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La fièvre de la brique espagnole

Depuis 1998, le nombre de logements construits en Espagne dépasse celui, cumulé, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni et de l'Italie ! Huit cent soixante-cinq mille ont ainsi été mis en chantier en 2006, à comparer avec les un million quatre cent mille dénombrés aux Etats-Unis. De fait, la croissance rapide de l'économie espagnole au cours de cette décennie est largement due à l'impulsion de l'immobilier. Le secteur de la construction a pu représenter jusqu'à 18 % du produit intérieur brut (PIB) — 30 % si l'on tient compte des impacts indirects (1).

Parallèlement à la hausse de l'offre, les prix ont grimpé rapidement : ils ont été multipliés par 2,8 entre le début de l'année 1999 et juin 2008. Enfin, la plus grande partie des crédits a été absorbée par ce secteur : le cumul des hypothèques destinées aux ménages, des crédits pour la construction et de ceux destinés aux professionnels de l'immobilier représente 60 % du total du crédit du système financier. Plus inquiétant encore, le crédit accordé aux activités immobilières représente aujourd'hui le double de celui destiné à l'industrie, contre le tiers en 1997.

Ces chiffres permettent d'affirmer que l'économie espagnole souffre d'une énorme tumeur immobilière. Mais celle-ci est-elle bénigne ou cancérigène ? La seconde option semble la plus probable.

En moyenne, il faut aujourd'hui 7,1 années de salaire complet d'un ménage pour acheter un logement, alors qu'il en fallait 3,7 jusqu'en 1999. Par ailleurs, le ratio PER (Price Earning Ratio) du logement, c'est-à-dire le prix de l'actif divisé par le loyer annuel, a atteint 50, une valeur supérieure aux ratios observés lors des grandes bulles boursières (crise de 1929, bulle technologique, etc.).

Outre les énormes bénéfices de la spéculation, les causes de la formation de ce cancer sont multiples : attentes irréelles en regard de l'évolution future des prix de l'immobilier ; pérennité d'une longue liste de croyances populaires concernant ce domaine ; subventions publiques accordées à l'achat ; et assouplissement des critères de l'octroi des crédits.

Les espoirs des acquéreurs étaient pour le moins fantaisistes quant à l'évolution des prix. En 2005, une enquête (2) auprès de plus de mille cinq cents personnes ayant acquis un logement depuis 2000 révéla que la plupart (92 %) l'avaient acheté afin d'en faire une résidence principale et non pour le revendre. Cependant, 50 % d'entre elles avouaient que la variable « investissement » avait pesé dans leur décision.

De plus, 95 % des enquêtés pensaient que leur acquisition était surévaluée mais s'attendaient, au cours des dix prochaines années, à une augmentation des prix de l'ordre de 23 % par an, en moyenne. Difficile de trouver une manifestation plus claire de ce qu'est une bulle immobilière… Enfin, 37 % des personnes interrogées avaient dans leur entourage un proche ou un ami direct (il pouvait aussi s'agir d'elles-mêmes) ayant acheté des logements « sur plan » dans le but de les revendre, au motif de la grande rentabilité de ces opérations.

Le pase (cession de contrat), consistant à verser un acompte sur le paiement d'un bien immobilier acheté « sur plan » et, une fois celui-ci construit, à revendre le droit de propriété plutôt que d'en payer le prix total, est devenu très populaire. Cette somme représente souvent une faible part de la valeur du logement. Ainsi, si ce dernier met dix-huit mois à être construit et que le prix augmente de 20 % par an, on peut s'attendre à des bénéfices supérieurs à 800 %.

La possibilité d'obtenir ces énormes bénéfices a généré une sorte de fièvre de l'or. Stimulée par un ensemble de mythes populaires, elle était renforcée de manière intéressée par les associations professionnelles immobilières. Le premier et le plus important est que le prix du logement ne saurait s'effondrer. Quand on faisait remarquer que cela était bel et bien arrivé au Japon, la réponse était le traditionnel : « l'Espagne est différente ». Pourtant, la présentation officielle des prix, quoique sujette à caution, montre des chutes, dans le passé, aussi bien dans l'ensemble du pays que dans quelques villes représentatives (3).

Parmi les autres croyances marquantes de cette période, on trouve l'idée que les prix devaient continuer à augmenter jusqu'à ce qu'ils convergent avec ceux de l'Europe ; un hypothétique « baby-boom » censé provoquer une hausse de la demande de logements ; l'afflux de migrants qui les rendrait plus chers ; le fait que tous les Européens du Nord voudraient acheter des résidences secondaires en Espagne, que payer un loyer équivaut à jeter de l'argent par les fenêtres ou encore qu'investir dans la pierre serait toujours plus rentable que de faire des placements en Bourse.

Les politiques publiques traditionnelles de subventions et d'exonérations fiscales accordées pour l'achat au détriment de la location, privée ou sociale, ont également contribué à la hausse des prix. N'importe quel étudiant en économie sait qu'une exonération publique destinée à l'achat d'un bien dont l'offre est rigide se transforme en flambée des tarifs et transfère les ressources du secteur public vers les producteurs, en l'occurrence vers les entreprises immobilières et de construction.

Mais la cause ultime de ces hausses spectaculaires reste la grande quantité de crédit disponible. Ce que démentent avec vigueur les banquiers. Le président d'un important établissement financier espagnol, rencontré lors d'un entretien en 2002, expliquait que, grâce au « travail social » des banques, les citoyens pouvaient accéder à la propriété. En obtenant des crédits hypothécaires toujours plus volumineux.

Des recherches récentes montrent que c'est l'excès de liquidités, et par voie de conséquence l'assouplissement des conditions d'octroi des crédits, qui est à l'origine de la hausse spectaculaire des prix du logement, en dépit de la chute en termes réels des coûts de la construction. Certains analystes s'obstinent à vouloir attribuer au prix du sol la hausse de celui des ventes du bâti. En réalité, le prix du terrain est fixé en fonction de celui des logements que l'on y construira. Ainsi, la hausse du foncier ne fait que refléter la tension entre le propriétaire du sol et le constructeur pour s'approprier le bénéfice attendu.

Ces dernières années, les prix ont été fixés à partir du prix maximal qu'un ménage pouvait payer, compte tenu de son revenu et des conditions du marché hypothécaire (délai de remboursement des crédits, quantité à payer par avance et type d'intérêt). Les entreprises immobilières ont été capables de fixer des tarifs à la limite de la capacité de paiement des ménages, en absorbant la totalité des améliorations des conditions de l'octroi des crédits.

Actuellement, l'économie espagnole souffre des conséquences du brusque arrêt du processus spéculatif. Les doutes croissants quant à la revalorisation des prix du logement et l'augmentation des primes de risques dans les marchés financiers, avec la raréfaction qui s'ensuit du crédit, ont mis à mal le secteur immobilier. En septembre 2008, les permis de construire chutaient de 59 % par rapport à la même période l'année précédente et, bien que les chiffres officiels ne le reflètent pas (car ils se fondent sur des prix d'évaluations immobilières et non de transactions), de nombreux observateurs s'accordent sur le fait que les prix sont en train de baisser de manière significative. Le stock accumulé de logements neufs invendus sera, fin 2008, d'un million trois cent mille unités, ce qui signifie qu'au rythme actuel des ventes il y a une offre disponible pour les cinq années à venir…

Ce sévère ralentissement a des effets désastreux sur l'ensemble de l'économie. Le chômage a augmenté de sept cent soixante-dix mille personnes cette année (+ 37 %), pour en affecter deux millions huit cent mille (près de 12,5 % de la population active). L'économie espagnole a connu une croissance négative (— 0,2 %) au troisième trimestre 2008, ce qui n'était pas arrivé depuis quinze ans.

La métastase du cancer immobilier s'étend également au secteur bancaire. Conséquence importante de la hausse du chômage, le nombre des pénalités de retard a augmenté significativement. Les banques ne cessent de répéter qu'il n'y a pas de crédits subprime. Ce qui, en toute rigueur, est exact puisque cette catégorie n'existe pas en Espagne. Il n'en demeure pas moins que, si l'on considère la divergence croissante entre le prix du logement et les revenus moyens des ménages, on doit conclure que ce n'est guère la prudence qui a prévalu dans la gestion du risque par les banques, et qu'une grande quantité de subprime espagnol a dû être produite.

Et, lorsque l'on parle de titrisation de crédits hypothécaires (4), l'Espagne est reine. Entre 2000 et 2007, le nombre des titres a été multiplié par plus de 17 % ; 83 % d'entre eux proviennent des crédits hypothécaires. Au niveau européen, les entités financières espagnoles sont responsables d'environ 15 % des émissions de titrisation, en deuxième position derrière celles du Royaume-Uni, qui en génèrent 52 %.

Néanmoins, deux aspects positifs différencient le système bancaire espagnol de celui des Etats-Unis : la Banque d'Espagne a été beaucoup plus active dans la régulation et la supervision (bien que les entités financières n'aient, dans bien des cas, pas suivi ses recommandations). Il est également vrai que les prêts espagnols (personnels, avec garantie hypothécaire) réduisent la propension des ménages à abandonner leur logement et à transférer le risque aux banques dès lors qu'ils ne peuvent plus rembourser leur dette simplement par la restitution de l'immeuble. Mais ce peut être une arme à double tranchant : en principe, cela réduit le rythme de prolifération des retards de remboursement (« l'hypothèque est la dernière chose que l'on cesse de payer ») ; mais, à moyen terme, cela affectera la consommation pendant un temps considérable. Ce qui pourrait prolonger la crise.

Voir en ligne : /2008/12/MONTALVO/16579

(1) Contabilidad Nacional de España 2007.

(2) Enquête dirigée par l'auteur de cet article.

(3) Lire « Un análisis empírico del crecimiento del precio de la vivienda en las Comunidades Autónomas españolas », Revista Valenciana de Economía y Hacienda, n° 2, 2001, p.117-136.

(4) La titrisation est une technique qui permet à un établissement financier de transformer n'importe quel type de créance en titres négociables sur les marchés financiers. Son objectif est de permettre à l'établissement prêteur de transférer à celui qui achète les nouveaux titres le risque de non-remboursement de la créance initiale.

Des vies sous « hypothèque » à Madrid

La « fièvre de la brique » espagnole s'est apaisée. Elle laisse derrière elle des villes fantômes, des forêts de grues immobilisées et des centaines de milliers de chômeurs. Cette enquête dans la communauté autonome de Madrid souligne l'engrenage de l'endettement dans lequel les familles se sont laissé entraîner.

La crise ne se promène pas dans les rues de Madrid, même si l'Espagne est sans doute l'un des pays les plus touchés par la récession de l'économie mondiale. La vie suit son cours. Certes, les travailleurs licenciés ou, plus encore, ceux dont le contrat temporaire n'a pas été renouvelé expriment de temps à autre leur colère. Certes, on se serre un peu la ceinture : « Dans les supermarchés, toutes les ventes ont chuté. Les seules à augmenter sont celles des produits de bas de gamme », soutient l'employé d'un centre commercial. Il y a aussi moins de monde dans les bars à l'heure de l'apéritif, les terrasses paraissent moins bruyantes le soir, et la nuit madrilène est moins bigarrée.

Les annonces « à vendre », plus nombreuses aux balcons des immeubles, témoignent des changements. Et il suffit de jeter un œil sur la vitrine de n'importe quelle agence immobilière pour vérifier l'effondrement des prix. Ainsi à Aluche, une banlieue populaire, un appartement de 65 mètres carrés, situé au troisième étage avec ascenseur, était vendu 240 000 euros en 2006. Trois ans plus tard, des logements de ce type se vendent 160 000 ou 170 000 euros. Les sociétés immobilières ont fermé plus de 40 % de leurs agences depuis 2007. Néanmoins, quand on pousse la porte de l'une d'elles, les visages sont aimables et souriants : les affaires continuent. 86 % des Espagnols sont propriétaires — un modèle pour ceux, tel M. Nicolas Sarkozy, qui veulent encourager l'accès à la propriété en guise de politique du logement (1).

Dans les faits, cet accès ouvre surtout sur… un endettement de longue durée. Entre 2004 et 2007, cinq millions de crédits avec garantie hypothécaire ont été octroyés pour l'achat de logements. Une situation si fréquente que l'expression « avoir une hypothèque » est passée dans le langage courant. Parallèlement ont proliféré les prêts à la consommation — le plus souvent garantis sur le bien immobilier —, les cartes de crédit, les crédits rapides accordés par des sociétés financières — dont les taux d'intérêt atteignent parfois 25 % — tout comme les entreprises privées de rachat de crédits. Au point que certains prêts ne sont plus associés à l'achat d'un bien concret, mais deviennent un produit de consommation à part entière. Il est ainsi habituel de recevoir des publicités ou des appels téléphoniques informant que des sommes de plusieurs milliers d'euros sont « mises à votre disposition » pour être dépensées « comme vous voulez ». Cette prolifération incontrôlée du crédit et de l'endettement pèse fortement sur les ménages. Au dernier trimestre 2008, le rapport entre la dette et les revenus de base disponibles (le ratio d'endettement) atteignait 125 %, contre 88,9 % en France. En 2008, les impayés des crédits hypothécaires se sont accrus de 310 %, et 2,7 millions de personnes ont fini l'année sans pouvoir acquitter leurs dettes. Pour 2009, on prévoit cinq cent mille mises en demeure pour des crédits personnels impayés, ainsi que plus de quatre-vingt-six mille saisies hypothécaires, soit trois fois plus qu'en 2007 (2).

La hausse des prix
fut un encouragement psychologique

Comment en est-on arrivé là ? Pour le comprendre, il faut revenir sur le rôle des agences immobilières (3). Après avoir affirmé que c'est le « meilleur moment pour acheter », l'agence offre une « étude financière », gratuite et sans engagement, destinée à évaluer ce que le futur acheteur sera en mesure de payer et le bien auquel il peut prétendre. Elle propose même de démarcher ultérieurement un crédit auprès de la banque. Dans le calcul sont pris en compte le salaire, les revenus non déclarés — ou revenus « B », comme on les appelle par euphémisme —, l'épargne et les garanties familiales. L'agence dévoile également les secrets de l'« évaluation », c'est-à-dire l'estimation du prix du logement réalisée par des entreprises certifiées qui détermineront la valeur du futur prêt. Le montant de l'évaluation, sur lequel l'agence peut influer, sert ensuite de référence à la banque pour accorder le crédit. Ce dernier doit également permettre de couvrir les frais additionnels : impôts, actes notariés et, bien sûr, commissions des intermédiaires (de l'agence en question, de la société financière et de la banque). Le paiement s'échelonne sur trente, trente-cinq ou quarante ans, en prenant soin que les mensualités ne dépassent pas 40 % de vos revenus. On vous laisse toutefois entrevoir la possibilité de les augmenter un peu, surtout si vous gagnez aussi de l'argent « B »…

Lors du boom immobilier, les évaluations gonflées, la prolifération des intermédiaires, les crédits octroyés aux limites des possibilités de paiement étaient des pratiques courantes. Et il n'est guère surprenant que, désormais, nombre de personnes ayant commencé à payer des « hypothèques » se retrouvent dans l'incapacité de les honorer.

Ester et Angel ont décidé d'acheter un logement en 2004 (4). « Je ne me suis même pas posé la question de la location, reconnaît Ester. Je n'y ai pas pensé. » Il est vrai que l'Espagne connaît une pénurie de logements à louer, les autorités ayant toujours encouragé l'accès à la propriété par des dispositions fiscales et des facilités de crédit. Les parents d'Ester, quoique travaillant à Madrid, ont successivement vécu dans les cités-dortoirs du sud de la ville, où le prix de vente des apartements était accessible : Leganés (à 11 kilomètres), Fuenlabrada (à 22 kilomètres), Valdemoro (à 27 kilomètres) et, finalement, Seseña (à 36 kilomètres). Aussi exceptionnel soit-il, ce périple résidentiel rend compte de la manière dont la revalorisation immobilière et la plus-value qu'elle autorise ont permis d'acquérir un meilleur logement — une maison avec jardin, en dernier lieu — mais à condition de s'éloigner toujours plus de la capitale. Dès la fin des années 1980, les prix de l'immobilier ont connu une augmentation régulière. Il n'était même pas nécessaire d'avoir fini de payer son logement pour le vendre, rembourser l'ancienne « hypothèque », financer une partie du nouveau et faire une autre « hypothèque » pour en payer le reste.

Bien qu'Ester et Angel n'aient pas réfléchi à cette valorisation continue au moment de l'achat, la hausse des prix — 18 % en 2004 — fut un encouragement psychologique important. L'idée que « payer un loyer, c'est jeter de l'argent par la fenêtre » relevait pratiquement de l'évidence. « L'idée fixe, c'était d'avoir quelque chose à soi, explique Ester. Mais personne ne s'en rendait compte, tout le monde s'embarquait, tous tes amis achetaient une maison. Je me souviens avoir dit à mon mari : “Soit on s'embarque maintenant [dans l'achat d'un logement], soit on laisse passer, parce que ça va devenir de plus en plus cher.” »

Tous deux travaillent à Madrid, mais ils se décident pour un F4 de 64 mètres carrés que leur montre l'agence à Valdemoro et qui coûte 165 000 euros. Ils demandent un crédit personnel destiné à l'acompte, soit 9 000 euros, qu'ils pensent rembourser rapidement grâce à la différence entre l'évaluation et le prix réel du logement. La signature devant notaire se fait ensuite rapidement, sans accès préalable aux documents, ce qui est pourtant un droit. Plusieurs changements de dernière minute modifient les conditions du prêt, ce dont Ester se souviendra plus tard avec amertume : « Tout était déjà en marche. Mes parents, qui étaient les garants, et les propriétaires de l'appartement étaient là. Ils ne voulaient pas perdre l'appartement ni l'argent de l'acompte. Mais maintenant, il m'arrive de me demander : et si j'avais dit devant tous ces gens si bien fringués — dans le bureau, outre le notaire, étaient présents le directeur et le sous-directeur de la banque, la jeune femme de l'agence et deux représentants de la banque —, si j'avais dit, quitte à ce qu'on me prenne pour une folle : “Ben moi, désolée, je ne signe pas” ? C'est ce que j'aurais dû faire. Mais avec quelle force ou avec quelle clairvoyance aurais-je pu faire une chose pareille ? A ce moment-là, mon idée était de m'acheter un appartement. J'étais complètement aveuglée par le fait qu'il était déjà à nous, qu'il n'y avait plus qu'à signer. En plus, la date limite pour la vente, c'était ce jour-là. »

Ils acceptent ainsi une « hypothèque » de quarante ans, mais en s'engageant auprès d'une banque qu'ils n'avaient pas choisie, avec un intérêt légèrement supérieur à celui précédemment annoncé et pour un montant de 189 000 euros… Ce à quoi s'ajoutent les actes et les taxes, qui représentent généralement 10 % du prix de l'appartement, mais qui, dans le cas d'Ester et Angel, montent à 14,5 %. Plus question de rembourser le crédit de 9 000 euros : l'agence immobilière en a déjà pris 6 000. Ils découvrent que le droit de désistement n'est pas reconnu par la législation espagnole dès lors que les parties sont physiquement présentes lors de la signature du contrat. Comme la plupart des ménages, c'est dans l'opacité la plus totale qu'ils ont signé un contrat financier qui engage une part considérable de leurs revenus pour le restant de leur vie. Mais ils se rassurent en pensant que, en dernier recours, il leur sera toujours possible de revendre leur logement rapidement et de faire des bénéfices…

Comme prévu, Ester et Angel commencent à payer des mensualités de 770 euros, ce qui représente 38 % de leurs revenus. Un an après l'achat, Ester est congédiée de l'entreprise où elle travaillait comme auxiliaire administrative. Elle est alors enceinte et soupçonne que c'est la raison de son renvoi. Mais, en Espagne, le licenciement sans cause avérée n'entraîne pas de grosses difficultés pour les employeurs : il suffit de verser dans les quarante-huit heures l'indemnisation fixée par la loi, correspondant à quarante-cinq jours par année travaillée. A partir de ce moment et jusqu'en 2008, Ester parvient seulement à enchaîner des emplois temporaires, comme presque 30 % des travailleurs espagnols. Ensuite, elle ne retrouve plus de travail.

Aucune loi
sur le surendettement des ménages

Durant l'année 2008, le relèvement des taux d'intérêt fait passer la mensualité à… 1 130 euros. A peu près au même moment, Angel est licencié à son tour. Pour la première fois, le couple ne peut payer les traites. Il décide de ne pas faire appel à la famille. « On pensait régulariser le mois suivant et, au pire, on pouvait retirer de l'argent avec la carte de crédit pour le reverser sur le compte. Mais on n'a pas pu payer et ça a fait boule de neige. » Angel retrouve finalement du travail. Le couple entame des négociations pour régler les retards, mais reçoit une mise en demeure menaçant d'une saisie de l'appartement. La solution proposée par la banque ? Contracter un nouveau crédit pour couvrir la dette en instance. Ester et Angel doivent donc ajouter un plan d'épargne aux conditions déjà exigées lors de la signature de l'« hypothèque » (ouverture d'un compte, souscription d'une assurance-vie et d'une assurance-habitation auprès de l'entité) et accepter une augmentation du « différentiel », le pourcentage qu'ajoute la banque au taux d'intérêt de base. L'une des clauses du nouveau contrat stipule un seuil plancher des intérêts de 3,6 %. Nous sommes précisément à la fin de l'année 2008, c'est-à-dire au moment où les taux officiels commencent à passer en dessous de ce seuil…

Scandalisés par ce qu'ils considèrent comme un nouvel abus, Ester et Angel rejettent l'offre et continuent à payer comme ils le peuvent, sans s'être acquittés des retards, en attendant de trouver un moyen pour mettre un terme à la menace d'exécution hypothécaire. En effet, en Espagne, il n'existe aucune loi sur le surendettement des ménages qui permette aux particuliers de faire face à ce type de situation. En dernier recours, les parents d'Ester sont prêts à demander un crédit pour les aider. C'est aussi une manière d'éviter que ne soit saisie la caution qu'ils ont engagée.

Bien que cela lui pèse, Ester considère désormais que « plus tu te comportes comme un pirate, mieux tu réussis dans la vie. Je pars maintenant du principe que tous ceux qui m'entourent vont me tromper ». Cela vaut d'abord pour les banques. Elle calcule ce qu'elle finira par payer : 369 600 euros avec les intérêts, pour un appartement vendu 165 000. « Je souhaitais faire d'autres choses, regrette-t-elle, je voulais étudier, passer mon baccalauréat. Et la réalité, c'est qu'aujourd'hui je me retrouve avec un appartement et rien d'autre. »

A la recherche de petits travaux
pour remonter la pente

Les problèmes de Victor, divorcé avec deux enfants, proviennent au moins autant de l'augmentation des taux d'intérêt que des difficultés de son entreprise. Employé dans le service design d'une fabrique de meubles, il touche 1 000 euros mensuels de salaire fixe mais, en période d'activité normale, s'y ajoute une partie « B » de 600 à 800 euros. Il vit et travaille à Fuensalida, une ville de la province de Tolède, à 70 kilomètres de Madrid. Si lui habite à cinq minutes de son travail, nombreux sont les habitants qui travaillent dans la capitale. En 2005, il a acheté un appartement de 115 mètres carrés pour 159 000 euros. Il n'est pas passé par une agence immobilière et a demandé directement un crédit à sa banque. Il a couvert les frais de transaction avec son épargne et a pu obtenir le crédit pour le total de l'« évaluation » grâce à sa mère, qui s'est portée caution. A cette époque, les loyers dans cette zone s'élevaient à 400-500 euros, ce qui équivaut pratiquement au montant de la mensualité qu'on lui propose — 521 euros — pour une « hypothèque » de quarante ans. « Au lieu de payer pour quelque chose qui ne sera pas à toi, raconte-t-il, j'ai préféré m'engager dans l'achat d'un appartement. »

Le taux d'intérêt annuel est de 2,5 % pendant la première année. A partir de l'année suivante, on lui applique le taux d'intérêt variable qui régit le reste de son crédit, soit le taux de base interbancaire européen — l'Euribor, acronyme de European Interbank Offered Rate (5) — plus un « différentiel » de 1,25 %. En 2006, lors de la renégociation annuelle, ses mensualités passent ainsi à 648 euros, puis à 758 euros en 2007 et, finalement, à 830 euros en 2008. Dans la mesure où les intérêts ont un poids plus important au cours des premières années, les augmentations de taux provoquent ces énormes variations. En même temps, la part des revenus « B » de Victor disparaît complètement lorsque son entreprise commence à subir les effets de la crise. C'est donc avec un salaire de 1 000 euros qu'il doit couvrir l'ensemble de ses frais. En mai 2009, il demande un crédit personnel de 12 000 euros pour faire face à plusieurs dépenses, dont la communion de sa fille. « Lorsque j'ai commencé à avoir vraiment des difficultés, je me suis mis à entraîner une équipe de football junior après le travail et, les week-ends, j'essayais de faire des petits travaux, du bricolage, n'importe quoi pour essayer de remonter la pente. J'ai aussi un permis poids lourd pour faire des trajets courts mais, pour l'instant, ça n'a rien donné. Tous les jours, je sors de chez moi à 8 heures du matin et je ne reviens jamais avant 21 heures. Je ne travaille pas moins de soixante ou soixante-cinq heures par semaine, en tirant toujours le diable par la queue pour avoir un peu d'argent et payer. Mais quand je suis débiteur, je retire avec la carte de crédit et je reverse sur le compte. » Jusqu'au mois suivant, où les intérêts s'ajoutent aux mensualités existantes des crédits immobilier et personnel…

Pour la banque,
le risque est presque nul

Victor a tenté de modifier les conditions de son « hypothèque ». En vain : les réponses sont toujours négatives car son appartement a perdu de sa valeur. « Et ne songe surtout pas à cesser les paiements ! Ici, ce n'est pas comme aux Etats-Unis, où tu restitues le logement et où la dette est soldée. Ici, la banque te prend le logement et, lorsqu'il est vendu aux enchères, la différence entre la valeur du prêt et celle de la vente, tu continues à la devoir. Ensuite, ils s'en prennent à tes garants et, si ce n'est pas suffisant, à tout ce qu'ils pourront prélever sur ton compte. » De fait, seul le salaire est dans une certaine mesure protégé contre la saisie pour dettes. Comme dans tous les pays de tradition de droit romain, un débiteur répond de sa dette avec tous ses biens présents et futurs, ce à quoi s'ajoutent d'autres types de garanties comme les cautions.

Ainsi, pour la banque, le risque du prêt est pratiquement nul, une fois retirés les coûts des diverses procédures judiciaires éventuellement engagées. Pour couronner le tout, un décret-loi (n° 716/2009), publié le 2 mai 2009, permet à la banque d'exiger des garanties supplémentaires si l'immeuble a perdu plus de 20 % de la valeur de l'estimation initiale. A défaut de lois de surendettement ou d'interventions publiques d'aide aux particuliers, le crédit privé est la seule issue. Et, en dernier recours, interviennent des entreprises de crédit rapide, pratiquant des intérêts que certains n'hésitent pas à considérer comme usuraires.

Aussi longtemps que la banque n'accepte aucun changement, la seule possibilité pour Victor, outre l'aide que peut lui apporter sa famille, est de tenir jusqu'à la prochaine renégociation de l'« hypothèque » et d'espérer que les taux d'intérêt se maintiendront aux niveaux historiquement bas d'aujourd'hui… Sous l'action conjointe de la Banque centrale européenne (BCE), des opérations de sauvetage des banques et des injections de liquidités, l'Euribor s'est en effet fixé à 1,77 % en avril 2009. Compte tenu des hauts montants d'endettement et des effets directs des cycles du marché financier, les ménages espagnols ont développé une grande familiarité avec les taux d'intérêt du marché interbancaire. Au point que Victor voit bien ce que l'on pourrait faire : « Au lieu d'aider les banques, il suffirait qu'on accélère les renégociations des hypothèques aux taux actuels, ou qu'on crée une banque hypothécaire publique, comme il y en avait avant, qui puisse racheter les dettes des gens qui ont des difficultés, et qu'on applique tout de suite les taux actuels. » C'est même l'une des seules perspectives pour beaucoup de propriétaires endettés en Espagne.

Les migrants souffrent plus encore de la situation. Près de cinq cent mille familles migrantes ont des « hypothèques », et les abus qu'elles subissent — notamment des crédits aux taux croissants, des différentiels plus élevés — sont plus graves. Fin 2008, six cent trente-quatre mille huit cents étrangers sur les cinq millions deux cent mille qui résident en Espagne figuraient dans les « registres des mauvais payeurs » (6). Les associations de consommateurs ou de quartier qui assistent les personnes confrontées à des problèmes d'endettement reçoivent majoritairement des migrants. Et pour cause : ils sont plus dépourvus que les autochtones de réseaux de soutien, les taux de chômage sont supérieurs (7) et ils sont soumis à des pratiques de crédits en chaîne qui impliquent plusieurs familles au moment où l'une d'elles cesse le paiement.

« Le profil de sortie de la récession [en Espagne] est plus lent que celui de la moyenne de la zone euro, et cela s'explique par la situation du secteur du logement », déclarait le commissaire européen chargé des affaires économiques et monétaires Joaquín Almunia, prévoyant un « ajustement plus prolongé (8) ». « Ajustement » qui suppose plusieurs milliers d'exécutions hypothécaires, l'absorption par les banques de l'épargne des ménages et un accroissement de la précarité de l'emploi et du travail au noir. Quant aux familles qui ont tenu le coup, elles risquent de voir leur endettement grimper avec un relèvement (prévisible) des taux d'intérêt.

Voir en ligne : /2009/07/GUILLEN/17571

(1) « Mon ambition serait de faire de la France un pays de propriétaires. Un Français sur deux est propriétaire de son logement. 80 % des Espagnols le sont. 76 % des Anglais le sont. Douze millions de familles françaises aimeraient être propriétaires et ne le sont pas. » TF1, 2 mai 2007.

(2) Selon les données présentées dans le rapport du Conseil des consommateurs et des usagers du 10 février 2009.

(3) Lire le dossier « Quand la pierre se transformait en or... », Le Monde diplomatique, décembre 2008.

(4) Pour conserver l'anonymat des personnes interrogées, leurs noms ainsi que ceux des villes citées ont été modifiés.

(5) L'Euribor est le taux d'intérêt calculé au jour le jour par la Fédération bancaire de l'Union européenne. Il s'agit d'une moyenne pondérée du taux d'intérêt auquel les soixante-quatre banques européennes les plus importantes sont disposées à prêter de l'argent.

(6) 21 % du volume des dettes impayées est imputé à ce groupe, qui représente seulement 11,3 % de la population.

(7) 28,4 %, contre 15,23 % parmi les autochtones, selon l'enquête sur la population active de l'Institut national de statistique (INE), au premier trimestre 2009.

(8) Agence France-Presse, 12 février 2009.

Bruxelles: sept milliards d'euros mal dépensés, et les auditeurs disent non pour la septième année de suite

La Cour des comptes européenne refuse, pour la septième année consécutive, de certifier les dépenses du budget de l’Union. Taux d’erreur : 3,8 %, au-dessus du seuil de 2 %. Près de 7 milliards d’euros ont été engagés irrégulièrement sur 176,3 milliards d’euros de dépenses.

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Le 8 octobre 2026, le rapport annuel sur l’exercice 2025 est publié. Il ne qualifie pas ces faits de fraude. Il établit que le contrôle reste défaillant, année après année, sans correction à la hauteur.

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Sept années d’erreurs, sans amélioration notable

Dans son rapport annuel sur l’exercice 2025, la Cour des comptes européenne estime le taux d’erreur à 3,8 %, contre 3,6 % en 2024. Ce niveau dépasse largement le seuil de signification de 2 % retenu par les auditeurs pour apprécier la régularité des dépenses. Sur 176,3 milliards d’euros de dépenses budgétaires, près de 7 milliards sont ainsi concernés par des irrégularités.

Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, résume cette stagnation : « c'est vrai qu'on constate chaque année que le taux d'erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ». Les irrégularités atteignent 6,6 % pour la cohésion et 3,9 % pour les ressources naturelles et l’environnement, deux domaines qui représentent ensemble environ les deux tiers du budget européen.

La Cour précise toutefois que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Il mesure des manquements aux règles de dépense, sans établir à lui seul une fraude ou une mauvaise utilisation économique des fonds. Les auditeurs ont également examiné 750 opérations et 37 paiements du plan de relance aux États membres, dont neuf n’étaient pas conformes aux règles.

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Des marchés publics aux justificatifs introuvables

Les marchés publics et les subventions représentent 26 % des cas d’irrégularité, contre 16 % l’année précédente. L’absence de pièces justificatives constitue la deuxième cause, avec 19 % des cas, contre 9 % auparavant. Autrement dit, une part importante des anomalies tient à l’incapacité de produire les documents nécessaires pour établir la régularité des dépenses.

La Cour précise que son taux d’erreur n’est « pas un indicateur de fraude, d’inefficience ou de gaspillage ». Les 17 cas de fraude présumée transmis aux autorités sont un chiffre distinct. Annemie Turtelboom, membre belge de la Cour, le reconnaît : « c’est vrai qu’on constate chaque année que le taux d’erreur est assez élevé et que ça ne diminue pas ».

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L’encours constaté de la dette de l’Union atteint 738,9 milliards d’euros. La projection d’un montant proche de 1 000 milliards pour 2027 ne relève pas d’un encours observé. À Bruxelles, les irrégularités dans l’attribution et l’usage des fonds sont devenues une routine comptable. Les élites européennes demandent toujours plus de ressources, mais refusent de rendre des comptes certifiables. Pour la France, rester dans ce cadre signifie financer un budget que les auditeurs eux-mêmes ne valident pas. Le Frexit devient une condition de ce contrôle.

Très important !

Si vous voulez voir les vidéos de la manifestation, notamment au coeur des affrontements entre policiers et manifestants, rejoignez notre chaîne Telegram gratuite en cliquant sur ce lien :

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Postais da Agência. Portugal Travel Center: entre os detalhes de cada viagem e os imprevistos a resolver

9 October 2026 at 14:51
Equipa da Portugal Travel CenterNa rubrica “Postais da Agência”, o TNews dá a conhecer a Portugal Travel Center, em Guimarães, onde o trabalho passa por criar experiências à medida, resolver imprevistos e responder a pedidos que, por vezes, ninguém estava à espera de receber.

Alerta para incêndio na Serra de Monchique obrigou a forte mobilização de meios

9 October 2026 at 13:16

Um incêndio deflagrou pela hora de almoço desta sexta-feira, dia 9 de outubro, na zona de Alcaria do Peso, na serra de Monchique, estando a obrigar a uma forte mobilização de meios de combate.

O conteúdo Alerta para incêndio na Serra de Monchique obrigou a forte mobilização de meios aparece primeiro em Algarve Marafado.

Vela Solidária prepara centro de estágios e formação de vela adaptada em Portimão

9 October 2026 at 10:37

O início de atividade está previsto para novembro, com funcionamento em pleno em janeiro de 2027. Já há acordos para receber atletas de vários países.

O conteúdo Vela Solidária prepara centro de estágios e formação de vela adaptada em Portimão aparece primeiro em Barlavento.

Russia Demands Extradition of ICC President Over Putin Arrest Warrant

9 October 2026 at 06:39

Russian prosecutors have asked the Netherlands to surrender Tomoko Akane and eight other International Criminal Court officials convicted in absentia by a Moscow court, extending the Kremlin’s retaliation against those investigating alleged war crimes in Ukraine.

Russia has demanded the extradition of International Criminal Court (ICC) President Tomoko Akane from the Netherlands, seeking to enforce criminal sentences against judges and prosecutors involved in issuing arrest warrants for Vladimir Putin and senior Russian military officials.

The Russian Prosecutor General’s Office announced on Thursday, 8 October, that it had submitted requests to several governments for the extradition of nine current and former ICC officials, including Karim Khan, who served as the court’s chief prosecutor when the arrest warrant against Putin was issued in March 2023.

The requests follow a ruling by Moscow City Court on 12 December 2025, when nine ICC officials were convicted in absentia and sentenced to prison terms ranging from three and a half to 15 years. Their alleged offences arose from their participation in investigations and judicial decisions concerning Russian officials suspected of international crimes.

Moscow’s latest move is unlikely to secure Akane’s extradition from the Netherlands, which hosts the ICC and is among its principal supporters. Russian authorities are nevertheless seeking cooperation from several countries, potentially exposing court officials to arrest when travelling to jurisdictions maintaining close relations with Moscow.

Japan Protests Against Russian Demands

Japan has condemned the proceedings against Akane, a Japanese national who became ICC president in March 2024.

Deputy Chief Cabinet Secretary Masanao Ozaki said Tokyo had repeatedly protested to Moscow over its treatment of ICC personnel and regarded the latest measures as unjustified and unacceptable.

He indicated that Japan would consider further diplomatic action in consultation with the court and other states parties to the Rome Statute.

Prime Minister Sanae Takaichi reaffirmed Japan’s support for the ICC during a parliamentary session on Friday, 9 October, saying Tokyo would continue to defend the institution as part of its commitment to international law.

Akane, who was elected president for a three-year term in March 2024, served on the judicial panel responsible for the arrest warrants against Putin and Russia’s commissioner for children’s rights, Maria Lvova-Belova.

Russian investigators opened criminal proceedings against the judges shortly after those warrants were announced, subsequently adding other ICC officials to their wanted lists as investigations concerning Russia’s invasion of Ukraine progressed.

Moscow’s Retaliation Against the Court

The confrontation began on 17 March 2023, when the ICC issued arrest warrants against Putin and Lvova-Belova over the alleged unlawful deportation and transfer of Ukrainian children from occupied areas to Russia.

The judges found reasonable grounds to believe that both officials bore individual criminal responsibility for the alleged offences. The warrants remain in force, although neither suspect has been brought before the court.

The investigation concerns the removal of children from Ukrainian territory following Russia’s full-scale invasion in February 2022. Ukrainian authorities have documented cases involving children transferred to Russia, placed with Russian families or subjected to measures intended to integrate them into Russian society.

Russia maintains that the transfers were humanitarian evacuations. The ICC’s investigation concerns whether children were unlawfully deported or transferred from occupied territory, conduct prohibited under international humanitarian law.

The court subsequently issued further warrants against senior Russian commanders. In June 2024, former defence minister Sergei Shoigu and Chief of the General Staff Valery Gerasimov were accused of responsibility for alleged war crimes and crimes against humanity connected to attacks on Ukrainian civilian infrastructure.

Russian prosecutors responded by expanding their criminal cases against ICC personnel. The charges included knowingly prosecuting innocent individuals and attacking representatives of a foreign state.

The December 2025 convictions provided Moscow with the domestic judgments it is now attempting to enforce through extradition requests.

Extradition Requests Raise Questions Over Travel

The Netherlands has not indicated any intention to surrender Akane. Dutch authorities have consistently supported the ICC’s independence, and the Russian convictions concern actions undertaken by officials in the exercise of their judicial responsibilities.

The position may be less predictable in countries maintaining extradition arrangements with Moscow. Although Russian convictions would not automatically require another state to surrender an ICC official, the existence of arrest warrants could complicate international travel and expose those named to detention pending legal proceedings.

The situation recalls the difficulties surrounding Putin’s own international movements since March 2023. His arrest warrant has restricted travel to ICC member states, which are generally required to cooperate with the court’s requests for arrest and surrender.

Russia’s withdrawal of its signature from the Rome Statute in 2016 did not prevent the ICC from investigating alleged crimes committed on Ukrainian territory. Ukraine had already accepted the court’s jurisdiction and became a full member on 1 January 2025.

The ICC investigation into Ukraine continues, covering alleged offences committed since 21 November 2013 within the scope of Ukraine’s acceptance of jurisdiction.

US Sanctions Add to Difficulties Facing ICC

The Russian extradition demands coincide with a separate dispute between the ICC and the United States, whose government has sanctioned several members of the court.

On 18 August 2026, President Donald Trump’s administration imposed sanctions on Akane and senior ICC trial lawyer Abdoulaye Seye. Washington has objected to investigations involving American personnel and Israeli officials, arguing that the court has exceeded its jurisdiction.

The ICC condemned the additional American sanctions, warning that restrictions targeting judges and prosecutors interfere with its judicial work.

The American measures primarily involve financial restrictions, while Russia has pursued criminal convictions and extradition requests. Both have placed ICC personnel under pressure for their involvement in proceedings opposed by governments outside the Rome Statute system.

The European Union has repeatedly defended the ICC against attempts to interfere with its investigations. The Netherlands, as host country, has particular responsibilities concerning the court’s operations and the security of its personnel.

Moscow’s latest requests are therefore expected to meet resistance from European governments. Their possible consequences elsewhere will depend on the countries approached and whether local authorities are prepared to act on Russian arrest warrants.

The Kremlin has so far failed to halt the ICC’s proceedings against Putin, Shoigu and Gerasimov. Its response has been to pursue the judges and prosecutors responsible, seeking prison sentences against international judicial officials while the allegations against Russia’s own leadership remain before the court.

Hoaxes “R” Us: Flydubai and the Russian Plague

By: SGT
9 October 2026 at 04:59
by Donald Jeffries, ”I Protest”: Stop them before they hoax again Sometimes I wish I’d never watched the movie The Truman Show. It really made me question the whole nature of our reality. 9/11. Sandy Hook. The Boston Bombing. So many events of the 21st century leave you shaking your head and searching for crisis actors. The […]

Perché il discorso di Rubio sull’Acropoli riguarda tutto l’Occidente

8 October 2026 at 15:02

“L’Occidente si trova a un bivio: il prossimo decennio determinerà se manterrà il suo posto al vertice del mondo o si accontenterà di un futuro di declino, sottomissione e indebolimento”. Il segretario di stato americano, Marco Rubio, ha scelto la collina della Pnice, dinanzi all’Acropoli, per un discorso che evidentemente non era rivolto solo alla Grecia di oggi, pur celebrando quella di ieri. La Pnice infatti, non solo si trova a strapiombo sull’antica agorà, ma era la sede dell’ecclesia, l’assemblea dei cittadini ateniesi. Per cui quelle parole pronunciate da Rubio sono un monito per il futuro occidentale, in un frangente internazionale in cui le pressioni economiche della Cina da un lato e quelle belliche di Iran e Russia dall’altro rappresentano il nocciolo delle nuove sfide. “Scegliamo di rafforzare il nostro Paese, senza scuse, di riprendere il controllo delle nostre catene di approvvigionamento critiche, di reindustrializzare la nostra economia, di ricostruire le nostre difese e di puntare al predominio nelle tecnologie e nei settori del futuro”.

Ecco il primo punto: le catene, i commerci, le materie prime, la scienza. Non è un caso che Rubio, al di là di tutti i riferimenti all’antica Grecia, ha inteso fare puntuali riferimenti a dossier strategici, che però è lecito ammettere fino ad oggi sono stati sottovalutati dall’occidente, in primis quello sulla terre rare (non a caso gli Usa hanno voluto riequilibrare la partita con la Pax Silica). Prima però Rubio aveva ripreso il filo della storia, ricordando che la Grecia è impressa nell’architettura del governo americano, nelle imponenti colonne e nei monumenti che adornano la capitale. “Gli antichi Greci sembrano esercitare un potere quasi mistico sulla nostra memoria. Ci invitano a tornare a loro ancora e ancora”, ha insistito, come per mescolare passato e futuro.

“Atene ci ha donato la democrazia. Platone e Aristotele ci hanno donato la filosofia. Ad Atene abbiamo assistito alla prima espressione completa di ciò che è venuto a definire l’Occidente”, ha aggiunto, sottolineando un altro elemento che si aggiunge alla lunga schiera “di prospettiva”.

Quando il ministro egli Esteri Usa dice che per gli antichi greci la ricerca dell’eccellenza era il principio cardine dell’esistenza umana e che coloro che costruirono il Partenone guardavano in alto (perché credevano che la più alta ambizione fosse quella di superare tutti gli altri, di sforzarsi di essere i migliori) tocca il punto centrale dello sviluppo futuro. L’occidente, e quindi anche l’Ue, deve cambiare angolo di visuale per ricostruire”Esistono grandi rovine in tutto il mondo. In molti casi, si tratta di luoghi in cui la Storia sembra essersi esaurita, vestigia di civiltà lontane scomparse da tempo dalla memoria collettiva. Ma l’Acropoli è diversa”, ha affermato.

Per poi entrare nel cuore del dibattito futuro quando ha detto di credere che l’Europa possa “risvegliarsi dal suo lungo sonno e riaccendere la fiamma che fu accesa qui millenni fa”.

Qatar reforça aposta no mercado português com ações dirigidas ao segmento corporate e MICE

8 October 2026 at 15:02
TnewsO TNews e o Visit Qatar reuniram cerca de 40 agentes de viagens no Porto e em Lisboa para dar a conhecer a oferta do Qatar para o segmento corporate e MICE, numa iniciativa realizada em parceria com a Qatar Airways.

Vila Real foi melhor

7 October 2026 at 18:31

VTM

Manhã excelente para a prática do futebol no início do campeonato distrital de juvenis. O Vila Real entrou forte e determinado, com os olhos sempre postos na baliza contrária. Aos 15’, boa jogada pela esquerda do ataque da casa, com Pedro Vieira a fazer o remate vitorioso para o primeiro golo. Aos 21’, boa jogada do ataque local, culminada com um cruzamento para o coração da área, com um avançado da casa a rematar sobre a barra quando estava em ótima posição. O Vila Real tinha em Matheus Garcia o elemento mais esclarecido no ataque. O jogador sofreu uma falta na área e o mesmo jogador converteu o penálti. O Vila Real continuou a dominar e, aos 68’, após jogada bem delineada de Pedro Veiga, obrigou Miguel Cunha a boa intervenção.

O Vila Real estava senhor do jogo e assim continuou até ao final, numa vitória justa da melhor equipa.

Bom trabalho do trio de arbitragem.


FICHA TÉCNICA
Complexo Desportivo do Monte da Forca
Árbitro: João Botelho
Auxiliares: Marta Monteiro e Leonor Carvalho

VILA REAL:
Pedro Vilela; Filipe Santos, Gui Pinto, Martim Leite e Salvador Santos (Teixeira, 70’); Luís Gonçalves, Francisco Morais e Nuno Araújo; Matheus Garcia (Martim Afonso, 83’), Rafael Fontinha (Rodrigo Azevedo, 60’) e Pedro Vieira (Gonçalo Monteiro, 70’)
Treinador: Micael Teixeira

CHAVES:
Miguel Cunha; David Wang (David Teixeira, 62’), André Lima, Rafael Varandas e Tomás Oliveira (Tiago Moutinho, 85’); António Teixeira, Daniel Bernardino (Cavaleiro, 78’) e Rodrigo Domingues (Simão Silva, 62’); Valentim Ribeiro (Gonçalo Xavier, 46’), Francisco Pereira e João Silva (Rafael Martins, 46’ depois Tiago Moutinho, 85’)
Treinador: Dylan Teixeira

Ao intervalo:
2-0
Marcadores: Pedro Vieira (15’), Matheus Garcia (42’ g.p.)

The post Vila Real foi melhor appeared first on A Voz de Trás-os-Montes.

« Sans les images ? »

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Tan Mu. — « Minneapolis », 2020
© Tan Mu - tanmustudio.com - Peres Projects, Berlin, Séoul, Milan

Un mur de Nanterre, le 29 juin dernier. Des lettres violettes inscrites à la bombe. « Sans vidéo Nahel serait une statistique pour la Place Beauvau. Fuck le 17 ». Deux jours auparavant, Nahel Merzouk, 17 ans, avait trouvé la mort au volant d'une voiture, après qu'un agent lui eut tiré en pleine poitrine, à bout portant. Des images tournées par une passante et diffusées sur les réseaux sociaux le jour même ont remis en cause la version policière reprise dans les premiers articles sur le drame. Le 27 juin à 8 h 22, le compte rendu du centre de commandement consignait : « Individu blessé par balle à la poitrine gauche. Le fonctionnaire de police s'est mis à l'avant pour le stopper. Le conducteur a essayé de repartir en fonçant sur le fonctionnaire. » Or la séquence filmée montre le motard ouvrant le feu depuis le côté d'un véhicule qui redémarre lentement.

Sans image, que se serait-il passé ? « S'il n'y avait pas eu la vidéo, s'est interrogée la jeune femme qui l'a postée, une collègue de son auteure, quelle aurait été la suite (1)  ? » Plusieurs médias ont comparé l'émotion suscitée par la mort de Nahel Merzouk à la relative indifférence dans laquelle, deux semaines plus tôt, Alhoussein Camara était décédé d'une balle dans le thorax à Saint-Yrieix-sur-Charente, dans la banlieue d'Angoulême. Lors d'un contrôle de police sur la route de son travail, ce jeune homme de 19 ans aurait refusé d'obtempérer et heurté les jambes d'un agent avec sa voiture. Un ami d'enfance témoignait, interdit : « Je sais tellement qu'il n'a pas pu blesser ce policier, mais comment le prouver sans vidéo (2)… »

Les images, en réalité, ne suffisent pas toujours. Du moins à obtenir justice. En 1991, Rodney King, un Afro-Américain de 25 ans, est passé à tabac par quatre policiers à Los Angeles. Avec une petite caméra portative, un riverain capte la scène. Son enregistrement et sa diffusion provoquent l'indignation. La vidéo devient dès lors un outil de preuve, un moyen de scandaliser et de mobiliser, mais aussi d'engager des poursuites judiciaires. L'affaire n'aurait sans doute jamais conduit à un procès sans cette captation, et sans son passage en boucle sur Cable News Network (CNN) : même s'ils ne permettront pas de faire condamner les responsables — les policiers sont acquittés un an plus tard —, ils cristallisent une colère qui conduira aux plus grandes émeutes qu'ait connues Los Angeles.

Dans les années 1960, des collectifs avaient déjà utilisé des caméras comme instrument de surveillance de la police (copwatching). Une coalition d'organisations noires les expérimenta dans le quartier de Watts à Los Angeles à la suite de nombreux meurtres policiers, suivie à Oakland par le Black Panther Party à partir de 1966. Act Up se dota aussi d'un groupe de vidéastes dans les années 1980, dont un des buts était de filmer les manifestations pour prévenir les violences policières. Catherine Gund Saalfield, l'une des fondatrices de Damned Interfering Video Activist Television (DIVA TV), expliquait alors : « Nous avons une banque d'images de flics pliant les poignets des gens jusqu'au point de rupture, de flics matraquant des manifestants sur le dos et les épaules (3). »

À la différence des tenants du cinéma d'intervention — les groupes Medvedkine, par exemple — ou de la télévision alternative, DIVA TV ne cherchait plus seulement à donner la parole aux sans-voix ou à faire exister des corps exclus de la visibilité. La caméra devait servir d'outil dans la lutte, les vidéos de preuve. Mais ce copwatching relevait encore de la pratique politique, de la longue histoire des expériences audiovisuelles militantes. Au cours de la période récente, dans les cas des homicides de George Floyd aux États-Unis ou de Cédric Chouviat en France en 2020, ce sont des voisins ou des passants qui ont filmé la scène ; des caméras de vidéosurveillance ont capté l'arrestation violente de Théo Luhaka à Aulnay-sous-Bois en 2017 ou les coups assenés au producteur de musique Michel Zecler (en 2020 également) ; et, aux États-Unis, où leur emploi est quasi systématique, certaines vidéos de violences proviennent des caméras corporelles de policiers.

Pour les activistes d'aujourd'hui, l'Observatoire national des pratiques et des violences policières (ONVP) ou David Dufresne et sa plate-forme « Allô Place Beauvau », le partage apparaît plus déterminant que l'enregistrement. Et il faudra s'en remettre aux acteurs judiciaires et médiatiques, dont le rôle devient décisif. Or, du journal télévisé au procès, faire parler l'image implique une série de procédés tant techniques que rhétoriques. La parole de l'expert ou du témoin la décrit, la commente ou la met en contexte. À la télévision, les vidéos subissent des modifications matérielles. Des inserts graphiques dirigent le regard vers ce qui devrait être vu, quand le ralenti « peut amener les téléspectateurs à percevoir une action comme plus intentionnelle (4) », le ralentissement induisant le sentiment que l'auteur des faits a eu le temps de penser son action. Il en va de même lors des procès, où les captures d'écran, parfois imprimées et annotées, se substituent à la projection, comme, en France, dans l'affaire Gaye Camara en 2019 (5).

Reste que les effets sociaux des images inquiètent les autorités et agacent les forces de l'ordre. Face à la multiplication des entraves policières à la liberté de filmer, notamment lors des manifestations, le ministère de l'intérieur avait dû rappeler à ses troupes par la voie d'une circulaire datée du 23 décembre 2008 que « les policiers ne bénéficient pas de protection particulière en matière de droit à l'image (…). La liberté de l'information, qu'elle soit le fait de la presse ou d'un simple particulier, prime le droit au respect de l'image ou de la vie privée dès lors que cette liberté n'est pas dévoyée par une atteinte à la dignité de la personne ou au secret de l'enquête ou de l'instruction ».

Malgré cela, en septembre 2019, un jeune « gilet jaune » dijonnais a été condamné à cinq mois de prison avec sursis pour avoir filmé et mis en ligne les images d'affrontements entre des manifestants et des gendarmes. Une décision rendue sur le fondement d'un article du code pénal introduit en 2007 pour sanctionner le happy slapping (ou « vidéo baffe », une agression captée puis diffusée sur les réseaux sociaux). La majorité de M. Emmanuel Macron a ensuite tenté d'entraver la circulation des vidéos de violences policières. Finalement écarté par le Conseil constitutionnel, l'article 24 de la proposition de loi relative à la sécurité globale visait à punir de cinq ans d'emprisonnement la diffusion d'images d'un agent portant « atteinte à son intégrité physique ou psychique ».

La loi promulguée en 2021 a quand même autorisé les policiers à exploiter en temps réel des caméras installées dans les halls d'immeuble ou l'extension de l'accès à la vidéosurveillance aux agents des polices municipales et de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF). Face à la multiplication des dispositifs d'enregistrement au sein de la population, il s'agit de construire des contre-feux. « Quand on est attaqué par l'image, il faut se défendre par l'image (6) », soutient M. David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN).

Cette volonté d'opposer œil pour œil les caméras-piétons et de vidéosurveillance à celles des citoyens comme celle d'empêcher la circulation de certaines images trahissent la foi des gouvernants dans leur capacité à sensibiliser ou à révéler la répression au plus grand nombre. Cette foi se double d'une croyance dans la puissance mimétique qui conduirait des individus généralement jeunes, peu diplômés, de classes populaires à s'égarer dans la violence pour reproduire ce qu'ils ont vu. À ce titre, le président de la République a souligné le 30 juin dernier, dans une allocution depuis la cellule interministérielle de crise, le « rôle considérable » de Snapchat et TikTok dans les soulèvements des quartiers populaires qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk, et dénoncé la diffusion d'images des violences commises dans de très nombreuses villes françaises.

Face à la censure des médias audiovisuels, les plates-formes numériques ont permis au cours des années 2010 de diffuser assez librement des enregistrements. Mais ces entreprises, actrices majeures du capitalisme, n'ont pas vocation à soutenir les révoltes. À l'Assemblée nationale le 10 juillet, la responsable des affaires publiques de Snapchat en France a assuré que son entreprise avait « travaillé conjointement avec le ministère de l'intérieur et les différentes autorités afin d'endiguer le plus rapidement possible les différents dérapages qu'on a pu percevoir sur le terrain ». Avant de se féliciter du résultat de cette collaboration en constatant que « l'ensemble des stories qui étaient publiées » aux derniers soirs du soulèvement provenaient d'utilisateurs « qui se plaignaient justement des émeutes et des conséquences des émeutes ».

Le matin du même jour, le commissaire européen au marché intérieur avait averti de la fin de la fête. Déplorant que les réseaux sociaux n'aient pas préalablement censuré tout message susceptible d'accentuer les émeutes, M. Thierry Breton a prévenu : « Tout cela ne sera plus possible à partir du 25 août », en vertu d'un nouveau règlement sur les services numériques. « Lorsqu'il y aura des contenus haineux, des contenus qui appellent par exemple à la révolte, qui appellent également à tuer ou à brûler des voitures, [les plates-formes] auront l'obligation dans l'instant de les effacer. Si elles ne le font pas, elles seront immédiatement sanctionnées », voire temporairement interdites. Le temps de la désillusion pour les militants qui, depuis le « printemps arabe », associaient réseaux sociaux et liberté ? « Sans les images la révolution n'aurait pas eu lieu », nous disait un Tunisien en 2011… Sans les images ou sans les moyens pour les diffuser ?


(3) Catherine Saalfield, « On the make : Activist video collectives » (PDF), dans Martha Gever, John Greyson et Pratibha Parmar (sous la dir. de), Queer Looks. Perspectives on Lesbian and Gay Film and Video, Routledge, Londres et New York, 1993.

(4) Cf. Zachary Burns, Eugene Caruso et Benjamin Converse, « Slow motion increases perceived intent », Proceedings of the National Academy of Sciences, vol. 113, Washington, DC, 2016.

(5) Cf. Nicolas Chapuis, « Les tirs de légitime défense par les policiers, une zone grise pour les enquêteurs », Le Monde, 24 octobre 2019.

(6) Cité par Chloé Pilorget-Rezzouk, « Les caméras-piétons, une fausse bonne idée ? », Libération, Paris, 15 juillet 2020.

Startup portuguesa LUGGit quer tornar possível viajar sem carregar bagagens

7 October 2026 at 17:31
TnewsA LUGGit, startup que permite recolher, armazenar e entregar bagagens no local e horário escolhidos pelo viajante, revelou em entrevista ao TNews que prevê realizar uma nova ronda de financiamento para apoiar a entrada em mercados estratégicos e desenvolver novos modelos de operação e produto.

Priorità e prospettive in Artico. La strategia italiana e il libro bianco del Cnr

7 October 2026 at 15:41

Scienza, spazio e geopolitica trovano una sintesi nell’Artico e l’Italia si approccia, come meglio non poteva fare, all’international artic year 2032. Lo spunto viene dalla Conferenza Nazionale Polare ideata e coordinata dal Cnr in collaborazione con Enea, Ingv e Ogs, con il patrocinio dei mnisteri della Difesa e dell’Università e della Ricerca. Per la prima volta la comunità scientifica italiana impegnata nelle regioni polari si è incontrata per confrontarsi sugli ultimi dati e avanzamenti della ricerca e per definire priorità e prospettive.

Una tre giorni con più di 200 partecipanti per dare fiato a proposte e priorità che confluiranno in un White Paper. Il documento costituirà uno strumento strategico per orientare le future politiche italiane dedicate all’Artico, all’Antartide e al Terzo Polo (Himalaya, Karakorum e Altopiano del Tibet), territori sempre più cruciali per comprendere le dinamiche del clima globale. Punto di partenza la consapevolezza che il tema polare è non solo strategico, ma parte integrante della visione politica di ogni paese, Italia compresa. Numerosi i progetti a cui l’Italia prende parte con successo, come Boomerang, Apegaia, Epica, Stazione Concordia assieme alla Francia, o Ice Memory che conserva carote di ghiaccio di tutto il mondo e ha il sigillo Unesco che le attribuisce il respiro internazionale.

In questo senso trova applicazione il Piano nazionale Artico del Governo che, come più volte osservato dal presidente del consiglio Giorgia Meloni, intende occuparsi a fondo di questa area del mondo. Non a caso il ministero degli Esteri ha presentato da tempo la strategia italiana sull’Artico, con l’obiettivo di preservare l’area artica come zona di pace e cooperazione, contribuire alla sicurezza della regione, sostenere le imprese che volessero investire lì e favorire la ricerca.

Un passaggio ribadito dall’ambasciatore Agostino Pinna, Inviato Speciale del ministero degli Affari Esteri e della Cooperazione Internazionale per l’Artico, secondo cui la tradizione scientifica italiana è un elemento che consente all’Italia di essere soggetto autorevole e credibile. A breve verrà diffusa anche la strategia Ue sull’Artico, connessa alla questione securitaria legata alle minacce ibride. Molte cose che accadono in Artico infatti hanno poi riflesso in Ue, come le materie prime, lo spazio, le rotte, l’energia. Ma anche la pace, visto che lì operano assieme Russia e Usa, nonostante i venti di guerra in Ucraina e Iran. “Il lavoro di questi tre giorni segna un passo importante verso una visione condivisa della ricerca pubblica italiana nelle regioni polari”, ha dichiarato il Presidente del Cnr, Andrea Lenzi. “L’impegno del Cnr nelle scienze polari affonda le proprie radici in decenni di ricerca, dati e conoscenze, sviluppati nell’ambito dei Programmi per l’Artico e per l’Antartide sostenuti dal ministero dell’Università e della Ricerca. Un patrimonio costruito sulla collaborazione, sul dialogo con le comunità indigene e sulla responsabilità di offrire risposte solide alle sfide ambientali e climatiche del presente e del futuro”.

“I profondi cambiamenti che stanno interessando l’Artico, l’Antartide e il cosiddetto Terzo Polo himalayano – la più vasta riserva di ghiaccio del pianeta al di fuori delle regioni polari – hanno ripercussioni sempre più rilevanti sugli equilibri climatici, sugli ecosistemi e sulla società a livello globale”, ha commentato la Presidente Enea, Francesca Mariotti. “In questo scenario, la ricerca svolta dall’Italia e dall’Enea negli ambienti più estremi della Terra assume un ruolo cruciale. Un’attività di questo tipo richiede competenze scientifiche, come quelle che mettiamo in campo in Artico, ma nulla sarebbe possibile senza le infrastrutture e il supporto logistico che Enea garantisce, con un’efficiente macchina organizzativa, da oltre 40 anni in Antartide”.

Sfuggire a Trump. Come l’Ue pensa di riscuotere soldi dalle Big Tech

7 October 2026 at 15:37

A Bruxelles stanno prendendo in considerazione una proposta che potrebbe aumentare i fastidi di Washington. Sul tavolo della Commissione europea c’è infatti la possibilità di modificare il contributo forfettario sulle grandi imprese, già inserito all’interno del bilancio comunitario per il settennato 2029-2034. L’idea è di alzare la soglia di accesso e aumentare il peso a carico delle aziende. Tra queste, ovviamente, anche quelle digitali. In questo modo, scrive il Financial Times, le Big Tech verrebbero tassate senza aggiungere una nuova imposta sui servizi digitali. Un sotterfugi per evitare che l’amministrazione di Donald Trump batta di nuovo i pugni sul tavolo. A giugno la Casa Bianca aveva minacciato di introdurre dazi al 100% per quei Paesi che introducevano una tassa sui servizi digitali – con un esplicito riferimento all’Europa. Difficilmente però il presidente statunitense non si accorgerà del trucco.

Il contributo, pensato a luglio scorso, prevede di tassare le aziende con un fatturato superiore ai 100 milioni di euro che operano sul territorio comunitario. La modifica si concentrerà sull’allargamento delle società da includere, ritoccando quindi i requisiti necessari per rientrare nella tassazione, e allo stesso tempo sull’importo che dovrebbero versare. Al momento, il sistema imporrebbe il pagamento di 100mila euro per le aziende – tutte, non solo quelle tecnologiche – con un fatturato netto compreso tra i 100 e i 250 milioni, fino a un massimo di 750mila euro per quelle che hanno ricavi minimi di 750 milioni. Il totale della cifra che finirà nelle tasche dell’Ue è pari a 6,8 miliardi di euro.

Passare dalla teoria alla pratica non sarà semplice. La discussione è accesa, proprio perché potrebbe potenzialmente comportare conseguenze non del tutto positive. C’è chi non è propenso a introdurre una tassa digitale per non inimicarsi gli americani, sostiene una fonte riservata al Ft. E c’è chi è contrario al versamento di una somma forfettaria, come previsto dal Corporate Resource for Europe (Core) per le società che offrono servizi digitali che hanno una filiale sul territorio comunitario. Da qui l’idea di estendere una tassa già esistenti a tutte le aziende, senza discriminazioni settoriali. In questo modo il risultato sarebbe duplice: verrebbe garantito un gettito in entrata superiore, senza scontentare nessuno. Almeno sulla carta.

Da quando Trump ha messo di nuovo piede alla Casa Bianca, gli europei fanno gli equilibristi per provare a tenere insieme l’interesse comunitario con un’alleanza storica. Trump e la sua amministrazione sono stati però piuttosto chiari: nessuna azienda americana deve essere trattata peggio delle altre. Il tycoon non fa sconti a nessuno. Austria, Francia, Italia e Spagna sono state già oggetto di indagine da parte di Washington a causa della loro imposta sui servizi digitali. Leggere che l’Ue ha trovato un modo per aggirare i suoi paletti non gli farà di certo piacere.

Chi vota contro la stretta alla Cina non difende l’Europa. La versione di Gambino

7 October 2026 at 15:09

Un brutto incidente, quello accaduto oggi a Strasburgo in occasione della risoluzione sui rapporti tra Unione europea e Cina, in cui viene chiesta una risposta “più forte” nei confronti degli squilibri commerciali con Pechino. Mentre il centrodestra composto da Ecr e Ppe ha votato compatto per il sì, le opposizioni si sono divise: Avs e Pd astenuti, M5s e vannacciani contrari. Con il centrodestra solo Elisabetta Gualmini, Pina Picierno e Irene Tinagli.

ALBERICO GAMBINO FDI

“Viene da pensare che in Italia c’è un gruppo politico a cui non stanno a cuore gli interessi dell’Europa, mentre quelli della Cina sì”, dice a Formiche.net l’eurodeputato di Ecr/FdI Alberico Gambino, vicepresidente della commissione per gli Affari esteri e membro della commissione per la sicurezza e la difesa del Parlamento Europeo, secondo cui “anziché essere uniti e dimostrarsi patrioti, questi partiti remano contro gli interessi in Italia degli italiani e in questo caso dell’Europa e delle industria europee, una deriva che cozza non poco con i proclami di responsabilità che il Pd continua a fare, dipingendosi un partito responsabile e in grado di guidare l’Italia: è vero esattamente l’opposto”.

Non va dimenticato infatti che il deficit commerciale dell’Unione Europea nei confronti della Cina ha superato i 360 miliardi di euro annui, per questa ragione Bruxelles ha iniziato a riconsiderare i propri strumenti di difesa economica, tramite iniziative mirate. Già due giorni fa Francia e Germania in una lettera aperta avevano chiesto alla Commissione europea di attivare nuovi strumenti di difesa: pur se non citata esplicitamente nella lettera indirizzata da Merz e Macron a Von der Leyen, appare evidente il riferimento alla Cina dell’iniziativa: “Abbiamo bisogno di uno strumento credibile nelle mani della Commissione che consenta una reazione decisiva e sistemica – ovvero attivabile tramite maggioranza qualificata inversa – e l’adozione di misure forti, fino all’esclusione immediata dal mercato interno se necessario”. L’azione si tradurrebbe in un blocco immediato (il cosiddetto kill switch), consentendo a Bruxelles di reagire rapidamente tramite poteri in capo alla Commissione.

L’eurodeputato meloniano ritiene che con la Cina “bisogna avere un’interlocuzione e un dialogo sempre aperto ovviamente, ma ciò non significa essere succubi o silenti dinanzi a regole che valgono solo per noi e che stanno causando moltissimi danni alle imprese europee”. E aggiunge: “Negli anni passati l’Ue si è assuefatta al green deal mettendo da parte gli interessi dell’industria europea. Adesso bisogna recuperare il tempo passato, ma non sarà una cosa semplice. Noi siamo l’Europa e abbiamo dimostrato di poter superare i momenti difficili, come dimostra la storia del secolo scorso: abbiamo le intelligenze, le capacità e l’industria competitiva per poterlo fare. E la politica dovrà accompagnare questa rinascita”.

Con quali obiettivi? “Non avere un padrone, spiega, ma porsi allo stesso livello di Usa e Cina, per potersi sedere ai tavoli che contano e ovviamente pensare allo sviluppo del territorio a tutto tondo. Se non daremo energia all’industria perderemo competitività, posti di lavoro, capacità di contare e pesare nelle assise internazionali. Questo cambio di consapevolezza nasce dal 2022, da quando il presidente del Consiglio Giorgia Meloni ha iniziato a far sentire la propria voce a Bruxelles per dire che così non si può più andare avanti. E oggi la sterzata dell’eurocamera ricalca in toto le osservazioni che Meloni ha più volte fatto nei consigli europei: il tema degli squilibri commerciali con Pechino.

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