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Macron, Le Pen, Mélenchon, tous étatistes ? notre mapping politique libertarien

Par Eric V.

Macron −5, Mélenchon +2 sur la souveraineté : tout les oppose. Sur l'État, +4 et +5 : rien ne les sépare. Le Courrier a placé 34 partis et personnalités sur une carte libertarienne à deux axes. Trente-deux sont dans la moitié haute. En bas à droite, il n'y a presque personne. C'est là que nous sommes.

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Trente-quatre points sur une feuille

Emmanuel Macron, −5 et +4. Jean-Luc Mélenchon, +2 et +5. Marine Le Pen, +4,3 et +4,2. Bruno Retailleau, +1 et +4. Le Courrier a placé le 12 octobre trente-quatre partis et personnalités sur une carte à deux axes, gradués de −5 à +5, et le premier constat est géographique : tout le monde est en haut. On se dispute avec férocité l'axe horizontal, on y échange des noms d'oiseaux, on y fait campagne, et l'on se retrouve, au moment de dire ce qu'on attend de l'État, à la même altitude.

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Deux noms seulement passent sous la ligne médiane du côté souverainiste : David Lisnard (+1, −2), qui parle de girondisme et de réduction de l'État, et Sarah Knafo (+4, −1), ouvertement hostile à la dépense publique. Sous −2, il ne reste que des repères hors partis : les libertariens, qui n'ont aucune offre électorale en France, ce journal, placé à +4 et −4, et l'auteur de ces lignes, un peu au-dessus.

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Une carte que la gauche et la droite ne dessinent pas

L'axe gauche-droite date de l'été 1789 : à la Constituante, les députés favorables au veto royal se sont rangés à droite du président, les autres à gauche. Il a servi deux siècles. Aujourd'hui, il place Bruno Retailleau et Jean-Luc Mélenchon aux deux bouts d'une ligne, alors que notre carte les met presque à la même altitude, +4 et +5. Et il ne dit rien de la question que se pose un libertarien devant un bulletin : ce candidat décidera-t-il à ma place, et depuis où ?

Les libertariens américains ont buté sur le même mur. Au début des années 1970, David Nolan a dessiné un diagramme à deux axes, liberté économique et liberté personnelle, pour montrer que ni les républicains ni les démocrates ne les représentaient. Le Political Compass a repris l'idée en 2001. Ces deux outils mesurent ce que l'État permet. Ils ne mesurent pas d'où il le décide. Or c'est la question française de 2027 : un président élu à Paris, des normes écrites pour partie à Bruxelles, et une haie de Corrèze qui remonte à la préfecture.

D'où cette carte, faite pour un usage précis : voir, derrière les querelles de l'axe horizontal, l'étage où chacun se tient. Elle est publiée avec cet article, et chacun peut y contester une position.

Les positions sont des ordres de grandeur. On peut discuter Philippe à +1,3 plutôt qu'à +2, ou Zemmour un cran plus haut. On ne fera pas descendre la moitié haute. Cette carte repose sur deux critères, et sur deux seulement. Les voici, parce que tout le reste en découle.

Premier critère : la distance

L'axe horizontal mesure un degré de proximité. Il pose une question simple : à quelle distance du citoyen se prend la décision ? À +5, aucune norme ne s'impose au-dessus de la loi nationale. À −5, la nation est présentée comme un échelon dépassé pour les grands sujets. Emmanuel Macron occupe ce point depuis son discours de la Sorbonne du 26 septembre 2017, où la « souveraineté européenne » devenait le cadre naturel de la défense, de l'énergie et de la monnaie.

Le mot de mondialisme fâche, et je le prends au sens strict, parce qu'on l'a beaucoup sali. Il ne désigne ni un club, ni un complot, ni une catégorie de gens. Il désigne une doctrine, qui se lit dans des discours publics : le bon niveau de décision, pour l'essentiel, est le plus éloigné. Le souverainisme est la doctrine inverse : le bon niveau est le plus proche.

Il faut distinguer tout de suite deux mots que l'on confond sans arrêt. Un fabricant de Saint-Étienne qui vend des couteaux à Osaka fait de la mondialisation. Une règle unique, écrite à Bruxelles ou à Genève, qui fixe la manière dont le fabricant d'Osaka et celui de Saint-Étienne doivent étiqueter leurs couteaux, relève du mondialisme. Le premier est un échange, le second un commandement. On peut aimer l'un et détester l'autre, et c'est même, à le bien regarder, la position la plus cohérente qui soit.

Second critère : la pente

L'axe vertical mesure un degré d'inclinaison. Il ne demande pas où se prend la décision, mais dans quel sens elle circule. Vient-elle d'en haut, par le décret, la norme, le plan, l'autorisation préalable ? Ou naît-elle de côté, par le contrat, l'échange, l'association, l'accord entre voisins ?

Un exemple vaut mieux qu'une définition. Depuis le 1er octobre, un agriculteur qui veut arracher une haie de champ doit déposer une « déclaration unique » auprès du préfet (décret n° 2026-829 du 28 août 2026). Il justifie l'absence de solution alternative, attend deux mois d'instruction, replante au moins la longueur détruite, et respecte, à partir de 2027, une période d'interdiction d'au moins vingt et une semaines fixée par arrêté. Le texte fusionne treize réglementations antérieures, et on le présente comme une simplification. Il est vertical de bout en bout : la question d'une haie entre deux parcelles remonte à la préfecture, puis en redescend sous forme de récépissé.

Cet axe ne mesure pas la gauche et la droite. LFI et le PCF sont à +4,5 ; le RN à +3,8 ; Renaissance à +3,4. La planification écologique, la préférence nationale et l'État stratège n'ont pas le même contenu. Elles ont la même pente.

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Les deux axes ne se recouvrent pas

C'est ici que la carte dérange les souverainistes, et je m'y range. Être proche ne suffit pas à être horizontal. Le Rassemblement national est à +4 sur la souveraineté et à +3,8 sur l'État : préférence nationale, retraite à 62 ans, État protecteur. Nicolas Dupont-Aignan est à +5,3 et +3,6, avec une réindustrialisation planifiée depuis Paris. Ce souverainisme-là rapatrie la signature de Bruxelles à Paris, et il garde le décret.

L'histoire française connaît bien ce cas. Colbert était souverainiste avant le mot : manufactures royales, règlements de fabrication, inspecteurs chargés de vérifier la largeur des draps. La nation était proche, l'ordre tombait d'en haut, et le drapier fabriquait à la largeur fixée par le roi. Ce n'est pas nouveau, c'est très français.

Lisnard et Knafo montrent que la combinaison inverse existe à droite. Elle reste rare, et elle ne dispose d'aucun appareil.

Pourquoi le libertarien est d'abord un homme de la proximité

En septembre 1945, dans « The Use of Knowledge in Society », Hayek faisait une observation que l'on n'a jamais réfutée : la connaissance utile à une décision est dispersée, locale, souvent tacite. Le boulanger sait ce que vaut son four, le paysan sait où l'eau stagne, l'artisan sait ce que son client acceptera de payer. Aucun bureau central ne peut rassembler ce savoir. Les prix le transmettent sans qu'aucun ordre soit donné.

Il en découle une règle de logique, et non de goût. Si le savoir est local, la décision doit se prendre là où il se trouve. Et le lieu le plus proche de toute décision qui me concerne, c'est moi. La famille, l'entreprise, la commune, la nation viennent ensuite, dans cet ordre, comme des échelons de délégation. C'est pourquoi le libertarisme français parle de souveraineté individuelle avant de parler de souveraineté nationale : la seconde n'a de sens que comme protection de la première.

Le libertarien est donc souverainiste par construction. Il l'est aussi d'une manière précise : entre des décideurs proches les uns des autres, la coordination se fait de côté, par le contrat et par l'échange. La démocratie liquide que nous défendons en est la forme politique : chacun vote lui-même, ou délègue sa voix, de manière révocable, à qui il choisit. La délégation part d'en bas, et elle peut être reprise le lendemain.

On objectera que les libertariens américains défendent le libre-échange mondial, parfois les frontières ouvertes, et qu'ils ont l'air de mondialistes. L'objection mérite mieux qu'un haussement d'épaules. La réponse tient dans la distinction posée plus haut. Le libre-échange est la forme la plus horizontale qui soit : des millions de contrats passés sans centre. Il n'a besoin d'aucun gouvernement mondial. Le traité Cobden-Chevalier de 1860, qui a ouvert le commerce entre la France et le Royaume-Uni, a été signé par deux nations souveraines, et il supprimait des barrières au lieu d'écrire des normes. Un libertarien peut vouloir des échanges planétaires et des décisions communales. Ce qu'il ne peut pas vouloir, c'est que la règle des échanges soit écrite par une autorité que personne n'a choisie.

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Pourquoi le mondialisme ne peut pas descendre

Retournons la logique. Une décision prise pour 450 millions d'Européens, ou pour huit milliards d'humains, ne peut pas connaître la haie de Corrèze, le four du boulanger de Lens ou le carnet de commandes d'un sous-traitant du Jura. Elle ne peut donc prendre qu'une forme : une règle uniforme, appliquée partout de la même manière, contrôlée par une administration. La distance oblige à la norme, et la norme oblige à la pente. Un mondialiste horizontal serait un homme qui veut décider de tout depuis le plus loin possible sans rien imposer à personne. Il n'existe pas, et la carte le montre : le quadrant inférieur gauche est vide. Le point le plus bas du camp européiste est Horizons, à +1.

Le cas de l'euro numérique est un modèle du genre. Dans la position du Parlement européen, le plafond de détention serait fixé par la Commission, par acte délégué, sur recommandation de la BCE. Le Parlement et le Conseil pourraient s'y opposer. Ils ne pourraient pas l'amender. La somme d'argent public numérique qu'un Français aura le droit de garder sera donc décidée à trois étages au-dessus de lui, par une institution qu'il n'élit pas.

Les fédéralistes répondent par la subsidiarité, inscrite à l'article 5 du traité sur l'Union européenne : l'Union n'agit que si l'échelon national ne suffit pas. C'est leur meilleur argument, et il faut regarder comment il fonctionne. Les parlements nationaux peuvent adresser un « carton jaune » à la Commission s'ils réunissent un tiers des voix. Depuis 2009, ils l'ont fait trois fois. La Commission a retiré son texte une fois, en 2012, sur le droit de grève. Elle a maintenu le sien deux fois, sur le parquet européen et, le 20 juillet 2016, sur les travailleurs détachés. Dans ce dispositif, c'est le centre qui décide de ce qu'il laisse à la périphérie. La subsidiarité, ainsi conçue, ne fait pas monter le pouvoir d'en bas. Elle en fait redescendre une partie, quand le haut y consent.

L'asymétrie est là. La proximité ne garantit pas l'horizontalité : le RN le prouve. La distance, elle, garantit la verticalité : le quadrant vide le prouve.

Une moitié haute bien remplie

Il serait commode de s'arrêter là et d'accuser l'offre politique. Ce serait mentir un peu. Si presque tout le monde est en haut de la carte, c'est que les électeurs y sont aussi. Nous, je veux dire. Quand le gazole dépasse deux euros, nous demandons une remise à l'État, pas une baisse de ses taxes. Quand un voisin dérange, nous demandons un arrêté au maire. Quand une profession nous inquiète, nous demandons une autorisation préalable. Chacun de ces gestes, pris isolément, a ses raisons. Mis bout à bout, ils dessinent exactement la carte que nous déplorons.

Faut dire que la verticalité a un charme : elle soulage. Celui qui demande un décret n'a plus à négocier avec son voisin, ni à assumer seul le risque d'un contrat raté. Je suppose que c'est pour cela qu'elle gagne si souvent, et qu'elle gagne des deux côtés de l'axe horizontal à la fois.

Dernier mot

Trente-quatre noms sur la carte. Trente-deux dans la moitié haute. Deux sous la ligne du côté souverainiste, et aucun sous −2. Aucun dans le quadrant des mondialistes horizontaux, parce que ce quadrant ne peut pas exister. Sous −3, on ne trouve qu'un journal, son directeur et une famille d'idées qui n'a pas de parti.

En avril 2027, chaque bulletin proposé portera le nom de quelqu'un qui se tient dans la moitié haute. Le quadrant vide ne se remplira pas par un vote. Il se remplit chaque fois que l'un de nous règle avec son voisin ce qu'il s'apprêtait à demander au préfet.

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Capital-décès : faut-il encore payer quand les enfants sont autonomes ?

Par Vincent Clairmont

Jean-David G. pose, sous ma fiche du 7 octobre sur le capital-décès des indépendants, la question que cette fiche laissait ouverte. Ses enfants sont adultes et autonomes. Il travaille avec son épouse, tous deux indépendants, et chacun pourrait à la rigueur remplacer l'autre. Faut-il continuer à payer la prime ?

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Ma réponse : la raison principale de s'assurer a disparu, mais pas toutes les raisons. Il reste trois questions à trancher avant de résilier. Si les trois réponses sont oui, la garantie décès peut être réduite ou supprimée.

Ce qui a changé

Dans ma fiche, la première ligne du calcul était le revenu à remplacer, multiplié par le nombre d'années jusqu'à l'autonomie du dernier enfant. Pour Jean-David, ce nombre d'années est à zéro. C'était la ligne la plus lourde : 360 000 euros sur les 360 000 de mon cas type. Le reste du calcul tient désormais en trois questions.

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Première question : le survivant vit-il de son seul revenu ?

Deux indépendants qui travaillent ensemble ne forment pas deux revenus séparés. Ils forment souvent une seule entreprise qui tourne à deux. « Se substituer l'un à l'autre » veut dire, en pratique, faire seul le travail de deux, ou embaucher, ou réduire l'activité. Je préconise de chiffrer le scénario honnêtement : quel chiffre d'affaires l'entreprise réalise-t-elle avec une seule personne pendant douze mois ? Si le survivant garde un niveau de vie acceptable avec ce chiffre, la question est réglée.

Deuxième question : le survivant peut-il porter seul les dettes ?

Un prêt professionnel cautionné par les deux époux reste dû en entier par le

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L'OTAN se rapproche-t-elle d'une guerre « chaude » avec la Russie ?

Par Thibault de Varenne

Le 26 juillet 2025, à Pabianice, Donald Tusk annonçait qu'il fallait se préparer à un affrontement majeur avec la Russie dès 2027 (Blue News, d'après PAP). Le 5 novembre, devant le Sénat, le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, demandait de « se préparer à un choc d'ici trois, quatre ans » (Public Sénat). Le 11 décembre, à Berlin, Mark Rutte, secrétaire général de l'OTAN, était plus net encore : « Nous sommes la prochaine cible de la Russie », qui « pourrait être prête à employer la force militaire contre l'OTAN d'ici cinq ans » (Anadolu). En juin dernier, l'inspecteur général de l'armée allemande assurait que les trente-deux alliés s'accordaient sur une date : 2029 (National Security Journal).

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Hier, à Varsovie, le commandant suprême des forces alliées en Europe a présenté publiquement le plan par lequel l'Alliance briserait une invasion russe. En quinze mois, la guerre avec la Russie a reçu un calendrier. Elle a désormais un plan de bataille.

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À Athènes, Marco Rubio oppose la loyauté envers la nation à la « communauté mondiale ». Ce que dit le discours du 7 octobre, et comment il est lu.

Le calendrier des avertissements

Ces avertissements ne viennent pas de nulle part, et il faut commencer par le reconnaître. La Russie a tiré près de deux mille missiles balistiques sur l'Ukraine cette année, selon le commissaire européen à la défense (EU Perspectives). Des drones ont franchi l'espace aérien polonais et roumain. Des sabotages ont été signalés en Estonie et en Allemagne, que Moscou dément.

Le 24 septembre, le service de renseignement militaire danois, le FE, a publié l'évaluation la plus précise du lot. Il prévoit une escalade de la guerre hybride « dans les mois qui viennent » et juge « faible mais croissant » le risque d'une attaque militaire limitée contre un pays de l'OTAN voisin de la Russie : frappes isolées à longue portée contre des infrastructures qui servent à soutenir l'Ukraine, attaque sous faux drapeau avec des drones de fabrication ukrainienne, petites unités sans insignes franchissant une frontière (Nordic Defence Sector).

Le même service ajoute qu'il ne voit aucun signe de préparation d'une invasion, laquelle demanderait au moins six mois. Mark Rutte lui-même a reconnu, début octobre, qu'aucun élément ne laissait présager une invasion conventionnelle imminente (Business AM). Le général Grynkewich ne juge le conflit « ni imminent ni inévitable ».

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Pouvoir n'est pas vouloir

Toute la difficulté tient dans un verbe. Les évaluations sérieuses parlent de ce que la Russie pourra faire en 2029. Le discours public dit ce qu'elle va faire. Le passage de l'un à l'autre ne se fait dans aucun rapport ; il se fait à la tribune, entre la note des services et la phrase du ministre. On ne prépare pas un budget de défense avec un conditionnel.

Je ne soupçonne personne de mentir. Une capacité qui se reconstitue est une menace réelle, et un gouvernement qui ne s'y préparerait pas manquerait à son premier devoir. Mais une date annoncée à voix haute produit des effets que la prudence aurait dû peser. Elle fixe un horizon aux budgets : être prêt en 2030, dit l'Union. Elle en fixe un aussi à l'adversaire. Si l'Europe sera prête en 2030, celui qui veut l'éprouver sait qu'il a intérêt à le faire avant. En 1914, l'état-major allemand raisonnait exactement ainsi devant le réarmement russe annoncé pour 1917. La prophétie d'une guerre à date fixe travaille à se réaliser.

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Ce que prévoit la riposte

Le plan présenté hier tient en trois verbes : bloquer l'invasion au point d'attaque, l'émousser par les drones et les capteurs, puis la briser en frappant « tout ce qui soutient, alimente et commande cette force » (Stars and Stripes). Il est présenté comme défensif, et il l'est dans son déclenchement : rien ne bouge avant une attaque.

C'est la troisième phase qui change la nature de l'affaire. Selon Meduza, elle prévoit des missiles à longue portée contre les postes de commandement et les défenses aériennes russes de la région de Kaliningrad, des environs de Saint-Pétersbourg et de Biélorussie. Il s'agit du territoire russe. Or la doctrine nucléaire russe, révisée en novembre 2024, admet l'emploi de l'arme en cas de « menace critique » contre la souveraineté ou l'intégrité territoriale de la Russie ou de la Biélorussie, et range parmi les situations dangereuses l'isolement d'une partie de son territoire (Carnegie). Kaliningrad est une enclave. Le plan de l'OTAN vise précisément les lieux que la doctrine adverse a désignés comme intolérables.

Il faut y ajouter un mot prononcé à Bruxelles. En décembre 2025, l'amiral Giuseppe Cavo Dragone, qui préside le comité militaire de l'Alliance, envisageait qu'une « frappe préemptive » puisse être tenue pour une « action défensive » face aux attaques hybrides, tout en concédant que l'idée s'écartait « de notre façon normale de penser » (Kyiv Independent, d'après le Financial Times). La préemption frappe une attaque imminente. La prévention frappe une menace future, et la Charte des Nations unies l'interdit. Dans la guerre hybride, où personne ne sait dire le jour où une invasion commence, la frontière entre les deux tient à l'appréciation d'un état-major.

Le scénario qui devrait inquiéter

Rapprochons les pièces. Le scénario que le renseignement danois juge le plus

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L'or monterait-il si l'OTAN déclarait la guerre à la Russie ?

Par Vincent Clairmont

L'once d'or s'échangeait ce mardi matin autour de 4 175 dollars (HDFC Sky). Le 2 mars, deux jours après les premières frappes sur l'Iran, elle valait 5 349 dollars (Business Recorder). Depuis, l'once a perdu 22 %. Une guerre ouverte entre l'OTAN et la Russie serait d'une autre nature : cette fois, la France serait partie au conflit. Un lecteur me demande si l'or monterait. Ma réponse : en dollars, pas forcément ; en euros, très probablement. Mais pour un épargnant français, la question décisive serait ailleurs.

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Une précision d'abord : l'OTAN ne déclare pas la guerre. L'article 5 du traité de Washington engage chaque allié à assister celui qui est attaqué, par « telle action qu'elle jugera nécessaire, y compris l'emploi de la force armée ». En France, c'est le Parlement qui autorise la déclaration de guerre (article 35 de la Constitution). Le scénario réaliste n'est donc pas une déclaration de l'Alliance, mais l'activation de l'article 5 après une attaque contre un allié.

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En dollars, les précédents ne promettent rien

Les guerres récentes suivent la même séquence. À l'annonce, l'or prend une prime de peur. Le 24 février 2022, l'once gagne 1,9 % à 1 942 dollars (CNBC), puis touche

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Budget 2027 : ce que l'Assemblée a fait du PLF et du PLFSS depuis vendredi

Par Élise Rochefort

Deux textes financiers sont en discussion à l'Assemblée nationale. Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, n° 3210, fixe les recettes et les dépenses de l'État. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), n° 3211, fixe celles de la Sécurité sociale. Tous deux ont été déposés le 1er octobre 2026. La Constitution laisse au Parlement 70 jours pour se prononcer sur le premier (article 47) et 50 jours sur le second (article 47-1). Le gouvernement vise un déficit public de 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % attendus en 2026.

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Le PLF en commission

Le vendredi 9 octobre au soir, après trois jours d'examen, la commission des finances a rejeté la première partie du PLF, consacrée aux recettes. Le décompte publié par LégiFiscal et par LCP est de 31 voix contre, 3 pour et 2 abstentions ; L'Échiquier social retient 33 voix contre. Seul le groupe Ensemble pour la République (EPR) a voté pour. Les Démocrates se sont abstenus. Les quatre groupes de gauche, le Rassemblement national, Horizons et la Droite républicaine ont voté contre.

Budget recalé en commission, saisie étendue aux comptes-titres, OAT à 4,80 % : le point patrimonial du 11 octobre
Taxe foncière le 20, budget 2027 recalé en commission, saisie étendue aux comptes-titres, or à 4 194 $ : le point patrimonial de Vincent Clairmont.

Avant ce vote, la commission avait adopté une partie des amendements déposés : 118 selon L'Échiquier social, plus de 200 selon LégiFiscal, sur environ 1 800. Les principaux portent sur huit points. L'article 3, qui abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, est supprimé ; le gouvernement en attendait 1,4 Md€. L'exonération des indemnités journalières versées au titre d'une affection de longue durée est maintenue (groupe socialiste). Le plafond de 7 500 euros d'exonération des heures supplémentaires disparaît (EPR). Le plafond du Livret A passe de 22 950 à 30 000 euros (LFI). La taxe sur les services numériques passe de 3 % à 15 % (écologistes). Une taxe annuelle de 2 % frappe les titres de placement détenus par les holdings familiales (Liot). Une contribution temporaire vise les superprofits pétroliers et gaziers (écologistes). La cible de déficit de 5 % est retirée de l'article liminaire (RN, LFI, UDR, socialistes).

Le rapporteur général, Philippe Juvin (Droite républicaine), a chiffré l'effet provisoire de ces modifications à une perte nette d'environ 10 Md€ de recettes, soit un déficit de 5,35 à 5,4 % du PIB. Il a jugé la copie « pas satisfaisante ». Paul Midy (EPR) a défendu le vote favorable de son groupe : « mieux vaut un mauvais budget que pas de budget ». Jean-Philippe Tanguy (RN) a parlé d'un budget « qui ne fait pas d'économies », d'un « tonneau des Danaïdes ».

Ce vote n'a pas d'effet juridique. En séance, la discussion repart du texte du gouvernement (article 42 de la Constitution). Les amendements adoptés en commission doivent être redéposés et votés à nouveau.

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La motion de rejet

Le groupe socialiste a déposé une motion de rejet préalable sur la première partie. Estelle Mercier, chargée du budget pour le groupe, a déclaré lundi que « le Premier ministre n'a donné aucun signe d'inflexion » ; elle présente la motion comme « une sommation » (Moneyvox). Si la motion est adoptée, le texte est considéré comme rejeté en première lecture et transmis au Sénat dans sa version initiale, comme le budget 2026 l'avait été le 21 novembre 2025. Son adoption suppose le vote conjoint de la gauche et du Rassemblement national. Le groupe RN devait arrêter sa position ce mardi matin (LCP). La motion est examinée ce mardi, avant l'ouverture des débats dans l'hémicycle.

Deux voies de repli sont ouvertes au gouvernement. Il peut engager sa responsabilité au titre de l'article 49.3, comme il l'a fait en janvier 2026. Il peut aussi, si le Parlement ne s'est pas prononcé dans les 70 jours, mettre le texte en vigueur par ordonnance, procédure qui n'a jamais été utilisée. Les dates avancées pour cette échéance diffèrent : la mi-décembre selon LCP, le 18 décembre selon Moneyvox. Le 17 septembre, Sébastien Lecornu avait écarté l'une et l'autre (Public Sénat). Le 6 octobre, selon les propos rapportés de son entretien au Wall Street Journal, le ministre de l'Économie Roland Lescure déclarait : « Nous utiliserons tous les moyens nécessaires » (Le Média en 4-4-2).

Budget 2027 : ce que l'Assemblée a fait du PLF et du PLFSS depuis vendredi
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Le PLFSS en commission

L'examen du PLFSS a commencé lundi 12 octobre à 21 h 30, en commission des affaires sociales. Au 9 octobre, 1 577 amendements restaient à examiner (NosParlementaires). Les séances se poursuivent jusqu'au vendredi 16 octobre. Le rapporteur général est Thibault Bazin (Droite républicaine). Le compte rendu de la première séance n'était pas publié ce mardi matin.

Cinq mesures concentrent les débats (LCP). Le gel des pensions supérieures à 1 265 euros doit rapporter 4,1 Md€ ; Sandrine Runel (PS) s'oppose à tout gel, Hadrien Clouet (LFI) rappelle que le seuil de pauvreté est de 1 337 euros. Le gel des allocations familiales et de rentrée scolaire doit rapporter 1,1 Md€ ; il est

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Glucksmann : la caste mondialiste riposte au populisme

par Eric V.

66 % à la primaire, 12 % dans les sondages. Entre ces deux chiffres tient tout ce que Raphaël Glucksmann est : le candidat qu'un milieu se donne à lui-même pour répondre à Le Pen, Mélenchon et Trump. Ce milieu, le journal l'appelle la caste. Il vient de choisir son porte-parole.

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Aux Docks d'Aubervilliers, le 13 juin, on pouvait lire la salle comme une liste. Public Sénat l'a dressée : Carole Delga, Marisol Touraine, Anne Sinclair, Bernard Kouchner, Bérénice Bejo, Michel Hazanavicius, Laurence Tubiana, une dizaine de députés, presque autant de sénateurs. Une présidente de région, une ancienne ministre, une figure historique de la télévision, un ancien ministre des Affaires étrangères, deux figures du cinéma, l'architecte de l'accord de Paris sur le climat. Ces gens ne se sont pas concertés pour venir. Ils sont venus parce que c'était là qu'il fallait être. C'est à cela qu'on reconnaît une caste : un ensemble hétéroclite dont les membres réagissent de la même manière sans s'être donné le mot.

La caste existe-t-elle ? ou la France mise sous séquestre
La caste n’est ni une classe ni un complot : un habitus et une fermeture. Épisode 1 de notre série — définition, généalogie, et la France mise sous séquestre.

Quatre mois plus tard, 66,13 % des 120 000 votants de la primaire socialiste lui ont donné l'investiture. Dans le pays, Cluster17 le mesure entre 12 et 14 % ; l'Ifop place Marine Le Pen à 35 %. Le contraste n'est pas une faiblesse de campagne. C'est la définition même de sa candidature : plébiscité par ceux qui décident, ignoré par ceux qui votent.

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Ce que « mondialiste » veut dire ici

Le mot n'est pas une insulte, et il ne désigne aucun complot. Il décrit un horizon de carrière. Raphaël Glucksmann est député européen depuis 2019. Avant cela, il a été conseiller du président géorgien Mikheil Saakachvili, de 2008 à 2012. Son

premier mandat électif, il l'a obtenu à Strasbourg. Ses sujets, il les a choisis à Bruxelles : le filtrage des investissements étrangers, dont il fut rapporteur, un ISF européen, un fonds souverain européen, un Buy European Act. Son programme promet la fin du règlement de Dublin, une convention citoyenne sur l'immigration, le refus de « l'immigration zéro ». La nation y figure comme un échelon d'exécution. La décision, elle, se prend un cran au-dessus.

Et c'est en ces termes qu'il décrit lui-même son combat. À Aubervilliers, il a accusé l'extrême droite de vouloir « vendre la France à Trump et Poutine ». Il a nommé « les trois laisses » qui enserrent le cou des Français : les énergies fossiles, la Chine, le numérique. Il n'en a pas nommé une quatrième : celle que tiennent la Commission, la Cour de justice et les traités. On ne voit pas la laisse qu'on tient soi-même.

Pourquoi la riposte prend cette forme

Le populisme, tel qu'il s'est installé de Washington à Rome, tient en une phrase, et Marco Rubio l'a prononcée à Athènes le 7 octobre : il n'y a « rien d'égoïste ni de répréhensible dans la loyauté envers sa nation ». Face à cela, la caste française n'a pas de doctrine. Elle a un réflexe, et c'est le même depuis 2017 : trouver un homme jeune, européen, bien né, qui parle de progrès, et le placer entre « les extrêmes ».

Les ressemblances avec Macron ne sont pas un hasard, elles sont un procédé. Un mouvement à son nom plutôt qu'un parti, Place publique en 2018 comme En Marche en 2016. Un livre au printemps, puis des salles pleines avant toute déclaration, puis une candidature au journal de 20 heures. Le service national obligatoire, promesse de Macron en 2017, revient tel quel. La convention citoyenne, inventée pour le climat en 2019, est resservie pour l'immigration. Le Buy European est un slogan macronien de la première heure. La caste ne change pas de méthode quand la méthode échoue ; elle change de visage.

Il y a une différence, et elle compte : Glucksmann est passé par une primaire, et il l'a gagnée. Macron avait tout fait pour l'éviter. Mais regardons de près cette primaire. 140 282 inscrits, dont 42 695 sympathisants à 15 euros, un vote en ligne, une liste close le 5 octobre. C'est le corps électoral d'une grande entreprise, pas celui d'un pays. Le peuple de la primaire, c'est le peuple d'Aubervilliers élargi. Il a choisi celui qui lui ressemblait le plus.

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Le populisme a produit son adversaire

Et c'est ici qu'il faut cesser de regarder la caste pour nous regarder nous-mêmes. Si la riposte peut prendre la forme d'un homme sans programme chiffré, c'est que le populisme français n'a rien produit depuis huit ans qu'une humeur. Le Rassemblement national à 35 % n'a pas publié son programme pour 2027. Les gilets jaunes ont réclamé un référendum et n'ont jamais écrit la question. Nous avons fourni la colère. La caste a fourni le candidat. Entre une colère sans texte et un texte sans colère, l'électeur modéré choisira le texte, même vide.

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Dernier mot

Raphaël Glucksmann n'est pas le candidat de la gauche. Il est le candidat par lequel un milieu qui a gouverné la France depuis 2017, et qui sait qu'il va perdre, organise sa survie sous une autre étiquette. Ce milieu l'a adoubé à 66 %. Le pays l'ignore à 88 %.

Ce qui le fera exister, ce n'est pas lui. C'est nous, si nous persistons à n'opposer à la caste qu'un bulletin de mauvaise humeur. Une riposte ne tient que tant que l'adversaire n'a rien d'autre à proposer qu'un cri.

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Où en est l'or ?

Par Vincent Clairmont

L'once d'or s'échangeait ce lundi matin autour de 4 215 dollars en séance asiatique, selon Tradingpedia. Vendredi, elle valait 4 194 dollars, soit 3 743 euros. Le World Gold Council, l'organisme de place financé par les producteurs, situe le record à 5 405 dollars le 29 janvier. Le métal a donc perdu environ 22 % depuis ce sommet. Il a cédé 8,5 % sur le seul mois de septembre et recule de 4,4 % depuis le 1er janvier. La question que me posent les lecteurs tient en une ligne : faut-il s'inquiéter ? Ma réponse est non. Voici pourquoi, et ce que je fais.

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Ce qui a fait baisser l'or

Deux causes, et toutes deux se mesurent.

Les taux. Le rendement de l'emprunt d'État américain à dix ans a gagné 53 points de base en septembre, jusqu'à 5,3 %. Un point de base vaut un centième de point de pourcentage. L'or ne verse ni intérêt ni dividende. Quand un placement sans risque de défaut rapporte 5 % par an, garder un lingot coûte ce qu'on renonce à toucher. Les banques centrales ont relevé leurs taux en septembre : la BCE le 10, la Fed le 16. Le marché à terme donne 17,7 % de chances à une nouvelle hausse de la Fed le 28 octobre et 84,1 % à une hausse en décembre (CME FedWatch).

Les spéculateurs à crédit. Sur le COMEX, le marché à terme new-yorkais où l'on parie sur l'or sans le détenir, les fonds spéculatifs ont réduit leurs positions acheteuses de 12 milliards de dollars en septembre, soit 84 tonnes. Les positions d'arbitrage ont fondu de 22 milliards de dollars, soit 156 tonnes. Ces acteurs travaillent avec de l'argent emprunté. Quand le coût de cet argent monte, ils vendent ce qu'ils peuvent vendre vite. L'or en fait partie.

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Qui achète pendant ce temps

C'est le chiffre que la presse a peu repris. En septembre, pendant que le cours perdait 8,5 %, les fonds indiciels adossés à de l'or physique (les ETF) ont reçu 10 milliards de dollars, soit 67 tonnes. Au troisième trimestre, l'Europe a acheté davantage que l'Amérique du Nord, pour la première fois depuis 2021. Les

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Trump s'apprête-t-il à débrancher Zelensky ?

Par Thibault de Varenne

Samedi et dimanche, des responsables américains de la défense ont téléphoné à Kiev et à plusieurs capitales européennes. Selon le Financial Times, qui cite des officiels européens, le message tenait en deux menaces. Si l'Ukraine continue de frapper les raffineries russes, Washington bloquera les armes que les Européens achètent pour elle aux États-Unis. Il cessera aussi de lui transmettre son renseignement. « Ils appellent Kiev. Ils appellent tout le monde en Europe », a résumé l'un des destinataires. La Maison-Blanche n'a ni confirmé ni démenti.

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Le même week-end, Donald Trump a déclaré que l'Ukraine devait « se trouver un nouveau président ». Dimanche, il a annoncé seul un « cessez-le-feu énergétique » dont Kiev n'avait pas entendu parler. La question du titre se pose. Elle en appelle une autre, plus utile : dans quel état est l'homme qu'on menace de débrancher ?

Pourquoi Trump a un besoin crucial du pétrole de Poutine
Le 9 octobre, Trump a obtenu de Poutine du gazole russe malgré les sanctions. Prix records, raffineries saturées, élections du 3 novembre : les chiffres qui expliquent l’accord.
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Qui tient quoi

Washington. Donald Trump affronte le 3 novembre les élections de mi-mandat avec un gazole à plus de six dollars le gallon. Le 9 octobre, il a obtenu de Vladimir Poutine des livraisons de gazole russe, et suspendu pour cela une partie des sanctions. Élise Rochefort a détaillé ce matin, dans ces colonnes, les chiffres de cet accord. Une seule chose compte ici : chaque raffinerie russe en feu retarde le gazole promis aux électeurs américains.

Kiev. Volodymyr Zelensky dispose de drones à longue portée qui frappent les raffineries russes depuis des mois. Ils ont contraint Moscou à interdire ses propres exportations de gazole en juillet. C'est la seule arme ukrainienne qui coûte de l'argent au Kremlin chaque jour, loin du front.

Moscou. Vladimir Poutine frappe de son côté le réseau électrique ukrainien. Samedi, un bombardement russe sur Zaporijia a tué 23 personnes, dont quatre enfants. L'accord du 9 octobre lui rapporte des recettes et un interlocuteur attentif à la Maison-Blanche.

Les Européens. Ils paient. Le PURL, la liste des besoins prioritaires de l'Ukraine, est le mécanisme par lequel des pays européens achètent des armes américaines livrées à Kiev. Il a fourni 6,7 milliards de dollars d'armement en un an. L'Europe règle la facture, et Washington décide de la livraison. Kaja Kallas, chargée de la diplomatie de l'Union, a répondu samedi que « ce n'est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie ».

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La menace a déjà servi

Washington a déjà mis ce chantage à exécution. Le 28 février 2025, Volodymyr Zelensky avait été éconduit du Bureau ovale. Le 3 mars, l'aide militaire américaine était suspendue, et le partage de renseignement le fut à son tour. Le 11 mars, à Djeddah, Kiev acceptait le principe d'un cessez-le-feu, et l'aide reprenait. La suspension avait duré huit jours.

Le renseignement est le levier qui compte. Une arme se rachète ailleurs, plus cher et plus tard. Les images satellites et les interceptions américaines qui guident une partie des frappes ukrainiennes n'ont pas d'équivalent à vendre.

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Panique de Zelinsky ou pas ?

Les raisons de paniquer existent. Selon l'Institut international de sociologie de Kiev, qui a interrogé 1 002 personnes du 12 au 21 septembre, 53 % des Ukrainiens

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Pourquoi Trump a un besoin crucial du pétrole de Poutine

Par Élise Rochefort

Le vendredi 9 octobre 2026, Donald Trump a annoncé sur son réseau social qu'il avait conclu un accord avec Vladimir Poutine lors d'un appel téléphonique. La Russie s'engage à livrer du gazole aux États-Unis et au reste du monde. Le jour même, le Trésor américain a autorisé ces livraisons malgré les sanctions. Le Kremlin a confirmé être « prêt à fournir du pétrole et des produits pétroliers aux marchés américain et mondial ». Le pétrole dont il est question est donc avant tout du gazole, le carburant appelé diesel aux États-Unis. Cette fiche explique pourquoi le président américain en a besoin, et ce que l'accord peut réellement changer.

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Ce qui a été annoncé

Selon le message de Donald Trump rapporté par The National, la Russie livrera immédiatement plus de 300 000 tonnes de gazole. Elle en livrera ensuite 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes. Le président américain évoque trois millions de tonnes « dans un court délai », selon l'état des raffineries russes. Une raffinerie est l'usine qui transforme le pétrole brut en carburants. Les comptes rendus ne disent pas tous la même chose : selon les journaux, ces trois millions de tonnes sont soit le total, soit une livraison supplémentaire.

Le Trésor américain a publié une licence, c'est-à-dire une exception écrite aux sanctions. Elle autorise jusqu'en avril 2027 la vente, la livraison et l'importation de gazole russe aux États-Unis. Elle n'autorise aucun mouvement sur les comptes de la banque centrale russe. Les États-Unis n'avaient plus importé de carburant russe depuis mars 2022. Le lendemain, 10 octobre, Moscou a levé en partie l'interdiction d'exporter du gazole qu'elle s'était imposée en juillet. La levée porte sur 500 000 tonnes.

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Le gazole, carburant de ceux qui produisent

Aux États-Unis comme en France, le gazole fait rouler les camions, les tracteurs, les moissonneuses, les trains de marchandises et les bateaux. Quand il augmente, le prix du transport augmente, puis celui de presque tout ce qui est transporté.

Le 9 octobre, le gazole coûtait en moyenne 6,23 dollars le gallon aux États-Unis, selon l'association d'automobilistes AAA. Un gallon fait 3,785 litres. Cela fait environ 1,65 dollar le litre. Les taxes sur le carburant sont beaucoup plus faibles aux États-Unis qu'en France. Le prix avait atteint un record de 6,52 dollars le 22 septembre. Un an plus tôt, il était de 3,67 dollars, soit une hausse d'environ 70 % en un an.

La hausse arrive pendant les récoltes. Dans le sud-est du Missouri, l'agriculteur Tory Meyr a payé son gazole 60 % plus cher que l'an dernier. Il possède trois camions semi-remorques, et faire le plein de chacun lui coûte environ 1 500 dollars. Donald Trump vise directement ce public : « Faire baisser les prix pour les Américains, en particulier nos grands agriculteurs, éleveurs et routiers, est ma plus grande priorité. »

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Pourquoi l'Amérique manque de gazole alors qu'elle produit un record de pétrole

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Capital-décès : pourquoi les indépendants ont absolument besoin d'une prévoyance complémentaire

Par Vincent Clairmont

Le régime obligatoire verse 9 612 euros aux proches d'un artisan ou d'un commerçant mort en activité, quel que soit son revenu, et aucune rente. Pour un artisan de quarante ans qui laisse deux enfants, c'est 4 % de ce qu'il faudrait. Le reste ne se règle que par contrat, et avant.

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Le régime obligatoire des artisans et commerçants verse un capital-décès de 9 612 euros aux proches d'un indépendant mort en activité. C'est un forfait : 20 % du plafond annuel de la sécurité sociale, fixé à 48 060 euros en 2026. S'y ajoutent 2 403 euros par enfant à charge.

Ma position tient en une phrase : l'indépendant qui a quelqu'un à sa charge, ou une dette garantie sur ses biens personnels, ne peut pas s'en tenir à ce forfait. Quatre raisons, puis la marche à suivre.

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Première raison : le forfait ignore le revenu

Le capital est le même pour un bénéfice de 20 000 euros et pour un bénéfice de 80 000. Il ne dépend ni de l'ancienneté, ni du nombre d'années pendant lesquelles le foyer devra vivre sans ce revenu.

Prenons un artisan de quarante ans, 40 000 euros de revenu net, deux enfants de six et neuf ans. Si le foyer doit remplacer 60 % de ce revenu jusqu'à l'autonomie du cadet, soit quinze ans, le besoin est de 360 000 euros. Le régime obligatoire verse 9 612 euros, plus 2 403 euros par enfant : 14 418 euros. Quatre pour cent du besoin, soit un peu plus de sept mois sur quinze ans. Les hypothèses sont les miennes ; chacun refait le calcul avec ses chiffres.

Deuxième raison : le régime ne verse aucune rente

Le capital est versé une fois. Le régime invalidité-décès des artisans et commerçants ne prévoit ni rente de conjoint ni rente d'éducation.

La pension de réversion existe, mais elle relève de la retraite. Dans le régime de base, elle suppose le mariage, cinquante-cinq ans révolus et des ressources sous plafond. Le conjoint de quarante ans attend quinze ans. Le partenaire de PACS et le concubin n'y ont pas droit.

Troisième raison : l'indépendant n'a pas d'employeur

Situation du défuntCapital versé par le régime obligatoireRègle
Artisan ou commerçant en activité9 612 €20 % du plafond
Artisan ou commerçant retraité3 844,80 €8 % du plafond, 80 trimestres validés
Par enfant orphelin2 403 €5 % du plafond ; moins de 16 ans, 20 ans si études
Professionnel libéral affilié à la CIPAV7 209 € + part variable15 % du plafond, plus une part liée aux points acquis
Salarié du privé4 009 €forfait, hors prévoyance d'entreprise

Le salarié reçoit moins du régime de base, mais il est le plus souvent couvert par un contrat collectif, payé en partie par son employeur. L'indépendant n'a que le forfait, sauf contrat souscrit par lui-même. Les autres professions libérales relèvent chacune de leur caisse, avec des montants propres. Le président de SAS relève du régime général : il laisse 4 009 euros, et sa prévoyance passe par un contrat souscrit par la société.

Quatrième raison : le forfait lui-même peut être perdu

Les cotisations. Le droit suppose des cotisations vieillesse et invalidité-décès à jour au jour du décès. À la CIPAV, le défaut de paiement prive les ayants droit du capital ; une régularisation reste possible dans les six mois.

Le délai. Rien n'est automatique. Les personnes qui étaient à la charge effective, totale et permanente du défunt sont prioritaires, à condition de déposer leur demande à la caisse primaire dans le mois. Passé ce mois, le capital va dans l'ordre au conjoint, aux enfants, aux autres descendants, aux ascendants. Au bout de deux ans, il n'est plus dû.

La carrière, pour le retraité. Il faut 80 trimestres validés au régime des indépendants. Depuis le 5 avril 2026, il n'est plus exigé d'avoir terminé sa carrière comme indépendant.

Trois vérifications ne coûtent rien : demander à l'Urssaf une attestation de régularité, la ranger avec les papiers que la famille ouvrira en premier, et écrire sur la même feuille le nom de la caisse et le délai d'un mois.

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Combien assurer

Je préconise un calcul en quatre lignes, dans cet ordre :

  1. le revenu que le foyer devrait remplacer, multiplié par le nombre d'années jusqu'à l'autonomie du dernier enfant ;
  2. plus les dettes qui ne sont pas déjà assurées — un prêt professionnel cautionné sur les biens personnels, un découvert, un crédit-bail. Un emprunt couvert par une assurance emprunteur ne se compte pas deux fois ;
  3. moins le patrimoine liquide déjà constitué ;
  4. moins le capital du régime obligatoire.

Le résultat est le capital à assurer. Il baisse chaque année : les enfants grandissent, les dettes s'amortissent, le patrimoine monte. Un contrat se révise donc tous les trois à cinq ans, à la baisse.

Quel contrat ?

Le contrat adapté est une assurance temporaire décès : une prime, un capital, une durée. La prime est perdue si le risque ne se réalise pas, et c'est ce qui la rend peu

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Budget recalé en commission, saisie étendue aux comptes-titres, OAT à 4,80 % : le point patrimonial du 11 octobre

Par Vincent Clairmont

Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Cette semaine : calendrier fiscal d'octobre, budget 2027, dons familiaux, pouvoirs de contrôle de l'administration, or et argent métal, bitcoin, livrets et devises.

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Le 9 octobre au soir, la commission des finances de l'Assemblée nationale a rejeté la partie recettes du projet de loi de finances pour 2027, par 31 voix contre 3 et 2 abstentions. Le même jour, l'OAT à dix ans clôturait à 4,80 % contre un Bund à 3,47 %, soit 132,5 points de base d'écart. Le 6 octobre, le World Gold Council publiait 39 tonnes d'achats d'or nets des banques centrales en août, environ 170 tonnes depuis janvier. Et du 5 au 9 octobre, les ETF bitcoin au comptant ont enregistré 678,9 millions de dollars de sorties nettes. Je reprends ces dossiers un par un.

Budget recalé en commission, saisie étendue aux comptes-titres, OAT à 4,80 % : le point patrimonial du 11 octobre
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Calendrier fiscal : trois dates à tenir

Le 15 octobre : taxe foncière par moyen classique, réservé aux avis inférieurs ou égaux à 300 euros, et acompte de prélèvement à la source des indépendants et des bailleurs. Le 20 octobre à minuit : paiement en ligne, prélèvement le 26, date qui

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Washington sanctionne la Cour pénale internationale. La France y a un juge, et il n'a plus de carte bancaire

Par Thibault de Varenne

Le 9 octobre au matin, le comité Nobel a donné le prix de la paix à Navi Pillay, ancienne juge de la Cour pénale internationale. L'après-midi, Marco Rubio a inscrit la Cour elle-même sur la liste des entités sanctionnées par le Trésor américain. Un juge français y siège. Depuis le 20 août 2025, il n'a plus de carte Visa, plus de compte PayPal, plus de compte Amazon. Paris a « condamné ». C'est tout.

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Le 9 octobre, à Oslo, vers onze heures, le comité Nobel a nommé Navi Pillay, juge sud-africaine qui siégea à la Cour pénale internationale de 2003 à 2008. Le même jour, à Washington, en fin d'après-midi, le secrétaire d'État a désigné la Cour comme entité sanctionnée. Les deux nouvelles ne se répondaient pas officiellement. Elles tiennent dans la même journée.

Marco Rubio a dit la phrase qui compte : « Ou bien la Cour cesse ses menaces, ou bien nous mettrons fin à la Cour. » Il a ajouté « tribunal voyou », et « brique par brique » s'il le faut.

Les États-Unis n'ont jamais adhéré à cette Cour. Ils entendent pourtant décider de sa fin.

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Ce qu'est cette Cour, et ce que fait une sanction

La Cour pénale internationale siège à La Haye. Elle est née d'un traité signé à Rome le 17 juillet 1998, par cent vingt États contre sept ; parmi les sept, les États-Unis, la Chine et Israël. La France l'a ratifié en juin 2000. Cent vingt-cinq États en sont aujourd'hui parties. Ni Washington ni Jérusalem.

Tout le différend tient dans une clause. La Cour se dit compétente pour les crimes commis sur le territoire d'un État partie, quelle que soit la nationalité de l'accusé. C'est ainsi qu'elle a pu enquêter sur des soldats américains en Afghanistan, et délivrer en novembre 2024 des mandats d'arrêt contre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant pour des faits commis à Gaza. Washington répond qu'un traité n'engage pas ceux qui ne l'ont pas signé. Les deux positions se défendent en droit. Elles ne se départagent pas en droit.

Elles se départagent par le dollar. Le 6 février 2025, Donald Trump a signé le décret 14203, fondé sur une loi d'urgence nationale conçue pour l'Iran, la Corée du Nord et Al-Qaïda. Un nom inscrit sur la liste voit ses avoirs gelés aux États-Unis ; toute personne ou entreprise américaine qui traite avec lui commet un délit ; tout étranger qui lui apporte un « soutien matériel » peut être inscrit à son tour. Dix-sept juges et procureurs y figuraient déjà. Depuis vendredi, la Cour entière. Le Trésor a accordé des licences de cent quatre-vingts jours pour que l'institution continue de fonctionner, « afin de laisser aux États parties le temps de présenter une solution ». La loi de 2002 qui autorise le président à employer « tous les moyens nécessaires » pour libérer un Américain détenu à La Haye s'appelle, au Congrès même, le Hague Invasion Act.

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Ce que cela fait à un Français

Nicolas Guillou est né à Vannes en 1975. Magistrat de l'ordre judiciaire, il a été élu juge à la Cour en 2023 sur présentation de la France. Il a siégé dans la chambre qui a délivré les mandats contre Benjamin Netanyahou. Le 20 août 2025, Marco Rubio l'a inscrit sur la liste, avec une Canadienne, une Fidjienne et un Sénégalais.

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Obtenir la fin de Parcoursup

Par Eric V.

126 632 candidats sans aucune proposition le 11 juillet. Le même jour, 83 000 places vides dans 6 000 formations. Le ministre appelle « immense démagogie » l’idée d’en finir.

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Le 11 juillet, au soir de la phase principale, 126 632 candidats n’avaient reçu aucune proposition. Plus d’un sur six. Le même jour, 83 000 places restaient vacantes dans quelque 6 000 formations. Relisez les deux chiffres ensemble. Une file d’attente et des invendus, au même guichet, à la même heure.

Depuis près de deux semaines, les lycées sont bloqués : plus de 500 établissements perturbés le 2 octobre, 735 selon le ministre lui-même. Les lycéens réclament des professeurs, des murs qui tiennent et, pour certains, la suppression de la plateforme Parcoursup. Mercredi, sur BFM, le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, leur a répondu avec une confondante clairvoyance : une « immense démagogie », et ceux qui la proposent « prennent vraiment les lycéens pour des truffes ». Son collègue de l’Éducation nationale avait, lui, ouvert une plateforme de concertation. Pour trois semaines.

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Une file et des invendus

Quiconque a connu une économie administrée reconnaît le tableau.

Parcoursup, ce sont 21 000 formations passées dans le même entonnoir, 83 % d’usagers qui le disent « stressant », des classements produits par des algorithmes locaux dont le Conseil d’État a jugé que le code n’avait pas à être communiqué, et un recours devant le tribunal qui peut mettre jusqu’à un an à aboutir. Un an : la rentrée est passée, la suivante approche.

Le reste se paie. L’enseignement supérieur privé est passé de 490 000 à 790 000 étudiants en dix ans.

La présomption fatale

Pour fixer le bon nombre de places dans une seule licence, il faudrait savoir à l’avance cinq choses. Combien de bacheliers la demanderont. Avec quel niveau. Ce que chacun aurait fait d’autre. Combien d’enseignants seront là en septembre. Et ce que le marché du travail absorbera dans trois ans. Aucun rectorat ne détient cela. Ce n’est pas affaire de compétence ni de moyens : l’information n’existe nulle part en un seul endroit. Elle est éparpillée entre les candidats, les familles, les professeurs, les employeurs — et elle n’apparaît que lorsqu’ils agissent.

Hayek a donné un nom à l’erreur qui consiste à l’oublier : la présomption fatale. La présomption, c’est de croire qu’on peut organiser depuis un bureau ce que personne, depuis ce bureau, n’est en mesure de savoir. Elle est fatale parce qu’elle ne se corrige pas : le bureau qui se trompe ne reçoit aucun signal lui disant de combien.

D’où les deux chiffres du 11 juillet. Un guichet central ne se trompe pas dans un sens ou dans l’autre. Il se trompe dans les deux à la fois, le même jour : 126 632 candidats sans proposition, 83 000 places vides.

Éducation et présomption fatale de Hayek : de quoi s’agit-il ?
La présomption fatale de Hayek expliquée simplement : croire qu’un plan d’ensemble fait mieux que les décisions de chacun. L’idée, les mots, les objections.

La pénurie est décidée avant l’algorithme

Le ministre a un argument, et il est sérieux. Avant Parcoursup, il y avait APB et sa loterie : 189 mentions de licence départagées par tirage au sort en 2015, 78 en 2016. Avant APB, la queue à l’aube devant les secrétariats. Et un lycéen d’Aurillac voit aujourd’hui, depuis sa chambre, les mêmes formations qu’un lycéen du Quartier latin. Tout cela est vrai. Le catalogue est un progrès ; qu’on le garde.

Seulement, la loterie, la file et l’algorithme sont trois manières de distribuer une pénurie qu’aucun des trois n’a créée. Elle est écrite ailleurs : à l’article L. 612-3 du code de l’éducation, qui fait arrêter chaque année les capacités d’accueil par « l’autorité académique ». Le nombre de places d’une licence n’est fixé ni par l’université seule, ni par ceux qui veulent y entrer. Il l’est par un rectorat. L’algorithme arrive après, et on lui en veut de faire ce pour quoi on l’a construit.

Voilà pourquoi la suppression que l’on réclame à gauche ne supprime rien. La proposition de loi des Insoumis rend au bachelier le droit de s’inscrire où il veut, puis confie au recteur le soin de trancher quand il y a trop de monde, selon le domicile et la situation de famille. On demande donc au recteur de décider ce que l’algorithme décidait, avec l’information dont il disposait : aucune. Les syndicats étudiants y ajoutent 250 000 places et dix milliards que le budget n’a pas. Le guichet change de bureau.

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Ce que finir veut dire

Obtenir la fin de Parcoursup, c’est obtenir trois choses, et aucune ne coûte dix milliards.

Que chaque établissement fixe lui-même combien d’étudiants il accueille, et en réponde : il est le seul à savoir de combien de salles, de professeurs et d’encadrement il dispose. Que chaque candidat postule directement, à qui il veut, autant de fois qu’il veut. Que chaque refus porte un motif et un nom, celui d’une personne qu’on peut appeler, et non celui d’une « commission d’examen des vœux ». L’État garde le catalogue et publie, formation par formation, ce que deviennent ceux qui y entrent.

Cela s’appelle une sélection, et le mot fâche. Mais elle existe déjà : elle est seulement anonyme, tardive et sans appel utile. Une sélection qu’on n’ose pas signer, on la confie à une machine.

C’est ici que nous entrons dans la pièce, nous autres parents. Ce guichet, nous l’avons voulu. Il nous épargne le refus prononcé par quelqu’un, il passe tous les enfants dans la même machine, et nous appelons cela l’égalité. Puis nous payons un coach en février et une école privée en juillet.

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Dernier mot

Je ne sais pas si les blocus tiendront jusqu’à la Toussaint. Je sais ce qu’il faut demander à ceux qui veulent l’Élysée en avril : non pas s’ils gardent la plateforme, mais qui, sous leur mandat, décidera du nombre de places et signera les refus.

Le ministre a raison sur un point. On prend les lycéens pour des truffes. Depuis 2018.

Très important !

Si vous voulez voir les vidéos de la manifestation, notamment au coeur des affrontements entre policiers et manifestants, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :

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Holdings, CIR, rachats d'actions : les députés taxent ce qu'ils ne savent pas compter

Par Vincent Clairmont

Un milliard d'euros annoncés, cent millions votés, pas un euro encaissé : voilà ce qu'est devenue la taxe sur les holdings familiales pendant la discussion du budget 2026. Jeudi soir, la commission des finances a voté 2 % par an sur la même cible.

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Jeudi 8 octobre au soir, la commission des finances de l'Assemblée a durci la fiscalité des holdings familiales et des grands groupes. Quatre votes à retenir.

Un amendement de Charles de Courson, du groupe Liot, crée une taxe annuelle de 2 % sur une partie des placements financiers détenus par les holdings familiales. Une holding familiale, c'est la société par laquelle une famille détient son patrimoine. Un amendement d'Éric Coquerel, président de la commission, abaisse de 750 à 100 millions d'euros le chiffre d'affaires à partir duquel une entreprise paie la taxe sur les rachats d'actions. Cette taxe frappe une société quand elle rachète ses propres actions pour les annuler. Un amendement socialiste allège l'impôt des PME sur une part un peu plus large de leurs bénéfices. Un autre réforme le crédit d'impôt recherche, par lequel l'État rembourse aux entreprises une partie de ce qu'elles dépensent en recherche. Il le réserve davantage aux petites et moyennes entreprises. Et il le conditionne au maintien en France des activités financées pendant dix ans, avec remboursement en cas de délocalisation ou de nouvelle baisse d'effectifs.

Ces votes sont provisoires : la séance publique du 13 octobre repartira du texte du gouvernement, et j'ai traité cette mécanique ici le 8 octobre. Ce n'est pas mon sujet aujourd'hui.

Budget 2027 : les députés votent 4 milliards de déficit nouveau en une après-midi
Budget 2027 : la commission des finances a retiré près de 4 milliards en une séance. La plus grosse recette abandonnée du texte n’a jamais été mise aux voix.

Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : la commission a cessé de taxer ce que l'on gagne pour taxer ce que l'on possède. Elle l'a fait sur une cible qu'elle avait déjà taxée l'an dernier. Elle annonçait alors un milliard d'euros de recette. Elle en a voté cent millions. Pas un euro n'a encore été encaissé.

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Premier point : personne ne sait ce que cette taxe rapportera

Quand l'impôt porte sur ce qu'on gagne, il existe un chiffre écrit noir sur blanc : un bénéfice, un dividende versé, une somme, une date. Quand il porte sur ce qu'on possède, il faut d'abord décider ce que ça vaut. Or une holding familiale détient des parts de sociétés qui ne sont pas cotées en Bourse : il n'existe aucun prix public. Le fisc doit donc fixer un prix lui-même, et le propriétaire le contestera. Personne ne peut dire à l'avance ce que la taxe rapportera.

La démonstration se trouve dans le budget de l'an dernier. L'article 7 de la loi de finances pour 2026 a créé une taxe sur les holdings familiales. Le projet du

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Budget 2027 : les députés votent 4 milliards de déficit nouveau en une après-midi

Par Vincent Clairmont
Près de 4 milliards d'euros : c'est ce que le ministre des comptes publics chiffre au terme de la première séance de la commission des finances, le 7 octobre. Le même texte renonce à 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à lever la main.

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Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a ouvert l'examen de la première partie du projet de loi de finances pour 2027. En un après-midi et une soirée, elle a supprimé l'article 3 — l'abaissement de 4 439 à 3 000 euros du plafond de l'abattement de 10 % sur les pensions, 1,4 milliard de rendement attendu —, retiré l'imposition partielle des indemnités journalières versées en affection de longue durée, relevé la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus contre l'avis du rapporteur général, et supprimé le plafond de 7 500 euros d'exonération des heures supplémentaires. Le ministre des comptes publics, David Amiel, chiffre l'ensemble à « près de 4 milliards d'euros » de déficit supplémentaire. Sur 43 milliards de mesures nouvelles, cela fait 9 % de l'effort, en une séance.

Ce décompte n'a aucune portée juridique. Le 13 octobre, la séance publique reprend la discussion à partir du texte du gouvernement : les votes du 7 octobre ne passent pas le week-end. Et avant qu'on en arrive aux voix, 217 des 1 784 amendements déposés avaient été déclarés irrecevables, dont 205 au titre de l'article 40 de la Constitution.

Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : la première séance n'a pas creusé le déficit, elle a montré où l'effort se décide. Le texte abandonne 2,5 milliards de surtaxe sur les grandes entreprises sans qu'aucun député n'ait à le voter, et demande 1,4 milliard à 4,6 millions de foyers de retraités en le faisant voter.

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Premier point : les 2,5 milliards que personne n'a eu à voter

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises entre dans sa troisième année. Elle a rapporté de l'ordre de 7,5 milliards d'euros en 2026. L'article 15 du projet la proroge en abaissant ses taux de 20,6 à 15,7 % pour les chiffres d'affaires entre 1,5 et 3 milliards, et de 41,2 à 31,4 % au-delà — une réduction de 30 % annoncée par le gouvernement lui-même, pour un rendement ramené à 5 milliards.

L'écart est de 2,5 milliards. Il est supérieur à chacun des votes du 7 octobre, et il n'a fait l'objet d'aucun. Il ne figure pas dans le décompte des 4 milliards, pour une raison simple : ce n'est pas un amendement, c'est le texte.

Je précise ma position, parce qu'elle commande la suite. Je ne défends pas la surtaxe. Une contribution « exceptionnelle » reconduite trois exercices de suite n'est plus exceptionnelle : c'est une imposition du capital productif, et je préfère la voir baisser que monter. Le Medef y voit un mauvais signal ; sur le fond, il a raison. Mon objet n'est pas l'assiette. C'est la procédure.

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Poutine a-t-il raison de dire que l'ordre de 1945 est mort ?

Par Thibault de Varenne

Le 1er octobre, devant le club de Valdaï, Vladimir Poutine a déclaré que l'équilibre né de la Seconde Guerre mondiale s'était effondré avec l'Union soviétique et que ses institutions ne reflétaient plus le monde. Six jours plus tard, à Athènes, le secrétaire d'État américain concluait au même endroit. La France tient son rang de cet ordre-là.

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Le 1er octobre, près de Moscou, Vladimir Poutine a parlé devant le club de Valdaï. Le 7, à Athènes, Marco Rubio a parlé face à l'Acropole. Les deux discours ne se répondaient pas. Ils arrivent pourtant au même point : le monde réglé en 1945 a cessé de l'être.

Quand Moscou et Washington tombent d'accord sur un décès, il est prudent de demander qui hérite.

Ce que contient le très important discours de Poutine à Valdaï
Discours de Poutine à Valdaï, 1er octobre 2026 : ce qu’il a dit - c’est très important.
La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu’a dit Marco Rubio à Athènes
À Athènes, Marco Rubio oppose la loyauté envers la nation à la « communauté mondiale ». Ce que dit le discours du 7 octobre, et comment il est lu.
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Ce qu'il a dit, et de quoi il parlait

Le club de Valdaï est un cercle de réflexion russe qui réunit chaque automne des universitaires et d'anciens diplomates de tous pays ; le président russe y prononce son discours de doctrine de l'année. C'était la vingt-troisième réunion.

Le compte rendu publié par le Kremlin donne les phrases. Les institutions qui ont bien fonctionné après la Seconde Guerre mondiale « ne reflètent plus la réalité ». Beaucoup de normes établies ont été « mises au rebut », et les nouvelles ne sont pas apparues. Puis, en réponse à une question : « Le système qui s'est formé après la Seconde Guerre mondiale reposait sur l'équilibre des forces entre les pays vainqueurs. Puis l'Union soviétique a été abattue, et cet équilibre s'est effondré. » La formation d'un nouvel ordre mondial, a-t-il conclu, est inévitable.

L'ordre dont il parle tient en un texte : la Charte des Nations unies, signée à San Francisco le 26 juin 1945. Elle pose une règle et une exception. La règle interdit à un État d'employer la force contre un autre, sauf pour se défendre. L'exception confie au Conseil de sécurité le pouvoir de l'autoriser, et donne à cinq vainqueurs un siège permanent et un droit de veto : les États-Unis, l'Union soviétique, la Chine, le Royaume-Uni, la France.

Il y a donc deux choses dans ce qu'on appelle l'ordre de 1945. Un équilibre entre puissances, et une règle. Le président russe a parlé du premier. C'est sur la seconde que tout se joue.

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Sur l'équilibre, il a raison

L'équilibre est mort en décembre 1991, et personne ne le conteste sérieusement.

Ce qui a suivi lui donne raison plus qu'on n'aime le dire à Paris. En mars 1999, l'OTAN a bombardé la Yougoslavie sans autorisation du Conseil de sécurité ; il l'a rappelé à Valdaï, et c'est exact. En 2003, les États-Unis ont envahi l'Irak dans les mêmes conditions. En 2011, un mandat voté pour protéger des civils libyens s'est achevé sur la chute d'un régime. En février dernier, les États-Unis et Israël ont engagé une guerre contre l'Iran sans autorisation du Conseil.

Deux fois sur quatre, la France en était. Une fois, en 2003, elle a refusé, et sa voix a porté ce jour-là plus loin qu'elle n'avait porté depuis longtemps. Elle défendait la règle contre son allié.

Ceux qui ont enterré la règle les premiers sont mal placés pour reprocher à un autre de constater le décès.

Ce qu'il garde de l'ordre défunt

Reste que le constat est sélectif.

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La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu'a dit Marco Rubio à Athènes

Par Élise Rochefort

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a prononcé le 7 octobre 2026 un discours sur la colline de la Pnyx, à Athènes, face à l'Acropole. C'est sur cette colline que se réunissait l'assemblée des citoyens athéniens. Le discours s'inscrit dans une tournée de trois pays membres de l'OTAN, l'Islande, la Grèce et le Portugal. Le matin, Marco Rubio avait rencontré son homologue Giorgos Gerapetritis et signé un accord d'échange de renseignements sur le terrorisme et le trafic de drogue. Cette chronique repose sur les extraits diffusés par le département d'État et repris par les agences. Le texte intégral n'a pas pu être consulté.

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Le diagnostic

Marco Rubio décrit l'Occident à un « point d'inflexion ». La dépêche de l'agence Belga traduit ainsi le passage : « Aujourd'hui, nous nous trouvons à la croisée des chemins. La voie que nous emprunterons déterminera si l'Occident conservera sa place à la tête du monde. » Il cite le retour de la compétition entre grandes puissances, le terrorisme et la concurrence technologique. L'alternative est formulée en une phrase : choisir d'agir maintenant, ou perdre la possibilité de choisir. L'autre voie est décrite par trois mots : atrophie, servitude, déclin.

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La nation et la « communauté mondiale »

C'est le passage dont le titre est tiré. Selon les extraits remis à l'avance à l'agence Associated Press, Marco Rubio conteste l'idée, qu'il dit en vogue, selon laquelle une politique étrangère éclairée ferait passer la « communauté mondiale » avant son propre peuple. Il affirme que les Grecs de l'Antiquité savaient qu'il n'y a « rien d'égoïste ni de répréhensible dans la loyauté envers sa nation ».

Le discours dresse ensuite une liste de renoncements. Les extraits publiés en donnent six : le mot « nationalisme » est devenu « un gros mot » ; les enfants ont appris à avoir honte des pays dont ils hériteront ; l'Occident a condamné sa propre histoire ; il a ouvert ses frontières ; il a délocalisé son industrie ; il a laissé dépérir ses armées. Un septième vise les institutions : des décisions ont été transférées à des « bureaucraties mondiales » situées hors du contrôle des nations.

La nation contre la « communauté mondiale » : ce qu'a dit Marco Rubio à Athènes
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Le choix américain

« Sous le président Trump, les États-Unis ont fait leur choix », déclare Marco Rubio. Il le nomme : la poursuite « sans complexe » de la puissance nationale. Il en énumère le contenu : reprise du contrôle des chaînes d'approvisionnement,

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Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités

Par Vincent Clairmont

1,4 milliard d'euros sur un effort de 54. En moyenne, 304 euros par an pour chacun des 4,6 millions de foyers concernés. C'est la mesure que la commission des finances a supprimée le 7 octobre, avec les voix de partis qui chiffrent le redressement des comptes en dizaines de milliards.

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Première reculade des partis sur l'abattement de 10 % pour les retraités

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Le 7 octobre, la commission des finances de l'Assemblée a supprimé l'article 3 du projet de budget pour 2027. Le texte abaissait de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % appliqué aux pensions pour le calcul de l'impôt sur le revenu. Rendement attendu : 1,4 milliard d'euros. Foyers concernés : 4,6 millions. Six groupes avaient déposé des amendements de suppression : Rassemblement national, UDR, Droite républicaine, Horizons, La France insoumise, communistes. Ensemble pour la République et le MoDem ont défendu la mesure. Le vote est provisoire : en séance, à partir du 13 octobre, la discussion repart du texte du gouvernement.

Il faut dire ce que l'article faisait, parce que le débat a porté sur autre chose. L'abattement n'était pas supprimé. Son plafond baissait, et ce plafond ne joue qu'au-delà de 30 000 euros de pensions par foyer et par an. En dessous, rien ne changeait. Au-dessus, la perte était bornée : 1 439 euros d'abattement en moins, soit 432 euros d'impôt pour un foyer imposé à 30 %. Rapporté aux foyers concernés, le rendement donne 304 euros par an en moyenne. Vingt-cinq euros par mois.
Ma thèse, et je la tiens jusqu'au bout : le vote du 7 octobre n'a pas porté sur les retraités. Il a porté sur la crédibilité de ceux qui promettent l'effort. Trois partis qui chiffrent le redressement en dizaines de milliards, ou en années de travail supplémentaires, ont refusé le premier 1,4 milliard qui portait un nom d'électeur.

Programme économique du RN ? ou les 140 milliards indolores
Le RN promet 140 milliards d’économies sans qu’aucun électeur n’y perde. Près de la moitié est demandée au fraudeur, à Bruxelles et à l’étranger.
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Premier point : ce que les mêmes partis promettent

Le Rassemblement national a présenté la veille 140 milliards d'économies d'ici 2032, qualifiés d'« effort radical », et défend une règle d'or pour laquelle Marine Le Pen a donné elle-même l'exemple de 2027 : un déficit plafonné à 2,4 % du PIB. Le lendemain, sa députée Claire Marais-Beuil déclarait en commission : « Nous refusons que le redressement des comptes publics se fasse une nouvelle fois sur le dos des retraités. »

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Fraude sociale : comment le juge anti-business Charles Prats a pipeauté la droite patriote

Par Elise Rochefort

Le répertoire national compte 113,1 millions de numéros d'inscription pour 67 millions d'habitants. Sur ce total, 21,1 millions ont été attribués à des personnes nées à l'étranger, soit 18,6 %. Ces chiffres figurent dans le rapport rendu en 2019 par la commission des affaires sociales du Sénat. Ils ne dénombrent pas des bénéficiaires. Ils dénombrent des lignes. Les estimations publiées par le magistrat Charles Prats entre 2018 et 2020 — 14, puis 30, puis 50 milliards d'euros de fraude sociale par an — assimilent ces lignes à des prestations versées. Ce qui a conduit à d'importants recrutements dans les URSSAF... pour traquer les entreprises.

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Quatre étapes séparent un numéro d'un paiement

La première est l'immatriculation : un numéro est attribué, à la naissance par l'Insee, ou par le Service administratif national d'immatriculation des assurés (SANDIA) pour une personne née hors de France, à la demande d'un organisme.

La deuxième est l'affiliation à un régime.

La troisième est l'ouverture de droits, soumise à des conditions propres à chaque prestation : résidence stable, titre de séjour en cours de validité, cotisations ou ressources.

La quatrième est le versement, qui suppose une demande, un dossier instruit et des coordonnées bancaires. Le rapport sénatorial le formule ainsi : « l'obtention d'un NIR ne permettant pas à lui seul d'obtenir une prestation ».

L'immatriculation n'emporte donc ni affiliation, ni droit, ni paiement. Le numéro demeure au répertoire quand son titulaire a quitté la France, quand il est décédé, quand il n'a travaillé qu'une saison ou quand il a achevé ses études. Le rapport cite ces quatre situations.

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Deux chiffres officiels mesurent l'écart entre numéros et droits

Le Sénat recense 21,1 millions de numéros attribués à des personnes nées à l'étranger. Une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du Sénat le 7 novembre 2019 recense 12,4 millions de personnes nées à l'étranger disposant d'un droit ouvert à au moins une prestation. Sous réserve que les deux périmètres coïncident, 8,7 millions de numéros, soit quatre sur dix, ne correspondent à aucun droit ouvert. Un droit ouvert n'est pas davantage un versement : l'affiliation à l'assurance maladie en est un, qu'un soin ait été remboursé ou non.

Le calcul de 2018 passe de la première étape à la quatrième

Prats part d'un audit du SANDIA de 2011, portant sur environ 2 100 dossiers d'immatriculation, où la proportion de pièces non conformes est de 6,3 % ou de 10,6 % selon les reprises. Ce taux est appliqué à 1,8 million d'immatriculations, et chaque dossier ainsi compté se voit attribuer 7 000 euros de prestations par an. Le résultat est de 14 milliards. Une pièce d'état civil jugée non conforme dans un dossier d'immatriculation y vaut preuve d'un versement.

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Le calcul de 2020 passe de la troisième étape à la quatrième, après une soustraction

Le 16 mars 2020, sur Sud Radio (média qui a beaucoup relayé Prats, notamment au micro d'André Bercoff, très engagé dans la critique de la Palestine et dans la réverbération des positions israéliennes), Charles Prats retranche des 12,4 millions

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Pourquoi le chèque scolaire est la vraie solution aux problèmes de l'éducation

par Eric V.

« Manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche », dit Matignon des quatre cents lycées bloqués. La France dépense 10 580 euros par an pour un collégien. À ses parents, elle accorde 61 euros de réduction d'impôt. Je propose l'inverse : l'argent aux parents, et qu'ils choisissent l'école.

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Soixante et un euros. C'est ce que le fisc accorde chaque année aux parents d'un collégien, au titre des « frais de scolarité ». Cent cinquante-trois euros pour un lycéen. Encore faut-il payer l'impôt sur le revenu : 46 % des foyers seulement sont dans ce cas. Les autres n'ont rien.

La même année, la France dépense 10 580 euros pour ce collégien, et 13 200 pour un lycéen de la voie générale. L'essentiel est payé par l'État et les collectivités. Sur cette somme, ses parents ne décident de rien : ni de l'établissement, que leur adresse désigne, ni des professeurs, qu'un barème affecte, ni du programme, qu'un bureau rédige. Soixante et un euros sur 10 580 : à peine plus d'un demi pour cent. C'est la part exacte de confiance que le pays leur fait.

Gardez ces deux chiffres en tête. Ils expliquent mieux les lycées bloqués que tout ce qu'on entend depuis quinze jours.

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« Une manœuvre organisée »

Le mouvement est parti le 21 septembre d'un lycée de Créteil. Dix jours plus tard, on comptait près de mille actions en une journée et environ quatre cents établissements fermés. Matignon a trouvé l'explication : une « manœuvre organisée par LFI et ses proxys de l'ultragauche ». Bruno Retailleau a renchéri : « Il y a cette jeunesse qui s'engage, qui veut éteindre le feu, et une jeunesse qui veut mettre le feu. » Philippe de Villiers, dans le Journal du Dimanche, a compté deux jeunesses lui aussi.

Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?
Philippe de Villiers ne voit que deux jeunesses. PISA 2025 : 458 en maths, −37 points depuis 2018. Éduquer, est-ce apprendre à obéir ou à innover ?

Entendons-nous sur les violences. Elles sont réelles, et rien ne les excuse : vingt-quatre établissements « incendiés ou saccagés », selon le ministre de l'Éducation, une centaine dégradés sévèrement, des proviseurs blessés. Mais comptez dans l'autre sens. La France a 3 700 lycées. Le ministre dénombre 735 établissements touchés par le mouvement. Restent, au bas mot, près de trois mille lycées où il ne s'est rien passé, et quelque six cents où l'on a bloqué sans dégât sérieux. Vingt-quatre sur 3 700 : moins d'un pour cent. Ce sont ceux-là qu'on nous montre depuis quinze jours, et l'on en tire le portrait d'une génération.

Que La France insoumise souffle sur les braises, je le crois volontiers, et 61 % des Français jugent qu'elle n'est pas dans son rôle. Mais souffler n'est pas allumer. Aucun parti n'a les moyens de fermer quatre cents lycées dans un pays où les élèves seraient contents d'y entrer. Le même sondage dit que 62 % des Français trouvent la mobilisation justifiée, et que les deux tiers ne se sentent proches ni de LFI ni du gouvernement.

Expliquer une colère par ceux qui l'exploitent, c'est une théorie du complot comme une autre. Elle a le même usage que les autres : elle dispense de regarder. Regardons donc.

Pour ses écoles, ses collèges et ses lycées, la France a dépensé 131,6 milliards d'euros en 2024, tous payeurs confondus. La dépense par élève du secondaire a augmenté de 70 % depuis 1980, en euros constants. Dans le même temps, les élèves français ont obtenu 458 points en mathématiques à l'enquête PISA 2025, trente-sept de moins qu'en 2018. Au collège public, une heure de cours sur dix n'est pas assurée, écrit la Cour des comptes. L'argent monte, le niveau descend, et les heures manquent.

Cet argent, où va-t-il ? L'éducation prioritaire coûte 2,6 milliards par an, deux fois et demie plus qu'en 2014. La Cour des comptes a constaté que 70 % des élèves défavorisés sont scolarisés ailleurs, et que la carte n'a pratiquement pas été revue depuis dix ans. Quant à savoir quel collège accueille quel public, le ministère le savait et le gardait pour lui. Il a fallu qu'un journaliste aille devant le tribunal administratif, en 2022, pour qu'il publie l'indice social de chaque établissement. Il refusait de crainte « qu'il ne serve d'outil au contournement de la carte scolaire ».

Reste la manière d'enseigner. Selon l'enquête TALIS de l'OCDE, 53 % des professeurs débutants jugent en France leur formation adaptée, contre 75 % en moyenne dans les pays comparables. On envoie devant des adolescents de 2026 des gens qu'on n'a pas préparés, puis l'on s'étonne.

Des moyens qui montent, des résultats qui tombent, un argent distribué à l'aveugle, des professeurs laissés seuls. Les lycéens n'ont pas eu besoin de Jean-Luc Mélenchon pour s'en apercevoir. Ils y passent leurs journées.

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Ce que le ministère ne peut pas savoir

Ces trois défauts n'en font qu'un, et Friedrich Hayek lui a donné un nom en 1988 : la présomption fatale. C'est l'idée qu'un petit nombre de gens instruits, réunis dans un bureau, en savent assez pour organiser la vie de millions d'autres mieux que ceux-ci ne le feraient eux-mêmes.

Hayek ne dit pas que ces gens sont sots. Il dit qu'ils ne peuvent pas savoir. Ce qu'il faut connaître pour éduquer un enfant n'est écrit nulle part : que celui-ci s'ennuie et que celui-là se noie, que ce professeur de mathématiques est remarquable et que cet autre est absent depuis novembre, que dans ce quartier il manque un lycée professionnel et dans ce bourg une classe bilingue. Cette connaissance existe. Elle est dans la tête des parents, des élèves, des professeurs, d'un proviseur. Elle ne remonte dans aucun tableau de la rue de Grenelle, ou alors dix ans trop tard : voyez la carte de l'éducation prioritaire.

Relisez maintenant l'affaire de l'indice social. Le ministère détenait une information utile aux familles, et il l'a cachée pour qu'elles ne s'en servent pas. Tout y est. L'administration ne se contente pas d'ignorer ce que savent les parents. Elle leur retire ce qu'elle sait, de peur qu'ils choisissent.

À le bien regarder, nous avons bâti l'école sur une hypothèse que personne n'oserait écrire : un rédacteur de circulaire connaîtrait mieux votre fils que vous. Sept ministres se sont succédé rue de Grenelle depuis mai 2022. Chacun est arrivé avec sa réforme, et aucun n'a touché à la règle du jeu, puisque la règle du jeu est justement qu'on décide d'en haut. On ne corrige pas une présomption en changeant le présomptueux.

L'autre voie, Hayek l'appelait l'ordre spontané : laisser décider ceux qui savent, et laisser l'offre se former autour de leurs décisions. Des écoles qui ouvrent parce que des familles en veulent. Des écoles qui ferment parce qu'elles n'en veulent plus. Personne ne l'a planifié, et c'est pour cela que ça s'ajuste.

L'argent suit l'enfant

Tout repose sur un constat d'une grande banalité : dans leur immense majorité, les parents veulent le bien de leur enfant. Pas tous, pas toujours avec discernement, mais plus sûrement et plus obstinément qu'aucune administration. Un recteur change de poste ; un père reste père.

Ils savent d'ailleurs très bien ce qui ne va pas. Interrogés par l'Ifop pour le Comité national d'action laïque, qui défend l'école publique, 93 % des parents jugent urgent d'y améliorer la sécurité et la discipline, et 88 % la qualité de l'enseignement. On ne leur demande pas leur avis. On leur attribue une adresse.

Le chèque scolaire retourne le circuit. Aujourd'hui l'État finance des établissements et y affecte des enfants. Demain il financerait des enfants, et les établissements viendraient les chercher.

Concrètement : on cesse de subventionner les écoles, et chaque famille reçoit pour chaque enfant un crédit d'impôt égal à la subvention moyenne par élève de l'année scolaire concernée. Un crédit d'impôt, et non une réduction comme les 61 euros d'aujourd'hui : ceux qui ne paient pas l'impôt sur le revenu, plus d'un foyer sur deux, le touchent quand même, et pour la même somme. Fléché, bien entendu : il ne règle qu'une inscription, dans l'école publique ou privée que les parents ont choisie. Et versé directement à l'établissement, comme l'Urssaf avance déjà le crédit d'impôt des emplois à domicile, pour que personne n'ait à sortir une pareille somme de sa poche.

Ce n'est pas une rêverie. La Suède le pratique depuis 1992 : la commune verse la même somme par élève à l'école municipale et à l'école indépendante, celle-ci est gratuite et ouverte à tous, et près d'un lycéen sur trois y est aujourd'hui inscrit. Les Pays-Bas financent à égalité écoles publiques et écoles privées depuis 1917, et les trois quarts des élèves y fréquentent une école privée.

Ce que le chèque ne règle pas

Je ne vends pas un remède miracle. La Suède se dispute depuis des années sur ses écoles indépendantes : notes gonflées pour attirer les familles, élèves qui se regroupent par milieu, et une partie de la presse française y voit un « anti-modèle ». Les syndicats d'enseignants objectent que l'école privée choisit ses élèves quand l'école publique les prend tous, et que le chèque ferait de celle-ci l'école de ceux dont personne ne veut. Ils désignent ainsi la règle qu'il faut écrire : une école qui encaisse le chèque ne trie pas à l'entrée.

Reste le supplément qu'elle pourrait réclamer en plus du chèque. La question se dispute. La Suède l'interdit. On peut aussi l'admettre, à condition que l'État ajoute au chèque des enfants pauvres une subvention de discrimination positive, pour que le prix ne leur ferme aucune porte. Les 2,6 milliards de l'éducation prioritaire, qui manquent aujourd'hui sept élèves défavorisés sur dix, suivraient alors l'enfant et non la carte.

Il y a aussi ce que le chèque ne peut pas faire. Dans un bourg qui n'a qu'une école, le choix reste sur le papier, au moins les premières années. Un parent qui ne s'occupe pas de son enfant ne s'en occupera pas davantage avec un crédit d'impôt, et pour celui-là l'État garde tout son rôle : l'obligation scolaire, l'inspection, l'examen national qui dit ce que l'élève sait. Et l'opinion n'est pas acquise. Dans le sondage que je citais, 60 % des parents voudraient que le privé soit payé par les seules familles. J'imagine qu'ils répondraient autrement si le chèque était dans leur poche et non dans celle du voisin. Je n'en ai pas la preuve.

Mais regardez ce qu'il change, et qu'aucune réforme n'a changé. Aujourd'hui, un collège où une heure sur dix n'est pas assurée ne perd pas un euro. Les familles n'ont aucun moyen de le lui faire savoir, sinon déménager ou payer deux fois, l'impôt puis l'école privée. Avec le chèque, l'établissement que les parents quittent perd ses moyens, celui qu'ils demandent en gagne, et le ministère l'apprend le jour même, sans rapport de la Cour des comptes, sans tribunal administratif, sans blocus.

L'information que la rue de Grenelle cachait aux parents devient ce qui fait tourner la machine. C'est en cela que la réforme est structurelle. Elle ne demande pas à l'Éducation nationale de se corriger, ce qu'elle ne sait pas faire. Elle change la main qui tient le carnet de chèques.

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Dernier mot

Reste nous. Le chèque scolaire a un prix que ses partisans annoncent rarement : il nous retire une excuse. Depuis quarante ans, nous confions nos enfants à l'État, nous nous plaignons de ce qu'il en fait, et nous votons pour celui qui promet des moyens. C'est confortable. Le jour où l'argent est dans notre main, il faut visiter, comparer, se tromper, changer, et ne plus pouvoir dire que c'est la faute du ministre. Je ne suis pas certain que nous en ayons tous envie.

Les lycéens de Créteil demandent des professeurs et des salles qui tiennent debout. On leur répond Mélenchon. On pourrait leur répondre ceci : plus de 13 000 euros sont dépensés chaque année au nom de chacun de vous, et ni vous ni vos parents n'avez votre mot à dire sur un seul.

Soixante et un euros de confiance sur 10 580, pour les parents d'un collégien. Commençons par inverser la proportion.

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