A Ukrainian company has played the enemy in a Pentagon drone contest, and the US liked what it saw. Phantom Defense, a Ukrainian defense-tech firm, was one of three companies whose systems built the counter-drone environment for Gauntlet II, the second stage of the US military’s Drone Dominance program, and has been invited to take part further, Defender Media reports.
Drone Dominance is the Pentagon’s four-phase effort to field cheap attack drones fast, a roughly $1 billion program to buy more than 200,000 low-cost attack drones by 2027. Phantom Defense brought a system that was already proven at home, where in one city it neutralized more than 7,000 enemy drones over an area of more than 100 square kilometers in a year, the company says.
Rather than enter a drone of its own, Phantom Defense supplied the resistance that the American drones had to fly through. Its setup paired the Specter PRO, L, X, and XL jammers with the Streamhunter video-interception tool and a command-and-control layer that detected and classified targets, coordinated the countermeasures, and confirmed the kills. The jammers suppressed drones and held up in heat and rain, it adds.
The arrangement lets American developers fly their drones under live electronic attack rather than calm conditions, recreating a battlefield where a drone’s performance swings with the jamming around it, according to the company.
One map to run the whole fight
At the center sits Phantom Defense’s C2 system, Kupol, which integrates separate tools into a single ecosystem on a shared map. It lets crews run electronic warfare remotely, without driving out to a position, and ties in sensors, interceptor drones, and turrets, the company says.
Kupol reads the terrain and a drone database to propose the best way to take down a target, then logs each mission automatically so its recommendations sharpen over time.
The high-power Specter PRO station, built to shield positions, critical infrastructure, and cities, serves as the hardware anchor.
An invitation, not yet a contract
Previously, Ukraine’s battle-tested drone makers also took part in Drone Dominance. However, they didn’t succeed in it, though some of their technology competed under Western partners. The program bars direct purchases from Ukrainian firms, which must set up a US legal entity to bid.
La « fièvre de la brique » espagnole s'est apaisée. Elle laisse derrière elle des villes fantômes, des forêts de grues immobilisées et des centaines de milliers de chômeurs. Cette enquête dans la communauté autonome de Madrid souligne l'engrenage de l'endettement dans lequel les familles se sont laissé entraîner.
La crise ne se promène pas dans les rues de Madrid, même si l'Espagne est sans doute l'un des pays les plus touchés par la récession de l'économie mondiale. La vie suit son cours. Certes, les travailleurs licenciés ou, plus encore, ceux dont le contrat temporaire n'a pas été renouvelé expriment de temps à autre leur colère. Certes, on se serre un peu la ceinture : « Dans les supermarchés, toutes les ventes ont chuté. Les seules à augmenter sont celles des produits de bas de gamme », soutient l'employé d'un centre commercial. Il y a aussi moins de monde dans les bars à l'heure de l'apéritif, les terrasses paraissent moins bruyantes le soir, et la nuit madrilène est moins bigarrée.
Les annonces « à vendre », plus nombreuses aux balcons des immeubles, témoignent des changements. Et il suffit de jeter un œil sur la vitrine de n'importe quelle agence immobilière pour vérifier l'effondrement des prix. Ainsi à Aluche, une banlieue populaire, un appartement de 65 mètres carrés, situé au troisième étage avec ascenseur, était vendu 240 000 euros en 2006. Trois ans plus tard, des logements de ce type se vendent 160 000 ou 170 000 euros. Les sociétés immobilières ont fermé plus de 40 % de leurs agences depuis 2007. Néanmoins, quand on pousse la porte de l'une d'elles, les visages sont aimables et souriants : les affaires continuent. 86 % des Espagnols sont propriétaires — un modèle pour ceux, tel M. Nicolas Sarkozy, qui veulent encourager l'accès à la propriété en guise de politique du logement (1).
Dans les faits, cet accès ouvre surtout sur… un endettement de longue durée. Entre 2004 et 2007, cinq millions de crédits avec garantie hypothécaire ont été octroyés pour l'achat de logements. Une situation si fréquente que l'expression « avoir une hypothèque » est passée dans le langage courant. Parallèlement ont proliféré les prêts à la consommation — le plus souvent garantis sur le bien immobilier —, les cartes de crédit, les crédits rapides accordés par des sociétés financières — dont les taux d'intérêt atteignent parfois 25 % — tout comme les entreprises privées de rachat de crédits. Au point que certains prêts ne sont plus associés à l'achat d'un bien concret, mais deviennent un produit de consommation à part entière. Il est ainsi habituel de recevoir des publicités ou des appels téléphoniques informant que des sommes de plusieurs milliers d'euros sont « mises à votre disposition » pour être dépensées « comme vous voulez ». Cette prolifération incontrôlée du crédit et de l'endettement pèse fortement sur les ménages. Au dernier trimestre 2008, le rapport entre la dette et les revenus de base disponibles (le ratio d'endettement) atteignait 125 %, contre 88,9 % en France. En 2008, les impayés des crédits hypothécaires se sont accrus de 310 %, et 2,7 millions de personnes ont fini l'année sans pouvoir acquitter leurs dettes. Pour 2009, on prévoit cinq cent mille mises en demeure pour des crédits personnels impayés, ainsi que plus de quatre-vingt-six mille saisies hypothécaires, soit trois fois plus qu'en 2007 (2).
La hausse des prix fut un encouragement psychologique
Comment en est-on arrivé là ? Pour le comprendre, il faut revenir sur le rôle des agences immobilières (3). Après avoir affirmé que c'est le « meilleur moment pour acheter », l'agence offre une « étude financière », gratuite et sans engagement, destinée à évaluer ce que le futur acheteur sera en mesure de payer et le bien auquel il peut prétendre. Elle propose même de démarcher ultérieurement un crédit auprès de la banque. Dans le calcul sont pris en compte le salaire, les revenus non déclarés — ou revenus « B », comme on les appelle par euphémisme —, l'épargne et les garanties familiales. L'agence dévoile également les secrets de l'« évaluation », c'est-à-dire l'estimation du prix du logement réalisée par des entreprises certifiées qui détermineront la valeur du futur prêt. Le montant de l'évaluation, sur lequel l'agence peut influer, sert ensuite de référence à la banque pour accorder le crédit. Ce dernier doit également permettre de couvrir les frais additionnels : impôts, actes notariés et, bien sûr, commissions des intermédiaires (de l'agence en question, de la société financière et de la banque). Le paiement s'échelonne sur trente, trente-cinq ou quarante ans, en prenant soin que les mensualités ne dépassent pas 40 % de vos revenus. On vous laisse toutefois entrevoir la possibilité de les augmenter un peu, surtout si vous gagnez aussi de l'argent « B »…
Lors du boom immobilier, les évaluations gonflées, la prolifération des intermédiaires, les crédits octroyés aux limites des possibilités de paiement étaient des pratiques courantes. Et il n'est guère surprenant que, désormais, nombre de personnes ayant commencé à payer des « hypothèques » se retrouvent dans l'incapacité de les honorer.
Ester et Angel ont décidé d'acheter un logement en 2004 (4). « Je ne me suis même pas posé la question de la location, reconnaît Ester. Je n'y ai pas pensé. » Il est vrai que l'Espagne connaît une pénurie de logements à louer, les autorités ayant toujours encouragé l'accès à la propriété par des dispositions fiscales et des facilités de crédit. Les parents d'Ester, quoique travaillant à Madrid, ont successivement vécu dans les cités-dortoirs du sud de la ville, où le prix de vente des apartements était accessible : Leganés (à 11 kilomètres), Fuenlabrada (à 22 kilomètres), Valdemoro (à 27 kilomètres) et, finalement, Seseña (à 36 kilomètres). Aussi exceptionnel soit-il, ce périple résidentiel rend compte de la manière dont la revalorisation immobilière et la plus-value qu'elle autorise ont permis d'acquérir un meilleur logement — une maison avec jardin, en dernier lieu — mais à condition de s'éloigner toujours plus de la capitale. Dès la fin des années 1980, les prix de l'immobilier ont connu une augmentation régulière. Il n'était même pas nécessaire d'avoir fini de payer son logement pour le vendre, rembourser l'ancienne « hypothèque », financer une partie du nouveau et faire une autre « hypothèque » pour en payer le reste.
Bien qu'Ester et Angel n'aient pas réfléchi à cette valorisation continue au moment de l'achat, la hausse des prix — 18 % en 2004 — fut un encouragement psychologique important. L'idée que « payer un loyer, c'est jeter de l'argent par la fenêtre » relevait pratiquement de l'évidence. « L'idée fixe, c'était d'avoir quelque chose à soi, explique Ester. Mais personne ne s'en rendait compte, tout le monde s'embarquait, tous tes amis achetaient une maison. Je me souviens avoir dit à mon mari : “Soit on s'embarque maintenant [dans l'achat d'un logement], soit on laisse passer, parce que ça va devenir de plus en plus cher.” »
Tous deux travaillent à Madrid, mais ils se décident pour un F4 de 64 mètres carrés que leur montre l'agence à Valdemoro et qui coûte 165 000 euros. Ils demandent un crédit personnel destiné à l'acompte, soit 9 000 euros, qu'ils pensent rembourser rapidement grâce à la différence entre l'évaluation et le prix réel du logement. La signature devant notaire se fait ensuite rapidement, sans accès préalable aux documents, ce qui est pourtant un droit. Plusieurs changements de dernière minute modifient les conditions du prêt, ce dont Ester se souviendra plus tard avec amertume : « Tout était déjà en marche. Mes parents, qui étaient les garants, et les propriétaires de l'appartement étaient là. Ils ne voulaient pas perdre l'appartement ni l'argent de l'acompte. Mais maintenant, il m'arrive de me demander : et si j'avais dit devant tous ces gens si bien fringués — dans le bureau, outre le notaire, étaient présents le directeur et le sous-directeur de la banque, la jeune femme de l'agence et deux représentants de la banque —, si j'avais dit, quitte à ce qu'on me prenne pour une folle : “Ben moi, désolée, je ne signe pas” ? C'est ce que j'aurais dû faire. Mais avec quelle force ou avec quelle clairvoyance aurais-je pu faire une chose pareille ? A ce moment-là, mon idée était de m'acheter un appartement. J'étais complètement aveuglée par le fait qu'il était déjà à nous, qu'il n'y avait plus qu'à signer. En plus, la date limite pour la vente, c'était ce jour-là. »
Ils acceptent ainsi une « hypothèque » de quarante ans, mais en s'engageant auprès d'une banque qu'ils n'avaient pas choisie, avec un intérêt légèrement supérieur à celui précédemment annoncé et pour un montant de 189 000 euros… Ce à quoi s'ajoutent les actes et les taxes, qui représentent généralement 10 % du prix de l'appartement, mais qui, dans le cas d'Ester et Angel, montent à 14,5 %. Plus question de rembourser le crédit de 9 000 euros : l'agence immobilière en a déjà pris 6 000. Ils découvrent que le droit de désistement n'est pas reconnu par la législation espagnole dès lors que les parties sont physiquement présentes lors de la signature du contrat. Comme la plupart des ménages, c'est dans l'opacité la plus totale qu'ils ont signé un contrat financier qui engage une part considérable de leurs revenus pour le restant de leur vie. Mais ils se rassurent en pensant que, en dernier recours, il leur sera toujours possible de revendre leur logement rapidement et de faire des bénéfices…
Comme prévu, Ester et Angel commencent à payer des mensualités de 770 euros, ce qui représente 38 % de leurs revenus. Un an après l'achat, Ester est congédiée de l'entreprise où elle travaillait comme auxiliaire administrative. Elle est alors enceinte et soupçonne que c'est la raison de son renvoi. Mais, en Espagne, le licenciement sans cause avérée n'entraîne pas de grosses difficultés pour les employeurs : il suffit de verser dans les quarante-huit heures l'indemnisation fixée par la loi, correspondant à quarante-cinq jours par année travaillée. A partir de ce moment et jusqu'en 2008, Ester parvient seulement à enchaîner des emplois temporaires, comme presque 30 % des travailleurs espagnols. Ensuite, elle ne retrouve plus de travail.
Aucune loi sur le surendettement des ménages
Durant l'année 2008, le relèvement des taux d'intérêt fait passer la mensualité à… 1 130 euros. A peu près au même moment, Angel est licencié à son tour. Pour la première fois, le couple ne peut payer les traites. Il décide de ne pas faire appel à la famille. « On pensait régulariser le mois suivant et, au pire, on pouvait retirer de l'argent avec la carte de crédit pour le reverser sur le compte. Mais on n'a pas pu payer et ça a fait boule de neige. » Angel retrouve finalement du travail. Le couple entame des négociations pour régler les retards, mais reçoit une mise en demeure menaçant d'une saisie de l'appartement. La solution proposée par la banque ? Contracter un nouveau crédit pour couvrir la dette en instance. Ester et Angel doivent donc ajouter un plan d'épargne aux conditions déjà exigées lors de la signature de l'« hypothèque » (ouverture d'un compte, souscription d'une assurance-vie et d'une assurance-habitation auprès de l'entité) et accepter une augmentation du « différentiel », le pourcentage qu'ajoute la banque au taux d'intérêt de base. L'une des clauses du nouveau contrat stipule un seuil plancher des intérêts de 3,6 %. Nous sommes précisément à la fin de l'année 2008, c'est-à-dire au moment où les taux officiels commencent à passer en dessous de ce seuil…
Scandalisés par ce qu'ils considèrent comme un nouvel abus, Ester et Angel rejettent l'offre et continuent à payer comme ils le peuvent, sans s'être acquittés des retards, en attendant de trouver un moyen pour mettre un terme à la menace d'exécution hypothécaire. En effet, en Espagne, il n'existe aucune loi sur le surendettement des ménages qui permette aux particuliers de faire face à ce type de situation. En dernier recours, les parents d'Ester sont prêts à demander un crédit pour les aider. C'est aussi une manière d'éviter que ne soit saisie la caution qu'ils ont engagée.
Bien que cela lui pèse, Ester considère désormais que « plus tu te comportes comme un pirate, mieux tu réussis dans la vie. Je pars maintenant du principe que tous ceux qui m'entourent vont me tromper ». Cela vaut d'abord pour les banques. Elle calcule ce qu'elle finira par payer : 369 600 euros avec les intérêts, pour un appartement vendu 165 000. « Je souhaitais faire d'autres choses, regrette-t-elle, je voulais étudier, passer mon baccalauréat. Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui je me retrouve avec un appartement et rien d'autre. »
A la recherche de petits travaux pour remonter la pente
Les problèmes de Victor, divorcé avec deux enfants, proviennent au moins autant de l'augmentation des taux d'intérêt que des difficultés de son entreprise. Employé dans le service design d'une fabrique de meubles, il touche 1 000 euros mensuels de salaire fixe mais, en période d'activité normale, s'y ajoute une partie « B » de 600 à 800 euros. Il vit et travaille à Fuensalida, une ville de la province de Tolède, à 70 kilomètres de Madrid. Si lui habite à cinq minutes de son travail, nombreux sont les habitants qui travaillent dans la capitale. En 2005, il a acheté un appartement de 115 mètres carrés pour 159 000 euros. Il n'est pas passé par une agence immobilière et a demandé directement un crédit à sa banque. Il a couvert les frais de transaction avec son épargne et a pu obtenir le crédit pour le total de l'« évaluation » grâce à sa mère, qui s'est portée caution. A cette époque, les loyers dans cette zone s'élevaient à 400-500 euros, ce qui équivaut pratiquement au montant de la mensualité qu'on lui propose — 521 euros — pour une « hypothèque » de quarante ans. « Au lieu de payer pour quelque chose qui ne sera pas à toi, raconte-t-il, j'ai préféré m'engager dans l'achat d'un appartement. »
Le taux d'intérêt annuel est de 2,5 % pendant la première année. A partir de l'année suivante, on lui applique le taux d'intérêt variable qui régit le reste de son crédit, soit le taux de base interbancaire européen — l'Euribor, acronyme de European Interbank Offered Rate (5) — plus un « différentiel » de 1,25 %. En 2006, lors de la renégociation annuelle, ses mensualités passent ainsi à 648 euros, puis à 758 euros en 2007 et, finalement, à 830 euros en 2008. Dans la mesure où les intérêts ont un poids plus important au cours des premières années, les augmentations de taux provoquent ces énormes variations. En même temps, la part des revenus « B » de Victor disparaît complètement lorsque son entreprise commence à subir les effets de la crise. C'est donc avec un salaire de 1 000 euros qu'il doit couvrir l'ensemble de ses frais. En mai 2009, il demande un crédit personnel de 12 000 euros pour faire face à plusieurs dépenses, dont la communion de sa fille. « Lorsque j'ai commencé à avoir vraiment des difficultés, je me suis mis à entraîner une équipe de football junior après le travail et, les week-ends, j'essayais de faire des petits travaux, du bricolage, n'importe quoi pour essayer de remonter la pente. J'ai aussi un permis poids lourd pour faire des trajets courts mais, pour l'instant, ça n'a rien donné. Tous les jours, je sors de chez moi à 8 heures du matin et je ne reviens jamais avant 21 heures. Je ne travaille pas moins de soixante ou soixante-cinq heures par semaine, en tirant toujours le diable par la queue pour avoir un peu d'argent et payer. Mais quand je suis débiteur, je retire avec la carte de crédit et je reverse sur le compte. » Jusqu'au mois suivant, où les intérêts s'ajoutent aux mensualités existantes des crédits immobilier et personnel…
Pour la banque, le risque est presque nul
Victor a tenté de modifier les conditions de son « hypothèque ». En vain : les réponses sont toujours négatives car son appartement a perdu de sa valeur. « Et ne songe surtout pas à cesser les paiements ! Ici, ce n'est pas comme aux Etats-Unis, où tu restitues le logement et où la dette est soldée. Ici, la banque te prend le logement et, lorsqu'il est vendu aux enchères, la différence entre la valeur du prêt et celle de la vente, tu continues à la devoir. Ensuite, ils s'en prennent à tes garants et, si ce n'est pas suffisant, à tout ce qu'ils pourront prélever sur ton compte. » De fait, seul le salaire est dans une certaine mesure protégé contre la saisie pour dettes. Comme dans tous les pays de tradition de droit romain, un débiteur répond de sa dette avec tous ses biens présents et futurs, ce à quoi s'ajoutent d'autres types de garanties comme les cautions.
Ainsi, pour la banque, le risque du prêt est pratiquement nul, une fois retirés les coûts des diverses procédures judiciaires éventuellement engagées. Pour couronner le tout, un décret-loi (n° 716/2009), publié le 2 mai 2009, permet à la banque d'exiger des garanties supplémentaires si l'immeuble a perdu plus de 20 % de la valeur de l'estimation initiale. A défaut de lois de surendettement ou d'interventions publiques d'aide aux particuliers, le crédit privé est la seule issue. Et, en dernier recours, interviennent des entreprises de crédit rapide, pratiquant des intérêts que certains n'hésitent pas à considérer comme usuraires.
Aussi longtemps que la banque n'accepte aucun changement, la seule possibilité pour Victor, outre l'aide que peut lui apporter sa famille, est de tenir jusqu'à la prochaine renégociation de l'« hypothèque » et d'espérer que les taux d'intérêt se maintiendront aux niveaux historiquement bas d'aujourd'hui… Sous l'action conjointe de la Banque centrale européenne (BCE), des opérations de sauvetage des banques et des injections de liquidités, l'Euribor s'est en effet fixé à 1,77 % en avril 2009. Compte tenu des hauts montants d'endettement et des effets directs des cycles du marché financier, les ménages espagnols ont développé une grande familiarité avec les taux d'intérêt du marché interbancaire. Au point que Victor voit bien ce que l'on pourrait faire : « Au lieu d'aider les banques, il suffirait qu'on accélère les renégociations des hypothèques aux taux actuels, ou qu'on crée une banque hypothécaire publique, comme il y en avait avant, qui puisse racheter les dettes des gens qui ont des difficultés, et qu'on applique tout de suite les taux actuels. » C'est même l'une des seules perspectives pour beaucoup de propriétaires endettés en Espagne.
Les migrants souffrent plus encore de la situation. Près de cinq cent mille familles migrantes ont des « hypothèques », et les abus qu'elles subissent — notamment des crédits aux taux croissants, des différentiels plus élevés — sont plus graves. Fin 2008, six cent trente-quatre mille huit cents étrangers sur les cinq millions deux cent mille qui résident en Espagne figuraient dans les « registres des mauvais payeurs » (6). Les associations de consommateurs ou de quartier qui assistent les personnes confrontées à des problèmes d'endettement reçoivent majoritairement des migrants. Et pour cause : ils sont plus dépourvus que les autochtones de réseaux de soutien, les taux de chômage sont supérieurs (7) et ils sont soumis à des pratiques de crédits en chaîne qui impliquent plusieurs familles au moment où l'une d'elles cesse le paiement.
« Le profil de sortie de la récession [en Espagne] est plus lent que celui de la moyenne de la zone euro, et cela s'explique par la situation du secteur du logement », déclarait le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires Joaquín Almunia, prévoyant un « ajustement plus prolongé (8) ». « Ajustement » qui suppose plusieurs milliers d'exécutions hypothécaires, l'absorption par les banques de l'épargne des ménages et un accroissement de la précarité de l'emploi et du travail au noir. Quant aux familles qui ont tenu le coup, elles risquent de voir leur endettement grimper avec un relèvement (prévisible) des taux d'intérêt.
(1) « Mon ambition serait de faire de la France un pays de propriétaires. Un Français sur deux est propriétaire de son logement. 80 % des Espagnols le sont. 76 % des Anglais le sont. Douze millions de familles françaises aimeraient être propriétaires et ne le sont pas. » TF1, 2 mai 2007.
(4) Pour conserver l'anonymat des personnes interrogées, leurs noms ainsi que ceux des villes citées ont été modifiés.
(5) L'Euribor est le taux d'intérêt calculé au jour le jour par la Fédération bancaire de l'Union européenne. Il s'agit d'une moyenne pondérée du taux d'intérêt auquel les soixante-quatre banques européennes les plus importantes sont disposées à prêter de l'argent.
(6) 21 % du volume des dettes impayées est imputé à ce groupe, qui représente seulement 11,3 % de la population.
(7) 28,4 %, contre 15,23 % parmi les autochtones, selon l'enquête sur la population active de l'Institut national de statistique (INE), au premier trimestre 2009.
A divulgação de um áudio em que Daniel Vorcaro, ex-dono do Banco Master, afirma ter financiado o documentário Lula, dirigido por Oliver Stone, ampliou a disputa política entre Luiz Inácio Lula da Silva (PT) e Flávio Bolsonaro (PL). O episódio ganhou novos contornos após o diretor de redação da Fórum, Renato Rovai, denunciar um suposto acordo no qual Flávio negociaria uma delação de Vorcaro contra Lula e, em contrapartida, se comprometeria a proteger o banqueiro caso fosse eleito. A denúncia ainda precisa ser comprovada.
A revista Veja publicou nesta sexta-feira (9) trechos de uma gravação atribuída a Vorcaro, na qual ele afirma ter colocado dinheiro na produção do documentário sobre Lula e diz que o financiamento teria ocorrido de maneira irregular. Segundo a publicação, os pagamentos envolveriam cerca de R$ 30 milhões em espécie, além de repasses ao Instituto Lula. Até o momento, os valores mencionados não foram comprovados publicamente.
Antes da publicação da Veja, Rovai afirmou, em publicação na rede X nesta quinta-feira (8), que o vazamento estaria relacionado a um suposto entendimento entre Vorcaro e Flávio Bolsonaro. Segundo o diretor da Fórum, o banqueiro teria interesse em divulgar informações contra Lula, enquanto o senador se comprometeria a protegê-lo caso fosse eleito presidente.
Celular de Vorcaro não registra o suposto pagamento
Uma apuração publicada pelo UOL nesta sexta-feira acrescentou informações ao caso. Segundo o veículo, as conversas extraídas do celular de Vorcaro, apreendido pela Polícia Federal (PF) em novembro de 2025, não apresentam registros de pagamentos ou patrocínios ao documentário de Oliver Stone. O aparelho contém, porém, referências a investimentos em produções sobre Jair Bolsonaro e Michel Temer.
O UOL também informou que o documento com o relato detalhado dos pagamentos de R$ 30 milhões em espécie, citado pela Veja, não aparece nas três propostas de delação apresentadas pela defesa do banqueiro. Uma dessas propostas, entretanto, mencionava o patrocínio a filmes sobre Lula e Michel Temer. Fontes ouvidas pelo UOL na Procuradoria-Geral da República (PGR) e na PF disseram desconhecer a gravação e o documento específico descrito pela revista.
A PGR rejeitou a proposta de colaboração de Vorcaro por considerar que ela não apresentava novidades relevantes em relação às provas já obtidas. Segundo o UOL, o banqueiro não chegou a prestar depoimento oral no âmbito das tratativas. A defesa de Vorcaro afirmou que ele teria elementos para sustentar suas declarações.
Relação de Flávio com Vorcaro entra no radar da PF
A relação entre Vorcaro e Flávio Bolsonaro também aparece nas investigações sobre o financiamento de Dark Horse, filme sobre a trajetória do ex-presidente Jair Bolsonaro.
Reportagens do Intercept Brasil revelaram mensagens relacionadas à negociação de US$ 24 milhões, equivalentes a aproximadamente R$ 134 milhões, para financiar a produção. Segundo informações publicadas pelo UOL, ao menos US$ 10,6 milhões, cerca de R$ 61 milhões, teriam sido pagos para custear o projeto. Os valores negociados não devem ser confundidos com os recursos efetivamente transferidos.
Flávio admitiu ter se encontrado com Vorcaro após a primeira prisão do banqueiro, em novembro de 2025, e afirmou que a reunião tratou do encerramento de sua participação no projeto. As movimentações financeiras relacionadas ao filme são objeto de investigação da Polícia Federal.
Campanha de Lula anuncia medidas judiciais
A controvérsia ganhou força às vésperas do segundo turno presidencial, marcado para 25 de outubro. A campanha de Lula negou as acusações relacionadas ao documentário e anunciou medidas judiciais contra Vorcaro e a revista Veja. Também acusou os envolvidos de tentar interferir no processo eleitoral. Entre as providências anunciadas estão pedidos de investigação e medidas judiciais contra os responsáveis pela divulgação das acusações.
O Grupo Prerrogativas também acionou a Polícia Federal para pedir a investigação de uma suposta articulação envolvendo Vorcaro e a campanha de Flávio Bolsonaro. A representação solicita que sejam verificadas informações sobre negociações para uma entrevista do ex-banqueiro a uma emissora de televisão e sobre a existência de uma gravação atribuída a ele. O grupo afirma que não teve acesso ao áudio e pede que as informações sejam apuradas pela polícia.
What makes the recent military-strategic developments orchestrated primarily by Japan, South Korea, Philippines and United States more dangerous than ever? And how can their impact on the Western Pacific be evaluated? The Western Pacific is quickly becoming as busy with security arrangements as it is with warships, missiles, and military exercises. Japan’s recent efforts to […]
Russia is planning a winter strike campaign involving up to 1,000 missiles, drones, and bombs targeting, among other facilities, electrical substations, hydroelectric and thermal power plants, and boiler houses. The information is contained in a document that, according to sources cited by The New York Times, Ukraine's Energy Minister Denys Shmyhal presented as an intercepted Russian plan to destroy energy infrastructure systematically. The newspaper reported on 2 October.
Russia has been striking critical infrastructure across Ukraine since the beginning of its full-scale invasion. Such attacks have become particularly frequent ahead of and during winter. Ukraine's recent battlefield gains may have prompted Putin to reconsider his strategy and attempt to force Ukraine to surrender through winter strikes, analysts at the Institute for the Study of War (ISW) suggest. Russia's reported plans to attack Ukraine's energy, water supply, and sewage systems could threaten the basic living conditions of millions of people. Such strikes could increase pressure on civilians and the Ukrainian economy while forcing the state to divert more resources to emergency infrastructure repairs instead of defense needs.
The New York Times was unable to verify the document's authenticity independently, but noted that it was written in Russian and dated August.
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A representative of Ukraine's defense-industrial sector who has reviewed the document believes it is more of a calculation than a finalized Russian military operations plan, according to Schemes, an investigative journalism project by Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL), in a report published on 8 October.
60 targets: how Russia could attack Ukraine's critical infrastructure
The document outlines how many missiles, drones, and bombs Russia would need to deprive Kyiv, Kharkiv, and Odesa of electricity, heating, water, and sewage services, Radio Liberty reported on 9 October. The document's full list of priority cities also includes Dnipro, Zaporizhzhia, Mykolaiv, Kherson, Poltava, Chernihiv, Kryvyi Rih, Cherkasy, Kropyvnytskyi, Lviv, Vinnytsia, and Ivano-Frankivsk.
Regions of Ukraine containing cities listed as “priority” targets in Russia's plan to attack critical infrastructure this winter (shown in grey). Map: Euromaidan Press
According to the document, Russia plans to begin by attacking substations near Ukraine's western border, through which the country receives electricity from Europe. Hydroelectric power plants could be targeted next, followed by facilities intended to shut down Ukraine's three operational nuclear power plants, Radio Liberty reports. The document lists a total of 60 key targets.
According to Schemes, the document states that Russia would need up to 770 Molniya and Geran drones, Dan-T/Banderol missile-drones, 170 FAB guided aerial bombs, and 75 Kinzhal and Iskander-M ballistic missiles to carry out the attacks.
Sewage systems could become Russia's next target
The document devotes particular attention to water supply and wastewater systems. These include pumping stations, treatment facilities, and other infrastructure essential for cities to provide residents with water and dispose of wastewater.
One of the water supply facilities. Illustrative photo: Ukrinform
Russia has not previously attacked such facilities on a similar scale, The New York Times notes.
Preparing for possible attacks on water supply and sewage systems is significantly more difficult than protecting energy infrastructure, Oleh Popenko, head of the Ukrainian Union of Utility Services Consumers, told Current Time, RFE/RL's Russian-language network.
“Sewage is a very complex system. There are specific challenges: where to discharge wastewater, how to organize treatment facilities, and so on. Some work is also underway in this sector, but it will be much more difficult here than with district heating utilities,” Popenko says.
Creating alternative routes in case sewage pumping stations are destroyed is an expensive and technically challenging task, he adds. Such construction could cost billions of hryvnias.
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The priority is to equip water utilities with backup power sources so they can continue operating during power outages. However, if Russian strikes damage the sewage system itself, resolving the problem quickly will be much more difficult, Popenko believes. Specific solutions, including wastewater disposal and the operation of treatment facilities, will have to be determined according to the extent of the damage.
Sewage pumping stations play a particularly important role. They pump wastewater onward for disposal and treatment. If such a station is put out of operation by a strike, the city needs an alternative way to divert wastewater while the damaged facility is being repaired, Popenko says. Bypass pipes or channels could be installed for this purpose, but setting up such a system during wartime is far from easy.
Air defenses remain crucial to Ukraine's winter preparations
Preparations for winter are underway, but protection for energy infrastructure remains inadequate, Popenko believes. The main concern is large substations that transmit electricity from nuclear power plants and distribute electricity imported from Europe.
Rescuers extinguish a fire caused by a Russian strike in Odesa Oblast. Illustrative photo: State Emergency Service of Ukraine in Odesa Oblast
At the same time, some protective measures are already proving effective. Despite drone attacks over two days, one of Kyiv's substations withstood the strikes, and the city did not lose power, although scheduled outages were in effect, the expert says.
Popenko considers a repeat of last winter's scenario, when parts of Kyiv went without heating for weeks, entirely possible. Russian forces continue to attack energy facilities, and in his assessment, strengthening air defenses in Kyiv is the only way to protect its combined heat and power (CHP) plants from large-scale attacks.
“There are no other ways — for example, building some sarcophagi around CHPs or constructing shelters — because Russia can destroy these facilities again through massive strikes. And then the city risks being left 50–60% without heat,” Popenko believes.
Residents are also preparing for winter, but their options vary, he says. Some homeowners' associations participate in government programs to insulate apartment buildings and purchase backup power supplies for elevators and pumping stations. Owners of private houses are buying generators, among other measures. However, such equipment and preparations require substantial funds, meaning not everyone can afford them, he notes.
Ukraine has already experienced prolonged power outages during previous winters, particularly in 2022 and 2023. At the time, some regions went without electricity for 18–20 hours a day, the expert says. This experience may help people prepare for possible disruptions, but it does not eliminate the risk of further attacks and infrastructure damage.
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