

Voie nucléaire

« L'un des principaux dirigeants réformateurs iraniens, Saeed Laylaz, a déclaré récemment que l'Iran était contraint par les événements de devenir une puissance nucléaire. Il indique que, depuis quarante ans, l'Iran a déclaré à de nombreuses reprises aux Américains être prêt à telle ou telle concession, pensant que ces derniers allaient le laisser tranquille. Mais le résultat a été davantage de pression, puis la guerre. Les Iraniens n'ont donc plus le choix : soit ils deviennent une puissance nucléaire, soit ils meurent. La seule issue de cette guerre serait un Iran nucléaire. » Source : Siavosh Ghazi, Carnet de guerre. 40 jours dans Téhéran sous les bombardements, First, Paris, 2026.

208
(milliards de barils)

Réserves prouvées de pétrole de l'Iran en 2025, selon l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), soit près de huit fois la consommation annuelle mondiale. Le pays occupe la troisième place dans le monde derrière le Venezuela et l'Arabie saoudite, devant le Canada.

Le persan en héritage

Langue officielle de l'Iran, le persan est compris par la plupart des Iraniens, bien qu'il ne soit la langue maternelle que d'un peu plus de la moitié de la population. Il est parlé en Afghanistan et au Tadjikistan, pays où il est également la langue officielle. L'histoire de la région fait aussi que le persan a beaucoup influencé d'autres langues, proches comme le kurde, mais aussi distinctes comme le turc ottoman et surtout l'ourdou du Pakistan, lui-même très proche de l'hindi, officiel en Inde. Plus largement, la plupart des langues d'Asie du Sud et du Sud-Ouest appartiennent à la famille indo-iranienne.

Michel Foucault et l'Iran

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« Il n'y a, certes, aucune honte à changer d'opinion ; mais il n'y a aucune raison de dire qu'on en change lorsqu'on est aujourd'hui contre les mains coupées, après avoir été hier contre les tortures de la Savak. (…) La spiritualité à laquelle se référaient ceux qui allaient mourir est sans commune mesure avec le gouvernement sanglant d'un clergé intégriste. Les religieux iraniens veulent authentifier leur régime par les significations qu'avait le soulèvement. On ne fait pas autre chose qu'eux en disqualifiant le fait du soulèvement parce qu'il y a aujourd'hui un gouvernement de mollahs. »

Michel Foucault s'explique dans Le Monde du 11 mai 1979. Envoyé spécial pour le Corriere della Sera, le philosophe s'était beaucoup vu reprocher son intérêt pour cette révolution religieuse et ses propos sur l'unité populaire contre le chah, le « soulèvement de toute une société ». En réalité, il s'intéressa davantage au « mouvement » de délégitimation du politique qu'à son débouché.

« Axe du mal »

« Des États comme ceux-ci [Corée du Nord, Iran et Irak], ainsi que leurs alliés terroristes constituent un axe du mal qui s'arme pour menacer la paix mondiale. En cherchant à se doter d'armes de destruction massive, ces régimes représentent un danger grave et croissant. Ils pourraient fournir ces armes à des terroristes, leur donnant ainsi les moyens d'assouvir leur haine. Ils pourraient attaquer nos alliés ou tenter de faire chanter les États-Unis. Dans tous ces cas, le prix de l'indifférence serait catastrophique. »

George W. Bush, discours sur l'état de l'Union, 29 janvier 2002.

Impayés

En juillet 2026, les autorités iraniennes recensaient 20 676 personnes et entreprises n'ayant pas régularisé des revenus estimés à 94,4 milliards d'euros, des sommes principalement liées au rapatriement des revenus d'exportation. À eux seuls, 225 grands débiteurs concentreraient 53 milliards d'euros. Cela ne signifie toutefois pas que ces montants ont disparu : selon l'Organisation générale de l'inspection, une partie importante correspondrait à des erreurs d'enregistrement douanier, notamment au niveau des sociétés pétrolières publiques, ou à des devises déjà utilisées pour financer des importations. L'affaire révèle surtout l'opacité du circuit des devises en Iran.

« Tahdig »

Cette couche croustillante et savoureuse qui se forme au fond de la casserole lors de la préparation du riz est la gourmandise convoitée d'un repas persan. Souvent parfumée au safran et au beurre, elle doit être soigneusement surveillée pendant la cuisson. Les cuiseurs à riz modernes permettent de la réussir plus facilement.

Armes chimiques

Durant la guerre contre l'Irak, l'Iran a subi plusieurs attaques chimiques lancées par Bagdad. Le régime de Saddam Hussein fit ainsi usage de 54 000 obus d'artillerie et de 27 000 missiles chimiques, ainsi que de 19 500 bombes gazeuses aériennes.

Source : Vali Nasr, Iran's Grand Strategy. A Political History, Princeton University Press, 2026.

Golfe Persique ou Arabique ?

« Il y a plus de deux mille ans que le golfe en question s'appelle le golfe Persique : en fait, depuis que les Perses se sont installés dans la province de l'Iran qui le borde. Au cours de ces deux millénaires, jamais ce nom n'a changé. Tous les géographes et les historiens de l'Antiquité n'ont connu le golfe que sous le nom de Persique… En Europe, à partir du XVIe siècle, dans les grands atlas — comme ceux de Gerard Mercator et d'Abraham Ortelius, par exemple —, c'est exclusivement la désignation de “Sinus Persicus” qui est utilisée. Jusque vers 1960, tous les atlas et ouvrages de géographie, même les manuels scolaires publiés dans les pays arabes, n'ont utilisé que “khaleej al-farsi”. »

Extrait d'un courrier de protestation de l'ambassade d'Iran en France adressé au « Diplo » après la publication d'un article mentionnant le « golfe Arabique » (Jean-Pierre Viennot, « Nouveaux affrontements dans la région du golfe Arabique entre éléments traditionalistes et forces révolutionnaires », Le Monde diplomatique, janvier 1970).

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Mise en garde

« Au président iranien Rohani : NE MENACEZ PLUS JAMAIS, AU GRAND JAMAIS, LES ÉTATS-UNIS, SINON VOUS EN SUBIREZ DES CONSÉQUENCES QUE PEU DE PERSONNES DANS L'HISTOIRE ONT JAMAIS CONNUES. NOUS NE SOMMES PLUS UN PAYS QUI TOLÉRERA VOS PAROLES DÉMENTIELLES DE VIOLENCE ET DE MORT. SOYEZ PRUDENT ! »

Donald Trump, en 2018
Source : compte Twitter de Donald J. Trump (@realDonaldTrump)

103 milliards de dollars

Ce serait le bilan financier des cent vingt premiers jours de guerre pour les États-Unis, selon l'estimation du chercheur Stephen Semler, qui prend non seulement en compte le coût des opérations, mais aussi celui des munitions et des pertes. Selon l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, les dépenses militaires de l'Iran en 2025 auraient été de 7,5 milliards de dollars. Source : Stephen Semler, « US spent $103 billion on the Iran war in four months », Newsletter n° 345, Polygraph, 13 juillet 2026.

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« Khar kardan »

Expression familière qui signifie « faire un âne de quelqu'un », autrement dit l'amadouer, le duper ou le prendre pour un imbécile. En écho, un dicton célèbre affirme que « Mieux vaut être embrassé par un âne qu'être “rendu âne'' par un baiser ». Autrement dit : un baiser de peu de valeur est préférable à celui qui manipule et fait perdre la tête.

« Tondre la pelouse »

« La communication du commandement interarmées américain qui couvre le Moyen-Orient indique que les États-Unis devront probablement conduire des frappes de manière assez régulière pour empêcher l'Iran de reconstruire ses capacités balistiques et son infrastructure de radars. L'expression, quelque peu vulgaire, qui résume cette stratégie est : ''tondre la pelouse''. Autrement dit, empêcher Téhéran de reconstituer ses arsenaux. »

Martin Quenez, chercheur en relations transatlantiques au German Marshall Fund
Source : Cultures Monde, France culture, 2 septembre 2026

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55 kilomètres

C'est la plus faible distance entre les deux rives continentales du détroit d'Ormuz. Les îles Larak (Iran) et l'archipel de Salamah (Oman) ne sont distants que de 38 kilomètres. Cet étroit passage maritime permet l'acheminement de l'essentiel du pétrole et du gaz produits par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Qatar, l'Irak, Bahreïn et l'Iran. En 2025, un quart du transport maritime mondial de pétrole et un cinquième du commerce maritime mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) a franchi ce détroit.

Source : « Détroit d'Ormuz : quelle importance dans le transport de pétrole et de gaz ? », www.connaissancedesenergies.org, 26 avril 2026.

Turcs, Iraniens et Arabes

« C'est en Turquie que j'ai compris à quel point la vision du monde arabe à l'égard de l'Iran est biaisée. Les Turcs voient dans les Iraniens des égaux. Ils n'ont pas d'idées préconçues à leur égard et encore moins du racisme ou du mépris. Ces deux pays sont pourtant rivaux, mais le peuple turc a le sentiment d'être face à une civilisation qui mérite le respect. Les Arabes ont beaucoup à apprendre de cela. »

Abdelkader Fayez, directeur du bureau d'Al-Jazira en Iran
Source : Iran Podcast (en arabe), 8 janvier 2025.

Palme d'or et menacé de prison

Le cinéaste Jafar Panahi a été moult fois récompensé pour son œuvre : Caméra d'or à Cannes pour Le Ballon blanc en 1995 ; Lion d'or à Venise pour Le Cercle en 2000 ; Ours d'or à Berlin pour Taxi Téhéran en 2015 ; Palme d'or à Cannes en 2025 pour Un simple accident. Condamné par contumace à un an de détention en décembre 2025, pour « activité de propagande contre l'État », Panahi a vu sa peine confirmée en juin 2026. Un recours restait néanmoins possible selon son avocat. Il a déjà fait deux séjours en prison, en 2010 et entre 2022 et 2023. Il a choisi de rentrer dans son pays pour continuer son travail après sa dernière récompense à Cannes.

250 000

Nombre de millionnaires en dollars que compterait le pays, selon le magazine Forbes (21 juin 2021).

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« Grand Satan »

En farsi, « Sheytan bozorg ». Expression utilisée par l'ayatollah Rouhollah Khomeiny pour désigner les États-Unis d'Amérique et reprise dans nombre de publications, qu'elles soient officielles ou non.

« Balaal kababi »

Vendu par des marchands ambulants, ce mets est emblématique de la cuisine de rue iranienne. Il consiste en du maïs grillé sur du charbon de bois et se consomme généralement en été.

Ski

Prisé des alpinistes et des skieurs-alpinistes, le mont Damavand est le point culminant de l'Iran, à 5 610 mètres. Ce volcan iconique fait partie de la chaîne de l'Elbourz, qui sépare Téhéran de la mer Caspienne. De nombreux textes mythologiques s'y réfèrent.

Digérer l'envahisseur

« Bien que plusieurs fois envahis par les Grecs, les Arabes, les Turcs et les Mongols, les Iraniens n'ont jamais été détruits ou, pire encore, assimilés. Leur culture, leur peuple ont survécu à tous les traumatismes, même les plus violents. (…) Vaincus, les Iraniens ? Alors qu'ils finissent toujours par intégrer l'envahisseur, l'étranger, en l'“iranisant'', un fait extrêmement rare dans l'histoire des peuples ? Face à l'invasion arabe, la civilisation égyptienne s'est perdue en l'espace de deux générations. Il n'y a pas eu de phénomène semblable en Iran. »

Ardavan Amir-Aslani, avocat et essayiste.
Source : De la Perse à l'Iran. 2 500 ans d'histoire, L'Archipel, Paris, 2018.

Effacer la mémoire

Les bombardements américains et israéliens ont également touché les lieux où l'Iran transmet son savoir et conserve son histoire. Plus de trente universités ont ainsi été endommagées. Le patrimoine n'a pas davantage été épargné : le palais du Golestan à Téhéran, la mosquée du Vendredi et les palais d'Ali Qapou et de Chehel Sotoun à Ispahan ont subi des destructions.

Sources : AFP, Reuters, Unesco.

Ouverture d'esprit

« À Téhéran, quantité de gens qui n'auront jamais l'occasion ni les moyens de voir Paris parlent parfaitement français. Et ce n'est pas le résultat d'une influence politique ni — comme l'anglais en Inde — d'une influence coloniale. C'est celui de la culture iranienne, curieuse de tout ce qui est autre. »

Nicolas Bouvier, L'Usage du monde, La Découverte, Paris, 2014 (1re éd. : 1963).

Précarité

Selon l'économiste iranien Mohammad Maljoo, la proportion de travailleurs concernés par des contrats à durée déterminée, équivalents aux CDD en France, serait passée d'environ 6 % en 1989 à plus de 90 % en 2017.

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Drapeau

Le 29 juillet 1980, l'Iran se dote d'un nouveau drapeau pour signifier la rupture avec le régime du chah. L'emblème porte deux phrases calligraphiées en langue arabe : Allah Akbar (« Dieu est plus grand ») et La ilah illa Allah (« Il n'y a de dieu que Dieu »). Pour signifier leur défiance à l'égard de la République islamique, de nombreux groupes d'opposition utilisent soit le drapeau au lion et au soleil, soit le drapeau tricolore vert-blanc-rouge sans emblèmes. Tous les deux ont été interdits par la Fédération internationale de football association (FIFA) lors des Coupes du monde de football en 2022 et en 2026.

« Enfer ardent »

« Tout le peuple iranien est uni face à toute attaque et à toute menace. Pour tout envahisseur, l'Iran se transformera en un enfer ardent. »

Mohammad Khatami, 10 février 2005. À l'époque président de la République islamique, ce réformateur a subi des restrictions de déplacement et de parole depuis le soutien qu'il a apporté au « mouvement vert », provoqué par l'élection controversée de M. Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

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Jeunes prodiges

En juin 2026, l'équipe nationale iranienne de mathématiques a remporté l'Olympiade internationale de mathématiques et de sciences (IMSO) organisée par la Chine. Cette compétition annuelle destinée aux élèves du primaire (âgés de 13 ans et moins) a réuni des représentants de 49 pays.

3 millions

C'est le nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur, dont le tiers est inscrit en sciences de l'ingénieur.

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« Femme, Vie, Liberté »

« Zan, Zendegi, Azadi » : slogan d'abord scandé par des femmes kurdes et des militants du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, Turquie). En septembre 2022, à la suite de la mort à Téhéran de Mahsa Amini, une étudiante iranienne arrêtée trois jours plus tôt par la police religieuse pour « port de vêtements jugés inappropriés », les manifestants se l'approprient, et il est désormais célèbre dans le monde entier.

Voir en ligne : /mav/209/A/69909
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