Gabriel Attal veut « bloquer temporairement et de manière ciblée l'accès à certaines plateformes ». En 2024, la France a coupé TikTok en Nouvelle-Calédonie pendant deux semaines. Le Conseil d'État a jugé la mesure illégale. Avant de débattre du principe, regardons comment on coupe un réseau social, et ce qui reste allumé ensuite.
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Le 17 octobre, 550 000 personnes manifestent selon les autorités, puis la soirée tourne au pillage : près de 2 400 interpellations, près de 1 000 policiers et gendarmes blessés. Le 19, le Président reconnaît des « défaillances d'anticipation et de renseignement ». Le même jour, l'ancien Premier ministre écrit sur X que « les réseaux sociaux ne peuvent pas être le point de ralliement des casseurs » et propose de les bloquer. Il ne nomme aucune plateforme. La presse spécialisée cite TikTok, Snapchat et Instagram.
La question mérite mieux qu'un oui ou un non. Je propose de la prendre en trois temps : ce que le droit permet, ce que la technique permet, et ce que la mesure retire à ceux qui doivent maintenir l'ordre.
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Le 15 mai 2024 à 20 heures, le gouvernement suspend TikTok en Nouvelle-Calédonie, en pleine émeute. La suspension dure deux semaines. Le 1er avril 2025, le Conseil d'État la juge illégale. Il admet que des circonstances exceptionnelles peuvent justifier une suspension, et il reconnaît que celles de Nouméa l'étaient. Mais il pose trois conditions : que la mesure soit indispensable, qu'aucun moyen
Lundi, à Bruxelles, une porte-parole de la Commission répond aux émissaires de Donald Trump : « Notre position reste inchangée. » Pas de reprise des achats de gaz russe. En septembre, la France a importé pour 446 millions d'euros de gaz liquéfié russe, deux fois plus qu'en août. Le gaz européen coûte trois fois ce qu'il coûtait en février.
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Lundi 19 octobre, Paula Pinho, porte-parole de la Commission européenne, a été interrogée sur une proposition américaine. Elle a répondu en une phrase : « Notre position reste inchangée. » Ursula von der Leyen, a-t-elle ajouté, ne lèvera aucune restriction contre la Russie « tant que la guerre ne sera pas complètement terminée ». La phrase est nette. Elle a le mérite de la constance. Elle a aussi un prix, que la porte-parole n'a pas mentionné.
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La proposition vient de Steve Witkoff et de Jared Kushner, les deux envoyés spéciaux que Donald Trump a chargés de négocier la fin de la guerre en Ukraine. Selon le New York Times du 17 octobre, repris par Meduza, ils ont soumis aux Européens deux idées liées : que l'Union recommence à acheter du gaz russe en quantité, et que l'Ukraine rouvre le transit par ses gazoducs, fermé depuis 2025. Kiev y retrouverait environ un milliard de dollars de droits de passage par an. Moscou y trouverait une raison de cesser le feu. Et les gouvernements européens, observent les deux émissaires, y gagneraient des électeurs moins exaspérés par leurs factures.
Ce n'est pas un geste isolé. Le 16 octobre, Donald Trump a suspendu une série de sanctions énergétiques contre la Russie quelques jours avant leur entrée en vigueur. Le Trésor américain avait déjà autorisé jusqu'en avril 2027 la vente de gazole russe. Washington a changé de pied ; il demande à l'Europe de le suivre.
En face, la Commission, qui propose les sanctions que les États votent, tient la ligne fixée au début de la guerre. À Berlin, un conseiller du chancelier Merz a répliqué que le gaz russe reste russe, même quand il passe par des
Au 21 octobre 2026, aucune mesure fiscale du projet de loi de finances pour 2027 n'est définitivement adoptée. L'Assemblée nationale a examiné en séance, du 13 au 16 octobre, l'article liminaire, les articles 1 à 5 et l'article 55, ainsi que 92 amendements créant des articles additionnels. Les articles 6 à 57, qui contiennent l'essentiel des mesures visant l'épargne, l'immobilier locatif et les entreprises, n'ont pas encore été discutés. Le vote solennel sur la première partie, prévu le 20 octobre, a été reporté.
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Le statut de ce qui a été voté dépend de ce vote. Si la première partie est adoptée, les amendements votés en séance sont transmis au Sénat. Si elle est rejetée, le Sénat examine le texte du gouvernement et les amendements adoptés par l'Assemblée tombent. En cas de recours à l'article 49, alinéa 3, de la Constitution, le gouvernement choisit les amendements qu'il retient.
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Les mesures votées par l'Assemblée pour les particuliers
Barème de l'impôt sur le revenu. L'article 2 indexe le barème et la grille du prélèvement à la source sur l'inflation, soit 2,1 %. Il a été adopté le 15 octobre par 96 voix contre 0. Selon le gouvernement, la mesure évite une hausse d'impôt d'environ 4 milliards d'euros pour près de 20 millions de foyers, d'après Légifiscal.
Indemnités journalières. Le texte initial imposait à 50 % les indemnités journalières versées au titre d'une affection de longue durée et mettait fin à l'exonération partielle de celles versées après un accident du travail ou une maladie professionnelle. Un amendement adopté par 109 voix contre 37, déposé notamment par les groupes socialiste, écologiste et GDR, a supprimé ces deux dispositions.
Indemnités de rupture. Le texte initial plafonnait leur exonération d'impôt sur le revenu au plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 euros en 2026. Des amendements des groupes Droite républicaine et EPR, adoptés en séance selon Légifiscal, excluent de ce plafond les indemnités de licenciement. Un autre amendement réserve le nouveau régime aux indemnités versées à compter du 1er janvier 2027.
Abattement de 10 % sur les pensions. L'article 3 abaissait de 4 439 à 3 000
Depuis trois ans, l’État prône l’économie de guerre. Mais le 9 octobre 2026, la préfecture a menacé d’arrêter Les Forges de Tarbes, seul fabricant français de corps d’obus de 155 mm pour les canons Caesar, si quatorze équipements sous pression ne sont pas requalifiés avant le 31 décembre. Six jours plus tard, la Direction générale de l’armement révélait avoir saisi la procureure de la République sur des décisions de gestion de l’actionnaire, le groupe Europlasma. Voilà donc l’état de la chaîne d’approvisionnement de l’artillerie française, après des années de discours sur l’économie de guerre.
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L’affaire résume une inquiétante contradiction française : l’État réclame davantage de munitions pour ses armées, mais découvre, au détour d’un arrêté préfectoral, la fragilité de l’un de ses maillons industriels les plus sensibles.
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Quatorze équipements hors délai : la préfecture fixe l’échéance au 31 décembre
Le 9 juillet 2026, une inspection des Forges de Tarbes a relevé quatorze équipements sous pression dont la requalification périodique était en retard. L’entreprise a invoqué les difficultés à trouver un prestataire capable d’effectuer les interventions et leur coût. Trois mois plus tard, le 9 octobre, la préfète des Hautes-Pyrénées a signé un arrêté de mise en demeure.
Le calendrier est désormais fixé : l’ensemble des équipements concernés doit être remis en conformité avant le 31 décembre 2026. Ceux qui ne satisferont pas à cette exigence devront être arrêtés. Des sanctions administratives sont également possibles. La préfecture ne fait donc pas qu’adresser un rappel à l’ordre : elle impose une échéance susceptible d'affecter le fonctionnement du site si les opérations nécessaires ne sont pas réalisées à temps.
La sécurité industrielle n’est pas une formalité que l’on peut écarter au nom du réarmement. Les équipements sous pression sont soumis à des contrôles réglementaires précisément parce que leur défaillance peut présenter des risques. Mais, dans une industrie de défense où la continuité de production compte, l’enjeu est aussi de savoir pourquoi une entreprise stratégique en est arrivée à accumuler ces retards, et si elle dispose des moyens financiers et opérationnels pour y remédier.
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Six jours plus tard, le ministère de la Défense met en cause la gestion d’Europlasma
Le 15 octobre, devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, le délégué général pour l’armement, Patrick Pailloux, a annoncé avoir saisi la procureure de la République. Il a évoqué « des décisions de gestion récentes de l'entreprise qui ont précipité la dégradation ». Cette déclaration donne à l’affaire une portée qui dépasse les seules obligations de sécurité : l’État s’interroge désormais sur les choix de gestion d’un groupe privé auquel il a confié, de fait, une fonction industrielle stratégique.
Depuis 2021, les Forges de Tarbes appartiennent à Europlasma. Or le site est le seul en France à produire les corps d’obus des canons Caesar. Lorsque l’outil de production vacille, ce n’est pas seulement une entreprise qui est fragilisée, mais un maillon de la chaîne d’approvisionnement des armées françaises. La saisine de la justice ne constitue pas une condamnation et ne permet pas, à elle seule, de conclure à une infraction. Elle révèle néanmoins que les autorités estiment nécessaire d’examiner les décisions prises par la direction.
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Le calendrier est particulièrement embarrassant. D’un côté, la préfecture exige la régularisation des équipements avant le 31 décembre, sous peine d’arrêt et de sanctions. De l’autre, le responsable de l’armement signale au parquet une dégradation qu’il relie à des décisions de gestion.
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C’est précisément ce que l’État doit éclaircir. Depuis trois ans, le discours du réarmement promet une remontée en puissance industrielle. Mais annoncer des commandes ne suffit pas : encore faut-il disposer d’usines opérationnelles, d’équipements conformes et d’actionnaires capables d’assurer la continuité de l’activité. Si la sécurité impose l’arrêt d’équipements, la préfecture ne peut fermer les yeux. Si la gestion d’un propriétaire compromet les capacités de production, le ministère de la Défense ne peut se contenter de le constater après coup. Entre impératifs réglementaires et souveraineté militaire, la France doit désormais répondre à une question élémentaire : qui s’assure qu’elle pourra produire les obus dont son réarmement dépend ?
De nouvelles interdictions de manifestations et de rassemblements ont été annoncées ce mercredi 21 octobre, notamment à Paris, à Lyon et à Toulon, à l'approche d'une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre. Dans la capitale, une troisième nuit consécutive de couvre-feu a également été décrétée. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reçu les principales organisations syndicales. De son côté, Emmanuel Macron, en déplacement au Qatar, a annoncé une réunion jeudi 22 octobre avec les responsables du renseignement, le Premier ministre et « les ministres concernés » pour faire la lumière sur les violences du 17 octobre.
En trois jours, les candidats à la présidentielle ont proposé l’état d’urgence, le blocage des réseaux sociaux, l’armée dans les rues, l’interdiction des manifestations et le report d’une élection. Presque tous ont réclamé de l’ordre ; un petit nombre seulement a réclamé des pouvoirs d’exception. C’est cette différence que mesure la carte des forces politiques du Courrier, recalculée au 20 octobre.
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Le Courrier des Stratèges publie depuis le 12 octobre une carte qui place une trentaine de partis et de personnalités sur deux axes. L’axe horizontal mesure le lieu où se prend la décision, de Bruxelles à Paris. L’axe vertical mesure ce que chacun attend de l’État, de la planification (+5) à l’ordre spontané (−5). La journée du 17 octobre et ses suites ont produit, en trois jours, plus de déclarations sur le rôle de l’État que les trois mois précédents. La carte a été recalculée sur cette base. Seul l’axe vertical a bougé.
La règle appliquée
Les déclarations retenues sont datées du 17 au 20 octobre et rapportées par la presse ou publiées par leurs auteurs. Elles ont été classées en trois catégories.
La première regroupe les mesures d’exception qui suspendent des libertés : état d’urgence, blocage des réseaux sociaux, recours à l’armée pour le maintien de l’ordre, interdiction générale de manifester, internement préventif, report d’une élection. Chacune déplace l’acteur d’un demi-point vers le haut.
La deuxième regroupe des mesures plus limitées : couvre-feu, dissolution d’associations, sanction par les prestations sociales, prix fixé par l’État. Chacune compte pour un quart de point. La troisième regroupe les réserves explicites sur ces mesures au nom des libertés publiques : un quart de point vers le bas.
Le reste est tenu pour neutre. La fermeté pénale, la demande de moyens policiers supplémentaires ou la mise en cause du ministre de l’Intérieur relèvent des fonctions régaliennes de l’État, que personne ne conteste. Un candidat qui réclame des condamnations rapides ne demande pas plus d’État ; il demande que l’État fasse ce qui lui revient. La variation est plafonnée à un point par acteur.
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Bruno Retailleau a demandé le 18 octobre la réunion du Conseil des ministres « sans délai » pour déclarer l’état d’urgence, « comme cela a été fait en 2005 » (Les Surligneurs). Il a ensuite proposé de modifier les dates de l’élection présidentielle et la déchéance de nationalité des binationaux auteurs de pillages (Europe 1). Il passe de +4 à +5, la note la plus haute de l’échelle.
Gabriel Attal a proposé sur RTL un blocage des réseaux sociaux « temporaire, ciblé sur les territoires où se déroulent les émeutes » (Public Sénat), puis le recours « temporaire » aux forces armées. Il passe de +2,8 à +3,8. C’est la plus forte progression du bloc central.
À Nice, Éric Ciotti a instauré avec le préfet un couvre-feu pour les mineurs jusqu’au 26 octobre et demandé la dissolution d’associations ainsi que la suspension des aides des parents des auteurs (Nice Premium). L’UDR passe de +2,6 à +3,6. Les Républicains, dont le secrétaire général a réclamé l’état d’urgence, passent de +3 à +3,5.
Les autres déplacements sont plus modestes. Emmanuel Macron, qui a annoncé que les préfets pourraient « aller jusqu’à interdire » certains rassemblements tout en écartant l’état d’urgence (Élysée), gagne un quart de point. Jordan Bardella aussi, pour la suspension des allocations familiales des familles de récidivistes. Nicolas Dupont-Aignan et Debout la France gagnent un quart de point pour une baisse administrée de 50 % du prix de l’électricité.
Le cas Lisnard
David Lisnard occupait jusqu’ici, à −2, la position la plus basse de la droite. Sur TF1, il a déclaré que « l’État est devenu une fiction » et que « moins l’État est capable de punir ceux qui cassent, plus il entrave nos libertés » (21 News). Dans la même intervention, il a demandé l’interdiction des manifestations prévues les 24 et 31 octobre, jugé l’état d’urgence utile pour les perquisitions administratives, et refusé un couvre-feu à Cannes faute de besoin constaté. Le solde le fait passer de −2 à −1,5. Avec Sarah Knafo, il reste l’un des deux seuls acteurs de droite sous la ligne médiane. Ses propos ne sont rapportés que par des sources secondaires.
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À gauche, Fabien Roussel a qualifié les couvre-feux d’« aveu d’échec », Marine Tondelier a jugé qu’ils frappent des habitants « qui n’ont participé à aucune violence », Olivier Faure a demandé une « désescalade » (BFMTV via Yahoo ; LCP). Le PCF, le PS, les Écologistes et Marine Tondelier perdent chacun un quart de point. La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon ne bougent pas : leur refus de l’état d’urgence et des couvre-feux est compensé par la demande d’un blocage des prix.
Plusieurs acteurs ont tenu des propos d’une grande fermeté sans proposer de mesure d’exception. Sarah Knafo réclame que les casseurs soient « enfermés » et les étrangers « expulsés » ; Raphaël Glucksmann demande d’agir « de manière extrêmement ferme » ; François Hollande et Édouard Philippe mettent en cause les moyens et le renseignement. Selon la règle retenue, ces positions relèvent du régalien et ne modifient pas les notes. Marine Le Pen et le Rassemblement national n’ont pris position, dans les sources consultées, ni sur l’état d’urgence ni sur les couvre-feux. Aucune déclaration datée n’a été trouvée pour Dominique de Villepin, François Bayrou, François Ruffin, François Asselineau ou Florian Philippot.
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La règle est un choix éditorial. Une autre pondération donnerait d’autres chiffres, et les déclarations d’une semaine de crise ne disent pas tout d’un programme. Plusieurs sources n’ont pu être lues qu’indirectement : franceinfo, France 24 et les réseaux sociaux bloquent la consultation automatique. Le déplacement de Marion Maréchal, de +1,5 à +2, repose sur une source unique et reste à confirmer. Les propos à caractère identitaire tenus pendant la période n’entrent pas dans le calcul, qui ne mesure que le rôle attribué à l’État.
La carte recalculée est disponible avec le tableau complet des justifications. Elle sera de nouveau mise à jour après la journée du 24 octobre.
150 000 euros négociés en 2026 laissent environ 132 700 euros nets à un cadre payé 100 000 euros par an. Les mêmes 150 000 euros, en rupture conventionnelle au 1er janvier 2027, lui en laisseraient environ 100 400. Écart : 32 000 euros, à cause d’un seul chiffre, le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS, 48 060 euros en 2026), que l’article 2 du projet de loi de finances et l’article 6 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) veulent imposer comme limite unique d’exonération.
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Ma thèse : pour un cadre qui envisage de partir, la seule décision qui compte cette année est le mode de rupture, et elle doit être signée au plus tard le 16 novembre. Le reste est de l’habillage.
Le cas chiffré
Hypothèses, que chacun adaptera : cadre célibataire, 100 000 euros bruts par an, 15 ans d’ancienneté, indemnité légale de licenciement de 34 700 euros (un quart de mois par année jusqu’à dix ans, un tiers au-delà), revenu net imposable hors indemnité d’environ 70 000 euros, indemnité totale négociée de 150 000 euros. Cotisations calculées à environ 11 % côté salarié et 42 % côté employeur sur la part assujettie, taux usuels au-dessus du plafond pour un cadre. Barème de l’impôt 2026.
Aujourd’hui. L’exonération d’impôt couvre le plus élevé de trois montants : l’indemnité légale, deux fois le salaire annuel (200 000 euros), la moitié de l’indemnité. Les 150 000 euros sont donc entièrement exonérés d’impôt. Les cotisations ne s’appliquent qu’au-delà de deux PASS, soit sur 53 880 euros : environ 6 100 euros pour le salarié. La CSG-CRDS (9,7 %) frappe tout ce qui dépasse l’indemnité légale, soit 115 300 euros : 11 200 euros. Net : environ 132 700 euros.
En 2027, texte du gouvernement. Tout ce qui dépasse 48 060 euros, soit 101 940 euros, devient imposable et soumis aux cotisations comme à la CSG-CRDS. La CSG baisse légèrement (9 900 euros), les cotisations salariales doublent presque (11 500 euros), et l’impôt sur le revenu apparaît : environ 32 700 euros, ramenés à 28 200 euros avec le système du quotient. Net : entre 100 400 et 104 900 euros.
En 2027, texte voté en séance. Les députés ont adopté deux amendements (I-1300 et I-1591, LégiFiscal) qui sortent les indemnités de licenciement du plafond fiscal. Si cette version survit au Sénat, un licenciement resterait exonéré d’impôt, et seul le volet social durcirait. Net : environ 128 600 euros, soit 4 100 euros de moins qu’en 2026. La rupture conventionnelle, elle, resterait plafonnée : environ 100 400 euros nets.
Côté employeur, la rupture conventionnelle porte en plus une contribution patronale de 40 %. Elle représente aujourd’hui 38 400 euros sur notre cas, et environ 19 200 euros en 2027, parce que son assiette serait réduite à un PASS. Les cotisations patronales passeraient d’environ 22 600 à 42 800 euros. Le coût total d’une rupture conventionnelle pour l’employeur reste donc à peu près stable entre 2026 et 2027, autour de 61 000 à 62 000 euros au-delà de l’indemnité. Un licenciement lui coûterait 38 000 euros de moins en 2026, et 19 000 de moins en 2027.
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En 1849, un économiste libéral, Gustave de Molinari, soutenait que la sécurité est une marchandise comme une autre : produite en monopole, elle coûte cher, elle est mal rendue, et son producteur ne rend de comptes à personne. Le 17 octobre, le monopole n’a pas livré. Une mairie a brûlé, des milliers de commerces ont été pillés, et le ministre responsable est resté en place. La conclusion qu’en tirait Molinari : ouvrir la sécurité à la concurrence, parce qu’un fournisseur que ses clients ne peuvent pas congédier n’a aucune raison de mieux faire.
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Le bilan de la journée du 17 octobre est connu : près de 2 400 interpellations selon le ministère de l’Intérieur, l’hôtel de ville de Limoges en partie détruit, des pillages dans plusieurs grandes villes (AP). Le 19 octobre, le président de la République a reconnu des défaillances dans l’anticipation et le renseignement, et refusé la démission de Laurent Nuñez (Boursorama/AFP). Le gouvernement met en cause des groupes organisés de casseurs et de militants d’ultragauche ; une partie de l’opposition et des élus locaux mettent en cause l’organisation du maintien de l’ordre. La grille de Molinari conduit à une troisième lecture.
Gustave de Molinari (1819-1912) est un économiste né à Liège, établi à Paris à partir des années 1840. Il appartient à l’école libérale française. Il a dirigé le Journal des économistes de 1881 à 1909. Le terme de libertarien n’existait pas de son vivant ; il lui est appliqué rétrospectivement, notamment par des auteurs américains du XXᵉ siècle qui le tiennent pour un précurseur. Son texte le plus discuté, De la production de la sécurité, paraît dans le Journal des économistes en février 1849. Il en reprend l’argument la même année dans la onzième des Soirées de la rue Saint-Lazare.
La thèse est la suivante. La sécurité des personnes et des biens est un service, que des producteurs fournissent à des consommateurs. Comme tout service, elle est mieux produite et moins chère lorsque les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur. Lorsqu’un producteur unique en détient le monopole, le service tend à devenir plus coûteux et de moindre qualité, et le producteur tend à servir ses propres intérêts avant ceux des consommateurs. Molinari en déduit que la production de sécurité devrait être ouverte à la concurrence. Cette conclusion n’a été reprise par aucun État et reste contestée, y compris parmi les économistes libéraux.
Appliquée aux événements du 17 octobre, cette grille conduit à quatre observations.
La première porte sur la sanction de l’échec. Le président de la République reconnaît une défaillance et maintient le ministre en fonctions. Dans la lecture de Molinari, l’absence de conséquence pour le producteur découle de l’absence d’alternative pour le consommateur : une commune ou un commerçant ne peut pas changer de fournisseur de sécurité publique. L’Élysée justifie au contraire le maintien de Laurent Nuñez par la nécessité de maintenir la continuité du commandement des forces de l’ordre dans le contexte actuel, et lui demande la transparence complète sur les défaillances constatées.
La deuxième porte sur le coût. Les commerçants touchés financent la sécurité publique par l’impôt. Ils supportent en outre les franchises d’assurance, les pertes
La chambre régionale des comptes d’Occitanie a publié, le 2 octobre, un rapport accablant sur trois associations du réseau Soliha, financées jusqu’à 76 % par de l’argent public. Tandis que les propriétaires bailleurs attendent près de 900 000 euros et que des familles modestes perdent leur intermédiaire, les magistrats ont relevé 158 217 euros de dépenses sur une seule carte bancaire, dont 197 euros chez un coiffeur facturés « petit mobilier pour le dispositif Ukraine ».
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Comment des associations chargées d’une mission sociale ont-elles pu fonctionner avec de telles anomalies sans que les contrôles ne les empêchent ? Le rapport définitif des magistrats financiers, publié le 2 octobre 2026, documente les défaillances de gestion. L’enquête préliminaire ouverte par le parquet de Nîmes suit son cours.
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Les propriétaires attendent près de 900 000 euros pendant que les dépenses s’accumulent
Dans son rapport d’observations définitives référencé OCR2026-46 publié le 2 octobre, la Chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie a examiné trois associations du réseau Soliha, spécialisées notamment dans l’accompagnement au logement des ménages modestes. Entre 2020 et 2024, leurs financements provenaient de fonds publics à hauteur, respectivement, de 76 %, 58 % et 52 %. Autrement dit, leur fonctionnement dépendait largement de l’argent des contribuables, versé par l’État et les collectivités.
C’est dans ce contexte que les magistrats ont recensé, sur la seule carte bancaire de Soliha Méditerranée, 1 655 dépenses totalisant 158 217 euros. Le relevé comprend 49 089 euros de restaurants, 18 576 euros d’ameublement et 17 007 euros de bricolage. En 2024, 400 repas ont été pris en charge pour 227 jours ouvrés. L’association a également réglé dix-huit amendes routières, pour un montant de 1 595 euros. À Toulouse, une facture de 406 euros pour un hôtel-spa a été associée à une « journée commerciale » à laquelle personne n’a participé.
Le détail le plus saisissant tient en une facture de 197 euros : enregistrée comme du « petit mobilier pour le dispositif Ukraine », elle provenait en réalité d’un coiffeur. À cela s’ajoutent cinq chèques totalisant 10 880 euros à l’ordre du directeur, sans service fait selon les constats rapportés. Pris isolément, chaque montant appelle une vérification ; réunis, ces éléments posent une question autrement plus sérieuse sur la discipline comptable et le contrôle des dépenses.
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La facture sociale retombe sur ceux que Soliha devait protéger
Le plus révoltant est peut-être ailleurs que dans les tickets de caisse. Fin 2025, les dettes envers les propriétaires bailleurs approchaient 900 000 euros pour les deux associations depuis placées en liquidation judiciaire en juillet 2026. Selon l’enquête de Mediacités publiée le 12 octobre, des locataires avaient pourtant payé leurs loyers sans que les sommes correspondantes soient reversées aux bailleurs. D’autres attendaient des allocations logement ou des aides promises. Les défaillances de gestion ont ainsi frappé les deux extrémités de la chaîne : les ménages fragiles et les propriétaires qui leur louaient un toit. Le parquet de Nîmes a ouvert une enquête préliminaire sur l’emploi des fonds ; aucune condamnation pénale n’a été prononcée à ce stade.
Comment des structures financées majoritairement par des fonds publics ont-elles pu accumuler de telles défaillances sans intervention suffisamment précoce pour protéger leurs bénéficiaires et leurs créanciers ? Le dossier a fini par s’inviter dans l’arène politique, le 15 octobre, au conseil de Toulouse Métropole. Le député LFI François Piquemal a interpellé le maire, Jean-Luc Moudenc, sur cette « dilapidation de l’argent public », citant la dette de 4,7 millions d’euros de Soliha Méditerranée et l’« écosystème » mis en place autour du directeur. La réponse du maire, rapportée par Mediacités, a consisté à déclarer le dossier « étranger à la métropole »
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Quand la ressource est publique, que le contrôle est tardif et que les pertes retombent sur les plus fragiles, l'économie de la subvention ressemble moins à la solidarité qu'à du capitalisme de connivence en miniature. La question est combien d'associations du même type, financées de la même manière, n'ont pas encore reçu la visite de la chambre régionale des comptes ?
En France, les couvre-feux ont été reconduits ce mardi 20 octobre, notamment à Paris et à Lyon, tandis qu'un couvre-feu visant les mineurs est entré entre en vigueur à Marseille et dans certains secteurs alentour. Les rassemblements non déclarés ont également été interdits dans plusieurs quartiers de la capitale, après les violences et les pillages qui ont émaillé les manifestations du week-end des 17 et 18 octobre. Après l'incendie survenu à la mairie de Limoges le 17 octobre, un suspect a été interpellé mardi et la Sous-direction antiterroriste saisie. Sous le feu des critiques, l'exécutif a réaffirmé sa volonté de fermeté dans la réponse pénale aux auteurs de violences et de pillages.
Des couvre-feux sont entrés en vigueur ce lundi 19 octobre dans plusieurs villes de France, notamment à Paris, Lyon, Lille, Nice et Bordeaux, après un week-end de mobilisation marqué par des violences et des pillages. Ces mesures, limitées à certains secteurs et concernant uniquement les mineurs dans plusieurs villes, s'accompagnent d'interdictions de manifester dans plusieurs quartiers de la capitale. Alors que le gouvernement n'a toujours pas répondu aux revendications des manifestants, la coordination des « gilets jaunes » appelle à une nouvelle journée de mobilisation samedi 24 octobre.
Le 16 octobre, un site de la gauche autonome appelait à des « cortèges multiples, incontrôlés et inventifs », sous un mot d'ordre venu de Hong Kong : « Sois comme l'eau ». Le lendemain, la police n'a pas tenu les centres-villes. Le pouvoir parle de concertation, d'autres d'un ordre spontané. Les faits ne donnent raison ni aux uns ni aux autres.
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Le texte a été publié le vendredi 16 octobre par Contre-Attaque, un site d'information de la mouvance autonome. Il recommandait de ne pas défiler en bloc, de multiplier les cortèges, de les rendre « incontrôlés et inventifs ». Il reprenait le mot d'ordre des manifestants de Hong Kong en 2019, emprunté à Bruce Lee : sois comme l'eau. Le lendemain, de petits groupes très mobiles ont couru d'une rue à l'autre, de Limoges à Marseille, et les policiers ont décrit eux-mêmes un débordement « rarement vécu ».
Depuis, deux récits s'affrontent. Le ministre de l'Intérieur évoque un désordre semé « de manière concertée ». D'autres y voient un ordre spontané, une foule sans tête qui se serait organisée seule. Il faut regarder les pièces avant de choisir. Elles ne confirment ni l'un ni l'autre.
L'appel est né sur les réseaux sociaux début septembre, à l'initiative de figures issues des Gilets jaunes, sans chef désigné ni organisation déclarante. Une coalition s'y est agrégée en un mois, dont Euronews dressait la liste la veille : la CGT et Solidaires, l'intersyndicale des chauffeurs VTC, la Confédération paysanne, La France insoumise et le Parti communiste, les syndicats lycéens et étudiants, les organisateurs des marches pour le climat, les collectifs de « Bloquons tout », le mouvement de blocage né en septembre 2025. Les revendications allaient de la vie chère au budget, de l'école à la police.
Une carte collaborative en ligne recensait plus de 1 300 actions. Le ministère en comptait 250. Personne, ni d'un côté ni de l'autre, n'avait la vue d'ensemble.
À côté de cette foule déclarée se tenaient deux autres populations. Des noyaux militants rompus à l'affrontement, que les syndicats de police désignent sous le
Le gouvernement plafonne à 48 060 euros l'exonération sociale des indemnités de rupture et assure ne viser que 5 % de salariés aisés. Le barème des prud'hommes désigne un salarié à 3 000 euros brut, licencié à tort après trente ans. Rendement : 300 millions d'euros.
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Les indemnités de rupture du contrat de travail ont représenté environ 9 milliards d'euros en 2024, versés à plus de 800 000 salariés, selon le rapport IGAS-IGF publié le 22 mai 2026. Les inspections chiffrent leurs exonérations à 1,9 milliard : 0,4 pour l'impôt sur le revenu, 1,5 pour le volet social. L'article 6 du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, dont la discussion s'ouvre demain en séance, ramène l'exonération de cotisations et de CSG à un plafond unique d'un plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 48 060 euros, contre deux aujourd'hui. Rendement attendu : 0,3 milliard d'euros.
Le gouvernement présente la mesure comme une simplification, et ajoute qu'elle ne concerne que « 5 % des salariés les mieux rémunérés », les 95 % restants demeurant intégralement exonérés.
Ma thèse : ce plafond ne vise pas les hauts salaires. Il vise l'ancienneté. Il frappe d'abord des salariés ordinaires licenciés après cinquante ans, pour 300 millions d'euros, soit 2,4 % du déficit prévu de la Sécurité sociale.
Premier point : les 5 % ne sont pas ceux qu'on croit
Le seuil d'un PASS s'applique au montant de l'indemnité, pas au salaire. Or le montant d'une indemnité dépend d'abord de l'ancienneté. L'avocat Xavier Berjot, dans son analyse du texte, prend un salarié payé 3 000 euros brut par mois, licencié après trente ans de maison. C'est moins que le salaire brut moyen du privé, 3 602 euros en 2024 selon l'Insee. Le barème des prud'hommes lui accorde au plus vingt mois de salaire, soit 60 000 euros. Il dépasse le plafond de 11 940 euros, qui
La chambre régionale des comptes a épinglé, début octobre, la politique routière de la Collectivité de Corse : plus de 82 millions d’euros par an, environ 600 agents, et 51 % des longueurs de chaussée auscultées en mauvais ou très mauvais état. Les magistrats financiers viennent de rendre leur verdict : on a dépensé sans mesurer. La Collectivité de Corse invoque la jeunesse de l’institution.
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La route corse est un réseau de près de 5 000 kilomètres, avec 2 635 ponts et six tunnels, et le premier poste d’investissement de la Collectivité. Le rapport publié début octobre 2026 par la chambre régionale des comptes décrit une gestion insuffisamment pilotée, qu’on ne savait pas dans quel état était le réseau qu’on prétendait entretenir.
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Plus de 82 millions d’euros par an, sans connaissance suffisante du réseau
La Collectivité de Corse gère près de 5 000 kilomètres de routes, 2 635 ponts et six tunnels. Ce patrimoine exige des dépenses régulières, particulièrement dans une île où le relief, la géologie et les risques naturels compliquent les travaux. Cela n’exonère toutefois pas le gestionnaire public de ses obligations de suivi et de programmation.
Dans un rapport consacré aux investissements routiers de la Collectivité de Corse depuis 2018, les constats sont préoccupants. Parmi les longueurs de chaussée auscultées, 51 % présentent un état mauvais ou très mauvais. Pour les ponts examinés, 15 % nécessitent des travaux urgents. La modernisation du réseau ne suit pas davantage le rythme attendu : au bout de huit ans, moins de la moitié des opérations sont achevées, tandis que près d’une sur cinq n’a jamais commencé.
Le rapport relève que l’entretien a été programmé « de manière empirique et au fil de l’eau », faute de connaître suffisamment l’état du réseau. Il souligne également « l’absence d’un suivi consolidé des opérations ». Autrement dit, l’administration dépense des sommes considérables sans disposer, selon les constats des magistrats, d’une vision suffisamment structurée pour hiérarchiser ses interventions et rendre compte de leur avancement. Pour une collectivité qui consacre plus de 82 millions d’euros annuels à son réseau routier, cette faiblesse de pilotage n’a rien d’anecdotique.
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Le plan 2026-2030 promet 50 millions par an, et la chambre le juge « très ambitieux »
Adopté en juillet 2025, le plan routier 2026-2030 prévoit 50 millions d’euros par an. La chambre régionale des comptes le juge « très ambitieux ». L’enjeu ne tient pas seulement aux montants annoncés : encore faut-il que les opérations soient programmées, engagées puis achevées dans des délais raisonnables. Les retards déjà constatés invitent à examiner les capacités réelles d’exécution avant de promettre de nouveaux investissements.
Le président de l’exécutif, Gilles Giovannangeli, oppose à ces critiques le contexte institutionnel. Selon lui, la période 2018-2025 a été consacrée à la construction d’une administration nouvelle, issue de la fusion de trois collectivités. Il met également en avant les difficultés propres à la Corse : relief accidenté, contraintes géologiques, risques naturels, transport maritime des matériaux et exigences environnementales. Ces facteurs sont réels et peuvent renchérir les chantiers comme allonger leur durée. Ils ne suffisent cependant pas à expliquer, à eux seuls, l’absence de suivi consolidé relevée par les magistrats financiers.
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Au-delà de la Corse, le rapport pose une question que les contribuables de toute la France peuvent se poser : qui rend des comptes quand l’argent public est voté, dépensé, puis introuvable dans les résultats ? Les élus votent des budgets, les services les consomment, et personne ne mesure. Les automobilistes, eux, mesurent chaque jour, au fond des nids-de-poule.
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Le 20 octobre, vote solennel sur la partie recettes du PLF et ouverture du PLFSS en séance. Le 27 octobre, vote solennel sur l'ensemble du PLFSS : c'est le dernier jour des vingt jours dont dispose l'Assemblée au titre de l'article 47-1 de la Constitution. Le 17 novembre, vote solennel sur l'ensemble du PLF, qui clôt les quarante jours de première lecture de l'article 47. Puis le Sénat, quinze jours sur la Sécu, vingt sur le budget. Les deux butoirs constitutionnels tombent le 26 novembre pour le PLFSS, cinquante jours, et le 17 décembre pour le PLF, soixante-dix jours. Je préconise de retenir trois dates seulement : le 20 octobre, le 27 octobre, le 17 novembre. Les autres sont des échéances pour le gouvernement, pas pour vous.
Les votes en commission ne valent rien, et c'est exactement le problème
En séance, l'Assemblée ne discute pas le texte de la commission : elle repart du texte du gouvernement. L'article 3 du PLF, qui abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, avait été supprimé en commission le 7 octobre ; il est revenu intact le 13, et il a fallu le supprimer une seconde fois, le 15, par 116 voix contre 30. Le même sort attend le PLFSS : rejeté en commission vendredi, il arrivera mardi dans sa version initiale, article 12 compris — cette contribution de 2,05 % sur les cotisations des complémentaires santé que les députés venaient d'effacer le 16. Conséquence pratique : aucune mesure n'est acquise avant la lecture définitive. Je préconise de construire votre année 2027 sur le texte du gouvernement, pas sur les votes de séance, et de ne traiter une suppression comme définitive qu'après la promulgation.
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Trois sorties de secours, et deux d'entre elles se passent de vous
La première est le 49.3 : adoption sans vote, sous réserve d'une motion de censure. Huit motions ont été mises aux voix en 2026, aucune n'a atteint la majorité absolue. La deuxième est l'ordonnance : passé le 26 novembre pour la Sécu et le 17 décembre pour le budget, le gouvernement peut mettre les textes en vigueur par ce moyen. La troisième est la loi spéciale, utilisée en décembre 2025 : un texte minimal qui autorise à lever l'impôt, à emprunter et à payer les fonctionnaires, sans financer certaines aides. Il n'existe pas d'équivalent propre à la Sécurité sociale. Notez la dissymétrie : dans la loi spéciale comme dans l'ordonnance, le prélèvement continue et l'arbitrage disparaît. Aucune de ces trois voies ne suspend une cotisation.
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Je commence par ce qui va dans votre sens, parce que le texte le contient aussi : le barème de l'impôt sur le revenu est revalorisé de 2,1 %, ce qui protège environ vingt millions de ménages d'une hausse mécanique et maintient quelque 500 000 foyers hors de l'impôt.
Ensuite viennent les ponctions.
L'article 2 plafonne l'exonération des indemnités de rupture au plafond annuel de
Au lendemain d’une journée de mobilisation qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes à travers la France et s’est achevée par de nombreuses violences et pillages, les tensions se sont poursuivies dimanche 18 octobre, notamment à Paris. Près de 2 400 personnes ont été interpellées depuis samedi. Dans une allocution dimanche soir, Emmanuel Macron a dénoncé des « factieux issus de groupuscules d’ultra-gauche, rejoints par de nombreux délinquants », tout en promettant « toute la transparence » sur la stratégie du maintien de l’ordre.
Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Cette semaine : calendrier fiscal de la quinzaine, vote solennel du budget 2027, abattement des retraités, dons familiaux, fiscalité et contrôle des cryptoactifs, or et argent métal, livrets, taux et devises.
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Le 15 octobre, l'Assemblée nationale a supprimé l'article 3 du projet de loi de finances pour 2027 par 116 voix contre 30. Le 16 octobre, elle a adopté l'amendement I-3898, qui supprime le sursis d'imposition lors d'une conversion de cryptoactif en stablecoin. L'Insee a confirmé le 15 octobre l'inflation de septembre à 3,1 % sur un an, au plus haut depuis janvier 2024. Et l'once d'or cotait 4 200,10 dollars le 16 octobre, soit 3 717,80 euros, en repli de 0,8 % sur la semaine en euros. Je reprends ces dossiers un par un.
Budget 2027 : le vote solennel de mardi ferme la première partie.
Le vote solennel sur la partie recettes est fixé au mardi 20 octobre ; le Sénat prend le texte du 20 novembre au 9 décembre. La suppression de l'article 3, le 15 octobre, maintient le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions à 4 439 euros par foyer au lieu des 3 000 prévus, soit 1,4 milliard d'euros de recette abandonnée. Le 16 octobre, toutes les hausses du prélèvement forfaitaire unique ont été écartées — 15,8 %, 17,8 %, 22,8 %, 33 % au total —, l'amendement I-1084 rejeté par 66 voix contre 29. Le taux reste à 31,4 %. Je préconise de n'arbitrer aucune ligne avant la sortie du Sénat le 9 décembre : un vote de première partie n'est pas une loi.
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Optimisation : deux fenêtres ouvertes cette semaine
La réduction d'impôt pour souscription au capital de PME passe de 18 % à 25 % (I-3864 et I-3868, adoptés le 15 octobre par 83 voix contre 32), sous réserve de l'accord de Bruxelles. L'article 4, adopté le 16 octobre par 66 voix contre 25, crée pour les donations du 1er janvier au 30 juin 2027 un taux unique de 6 % sur les
Le gouverneur de la Banque de France jure que « la France n’est pas la Grèce ». Il a raison sur les chiffres. Il a tort de s’en tenir aux chiffres, car la Grèce n’a pas seulement perdu son crédit : elle a perdu la main sur son budget. C’est ce second risque qui nous guette.
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Le jeudi 1er octobre, quelques heures avant la présentation du budget 2027 en Conseil des ministres, le taux de l’emprunt d’État français à dix ans a touché 4,96 %. C’est son plus haut niveau depuis 2002. Le même jour, l’écart avec le taux allemand, ce que les marchés appellent le spread, a atteint 133 points de base, soit 1,33 point de pourcentage. On n’avait pas vu cela depuis mai 2012. Mai 2012 : le mois où la Grèce votait deux fois en six semaines, faute de majorité pour appliquer le plan de ses créanciers.
Cinq jours plus tard, le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, parle de mouvements « graves et préoccupants ». La France, dit-il, risque d’être « progressivement étranglée par la hausse des taux ». Puis il ajoute, pour rassurer : « La France n’est pas la Grèce de la crise de la zone euro. »
Quand un gouverneur prend la peine de dire que son pays n’est pas la Grèce, la question est posée. Le 23 octobre, Moody’s rendra son avis sur la note française, aujourd’hui Aa3 avec perspective négative. Le 12 octobre, Fitch a prévenu qu’elle pourrait abaisser la sienne si la dette continuait de monter, en citant « la fragmentation politique persistante ».
Répondons donc à la question, avec les chiffres d’Athènes en 2010 et ceux de Paris en 2026. La réponse tient en deux phrases. La France ne vit pas une crise grecque. Elle en prend le chemin politique, pas le chemin financier, et c’est le chemin politique qui a coûté le plus cher aux Grecs.
Il faut se rappeler l’ordre des faits, car on l’a oublié. En octobre 2009, le nouveau gouvernement grec de Georges Papandréou annonce que ses prédécesseurs ont maquillé les comptes. Le déficit prévu à 6 % du PIB passe à 12,7 %, puis, après révisions, dépasse 15,4 %. La dette atteint 128,5 % du PIB. Les marchés découvrent qu’on leur a menti. Ils ne prêtent plus.
Le 23 avril 2010, Athènes reconnaît qu’elle ne peut plus payer et demande l’aide internationale. Un premier plan de 110 milliards d’euros arrive, financé par le FMI et les États de la zone euro. Un deuxième suit en octobre 2011, de 130 milliards. En 2012, les créanciers privés acceptent d’effacer 107 milliards d’euros de créances : c’est la plus grande restructuration de dette d’un État de l’histoire moderne. En mars 2012, le taux grec à dix ans culmine vers 37 %, soit un écart d’environ 3 500 points de base avec l’Allemagne, d’après la Banque de France. Le 11 août 2015, un troisième plan d’au moins 82 milliards est conclu.
Le prix payé par les Grecs se lit en deux chiffres. Le PIB recule d’environ un quart entre 2009 et 2015. Le chômage atteint 27,9 % en juin 2013, selon l’institut statistique grec.
Mais le chiffre ne dit pas l’essentiel. Pendant huit ans, le budget grec ne s’est plus écrit à Athènes. Il s’écrivait avec la « troïka », le trio formé par la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI, qui versait l’argent par tranches et vérifiait, à chaque tranche, que les réformes demandées avaient été votées. Les retraites, la TVA des îles, les privatisations de ports : tout passait par cette vérification. Un peuple votait ; un autre que lui disait si son vote était recevable. J’ai vu, à Bruxelles, des délégations arriver le soir avec un budget et repartir au matin avec un autre.
Voilà ce qu’on appelle une « crise grecque » : non pas seulement un déficit, mais un État qui perd le droit d’arbitrer ses propres dépenses.
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La première est la durée. La Grèce n’est pas tombée en 2010 ; elle y est arrivée après des années de déficits que personne ne voulait regarder. La France n’a pas voté un budget en équilibre depuis 1974, et elle prévoit un déficit de 5,4 % du PIB en 2026, puis de 5,0 % en 2027. La dette passera de 119,3 % à 121,7 % du PIB. Elle n’est plus qu’à neuf points du niveau grec de 2009.
La deuxième est le poids des intérêts. En 2027, la charge de la dette devrait atteindre 91 milliards d’euros, selon le ministre de l’Économie Roland Lescure. C’est plus que l’Éducation nationale (63 milliards) et que la Défense (53 milliards). Le Haut Conseil des finances publiques note que la hausse des intérêts, 12 milliards de plus en un an, absorbe une large part de l’effort annoncé. C’est le mécanisme grec en petit : on économise, et l’économie part en intérêts.
La troisième est la dépendance à l’étranger. Fin juin 2026, les non-résidents détenaient 58,4 % des titres de dette publique français, contre 55,9 % trois mois plus tôt. Un créancier étranger n’a ni bulletin de vote ni patience particulière. S’il doute, il vend, et l’État réemprunte plus cher. En 2027, la France prévoit d’émettre un record de 340 milliards d’euros de dette à moyen et long terme : il faudra trouver des acheteurs pour chaque euro.
La quatrième est politique, et c’est la plus grave. Athènes, en 2011 et 2012, n’arrivait plus à former une majorité qui vote les plans. Paris n’en a plus depuis la dissolution de juin 2024. Le budget 2027 est le dernier avant l’élection présidentielle d’avril, et il est présenté par un gouvernement sortant devant une Assemblée sans majorité. C’est exactement ce que Fitch désigne par « fragmentation politique persistante ». Une dette se rembourse avec des impôts et des économies, et ces deux choses se votent. Quand on ne peut plus les voter, la dette cesse d’être une affaire de chiffres.
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Le 11 octobre 2026, Raphaël Glucksmann a remporté la primaire de la gauche sociale-démocrate avec 66,17 % des voix, sur 120 787 votants et 134 467 inscrits. Dans les jours qui ont suivi, plusieurs messages de l'écrivain Alexandre Jardin, président de l'association Les Gueux, ont été lus comme un soutien au candidat. Alexandre Jardin le conteste. Les textes sont publics et datés.
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Le 12 octobre au matin, en réponse à un internaute, il écrit : « Il y a par cette victoire un rempart - du moins pour l'instant. Plus Glucksmann le martèle plus la France est protégée - pour l'instant. » Le rempart désigne, dans le même message, la défaite des « alliés ouverts de LFI ».
Le 14 octobre, il publie une mise au point. Il y qualifie d'« idée parfaitement imbécile » l'affirmation selon laquelle il soutiendrait Raphaël Glucksmann. Il écrit s'être réjoui que « la ligne de M. Faure de soumission immédiate à LFI ait perdu à gauche », dans « un scrutin qui est ce qu'il est ». Il ajoute que « à peu près toutes les idées » du candidat ont, à ses yeux, « détruit, avec une rare constance, notre société. Notre économie. Notre puissance. » Il rappelle son engagement pour un référendum d'initiative citoyenne.
Le 15 octobre, il précise : « Même si je combat cet homme, je préfère qu'il y ait une gauche non LFI. » Le 16 octobre, il écrit que « pour l'instant tout ce qui peut affaiblir LFI est bon pour la France ».
Un premier message, antérieur à ces textes, est cité par un internaute le 12 octobre à la mi-journée. Selon cette citation, il comportait les formules « Je suis fier », « Il est porteur d'une idée digne de la gauche sociale-démocrate » et « Ce soir, la France est moins sale ». Ce message n'apparaît plus sur le compte d'Alexandre Jardin le 16 octobre. Son contenu exact n'a pas pu être vérifié à la source.
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L'association Les Gueux s'est constituée en 2025 contre les zones à faibles émissions, qui restreignent la circulation des véhicules les plus anciens dans les grandes agglomérations. Alexandre Jardin y voit une forme de ségrégation sociale, selon un entretien accordé à Causeur en mai 2025. Le 17 mars 2025, il avait interpellé Raphaël Glucksmann sur X, en lui demandant si la social-démocratie rejoindrait la mobilisation des Gueux.
Le 8 octobre 2026, l'Assemblée nationale a examiné la proposition de loi de Pierre Meurin (RN) abrogeant les ZFE. Un amendement de suppression de l'article unique a été rejeté par 164 voix contre 49. Les débats se sont interrompus à minuit, sans vote sur l'ensemble du texte. Selon le relevé de NosParlementaires, le groupe socialiste a voté pour les amendements de suppression, comme Renaissance et les écologistes ; le RN, LFI, le groupe UDR et la Droite républicaine ont voté contre. Le groupe socialiste compte parmi ses membres les deux députés de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann.
Le 15 octobre, Alexandre Jardin a dénoncé « l'obstruction de tous les partis » favorables au maintien des ZFE, « officiellement Renaissance, PS, Verts », et « le mépris de la pauvreté derrière ce comportement ». Les deux prises de position, celle du 12 et celle du 15, sont publiées à trois jours d'intervalle.
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Dans les milieux qui avaient soutenu le mouvement des Gueux, la réaction a été rapide. Le compte qui cite le premier message parle de « rétropédalage » et signe « nous, les gueux » ; son message a été vu plus de 19 000 fois. D'autres internautes évoquent une « félonie », en rappelant les votes sur les ZFE ; une vidéo publiée sur YouTube s'intitule « la trahison des gueux ? ».
Le 14 octobre, les obligations de CoreWeave, loueur indépendant de puissance de calcul pour l'intelligence artificielle, ont vu leur rendement approcher 15 %, selon CNBC. Le lendemain, le Financial Times rapportait que les investisseurs se débarrassent des obligations des centres de données, et Ludovic Subran, directeur des investissements d'Allianz, parlait d'un « moment darwinien ». Une question se pose depuis : faut-il revoir ce que j'écrivais le 17 juillet ? Ma réponse est non. C'est exactement ce que j'écrivais.
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Je distinguais une correction boursière d'une purge, au sens autrichien : la liquidation des investissements engagés parce que le crédit était trop bon marché pour refléter le vrai coût du temps. Et je désignais le déclencheur. Ce ne serait pas la Bourse, ce serait le crédit. Une bulle d'investissement ne meurt pas quand les actions baissent. Elle meurt le jour où sa dette ne se refinance plus au prix prévu.
Premièrement, la dette des plus fragiles est entrée en zone de détresse. Les obligations de CoreWeave se traitent sous 80 cents pour un dollar de valeur nominale, niveau qui signale un doute sérieux sur le remboursement. Sur la semaine, l'action a perdu 17 % et celle de Nebius, son concurrent, 18 %, selon la reprise de l'article du FT par KuCoin.
Deuxièmement, la défiance remonte vers les signatures solides. Les obligations émises par Meta, Nvidia et Oracle pour financer leurs centres de données passent sous le pair, c'est-à-dire sous leur prix d'émission. Ce ne sont pas des emprunteurs en difficulté. C'est le prix de l'argent qui a changé sous leurs pieds.
Troisièmement, ce prix de l'argent monte. Les prix à la production américains ont augmenté de 6,3 % sur un an en septembre, contre 5,5 % attendus, et le rendement du Trésor américain à 10 ans s'établissait à 5,085 % le 15 octobre, selon TheStreet. Une nouvelle hausse de la Fed est désormais jugée possible dès la fin du mois.
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Gartner estime que les propriétaires de centres de données devraient générer 8 500 milliards de dollars de revenus d'ici fin 2030 pour couvrir leur coût du capital. La dépense totale en services d'IA plafonnerait à 3 600 milliards. Le cabinet ajoute