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Exclusif : L’Iran, un cobra lové prêt à frapper

L’Iran et le Pakistan sont pleinement engagés dans la construction d’un ordre financier post-américain à la croisée du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud.

Allons droit au cœur du sujet : après avoir soigneusement examiné l’échiquier, les dirigeants politiques et militaires de Téhéran sont déjà parvenus à la conclusion qu’une attaque conjointe américano-israélienne, dont la planification avance à un rythme effréné, est inévitable.

Ils se positionnent donc désormais comme un cobra lové, prêt à frapper et à injecter son venin mortel au premier signe d’une menace imminente du syndicat Epstein — sans même attendre une attaque effective.

Cette offensive préventive, dont les contours sont déjà tracés, sera dévastatrice ; elle s’étendra au-delà des bases américaines au Moyen-Orient vers d’autres cibles régionales, et pourrait notamment inclure les infrastructures énergétiques du Golfe ainsi que les câbles sous-marins (ce qui, dans ce cas, affecterait principalement le Golfe et l’Inde, bien plus que les États-Unis et l’Europe).

Nous sommes en présence d’un danger clair et immédiat : une opération militaire américano-israélienne destinée à exercer une pression sera certainement interprétée à Téhéran comme le début d’une attaque.

Ainsi, la pression en faveur de la guerre exercée par le «culte de la mort» et par Trump se heurte désormais à un seuil de tolérance iranien dangereusement bas. Les options de frappe du Pentagone vont des installations nucléaires iraniennes aux infrastructures énergétiques.

Il va sans dire que le «sociopathe en chef» — déjà en pleine panique face à la débâcle imminente des élections de mi-mandat — est une proie facile pour le puissant lobby sioniste pro-guerre et ses donateurs. Le danger stratégique suprême réside donc dans le fait que cette pression incessante puisse envoyer un signal que Téhéran interpréterait comme une attaque imminente, même si Washington affirme publiquement qu’aucune frappe n’aura lieu avant les élections de mi-mandat.

Le Yémen fait passer la situation à un niveau supérieur

Parallèlement, des sources privilégiées à Islamabad confirment le succès d’un essai de missile pakistanais à Mach 7, d’une portée de plusieurs milliers de kilomètres. Cette nouvelle capacité a tout ce qu’il faut pour modifier concrètement l’équilibre des pouvoirs au Moyen-Orient, en renforçant la portée dissuasive du Pakistan et sa capacité à influencer tous les calculs de sécurité régionaux, tout en approfondissant les liens du Pakistan avec la Chine, l’Iran et les pétro-monarchies du Golfe.

Et voici une autre exclusivité : des membres des services de renseignement militaire israéliens, notamment un général de division, ont quitté Riyad après que MbS, dans un prétendu moment de lucidité, eut dit «non» à l’offre d’»assistance» de la secte de la mort. Et pourtant, plus de 100 membres du CENTCOM sont toujours sur place.

La décision de MbS lui a peut-être été imposée par la Turquie et le Pakistan — les deux autres signataires de l’Alliance de défense de La Mecque, qui se sont soudainement retrouvés dans la même salle de crise à Riyad, côte à côte avec des agents de la secte de la mort.

Si leur départ a peut-être écarté un risque d’escalade, les agents américains restent révélés : toute frappe, d’où qu’elle vienne, faisant des victimes américaines entraînera immédiatement Washington dans la guerre entre l’Arabie saoudite et Ansarallah.

La guerre entre l’Arabie saoudite et Ansarallah atteint en effet un nouveau niveau de volatilité. Le mélange explosif constitué par l’interception d’un missile de croisière au-dessus de la province de Médine, les interceptions de drones ailleurs en Arabie saoudite et les frappes de missiles des forces armées yéménites contre le complexe présidentiel du gouvernement fantoche d’Aden n’est qu’un début.

Ce qui s’est passé après qu’Ansarallah a pris pour cible Najran — l’une des provinces du sud de l’Arabie saoudite volées au Yémen en 1934 par les Britanniques — est tout à fait stupéfiant.

Un porte-parole saoudien a accusé Ansarallah d’avoir lancé un missile de croisière sur Médine. La réponse du porte-parole emblématique des forces armées yéménites, le général Yahya Saree, a été cinglante : «Nous n’avons mené aucune opération militaire visant le territoire saoudien aujourd’hui. Par conséquent, l’affirmation de l’ennemi saoudien selon laquelle Médine aurait été prise pour cible est une pure invention et un mensonge grave».

Traduction : le Yémen frappe l’une de ses anciennes provinces ; les Saoudiens se lancent dans des fausses informations à outrance, inventant de toutes pièces une attaque contre l’une des deux mosquées sacrées — sans doute en préparation d’une opération sous faux pavillon ; puis le Yémen nie aussitôt avoir frappé quelque (italiques de ma part) territoire saoudien.

Cela signifie que Sanaa déclare subtilement, pour que tout le monde comprenne, qu’elle ne mène plus d’opérations à l’étranger (italiques de ma part) sur les trois provinces : Jizan, Najran et Asir. Elle prépare déjà — psychologiquement et opérationnellement — le terrain pour récupérer son territoire volé.

Tout cela se résume dans cette analyse yéménite succincte de la déconstruction de la fastueuse Maison des Saoud :

«Le Yémen sape les piliers ultra-fragiles de l’économie non pétrolière sur lesquels les pirates du désert ont fondé tous leurs espoirs : l’image, les investissements (IDE), l’évasion de la réalité, ainsi que l’impunité et l’invulnérabilité face au terrorisme à l’étranger».

Comment le Pakistan et l’Iran contournent le FMI

Prêtez maintenant attention à un événement assez surprenant qui s’est produit en milieu de semaine à Bangkok, lors de la réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale — dûment accueillie par des manifestations de rue en Thaïlande.

Le gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Abdolnaser Hemmati, a rencontré le gouverneur de la Banque centrale du Pakistan, Jameel Ahmad, en marge de ce rituel annuel de premier plan à la gloire du dollar américain.

Le Pakistan est soumis à la poigne de fer des ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque mondiale — et, pour couronner le tout, menacé de sanctions américaines parce qu’il entretient des relations commerciales avec l’Iran.

Le fait que le Pakistan et l’Iran discutent de facto de la dédollarisation au cœur même de la tanière du lion — le temple du dollar américain — n’a donc pas de prix.

L’infrastructure est en place depuis 2023, grâce à un accord de swap de devises utilisant le rial et la roupie à la place du dollar américain. Le troc est géré par les deux banques centrales, et les flux bancaires transitent par la Banque Melli en Iran et la Banque Mellat au Pakistan. Leurs marchés frontaliers — au moins six d’entre eux — sont en plein essor : des routes commerciales physiques qui contournent complètement le dollar américain.

Ce dont ils discutaient à Bangkok en début de semaine, c’est la manière d’étendre ce système : ils se moquent éperdument des sanctions secondaires américaines. D’autant plus que Téhéran offre à Islamabad ce que le système américain ne peut tout simplement pas offrir : la souveraineté, pas de changement de régime, pas d’austérité, pas de leçons de morale et, surtout, pas d’ajustement structurel.

Sans compter que le Pakistan a cruellement besoin du gaz iranien — et des routes commerciales de la nouvelle Route de la soie rendues possibles par la Chine.

L’Iran a bâti toute une économie en contournant complètement le FMI — et capable de survivre à un tsunami de sanctions, à un blocus et à la guerre.

Aujourd’hui, l’Iran et le Pakistan sont en pleine construction d’un ordre financier post-américain à la croisée du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud — avec des swaps de devises, du troc, des marchés frontaliers en plein essor et des canaux bancaires adaptés, tournant ainsi en dérision les sanctions secondaires.

Soit dit en passant, cela se produit au moment même où un immense train iranien, chargé de pétrole brut — et le premier d’une longue série —, s’apprête à partir pour… la Chine via l’Asie centrale, sur la ligne ferroviaire de la «nouvelle Route de la soie» construite par la Chine.

Le cobra lové est peut-être prêt à frapper. Mais le cobra, depuis des temps immémoriaux, adore aussi faire des affaires.

Traduction:  Reseau International

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Exclusive: Iran, a coiled cobra ready to strike

Iran and Pakistan are deep into building a post-American financial order in the intersection between West Asia and South Asia.

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Let’s get right into the heart of the matter: carefully examining the chessboard, the political and military leadership in Tehran has already reached the conclusion that a joint U.S.-Israeli attack, with planning advancing at a feverish pace, is inevitable.

So they are now positioned themselves as a coiled cobra, ready to strike and inject deadly venom at the first whiff of an imminent Epstein Syndicate threat – even without waiting for an actual attack.

The preemption drive, already delineated, will be devastating, extending beyond U.S. bases in West Asia to other regional targets, and potentially including Gulf energy infrastructure and undersea cables (in this case mostly affecting the Gulf and India, much more than the U.S. and Europe).

We are into clear and present danger territory: a U.S.-Israeli military movement intended as pressure certainly will be interpreted in Tehran as the opening of an attack.

So the death cult/Trumpian pressure for war now meets a dangerously low Iranian threshold. Pentagon strike options range from Iranian nuclear installations to energy infrastructure.

It goes without saying that the Sociopath-in-Chief – already freaking out with the imminent mid-terms debacle – is an easy prey to the powerful pro-war Zionist lobby/donors. The supreme strategic danger then is that this non-stop pressure may produce a signal that Tehran interprets as an imminent attack, even while Washington publicly maintains that no strike will happen before the mid-terms.

Yemen is taking it all to the next level

In parallel, privileged sources in Islamabad confirm a successful Pakistani missile test at Mach 7, with a range of several thousand kilometers. This new capability has all that it takes to materially alter West Asia’s balance of power, strengthening Pakistan’s deterrent reach and how it will be able to influence every regional security calculation, and adding to Pakistan’s deepening interconnection with China, Iran and the Gulf petro-monarchies.

And now for another esclusive: Israeli military intelligence personnel, including a Major-General, have left Riyadh after MbS, in an alleged moment of lucidity, said “No” to the death cult’s offer of “assistance”. And yet more than 100 CENTCOM personnel remain.

MbS’s decision may have been forced on him by Turkiye and Pakistan – the other two signatories of the Mecca Defense Alliance, who suddenly found themselves in the same war room in Riyadh side by side with death cult operatives.

Now their departure may have removed one escalation risk, but U.S. operatives remain exposed: any strike, wherever it comes from, generating U.S. casualties will immediately draw Washington into the Saudi-Ansarallah war.

The Saudi-Ansarallah war, in fact, is hitting the next – volatility – level. The toxic mix of a cruise-missile interception over Medina province; drone interceptions elsewhere in Saudi Arabia; and Yemeni Armed Forces missile strikes on Aden’s puppet government presidential complex is just the start.

What happened after Ansarallah targeted Najran – one of the southern Saudi provinces stolen from Yemen in 1934 by the British – is total eyebrow-raising territory.

A Saudi spokesman accused Ansarallah of launching a cruise missile at Medina. The response by iconic spokesman for Yemeni Armed Forces, Gen Yahya Saree, was a killer: “We did not carry out any military operation targeting Saudi territory today. Therefore, the Saudi enemy’s claim that Medina was targeted is an outright fabrication and a grave falsehood.”

Translation: Yemen hits one of their former provinces; the Saudis go for total fake news, fabricating an attack on one of the two sacred mosques – no doubt as preparation for a false flag; then Yemen promptly denies striking any (italics mine) Saudi land.

That means that Sana’a is subtly declaring, for everyone to understand, that they no longer conduct foreign (italics mine) operations on the three provinces: Jizan, Najran and Asir. They are already – psychologically and operationally – setting the stage to recover their stolen territory.

All that gells into this succint Yemen-based analysis of the deconstruction of the bling-bling House of Saud:

“Yemen is nuking the uber-fragile pillars of the non-oil economy on which the desert Pirates placed all their hopes: Image, (FDI) Investments, Escapism, and Impunity & Invulnerability from terrorism abroad.”

How Pakistan and Iran bypass the IMF

Now pay attention to something quite startling that happened mid-week in Bangkok, during the annual IMF/World Bank meeting – duly greeted by Thai street protests.

The head of Iran’s Central Bank, Abdolnaser Hemmati, met the head of Pakistan’s Central Bank, Jameel Ahmad, on the sidelines of the foremost annual ritual in praise of the U.S. dollar.

Pakistan is under the fierce structural adjustment clutches of the IMF/World Bank – and on top of it threatened with U.S. sanctions because it trades with Iran.

So Pakistan-Iran de facto discussing de-dollarization right inside the lion’s den – the U.S. dollar temple – is beyond priceless.

The infrastructure is in place since 2023 – via a currency swap agreement using the rial and the rupee instead of the U.S. dollar. Barter is managed by both Central Banks, and banking channels run through Bank Melli in Iran and Bank Mellat in Pakistan. Their border markets – at least 6 of them – are booming: physical trade routes completely bypassing the U.S. dollar.

What they were discussing in Bangkok earlier this week is how to expand the whole thing: they couldn’t give a damn to U.S. secondary sanctions. Especially because Tehran is offering Islamabad what the American system simply cannot: sovereignty, no regime change, no austerity, no lecturing and most of all no structural adjustment.

Not to mention that Pakistan badly needs Iranian gas – and China-enabled New Silk Road trade routes.

Iran built a whole economy completely bypassing the IMF – and capable of surviving a tsunami of sanctions, a blockade, and war.

Now Iran and Pakistan are deep into building a post-American financial order in the intersection between West Asia and South Asia – complete with currency swaps, barter trade, booming border markets and appropriate banking channels, making a mockery of secondary sanctions.

By the way, this is happening just as an immense Iranian train, loaded with crude oil – and the first of many – is ready to depart to… China via Central Asia, on the New Silk Road railway built by China.

The coiled cobra may be ready to strike. But the cobra, since times immemorial, also loves to do business.

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L’accordo sul gasolio tra Trump e Putin: la speranza muore per ultima

La dichiarazione di Trump offre una prospettiva mediatica molto interessante e potrebbe segnare la fine del “Progetto Ucraina”, un argomento che merita di essere approfondito.

Segue nostro Telegram.

Nessuno si sarebbe aspettato che Donald Trump, dopo una telefonata di auguri di compleanno al suo omologo russo, dichiarasse che il gasolio russo si sarebbe rivelato la soluzione all’attuale carenza di carburante negli Stati Uniti. Se la presidenza Trump ha prodotto qualcosa, sono stati molti titoli interessanti che sembrano spuntare dal nulla e che, purtroppo, molto spesso, svaniscono nuovamente nella nebbia da cui sono emersi. A volte le parole di Trump possono riempirci di speranza, come in questo «accordo sul gasolio», mentre altre, come il suo recente discorso alle Nazioni Unite, in cui ha minacciato di uccidere potenzialmente tutti gli iraniani, ci riempiono di terrore. Questa dichiarazione del nostro enigmatico leader presenta una narrazione mediatica molto interessante e una potenziale conclusione del «Progetto Ucraina» che vale la pena approfondire.

Trump ha accusato Zelensky della carenza energetica globale, in particolare per quanto riguarda il gasolio. All’epoca, tutti pensavano che si trattasse solo di una banale manovra diversiva in stile Twitter per sviare l’attenzione dalla fallita guerra contro l’Iran, che certamente ha causato notevoli interruzioni nel trasporto di carburante. In altre parole, la Casa Bianca stava proiettando questa crisi – che aveva permesso che si verificasse, o che aveva attivamente provocato – addossandola al capro espiatorio Zelensky. Tuttavia, questa forma di diversione o proiezione non è più solo una questione di parole in una narrativa pre-elettorale, ma si è trasformata in azione concreta. Le sanzioni sul gasolio russo sono state revocate e la prima spedizione è già in viaggio mentre scrivo queste righe. È accaduto qualcosa di tangibile.

Zelensky è stato infatti avvertito circa sei volte di smettere di attaccare le infrastrutture petrolifere russe. Far saltare in aria dei bambini nel Donbass e oltre va «bene», ma attaccare ciò che l’Occidente vuole dalla Russia più di ogni altra cosa è «assolutamente inaccettabile». Zelensky, al quale – come indicato sopra – era stato intimato una mezza dozzina di volte di sospendere gli attacchi alle infrastrutture petrolifere e del gas, dopo aver appreso della decisione di Trump di acquistare gasolio russo, ha agito come segue:

1) Ha rapidamente attaccato nuovamente le infrastrutture petrolifere russe, apparentemente per fare un dispetto al Presidente degli Stati Uniti

2) Ha immediatamente interrotto i colloqui di pace a Miami con i collaboratori di Trump, il duo Kushner-Witkoff, il che rappresenta l’ennesimo schiaffo in faccia a Donald Trump.

La cosa più incredibile di tutte è che il «narcisista» Trump abbia già pubblicamente ringraziato il presidente Putin due volte per questo accordo. Durante un comizio, gli americani in piedi dietro a Trump hanno applaudito con grande entusiasmo all’annuncio della pace con la Russia e dell’approvvigionamento extra di carburante per l’America. La russofobia è un passatempo della borghesia globalista e di «Epstein Island», non dei camionisti e degli agricoltori americani.

È una narrazione eccellente, speriamo che duri

Trump ha ora attribuito il 100% della colpa dei problemi energetici e di approvvigionamento globali direttamente a Zelensky, accusandolo personalmente di aver alimentato la guerra negli ultimi due anni. Pertanto, la narrazione sta prendendo forma più o meno così: Se la guerra in Ucraina è la causa della carenza di carburante e Zelensky è la causa del protrarsi della guerra, ciò significa che gli Stati Uniti possono stringere un accordo con la Russia anche se «sono stati loro a iniziare», con la conseguenza logica che Zelensky debba logicamente andarsene, poiché è lui la fonte del problema. Ma approfondendo ulteriormente la narrazione, possiamo cogliere l’aspetto più interessante di tutti o, come si suol dire online, «la parte taciuta»: Trump ha sostanzialmente dichiarato che la produzione energetica russa riveste un interesse strategico vitale per gli Stati Uniti.

Sono proprio queste parole a togliermi la «pillola nera» dalla bocca e a iniettarmi direttamente «hopium» nel sangue. L’idea che il Presidente americano dichiari che NON essere in guerra con la Russia riveste un interesse strategico vitale per gli Stati Uniti è qualcosa che ho sognato per tutta la mia vita da adulto. Questa è esattamente la logica di cui abbiamo bisogno per porre fine, una volta per tutte, alla mentalità della Guerra Fredda e del «Progetto per un Nuovo Secolo Americano» in politica e consentire finalmente agli Stati Uniti di ricostruirsi e investire in se stessi. Questo potrebbe benissimo rappresentare il risveglio multipolare dell’America, utilizzando una trappola logica simile a quelle che sono state impiegate in passato per ottenere l’esatto contrario e mantenere gli Stati Uniti intrappolati in eterne guerre all’estero, condotte per il puro lusso della «sicurezza nazionale».

Questa nuova trappola logica potrebbe presentarsi più o meno così: «Quindi volete la guerra con la Russia? Ciò significa che volete danneggiare l’America, sporco traditore! Prenderete il carburante al contadino Joe e i nostri figli moriranno di fame, mostro che non siete altro! Lasciare che la Russia produca carburante in pace è un interesse di sicurezza nazionale per l’America; siete forse contrari alla sicurezza nazionale del nostro Paese? Volete indebolire la virile America per conto di quegli europei omosessuali?».

Ma mentre ci iniettiamo quella dose di «hopium» nelle vene, dobbiamo ricordare che Donald Trump ha detto molte cose, ha cambiato idea numerose volte, o è stato costretto a farlo, e forse non è proprio il decisore unilaterale che si dipinge in televisione.

Ci vogliono due per ballare il tango, ma basta un uomo arancione per mantenere la parola data.

Le trascrizioni di questa ormai famosa conversazione telefonica di compleanno appaiono molto diverse tra la versione americana e quella russa, il che è del tutto normale. Il team di Trump tende a riportare gli argomenti discussi come fatti accertati, mentre i russi utilizzano un linguaggio più evasivo. Ma le sanzioni sul gasolio sono state sospese per ora e le navi si stanno muovendo, quindi la cosa sembra essere reale… almeno fino a quando non si terranno le elezioni di medio termine.

Da allora la parte americana ha minacciato di escludere Zelensky dalla condivisione di informazioni di intelligence, il che potrebbe rappresentare un colpo mortale immediato per i loro sforzi militari, poiché molti esperti ritengono che solo le informazioni degli Stati Uniti abbiano permesso loro di sopravvivere così a lungo. Senza tali dati di puntamento, verrebbero immediatamente riportati alla guerra del XX secolo e non sarebbero più in grado di sferrare attacchi in profondità nel territorio russo. RT ha scritto quanto segue su questo tema:

Un funzionario ucraino ha riferito ad Axios che Witkoff e Kushner hanno minacciato di interrompere la condivisione delle informazioni di intelligence statunitensi con Kiev qualora questa continuasse a ignorare le richieste di Trump di sospendere gli attacchi alle raffinerie di petrolio russe, ma il funzionario statunitense ha negato che fosse stata formulata una simile minaccia.

Ma è qui che dobbiamo trattenere il respiro, poiché nonostante questa nuova narrativa possa sembrare allettante e rappresenti l’uscita perfetta per gli Stati Uniti dalla loro partecipazione al «Progetto Ucraina», non dovremmo dimenticare le parole del presidente Putin di qualche tempo fa, quando parlò del vero potere di qualsiasi presidente degli Stati Uniti:

«Quindi una persona viene eletta — arriva con delle idee… Poi vanno a trovarlo persone con le valigette, ben vestite, in abiti scuri — un po’ come i miei.»

Quindi la vera domanda potrebbe essere: la lobby sionista, l’élite di Epstein, le agenzie di intelligence a tre lettere, i miliardari influenti e tutti gli altri agenti segreti di Capitol Hill permetteranno davvero al presidente Trump di porre fine a questa guerra? Al Presidente degli Stati Uniti sarà consentito farlo?

Dovremmo ricordare che, dopo che Zelensky si è comportato in modo vergognoso alla Casa Bianca all’inizio del secondo mandato di Trump, tutti pensavano che questo conflitto sarebbe finito. Trump, il famoso narcisista, appariva visibilmente arrabbiato e offeso davanti alle telecamere durante il loro scontro verbale. Ma la guerra è proseguita. C’è stato il vertice di Anchorage, che ha suscitato un enorme clamore e tutti pensavano allora che gli Stati Uniti avrebbero ritirato il sostegno a Kiev. Ma così non è stato. I nemici di Trump, compreso il clan Biden, sono coinvolti in un enorme scandalo di corruzione in Ucraina, ormai tutto allo scoperto. Questa sarebbe stata un’ottima via d’uscita dal conflitto, ma Trump non l’ha colta o non ha potuto farlo. E, in generale, la retorica di Trump nei confronti di Zelensky e di altri politici europei è stata palesemente dura e irrispettosa. L’uomo accusato di essere un «spaccone» in qualche modo parla sempre in modo piuttosto cortese sia alle spalle che in faccia a Putin e Xi.

Pertanto, sebbene io desideri la pace e una cooperazione improntata al rispetto reciproco tra gli Stati Uniti e la Russia, forse questo accordo durerà solo fino alle elezioni di medio termine, quando all’improvviso Zelensky tornerà a essere «un bastardo, ma è il nostro bastardo», e il conflitto proseguirà senza sosta.

Forse questa è la nostra «sorpresa di ottobre» da parte della fazione repubblicana? E a dicembre potremo tutti essere «di nuovo sorpresi» quando la guerra riprenderà con tutta la sua forza e altre migliaia di slavi moriranno sul campo di battaglia?

Ora, Donald Trump, a denti stretti, sta lanciando l’idea secondo cui ritiene «sia giunto il momento che l’Ucraina abbia un nuovo presidente». Ma una volta conteggiati i voti in America, potrebbe semplicemente tornare a odiare passivamente e a tollerare Zelensky fino alla fine del suo mandato o fino a quando un giorno un certo Oreshnik non colpirà nel segno. Non possiamo inoltre dimenticare che l’Occidente sta da tempo esercitando pressioni affinché i russi concedano un cessate il fuoco di ampia portata. Presumibilmente ciò verrebbe utilizzato per riorganizzarsi, riposarsi, riarmarsi e poi tornare semplicemente a combattere fino all’ultimo ucraino. Ora Trump vuole che si tengano elezioni a Kiev, il che probabilmente richiederà un cessate il fuoco per poter essere attuato. Ma spingerà per un cessate il fuoco di tre giorni, o cercherà di indurre con l’inganno i russi ad accettare una tregua di un mese o più?

Un «buon» segnale su questa questione dal punto di vista russo è che ora ci sono già richieste di dimissioni di Zelensky su Twitter/X provenienti da tutte le parti, persino da quelle filo-ucraine:

«“Zelensky deve dimettersi” – media ucraini. Ci hanno messo poco. Zelensky ha ignorato per ben SEI volte gli avvertimenti di Trump di non attaccare le raffinerie di petrolio russe. Questa mattina, Zelensky ha bombardato un’altra raffineria di petrolio russa. Gli ucraini chiedono le dimissioni di Zelensky.

L’ex deputato ucraino e comproprietario di Metinvest, Vadym Novynskyi, ha esortato Zelensky a dimettersi e a cedere tutti i poteri alla Verkhovna Rada ucraina a seguito degli accordi tra Trump e Putin.»

Dobbiamo ricordare che l’Ucraina del 2026 è già uno Stato di polizia in cui qualsiasi dissenso comporta il rischio di essere caricati su un autobus e portati al fronte a morire, oppure di scomparire in una prigione con l’accusa di essere una «spia» russa. Pertanto, quando personalità di rilievo si coalizzano apertamente contro Zelensky, si tratta di una dichiarazione ben più incisiva rispetto agli attori di Hollywood che, al sicuro nelle loro lussuose camere da letto, realizzano video su TikTok contro Trump.

Il resto del mondo non resterà a guardare senza fare nulla.Presto dagli account bot di Kiev emergerà sicuramente qualche stupida contro-narrazione del tipo «Putin ha tradito i BRICS». Ovviamente qualcuno dirà che il Cremlino ha gettato i propri fratelli iraniani in pasto alla macchina della lobby sionista! Ma in realtà, sembra che gli iraniani si limiteranno semplicemente a spedire il proprio petrolio attraverso la Russia e a venderlo come «russo», e tutti ne saranno soddisfatti. Il Mar Caspio sarà ancora più trafficato nel prossimo futuro. Se le sanzioni hanno ottenuto qualcosa, è stato proprio quello di aumentare il commercio tra Russia e Iran.

A Mosca nessuno ha intenzione di tradire Teheran; si vuole che l’America entri a far parte del mondo multipolare, salvando al contempo la faccia e riducendo il livello globale di minaccia di guerra nucleare, che attualmente è decisamente troppo elevato. L’Iran e la Cina sono stati sicuramente consultati su questa questione prima che qualsiasi accordo sul diesel fosse finalizzato.

Il vero pericolo che Trump invochi la destituzione di Zelensky proviene dall’Europa, dove alcune fazioni, politici e i loro finanziatori potrebbero intraprendere azioni radicali in risposta. E la reazione di Trump a tale risposta potrebbe ora rivelarsi ancora più radicale. Sarebbe possibile che la NATO desse il via libera ai Paesi baltici per aprire semplicemente un altro fronte e «vedere cosa succede»? La Francia metterà finalmente in atto la propria minaccia e schiererà apertamente truppe in massa per salvare il «Napoleone in verde» dalla morte politica o, potenzialmente, fisica? Finora l’UE si è limitata a minacciare ulteriori sanzioni. Se gli oltre 20 pacchetti di sanzioni precedenti hanno fallito, mi chiedo cosa rimanga effettivamente da sanzionare. Ursula promette il pacchetto di sanzioni più ampio e di maggiore portata per lunedì 12 ottobre, ma dubito che cambierà qualcosa. L’unica cosa che potrebbe cambiare la situazione sarebbe un’azione militare da parte dell’UE davvero aggressiva, drastica e sconsiderata.

E il resto delle sanzioni?I media russi hanno reso un disservizio al pubblico scrivendo ripetutamente che «Trump revoca le sanzioni», quando le uniche sanzioni revocate riguardano le esportazioni di gasolio per sei mesi. Tutte le altre sanzioni sono ancora in vigore. Non è ancora possibile volare direttamente da Mosca a New York e i trasferimenti di denaro tramite SWIFT sono ancora in gran parte bloccati. Dobbiamo ricordare che, almeno in teoria, le sanzioni sono una forma di punizione per i crimini commessi contro, in questo caso, il diritto internazionale e gli Stati Uniti. Come possono quindi normalizzarsi veramente le relazioni tra gli Stati Uniti e la Federazione Russa quando l’una parte accusa ancora l’altra di crimini che ritiene non siano stati nemmeno commessi?

Una volta concluso il «Progetto Ucraina», le cose potrebbero cambiare rapidamente, ma non potrà esserci vera amicizia finché Washington non avrà fiducia in Aeroflot al punto da consentirle di atterrare sul territorio statunitense. Non possiamo trovarci contemporaneamente in una guerra di sanzioni e in una situazione di normalizzazione. Ma questa nuova narrativa di Trump, se riuscirà a portarla avanti fino alla sua logica conclusione, rappresenta la via d’uscita perfetta per l’America e il modo in cui potremo finalmente porre fine a questa guerra e tornare a un certo senso di normalità, con l’apocalisse relegata in un futuro lontano, ben oltre la durata delle nostre vite.

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Canada, le crepe del federalismo: dal ritorno sovranista in Québec al referendum dell’Alberta

La vittoria del Parti Québécois e il referendum del 19 ottobre in Alberta riportano al centro il problema della coesione canadese. La separazione resta minoritaria, soprattutto nell’Ovest, ma il riemergere simultaneo delle spinte centrifughe rappresenta una sfida politica per Mark Carney.

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A pochi mesi dal consolidamento parlamentare del governo liberale di Mark Carney, il Canada si trova ad affrontare una questione che sembrava essersi progressivamente allontanata dal centro della scena politica: quella della propria coesione interna. La vittoria del Parti Québécois (PQ) nelle elezioni provinciali del Québec del 5 ottobre e il referendum previsto per il 19 ottobre in Alberta, nel quale gli elettori saranno chiamati a pronunciarsi sull’eventuale avvio del procedimento verso un successivo referendum vincolante sulla separazione dal Canada, hanno riportato contemporaneamente alla ribalta due forme molto diverse di contestazione dell’assetto federale.

Sarebbe eccessivo sostenere che il Canada si trovi alla vigilia della disgregazione. In Alberta, soprattutto, tutti i dati disponibili indicano che l’opzione favorevole alla permanenza nella federazione dovrebbe prevalere con un margine molto ampio. Tuttavia, il fatto stesso che una delle province economicamente più importanti del Paese abbia ritenuto politicamente possibile sottoporre agli elettori una domanda di questo genere dimostra il malcontento di una parte della popolazione: una questione che fino a pochi anni fa apparteneva soprattutto alle frange più radicali del cosiddetto western alienation è entrata nella sfera della politica istituzionale.

Il caso del Québec, invece, ha radici molto più profonde. Le elezioni provinciali del 5 ottobre hanno riportato al governo, dopo oltre un decennio, il Parti Québécois guidato da Paul St-Pierre Plamondon. Il PQ ha conquistato 59 dei 127 seggi dell’Assemblée nationale, fermandosi cinque seggi sotto la maggioranza assoluta. Ottenendo circa il 28% dei voti, ha chiuso la consultazione elettorale davanti al Parti Libéral du Québec, attestatosi poco sopra il 24%, al Parti Conservateur du Québec, con circa il 21%, e a Québec Solidaire, che ha raccolto oltre il 12% conquistando nove seggi. La Coalition Avenir Québec (CAQ), al governo dal 2018, è invece crollata al 13,3% senza ottenere alcun seggio.

Un tale esito impone certamente una lettura prudente, in quanto il successo del PQ non equivale a un mandato maggioritario per l’indipendenza. Il partito, infatti, ha beneficiato della frammentazione del voto e ha ottenuto la percentuale più bassa mai registrata da una formazione vincitrice nella storia elettorale del Québec, mentre i sondaggi continuano inoltre a collocare il sostegno alla separazione dal Canada intorno al 30%, ben lontano da una maggioranza sociale. Lo stesso St-Pierre Plamondon ha indicato che non intende convocare un nuovo referendum finché Donald Trump resterà alla Casa Bianca, sostenendo che la pressione tariffaria e l’instabilità derivante dai rapporti con gli Stati Uniti rendono necessario evitare, per il momento, un’ulteriore crisi costituzionale.

Ciò non riduce tuttavia la portata della vittoria del PQ. Per la prima volta dopo molti anni, il governo della seconda provincia più popolosa del Canada sarà guidato da una formazione che considera esplicitamente l’indipendenza del Québec il proprio obiettivo storico. Inoltre, sommando i 59 deputati del PQ ai nove di Québec Solidaire, anch’esso favorevole alla sovranità del Québec sebbene attraverso un percorso politico e sociale profondamente diverso, nell’Assemblée nationale esiste una maggioranza numerica di deputati eletti sotto le insegne di partiti indipendentisti. Questo non significa che PQ e Québec Solidaire formeranno automaticamente un blocco comune, né che un referendum sia imminente, ma conferma che la questione nazionale québécoise è tutt’altro che scomparsa.

La sua natura, inoltre, resta profondamente diversa dal separatismo emergente in Alberta. Il nazionalismo del Québec dispone di una propria continuità storica, linguistica e culturale, di una tradizione intellettuale e politica consolidata e di istituzioni che hanno progressivamente acquisito un grado considerevole di autonomia rispetto a Ottawa. I referendum del 1980 e del 1995, quest’ultimo perduto dagli indipendentisti per uno scarto inferiore all’1%, hanno mostrato quanto la questione possa arrivare a mettere in discussione l’esistenza stessa della federazione canadese.

La situazione dell’Alberta nasce invece prevalentemente da fattori economici, fiscali ed energetici. La provincia, cuore dell’industria petrolifera canadese, ha sviluppato da tempo un forte risentimento nei confronti del governo federale, accusato da settori rilevanti dell’opinione pubblica occidentale di utilizzare la ricchezza prodotta dalle province delle praterie per finanziare politiche redistributive decise nell’Est, imponendo contemporaneamente vincoli ambientali e normativi penalizzanti per il settore degli idrocarburi.

Sebbene tutti i sondaggi siano concordi sul fatto che il referendum non dovrebbe avere esito positivo, la trasformazione di una rivendicazione precedentemente marginale in una questione sottoposta ufficialmente all’intero corpo elettorale provinciale rappresenta un passaggio qualitativo da non sottovalutare. Significa che una parte della classe politica dell’Alberta considera ormai il ricorso alla minaccia separatista uno strumento legittimo di pressione nei confronti del governo federale. La premier Danielle Smith ha annunciato che voterà per la permanenza nel Canada e non sostiene personalmente la separazione, ma è stato il suo governo ad aggiungere la domanda al referendum provinciale (che consiste di un totale di dieci quesiti). La stessa Smith ha presentato la consultazione come uno strumento attraverso il quale permettere agli albertani di esprimere il proprio malcontento nei confronti di Ottawa.

Una vittoria del 70% o persino superiore dell’opzione federalista non cancellerebbe il fatto che circa un quinto dell’elettorato di una provincia fondamentale per l’economia canadese sia disposto a considerare almeno l’avvio di un processo di separazione. Nel gennaio 2026 Ipsos aveva addirittura registrato un sostegno iniziale alla prospettiva separatista del 28% in Alberta, praticamente identico al 31% rilevato in Québec, salvo poi constatare che il consenso si dimezzava quando agli intervistati venivano prospettati i costi concreti dell’indipendenza. In altre parole, per una parte consistente degli elettori il separatismo albertano funziona soprattutto come voto di protesta e strumento negoziale nei confronti del centro federale.

Per Mark Carney, la contemporaneità dei due fenomeni costituisce una sfida particolarmente delicata. Il primo ministro ha costruito la propria strategia economica e internazionale attorno al concetto di “autonomia strategica” canadese. Di fronte all’uso crescente delle tariffe, delle catene di approvvigionamento e delle dipendenze economiche come strumenti di pressione, soprattutto da parte dell’amministrazione Trump, Carney ha sostenuto che il Canada debba ridurre la propria vulnerabilità nei confronti degli Stati Uniti, diversificando mercati, partner e infrastrutture.

Nel suo discorso al Lowy Institute di Sydney dello scorso marzo, il premier aveva affermato esplicitamente che l’integrazione economica non deve più trasformarsi in subordinazione e che le medie potenze devono costruire capacità sovrane nei settori strategici, dall’energia ai minerali critici, dall’intelligenza artificiale ai sistemi di pagamento. La stessa impostazione è stata successivamente ripresa nei rapporti con l’Unione Europea e nell’apertura di nuovi canali economici verso l’Asia.

Particolarmente significativa, in questo senso, è stata la normalizzazione dei rapporti con la Cina. Nello scorso mese di gennaio Carney è stato il primo capo di governo canadese a recarsi ufficialmente a Pechino dal 2017, incontrando Xi Jinping e Li Qiang e inaugurando un nuovo partenariato strategico sino-canadese incentrato su energia, commercio, agroalimentare, sicurezza e multilateralismo. Ottawa ha indicato apertamente la Cina come uno dei mercati necessari per ridurre l’eccessiva dipendenza economica dagli Stati Uniti.

Questa strategia incontra però un paradosso fondamentale. Per ridurre la dipendenza dagli Stati Uniti e rivolgersi maggiormente ai mercati asiatici, il Canada ha bisogno proprio delle risorse energetiche dell’Alberta. Il nuovo oleodotto Pacific Link, che dovrebbe trasportare un milione di barili al giorno verso la costa della Columbia Britannica, è uno dei pilastri materiali di questo progetto. Il 1° ottobre Carney ha annunciato l’accelerazione dell’iter autorizzativo, definendo il progetto di interesse nazionale e collegandolo esplicitamente all’obiettivo di raddoppiare le esportazioni canadesi verso mercati diversi dagli Stati Uniti. Oltre il 90% delle esportazioni petrolifere canadesi è stato storicamente diretto verso il mercato statunitense: aprire una nuova grande direttrice verso il Pacifico significa tentare di trasformare l’Alberta da provincia dipendente dall’accesso al mercato statunitense in piattaforma energetica della proiezione canadese verso l’Asia.

Non è dunque casuale che Carney abbia scelto di presentare il progetto proprio a Fort McMurray, nel cuore delle sabbie bituminose albertane, accanto a Danielle Smith e a poche settimane dal referendum. La politica energetica diventa così contemporaneamente politica estera e politica di coesione nazionale. Offrire all’Alberta infrastrutture, accesso diretto ai mercati mondiali e un ruolo centrale nella strategia di diversificazione canadese significa rispondere alle spinte centrifughe non attraverso una semplice riaffermazione dell’autorità federale, ma cercando di modificare le condizioni economiche che le alimentano.

Una logica analoga, sebbene applicata a un contesto completamente diverso, emerge nel rapporto con il Québec. Dopo la vittoria di St-Pierre Plamondon, Carney ha evitato un confronto frontale con il nuovo governo provinciale, insistendo invece sulla necessità di un “federalismo cooperativo” fondato su infrastrutture, abitazioni, crescita economica e difesa degli interessi canadesi di fronte alle pressioni statunitensi. Il premier sa che trasformare immediatamente la questione in uno scontro tra Ottawa e Québec City potrebbe offrire agli indipendentisti esattamente il terreno politico di cui hanno bisogno per allargare un consenso alla sovranità che oggi resta minoritario.

L’atteggiamento dell’amministrazione Trump produce quindi un duplice effetto sulla politica del vicino settentrionale. Da un lato, le pressioni economiche statunitensi hanno accelerato la ricerca canadese di una maggiore autonomia e hanno reso più urgente la costruzione di un mercato interno maggiormente integrato. Dall’altro, proprio la percezione di una minaccia esterna contribuisce per il momento a frenare i separatismi: St-Pierre Plamondon ritiene troppo rischioso organizzare un referendum sull’indipendenza mentre il Canada è impegnato in uno scontro commerciale con Washington; parallelamente, in Alberta la ricerca di nuovi mercati per il petrolio può ridurre alcune delle ragioni economiche del malcontento verso Ottawa.

Il Canada non appare dunque prossimo alla dissoluzione. Ma il ritorno simultaneo della questione nazionale del Québec e del separatismo albertano indica che il modello federale sta attraversando una fase di crescente tensione. In una fase nella quale Mark Carney cerca di costruire un Canada più autonomo dagli Stati Uniti, più presente sui mercati asiatici e dotato di maggiori capacità economiche e strategiche proprie, emerge con forza una contraddizione: per conquistare maggiore autonomia all’esterno, Ottawa deve prima garantire la propria coesione all’interno. Il petrolio dell’Alberta, il peso demografico ed economico del Québec, le infrastrutture interprovinciali e il consenso delle popolazioni che compongono la federazione non sono questioni separate dalla politica internazionale canadese, ma ne costituiscono la condizione materiale.

Per Carney, la costruzione dell’“autonomia strategica” canadese passa ormai anche dalla capacità di dimostrare che il Canada possiede ancora un progetto federale sufficientemente credibile da tenere insieme le sue componenti.

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La Chine est-elle le nouveau centre du monde ?

par Alvaro GARCIA LINERA

En 1858, Karl Marx avait prédit l’ascension de l’Asie au rang de centre du capitalisme. Aujourd’hui, la Chine confirme sa prophétie en occupant une position dominante dans l’économie mondiale (19,9% du PIB mondial en PPA) et dans le secteur industriel : elle est en tête dans 7 des 10 industries les plus avancées, dans la transition énergétique et dans la fabrication de haute technologie. Sa croissance a multiplié son économie par 54 depuis 1990 grâce à la planification et aux investissements de l’État. Bien que les États-Unis conservent la primauté du dollar et de leurs bases militaires, la Chine est le plus grand créancier mondial et la puissance décisive. L’article conclut en critiquant l’aveuglement des élites latino-américaines qui se tournent vers des puissances en déclin.

En 1858, Karl Marx s’était penché sur la marginalisation imminente de l’Europe et des États-Unis face à l’expansion du capitalisme en Asie. Dans une lettre adressée à Engels, il exprimait sa crainte qu’une future révolution européenne ne soit géographiquement réduite à un «petit coin» du monde, compte tenu de la montée de la société bourgeoise dans de vastes régions de la planète telles que la Chine, le Japon, l’Australie et la Californie (Œuvres complètes, vol. 40).

Nous étions au milieu du XIXe siècle, marqué par la domination mondiale absolue de l’Empire britannique, l’élan de la première révolution industrielle — la puissance de la vapeur, l’industrie textile — et la présence des États-Unis en tant que puissance intermédiaire fournissant du coton aux grandes usines de Manchester. Mais au-delà de tout cela, Marx voyait en Asie, et en Chine en particulier, la formation embryonnaire du nouveau cœur du capitalisme mondial.

Cent soixante-huit ans se sont écoulés, et les prédictions de Marx ont été confirmées par l’histoire. Aujourd’hui, la Chine est la plus grande économie de la planète. En mesurant le PIB en parité de pouvoir d’achat (PPA) — ce qui élimine les distorsions liées aux taux de change du marché et aux différences de coût de la vie —, le FMI estime que l’économie chinoise représente aujourd’hui 19,9% de l’économie mondiale, tandis que celle des États-Unis atteint 14,5% et celle de l’Union européenne (UE), 14%. En 1990, le PIB de la Chine ne représentait que 3% du total mondial, celui des États-Unis 19% et celui de l’Europe 23% (IMF DataMapper, 2026). Si l’on prend en compte l’ensemble de l’Asie, le PIB du continent atteint 49% du total mondial.

Cela n’a rien de surprenant. En 1700, l’économie asiatique représentait 60% de l’économie mondiale, tandis que celle de l’Europe atteignait un peu moins de 30% et celle de l’ensemble des États-Unis, 3% (Piketty, Le Capital au XXIe siècle, p. 76). À cette époque, le revenu moyen d’un Chinois était similaire à celui d’un habitant des Pays-Bas, alors leader commercial et financier de l’Europe. La colonisation européenne de l’Asie a détourné cette trajectoire pendant 200 ans, et aujourd’hui, ce continent est à nouveau à la tête de l’économie mondiale.

Mais la Chine n’est pas seulement en tête aujourd’hui en termes de taille de son PIB, mais aussi en ce qui concerne les fondements matériels sous-jacents de la puissance du pays.

En ce qui concerne la valeur ajoutée manufacturière, la Chine génère 29% du total mondial, tandis que les États-Unis et l’Union européenne y contribuent chacun à hauteur de 17% (Statista Research, 2025). On estime que d’ici 2030, cette part atteindra 45% (ONUDI, 2024). Ce leadership ne se limite pas à la fabrication de masse de jouets ou d’appareils électroménagers, mais s’étend également aux domaines des technologies de pointe et à la maîtrise de l’ensemble de la chaîne de valeur des produits. L’Information Technology and Innovation Foundation (ITIF) — un groupe de réflexion américain — montre que la Chine est déjà leader dans 7 des 10 industries les plus avancées au monde : les systèmes informatiques et électroniques, les produits chimiques, les machines et équipements, les métaux de base, les véhicules à moteur, les produits métalliques transformés et les équipements électroniques. De leur côté, les États-Unis occupent la première place dans la production de technologies de l’information et de services — en particulier la conception de puces d’IA —, dans le secteur pharmaceutique et dans d’autres secteurs des transports (ITIF, 2026).

En 2024, la Chine a fabriqué 86% des panneaux solaires mondiaux, 80% des batteries électriques, 72% des voitures électriques, 64% des smartphones, 54% des robots industriels et 49% des drones (El País, 25 septembre 2026).

En matière de consommation d’électricité, l’essor de la Chine a été spectaculaire. En 1990, la Chine consommait moins de 1 000 térawattheures (TWh), tandis que les États-Unis en consommaient 3 000 TWh. En 2025, la Chine a atteint 10 300 TWh, tandis que la consommation des États-Unis stagne depuis 20 ans autour de 4200 TWh (EIA, 2026).

De plus, la Chine est le premier «État électrique» au monde, étant à la fois le plus grand investisseur et le plus grand producteur mondial d’énergies alternatives. Elle a réussi à réduire le coût de production de l’énergie solaire de 350 dollars par MWh en 2016 à 35–60 dollars par MWh d’ici 2025. Ce coût est inférieur à celui de l’électricité produite à partir du gaz en cycle combiné (60–120 dollars par MWh) ou du charbon (71–170 dollars par MWh) (Lazard, LCOE, 2026).

La Chine est un pays qui ne produit pas de pétrole et qui, au cours du siècle dernier, a été l’un des plus grands extracteurs de charbon pour la production d’énergie. Cependant, au cours de la dernière décennie, c’est le pays qui a le plus contribué à la transition énergétique mondiale. Sa capacité installée de production d’énergie solaire s’élève aujourd’hui à 1175 TWh, alors que le reste du monde ne produit à lui seul que 1600 TWh (Statista, avril 2026). Aujourd’hui, la Chine dispose d’un complexe de production dont la capacité annuelle de fabrication de panneaux solaires s’élève à 1200 TWh, de sorte qu’en moins de 10 ans, une fois les problèmes de stockage et de transport surmontés, elle pourrait fabriquer suffisamment de panneaux pour enrayer le changement climatique (Tooze, 19 septembre 2025). Aucun pays au monde ne possède aujourd’hui une telle capacité de restauration écologique à l’échelle mondiale.

Dans l’ensemble, la croissance de l’économie chinoise représente entre 25% et 30% de la croissance de l’économie mondiale. De 1990 à 2025, la croissance moyenne de son PIB a été de 8,5%, atteignant 14% certaines années, bien qu’elle se soit stabilisée ces dernières années autour de 5%. Ce développement sans précédent lui a permis de multiplier la taille de son économie par 54 depuis 1990, alors que les États-Unis l’ont multipliée par 5,1 et l’Union européenne par 2,9 au cours de la même période (Banque mondiale, données ouvertes, 2026).

Grâce à une combinaison mûrement réfléchie d’ouverture aux investissements étrangers, de transferts de technologie, de soutien à l’investissement privé national et de création d’entreprises publiques dans des secteurs stratégiques de l’économie, la Chine a atteint cette position de leader tout en maintenant un taux d’investissement annuel qui, depuis plus de deux décennies, oscille entre 35% et 45% du PIB. À titre de comparaison, ce taux s’est établi à environ 17% aux États-Unis et à 22% dans l’Union européenne.

Sur le plan commercial, de 1990 à 2025, la Chine a accumulé un excédent commercial de 9 700 milliards de dollars. Pour la seule année 2025, alors que les États-Unis avaient déclaré une guerre commerciale, cet excédent a atteint 1100 milliards de dollars (BBC, janvier 2026). De plus, comme dans toutes les économies développées, la dette publique est élevée. Pour 2025, elle est estimée à 120% du PIB, un chiffre très proche des 125% des États-Unis (FMI, 2026). À cette différence près que la totalité de la dette chinoise est contractée en yuan auprès de banques d’État chinoises, tandis que la majeure partie de la dette américaine est détenue par des investisseurs privés et des gouvernements étrangers.

Ces flux de revenus ont permis à la Chine de devenir le premier créancier bilatéral mondial, devant la Banque mondiale ou le FMI. De 1990 à 2025, la Chine a accordé des prêts commerciaux d’une valeur de 2200 milliards de dollars, notamment aux États-Unis (AidData, novembre 2025). Ce chiffre est déjà supérieur aux 1300 milliards de dollars que, sur la même période, les États-Unis ont versés à titre d’aide militaire et économique à leurs pays alliés (USAFacts, septembre 2026). Ainsi, alors que la Chine a mis en place une infrastructure mondiale pour l’approvisionnement en matières premières et la distribution de marchandises (la «Route de la soie»), les États-Unis ont maintenu des armées et des dirigeants soumis à leurs desseins politiques.

Malgré toute cette puissance économique, la Chine — contrairement à ce qu’ont fait les États-Unis au XXe siècle et, avant eux, le Royaume-Uni — n’a pas encore établi l’hégémonie mondiale de sa monnaie, n’a pas déployé de bases militaires pour garantir sa suprématie politique, et n’exporte pas non plus sa culture ou son système politique comme un modèle à imiter par le reste des pays.

Aujourd’hui, le dollar continue de remplir la fonction de monnaie de réserve mondiale pour 85% des opérations de change mondiales, représente 58% des réserves internationales des banques d’États et sert de monnaie de règlement au sein du système SWIFT pour la plupart des paiements internationaux (BRI, 25 février 2026). Mais sur le plan intérieur, la Chine a déjà créé le deuxième plus grand marché obligataire au monde, évalué à 28 000 milliards de dollars, derrière celui des États-Unis, qui représente 61 000 milliards de dollars (Deutsche Bank, juillet 2026). De même, elle compte trois des dix centres financiers les plus importants au monde (Shanghai, Hong Kong et Shenzhen) et a lancé le système CIPS comme alternative pour les paiements internationaux.

Quant aux bases militaires à l’étranger, la Chine en possède trois, contre 750 pour les États-Unis, et, pour l’instant, elle ne semble pas intéressée par l’exportation de son modèle d’organisation politique appelé «socialisme aux caractéristiques chinoises». Quant à l’expansion culturelle, elle n’en est qu’à ses débuts — jeux vidéo, esthétique asiatique, plateformes de vente en ligne rapides —, alors que le marché intérieur gagne en importance pour la croissance économique. Aux États-Unis, la consommation des ménages représente 69% du PIB ; en Chine, 40% (Banque mondiale, 2026). À titre de comparaison, il y a vingt ans, le rapport entre le revenu par habitant de la Chine et celui des États-Unis était de 1 pour 20. Aujourd’hui, ce rapport est de 1 pour 3,5. Dans moins de 50 ans, il sera de 1 pour 1 (Milanovic, 2026). Tout indique que le «Grand Renouveau du pays chinois», par lequel ses dirigeants envisagent le rétablissement de la grandeur mondiale de leur pays, ne se mesure pas à l’aune de la précipitation de quelques décennies, mais à celle de la patience obstinée de plusieurs siècles.

Il ne fait aucun doute que la Chine est déjà aujourd’hui le centre du monde. Et, face à cela, il est tout simplement pathétique de voir les élites réactionnaires d’Amérique latine chercher désespérément à obtenir un visa américain ou acheter un appartement à Madrid pour rehausser leur statut de «modernes». Elles courent dans tous les sens, hébétées, à la poursuite des mirages de pays qui ne sont désormais plus que de «petits coins» du monde.

Publié à l’origine par  China Beyond the Wall

Traduction:  Reseau International

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¿Es posible una guerra entre Europa y Rusia?

Escrito por Mehmet Perinçek en United World International. Traducción por el Dr. Enrique Refoyo.

El enfrentamiento entre la OTAN y Rusia desde la perspectiva de Turquía

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El profesor asociado Mehmet Perinçek, autor de la UWI, historiador y politólogo, participó como invitado en directo en el canal turco Ulusal Kanal para analizar el aumento de las tensiones entre Europa y Rusia y las razones que las subyacen.

Compartimos el programa con nuestros lectores.

La «amenaza rusa» como pretexto para la agresión

La «amenaza rusa» se está convirtiendo cada vez más en un tema de debate político en Europa. ¿Qué está ocurriendo y qué hay detrás de ello?

El discurso en Europa sobre una «amenaza rusa» no se ajusta a la realidad. Europa está inventando una supuesta amenaza rusa con el fin de ocultar su propia agresión hacia Eurasia y Rusia. Si echamos la vista atrás a Hitler y a la Segunda Guerra Mundial, ¿qué dijo Hitler cuando actuó contra Checoslovaquia? Las vidas de los alemanes en Checoslovaquia estaban en peligro, y Alemania tuvo que enviar tropas y ocupar Checoslovaquia para protegerlos. Afirmó que el comunismo se estaba extendiendo y que Alemania tenía que eliminar esa amenaza de raíz. Así pues, incluso la Alemania de Hitler intentó disimular sus ambiciones imperialistas y agresivas y fabricar un pretexto para justificarlas.

Observamos cómo resurgen tendencias similares en la Europa actual, con Merz, Macron y otras figuras destacadas del panorama europeo. Cuando analizamos los hechos, lo que realmente vemos no es a Rusia avanzando hacia Europa, sino a Europa y al bloque atlántico avanzando hacia Rusia.

La expansión de la OTAN: hacia Rusia y los demás

A principios de la década de 1990, cuando la Unión Soviética se desmoronaba, los dirigentes soviéticos, bajo el liderazgo de Gorbachov, afirmaron en esencia: disolveremos el Pacto de Varsovia, pero la OTAN no debe expandirse hacia el este. Los dirigentes occidentales dieron garantías verbales en ese sentido. Sin embargo, no cumplieron esas promesas. Por el contrario, la OTAN se expandió hacia el este, en dirección a Rusia, en seis ocasiones y, finalmente, llegó a las fronteras rusas.

Este intento de rodear a Rusia tiene paralelismos en otros lugares: en el Mediterráneo oriental y la cuestión de Chipre, en la cuestión de Taiwán, en el estrecho de Ormuz y en Yemen. En todas estas regiones, observamos intentos por parte de las mismas fuerzas de rodear, contener y asfixiar a Irán, China y Turquía.

«No se puede descartar la posibilidad de una guerra a gran escala»

Así pues, lo que usted está diciendo es que no hay fundamento alguno en esa afirmación de que Rusia no está preparando realmente un ataque. Por el contrario, usted sostiene que el bloque atlántico está tratando de traspasar las líneas rojas de Rusia y expandirse hacia el este, en dirección a Rusia. Entonces, permítame plantear la pregunta de otra manera. ¿Dispone Rusia actualmente de la capacidad militar y los recursos necesarios para abrir un segundo frente contra la OTAN?

No se puede descartar la posibilidad de tal guerra o enfrentamiento. Es necesario subrayar esto.

Alemania, Gran Bretaña, Francia y Polonia también deberían incluirse aquí, ya que vemos que se están preparando para una posible guerra con Rusia. Se están rearmando rápidamente. Están aumentando sus presupuestos militares y de defensa. Al mismo tiempo, están llevando a cabo campañas de propaganda y otras actividades destinadas a preparar a la sociedad para la guerra. Están diciendo a los jóvenes europeos que deben estar preparados para la guerra. La industria europea también se está orientando cada vez más en esa dirección.

Los principales fabricantes de automóviles y otras grandes empresas occidentales están empezando a invertir en la industria de la defensa. Volkswagen, por ejemplo, se ha puesto en contacto con el ejército alemán con propuestas para fabricar equipamiento militar. La francesa Renault se ha lanzado a la producción de drones. Añadimos a esta lista a Rheinmetall y otras grandes empresas. Esto demuestra claramente que Europa y las potencias atlantistas se están preparando para la guerra. Por lo tanto, la posibilidad de una guerra de este tipo sí existe.

Simulaciones de guerra por parte de EE. UU.

Si se produjera un conflicto de este tipo, también habría que señalar que la fuerza militar de Europa y su capacidad militar general son bastante débiles. Europa no está preparada para una guerra de este tipo. Y esta no es meramente nuestra valoración. Los propios expertos militares occidentales, los funcionarios occidentales e incluso algunas de las fuerzas que abogan por la confrontación reconocen que Europa no está realmente en condiciones de hacer frente a Rusia en el ámbito militar.

Tampoco, desde el punto de vista social, está la población europea preparada para la guerra. Además, por supuesto, está el hecho de que Rusia es una potencia nuclear. Asimismo, se han llevado a cabo numerosas simulaciones de guerra en EE. UU., incluidas aquellas realizadas o encargadas por el propio Gobierno estadounidense. Estas simulaciones han concluido que, en una guerra convencional no nuclear, EE. UU. sería derrotado por Rusia y China.

Hay otro factor que debemos tener en cuenta. En cualquier enfrentamiento armado con Rusia, especialmente en caso de una intervención militar dirigida contra Rusia, también existe la posibilidad de que se vean implicados los aliados y países amigos de Rusia.

Una posible guerra que se extienda desde Rusia y la OTAN

¿Qué quiere decir exactamente con eso? ¿Podría explicarlo con más detalle?

Una guerra entre Rusia y la OTAN significaría, en efecto, el inicio de una guerra mundial. No se limitaría a Rusia y la OTAN, sino que daría lugar a un conflicto mucho más amplio que abarcaría el mundo entero. En un enfrentamiento de tal magnitud, los países del lado euroasiático también se verían involucrados. Al igual que existe solidaridad económica entre ellos, países como Irán y otros no permanecerían indiferentes ante una guerra de esta magnitud. Inevitablemente surgirían otros frentes.

Como he dicho antes, la guerra en Ucrania y la cuestión de Taiwán no pueden separarse realmente entre sí. Tampoco pueden separarse la cuestión de Taiwán y el estrecho de Ormuz o el Mediterráneo oriental.

Por eso podemos afirmar que Europa, con su actual potencia y capacidades militares, no está preparada para hacer frente a Rusia. Una vez más, son los propios responsables occidentales quienes lo afirman.

Guerra justa e injusta

Existe otro factor: la distinción entre una guerra justa y una guerra injusta. No creo que un joven europeo, o por ejemplo un trabajador turco que viva en Europa, esté especialmente dispuesto a ir a morir al frente ruso en defensa de los intereses imperiales de Alemania. Los jóvenes rusos, por su parte, lucharían con una motivación mucho mayor si creyeran que están defendiendo su propia patria.

Así pues, el principal problema al que se enfrenta Europa hoy en día no es la afirmación de que Rusia esté a punto de atacar. Más bien, Europa carece de un enfoque político común y de un mecanismo de seguridad común capaz de gestionar tal confrontación o de librar una guerra contra Rusia u otro país. ¿Es eso lo que está diciendo?

Sí. Y están intentando crear ese mecanismo y la legitimación necesaria para ello. Pero se enfrentan a una fuerte oposición dentro de sus propios países. Lo hemos visto reflejado en las recientes elecciones en Alemania. En Suiza se están celebrando referéndums sobre la cuestión de la neutralidad. Macron se acerca al final de su carrera política, mientras que Le Pen y Mélenchon están ganando terreno.

El enfrentamiento entre la OTAN y Rusia desde la perspectiva de Turquía

Usted argumentó que, si estallara una guerra entre la OTAN y Rusia, esta no se limitaría a esas dos partes, sino que se extendería. Y mencionó algunos países. Esto nos lleva a la perspectiva de Turquía.

Cuando las potencias atlánticas intentan rodear a Rusia a través de Ucrania y el Mar Negro, también están rodeando a Turquía. Sus planes en el Mar Negro no pueden separarse de sus planes en el Mediterráneo Oriental ni de aquellos destinados a socavar la soberanía de la República Turca del Norte de Chipre (RTNC).

Del mismo modo, el sistema de dominación basado en el dólar que pretenden imponer a Turquía es similar al que pretenden imponer a Rusia. Por lo tanto, los intereses objetivos de Turquía la sitúan claramente en el bando opuesto al bloque atlántico. Si el bloque atlántico se fortaleciera y lograra llevar a cabo sus planes, ello también perjudicaría la soberanía de la TRNC. Debilitaría a Turquía en el equilibrio de fuerzas del Mediterráneo Oriental y fortalecería al bando contrario.

Un bloque atlántico más fuerte también implica un mayor apoyo a Israel. Significaría un aumento de la presión y las amenazas dirigidas por Israel contra Turquía, Siria, Palestina, el mundo árabe, el mundo islámico e Irán. Esto nos lleva de vuelta a lo que dije al principio: el Mar Negro y el Mediterráneo Oriental forman parte del mismo frente estratégico. La cuestión de Taiwán y el estrecho de Ormuz también forman parte de ese mismo frente más amplio. Desde ese punto de vista, los intereses objetivos de Turquía residen en oponerse al bloque atlántico.

La posición y la alineación adecuadas para Turquía

Pero hay algo que añadir aquí: existe una forma de evitar esta escalada. El mundo no tiene por qué encaminarse hacia una gran guerra. Si Turquía adopta la posición adecuada y se establece una alineación estratégica entre Turquía, Rusia, China e Irán, el poder económico creado por dicha agrupación, la disuasión militar que podría generar y la red más amplia de alianzas internacionales que podría atraer contribuirían a evitar tal guerra.

El bloque atlántico ya se encuentra en declive económico. Cada día que pasa pierde legitimidad a nivel internacional. Además, está cada vez más dividido internamente. Acontecimientos como el auge de la AfD en Alemania, el creciente apoyo a Le Pen y Melenchon en Francia, y las contradicciones entre Europa y EE. UU. lo demuestran. Todo el mundo es testigo de su fracaso en Irán y Palestina.

En ese sentido, la cuestión principal para Turquía, tanto para resolver sus propios problemas económicos y de seguridad como para ayudar a evitar que el mundo se vea arrastrado a otra gran guerra, es construir esta alianza. Dicha alianza también permitiría a Turquía establecer relaciones con Occidente sobre una base más equilibrada y sólida.

Ataques ucranianos contra buques y oleoductos turcos

Y me gustaría plantearle una última pregunta. ¿Cómo afectarán las tensiones entre Europa y Rusia al campo de batalla en Ucrania? Se acerca el invierno. ¿Seguirán los países occidentales y europeos prestando apoyo militar a Ucrania? A corto plazo, ¿hacia dónde cree que se dirige la guerra?

El apoyo occidental va a continuar. Sin embargo, el ejército ucraniano no ha podido avanzar y, de hecho, se ha visto obligado a retroceder. Por eso estamos asistiendo a un aumento de los ataques con drones y de los atentados terroristas en el interior de Rusia, dirigidos contra objetivos civiles. Estos ataques están ejerciendo presión sobre Rusia para que responda con mayor dureza, tal vez incluso hasta el punto de plantearse el uso de armas nucleares a escala limitada y táctica. La intensificación de los ataques tras las líneas del frente se debe a que fracasan en el campo de batalla.

Creo que cabe esperar que la intensidad de la guerra aumente en el próximo período, si tenemos en cuenta los preparativos que está llevando a cabo Occidente.

Debo señalar un aspecto relativo a Turquía. Los buques turcos y algunos de los proyectos energéticos más importantes de Turquía, entre ellos TurkStream y Blue Stream, también han sido objeto de ataques por parte de Ucrania. Debemos reconocerlo. Rusia no es el único objetivo en este contexto. Fíjese en el mar Negro hoy en día: el comercio se ha paralizado prácticamente por completo. Los barcos ya no navegan de un lado a otro de la costa opuesta como solían hacerlo. Los tomates cultivados por los agricultores turcos y la maquinaria fabricada por los fabricantes turcos ya no pueden llegar a Rusia como antes. Del mismo modo, las materias primas y otros bienes que Turquía necesita ya no llegan desde la otra orilla del mar Negro como antes.

Por lo tanto, no podemos considerar esta guerra como algo que no tenga una repercusión directa en Turquía. Y el coste del conflicto para Turquía aumenta con cada día que pasa.

Publicado originalmente por  Geopolítica rugiente

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China’s response amid the changing international monetary system

By Yang Xuefeng

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At present, under the impact of factors such as deep adjustments in the global balance of economic power, frequent geopolitical crises, the “weaponization” of finance, and the accelerating pace of technological progress, the existing international monetary system is unable to cope with complex and rapidly changing external challenges and is undergoing continuous evolution.

I. Stylized Facts: The Basic Landscape of the Current International Monetary System

In the process of global de-dollarization, the international monetary system has shown a trend of evolving from the hegemonic system of unipolar dollar dominance formed after the collapse of the Bretton Woods system toward a parallel pattern of multipolarization, regionalization, and digitalization. The dollar’s core position remains, but its hegemonic status is gradually being eroded.

  1. Reserve Currency: De-dollarization Continues to Deepen, and a Multipolar Coexistence Pattern Is Gradually Taking Shape

Data from the International Monetary Fund (IMF) show that the dollar’s reserve share has declined from 69.74% in 2000 to 56.42% in 2025, with a clear long-term downward trend. Even though there were periodic rebounds during this period, the long-term downward trajectory remains unchanged. This long-term non-cyclical decline can be explained by central banks’ construction and rebalancing of reserve portfolios based on market efficiency and asset security under the existing institutional system.

The trend toward diversification of reserve currencies is becoming increasingly obvious. In the process of building diversified reserves, central banks have included non-traditional international currencies in their portfolios, broadening the options for international reserve currencies. The share of non-traditional international currencies in international reserve currencies has risen from 2.48% in 2017 to 6.13% in 2025. Although the absolute share is still not high, it has increased by nearly 1.5 times.

The substitution effect of gold reserves is significant. From 2022 to 2025, global central banks’ net gold purchases exceeded 4,000 tons, and official gold reserves surpassed U.S. Treasury bonds for the first time. The logic behind this is both the increased demand for central bank asset allocation under the trend of weakening dollar credit and a strategic reconstruction of sovereign states’ control over financial assets under financial sanctions.

  1. Settlement Currency: Dollar Settlement Is Retreating, and Local Currency Settlement Is Rising Trendily

In 2025, the dollar accounted for 56% of global trade settlement. Its dominant position remains, but its leading advantage is declining. The dollar’s advantage in trade settlement comes from the dollar-denominated and dollar-settled system for mainstream global commodities (such as crude oil, gold, copper, soybeans, etc.), especially the petrodollar system. This system has provided strong support for the dollar in maintaining its core position in the international monetary system.

Although the petrodollar system has been impacted in recent years, and some oil-producing countries, oil-consuming countries, and countries subject to U.S. sanctions have continuously advanced de-dollarization in oil settlement—for example, China and Russia use renminbi and rubles in oil settlement, and China and Saudi Arabia use dollars and renminbi in oil settlement—the scale of non-dollar oil settlement is still too small compared with global petrodollar settlement to shake the dollar’s oil settlement position. However, de-dollarization of oil settlement means the reconstruction of the oil settlement system, that is, the transition from a dollar monopoly settlement system to a multi-currency coexistence settlement system. In the long run, the shift in the balance of currency settlement, or in other words the substitution of other currencies for the dollar, will continue to continuously shake the dollar’s trade settlement position.

  1. Payment Currency: Position Remains Solid, but Payment Infrastructure Is Becoming Multi-threaded

Data from the Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT) for May 2026 show that the dollar accounted for 50.73% of global payments, a slight increase from 50.49% at the end of 2025. On the one hand, this comes from dollar trade settlement. Dollar trade settlement must be realized through dollar payments for funds to land; as much dollar trade settlement as there is corresponds to as much dollar payment. On the other hand, the dollar accounts for nearly 90% of global trade financing, slightly more than 80% of global trade financing, and together with the safe-haven demand for dollar assets, these financial transactions greatly support the dollar’s payment share.

Although the dollar’s share in international payments has not yet changed significantly, the global cross-border payment system, namely the two-tier architecture system mainly composed of SWIFT and the Clearing House Interbank Payments System (CHIPS), is being impacted by multi-threading. These shocks come from security demands arising from the abuse of the global cross-border payment system in geopolitical conflicts. With the outbreak of the Russia-Ukraine conflict in 2022, the United States used its control over the global cross-border payment system to cut off Russia’s dollar settlement channel in order to strike its economy. Sovereign states have reassessed the risks of relying on a single global cross-border payment system and urgently need to seek safe and alternative cross-border payment systems, such as discussions among BRICS countries on the feasibility of the “BRICS Bridge” payment platform, China’s acceleration of building the renminbi cross-border payment system, and the euro area’s acceleration of promoting the launch of the digital euro. As safe and alternative global cross-border payment systems are gradually implemented and used, a multi-threaded pattern of the international payment system has initially taken shape.

II. Theoretical Logic: The Internal Mechanism of the Evolution of the International Monetary System

Today, international currency is developing along a trend of diversification, but its institutional foundation still belongs to the Jamaica system. Compared with the Bretton Woods system, the Jamaica system made two important adjustments: first, it reset the monetary anchor and abolished the fixed parity between gold and the dollar, replacing the “gold anchor” with a “fiat credit anchor.” While completely freeing the dollar’s issuance, it also solved the problem of gold runs; second, exchange rate arrangements became diversified, and member countries could arrange exchange rates independently, thus resolving the problem of speculative currency attacks under fixed exchange rates. Through this institutional arrangement, the “Triffin Dilemma” under the Bretton Woods system—the dilemma between increasing dollar supply to meet global liquidity demand and maintaining the fixed dollar-gold parity—was broken. However, the Jamaica system produced a “new Triffin Dilemma,” namely the contradiction between meeting the dollar demand for international liquidity and maintaining dollar credit.

The U.S. current account deficit exports dollars, and capital flows back to the capital market, forming a perfect cycle. This cycle is basically the solution to the “new Triffin Dilemma.” However, its cornerstone is maintaining dollar credit. The maintenance of dollar credit is the result of multiple dimensions working together, such as monetary policy independence, financial market depth, fiscal deficit scale, foreign policy stability, financial sanctions, and the level of fintech development. Changes in various factors will affect dollar credit to different degrees. In recent years, U.S. foreign policy and financial sanctions have become the main drivers weakening dollar credit.

First, U.S. anti-globalization policies have damaged the nodes of the dollar credit network. President Trump implemented a series of anti-globalization policies, such as imposing tariffs, withdrawing from international organizations, and building exclusive small circles. To some extent, the implementation of these policies restricts the development of global trade liberalization and promotes the reshaping of the global trade landscape. The dollar is a beneficiary of global trade liberalization. The market fragmentation and rising protectionism brought about by changes in the trade landscape objectively loosen the path dependence effect dominated by the dollar’s network externalities and narrow the scope of the dollar’s use. As a result, its share in pricing, payment, and settlement is gradually compressed, whether in the use of the dollar in bilateral trade between the United States and other countries or in the use of the dollar in trade between countries other than the United States.

Second, financial sanctions have shaken the cornerstone of dollar credit. The manifestation of financial sanctions is the weaponization of the dollar, that is, the United States uses its dominance over international dollar clearing and control over U.S. Treasury bonds to long-term implement sanctions against Russia, Iran, North Korea, and other countries, such as freezing dollar assets and cutting off dollar clearing channels (removing them from the SWIFT system), to achieve its geopolitical policy goals. The weaponization of the dollar means that the dollar assets held by various countries have no security at all. Once the security attribute as a global public good is stripped from the dollar, dollar credit becomes worthless. Therefore, the United States’ abuse of dollar hegemony not only causes other countries around the world to lose confidence in dollar credit but also prompts them to think about rebuilding the future international monetary order. The rational choice in thinking about how to reduce dependence on the dollar is to choose an international currency that can replace the dollar and has sufficient security attributes. This is also the fundamental reason why “de-dollarization” has become a global consensus.

III. Response Strategies: Pragmatic Paths in the Evolution of the International Monetary System

Looking back at the continuously evolving international monetary landscape, we see that the decline of monetary hegemony is a long-term process. In this process, China’s strategic principles are: first, reduce excessive dependence on a single sovereign currency and enhance China’s cross-border payment and overseas asset security; second, China actively participates in the reform of the international monetary system and contributes Chinese wisdom to it.

  1. Build and Improve the Financial Infrastructure for Renminbi Internationalization

The goal of building the financial infrastructure for renminbi internationalization is to construct an autonomous, controllable, widely covered, and efficiently cleared renminbi cross-border payment system (CIPS). The main current problem is that, in response to financial sanctions, China’s CIPS is usable but still cannot achieve complete autonomy and control. It is necessary to improve CIPS’s capacity for autonomy and control. CIPS and SWIFT are cooperative in cross-border renminbi clearing business. Under certain conditions, SWIFT can affect the normal operation of CIPS. Therefore, while using SWIFT’s global network advantages to expand CIPS network users, China should gradually enhance the technical independence of CIPS operations. At the same time, it is also necessary to fill gaps in the global layout of clearing banks. Strengthen the establishment of renminbi clearing banks in countries and regions with layout blind spots (such as Africa, the Middle East, Central Asia, and other blank areas) to form a “point-line-surface” full-coverage overseas renminbi clearing service network.

  1. Build a Multilateral Network for the Use of the Renminbi

Currency network externalities affect the level of currency internationalization. The reason the dollar can stand out among international currencies depends more on inertial effects external to the network. At present, the renminbi’s “circle of friends” is increasingly expanding, but it more often serves bilateral renminbi settlement between China and other countries and regions. The use of the renminbi among third countries is still in its infancy, and a multilateral interconnected renminbi network has not yet formed. To promote the use of the renminbi among third countries, on the one hand, it is necessary to promote the renminbi’s functions of pricing, settlement, investment, and financing among China’s neighboring countries and countries along the Belt and Road Initiative; on the other hand, China’s neighboring countries should be taken as a breakthrough point, relying on close economic and trade ties and a convenient renminbi interconnection network, to promote the renminbi’s use as a “public good” in trade and investment among third countries.

  1. Build an Open and Developed Domestic Financial Market

Although the domestic financial market has made considerable progress in opening up and market construction, the global attractiveness of renminbi assets is still clearly insufficient, due to both opening mechanism problems and financial product problems. First, further accelerate the opening of the financial market and launch more distinctive financial products open to overseas institutions to meet overseas institutions’ renminbi asset allocation and hedging needs. Second, increase the supply of high-quality financial assets. Around the “five major articles” of finance, deepen supply-side reform of the financial market, increase the supply of technology and green financial products, promote the rapid development of the panda bond market, and use high-quality financial products to raise overseas institutions’ incentive to allocate renminbi assets, thereby increasing their allocation share of renminbi assets. Third, accelerate the construction of an offshore renminbi center in the Shanghai Pilot Free Trade Zone. Connect supply and demand between offshore and onshore markets, coordinate the development of offshore and onshore markets, and ultimately lay the market foundation for building a smooth domestic and international financial circulation mechanism for the renminbi.

  1. Actively Participate in the Reform of the International Monetary System

The development of the international monetary system toward multipolarity objectively converges toward the coexistence of several sovereign currencies in a competitive equilibrium. As the world’s second-largest economy supported by a strong economic size, China should provide the world with safe renminbi reserve assets and an efficient and convenient global renminbi settlement network. To this end, it is necessary to further advance international financial cooperation at two levels. At the level of building a regional financial safety net, relying on the continuously increasing scale of renminbi swap agreements and the increasingly complete renminbi clearing network, inject renminbi liquidity when regional economic crises occur, and enhance the region’s ability to respond to crisis shocks. At the level of promoting reform of international financial governance, continue to promote reform of governance imbalances caused by the “veto power,” use voting mechanism reform to constrain the hegemonic behavior of hegemonic currencies, participate in the formulation of global financial rules, oppose the weaponization of financial infrastructure, and safeguard its neutrality and public good attributes.

Author: Yang Xuefeng, Associate Researcher at the Institute of World Economy, Shanghai Academy of Social Sciences

Original article: sass.org.cn

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BRICS Pay, non è ancora giunto il momento?

BRICS Pay non è una valuta né una rete di regolamento: è interoperabilità. E a Nuova Delhi i leader si sono limitati a “prenderne atto”.

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Cosa è e cosa non è

Alla vigilia del diciottesimo vertice BRICS, ospitato al Bharat Mandapam di Nuova Delhi il 12 e 13 settembre 2026, una parte della stampa specializzata dava per imminente il debutto di BRICS Pay. Le guide al vertice indicavano proprio la capitale indiana come sede del pieno dispiegamento del sistema, con la Reserve Bank of India incaricata del coordinamento tecnico. Il testo approvato dai leader racconta un’altra storia. La Dichiarazione di Nuova Delhi, 140 paragrafi adottati per consenso, si limita a «prendere atto» del lavoro svolto dalla BRICS Payment Task Force sull’interoperabilità dei canali di pagamento e di messaggistica e sulle discussioni relative al regolamento in valute locali, precisando che ciò avviene nel rispetto delle priorità nazionali e nella consapevolezza che non esiste una soluzione valida per tutti. La proposta indiana di collegare le valute digitali delle banche centrali, su cui Nuova Delhi aveva investito una parte consistente del capitale politico della propria presidenza, nel documento non compare.

La distanza tra attese e risultato non va letta come un incidente diplomatico. Riflette due condizioni strutturali che la pubblicistica sulla de-dollarizzazione tende a sottovalutare. La prima è che i Paesi BRICS, presi uno per uno, hanno ancora buone ragioni per regolare in dollari una parte rilevante dei propri scambi. La seconda è che un sistema di pagamento comune non è un problema di ingegneria finanziaria. È un atto di governo condiviso, che richiede regole vincolanti, un’istanza di arbitrato e la disponibilità a fidarsi delle banche centrali altrui. A Nuova Delhi nessuna di queste condizioni era sul tavolo.

Il nome induce in errore. BRICS Pay non è una moneta e non è, almeno nella configurazione discussa finora, un circuito di regolamento. È un livello di interoperabilità pensato per mettere in comunicazione sistemi nazionali già esistenti: il russo SPFS, nato dopo le sanzioni del 2014; il cinese CIPS, operativo dal 2015; l’indiano UPI e il brasiliano Pix, costruiti per i pagamenti domestici istantanei e solo in seguito proiettati all’estero. Il progetto ha preso forma durante la presidenza russa del 2024, nel quadro della BRICS Cross-Border Payments Initiative accolta a Kazan, un’iniziativa che la stessa dichiarazione di quel vertice qualificava come volontaria e non vincolante.

Per capire dove si colloca il progetto conviene distinguere tre piani che il dibattito pubblico confonde di continuo. Il primo è la messaggistica, cioè la trasmissione standardizzata degli ordini di pagamento tra istituzioni finanziarie: è il terreno di SWIFT, ed è qui che BRICS Pay si propone come alternativa. Il secondo è il regolamento, il trasferimento effettivo di valore tra conti presso banche centrali o banche corrispondenti, con tutto ciò che comporta in termini di liquidità, rischio di controparte e gestione dei saldi. Il terzo è l’unità di conto, la moneta in cui i contratti sono denominati. Un’alternativa a SWIFT agisce soltanto sul primo piano. Se un esportatore indiano fattura in dollari e la banca russa regola in dollari presso un corrispondente, aver trasmesso il messaggio su un canale non occidentale cambia ben poco.

L’interoperabilità ha però un vantaggio politico evidente, ed è la ragione per cui è diventata la formula di compromesso del gruppo: consente a ciascun Paese di conservare la propria moneta e il proprio sistema finanziario. Una moneta comune imporrebbe rinunce di tutt’altra portata, dalle regole di emissione e di cambio alla gestione dei Paesi strutturalmente in avanzo o in disavanzo. Non a caso Sudhakar Dalela, segretario per le relazioni economiche del ministero degli Esteri indiano, ha ribadito durante il vertice che una valuta BRICS non è in discussione, aggiungendo la prudente clausola «per ora».

La storia del dossier è la storia di un lessico che avanza di millimetri. Nel 2010, a Brasília, i quattro Paesi fondatori si impegnavano a studiare la fattibilità di una cooperazione monetaria e di accordi di regolamento in valuta locale. A Ufa, nel 2015, si riconosceva il potenziale delle valute nazionali; a Xiamen, due anni dopo, si parlava di swap valutari e di investimenti diretti in moneta locale. Dal 2019 l’attenzione si è spostata sulle infrastrutture di pagamento, con l’avvio dei lavori della Payment Task Force. Johannesburg, nel 2023, ha evocato per la prima volta l’interconnessione dei sistemi di pagamento transfrontalieri; Kazan ha lanciato l’iniziativa volontaria; Rio, nel 2025, ha accolto un rapporto tecnico sul sistema di pagamenti transfrontalieri BRICS che a oltre un anno di distanza non è stato reso pubblico. Sedici anni dopo Brasília, Nuova Delhi «prende atto». La successione dei verbi (studiare, riconoscere, accogliere, prendere atto) è già un indicatore: in un organismo che decide per consenso, il grado di impegno reale si legge nella grammatica dei comunicati.

L’ambizione indiana e il prezzo del consenso

L’India aveva fatto dei pagamenti transfrontalieri uno dei pilastri della propria presidenza. A gennaio la Reserve Bank of India aveva proposto di collegare le valute digitali di banca centrale dei Paesi membri per facilitare commercio e turismo; ad agosto il governatore Sanjay Malhotra confermava che erano in corso discussioni sul collegamento dei sistemi di pagamento veloce e delle CBDC; alla vigilia del vertice il ministro del Commercio Piyush Goyal rilanciava l’invito a regolare gli scambi in moneta locale. Già il 10 settembre, tuttavia, Reuters riferiva di ostacoli politici e tecnici in grado di limitare i progressi, e ne indicava due in particolare: l’interruzione dei rapporti finanziari tra Emirati Arabi Uniti e Iran e la riluttanza della stessa India ad approfondire la connettività finanziaria con la Cina senza una fiducia reciproca più solida.

Il secondo ostacolo merita attenzione, perché rovescia un’immagine corrente. Il freno più robusto a un’integrazione dei pagamenti BRICS non viene da Washington, ma dal Paese che presiedeva il vertice. Nuova Delhi vuole infrastrutture che rendano più semplice il commercio in rupie e più economiche le rimesse della sua diaspora. Non vuole che queste infrastrutture passino per nodi cinesi, né che il loro effetto netto sia un’espansione dello yuan in Asia meridionale. L’incontro tra Narendra Modi e Xi Jinping a margine del vertice ha segnato un disgelo prudente, ma il disavanzo commerciale indiano verso la Cina, raddoppiato nell’arco di un decennio, resta una frattura che nessun comunicato può ricomporre.

C’è poi l’effetto dell’allargamento. Con undici membri e dieci Paesi partner, il gruppo comprende oggi Stati che nella guerra del 2026 si sono trovati su fronti opposti. A maggio la riunione dei ministri degli Esteri, sempre a Nuova Delhi, si era chiusa senza un comunicato congiunto, costringendo la presidenza indiana a una dichiarazione a titolo proprio. L’unanimità di settembre è stata ottenuta abbassando la soglia degli impegni. La dichiarazione critica dazi e sanzioni unilaterali senza nominare gli Stati Uniti e, sul dossier finanziario, rinvia a un lavoro tecnico di cui non fissa né scadenze né obiettivi. Ajay Srivastava, fondatore del Global Trade Research Initiative, ha osservato che il testo non prevede alcuna azione concreta e che, in assenza di un piano coordinato, il commercio in valute locali potrà crescere solo gradualmente, senza raggiungere volumi significativi.

Va segnalato, per scrupolo di metodo, che alcune testate hanno presentato il vertice come il momento del «lancio» di BRICS Pay. Il testo della dichiarazione, così come riportato dalle fonti che lo hanno esaminato nel dettaglio, non autorizza questa lettura. La confusione tra annuncio e realizzazione è uno dei tratti ricorrenti della comunicazione sul tema, e contribuisce a gonfiare aspettative che poi ricadono sulla credibilità del gruppo.

Le buone ragioni del dollaro

Le statistiche disponibili spiegano meglio di qualsiasi dichiarazione perché la de-dollarizzazione resti, per ora, più un tema di dibattito che una tendenza misurabile. Secondo l’ultima indagine triennale della Banca dei regolamenti internazionali, nell’aprile 2025 il dollaro compariva in circa l’89% delle transazioni valutarie mondiali, una quota in lieve aumento rispetto al 2022, mentre lo yuan si fermava all’8,5%. Sul versante delle riserve, i dati del Fondo monetario internazionale indicano per il primo trimestre del 2026 una quota del dollaro pari al 57,13%, contro l’1,99% della valuta cinese. La tendenza di lungo periodo è di erosione: intorno al 1999 il dollaro superava il 70% delle riserve allocate. Ma la diversificazione si disperde su una costellazione di valute minori, la cui quota residua è più che raddoppiata dal 2021, e non si concentra sulle monete dei Paesi BRICS.

La ragione non è la sudditanza, è il calcolo. Il dollaro offre ciò che nessuna alternativa offre ancora: mercati profondi e liquidi, strumenti di copertura a basso costo, un enorme stock di debito denominato nella stessa valuta e la possibilità di convertire in qualsiasi momento il ricavato di una transazione in un attivo considerato sicuro. Barry Eichengreen ha descritto questi vantaggi in termini di effetti di rete: una moneta è utile in proporzione al numero di soggetti che già la usano, e ciò rende costosa qualunque transizione tentata da un solo attore o da un piccolo gruppo. Per un importatore brasiliano o un esportatore indonesiano pagare in dollari significa pagare nella moneta che la controparte accetta senza trattare.

Scendendo al livello dei singoli membri, il quadro si fa ancora più netto. L’India ha dichiarato a più riprese di non avere interesse a indebolire il dollaro: nel dicembre 2024 il ministro degli Esteri Subrahmanyam Jaishankar ricordava che gli Stati Uniti sono il primo partner commerciale del Paese, e nell’estate 2025 il portavoce del ministero ribadiva che la de-dollarizzazione non rientra nell’agenda finanziaria indiana. Emirati Arabi Uniti e Arabia Saudita mantengono le proprie valute ancorate al dollaro e fondano la propria sicurezza su un rapporto con Washington che nessun circuito di pagamento alternativo potrebbe compensare. Riyadh, del resto, continua a stare nel gruppo in una posizione ambigua: la presidenza indiana la elencava tra gli undici membri, ma a Nuova Delhi la delegazione saudita si è presentata con lo status di Paese invitato. Egitto ed Etiopia, che negli ultimi anni hanno negoziato programmi con il Fondo monetario e portano un debito estero in valuta forte, non possono permettersi di complicare il rapporto con i propri creditori. Il Brasile di Lula ha rilanciato più volte l’idea di una moneta commerciale comune, ma il suo sistema di punta, Pix, rimane un successo domestico.

Restano la Russia e l’Iran, per i quali l’uscita dal dollaro non è una scelta ma una necessità imposta dalle sanzioni, e la Cina, che ha un interesse reale all’internazionalizzazione dello yuan ma lo persegue attraverso infrastrutture proprie, a cominciare da CIPS, e senza rinunciare ai controlli sui capitali che limitano l’attrattiva della sua moneta come riserva. Anche per chi ha le motivazioni più forti, tuttavia, il regolamento in valute locali ha mostrato limiti precisi. L’esperienza russo-indiana è istruttiva. Il forte aumento delle importazioni indiane di petrolio russo dopo il 2022 ha lasciato Mosca con ingenti saldi in rupie difficili da impiegare, un problema che lo stesso Sergej Lavrov ammise pubblicamente nel maggio 2023. Quando gli scambi sono squilibrati, la moneta del Paese in disavanzo si accumula presso il Paese in avanzo, e il dollaro torna a essere la via d’uscita più semplice.

A questi incentivi si somma il costo esplicito di una rottura. Donald Trump ha minacciato dazi del 100% contro i Paesi BRICS che sostenessero una moneta alternativa al dollaro e, dopo il vertice di Rio del 2025, un dazio aggiuntivo del 10% per chi si allineasse alle politiche del gruppo da lui definite antiamericane. Alla vigilia di Nuova Delhi l’economista di Natixis Alicia García-Herrero prevedeva che i leader avrebbero discusso di pagamenti transfrontalieri senza tentare di sostituire il dollaro. È andata esattamente così.

Una scelta politica

Si arriva così al punto centrale. Un sistema di pagamento non è un’infrastruttura neutrale. Susan Strange collocava la struttura finanziaria, cioè il controllo sul credito e sui canali attraverso cui circola, tra le quattro fonti del potere strutturale nell’economia politica internazionale. Gli Stati che controllano i nodi centrali delle reti economiche globali, di cui SWIFT è l’esempio canonico, possano trasformarli in strumenti di coercizione, sfruttandone sia la funzione di osservatorio sia la capacità di esclusione. È proprio questa esperienza, culminata nell’esclusione delle principali banche russe da SWIFT nel 2022, ad aver dato slancio politico al progetto BRICS.

La stessa lezione, però, vale all’interno del gruppo. Chi costruisce una rete alternativa deve stabilire dove si trovano i nodi, chi ne gestisce i dati, quale diritto regola le controversie, chi fornisce liquidità nei momenti di tensione e come si compensano i saldi tra economie in avanzo e in disavanzo. Ognuna di queste decisioni redistribuisce potere. Per l’India un sistema imperniato su CIPS significherebbe sostituire una dipendenza da Washington con una dipendenza da Pechino, cioè da un rivale con cui condivide una frontiera contesa. Per gli Emirati collegarsi a un circuito in cui transita l’Iran vorrebbe dire esporsi al rischio di sanzioni secondarie, proprio mentre i due Paesi escono da una guerra vissuta su fronti opposti. Il problema non è la tecnologia: le componenti nazionali esistono e funzionano. Manca un accordo su chi governa l’insieme.

La storia monetaria del Novecento offre due riferimenti utili. Il primo è la proposta keynesiana di una International Clearing Union, presentata dal Tesoro britannico nel 1943, che affrontava esattamente il nodo degli squilibri persistenti imponendo oneri simmetrici ai Paesi in avanzo e a quelli in disavanzo. Un BRICS Pay che volesse andare oltre la messaggistica avrebbe bisogno di un meccanismo analogo di compensazione multilaterale, e dunque di regole capaci di vincolare anche la Cina, principale creditore commerciale del gruppo. Il secondo riferimento è la tesi di Charles Kindleberger sulla stabilità del sistema internazionale come bene pubblico, che richiede un attore disposto a sostenerne i costi. Nell’ordine del dollaro quel ruolo è svolto, con tutti gli abusi che ne derivano, dagli Stati Uniti. Nel partenariato BRICS l’unico candidato plausibile è la Cina, e gli altri membri non intendono riconoscerle quella funzione. Qui sta il dilemma costitutivo di un ordine monetario multipolare: moltiplica i poli, ma lascia vacante il posto di chi garantisce il sistema.

A ciò si aggiunge la fragilità istituzionale. Il gruppo opera senza un segretariato permanente, con presidenze annuali a rotazione che affidano la continuità dei dossier tecnici alla volontà del Paese di turno. L’allargamento ha accresciuto l’eterogeneità degli interessi senza dotare il partenariato di strumenti decisionali più robusti. Un sistema di pagamento unificato richiederebbe un trattato, o almeno un accordo vincolante di governance, mentre l’iniziativa sui pagamenti transfrontalieri è, per esplicita scelta dei firmatari, volontaria e non vincolante. Finché questa asimmetria tra ambizione e forma giuridica non sarà sciolta, BRICS Pay resterà ciò che è oggi: un marchio politico sovrapposto a un insieme di corridoi bilaterali. La stabilità del partenariato non è dunque una condizione accessoria del progetto. Ne è il presupposto.

Verso la presidenza cinese del 2027

Con il passaggio della presidenza alla Cina per il 2027, l’orizzonte di valutazione più utile è quello dei prossimi diciotto-ventiquattro mesi. Le valutazioni che seguono poggiano su evidenze di qualità moderata, costituite in larga parte dai testi ufficiali e dalla stampa economica internazionale.

Lo scenario che considero altamente probabile è quello di un mosaico bilaterale. Crescono i corridoi già avviati, come quelli tra India ed Emirati e tra India e Russia, mentre l’architettura comune resta allo stadio di studio. Il commercio in valute locali aumenta in termini assoluti, ma la quota del dollaro negli scambi intra-BRICS si riduce solo in misura marginale.

Uno scenario alternativo, cui attribuisco una probabilità moderata, prevede che la presidenza cinese usi il 2027 per promuovere un nucleo a geometria variabile, costruito attorno a CIPS e SPFS, con l’adesione di Russia, Iran e di alcuni Paesi partner. Il marchio BRICS Pay verrebbe formalmente attivato, ma per una parte soltanto del gruppo e con ogni probabilità senza l’India. Sarebbe un risultato politicamente spendibile per Pechino e Mosca, ma renderebbe esplicita la frattura che oggi il linguaggio delle dichiarazioni riesce ancora a coprire.

L’entrata in funzione, entro il 2028, di un sistema unificato e operativo per tutti i membri resta invece altamente improbabile.

Gli indicatori da seguire sono pochi e concreti: la pubblicazione del rapporto tecnico accolto a Rio; l’eventuale firma di un accordo vincolante sulla governance dei pagamenti; la creazione di un meccanismo multilaterale di compensazione o di linee di swap dedicate, magari affidate alla Nuova Banca di Sviluppo; la posizione indiana su un collegamento con CIPS; la formalizzazione, o il definitivo abbandono, della membership saudita. Un comunicato che parli di «lancio» senza alcuno di questi elementi andrà letto per ciò che è, un annuncio.

Il multipolarismo ha finora prodotto soprattutto una pluralità di opzioni nazionali, utili a ciascun Paese per ridurre l’esposizione alle sanzioni e per negoziare da posizioni migliori con Washington. Trasformare queste opzioni in un sistema richiede un partenariato che riconosca un interesse comune più forte delle rivalità interne. Quel partenariato è ancora in evoluzione, e BRICS Pay ne seguirà i tempi, non il contrario.

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Putin’s diesel deal to Trump could be bigger than we originally thought

The war, after this diesel decision, might have just become much simpler and more binary.

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Is Trump planning on using Putin to get him out of the mess of both his low polling and the Iran war? Seems far-fetched perhaps at first, but he is completely snared in Iran, with whatever option he looks at appearing to be a doomsday scenario. Could Putin help him out both with diesel prices back home but also to broker a deal with Iran which makes it appear to Americans that he, and America, are somehow the winners?

For the Russian president to sell close to 2 million tonnes of diesel oil to Western countries, including the U.S. of course, seems like a sticking plaster to a huge wound in the American and Western economies. Unless, that is, there is a second deal behind it which journalists and pundits are not aware of, or are simply choosing not to report. For the diesel initiative from Putin, the amount which is being offered isn’t huge, but there are a couple of precedents which it sets which are more important.

Firstly, it opens the doors for further lifting of sanctions (which could be bundled into Iran’s, given Moscow’s relations with Tehran), but perhaps even more importantly, it makes President Zelensky of Ukraine an even bigger target for Trump. Much will rest on the coming days and the decision that Zelensky will take to continue bombing Russia’s oil facilities. Will he take that suicide pill? Wars are often messy, and there are always grey areas where the two countries at war with one another find situations which are illogical and impractical. Perhaps the bombing of oil facilities within Russia in the Ukraine war has reached its tipping point, and regardless of how close EU leaders are with Zelensky – who at best we can call a caretaker leader – this will test this relationship to breaking point.

Do great numbers of citizens in France and Germany need to die this winter simply because of an energy crisis and/or an economic malaise in their own countries which have poured billions into keeping the war in Ukraine alive? Is Putin so confident that this winter will be the last one for his troops, as the defensive line between Ukraine’s forces and those of Russia’s looks like it is about to break at any moment? Are Ukrainians themselves ready to face a freezing winter in Kiev, unable to power or heat their own apartments? So many wars started over energy reserves, but not Ukraine. Yet it might end over them.

Trump’s threatening comments on social media about Zelensky should be taken seriously. If Trump’s own cabal of unqualified advisers can seriously convince him that a ground invasion of Iran is feasible, if not winnable, one could argue simply that regime change in Ukraine should be a children’s picnic and gives him a huge payday – politically, economically and geopolitically. Removing Zelensky would stop the war immediately, and Trump could claim victory for that, while he asks his friend Putin to quietly intervene in Iran and fix the Straits of Hormuz.

For Trump to actually respond to Zelensky’s outburst to reporters that the move to buy Russian diesel was “weak” by threatening Zelensky with being removed shows that his patience has reached a point where he is starting to think of the Ukrainian president as the source of the problems. To remove Zelensky through backing a rival will be hard and will pitch him against EU leaders, but one could argue relations couldn’t really get any worse, and that once Macron and Merz understand that peace is the only option and Zelensky is actually the only real obstacle to that, they will do what all EU leaders do and follow America’s lead.

We often hear analysts on YouTube talk about the game of “chicken”, but there has never been a more fleeting moment than now, as both Trump and Zelensky will be watching each other to see who blinks first. Zelensky, until now, has been playing a dangerous game of pretending to be servile to U.S. hegemony, while really just taking the cash and weapons and laughing at Trump among a coterie of weak European leaders in their palatial residences. The war has been complex since it began, as the U.S. and EU rarely saw eye to eye, but if Trump goes ahead with his threat of denying the Ukrainians shared intel, then this will be a very bad omen for the future of Zelensky, as he will put even more pressure on the British, French and Germans to come up with more weapons and money in an unwinnable war which they’ve bet the farm on and their entire political careers depend on.

The war, after this diesel decision, might have just become much simpler and more binary, and a collective narrative might emerge from the insanity of EU gibberish from countries who can’t even protect their own people on their own soil against an invasion of bogus asylum seekers. It will not only be the ultimate test for U.S.-Ukraine relations, but also one for U.S.-EU ones, and perhaps represent the end of NATO as we know it.

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The Diesel Deal between Trump and Putin: Hope dies last

Trump’s declaration presents a very interesting media narrative and a potential end to ‘Project Ukraine’ that is worth taking a deeper dive into.

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No one expected that Donald Trump, after a congratulatory birthday phone call to his Russian counterpart, would declare that Russian diesel fuel would prove to be the solution to America’s current fuel shortages. If the Trump presidency has yielded anything it is a lot of interesting headlines that seem to come out of nowhere, that can sadly, quite often, fade right back into the mist from whence they came. Sometimes Trump’s words can fill us with hope like this ‘Diesel Deal’, and others like his recent UN speech, where he threatened to potentially kill all Iranians, fill us with dread. This declaration by our enigmatic leader presents a very interesting media narrative and a potential end to ‘Project Ukraine’ that is worth taking a deeper dive into.

Trump has blamed Zelensky for the global energy shortages, especially those concerning diesel fuel. At the time, everyone thought this was just a cheap Twitter-style deflection from the failed war against Iran, which certainly caused a lot of fuel transport disruption. That is to say, the White House was projecting this crisis, that it allowed to happen, or actively caused, to be thrown onto the scapegoat Zelensky. However, this form of deflection or projection is no longer just words in a pre-election narrative, but has become action. Sanctions on Russian diesel have been lifted and the first shipment is already on its way as I write these words. Something tangible has occurred.

Zelensky was actually warned some six times to stop attacking Russian oil infrastructure. Blow up children in the Donbass and beyond ‘sure’, but attacking what the West wants from Russia more than anything is ‘totally unacceptable’. Zelensky, who as stated above was warned half-a-dozen times to back of strikes on oil/gas, upon hearing of Trump’s decision to purchase Russian diesel fuel did the following:

1) He quickly attacked Russian oil infrastructure again seemingly to spite the U.S. President

2) He immediately cut off peace talks in Miami with the Trump’s aides, the Kushner-Witkoff duo, which is yet another spitting in the face of Donald Trump.

The wildest thing of all is that the ‘narcissist’ Trump has already publically thanked President Putin twice for this deal. Appearing at a rally, Americans standing behind Trump wildly cheered in favor of the announcement of peace with Russia plus extra fuel for America. Russophobia is a hobby of the globalist bourgeoisie and Epstein Island, not American truckers and farmers.

It’s a great narrative, let’s hope it lasts

Trump has now put 100% of the blame for global energy/fuel problems directly onto Zelensky, and called him out personally for keeping the war going over the last two years. Thus, the narrative is forming into something like: If the war in Ukraine is the cause of the fuel shortages, and Zelensky is the cause of the war continuing, that means the U.S. can make a deal with Russia even if ‘they started it’, with the corollary that Zelensky logically needs to go as he is the source of the problem. But going even deeper into the narrative we can see the most interesting thing of all or as they like to say online ‘the quiet part’: Trump has essentially declared that Russian energy output is of vital strategic interest to the United States.

It is these kind of words that take the black pill out of my mouth and directly inject ‘hopium’ into my bloodstream. The idea of the American President declaring that NOT being at war with Russia is of vital strategic interest to the USA is something I have been dreaming of my entire adult life. This is exactly the logic that we need to finally and ultimately end the Cold War + Project for a New American Century mentality in politics and finally allow the USA to rebuild and invest into itself. This very well could be America’s mulitpolar awakening by using a logic trap similar to the other ones that have been used to do the exact opposite and keep the USA locked in eternal foreign wars of luxury for ‘national security’. This new logic trap could look something like this: “So you want war with Russia? That must mean you want to harm America, you dirty traitor! You’ll take the fuel from farmer Joe and our kids will starve, you monster! Russia being left alone to produce fuel is a national security interest of America, are you against our country’s national security? Do you want to weaken manly America for those gay Europeans?”.

But as we slam that hopium injection into our veins we have to remember that Donald Trump has said a lot of things, changed his mind many times, or was forced to change it, and perhaps isn’t quite the unilateral decider that he makes himself out to be on TV.

It takes two to tango, but one orange man to keep his word.

The transcripts from this now famous birthday phone chat look very different on the American and Russian sides, which is par for the course. Trump’s team tends to write discussed things as proven facts whereas the Russians are more noncommittal in their language. But the diesel sanctions are gone for now and the boats are moving, so this looks to be real… at least until the mid-term votes are cast.

The American side has since threatened to cut Zelensky off from intelligence sharing, which could be an instant deathblow to their military efforts as many experts believe that only U.S. intel has allowed them to survive this long. Without such targeting data they will be sent back to 20th century warfare instantly, and they would no longer be able to strike deep into Russia. RT wrote the following on this issue:

A Ukrainian official told Axios that Witkoff and Kushner threatened to cut off US intelligence sharing with Kiev if it continued to ignore Trump’s requests to halt strikes on Russian oil refineries, but the US official denied that any such threat had been made.

But here is where we have to hold our breath, for despite how nice this new narrative sounds, and how it is the perfect exit for the USA from its participation in Project Ukraine we should not forget the words of President Putin from some time ago when he talked about the true power of any U.S. President:

“So a person is elected — he comes with ideas… Then people with briefcases come visit him, well-dressed, in dark suits — kind of like mine.”

So the real question might be, will the Zionist Lobby, Epstein Elite, Three-Letter Organizations, Influential Billionaires, and all the other spooks on Capitol Hill actually let President Trump actually end this war? Will the POTUS be allowed to do this?

We should recall that after Zelensky acted disgracefully in the White House at the start of Trump’s second term everyone thought this conflict would be over. Trump the famous narcissist seemed visibly angry and offended on camera during their verbal spat. But the war went on. There was the Anchorage Summit, which had tons of hype and everyone thought then that the U.S. would pull support from Kiev. But it did not. Trump’s enemies including the Biden Clan are linked to massive corruption in Ukraine which has all been exposed. This would have been a great off ramp from the conflict, but Trump did not or could not take it. And in general, Trump’s rhetoric towards Zelensky and other European politicians has been overtly harsh and disrespectful. The man accused of being a ‘blowhard’ somehow always speaks quite politely behind the backs and to the faces of Putin and Xi.

Thus, although I want peace and mutually-respectful cooperation between the USA and Russia perhaps this deal will only last till the midterm elections, when all of a sudden Zelensky will go back to being “a bastard, but he’s our bastard”, and the conflict will go marching on. Perhaps this is our October Surprise from the Republican side of the aisle? And in December we can all be ‘surprised again’ when the war resumes full-force and thousands more Slavs die on the battlefield?

Now, Donald Trump with gritted teeth is slinging forth the idea that he thinks “it’s time for Ukraine to get a new President”. But after the votes are counted in America he may just go back to passively hating and tolerating Zelensky till the end of his term or till an Oreshnik finds the mark one day. We also cannot forget that the West has been lobbying for a major ceasefire from the Russians for a long time. Presumably this would be used to regroup, rest, rearm and then just go right back to fighting till the last Ukrainian. Now Trump wants elections in Kiev, which will probably demand a ceasefire to enact. But will he be pushing for a three-day ceasefire, or try to trick the Russians into agreeing to a month-long freeze or more?

One ‘good’ sign on this issue from a Russian standpoint is that there are now already calls for Zelensky to resign over this issue on Twitter/X coming from all sides even pro-Ukrainian ones:

“’Zelensky must resign’ – Ukrainian media. That was quick. Zelensky ignored Trump’s warnings not to attack Russian oil refineries SIX times. This morning, Zelensky has bombed another Russian oil refinery. Ukrainians are calling for Zelensky‘s resignation.

Former Ukrainian MP and Metinvest co-owner Vadym Novynskyi has called on Zelensky to resign and hand over all power to Ukraine’s Verkhovna Rada following the Trump-Putin agreements.”

We have to remember that Ukraine in 2026 is already a police state where any dissent means you could get thrown into a bus and taken to the front to die or vanish into a prison as a Russian ‘spy’. Thus, when important people gang up against Zelensky openly it is much more of a potent statement than Hollywood actors safely making Tik-Toks against Trump from their luxurious bedrooms.

The rest of the world won’t sit around and do nothing.

Some moronic ‘Putin sold out the BRICS’ counter-narrative is sure to arise from Kiev’s bot accounts soon. Obviously someone is going to say that the Kremlin threw their Iranian brothers to the Zio-lobby machine! But in actuality, it looks like the Iranians are going to just ship their oil through Russia and sell it as ‘Russian’ and everyone will be happy. The Caspian Sea will be even more busy in the near future. If sanctioned accomplished anything they really increased trade between Russia and Iran.

No one in Moscow is planning on selling out Tehran; they want America to join the Multipolar World while still saving face and reduce the global threat level of nuclear war which is vastly too high at present. Iran and China were surely consulted on this issue before any Diesel Deal was finalized.

The real danger of Trump calling for the removal of Zelensky comes from Europe, where certain factions, politicians and their financiers may take radical action in response. And Trump’s reaction to this response could be even more radical now. Would it be possible that NATO might greenlight the Baltics to just open up another front to ‘see what happens’? Will France finally go through on its threat and just deploy troops openly en masse to save the Napoleon in Green from political or potentially physical death? So far the EU has only threatened even more sanctions. If the previous 20+ packages of sanctions failed, I wonder what is left to actually sanction. Ursula is promising the biggest and most expansive sanctions packet for Monday, October 12th, but I doubt it will change anything. The only thing that would change the situation is if the EU did something really aggressive, drastic and stupid militarily.

What about the rest of the sanctions?

The Russian media has done a disservice to the public by writing that “Trump will lift sanctions” over-and-over again when the only sanctions being lifted are on diesel exports for half a year. All of the rest of the sanctions are still there. You still cannot fly directly from Moscow to New York, and money transfers via SWIFT are still mostly blocked. We have to remember that at least in theory sanctions are a form of punishment for crimes committed against, in this case, international law and the United States. So how can relations between the USA and Russian Federation truly be normalized when one still accuses the other of crimes it believes it did not even commit?

After Project Ukraine ends things could change rapidly, but there can be no true friendship until Washington trusts Aeroflot enough to let them land on U.S. territory. We cannot be both under a sanctions war and normalized at the same time. But this new Trump narrative, if he can stick with it to its logical conclusion, is the perfect off-ramp for America and the way we can finally end this war and go back to some sense of normalcy with the apocalypse pushed far off into the future beyond all of our lifespans.

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L’Europe en tant que civilisation multipolaire et la diplomatie des » Logoi » !

Du mythe d’Europe à la double identité du Rimland, de la Méditerranée en tant que « mer-cœur » à la tradition occultée de de Gaulle et de Douguine, le continent doit se souvenir qu’il est né d’une traversée.

L’époque que nous vivons

Les Grecs racontaient l’histoire d’une jeune femme nommée Europe, fille d’un roi de Tyr, sur la côte de l’actuel Liban. Un matin, alors qu’elle jouait au bord de la mer, un taureau blanc émergea des flots. Elle monta sur son dos, et le taureau la transporta à travers les eaux jusqu’en Crète. C’est d’elle, disaient les poètes, qu’un continent tout entier a tiré son nom. [1]

Ce mythe est plus riche qu’il n’y paraît. Le nom « Europe » vient d’Asie et a traversé la Méditerranée sur le dos d’un dieu. Notre continent porte le nom d’une étrangère, d’une voyageuse, d’une jeune fille venue de l’autre rive. L’Europe est née d’une rencontre : avant d’être un territoire, elle fut une traversée.

Les Européens ont oublié cette histoire. Depuis quatre-vingts ans, on leur répète que l’Europe est un ensemble d’institutions, un marché commun, un périmètre de sécurité administré depuis l’autre côté de l’océan ; que l’Europe, c’est tout simplement « l’Occident ». Beaucoup ont fini par le croire.

La thèse défendue ici est différente. L’Europe est une civilisation — ou, plus précisément, plusieurs civilisations réunies sous un même toit. Et dans le monde multipolaire qui émerge, cette demeure n’est ni une province ni une périphérie. Elle se trouve au centre de la carte, et le nouvel ordre ne saurait être complet sans elle.

Une ère a pris fin. L’ordre unipolaire apparu après 1991 — celui que Francis Fukuyama s’était empressé de qualifier de « fin de l’histoire » [2] — se délite sous les yeux de tous. L’histoire n’était pas terminée. Elle patientait.

De nouveaux centres de gravité ont émergé en Eurasie, en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Des capitales dont d’autres parlaient depuis des siècles s’expriment désormais en leur nom propre. Même à Washington, le ton a changé : la Stratégie de sécurité nationale des États-Unis pour 2025 évoque ouvertement les intérêts, les charges et les transactions, et considère les anciens engagements multilatéraux comme des coûts à renégocier.[3] Le patron présente la facture.

Pour l’Europe, la question n’est donc plus de savoir si le monde multipolaire adviendra. Il est déjà là. La véritable question est de savoir si l’Europe y entrera en tant que sujet ou en tant qu’objet : si elle écrira l’histoire ou si elle sera le lieu où d’autres écriront la leur.

Dans *La Théorie du monde multipolaire*, Alexandre Douguine fait remarquer que la plupart de ceux qui évoquent la multipolarité n’en ont aucune théorie.[4] Ils imaginent un « noyau » du monde — les États-Unis, l’Europe et le bloc occidental — entouré de concurrents en pleine ascension. Dans ce schéma, l’Europe siège à la table de l’ancien centre en déclin.

Il faut rejeter cette position. L’Europe n’a jamais été véritablement maîtresse du monde unipolaire ; elle en fut le premier protectorat. Dans son manuel de géopolitique, Douguine écrit qu’après 1945, l’Europe occidentale était placée sous contrôle américain tout autant que l’Europe orientale l’était sous contrôle soviétique.[5] Les méthodes de gouvernance différaient, mais non le degré de dépendance. De nombreux Européens, de part et d’autre du rideau de fer, ont vécu cette division comme une tragédie, et certains ont tenté d’y mettre fin. Lorsque la France du général de Gaulle a quitté le commandement militaire intégré de l’OTAN en 1966, elle n’a commis aucun acte hostile à l’encontre de quiconque. Elle a accompli un acte de mémoire : l’Europe se souvenait qu’elle possédait une volonté propre.

Qu’est-ce que l’Europe ?

Si vous posez la question à Bruxelles, la réponse évoquera des compétences, des directives et des procédures. Si vous interrogez un géographe, vous obtiendrez des coordonnées : une péninsule bordée par l’Atlantique, la Méditerranée et les monts Oural. La première réponse relève de la bureaucratie ; la seconde, d’une carte sans légende. Aucune des deux n’explique pourquoi un berger sicilien, un charpentier bavarois et un moine du mont Athos appartiennent, au sens profond, à une même histoire.

Les eurasistes russes — et Piotr Savitski plus que quiconque — aimaient à dire que l’Europe n’est rien d’autre que le « promontoire occidental » de l’Eurasie. [6] De nombreux analystes occidentaux tiennent le même discours, mais avec moins d’affection : un petit cap rattaché à l’Asie.

L’image est recevable. Mais sur les caps, les hommes ont de tout temps érigé des phares. Au cap Sounion, les Athéniens bâtirent le temple de Poséidon, silhouette blanche se détachant sur la mer, pour que les marins sachent où commençait la Grèce. À la pointe de la Galice, les Romains nommèrent un cap *Finis Terrae* : la fin de la terre. Le promontoire est le point où un continent se tourne vers l’extérieur, où la terre dialogue avec la mer et le monde au-delà. La taille modeste de l’Europe sur la carte a toujours été la condition même de sa portée.

Au sein de ce promontoire, il n’existe pas une civilisation unique. On y trouve au moins quatre axes majeurs, dans une tension constante et féconde.

Il y a l’axe méditerranéen : Athènes et Rome, le droit et la philosophie, Byzance et la chrétienté latine, l’humanisme de la Renaissance né de la rencontre entre la théologie chrétienne et la science préservée et développée dans le monde islamique.

Il y a l’axe continental : le monde franc et germanique, le Saint-Empire romain germanique, l’université médiévale, la longue lignée de pensée allant de Kant et Hegel jusqu’à Heidegger, le vieux rêve d’une *Mitteleuropa* s’étendant de l’Atlantique à la steppe.

Il y a l’axe oriental : les peuples slaves, le christianisme orthodoxe, l’héritage de Byzance transmis par Kiev et Moscou — une Europe pleinement européenne, et pourtant distincte de la modernité occidentale. Il y a aussi l’axe du Nord : les mondes scandinave et balte, avec leurs assemblées, leur sens du droit communautaire et leur proximité avec la beauté rude de la nature.

Douguine, dans le sillage de Heidegger, évoque le *Dasein* des peuples — la manière singulière dont chaque peuple existe au monde — et le *Logos* de chaque peuple, ce qui lui insuffle la vie « non seulement sur le plan biologique, mais aussi sur les plans ethnosociologique et métaphysique »[7]. L’Europe ne possède pas un *Logos* unique : elle en compte plusieurs. Elle a toujours été, en elle-même, un monde multipolaire en miniature.

Telle est la première thèse de cet essai. La pluralité qu’appelle aujourd’hui la planète entière, l’Europe la porte déjà en elle. Elle n’a pas besoin d’importer la multipolarité. Elle doit s’en souvenir.

Terre et mer

Pour comprendre pourquoi l’Europe occupe une place centrale, il faut remonter à l’opposition la plus ancienne de la géopolitique. Halford Mackinder l’a perçue, Carl Schmitt y a réfléchi et Douguine l’a systématisée : l’opposition entre la civilisation de la Mer et la civilisation de la Terre, entre thalassocratie et tellurocratie.[8]

La civilisation de la Mer est mobile, mercantile et individualiste ; elle appréhende le monde en termes de routes, de ports et de prix. La civilisation de la Terre est enracinée, communautaire et hiérarchique ; elle le mesure en termes de devoirs, de générations et de sacré. Il ne s’agit pas là de simples catégories militaires. Elles façonnent le droit, la religion, la philosophie et même la manière dont une famille s’attable pour le dîner du dimanche.

Mackinder situait l’origine de cette opposition en Méditerranée, dans les guerres opposant Rome à Carthage.[9] Douguine rappelle qu’à ce moment-là, la civilisation occidentale se trouvait à la croisée des chemins : fallait-il fonder une civilisation suivant la voie maritime — celle de Carthage — ou la voie terrestre — celle de Rome ? Chesterton faisait remarquer que Carthage signifiait littéralement « la Nouvelle Cité ». C’était une colonie fondée par des marchands venus de Tyr et de Sidon ; l’écrivain anglais la comparait — non sans arrière-pensée — à New York et à la Nouvelle-Zélande. Carthage a chuté, écrivait-il, parce qu’elle est restée fidèle à sa propre philosophie jusqu’au bout, et que son dieu a fini par dévorer ses enfants.[10]

Selon l’interprétation de Mackinder, les guerres puniques ne prennent jamais véritablement fin : elles resurgissent à chaque époque sous de nouveaux noms.[11]

Quelle est la position de l’Europe dans cette guerre perpétuelle ? Douguine apporte ici un éclairage que je considère comme décisif. L’Europe appartient à ce que les géopolitologues appellent le *Rimland*, la vaste ceinture côtière de l’Eurasie [12] ; or, le *Rimland* possède une double identité : il peut servir la Mer ou servir la Terre. C’est pourquoi, écrit Douguine, l’histoire européenne ne se résume pas au libre jeu d’États souverains s’entrechoquant comme des atomes, mais constitue « un champ unique traversé par des ondes générées par deux centres géopolitiques opposés ; un champ parcouru par les fils d’or du destin géopolitique ». [13]

Venise et Gênes ont parcouru toutes les mers ; les plaines de Pologne et de Bohême ainsi que les forêts d’Allemagne ont enraciné nos peuples dans le sol. L’Europe a le navire et la charrue dans le sang. C’est précisément pour cette raison que quiconque a cherché à dominer le monde a d’abord dû prendre le contrôle de l’Europe.

Dans un essai sur la Méditerranée, j’ai écrit que Rome est, en un certain sens, occupée par les émissaires de Carthage.[14] Carthage s’est déplacée. Elle ne siège plus sur la rive africaine : elle se trouve de l’autre côté de l’Atlantique et gouverne notre mer intérieure depuis l’extérieur. Je ne dis pas cela par haine envers quiconque. Je le dis parce qu’un peuple qui ignore qui gouverne sa mer ne peut gouverner son propre avenir.

Pourquoi l’Europe est au centre

Il reste à démontrer pourquoi l’Europe n’est pas simplement un pôle parmi d’autres — dont un monde multipolaire pourrait aisément se passer — mais un acteur indispensable. Il y a à cela quatre raisons.

La première est géographique, et les géopoliticiens de la mer l’ont compris avant tout le monde. La célèbre formule de Mackinder énonce : « Qui domine l’Europe orientale commande le Heartland ; qui contrôle le Heartland contrôle l’Île-Monde ; qui contrôle l’Île-Monde contrôle le monde. » Toute la pyramide de la puissance mondiale repose sur un socle européen. Nicholas Spykman, le stratège qui a jeté les bases intellectuelles de l’OTAN, a insisté — comme le note Douguine — sur l’importance du facteur intellectuel pour lier l’Europe occidentale à l’Amérique du Nord. [15] Ils avaient compris que l’Europe se conquiert d’abord dans les esprits avant de l’être sur le terrain ; c’est pourquoi ils ne l’ont jamais lâchée. Un monde multipolaire dans lequel l’Europe resterait captive préserverait l’ancien ordre unipolaire en son cœur même, au point de pivot entre l’Atlantique et l’Eurasie.

La seconde raison est historique. L’Europe a donné au monde la grammaire de l’ordre international moderne. Le système westphalien, né en 1648 à l’issue de la guerre de Trente Ans, ne concernait à l’origine que les puissances européennes ; les colonies, comme le souligne Douguine, étaient traitées comme de simples appendices. C’est de l’Europe qu’ont émergé l’État souverain, l’équilibre des puissances et même la prétention d’une civilisation à l’universalité. Schmitt l’a appelé le *Jus Publicum Europaeum*, ce droit public européen qui, durant trois siècles, a donné au monde entier son *Nomos*, son ordre fondamental.[16]

Ceux qui ont élaboré ce cadre peuvent le réécrire. La critique de l’universalisme occidental ne peut s’arrêter aux frontières de l’Europe, car c’est en Europe que cet universalisme est né. Si l’Europe n’est pas la première à dépasser l’idée que ses propres valeurs constituent l’étalon de toute l’humanité, cette vieille prétention survivra en son lieu d’origine, et toutes les autres civilisations devront continuer à s’en défendre. Seule une Europe ayant redécouvert sa propre pluralité peut dire au monde, avec autorité : nous avons eu tort de croire qu’il n’existait qu’une seule voie, et nous sommes les premiers à renoncer à cette erreur.

Schmitt lui-même a tiré cette conclusion et a signalé aux peuples d’Europe et d’Eurasie ce qu’il appelait l’impératif des grands espaces : le droit des peuples à organiser leurs propres grands espaces face à l’universalisme et à l’impérialisme, quelle que soit leur origine. [17] Douguine observe que l’Union européenne elle-même est, par essence, un « grand espace » dont le statut demeure incertain. L’Union est une ébauche. La question est de savoir qui tient la plume.

La troisième raison est celle par laquelle nous avons commencé : l’Europe est déjà un monde multipolaire en miniature. Durant des siècles, catholiques et orthodoxes, Latins et Slaves, peuples germaniques et méditerranéens ont appris — souvent dans la douleur — à vivre côte à côte sans se confondre les uns avec les autres. L’Europe connaît de l’intérieur le prix et les bienfaits de la coexistence avec la différence. Aucune autre civilisation n’a dû apprendre cette leçon aussi souvent, à travers tant de guerres et tant de réconciliations. C’est précisément l’expérience dont un monde multipolaire a besoin.

La quatrième raison réside dans sa position entre les pôles. L’Europe borde l’Atlantique et le cœur continental eurasien ; par la Méditerranée, elle jouxte l’Afrique et le Moyen-Orient ; et par l’Arctique — qui s’ouvre sous un ciel plus chaud — elle se reliera aux routes septentrionales vers l’Asie. Dans la vision développée par Douguine, l’Europe et la Russie-Eurasie demeurent deux pôles distincts, deux entités liées par un destin commun au sein du vaste espace continental — contiguës sur le plan géographique et culturel, mais indépendantes. Le géopolitologue autrichien Jordis von Lohausen, que Douguine a longuement étudié, allait encore plus loin : il jugeait inconcevable un avenir pour l’Europe sans la Russie, et une Russie sans l’Europe géopolitiquement incomplète.[18]

Je sais tout le poids de ces mots en ces temps de guerre et de méfiance, et je ne prétends pas que les blessures de notre continent soient anodines. Mais précisément parce que les gouvernements ont cessé de s’écouter, les peuples ne doivent pas cesser de se parler.

La tradition occultée

Rien de tout cela n’est une invention. Il s’agit de retrouver un courant de pensée que l’Europe officielle a préféré oublier.

Après la Seconde Guerre mondiale, rappelle Douguine, la pensée géopolitique européenne s’est scindée en différents courants. D’un côté, l’euro-atlantisme pur, qui acceptait la primauté américaine comme l’ordre naturel des choses. De l’autre, ce qu’il appelle l’euro-continentalisme : la conviction que l’Europe doit s’affirmer par elle-même, forte de sa propre culture, de ses intérêts économiques et énergétiques, et de son propre système de sécurité. Charles de Gaulle évoquait une Europe s’étendant de l’Atlantique à l’Oural. Alain de Benoist a résumé le sentiment de toute une génération dans la formule « ni Ouest ni Est, mais l’Europe », ajoutant par la suite qu’il valait mieux s’aligner sur l’Est que sur l’Ouest[19].

On peut être d’accord ou non avec chacun de ces auteurs sur bien des points ; une tradition vivante se nourrit du débat. Pris dans leur ensemble, toutefois, ils expriment clairement une chose : l’Europe de Bruxelles et de l’OTAN n’est pas la seule Europe jamais imaginée. Il en a toujours existé une autre — une Europe continentale et souveraine, ancrée dans sa propre histoire et ouverte à ses voisins. Elle n’a jamais disparu. Elle a été réduite au silence.

La mer-cœur

Revenons à la mer qui a donné son nom à l’Europe.

Dans les documents de l’OTAN, la Méditerranée constitue le « flanc sud ». Un flanc est un élément que l’on protège — la périphérie du corps, et non son cœur. Pourtant, durant trois millénaires, la Méditerranée a été le cœur de l’Ancien Monde, l’espace où Égyptiens et Phéniciens, Grecs et Romains, Arabes, Normands, Vénitiens et Ottomans se sont rencontrés, ont commercé, se sont affrontés et se sont enrichis mutuellement.

Je l’ai qualifiée de « mer-cœur » et j’ai avancé l’idée d’une Méditerranée élargie, s’étendant de l’Europe continentale au Moyen-Orient, à l’Afrique du Nord et subsaharienne, et au-delà, vers l’Extrême-Orient. [20] Sur cette mer, je crois qu’une *Pax Mediterranea* est possible : une harmonie entre les civilisations qui ont toujours peuplé ses rivages, une paix entre l’Afrique du Nord et le Croissant du Moyen-Orient, entre l’Europe du Sud et les peuples des Balkans. Une paix ouverte sur l’océan Atlantique, mais qui ne se laisse pas régir par sa puissance.

Dans l’édition italienne de *La Théorie du monde multipolaire*, Giuseppe Marro écrit que l’Italie, en raison de sa projection naturelle en Méditerranée, fait office de pont entre l’Europe occidentale, l’Asie et l’Afrique. [21] C’est effectivement le cas. L’Italie joue — ou devrait jouer — un rôle stratégique naturel dans le bassin méditerranéen. Non pas pour dominer — une leçon que notre histoire nous a déjà enseignée — mais pour servir de médiateur. Une péninsule qui s’avance dans la mer est une main tendue en signe d’amitié.

La diplomatie des *Logoi*

Qu’est-ce que la diplomatie des peuples ? C’est ce qui se produit lorsque les peuples se rencontrent sans attendre la permission de leurs bureaucraties. Une diplomatie qui vient d’en bas, mais aussi des profondeurs : de la langue, de la mémoire, de la foi, de la manière dont un peuple conçoit la vie et la mort.

Dans la pensée de Douguine, comme l’ont souligné ses interprètes italiens, le dialogue entre les civilisations constitue le grand défi de notre époque. Pour le relever, il faut une nouvelle forme d’élite : des hommes et des femmes formés à l’anthropologie culturelle et à l’étude des sociétés archaïques et traditionnelles, capables de comprendre les codes de civilisations autres que la leur et d’évoluer au sein d’une cartographie commune des significations. Dans cette optique, la diplomatie devrait privilégier la circulation des idées bien plus que la politique ou le commerce. Marro résume cette idée par une formule juste : la diplomatie devrait devenir « une profession sacrée ».

Comme nous nous en sommes éloignés ! Aujourd’hui, la diplomatie se résume trop souvent à la gestion des sanctions, à la rédaction d’ultimatums et à l’arithmétique des armements. Pourtant, l’ambassadeur était autrefois celui qui portait la parole d’un peuple à un autre, et sa personne était inviolable parce que la parole était sacrée.

La diplomatie des peuples, telle que je la conçois, est une diplomatie des *Logoi*. Elle ne demande pas à l’autre de devenir comme nous ; elle lui demande d’être pleinement lui-même, afin qu’un dialogue authentique puisse s’instaurer. Dans *Noomachia*, Douguine décrit l’avenir qu’il envisage en des termes qui pourraient servir de programme : « de nombreuses civilisations, de nombreux pôles, de nombreux centres, de nombreux systèmes de valeurs sur une même planète et au sein d’une même humanité. De nombreux mondes. » [22]

De nombreux mondes. Non pas un monde unique régi par une capitale unique, parlant une langue autorisée unique et croyant en une vérité autorisée unique, mais de nombreux mondes — et parmi eux, un monde européen qui a retrouvé sa propre voix.

Penser, se souvenir, rencontrer

Avant de bâtir de nouvelles institutions et de conclure de nouvelles alliances, une conscience nouvelle doit voir le jour. Ce qu’un peuple ne peut imaginer, il ne peut le réaliser. La première tâche est donc d’ordre intellectuel : rendre une Europe multipolaire concevable — et donc possible.

Cette tâche comporte trois dimensions. La première consiste à penser — c’est-à-dire à élaborer une théorie européenne de la multipolarité qui puise dans toute la profondeur de la pensée géopolitique du continent, de Ratzel et l’école continentale jusqu’à la géopolitique des civilisations de Schmitt et Douguine, tout en restant critique, ouverte à toutes les traditions et consciente des limites de chaque école.

La seconde consiste à se souvenir. Nous devons retrouver les traditions que le consensus atlantique a reléguées en marge : les penseurs continentaux et méditerranéens, les philosophes ayant résisté à l’universalisme libéral, ainsi que les voix d’Europe de l’Est réduites au silence à deux reprises — d’abord par la domination soviétique, puis par l’hégémonie libérale qui lui a succédé.

La troisième consiste à se rencontrer. Il nous faut des espaces où institutions, universitaires, artistes et représentants de différentes civilisations puissent dialoguer d’égal à égal : Européens avec Russes et Chinois, avec Africains et Latino-Américains, avec les peuples du monde islamique, avec l’Inde et avec le Sud global. Non pas ce « dialogue » multiculturel de courtoisie où chacun convient par avance de ne rien dire, mais une véritable rencontre entre différents *Logoi*, dont chacun ressort transformé.

Dans cette entreprise, la Méditerranée occupe une place privilégiée. Notre mer intérieure doit à nouveau être perçue comme un carrefour de civilisations et non comme une zone de gestion extérieure ; la *Pax Mediterranea* constitue un horizon d’action concret : le laboratoire régional du monde multipolaire.

Un tel projet ne prend la forme ni d’un parti politique ni d’un groupe de pression. Il revêt la forme d’un mythe, celui d’une traversée : le voyage d’Europe à travers la mer, réitéré à notre époque, où l’Europe part à la rencontre de l’autre rive et où l’autre rive vient à sa rencontre.

C’est une tâche qui se mesure en décennies, et non en années, et qui s’accomplira pour une génération qui ne la verra pas advenir. Ce n’est pas une raison pour se décourager. Les cathédrales d’Europe ont été bâties par des hommes qui savaient qu’ils ne les verraient jamais achevées. Ils les ont construites tout de même, car ils savaient pour quoi ils bâtissaient.

La traversée

Lorsque le taureau blanc l’emporta à travers la mer, Europe ne savait pas où elle allait. Elle ignorait que son nom serait un jour donné à un continent — à ses empires et à ses cathédrales, à ses crimes et à ses saints, à ses philosophes et à ses poètes.

Aujourd’hui, l’Europe se tient de nouveau au bord de l’eau. Derrière elle s’étend le vieux monde qu’elle a bâti puis perdu — celui où une civilisation unique croyait pouvoir parler au nom de l’humanité tout entière. Ce monde a vécu, et il n’y a aucune raison de le regretter. Devant elle s’ouvre une mer riche d’autres rivages, d’autres peuples, d’autres manières d’être humain.

L’Europe peut rester sur le rivage, le regard tourné vers l’Atlantique, en attendant des instructions. Ou bien elle peut entreprendre à nouveau la traversée. Non pas en conquérante cette fois, ni en missionnaire d’un modèle universel, mais telle qu’elle fut à l’origine : une voyageuse, une « hôte » — au double sens que notre langue prête à ce mot —, une civilisation née d’une rencontre.

Si elle accomplit cette traversée, le monde multipolaire trouvera le centre qui lui manque : cette civilisation qui sait mieux que toute autre ce que signifie vivre avec la différence, car elle le pratique — dans le sang comme dans le génie — depuis trois mille ans.

L’Europe n’est pas le passé du monde. Elle en est l’un des avenirs, et il appartient aux peuples de décider lequel.

Tiré de la tribune de Lorenzo Maria Pacini pour Strategic Culture

[1] Ovide, Les Métamorphoses, II, 833–875 ; voir également Moscos, Europe.
[2] F. Fukuyama, « La fin de l’histoire ? », The National Interest, 16 (1989), p. 3–18 ; puis Id., La Fin de l’histoire et le Dernier Homme, Rizzoli, Milan, 1992.
[3] La Maison-Blanche, Stratégie de sécurité nationale des États-Unis d’Amérique, Washington, D.C., décembre 2025.
[4] A. Douguine, Théorie du monde multipolaire, Evrazijskoe dviženie, Moscou, 2012 ; édition anglaise : The Theory of a Multipolar World, Arktos, Londres, 2020 ; édition italienne : Teoria del mondo multipolare, sous la direction de G. Marro, AGA, Milan, 2019. Pour les titres russes, la translittération scientifique est utilisée ; les noms des auteurs suivent la forme italienne standard.
[5] A. Douguine, Fondements de la géopolitique. L’avenir géopolitique de la Russie, Arktogeja, Moscou, 1997.
[6] Cette image revient dans les écrits réunis dans P. N. Savitski, Le Continent Eurasie, Agraf, Moscou, 1997.
[7] Ibid.
[8] C. Schmitt, Terre et mer. Une considération sur l’histoire du monde, Reclam, Leipzig, 1942 ; traduction italienne : Terra e mare, Adelphi, Milan, 2002. Pour la systématisation de Douguine : Douguine, Fondements de la géopolitique, op. cit.
[9] H. J. Mackinder, Idéaux démocratiques et réalité. Une étude sur la politique de la reconstruction, Constable, Londres, 1919.
[10] G. K. Chesterton, L’Homme éternel, Hodder & Stoughton, Londres, 1925, Partie I, chapitre VII (« La guerre des dieux et des démons ») ; traduction italienne : L’uomo eterno.
[11] Cette interprétation est citée dans Douguine, Fondements de la géopolitique, op. cit. ; le passage correspondant de Mackinder demeure inchangé.
[12] N. J. Spykman, La Géographie de la paix, Harcourt, Brace and Company, New York, 1944.
[13] Douguine, Fondements de la géopolitique, op. cit.
[14] Voir L. M. Pacini, Méditerranée multipolaire.
[15] Mackinder, Idéaux démocratiques et réalité, op. cit. Sur Spykman : N. J. Spykman, La stratégie de l’Amérique dans la politique mondiale. Les États-Unis et l’équilibre des puissances, Harcourt, Brace and Company, New York, 1942 ; et Douguine, Fondements de la géopolitique, op. cit.
[16] C. Schmitt, Le Nomos de la Terre dans le droit international du Jus Publicum Europaeum, Greven, Cologne, 1950 ; traduction italienne : Il nomos della terra nel diritto internazionale dello « jus publicum europaeum », Adelphi, Milan, 1991.
[17] C. Schmitt, Ordre des grands espaces en droit international avec interdiction d’intervention pour les puissances étrangères à l’espace, Deutscher Rechtsverlag, Berlin, 1939. L’expression « impératif des grands espaces » ainsi que l’appel aux peuples d’Europe et d’Eurasie sont cités selon l’interprétation de Douguine.
[18] J. von Lohausen, Le courage du pouvoir. Penser en continents, Vowinckel, Berg am See, 1979.
[19] Concernant la seconde affirmation : A. de Benoist, Europe, Tiers monde, même combat, Robert Laffont, Paris, 1986. Première occurrence de la formule « ni Occident ni Orient, mais l’Europe ».
[20] Pacini, Méditerranée multipolaire, op. cit.
[21] G. Marro, dans Douguine, Théorie du monde multipolaire, édition italienne, op. cit.
[22] A. Douguine, Noomachie. Les guerres de l’esprit, Akademičeskij proekt, Moscou, 2014.

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Ya es demasiado tarde para salvar a Europa: Lo que me dijeron Putin, Lavrov,Oreshkin y Karaganov en la cumbre de Valdai de 2026

Si la puerta que, según Moscú, está abierta, en realidad está cerrada, es por este lado; y no fue Roma quien la cerró por iniciativa propia.

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Una cumbre de Valdai fuera de la sede

Lo que voy a compartir en este artículo es menos técnico y más personal de lo habitual. Se trata de la información recopilada a lo largo de varios días de diálogo, debate y, al parecer, una pregunta «escandalosa» que se convirtió en una sensación mediática en Europa, porque le pregunté al presidente de la Federación Rusa, Vladimir Vladimirovich Putin, qué será de Europa.

Puedes encontrar el video completo del discurso de Vladimir Putin en el Foro de Valdai aquí.

Puedes encontrar mis comentarios y las respuestas de Putin aquí.

Este año, el Foro de Valdai no se reunió en Sochi. Las invitaciones enviadas en el verano aún indicaban esa ciudad del Mar Negro como sede, pero luego, a finales de agosto, los organizadores anunciaron el traslado a la región de Moscú.

Según el FT, el Servicio Federal de Protección exigió el traslado, preocupado por la amenaza de los drones ucranianos tras un verano de ataques contra refinerías costeras. Este detalle logístico tiene su propia importancia.

La guerra —que en Valdai siempre se discute en términos del sistema internacional— ahora también está influyendo en la organización práctica del foro.

La 23.ª Reunión Anual se llevó a cabo del 28 de septiembre al 1 de octubre bajo un título que, para un europeo, suena casi como una pregunta personal: «Responsabilidad por el futuro: ¿Los límites de lo posible o posibilidades ilimitadas?».

La inauguración contó con la presentación del informe anual del Club, Keep Calm. El Estado y la responsabilidad por el futuro, que los autores presentan —con un guiño a Kubrick— como un manual para dejar de preocuparse y aprender a amar el caos. A esto le siguieron nueve sesiones temáticas, una sesión especial y, el último día, la sesión plenaria con el presidente.

Llegué como italiano y como europeo, sabiendo que en esos salones ambas identidades tienen un peso diferente. A lo largo de la semana, hablé, en particular, con cuatro interlocutores de alto nivel: Sergey Karaganov, Maksim Oreshkin, Sergey Lavrov y, durante la sesión plenaria, Vladimir Putin.

Las tres primeras conversaciones tuvieron lugar al margen de las sesiones, y las relato a partir de mis notas —en esencia, no palabra por palabra—. El cuarto intercambio es público y está documentado mediante una transcripción, de la cual cito directamente.

Tomados uno por uno, los cuatro diálogos transmiten cosas con las que ya está familiarizado cualquiera que siga el debate ruso. Sin embargo, cuando se observan en secuencia, pintan un panorama más claro: una evaluación compartida de Europa y cuatro formas diferentes de sacar conclusiones de ella. Y, sobre todo, un futuro que de ninguna manera es prometedor.

Karaganov: Europa como fuente del mal

Sergei Karaganov es uno de los fundadores del Club Valdai, presidente honorario del Consejo de Política Exterior y de Defensa, y desde hace años ha sido la voz más radical del realismo ruso.

Con él, la conversación comenzó de inmediato con el punto más polémico. Europa, dijo, es la raíz de todos los males. Si fuera destruida, nadie la extrañaría. Un conflicto nuclear táctico en su territorio no involucraría a otros actores.

Los europeos han tenido tiempo de sobra para encontrar una solución a sus propios problemas; ahora que han optado por prepararse para la guerra contra Rusia, es demasiado tarde para ofrecerles otra oportunidad.

Debo ser honesto: nunca he sido admirador de Karaganov; a menudo he considerado que sus puntos de vista son demasiado radicales y anticuados.

Pero a partir de un café juntos después del almuerzo —y a lo largo de una semana de discusiones— descubrí que pensamos de manera muy similar y que sus puntos de vista no son en absoluto triviales.

Cualquiera que haya leído sus declaraciones recientes reconocerá esta línea de pensamiento.

En junio de 2023, Karaganov había argumentado públicamente que Rusia debería bajar el umbral para el uso de armas nucleares a fin de restaurar la credibilidad de su disuasión e inducir a Occidente a retirarse del conflicto en Ucrania.

Parte de ese enfoque se incorporó posteriormente a documentos oficiales: los Fundamentos de la política estatal de la Federación Rusa en el ámbito de la disuasión nuclear, actualizados en noviembre de 2024, tratan un ataque por parte de un Estado no nuclear, llevado a cabo con la participación o el apoyo de una potencia nuclear, como un ataque conjunto.

Sus palabras, sin embargo, contienen tres afirmaciones distintas, y vale la pena diferenciarlas.

La primera es un juicio histórico y civilizatorio: Europa como fuente de las grandes catástrofes de la modernidad, desde las guerras mundiales hasta el colonialismo. Se trata de una tesis que Karaganov ha defendido desde hace tiempo y que puede ser cuestionada, pero que pertenece al ámbito de la interpretación.

La segunda —que nadie lloraría la pérdida de Europa— es una predicción sobre las reacciones de los demás; por lo que observé durante esos días, encuentra eco en una parte significativa de los participantes asiáticos, africanos y latinoamericanos.

La tercera es una hipótesis estratégica que sustenta todo lo demás: una escalada nuclear en Europa se mantendría confinada a Europa.

Sobre este punto, la literatura sobre la disuasión lleva setenta años debatiendo y —afortunadamente— carece de evidencia empírica. El factor que complica esta hipótesis se encuentra dentro de la propia Europa.

Francia y el Reino Unido poseen arsenales nacionales, y en marzo de 2025, París abrió formalmente el debate sobre la dimensión europea de su propia disuasión.

Un conflicto nuclear «exclusivamente europeo» presupone que dos potencias nucleares europeas se quedarían de brazos cruzados. Esta es la suposición más débil de todo el argumento, independientemente de cómo se evalúen las otras dos.

También cabe señalar que Karaganov no habla en nombre del gobierno. En el Foro de Valdai, representa al ala del debate ruso que empuja al Kremlin hacia posiciones más definitivas, y una de sus funciones es precisamente ampliar los límites de lo que se puede decir. Visto así, su «demasiado tarde» es un indicio de una tendencia más que de una doctrina.

Oreshkin: El mercado que ya no existe

Con Maksim Oreshkin, el tono ha cambiado por completo. Subjefe de la Administración Presidencial, exministro de Desarrollo Económico y posteriormente asesor económico del presidente, Oreshkin razona en términos de flujos de efectivo y balances.

Su evaluación fue contundente: Europa está acabada. Ya no existe una competencia viable en el mercado energético, porque China e India ocupan ahora los primeros lugares entre los clientes de Rusia.

Y no hay razón para invertir en un rescate europeo, ya que los europeos, hasta la fecha, no han mostrado interés en encontrar una solución pacífica y razonable.

La pregunta que le había planteado durante la reunión con los participantes de Valdai fue: «Dado que el gasoducto Nord Stream 2 ya no está disponible —porque fue saboteado—, ¿pretende encontrar un nuevo sistema de transporte de energía, suponiendo que Europa se reconcilie y la situación diplomática mejore?». Su respuesta directa —y tal vez brutal— es como una daga de verdad clavada en la conciencia de cada europeo.

«Se acabó» debe entenderse en un sentido técnico. Oreshkin no se refería directamente a la civilización europea, sino a Europa como socio comercial: un mercado que ha dejado de ser fundamental para Rusia y que, por lo tanto, no justifica concesiones políticas para recuperarlo.

A partir de 2022, el petróleo crudo ruso encontró a sus principales compradores en China y la India, mientras que Bruselas, mediante el acuerdo entre el Consejo y el Parlamento Europeo de diciembre de 2025, se comprometió a eliminar gradualmente las importaciones de gas ruso —incluido el gas por gasoducto y el GNL— para 2027. La interdependencia energética que había mantenido unidas a Europa y Rusia durante medio siglo —incluso en los peores momentos de la Guerra Fría— ha sido desmantelada por ambas partes.

El razonamiento de Oreshkin resume la consecuencia más simple de esto: quien ya no es el cliente principal, ya no tiene influencia. Estas son las leyes del mercado, y ni en Londres, ni en Berlín, ni en Bruselas quedan políticos o grupos de poder que puedan decirle a Rusia «qué hacer» .

La otra cara de la moneda también es bien conocida en Moscú. Un mercado dominado por dos grandes compradores les permite exigir descuentos, y sustituir a Europa por Asia tiene un costo en términos de precio y acceso a la tecnología.

Pero según la lógica que me presentaron, la pregunta ya no es si Europa le conviene a Rusia. Es cuánto costaría hacer que vuelva a ser beneficiosa, y la respuesta implícita es que los europeos deben asumir ese costo.

Lavrov: la puerta cerrada a «este» orden

Con Serguéi Lavrov, la discusión pasó de la economía a la diplomacia, sin cambiar la conclusión.

Europa, dijo, tuvo muchas oportunidades para restablecer un diálogo con Rusia y, en cambio, optó por avivar la confrontación directa. Ahora es demasiado tarde para dar marcha atrás: se han cruzado todos los límites y, con el orden europeo actual, no hay forma de volver a las relaciones anteriores.

Me gustaría que hiciéramos una pausa por un momento para reflexionar sobre el peso de estas palabras.

Quienes conocen a Lavrov saben que es un político capaz de sopesar cada palabra con gran inteligencia, incluso en entornos más relajados como la Cumbre de Valdai. «Se han sobrepasado los límites». Sería inútil enumerar estos límites, porque son tan obvios para todo el mundo que simplemente sería una pérdida de tiempo.

Pero la mirada en los ojos de Lavrov mientras hablaba de Europa… eso nunca lo olvidaré. Me he reunido con él muchas otras veces, pero en esta ocasión hubo algo diferente.

El ministro cuenta con un historial de acontecimientos a los que la diplomacia rusa hace referencia con regularidad: los acuerdos de Minsk, los borradores de tratados sobre garantías de seguridad presentados a Estados Unidos y a la OTAN el 17 de diciembre de 2021, y las negociaciones de Estambul en la primavera de 2022.

La interpretación rusa de cada uno de estos acontecimientos es controvertida y es cuestionada en Europa. Lo que me interesa aquí es otro elemento: una salvedad que, al releerla después de la sesión plenaria, resultó ser la clave de toda la semana.

Un regreso es imposible bajo este marco europeo. No con Europa, en su forma actual —es decir, la UE y la OTAN—. El rechazo se refiere a una clase dirigente y a una arquitectura institucional, no a los países que forman parte de ella.

Me pregunto: ¿hasta qué punto se ha abusado de la paciencia rusa para llegar al punto de decir tales cosas? La literatura clásica rusa nos ofrece ejemplos admirables de cómo los políticos rusos son capaces de dar largas, ignorar y ser pacientes.

Y no se puede negar que esta ha sido sistemáticamente la actitud de la clase dirigente rusa durante los últimos años de conflicto.

Llegar al punto de decir que se ha sobrepasado el límite —algo que Putin reiteraría más tarde en la sesión plenaria de la cumbre— significa que ya no hay más recursos que desperdiciar en una espera paciente; significa que el Oso ha sido despertado de su hibernación en el momento equivocado; significa que las consecuencias de estas acciones tendrán una importancia trascendental.

Lavrov agregó una cosa más:

Estamos listos para atacar a Europa de manera ejemplar, no como lo hicimos en Ucrania».

Tomen nota de estas palabras, queridos amigos europeos. Vuelvan a leerlas y reflexionen sobre su peso. No hace falta decir nada más.

Un profesor italiano le hace una pregunta a Putin

Llegamos ahora a uno de los momentos más peligrosos de mi carrera. La sesión plenaria se llevó a cabo, como es tradicional, con la presencia del presidente ruso y con Fyodor Lukyanov como moderador. Tomé la palabra y formulé una pregunta de dos partes:

Vengo de Italia, un país que actualmente no tiene buenas relaciones con Rusia. Como europeo, me gustaría preguntarle: ¿Qué condiciones establecerá Rusia para desarrollar un nuevo sistema de seguridad para los países europeos? Y, si imaginamos una Europa post-Unión Europea, ¿la considerará parte de una gran asociación euroasiática o, en su opinión, Estados Unidos y Rusia siempre estarán compitiendo por estos territorios?

Putin comenzó con la segunda parte, y el orden no es una coincidencia:

Italia se encuentra, de hecho, en Europa, y yo estoy hablando de una alianza euroasiática: por lo tanto, no hace falta decir que consideraremos —y ya consideramos— a Italia también como un socio euroasiático.

Inmediatamente después, aclaró que el destino de la Unión Europea, y la permanencia de Italia en ella, «no es asunto nuestro». Moscú ni siquiera tiene la intención de discutirlo, porque cualquier comentario al respecto se interpretaría como un intento de desintegrar a la UE, «mientras que nosotros no queremos desintegrar nada en absoluto. Solo queremos construir y cooperar».

Sobre las condiciones para un nuevo sistema de seguridad, la respuesta fue clara:

No tenemos condiciones previas». El obstáculo, en su opinión, está del otro lado. Algunos políticos europeos consideran inaceptable que un solo país entable un diálogo con Rusia, y Putin ha calificado esta exigencia como un dictado aún más severo que el de la era soviética. La comparación fue cuidadosamente elaborada: la URSS era un Estado unitario y altamente centralizado, cuyas repúblicas formaban parte de una única estructura estatal; la Unión Europea, en teoría, no lo es, pero en la práctica se comporta como si lo fuera. «Nadie nos lo prohíbe; estamos listos».

En ese momento, Lukyanov intervino con un comentario provocativo típico de un moderador experimentado: dado que Bruselas lo prohíbe, ¿no sería mejor contribuir un poco a la desintegración de la UE, para que sea más fácil tratar con los países individualmente? La respuesta llegó sin vacilar: «Pero no hay necesidad: se desmoronarán por sí solos».

Entonces Putin se dirigió directamente a mí. «Nuestro colega italiano sabe esto mejor que nosotros», dijo, y comenzó a dar las cifras: la deuda pública italiana en el 140 %, el déficit en torno al 3 %, y en otros países europeos cerca del 5 %. Las cifras estaban redondeadas, pero no muy lejos de la realidad.

Según Istat y Eurostat, a finales de 2024, la deuda pública de Italia se situaba en el 135,3 % del PIB y su endeudamiento neto en el 3,4 %. Sin embargo, el punto central de ese pasaje no eran los decimales.

Todos los problemas comienzan con la economía: el nivel de vida baja, el desempleo aumenta y los ciudadanos de las principales economías europeas lo sienten en carne propia; y esto, dijo,

también socava los cimientos mismos de la Unión Europea. Pero eso no es asunto nuestro; no nos entrometemos.

Concluyó reiterando la oferta de manera equilibrada: diálogo con la Unión en su conjunto, si así lo desea la Unión, o con países individuales, sin condiciones previas. «Pero tampoco debe haber condiciones previas por parte de Europa».

Tratar de comprender la magnitud de estas palabras, el equilibrio político que revelan y la fortaleza de un estadista que se preocupa no solo por el bien de su propio país, sino también por el de todo un continente, es una verdadera lección sobre lo que significa la política.

Escucha el discurso completo de Putin y comprenderás cómo, en menos de cinco minutos, es posible captar el declive de toda Europa, en todas sus facetas, al tiempo que se reitera con nostalgia que Rusia ha hecho todo lo que estaba a su alcance para ofrecer su ayuda.

Pero las decisiones de los europeos son suyas, sea cual sea la bandera que enarbolen. Rusia respeta y siempre respetará los principios fundamentales de su política exterior y su tradición política. Nada de mesianismo milagroso, nada de salvadores improvisados.

Europa —o más bien, los europeos de esta Europa—: ¿qué pretenden hacer?

Releyendo mis notas de viaje

Al releer mis notas a mi regreso, lo primero que llama la atención es la convergencia de puntos de vista.

El estratega, el economista, el ministro de Relaciones Exteriores y el presidente han expresado, cada uno con sus propias palabras, la misma evaluación: la Europa actual ha agotado su crédito ante Moscú. Lo segundo que llama la atención es que cada uno saca una conclusión diferente de ese diagnóstico.

Para Karaganov, la conclusión es coercitiva y toma un tono casi escatológico: Europa ha tenido su oportunidad, y lo que siga ya no es asunto de la diplomacia.

Para Oreshkin, es una cuestión de cálculo frío y duro: Europa no vale la inversión necesaria para recuperarla.

Para Lavrov, se trata de un retroceso diplomático limitado, centrado en la estructura política más que en la gente.

Por último, para Putin, la puerta sigue abierta —pero hacia los estados individuales, no hacia Bruselas—, acompañada de la expectativa de que la erosión económica hará el resto.

La aparente contradicción entre la postura de «ya es demasiado tarde» de los tres primeros y la postura de «sin condiciones previas» del cuarto se resuelve precisamente en la caracterización de Lavrov.

El resultado es una línea coherente, que yo llamaría «bilateralización»: Moscú no tratará con la Unión como entidad política mientras su liderazgo actual permanezca en el poder; ofrece a los estados miembros individuales canales sin condiciones previas y deja que las dificultades internas de Europa hagan que esos canales resulten atractivos.

La referencia a Italia como socio euroasiático «ya hoy» debe entenderse dentro de este marco: no es una cortesía; es una indicación de qué interlocutor prefiere Moscú.

Ciertamente no puedo afirmar que los cuatro interlocutores excepcionales hubieran llegado a un acuerdo —eso no hace falta decirlo—, pero esta convergencia me pareció verdaderamente «profética».

Valdai siempre ha sido el escenario donde se muestra la amplitud del debate ruso ante una audiencia extranjera. Puedo afirmar que estas perspectivas son compatibles y se refuerzan mutuamente: la postura firme de Karaganov hace que la oferta de Putin parezca moderada; las cifras de Oreshkin dan credibilidad a la idea de que Moscú no necesita hacer concesiones; y la fórmula de Lavrov equilibra la firmeza con la apertura.

La crisis de la deuda soberana de 2010–2012 dio lugar al Mecanismo Europeo de Estabilidad y a la unión bancaria; la pandemia condujo a Next Generation EU y a la primera deuda común a gran escala. Dentro de la Unión, las crisis han generado al menos tanta centralización como fragmentación.

Por lo tanto, «se desmoronarán por sí solos» es una apuesta, no una observación —aunque la apuesta les cueste poco a quienes la hacen—: si la UE se mantiene unida, Moscú al menos ha ofrecido diálogo; si se derrumba, ya cuenta con canales bilaterales establecidos.

Los indicadores a los que hay que prestar atención durante los próximos doce a dieciocho meses son bastante claros.

El primero se refiere a las visitas bilaterales a Moscú de los jefes de gobierno de la UE, además de las visitas previas de Viktor Orbán en julio de 2024 y Robert Fico en mayo de 2025.

El segundo es si se mantiene la unanimidad durante las renovaciones semestrales de las sanciones, donde un solo veto basta para abrir una grieta.

El tercero se refiere a las exenciones nacionales del cronograma para la eliminación gradual del gas ruso.

El cuarto —y el más significativo para nosotros— es la posible apertura de un canal estructurado por parte de una capital importante, incluida Roma.

¿Qué concluyo de todo esto? Como italiano, la frase que me quedo no es la que habla de desintegración; es la otra: «Ya consideramos a Italia también un socio euroasiático».

Contiene tanto una oferta como una observación dirigida a nosotros. Si la puerta que Moscú dice que está abierta en realidad está cerrada, está cerrada por este lado —y no fue Roma quien la cerró por su propia cuenta.

¿Cuánto tiempo puede permitirse un país con una deuda que supera el 135 % del PIB dejar que otros decidan quién puede hablar con quién?

Nadie en Moscú me preguntó eso. Es una pregunta que me traje a casa por mi cuenta. Y todo italiano de buena conciencia, todo europeo que aún tenga corazón, conoce la respuesta.

Traducción:  Observatoriode trabajador@s en lucha

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The 25-year war on Afghanistan hasn’t ended

By Emran FEROZ

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The war inaugurated a terrible new global order in which armed drones kill civilians who are neither named nor counted.

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There were nights full of terror. Our village was bombed constantly,” says Zalmay Khan. Afterward, he goes to pray. Because of his wounds, he cannot kneel, so he prays sitting down.

Khan is in his early twenties and now works as a Taliban intelligence officer. As a boy, he says, he learned to read the sky before he learned to read words. His village in Wardak province, near Kabul, was bombed, then bombed again. First came American planes, then NATO’s, then those of the Afghan army the West had built. By night it got worse, when jets and armed foreign contractors hit villages and killed civilians seemingly at random.

“I became a Mujahed [a Taliban fighter] naturally,” Khan tells me.

He is not an outlier. In village after village on my most recent trip to Afghanistan a few weeks ago, I met men who grew up as the so-called war on terror’s raw material. Some wear the Taliban’s turbans, and some do not. Almost all of them say the same thing, with remarkable calm: The American narrative of this war belongs to the past. After two decades of war and destruction, it is their turn to control narratives and to rule the country.

October 7, 2026, marks exactly 25 years since the United States began bombing Afghanistan. The anniversary will pass in Washington with little reflection. In Afghanistan, the reality of it is lived daily.

Drones and Ghosts

The war on terror made history in a way few people remember. In its opening weeks, the United States used an armed drone against a target in Afghanistan, one of the first such attacks ever, in an attempt to kill the Taliban’s founder, Mullah Mohammad Omar, in Kandahar. Omar was not hit on October 7, 2001. He survived and reportedly died of natural causes a decade later, which the Taliban kept secret for years.

Who died instead? The record offers almost nothing: no definitive or officially confirmed names, ages, villages. One news report cites unnamed Kandahar residents suggesting the raid killed Omar’s 10-year-old son and the child’s stepfather, but the Taliban’s ambassador to Pakistan declined to confirm or deny this report.

In other words, the first known attempt to kill a man with an armed drone killed people no one has ever definitively identified, and it set the template for the type of warfare that would dominate over the next decades. No one can say who the victims were. But if the pattern of the following years is any guide, many were likely civilians, like the thousands of victims who came after them. During the Obama years, Afghanistan officially became the world’s most drone-bombed country.

That template repeated itself so often that Afghans developed names for the many men who were declared dead after supposed “surgical strikes,” but who then reappeared alive: mord-e zinda (the living dead) in Farsi and khyali marr (the not truly dead) in Pashto. I call them “Taliban ghosts.”

It continued across successive U.S. administrations, even across the bureaucratic, supposedly methodical “kill lists” infamously used by the Obama administration used to mark people for death from the skies.

The obvious question was almost never asked: If Omar was not the victim, who was killed instead? In the logic of the drone war, a body is a statistic, and a body in a targeted area becomes a militant by default. The dead were not counted, and the stories of their families, who were left to count for themselves, largely continued to go unknown.

Strikes did not only create ghosts. They also created recruits. Researchers, journalists, and Afghan elders have long described the same pattern: A village is hit, a family is destroyed, and the Taliban offer the survivors the only form of justice made available to them. By the end of the war, entire districts had made that choice, not out of ideological conviction but out of grief.

Democratic Torture

One of the people I talked to on my recent trip was a Taliban official who had been held at Bagram, the American prison north of Kabul, for several years. He told me what the Americans wanted from him. “Accept our democracy or get tortured and rot here. That’s what they told me,” he recalled.

The aim, as he described it, was reeducation by coercion: Accept our system, our ideology, and the pain stops. He refused. By his account, he left more committed than when he arrived. He was freed in 2020 under the prisoner exchange the United States negotiated with the Taliban, part of the same Doha process that handed the country back to the movement the war was purportedly meant to destroy.

Consider the sequence. A man is imprisoned and tortured to make him embrace a political order. He then walks out of the prison and eventually helps govern. The war’s own methods created much of its failure.

I make no argument here that the Taliban’s rule is benign. Women and girls have been shut out of education and public life, and dissent is severely punished. These facts belong in any honest account. But an honest account also includes what the war did, who did it, and whom they harmed; the powers that waged it have shown little interest in reckoning with that part.

A War Passed On

Here is the part that does not fit the story that the war on terror ended in August 2021: someone else is still fighting it.

Pakistan is currently bombing Afghanistan. Just a few days ago, Pakistani airstrikes killed at least 10 civilians, most of them children, in the provinces of Helmand and Kunar.

Pakistani authorities say they are targeting militants of the Tehrik-e-Taliban Pakistan, or TTP, often known as the Pakistani Taliban. Afghans on the ground, and independent reports, repeatedly describe civilians as being among the dead. Islamabad has also forced hundreds of thousands of Afghans, many of them born there, out of Pakistan.

The phrasing used to justify these attacks is familiar: “Terrorists were eliminated.” Anyone who covered the American war has heard that sentence before, and the same pattern follows. The claims are hard to verify, the dead are hard to identify, and the people left behind are not asked.

Pakistan has run this game before, and it has historically done well for itself out of it. In the first days of the war on terror, Islamabad aligned itself with Washington while, according to critics and many former officials, hedging its bets with the Taliban. The United States poured billions into Pakistan in military aid and reimbursements. A double game paid for itself.

For a military establishment that benefits from a war to fight, an enemy is an asset. That helps explain why the army has so little tolerance for those who challenge its role. This pattern goes beyond the foreign policy of one country alone. It is a system — one created by the U.S. but now adopted globally — that requires a threat to warrant its continued expansion and removes the people who question its logic.

If Pakistan again needs an Afghan threat to justify its budgets, its alliances, and its hold on power at home, the logic is the same as in 2001. The war on terror, seen from Islamabad, is a renewable resource.

The Violence That Made the TTP

The TTP itself is not a mystery. It did not appear from nowhere, and it cannot be blamed on Kabul alone. It grew out of Pakistan’s own tribal areas, where decades of military operations, drone strikes with Islamabad’s tacit consent, and brutality under former Pakistani President Pervez Musharraf shattered communities. Many of these massacres have been forgotten outside the region. In the tribal belt they are not.

The result was a generation radicalized by state violence, in much the same process I heard described in Afghan villages. The TTP is, in significant part, a product of the very policies now used to justify the continued bombing of Afghanistan. Without Pakistan’s violence in the tribal areas, the group would not look as it does. Accountability for that history will not come from the same army that carried it out.

The war on terror in Afghanistan was sold as a campaign against a specific enemy. What it produced was a country scarred by airstrikes, night raids, and detention, and an enemy that outlasted the world’s strongest military. It also produced a new precedent: That a state can kill from the sky, in secret, and rarely be asked who died, much less held accountable for its deathmaking.

That precedent traveled. Drones have gone from being an innovation in killing, one shrouded in secrecy, to a mainstay of battlefields on multiple continents.. The language of “surgical” strikes and “militants eliminated” has become standard, notably throughout the genocide in Gaza. And in Afghanistan, the war continues in new hands, with the same justifications and the same result.

On October 7, if this anniversary is marked in the U.S. at all, there will be speeches about sacrifice and lessons supposedly learned. The real lessons are available to anyone who asks the people who lived under the sky, and the most critical question is still the one nobody answered in 2001: Who was killed instead?

Original article:  truthout.org

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Les véritables causes de la Troisième Guerre mondiale

Depuis plusieurs années, nos dirigeants politiques, refusant d’accepter leur perte de puissance, recourent dans l’arène internationale à des faux et à des mensonges répétés. Petit à petit, ils perdent de l’influence, mais à force de jouer, ils provoquent les conditions nécessaires pour débuter une Troisième Guerre mondiale. Elle ne surviendra pas par erreur, ni par hasard, elle sera le fruit de leur obstination.

par Thierry Meyssan

Nous savons tous que, si les guerres se déclenchent lorsque des évènements particuliers surviennent, elles ont des causes profondes, bien distinctes. Il s’agit généralement de conflits de territoire ou d’influence. La Troisième Guerre mondiale pourrait être déclenchée par une escarmouche en Ukraine ou au Moyen-Orient, mais elle aura pour véritable cause un affrontement entre deux visions de l’ordre du monde : d’un côté, la grande majorité des États, réunis autour de la Russie et de la Chine, souhaite respecter le droit international, tandis que, de l’autre, « l’Occident politique », soucieux de ne rien perdre de ce qu’ils ont gagné en écrasant les peuples du Sud, préfère s’en remettre aux « règles » qu’ils ont imaginées au G7.

Cela fait huit ans, que Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a mis en évidence ce choix. Huit ans que « l’Occident politique » le poursuit comme si de rien n’était.

Le 28 septembre 2018, à la tribune de la 73° session de l’assemblée générale des Nations unies [1], il posa ce constat : « nous assistons tous à une collision de deux tendances opposées. D’une part, nous voyons le renforcement des principes polycentriques de l’ordre mondial, le développement constant de nouveaux centres de croissance économique, l’aspiration des peuples à préserver la souveraineté et à choisir des modèles de développement qui sont cohérents avec leurs identités nationales, culturelles et religieuses. D’autre part, nous voyons le désir de plusieurs États occidentaux de conserver leur statut autoproclamé de “leaders mondiaux” et de ralentir le processus objectif irréversible d’établissement de la multipolarité. »

Il poursuivait : « Nous observons l’offensive du révisionnisme belliqueux contre le droit international moderne. Les attaques ont été lancées contre les principes fondamentaux du règlement du Moyen-Orient, le Plan d’action global conjoint sur le programme nucléaire iranien, les engagements dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce, l’accord multilatéral sur le climat et beaucoup d’autres. »

Et plus loin : « Il est révélateur que les attaques agressives contre les institutions d’information s’accompagnent de tentatives de “privatiser” les structures de secrétariat [de l’ONU] et de leur accorder les mêmes droits qu’aux organes intergouvernementaux dans l’espoir de les manipuler plus tard. »

Il est difficile d’imaginer que certains puissent s’accrocher à leurs privilèges indus au point de provoquer une apocalypse. Et pourtant…

Toujours en 2018, après le retrait unilatéral des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPoA), trois anciens empires européens, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni (E3), ont d’abord souhaité compenser le retrait US puis, vu leur incapacité à violer les règles de leur suzerain, ont affirmé que les sanctions antérieures contre l’Iran s’appliquaient encore.

Ils avaient pourtant voté la résolution 2231 du Conseil de sécurité [2] qui y a mis fin.

Commence alors une longue période durant laquelle l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni (E3), faisant preuve d’une constante mauvaise foi, ont, à de nombreuses reprises, tenté de réimposer les sanctions contre l’Iran antérieures au JCPoA. Ces trois États ont prétendu qu’ils pouvaient revenir en arrière car l’Iran ne respectait plus ses engagements en ignorant que ce sont les États-Unis les premiers qui n’ont pas respecté les leurs.

Les échanges de lettres entre les différents négociateurs du JCPoA se sont intensifiés. Cependant, jamais les E3 n’ont accepté de reconnaître, ainsi que l’exigeaient les deux autres, la Chine et la Russie, que le traité ne permettait pas de revenir en arrière sans examen du non-respect par les États-Unis de ses engagements.

C’est bien là le cœur du problème : « l’Occident politique » refuse de reconnaitre ses torts et tente de maintenir les situations où il disposait d’un avantage.

Le 19 septembre 2025, conscients qu’ils ne pouvaient pas appliquer seuls les fameuses « sanctions », les E3 ont demandé au Conseil de sécurité de les rétablir. La Chine et la Russie leur ont opposé leur veto et ont proposé de relancer les négociations du JCPoA. Mais les anciens empires européens ont préféré corrompre des fonctionnaires internationaux. Ces derniers ont publié deux faux comptes-rendus de la réunion du Conseil, afin de faire accroire que le rejet de la proposition sino-russe suffisait à rétablir les sanctions [3]. Pis : contre l’avis du Conseil, le secrétaire général a publié des instructions les rétablissant [4]. La remarque de Sergueï Lavrov, en 2018, sur la « privatisation » des Nations unies se trouvait vérifiée.

Ne croyez pas que les choses en soient restées là.

Le Royaume-Uni a repris les « sanctions » contre l’Iran, en janvier, puis les États-Unis, fin mars 2026. Ces décisions ont été mal interprétées par la presse qui y a simplement vu un épisode de l’actuelle guerre du Golfe alors qu’il s’agissait de la reprise de ce que les États-Unis n’avaient pas osé faire lorsqu’ils se sont retirés unilatéralement du JCPoA, puis les E3.

Rappelons que le terme de « sanction » ne peut, en droit international, que désigner une décision prise par le Conseil de sécurité après un débat contradictoire. Ce à quoi nous assistons sont des « mesures coercitives unilatérales », adoptées sans débat contradictoire et violant la Charte des Nations unies.

Le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, a qualifié la guerre israélo-états-unienne contre l’Iran, le 22 mai 2026, « d’évitable ». Il a déploré le retrait unilatéral des États-Unis du JCPoA, disant : « Il aurait été préférable de maintenir cet accord. Les conséquences que nous constatons aujourd’hui ne se seraient pas produites. » Pour conclure : « Cette guerre est inutile ».

Ce faisant, Frank-Walter Steinmeier manifeste sa conscience de la responsabilité franco-britanno-germanique dans l’actuelle guerre du golfe. Bien que, simultanément, il manifeste la même supériorité que ses complices en parlant de guerre « évitable » ou « inutile », deux qualificatifs qui n’ont pas leur place en droit international.

Il y a trois semaines, le 17 septembre 2026, les E3 ont convoqué une réunion du Conseil de sécurité sur « la non-prolifération ». Ils ont, à nouveau, tenté de faire rétablir les sanctions contre l’Iran et se sont heurtés à nouveau aux vétos chinois et russe [5]. La presse occidentale ne s’en est pas fait l’écho, elle aurait dû reconnaître la mauvaise foi de ses gouvernements.

Faire usage de faux documents, mentir effrontément et veiller à camoufler ses fautes, c’est rendre la guerre possible.

Constatant qu’ils ne pouvaient plus progresser aux Nations unies, les États-Unis et les E3 les ont contournées. Ils ont activé la Proliferation Security Intitiative (PSI), un réseau étatique, créé en 2003 par le président George W. Bush, sur les conseils de John Bolton [6]. Celui-ci a trouvé une quarantaine d’États — dont les E3 — pour signer, le 2 octobre 2026, une déclaration absurde [7] : elle réaffirme que Téhéran ne remplit pas ses engagements du JCPoA, sans dire qu’il en est dispensé depuis le retrait unilatéral des États-Unis. Puis, elle pose que ce manquement justifie l’opération Economic Outcast (« Paria économique »), que Washington vient de lancer contre Téhéran.

Par cette opération, le secrétariat au Trésor tente d’affamer le peuple iranien. La Chine et la Russie ont déjà dit qu’ils s’y opposeraient. Les signataires, au contraire, annoncent qu’ils l’appliqueront.

Certes, seuls un gros tiers des États qu’ils avaient sollicités ont signé ce texte. C’est déjà bien assez pour faire une guerre.

Pour la première fois dans un texte de ce type, les auteurs affirment, sans rire, leur « adhésion à l’ensemble du droit international et des cadres pertinents, y compris les résolutions du Conseil de sécurité ». Oui, vous avez bien lu, c’est au nom de la résolution 2231 et de la réunion du conseil du 17 septembre dernier que les signataires feront le contraire de ce qui a été décidé collectivement.

Comme nos dirigeants ont conscience de jouer avec le feu, ce texte est absent de leurs sites officiels. Il faut aller sur celui de la Proliferation Security Intitiative (PSI) pour le trouver.

À l’évidence, à force de faux et d’usage de faux, à force de mensonges et de menaces, nous provoquerons, sans le vouloir, la Troisième Guerre mondiale qui nous emportera.

Publié à l’origine par voltairenet.org

[1] « Remarks by Sergey Lavrov to the 73rd Session of the United Nations General Assembly », par Sergueï Lavrov, Réseau Voltaire, 28 septembre 2018.
[2] « Résolution 2231 », adoptée le 20 juillet 2015.
[3] « Le Conseil de sécurité s’oppose au maintien de l’allégement des sanctions de l’ONU contre l’Iran » et « Nucléaire iranien : le Conseil de sécurité entérine le retour aux sanctions de l’ONU contre l’Iran en rejetant une prorogation de la résolution 2231 de 2015 », Nations unies.
[4] « Le secrétariat général rétablit les sanctions contre l’Iran », ONU (secrétariat général), Réseau Voltaire, 27 septembre 2025.
[5] « Compte-rendu de la réunion du 17 septembre 2026 », Conseil de sécurité des Nations unies.
[6] « John Bolton et le désarmement par la guerre », Réseau Voltaire, 30 novembre 2004.
[7] « Déclaration commune à l’occasion de l’anniversaire du rétablissement des restrictions des Nations Unies imposées à l’Iran et liées à ce pays », Réseau Voltaire, 2 octobre 2026.

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The Age of Observers Is Over: How the Global South Is Rewriting the Rules of the Game

The global system is undergoing its deepest shift in the balance of power since the end of the Cold War: the unipolar world is fading, and the Global South is transforming from a passive rule-taker into an active agenda-setter. Moment of Truth: From the Periphery to the Center of Decision-Making. The key question of 2026 […]
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Troppo tardi per salvare l’Europa: cosa mi hanno detto Putin, Lavrov, Oreshkin e Karaganov al Summit Valdai 2026

Se la porta che, secondo Mosca, è aperta è in realtà chiusa, lo è da questa parte – e non è stata Roma a chiuderla di propria iniziativa.

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Un Valdai fuori sede

Quello che racconterò in questo articolo è meno tecnico e più personale del solito. Si tratta delle informazioni raccolte in alcune giornate di dialogo, confronto e, a quanto pare, una domanda “scandalosa” che è diventata lo scoop dei media europei, perché ho chiesto al Presidente della Federazione Russa, Vladimir Vladimirovic Putin, cosa ne sarà dell’Europa.

Potete trovare il video integrale del discorso di Vladimir Putin al Valdai qui.

Il mio intervento e le risposte di Putin le trovate qui.

Quest’anno il Valdai non si è riunito a Soči. Gli inviti spediti in estate indicavano ancora la città sul Mar Nero, poi a fine agosto gli organizzatori hanno comunicato il trasferimento nella regione di Mosca. Secondo il Meduza, a pretendere lo spostamento è stato il Servizio federale di protezione, preoccupato dalla minaccia dei droni ucraini dopo un’estate di attacchi alle raffinerie della costa. Il dettaglio logistico ha un suo peso. La guerra, di cui al Valdai si parla sempre nel linguaggio del sistema internazionale, entra ormai anche nell’organizzazione materiale del forum.

La XXIII Riunione annuale si è svolta dal 28 settembre al 1° ottobre sotto un titolo che a un europeo suona quasi come una domanda personale: «Responsabilità per il futuro: i limiti del possibile o possibilità senza limiti?». L’apertura è stata affidata al rapporto annuale del Club, Keep Calm. Lo Stato e la responsabilità per il futuro, che gli autori presentano con una strizzata d’occhio a Kubrick come un manuale per smettere di preoccuparsi e imparare ad amare il disordine. Seguivano nove sessioni tematiche, una sessione speciale e, l’ultimo giorno, la plenaria con il Presidente.

Sono arrivato da italiano e da europeo, sapendo che in quelle sale le due qualifiche pesano in modo diverso. Nel corso della settimana ho parlato, in maniera particolare, con quattro interlocutori di alto livello: Sergej Karaganov, Maksim Oreškin, Sergej Lavrov e, durante la plenaria, Vladimir Putin. Le prime tre conversazioni si sono svolte a margine delle sessioni e le restituisco dai miei appunti, nella sostanza e non parola per parola. Il quarto scambio è pubblico e documentato dalla trascrizione, dalla quale cito direttamente.

Presi uno per uno, i quattro dialoghi dicono cose che chi segue il dibattito russo conosce. Messi in fila disegnano qualcosa di più preciso: una diagnosi condivisa sull’Europa e quattro modi diversi di trarne le conseguenze. E, soprattutto, un futuro per niente luminoso.

Karaganov: l’Europa come origine del male

Sergej Karaganov è tra i fondatori del Club Valdai, presidente onorario del Consiglio per la politica estera e di difesa e da anni la voce più radicale del realismo russo. Con lui la conversazione è partita subito dal punto più duro. L’Europa, ha detto, è la radice di ogni male. Se venisse distrutta, nessuno ne sarebbe addolorato. Un conflitto nucleare tattico sul suo territorio non coinvolgerebbe altri attori. Gli europei hanno avuto tutto il tempo per trovare una soluzione ai propri problemi; ora che hanno scelto di prepararsi alla guerra contro la Russia, è troppo tardi per offrire loro un’altra possibilità.

Devo essere sincero, non sono mai stato un fan di Karaganov, spesso ho trovato le sue posizioni troppo radicali e all’antica. Ma a partire da un caffè dopo pranzo insieme, per poi proseguire in una settimana di dialoghi, ho scoperto che la pensiamo in maniera molto simile e che le sue posizioni non sono affatto banali. Chi ha letto i suoi interventi recenti riconosce la linea. Nel giugno 2023 Karaganov aveva sostenuto pubblicamente che la Russia dovesse abbassare la soglia d’impiego dell’arma nucleare per restituire credibilità alla propria deterrenza e indurre l’Occidente a ritirarsi dal conflitto ucraino. Una parte di quell’impostazione è poi entrata nei documenti ufficiali: i Fondamenti della politica statale della Federazione Russa nel campo della deterrenza nucleare, aggiornati nel novembre 2024, trattano come attacco congiunto l’aggressione di uno Stato non nucleare condotta con la partecipazione o il sostegno di una potenza nucleare.

Nelle sue parole convivono però tre affermazioni di natura diversa, e conviene tenerle separate. La prima è un giudizio storico-civilizzazionale: l’Europa come matrice delle grandi catastrofi della modernità, dalle guerre mondiali al colonialismo. È una tesi che Karaganov argomenta da tempo e che si può contestare, ma appartiene al terreno dell’interpretazione. La seconda, che nessuno piangerebbe l’Europa, è una previsione sulle reazioni altrui; per quel che ho potuto osservare in quei giorni, trova ascolto in una parte non piccola dei partecipanti asiatici, africani e latinoamericani. La terza è un’ipotesi strategica e regge tutto il resto: un’escalation nucleare in Europa resterebbe confinata all’Europa.

Su questo punto la letteratura sulla deterrenza discute da settant’anni e le prove empiriche, per fortuna, mancano. Il dato che complica l’ipotesi è interno all’Europa stessa. Francia e Regno Unito dispongono di arsenali nazionali, e nel marzo 2025 Parigi ha aperto formalmente il dibattito sulla dimensione europea della propria dissuasione. Un conflitto nucleare «solo europeo» presuppone che due potenze nucleari europee restino a guardare. È l’assunto più fragile dell’intera costruzione, e lo è indipendentemente da come si giudichino gli altri due.

Va poi ricordato che Karaganov non parla a nome del governo. Al Valdai rappresenta il polo del dibattito russo che spinge il Cremlino verso posizioni più nette, e una delle sue funzioni è proprio spostare il confine di ciò che si può dire. Letto così, il suo «troppo tardi» è un’indicazione di tendenza più che di dottrina.

Oreškin: il mercato che non c’è più

Con Maksim Oreškin il registro è cambiato del tutto. Vice capo dell’Amministrazione presidenziale, già ministro dello Sviluppo economico e poi consigliere economico del presidente, Oreškin ragiona per flussi e bilanci. La sua formula è stata secca: l’Europa è finita. Sul mercato energetico non esiste più una competizione che possa reggere, perché Cina e India occupano ormai il primo posto tra i clienti della Russia. E non vi sono ragioni per investire in un salvataggio europeo, dal momento che agli europei, fino a oggi, non è interessato trovare una soluzione pacifica e ragionevole. La domanda che gli avevo posto nell’incontro con i partecipanti del Valdai era stata: “Considerando che non è più disponibile il gasdotto Nord Stream 2, perché è stato sabotato, avete intenzione di trovare un nuovo sistema di trasporto energetico, sempre che l’Europa si riappacifichi e la situazione diplomatica torni positiva?”. La sua risposta netta – e forse brutale – è come un pugnale di verità che viene piantato nella coscienza di ogni abitante dell’Europa.

«Finita» va inteso in senso tecnico. Oreškin non parlava direttamente della civiltà europea ma dell’Europa come controparte: un mercato che ha smesso di essere centrale per la Russia e che quindi non giustifica concessioni politiche per essere riconquistato. Dopo il 2022 il greggio russo ha trovato in Cina e India i suoi principali acquirenti, mentre Bruxelles, con l’accordo tra Consiglio e Parlamento europeo del dicembre 2025, si è impegnata ad azzerare entro il 2027 le importazioni di gas russo, gasdotto e GNL compresi. L’interdipendenza energetica che per mezzo secolo aveva tenuto in contatto Europa e Russia anche nei momenti peggiori della Guerra fredda è stata smontata da entrambe le parti. Il ragionamento di Oreškin ne registra la conseguenza più semplice: chi non è più il cliente principale non ha più leva. Queste sono le leggi del mercato, e né a Londra, né a Berlino, né a Bruxelles ci sono più politici o gruppi di potere che possano dire alla Russia “che cosa fare”.

Il rovescio è noto anche a Mosca. Un mercato dominato da due grandi compratori consente loro di imporre sconti, e la sostituzione dell’Europa con l’Asia ha un costo in termini di prezzo e di accesso alle tecnologie. Ma nella logica che mi è stata esposta la domanda non è più se l’Europa convenga alla Russia. È quanto costerebbe tornare a farla convenire, e la risposta implicita è che quel costo spetta agli europei.

Lavrov: la porta chiusa a «questo» assetto

Con Sergej Lavrov il discorso si è spostato dall’economia alla diplomazia, senza cambiare la conclusione. L’Europa, ha detto, ha avuto molte possibilità di ristabilire un dialogo con la Russia e ha preferito alimentare lo scontro diretto. Ora è tardi per tornare indietro: sono stati superati tutti i limiti e con l’attuale assetto europeo non c’è modo di tornare alle relazioni precedenti.

Vorrei che ci soffermassimo un attimo sul peso di queste parole. Chi conosce Lavrov sa che è un politico capace di pesare ogni parola con una grande intelligenza, anche in contesti più rilassati come il Summit del Valdai. “I limiti sono stati superati”. Sarebbe inutile fare l’elenco di questi limiti, perché sono talmente evidenti a davanti agli occhi del mondo intero, che sarebbe solo una perdita di tempo. Ma lo sguardo con cui Lavrov ha parlato dell’Europa, quello non lo dimenticherò mai. Lo ho incontrato molte altre volte, ma in questa occasione c’era qualcosa di diverso.

Il ministro ha alle spalle un elenco di occasioni che la diplomazia russa richiama con regolarità: gli accordi di Minsk, le bozze di trattato sulle garanzie di sicurezza consegnate a Stati Uniti e NATO il 17 dicembre 2021, i negoziati di Istanbul della primavera 2022. La lettura russa di ciascuno di questi passaggi è controversa, e in Europa la si contesta. A me interessa qui un altro elemento, una qualificazione che riletta dopo la plenaria si è rivelata la chiave dell’intera settimana. Il ritorno è impossibile con questo assetto europeo. Non con l’Europa, con il suo assetto attuale, ovvero la UE e la NATO. La chiusura riguarda una classe dirigente e un’architettura istituzionale, non i Paesi che ne fanno parte.

Quanto è stata abusata la pazienza russa, mi chiedo, per arrivare a dire queste cose? La letteratura classica russa ci regala degli esempi mirabili di come i politici russi siano capaci di prendere tempo, ignorare, pazientare. E non si può negare che ciò sia stato costantemente l’atteggiamento della classe dirigente russa negli ultimi anni di conflitto. Per giungere a dire che il limite è stato superato – cosa che dirà poi anche Putin nella sessione plenaria del summit – vuol dire che non ci sono più forze da sprecare nell’attesa paziente; vuol dire che l’Orso è stato svegliato dal suo letargo nel momento sbagliato; vuol dire che le conseguenze di queste azioni avranno un peso epocale.

Un’altra cosa ha aggiunto Lavrov: “Siamo pronti a colpire l’Europa in maniera esemplare, non come abbiamo fatto in Ucraina”. Segnatevi queste parole, cari amici europei. Rileggetele e meditate sul loro peso. Non serve aggiungere altro.

Un professore italiano fa una domanda a Putin

Veniamo ad uno dei momenti più pericolosi della mia carriera. La plenaria si è svolta, come da tradizione, con il presidente russo e la moderazione di Fëdor Luk’janov. Ho preso la parola e ho posto una domanda in due parti:

«Vengo dall’Italia, Paese che attualmente non ha buoni rapporti con la Russia. In quanto europeo, vorrei chiederle: quali condizioni porrà la Russia per elaborare un nuovo sistema di sicurezza per i Paesi europei? E, se immaginiamo un’Europa post-Unione Europea, lei la considererà come parte di un grande partenariato eurasiatico oppure, a suo avviso, Stati Uniti e Russia saranno sempre in competizione per questi territori?»

Putin ha cominciato dalla seconda parte, e l’ordine non è casuale:

«L’Italia si trova per l’appunto in Europa e io parlo di partenariato eurasiatico: va da sé, quindi, che considereremo e già consideriamo anche l’Italia un partner eurasiatico.»

Subito dopo ha chiarito che il destino dell’Unione Europea, e la permanenza dell’Italia al suo interno, «non è affar nostro». Mosca non intende nemmeno discuterne, perché qualunque parola in merito verrebbe letta come un tentativo di disgregare l’UE, «mentre noi non vogliamo disgregare un bel niente. Noi vogliamo soltanto costruire e cooperare».

Sulle condizioni per un nuovo sistema di sicurezza la risposta è stata netta: «non abbiamo alcuna condizione preliminare». L’ostacolo, nella sua ricostruzione, sta dall’altra parte. Alcuni politici europei ritengono inammissibile che un singolo Paese apra un dialogo con la Russia, e Putin ha definito questa pretesa un diktat più forte di quello dell’epoca sovietica. Il paragone è stato costruito con cura: l’URSS era uno Stato unitario e fortemente centralizzato, le cui Repubbliche facevano parte di un’unica compagine statale; l’Unione Europea in teoria non lo è, ma in pratica si comporta come se lo fosse. «A noi non lo vieta nessuno, siamo pronti.»

A quel punto Luk’janov è intervenuto con una provocazione da moderatore esperto: visto che a Bruxelles lo vietano, non converrebbe contribuire un po’ alla disgregazione dell’UE, così da trattare più facilmente con i singoli Paesi? La risposta è arrivata senza esitazioni: «Ma non serve, si disgregheranno da soli.»

Poi Putin si è rivolto direttamente a me. «Il nostro collega italiano lo sa meglio di noi», ha detto, e ha cominciato a fare i conti: debito pubblico italiano al 140%, deficit intorno al 3%, in altri Paesi europei vicino al 5%. Le cifre erano arrotondate ma non lontane dal vero. Secondo Istat ed Eurostat, a fine 2024 il debito pubblico italiano era pari al 135,3% del PIL e l’indebitamento netto al 3,4%. Il senso del passaggio, comunque, non stava nei decimali. Tutti i problemi cominciano con l’economia: il tenore di vita cala, i disoccupati aumentano, i cittadini delle principali economie europee lo avvertono sulla propria pelle, e questo, ha detto, «mina anche le fondamenta stesse dell’Unione Europea. Ma non è affar nostro, noi non c’intromettiamo».

La chiusura ha riproposto l’offerta in forma simmetrica: dialogo con l’Unione nel suo complesso, se l’Unione lo desidera, oppure con i singoli Paesi, senza condizioni preliminari. «Ma di condizioni preliminari non devono essercene neppure da parte europea.»

Provare a comprendere la grandezza di queste parole, l’equilibrio politico che ne traspare, la forza di uno statista che ha a cuore non solo il bene del proprio Paese, ma anche quello di un intero altro continente, è un vero esercizio di apprendimento di cosa sia la Politica.

Ascoltatevi l’intero intervento di Putin e capirete come, in meno di cinque minuti, sia possibile fotografare la decadenza dell’Europa intera, sotto tutte le sue sfaccettature, e allo stesso tempo ribadire, con malinconia, che la Russia ha fatto di tutto per dare il proprio aiuto. Ma le scelte degli europei sono degli europei, sotto qualsiasi bandiera essi si trovino. La Russia rispetta e rispetterà sempre i principi fondamentali della propria politica estera e della propria tradizione politica. Nessun messianismo miracoloso, nessun salvatore improvvisato.

L’Europa, anzi gli europei di questa Europa, cosa hanno intenzione di fare?

Rileggendo gli appunti di viaggio

Rileggendo gli appunti al ritorno, la prima cosa evidente è la convergenza. Lo stratega, l’economista, il capo della diplomazia e il Presidente hanno espresso, ciascuno nel proprio linguaggio, lo stesso giudizio: l’Europa attuale ha esaurito il proprio credito presso Mosca. La seconda cosa evidente è che da quella diagnosi ognuno ricava una conseguenza diversa.

In Karaganov la conseguenza è coercitiva e ha un tono quasi escatologico: l’Europa ha avuto la sua occasione e ciò che segue non è più affare di diplomazia. In Oreškin è indifferenza contabile: l’Europa non vale l’investimento necessario a recuperarla. In Lavrov è una chiusura diplomatica circoscritta, rivolta all’assetto e non ai popoli. In Putin, infine, la porta torna aperta, ma verso gli Stati e non verso Bruxelles, accompagnata dall’attesa che l’erosione economica faccia il resto.

La contraddizione apparente tra il «troppo tardi» dei primi tre e il «nessuna condizione preliminare» del quarto si scioglie proprio nella qualificazione di Lavrov. Ne risulta una linea coerente, che chiamerei di bilateralizzazione: Mosca non tratta con l’Unione come soggetto politico finché la sua dirigenza resta quella attuale, offre ai singoli Stati membri canali senza precondizioni e lascia che siano le difficoltà interne europee a rendere quei canali attraenti. Il riferimento all’Italia come partner eurasiatico «già oggi» va letto dentro questa cornice: non è una cortesia, è l’indicazione di quale interlocutore Mosca preferisce.

Non posso certo affermare che i quattro interlocutori d’eccezione si fossero messi d’accordo, è ovvio, ma questa convergenza l’ho trovata veramente “profetica”. Il Valdai è da sempre il luogo in cui il dibattito russo mostra la propria ampiezza davanti a un pubblico straniero. Posso dire che sono compatibili e che si rafforzano a vicenda: la durezza di Karaganov fa apparire moderata l’offerta di Putin, i numeri di Oreškin rendono credibile che Mosca non abbia bisogno di fare concessioni, la formula di Lavrov tiene insieme la chiusura e l’apertura.

La crisi dei debiti sovrani del 2010–2012 produsse il Meccanismo europeo di stabilità e l’unione bancaria; la pandemia produsse Next Generation EU e il primo debito comune su larga scala. Nell’Unione le crisi hanno generato almeno tanta centralizzazione quanta frammentazione. «Si disgregheranno da soli» è dunque una scommessa, non un’osservazione, anche se la scommessa costa poco a chi la fa: se l’Unione regge, Mosca ha comunque offerto il dialogo; se cede, ha già pronti i canali bilaterali.

Gli indicatori da seguire nei prossimi dodici-diciotto mesi sono abbastanza chiari. Il primo riguarda le visite bilaterali a Mosca di capi di governo dell’Unione oltre ai precedenti di Viktor Orbán nel luglio 2024 e di Robert Fico nel maggio 2025. Il secondo è la tenuta dell’unanimità nei rinnovi semestrali delle sanzioni, dove basta un veto per aprire una crepa. Il terzo sono le deroghe nazionali al calendario di uscita dal gas russo. Il quarto, il più significativo per noi, è l’eventuale apertura di un canale strutturato da parte di una grande capitale, Roma inclusa.

Cosa mi porto a casa? Da italiano, la frase che porto con me non è quella sulla disgregazione, è l’altra, «già consideriamo anche l’Italia un partner eurasiatico». Contiene un’offerta e un’osservazione rivolta a noi. Se la porta che Mosca dice aperta è chiusa, lo è da questa parte, e a chiuderla non è stata Roma per una decisione propria.

Per quanto tempo un Paese con un debito oltre il 135% del PIL possa permettersi di lasciare ad altri la decisione su chi può parlare con chi, a Mosca nessuno me l’ha chiesto. È una domanda che mi sono portato a casa da solo. E la risposta la conosce ogni italiano di retta coscienza, ogni europeo che abbia ancora un cuore.

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Bishkek 2026: Multipolar Reality Continues Without Western Permission

On September 1, the leaders of some of Eurasia’s most consequential states gathered in Bishkek for the 26th meeting of the Shanghai Cooperation Organization’s Council of Heads of State. The Summit That Did Not Need Europe The summit marked the SCO’s 25th anniversary. Vladimir Putin, Xi Jinping, Narendra Modi, Masoud Pezeshkian, Shehbaz Sharif, Aleksandr Lukashenko, […]
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